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CHARLES-LE-TÉMÉRAIRE

orphelins ou Sœurs de Saint-Maurice, congrégation valaisanne, se rencontrent à Saint-Maurice et à Vérolliez. [A. D.]

CHARLEMAGNE. * 2 avril 742, f 28 janvier 814, héritier du royaume franc créé par son père Pépin-le- Bref en 751 et premier empereur de l'empire romain 0 'Occident, qu'il restaura lui-même. A la mort de Pépin, en 768, il devint roi des Francs, d'abord en commun avec son frère Carloman, puis seul après l'abdication de celui-ci en 771. Le pape Léon III le couronna empereur dans Saint-Pierre de Rome à Noël 800. Charlemagne personnifia la grandeur et l'apogée du royaume franc, dont il se considérait comme le chef temporel et spirituel ; il centralisa le pouvoir par une sévère organisation et une excellente administration. Son empire s'étendit un moment à l'Est jusqu'aux Carpathes, à l'Oder et à la Vistule, au Sud jusqu'au Volturno en Campanie. Le territoire actuel de la Suisse en faisait partie.

Charlemagne franchit dix fois les Alpes en cinq expéditions, de 773 à 801 ; il dut utiliser à cette occasion les cols des Alpes occidentales ainsi que ceux de la Rhétie et des Alpes noriques, mais on ne sait pas qu'il ait fait de longs séjours en Suisse. Il y protégea le christianisme, la science et les écoles. Son souvenir se maintint surtout à Zurich. Le chapitre des chanoines du Grossmùnster lui attribue sa plus ancienne ordonnance, ainsi que la fondation de l'école rattachée au chapitre, et plus tard appelée CaroUnum. Les chanoines fêtaient l'anniversaire de sa mort le 28 janvier. Ce jour resta fête populaire religieuse de 1272 à la Réforme. Le prévôt Heinrich Maness, 1259-1271, renouvela les statuts de son chapitre en se basant sur les anciennes ordonnances de Charlemagne et fit graver l'image de ce dernier sur le sceau du prévôt tel qu'il était représenté dès le milieu du XIIIe s. sur la tour Ouest de l'église du chapitre. Ce monument fut remplacé en 1490 par une autre statue représentant l'empereur assis, dans une niche, au haut de la tour qui porte son nom au Grossmùnster. Le chapitre possédait la bible d'Alcuin manuscrite, que Charlemagne, dit-on, lui aurait donnée ; elle passa à la Bibliothèque cantonale zuricoise, puis à la Bibliothèque centrale de Zurich. La tradition populaire fit de l'empereur le fondateur du Grossmùnster, puis même de la ville, et raconte beaucoup de traits de son séjour à Zurich dans la maison zum Loch. On ne possède aucune preuve de ce séjour, qui a pu pourtant se produire à l'occasion d'une traversée des Alpes entre 780 et 787, la couronne possédant à Zurich divers biens outre ceux du chapitre et de l'église. L'histoire et la légende retrouvent Charlemagne à Saint-Gall. Par un acte daté de Worms, du 8 mars 780, Charlemagne confirma un impôt que le couvent de Saint-Gall devait payer à l'évèché de Constance (UStG 1, p. 87). C'est encore là que le moine Notker, f 912, écrivit en 883 les légendaires Gesta Caroli Magni. — A Coire, Charlemagne, désirant rattacher plus intimement la Rhétie à l'empire, créa, selon ses principes politiques, un office de comte, pour administrer au temporel ce pays jusqu'alors entièrement dépendant du siège épiscopal. L'évèché de Sion doit s'être enrichi de donations impériales. L'abbaye de Saint-Maurice conserve encore une précieuse coupe, don de l'empereur lors de sa visite au retour du couronnement ; il avait passé sans doute par le Saint- Bernard. C'est à Genève qu'il réunit en 773 son armée contre les Longobards. Le gros de ses troupes passa avec lui le Mont Cenis, une fraction le Mont Jovis (Saint- Bernard). Enfin l'évêque Hatto de Bâle fut l'un des témoins au testament de Charlemagne en 811, et l'empereur l'envoya la même année à la cour de l'empire romain d'Orient à Constantinople. Tels sont les rapports historiquement connus du grand monarque avec notre pays. Le reste appartient à la légende. — Voir Eginhard : Vita Caroli Magni imperatoris . — Notker Balbulus : Gesta Caroli Magni. — LL. — Dierauer I. — Dàndliker : Kanton Zurich I. — ADB. — G. von Wyss : Kaiser Karls des Grossen Bild am Munster Zurich, dans Nbl. Stadtbibliothek Zurich 1861. — Meyer von Knonau : Ueber die Bedeutung Karls des Grossen fur die Entwicklung der Geschichtsschreibung im 9. Jahrh. — Le même : Die Heiligsprechung Kaiser Karls des Grossen,

Cbarles-le-Téméraire.

D'après un ancien tableau.

dans ZT 1904. — Sal. Vôgelin : Das alte Zurich, 2e éd. — G. von Wyss : Historiographie. [H. Br.]

CHARLES. Empereur d'Autriche. Voir Harsrourg.

CHARLES II LE CHAUVE. Voir Empire germanique.

CHARLES I, II, III. Ducs de Savoie. Voir Savoie.

CHARLES IV de Luxembourg. Voir Empire germanique.

CHARLES, Hilaire, 1717-1782, de Riaz (Fribourg) chanoine, prieur de l'abbaye de Saint-Maurice 1759, archiviste ; il fit un répertoire des actes du couvent et a laissé un journal intéressant. — J.Bertrand: Le Valais intellectuel. — Mémorial de Fribourg. [Ta.]

CHARLES-EMMANUEL I, II, III. Ducs de Savoie. Voir Savoie.

CHARLES-LE-TÉMÉRAIRE. 1433-5 janvier 1477, duc de Bourgogne, fils de Philippe-le-Bon auquel il succéda le 15 juin 1467. Le duché de Bourgogne dépendait aussi bien du roi de France que de l'empereur d'Allemagne, et Charles, dans sa fierté, supportait mal cette vassalité. Il chercha, comme son père, à en secouer le joug et à ériger son duché en royaume indépendant.

Son ambition lui fit négliger son bien-être et celui de ses sujets. Il possédait outre l'ancienne Bourgogne avec la Franche- Comté, des terres qui s'étendaient de la Picardie à la Frise et des Flandres au Luxembourg. Il comptait y ajouter d'abord la

Lorraine et la haute vallée du Rhin. Son attitude inquiète et sa politique instable ne tardèrent pas à gâter les bonnes relations qu'il avait d'abord entretenues avec le Confédérés, à l'exemple de son père. Il fit ainsi le jeu de son mortel ennemi, le roi Louis XI de France, qui chercha de bonne heure à mettre les Confédérés de son côté, avec l'appui de Berne et de son avoyer Nicolas de Diesbach. Le traité de Saint-Omer, du 9 mai 1469, troubla déjà la situation. Il plaçait sous la dépendance du Téméraire les pays engagés aux Confédérés par Sigismond d'Autriche dans la paix de Waldshut du 27 août 1468, soit la partie Sud de la Forêt-Noire, les villes de Laufenbourg, Rheinfelden, Sàckingen, Brisach, le landgraviat de la Haute-Alsace et le comté de Ferrette. Le bailli Pierre de Hagenbach administra ces territoires avec dureté. Tous se liguèrent contre Charles. Le duc Sigismond conclut le 30 mars 1474 une paix perpétuelle avec les Suisses, puis tous deux formèrent ensuite les 31 mars et 4 avril, avec les évêques de Bâle et de Strasbourg, la ville de Bâle et les villes impériales d'Alsace une alliance défensive appelée la Basse-Ligue. Successivement survinrent la déclaration de guerre de Bâle à la Bourgogne du 22 avril, la prise et l'exécution de Hagenbach à Brisach le 9 mai, l'alliance des Confédérés avec la France les 21 et 26 oc» tobre, la déclaration de guerre de Berne à la Bourgogne, au nom de tous les Confédérés, le 25 octobre. Ceux-ci ouvrirent immédiatement les hostilités, envahirent le Pays de Vaud en 1474 et 1475, marchèrent sur Héricourt et défirent l'armée de secours le 13 novembre 1474, investirent et pillèrent Pontarlier en mars, entrèrent dans le Sundgau en juillet 1475 (prise de Blamont). Le duc de Bourgogne, en guerre contre l'empereur Frédéric III, assiégeait Neuss sur le bas Rhin. Aux nouvelles qu'il reçut, il leva le siège en juin 1475, fit la paix avec Frédéric et conclut un armistice le 13 novembre de la même année avec Louis XI. Il avait les mains libres. Il se jeta sur la Lorraine dont le jeune duc René II était entré dans la Basse-Ligue. Il conquit le pays sans difficulté à fin septembre, puis réunit ses troupes à

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