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CELTES

Charles Cellérier.

D'après une lithographie

(ci-11. Maillart).

seur de langues orientales 1816-1854, rectevir do l'Académie 1840-1843 et 1846-1847, modérateur de la Vénérable Compagnie des pasteurs 1845, membre du Consistoire 1842-1851, président de ce corps, etc. A publié douzs volumes de sermons et d'ouvrages sur l'Ancien et le Nouveau Testament , etc . — 3. J E A N - Charles-Elisée, fils du précédent, 1818-1889, a publié trente et une noies sur des questions de mécanique et de mathématiques. — Voir Michels :

Soc. de physique, p. 31. — Soret : Catalogue des ouvrages publiés par l'Université de Genève IV. — 4.

Betsy, sœur du précédent, fondatrice de l'Union des Amies de la jeune fille, 1878. A publié plusieurs rapports sur cette œuvre. — Voir Galiffe: Not. gén.VI, p. 199.

— Heyer : L'Église de Genève. — Bouvier et Heyer : Catalogue de la bibliothèque de la Compagnie des pasteurs. [H. Denkinger.J

CELLIER. Famille d'origine dauphinoise qui remonte, à Genève, à Marc reçu habitant le 18 mai 1761 et bourgeois le 9 juillet 1770 avec ses deux fils Charles- Élie et Georges-Emmanuel. Il venait d'Hanau en Allemagne. — 1. Charles-Élie, maître orfèvre-bijoutier, * 2 février 1766, se suicida le 29 août 1815. Siégea pendant l'insurrection de 1794 au premier tribunal révolutionnaire, au comité militaire, au second tribunal et à la commission nationale. Dans les deux tribunaux, il fut un des juges les plus sévères. C'est lui qui lut la sentence aux sept victimes du 25 juillet, mais, il n'y a probablement pas lieu de croire, bien qu'on l'ait souvent répété, qu'il présida à l'exécution et commanda le feu. Plus tard, notamment pendant les troubles de 1796, il chercha à racheter sa conduite passée en prenant nettement parti dans plusieurs occasions graves pour le maintien de l'ordre et la conservation sociale. La fabrique de joaillerie et de bijouterie des frères Cellier passait pour la plus grande de Genève vers 1798 et sous le régime français. — Arch de Genève. — SKL. [E.-L. Burnet.] CELTES. Les Celtes appartiennent à la grande famille des peuples de langues indo-européennes. Leur parler est caractérisé en particulier par la chute du p et par les modifications que peut subir dans la phrase la consonne initiale des mots variables (Dottin). Ils furent, les porteurs en Europe de la civilisation dite du deuxième âge du fer ou de La Tène, qui est née chez eux.

Les Celtes étaient divisés en un grand nombre de peuplades (civitates) (on connaît les noms de plus de 150 d'entre elles) qui comprenaient pour la plupart plusieurs tribus (pagi). Ces peuples paraissent avoir joui d'une très grande liberté : on les voit s'allier entre eux pour entreprendre des expéditions en commun et souvent aussi pour se combattre. Fréquemment, il arrive qu'une civitas se divise en plusieurs groupes, comme celles des Boii ou des Volcae Tectosages, qui vont s'établir dans des contrées différentes, tout en conservant leur nom.

L'origine des Celtes est encore enveloppée d'obscurité. Leurs prêtres racontaient qu'ils venaient des îles lointaines, les dernières du monde (Timagène) ; il faut vraisemblablement entendre par là qu'ils arrivaient des basses plaines de l'Allemagne du Nord d'où ils auraient été chassés par un raz de marée et sans doute aussi par l'arrivée de nouveaux peuples, probablement germaniques (Jullian).

Lorsqu'au Ve siècle avant notre ère, les Grecs commencèrent à avoir quelques vagues notions sur l'Europe centrale, les Celtes occupaient une partie du Sud de l'Allemagne et du Nord-Est de la France. C'est dans cette région que semble être née la civilisation de La

Tèno, et c'est pourquoi quelques auteurs considèrent cette contrée comme étant le berceau des Celtes (d'Arbois). Quelques archéologues croient même pouvoir constater la présence de Celles dans le Nord-Est de la Fiance dès le milieu de l'âge du bronze (Déchelette).

C'est de là qu'ils partirent à la conquête éphémère d'une grande partie de no1 re continent.

Il esl possible que dès 800 avant notre ère, les Celtes aient o.éjà conquis une grande partie de la Grande- Bretagne et de l'Irlande, si, comme on l'admet, le mot kassiteros, qui désigne dans Homère l'étain, est d'origine celtique. Au début du VIe s., ils commencèrent à envahir la Gaule, habitée par différentes populations, en particulier des Ligures. Ils semblent s'être éLablis d'abord dans le centre du pays et n'en avoir occupé les côtés que peu à peu et plus tardivement. A la même époque, quelques bandes franchirent les Pyrénées et se mêlèrent aux Ibères d'Espagne.

Suivant une légende rapportée par Tite Live, un de leurs rois, Ambigat, chef de Bituriges, envoya deux de ses neveux à la conquête de nouveaux territoires. Segovèse se dirigea vers l'Est, en suivant le Danube ; Bellovèse franchit les Alpes (au Brenner ou dans les Alpes Juliennes) et pénétra en Italie. Ces événements doivent être antérieurs à l'an 400 avant notre ère. Il est vraisemblable que ces expéditions ne partirent pas de la Gaule comme l'admettent quelques historiens (Jullian), mais des bords du Bhin (d'Arbois).

Les compagnons de Bellovèse s'emparèrent sur les Étrusques de presque toute la vallée du Pô et du pays à l'Est des Apennins. En 390, ils occupèrent Rome pendant quelque temps. Les Insubres s'étaient établis à Milan, les Cênomani à Brescia et Vérone, un groupe de Boii à Bologne, les Lingones et les Senones plus au Sud.

Des compagnons de Segovèse, les Volcae Tectosages s'établirent au Sud de la Bavière, les Boii dans la région connue depuis sous le nom de Bohême, les Taurisci dans les Alpes de Styrie et de Carinthie, tandis que les Helvetii demeuraient entre le Rhin, le Main et la Forêt Hercynienne.

Pendant près d'un siècle, les Celtes paraissent n'avoir pas poussé plus loin leurs conquêtes, sans doute dans la crainte que leur inspirait Alexandre-le-Grand ; mais après la mort du conquérant (323), ils reprirent leur marche.

Entre 298 et 278, ils fondèrent en Thrace, sur les pentes de l'Hémus, un royaume qui dura jusqu'en 196. Une bande de pillards, sous la conduite de Brennus, à la même époque, se répandit en Thessalie, dévastant tout sur son passage ; en 279, les Celtes pillaient Delphes. Mais ils subirent peu après une défaite qui les obligea à remonter vers le Nord où ils se divisèrent, suivant leur habitude : les Scordisci s'é/ablirent sur le Danube moyen avec Singidunum (Belgrade) comme capitale ; d'autres occupèrent les deux rives du bas Danube, où leur présence est attestée par plusieurs noms de localités comme Noviodunum (Isaktcha) dans la Dobroutcha, Carrodunum sur le Dniester ou Durastorum (Silistrie) en Bulgarie. Une bande de Volcae Tectosages, qui errait en Thrace, fut appelée en Asie-Mineure par un roi de Bithynie et elle y fonda un État, le royaume de Galatie.

A cette période de conquête correspond la phase la plus florissante delà civilisation de La Tène (La Tène I). Mais bientôt commence une époque de décadence ; attaqués de toute part, les Celtes doivent se soumettre ou reculer et abandonner de nombreux territoires. Cette période de décadence a sa répercussion visible sur leur civilisation (La Tène II).

De 295 à 191, les Gaulois sont en lutte constante avec les Romains, qui finissent par s'emparer de toute l'Italie du Nord, jusqu'au pied des Alpes. En Espagne, entre 236 et 218, les Carthaginois font la conquête, sur les Celto-Ibères, de la plus grande partie du pays ; puis dès 218, les Celtes ont affaire aux Romains. A partir de 133 toute la presqu'île est au pouvoir de ces derniers.

Au Nord, les Celtes doivent se replier devant les Germains : les Belges contraints de quitter le pays entre le Rhin et l'Elbe vont s'établir entre le Rhin, la Seine et la Marne. Cette expansion des Germains a pour consé-

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