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CHATELAIN

dans l'ASG, XVIII. — Voir A. Bùchi : Die Chroniken von Freiburg. — P. ./Ebischer : Inventaire du mobilier de Nicod du Chaste! en 1451. [A. Bùchi.]

CHÀTEL-SAINT-DEIMIS (C. Fribourg, D. Veveyse. V. DGS). Chef-lieu du district de la Veveyse, Châtel-Saint-Denis faisait primitivement partie de l'ancienne seigneurie de Fruence. Le dernier seigneur, Jean de Chàtel, vendit Fruence en 1296 au comte de Savoie Amédée V, qui fit aussitôt construire le château et la ville de Châtel (Castellvm), à laquelle il octroya une charte de franchises dans les premières années du XIVe s. La nouvelle localité brûla en septembre 1333, mais fut immédiatement reconstruite et entourée de murailles ; elle prit rapidement un grand essor en raison des nombreux privilèges accordés à ses habitants. En 1461, le gouvernement fribourgeois, créancier hypothécaire de Jacques et Guillaume de Challant, coseigneurs de Châtel, envoya dans les premiers jours de mars quatre à cinq cents Fribourgeois, sous le commandement de Pierre Perrotet, pour s'emparer de Châtel. Cette troupe entra par la violence dans la ville et dans le château, mais Fribourg ayant été assigné à comparaître devant le tribunal de Moudon, il fut condamné à la restitution et aux frais. Par achat et non plus par conquête, Fribourg posséda momentanément la seigneurie de Châtel de 1513 à 1518, et définitivement depuis 1536. En 1798, les Châtelois prirent parti pour l'insurrection du Pays de Vaud contre le gouvernement de Fribourg ; ils firent de même en 1847 dans la guerre du Sonderbund. Au spirituel, Châtel-Saint-Denis forma une paroisse dès l'origine. L'église de Fruence fut transférée à Châtel-Saint- Denis à la fin du XIVe ou commencement du XVe s. Elle était dédiée à Saint-Denis, et fut reconstruite en 1630-1636, en 1787-1796, et en 1872-1876. Le collateur fut le prieuré de Lutry jusqu'à la Réforme, puis la cure fut incorporée en 1580 au chapitre de Saint-Nicolas, à qui elle appartint pendant près de trois siècles. La collation est exercée actuellement par l'évêché. Lors de la peste de 1348, cinq Juifs résidant à Châtel-Saint-Denis furent brûlés à Villeneuve. Population : 1920, 2535 hab. Registres de baptêmes dès 1652, de mariages et de décès dès 1687. — Voir Philipona : Hist. de la seigneurie de Châtel-Saint-Denis. — Deîlion : Dict. III. [Philipona.] CHATEL-SUR-MONTSALVENS (C. Fribourg, D. Gruyère. Y. DGS). Commune. Armoiries : de gueules à une grue essorante d'argent sur un mur crénelé du même, maçonné de sable, accompagné en chef à dextre d'une étoile d'or.

Anciennes formes : Chastel prope Montservens 1388 ; Chastel supra Monsarvin 1445 : Chastel supra et prope Monsalven 1478, et, très souvent, Chastel tout court. Châtel-sur-Montsalvens appartenait, en partie, aux comtes de Gruyère par la chàtellenie de Montsalvens et, en partie, aux seigneurs de Corbières. Sous la domination fribourgeoise, il releva des trois bailliages de Gruyère, de Corbières et de Bellegarde. En 1798, il fut attribué au district de Gruyères (1798-1803), puis à l'arrondissement de Corbières (1803-1815), au district de Gruyères (1815-1848), et enfin au district de la Gruyère (1848). Rodolphe IV, comte de Gruyère, affranchit, en 1388, ses sujets de Châtel-sur-Montsalvens de la mainmorte. Dès 1475, Châtel-sur-Montsalvens fut lié avec Fribourg par un traité de combourgeoisie. Au point de vue ecclésiastique, Châtel-sur-Montsalvens fit partie, jusqu'au milieu du XIXe s., de la paroisse de Broc ; il en fut détaché en 1850 pour être uni à la paroisse de Crésuz. La chapelle, dédiée à saint Nicolas, fut construite en 1701. — Voir Hisely : Hist. du comté de Gruyère. — Le même : Monuments de l'histoire du comté de Gruyère. — Kuenlin : Dictionnaire I. — Dellion : Dictionnaire IV. — Weitzel : Carte des anciennes terres et bailliages du canton de Fribourg en 1798, Notice explicative. — Bourquenoud : Ma-

tériaux pour l'histoire de la Gruyère (Mns. à la Bibl. cant. Fribourg). [Jeanne Niquille.1

CHÂTEL-VOUHAY (NOBLES DE). Famille mentionnée aux XIVe-XVe s. Elle tenait en fief le château et le village de Courchavon (Jura bernois). — Ulrich, dit Mellar de Chatel-Vouhay, écuyer, était avoué de l'Ajoie et de Porrentruy. C'est sans doute de cette fonction que dérive le nom du manoir dont les anciennes formes sont : 1333, Chestel-Vouhey ; 1349, Chastel- Vouhay ; 1357, Chestel-Vouhe ; 1360, Chestelweiet 1363, Chestel Wohey (ail. Vogtspurg ou Vogtsburg). En 1398, Etienne de Vogtsburg reçut en fief de Henriette de Montbéliard, le château de Châtel- Vouhay, le village de Courchavon ainsi que l'avocatie de Porrentruy et de l'Ajoie; en 1421, il était bailli de Montbéliard. Le château de la famille fut détruit vers la fin du XVIe s. et il n'en subsiste que peu de vestiges. Armoiries : d'azur au sautoir d'or, accompagné en chef d'une étoile du même. — Trouillat. — ■ Vautrey : Notices I. [G. A.]

CHÂTELAIN. Le châtelain était autrefois le fonctionnaire chargé de la garde d'un château et de l'administration de la justice dans le ressort des terres dépendant du château, soit de la chàtellenie. Il avait aussi, au début tout au moins, des fonctions militaires. On trouvait des châtelains dans presque tout le territoire actuel de la Suisse romande. Dans le Pays de Vaud, des châtelains furent établis par les comtes de Savoie ; le plus ancien est signalé à Chillon au milieu du XIIe s. Sous le régime bernois, les châtelains n'étaient plus guère que des présidents de cours de justice. Dans la règle, ils étaient nommés par le Sénat de Berne sur présentation des baillis et des autorités communales. Dans le Valais, on trouvait un châtelain et un major qui se partageaient l'administration des dizains. Les compétences des châtelains étaient très variables, mais, d'une façon générale, on peut dire que le châtelain correspondait au bailli (Kastlan, Vogt) des cantons allemands. — DHV. — Matile : Instit . judic . ■ — Quiquerez : Institutions. — Voir aussi les art. Mayor et Métral. [L. S.]

CHÂTELAIN. Nom de famille des cantons de Berne et Neuchâtel.

A. Canton de Berne. Famille du Jura bernois. — 1. Héli, de Tramelan et La Ferrière, * à Morat 1859, missionnaire, partit en 1885 pour le Congo, puis pour l'Angola où il fonda une « mission du propre entretien ». Auteur d'une grammaire et d'un vocabulaire en langue kimbundu, 1888, et d'une traduction dans la même langue des Évangiles de Luc et de Jean, 1889. — [e. Kg.] — 2. Alfred-Joseph, peintre, * 1867 à Moutier, étudia à Bâle et à Paris, fit de nombreux séjours en Bretagne et en Normandie d'où il rapporta des peintures de mer et de côtes, a exposé à Paris et à Genève en 1903. — SKL. [G. A.]

B. Canton de Neuchâtel. Famille bourgeoise de

Neuchâtel dès le XVe s., a donné des potiers d'étain, des pasteurs et des architectes. Armoiries : de sable au château d'argent ouvert du champ, posé sur trois monts de

sinople et accompagné e n chef de deux étoiles du second. — 1. Louis, 1805- 1885, architecte à Neuchâtel, a donné son cachet à la place Pury en construisant les principaux bâtiments qui l'entourent, et le socle de la statue de ce bienfaiteur.

— 2. Auguste, * 19 avril 1838, médecin aliéniste, directeur de la maison de santé de Préfargier 1872-1882, puis médecin à Saint-Biaise, professeur à l'académie, puis univer-

Léo Châtelain. D'après une photographie.

CHATELAINE

GHATILLENS

site de Neuchâtel 1889-1923, recteur 1911-1913. Principales publications : Des erreurs et des préjugés populaires en médecine ; La folie de Jean- Jacques Rousseau; Échos et silhouettes ; Derniers contes ; Suzanne. Collaborateur au Journal de Genève, à la Gazette de Lausanne, Bibliothèque Universelle, Semaine littéraire, Musée Neuchûtelois. — 3. Charles, 1839-1899, pasteur à Fontaines 1862-1866, à Cernier 1875-1890, à Saint- Biaise 1896-1899, président de la Société des pasteurs neuchâtelois 1890-1899, secrétaire de la Société d'histoire et d'archéologie de Neuchâtel 1869-1899. Collaborateur au Musée Neuchâtelois. — 4. Léo, 1839-1913, architecte. On lui doit entre autres la construction du musée des Beaux-Arts à Neuchâtel et la restauration de la collégiale de Neuchâtel, des églises de Môtiers, Fleurier, Fontaines, Valangin, Grandson Bomainmôtier et Montet S/Cudrefln, avec son fils Louys, architecte. Président de la Commission fédérale des beaux-arts 1899-1900, aquarelliste distingué. — Voir Livre d'or de Belles- Lettres de Neuchâtel. — MN 1900. — Mess, boiteux de Neuchâtel 1900, 1914. — SKL. [L. M.]

CHÂTELAINE (C. Genève, Bive droite, Com. Petit-Saconnex et Vernier. V. DGS). Localité qui faisait autrefois partie de l'ancienne paroisse rurale de Saint- Gervais pour la partie actuellement sur la commune du Petit-Saconnex et se trouvait après 1580 partagée en partie française et partie genevoise. En 1589 les Genevois y furent battus (guerre du Pays de Gex) et y perdirent 120 hommes. Une des maisons d'habitation de la partie anciennement française de Châtelaine, près de l'actuel pont du chemin de fer, n'est autre que l'ancien théâtre de Voltaire élevé sur l'emplacement d'un théâtre de bois bâti après l'incendie du théâtre des Bastions (1768). Avant la Béforme, près du mas principal de maisons de Châtelaine sur le chemin tendant au Petit- Saconnex, se trouvait le cimetière juif. — Voir Arch. de Genève. — Gautier. — Galiffe : Genève H et A. [C. R.]

CHATELAIMAT. Famille vaudoise, qui paraît être originaire de Savoie et qui remonte à Claude Chatelannaz, reçu bourgeois de Moudon le 26 juin 1533. Elle a donné, dès le XVIIe s., de nombreux pasteurs, magistrats et écrivains, entre autres — 1. Samuel, diacre, puis pasteur à Moudon 1676-1724. — 2. Henri, 1752- 1821, pasteur à Bolle 1779, à Longirod 1792, diacre à Nyon 1795, pasteur à Morges 1815 ; prit part en 1791 au banquet révolutionnaire de Bolle, ce qui le fit disgracier.

— 3. Jean-Pierre-Louis, 1783-1838, député au Grand Conseil, à la Diète fédérale en 1831, intendant des postes du canton de Vaud 1827-1838. — 4. Charles, 1833- 1907, pasteur, poète, auteur des paroles du Cantique suisse. — 5. Paul, 1831-1899, pasteur libre à Vevey 1856, à Lausanne 1870-1899, a laissé des Souvenirs, commentés par Louis Vuillemin. — 6. Charles, fils du n° 3, pasteur libre à Lausanne de 1870 à 1892. Appartiennent encore à la même famille — ■ Louis- Béat-Joseph, 1725-1779, docteur en médecine de la faculté de Montpellier, médecin à Neuchâtel et à Payerne, l'une des célébrités de son temps, et Alfred, 1857- 1921, médecin et syndic de Veytaux, à qui les communes de Veytaux et de Vex (Valais) ont conféré la bourgeoisie d'honneur, en reconnaissance de services rendus. [M. R.]

CHÂTELARD. Lieux-dits très fréquents dans le canton de Vaud et qui tirent généralement leur nom d'anciens retranchements en terre ayant servi au moyen âge de lieux de refuge. Quelquefois ce refuge fut luimême protégé par une tour. Plusieurs de ces châtelards ont servi anciennement de cimetières : ainsi, en 1899, un cimetière burgonde a été mis à jour au châtelard qui domine Échallens. Des tombes de l'époque néolithique ont été trouvées en 1835 et 1894 au châtelard sur Lutry, ,en même temps que des restes d'habitations romaines.

— DHV. [M. R.] CHÂTELARD (LE) (C. Fribourg, D. Glane. V.

DGS). Com. et paroisse dont l'origine remonte probablement à l'époque romaine. Au XIIIe s., Le Châtelard appartenait aux comtes de Gruyère. Le 7 mai 1274, Pierre de Gruyère le vendit au comte de Savoie, mais en 1297, il appartenait aux seigneurs de Grangettes. Louis II de Savoie ayant acheté la coseigneurie de Cor-

bières en 1326, la revendit en 1341 à Boniface de Châtillon avec tout ce qu'il possédait dans les villages de Grangettes, Estévenens et Le Châtelard. La châtellenie de Corbières avec les trois villages précités fut acquise par la Savoie entre 1363 et 1375. Le Châtelard passa en 1449 à Antoine de Montagny, puis fut acquis par Fribourg en 1564 et fit dès lors partie du bailliage de Bomont. Le couvent d'Humilimont,le Collège de Fribourg, le couvent de la Fille-Dieu et divers seigneurs possédèrent dès le XIIIe s. des fiefs au Châtelard, qui furent pour la plupart rachetés par l'État de Fribourg: Le Châtelard fit partie de la paroisse de Vuisternens-devant- Bomont ; il en fut détaché en 1626 pour former une nouvelle paroisse avec Grangettes et, en 1840, devint autonome. L'église, consacrée en 1846, est dédiée à saint Bernard de Menthon. — Voir Peissard : La seigneurie et le bailliage de Corbières, dans ASHF IX. — Dellion : Dictionnaire III. — Kuenlin : Dictionnaire. — Hisely : Cartulaire de Gruyère, dans MDR XXIII. — Recueil diplom. IL — P. de Zurich : Hist. de la famille de Billens, dans AF 1922. — Archives d'État de Fribourg. [G. CORPATAUX.]

CHÂTELARD (LE) (C. Valais, D. Saint-Maurice, Com. Finhaut. V. DGS). Hameau qui dépendait autrefois de Salvan, et dont le nom provient du fort de la Madeleine, le châtelard, élevé probablement au XIIe s. — Boccard : Hist. du Valais. — Furrer : Gesch. Wallis II. [Ta.]

CHÂTELARD (LE) (C. Vaud, D. Vevey. V. DGS). L'une des communes de l'agglomération de Montreux Son histoire se confond dans tout le moyen âge avec celle de la paroisse de Montreux, et elle ne prit d'individualité distincte de la commune des Planches, où est l'église paroissiale, que lorsque Jean de Gingins, devenu seigneur de Montreux, par suite de son mariage avec Marguerite de la Sarra, construisit en 1440 un châteaufort qui subsiste encore aujourd'hui et qui est le Châtelard. Cette forteresse, que l'ambassadeur milanais Appiano qualifiait en 1476 de palais, fut incendiée en avril 1476 par les Gruyériens pendant la guerre de Bourgogne, et deux mois plus tard, son seigneur, Pierre de Gingins, fut tué en défendant La Tour-de-Peilz contre les Bernois. Le château subit ensuite de pénibles vicissitudes et ne rentra qu'en 1490 aux mains des enfants de Pierre de Gingins. L'un d'eux, François, restaura le' château et ramena tout autour les habitants de Montreux que la guerre de Bourgogne avait ruinés et dispersés. Il leur confirma les anciennes franchises de Montreux, et peut être considéré comme le véritable fondateur de la commune du Châtelard. La baronnie du Châtelard fut vendue en 1549 par les Gingins, ou plutôt par le comte Michel de Gruyère, tuteur des enfants mineurs, ses neveux, à son beau-frère Charles de Challant. Les fils de ce dernier la vendirent en 1571 à la ville de Vevey, qui la céda en 1573 à Gaspard d'Anglure. De là elle passa en de nombreuses mains, par suite de ventes ou saisies : en 1582 à Antoine d'Allingre, en 1585 à Jean- Baptiste Botta, en 1596 à Gabriel deBlonay ; au XVIIe s, aux Tavel, qui la cédèrent en 1708 aux Bondeli et ceux-ci la possédèrent jusqu'à la Bévolution. Ce fut François de Gingins qui institua à Montreux un conseil restreint présidé par un syndic. Les communes rachetèrent en 1795 tous les droits féodaux pour le prix de 116 408 francs. Les Bondeli cédèrent plus tard le château à la famille Du Bochet-Marquis. Mme Vuichoud- Marquis le possède aujourd'hui. La commune du Châtelard comprend les arrondissements de Sales, Vernex, Clarens, Charnex et Chailly-Bruit, soit la partie occidentale de Montreux. — DHV. [M. R.]

CHÂTELET. Voir Gsteig.

CHÂTENAY. Famille bourgeoise de Neuchâtel dès le XVe s. [L. M.]

CHÂTILLENS (C. Vaud, D. Oron. V. DGS). Ce village appartenait primitivement à l'abbaye de Saint- Maurice, dont le patron devint celui de l'église paroissiale. Lorsque, au milieu du XIIe s., l'abbaye de Hautcrêt fut établie à quelque distance de Châtillens, le monastère d'Agaune lui donna sa part de ce village, et l'évêque de Lausanne, qui confirma en 1154 à Hautcrêt la possession de « toute » la terre de Châtillens, semble

CHATILLON

CHATRIER

s'être dessaisi de l'autre part. Cependant, à plusieurs reprises, et en 1273 encore, les moines de St.-Maurice tentèrent de revenir sur la donation de leurs prédécesseurs, mais l'abbaye deHautcrêt obtint toujours gain de cause.

Le curé de Châtillens reconnaissait devoir à ce dernier couvent 13 livres pour le patronat. L'église, citée pour la première fois en 1228, fut reconstruite à la fin du XIVe s. date du chœur rectangulaire actuel et des parties essentielles de la nef. Le plafond de celle-ci est de 1606 ; la chaire, de 1621, est aux armes de Michel Sturler, bailli d'Oron. Une chapelle a été construite au XVIIe s. par la famille de Joffrey. La tour contient une cloche de 1502 et une autre de 1506.

Au moment de la Réformation, on vénérait dans l'église de Châtillens une image de saint Pancrace, qui avait la réputation de ressusciter les enfants morts sans baptême, pour le temps nécessaire à l'administration de ce sacrement. Le comte de Gruyère la fit transporter à son château d'Oron, où les gens de Châtillens allèrent désormais faire leurs dévotions qu'ils préféraient au prêche, mais les Bernois lirent brûler cette image.

Les Bernois ayant confisqué les biens de l'abbaye de Hautcrêt devinrent les possesseurs de Châtillens, dont l'histoire n'offre dès lors plus d'intérêt. Notons seulement que Châtillens est la patrie de Louis Jan et de son fils Henri, qui furent tous deux membres du gouvernement vaudois, l'un de 1804 à 1840, l'autre de 1862 à 1874. — DHV. [M.R.]

CHÂTILLON. Nom donné au moyen âge en pays romand à des retranchements en terre, servant de refuge, protégés parfois par des tours. L'équivalent de Châtelard. — DHV. [M. R.]

CHÂTILLON (C. Fribourg, D. Broyé. V. DGS). Com. de la paroisse de Lully où l'on a découvert de 1863 à 1866 des vestiges romains : appareil de chauffage, mosaïque, fragments de colonnes, médailles, etc. Au moyen âge, Châtillon forma une seigneurie et donna son nom à une famille noble. En 1520, Châtillon passa avec la seigneurie de Font, dont il relevait, sous la domination fribourgeoise. — Étr. fHb. 1869. — F. Brulhart : La seigneurie et la paroisse de Font, dans ASHF VIII. [J. Jordan.]

CHÂTILLON, de CHÂTILLON. Nom de famille répandu dans les cantons de Fribourg, Genève et Valais.

A. Canton de Fribourg. Châtillon, de. Famille de ministériaux, ayant possédé la bourgeoisie d'Estavayerle-Lac dès la première moitié du XIVe s., ainsi que de nombreux droits féodaux dans les seigneuries de Font, de Châtillon, etc. ; éteinte au début du XVe s. — 1. Rudolphus, donzel, témoin en 1238. — 2. Jean, 1295- 1320, témoin du testament de Renaud, coseigneur d'Estavayer en 1320, posséda en partie les dîmes de Muriot, La Molière, La Vonnaise, etc. — 3. Pierre, donzel, 1352-1398, châtelain d'Estavayer 1382. La famille s'éteignit dans la personne de ses deux filles Marguerite et Nicolette. — Voir ASHF VIII. — Grangier : Annales d'Estavayer. — Dellion : Dictionnaire. [H.V.]

B. Canton de Genève. I. Nom de la maison de Châtillon de Michaille (Ain), dont plusieurs membres furent mêlés à l'histoire de Genève, les uns dignitaires de l'église, les autres revêtus de charges laïques, vidomnes, etc. Famille éteinte. Armes : d'argent à la croix de gueules. — II. C'est encore le nom de très nombreuses familles d'origines diverses et devenues genevoises au cours des siècles. [C. R.]

C. Canton du Valais. Châtillon, de. Nom de trois familles valaisannes : les Châtillon de Niedergesteln, dont les droits passèrent aux de la Tour de la branche aînée, appelée de la Tour-Châtillon, au XIIIe s. (voir art. Tour, de la) ; les Châtillon d'Aoste, venus en Valais au temps de l'évêque Aymon III de Châtillon, puis les Châtillon de Larringes, seigneurs du Val d'IIliez au XIIIe s. et seigneurs de Collombey depuis 1348.

a) Châtillon d'Aoste. Famille d'Aoste, probablement une branche de la famille de Challant, s'établit à Leytron où elle acquit le vidomnat des de Mar au XIVe s. — Aymond II, évêque de Sion du 16 octobre 1308 à sa mort le 20 juillet 1323.

b) Châtillon- Larringes. Famille venue des environs d'Évian. — 1. Guillaume, châtelain savoyard de Saint-

Maurice 1336, se fixa à Collombey où il acheta, en 1348, la tour des nobles de l'endroit. — 2. Pierre, fils du n° 1, châtelain de Saint-Maurice 1347, de Conthey 1364. —

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