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CHATEL

prement dit. Ce faubourg est souvent devenu une ville, il s'y fixait des marchands et des artisans et peu à peu le nombre des habitants rendait nécessaire un changement de législation. D'autres fois, comme à Kibourg, la ville naissante s'est trouvée arrêtée dans son développement. Il nous est impossible de nous étendre davantage sur ce chapitre, nous nous contenterons de faire remarquer que beaucoup de villes suisses se sont ainsi formées devant un château princier ou même devant celui d'un simple noble.

Ce sont ces villes, nées à l'ombre et sous la protection des châteaux-forts, qui la plupart du temps finirent par s'en emparer. Non pas toujours par la force, mais le plus souvent par voie d'achat ou d'échange.

Les III Ligues grises détruisirent ou démantelèrent dans le courant du XVe s.

un nombre considérable de châteaux des hautes vallées rhétiennes ; les bourgeoisies de Berne et de Zurich agirent de même dans les territoires conquis par elles. Là où les vieilles forteresses restèrent debout, elles

devinrent la résidence des baillis et furent transformées de façon à les rendre plus confortables ; il arriva également que des bourgeois en devinrent propriétaires et y habitèrent. Dans le pays de Vaud et la principauté de Neuchâtel, les châteaux restèrent entre les mains de la noblesse locale, mais furent également modifiés profondément. Certains, comme Aarbourg, devinrent le noyau de forts conçus à la moderne.

A partir de la fin du XVIe s., on commence à donner le nom de château à toute habitation d'importance située à la campagne. Ces châteaux ne sont généralement que de grandes maisons munies d'une tourelle d'escalier et décorées parfois d'échauguettes. Au XVIIIe s., le château prend de plus en plus l'aspect d'un petit palais à la française ou à l'italienne, et au XIXe s., on recommence, avec la nouvelle vogue du style gothique, à le flanquer de tours rondes et même à le surmonter de créneaux.

Il reste un mot à dire au sujet de la valeur défensive des châteaux et de leur rôle historique. L'assiégé enfermé dans un château était presque toujours en désavantage et finissait par succomber s'il n'était secouru. L'accumulation des moyens de défense ne servait jamais à grand'chose. La plupart des châteaux n'ont du reste jamais subi de siège ; c'étaient les vicissitudes de la guerre et de la diplomatie qui décidaient de leur sort. C'est ainsi que nous voyons les Bernois acquérir en 1384 le château de Berthoud qu'ils avaient assiégé en vain l'année précédente. Aussi le rôle historique joué par ces édifices est-il relativement très peu considérable, et c'est en somme leur côté pittoresque qui présente le plus d'intérêt pour l'amateur d'antiquités.

Bibliographie. Viollet-le-Duc : Dictionnaire raisonné de l'architecture française, article Château. (Cet ouvrage doit être consulté avec prudence, surtout en ce qui concerne les châteaux suisses.) — Zeller-Werdmuller : Burganlagen der Ostschweiz ; Zurcher Burgen, dans MAGZ. — E. von Rodt : Bernische Burgen. — G. Schwab : Die Schweiz in ihren Ritterburgen und Bergschlôssern. — J.-F. Wagner : Ansichten sâmtlicher Burgen der Schvjeiz. — 0. Piper : Burgenkunde. — A. Burckhardt : Das Schloss Vufflens, dans MAGZ 1882. — M. de Diesbach : Le Château de Greng. — C. Hauser : Die Morsburg, dans MAGZ 1917. ■ —

H. Joliat : Hisl. du Château d'Erguel, dans ASJ 1915. H. Kraneck : Die alten Ritterburgen und Bergschlôsser in Hohen-Rhâtien. — H. Lehmann : Die Burg Wildegg

Chàtel-Saint-Denis vers 1751. Reconstitution par O. Pillioud, d'après une vue de Jenrich-

Herrliberger et autres documents.

und ihre Bewohner. — Le même : Die Kiburg und ihre Umgebung. — W. Merz : Die Lenzburg. — Le même : Die Habsburg. — Le même : Wehrbauten des Aargaus.

— Le même : Die Burgen des Sisgaus. — Th. van Muyden et Victor van Berchem : Le château de Valèreà Sion — A. Naef : Le château de Chillon. — J. R. Rahn : Schloss Tarasp, dans MAGZ 1909. — ■ Le même : Das Schloss Chillon, dans MAGZ 1887-1889.

— H. Tùrler : Baugeschichte des Schlosses BurgdoYf, dans BT II, 1922; Le château du Schlossberg dans ASJ 1912. [R. Nicolas.]

CHATEL ou CHASTEL, du (en ail. Tschatis, Tschachtli). Fam. bourg, de Fribourg, établie dès le XIVe s. à Morat et à Chiètres. L'empereur Sigismond octroya en date du 8 mai 1434 aux trois frères Mermet. Jean et Hugo Tschatis un diplôme d'armoiries et les créa nobles ; il avait déjà octroyé le 5 avril une pareille lettre à Hugo, lui donnant le droit de porter les armes de Jean Gerhart de Morat, son beau-père. — 1. Mermet l'aîné, mentionné en 1387 et 1399, fut impliqué dans un procès d'hérésie, ainsi que — -2. Mermet le jeune (1399), bourgeois de Fribourg 1401, membre du Conseil 1403, f après 1442. — 3. Hans, bourgeois de Fribourg 1399, reçut en fief en 1423 des terres de la maison de Tierstein à Buntels et Oberried. — 4. Richard, bourgeois 1397, banneret 1403-1406, ensuite déposé et banni ; f avant 1424. — 5. Johann, fils du n° 4, préposé à l'ohmgeld 1434-1437, du Conseil des Soixante pour le quartier de Bourg 1450-1458. — 6. Hugo, bourgeois 1434, banneret du quartier de l'hôpital 1433-1436, f avant 1477. — 7. Jakob, membre du Conseil et banneret vers la fin du XVe s. — 8. Niklaus, bourgeois de Morat et de Fribourg, seigneur de Bibern, vendit cette seigneurie à Berne en 1501-1502. — Voir AHS 1919. — A la même famille appartient peut-être — 9. Nicod (Nicod DE Murât, Bergier, Tschachtle), chroniqueur, probablement originaire de Chiètres près Morat, recteur de l'église Notre-Dame de Fribourg depuis 1423, f 1465. Rédigea en latin à partir de 1448, et pour les années 1435-1452, les annales des événements de son temps, surtout des événements locaux. Fruyo en fit en 1556 un extrait en allemand (publié par Buchi dans FG VIII). Depuis lors, on a retrouvé le manuscrit, qui a permis à A. Bùchi de publier une nouvelle édition de la chronique

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