CHRISTEN
CHKISTIANl
1858, conseiller de Muttenz 1881, membre du tribunal d'Arlesheim 1881-1889, de la Constituante 1851, 1887 et 1891, f 25 juin 1914. — Voir USB. — Bruckner : Merkwiirdigkeiten III. — Arch. Bâle-Campagne. [0 G.]
B. Canton de Berne. Il existe plusieurs familles d'origines diverses. — 1. Johannes, pasteur de Windisch, doyen du chapitre de Brugg en 1546. — 2. Lupold, pasteur et doyen à Thoune, f 1645. — 3. Wolfgang, fils du n° 2, * 1633, pasteur de Wynigen, Bockenheim et Purbach (Nassau), Boggwil, Krauchtal, Walterswil ; suffragant à Berthoud en 1703, pasteur à Germersheim (Bavière) et Gsteig (Saanen) où il mourut en 1712. Ses opinions rigides et ses vues étroites le mirent presque partout en mauvais termes avec ses ouailles ; il publia divers écrits religieux signés Christianus. Son fils — 4. Wolfgang, Dr méd. à Bâle 1701, devint médecin ordinaire du roi de Prusse 1710 dans la principauté de Neuchâtel, t 1745 médecin de la ville de Berne. Il publia une série d'écrits médicaux. — Cette famille (nos 2 à 4), bourgeoise en 1617 et 1646, s'éteignit vers la fin du XVIIIe s. Armoiries : d'azur à deux épées d'argent en sautoir surmontées de trois étoiles du même, sur trois monts de sinople. — LL. [K.-R.]
C. Canton des Grisons, de Christen, de Christianis. Famille noble de Truns, la plus riche du village vers 1800, aujourd'hui appauvrie et presque éteinte. [J. S.]
D. Canton de Lucerne. Familles de l'Entlebuch, Lucerne, Munster et Willisau. De la plus ancienne famille bourgeoise de la ville descendent — 1. Johann, du Grand Conseil 1480. — 2. Johann-Heinrich, du Grand Conseil 1504, du Petit Conseil 1521. — 3. Johann-Heinrich, du Petit Conseil 1530, t 1553. — 4. Johann, major 1623, ammann de la ville, t 1632. En 1602, la bourgeoisie fut donnée à un certain Hans Christen, de Moulrein (Savoie). — Voir Arch. ville de Lucerne. [P.-X. W.]
E. Canton d'Unterwald. Famille du Nidwald, bourgeoise de Wolfenschiessen, Bùren ob et nid dem Bach et de Buochs. Armoiries : d'azur à un cœur de gueules percé d'une flèche d'or empennée d'argent, et accompagné de trois roses de gueules feuillées de sinople (variantes). En 1433 apparaît l'ancêtre — 1. Jenni (Johann), d'Altzellen, qui acquit pour 7 fl. d'or le domaine du couvent d'Engelberg à Altzellen. —
2. Wolfgang, bailli de la Riviera 1598, commissaire de Bellinzone 1600, épousa la fille du chevalier Melchior Lussy, qui lui apporta le beau domaine seigneurial Hôchhaus à Wolfenschiessen, bâti par son père, et qui resta durant 250 ans en possession de la famille des Christen. — 3. Jakor, fils du n° 2, banneret 1619, trésorier 1636-1641, bailli de Blenio 1642, vice-landammann 1651, landammann 1652, 1653, 1659 et 1664, capitaine du pays ob et nid dem Kernwald 1654-1667, chef des troupes du Nidwald dans la première guerre de Villmergen lors de l'occupation de Rapperswil assiégé, f 19 décembre 1671. — 4. Wolfgang, architecte 1661, trésorier 1665-1675, landammann 1687, f 28 octobre 1688. — 5. Valentin, bailli de la Riviera 1675, commissaire de Bellinzone 1678, obtint en 1675 du gouvernement du Nidwald une attestation de noblesse pour s'en servir près le Collegium nobilium de Parme. — 6. Stanislaus-Alois, banneret 1751. vice-landammann 1753-1761, bailli de Sargans 1759-1760, landammann 1761, 1767, 1768, 1775, 1779, t 16 décembre 1787. — La famille, très nombreuse, a donné encore au pays divers hauts magistrats, conseillers et fonctionnaires et a pris la direction de la commune de Wolfenschiessen depuis trois siècles. Une branche établie en France après y avoir servi y porte le titre de comte. Parmi les membres du clergé, la famille compte les conventuels d'Engelberg : — 7. P. Basilius, * 1610, moine 1630, prieur du couvent, f 7 octobre 1660, et — 8. P. Frowin, * 1666, moine 1684, prieur 22 mai 1743. — 9. Johann- Martin, curé, à qui sa commune d'origine doit la nouvelle église qu'il desservit de longues années, f 1794. — [Durrer.] — 10. Raphaël, sculpteur, de Wolfenschies-
sen, * à Berne 1811, fils du peintre et sculpteur Jos.- Maria (1769-1838), étudia à Genève et à Rome sous Thorwaldsen. Il vécut dans la suite à Brienz et à Berne. Auteur de la statue de la Berna, à Berne, devant l'ancien palais fédéral, et des statues de plusieurs de ses contemporains, entre autres du général Dufour, f 1880.
— SBB III. — SKL. [L.S.] F. Canton d'Uri. Vieille famille de magistrats de la
vallée d'Urseren, dont le nom primitif était Cristan. Armoiries : d'azur à une clef d'or posée en pal. — Johann est cité comme témoin en 1400. La famille a donné à la vallée d'Urseren les ammann suivants : — 1. Hans, probablement identique avec le précédent, 1402, 1407. — 2. Gerung, 1439, 1441. — 3. Melchior, 1477. — 4. Christoph, 1490, 1492-1496. —
5. Hans Christen, von Realp, trois fois de 1501 à 1521 (peut-être identique à Jacob, ammann en 1504 ?). —
6. Christoph, 1587. — 7. Johann, 1640. — 8. Franz, trois fois de 1689 à 1713. — 9. Christoph, trois fois de 1693 à 1709. — 10. Joseph-Félix, trois fois de 1723 à 1741. — 11. Karl-Anton, deux fois de 1753 à 1767. — 12. Kaspar-Andreas, 1791-1793. — 13. Karl-Sebastian, deux fois de 1795 à 1811. — 14. Joseph-Fidel, 1839-1841, et 1858-1859, premier député d'Uri au Conseil des États, 1848-1860 ; t 1870.
— 15. Sébastian, 1890-1892; hôtelier. — Cinq membres de la famille sont tombés à Marignan en 1515, et J.-Joseph en 1799 dans les combats contre les Français. Sont encore à mentionner : — 16. Christoph, secrétaire d'État à Altdorf ; t 24 mars 1695. — 17. Johann- Karl, orfèvre, fit un ostensoir d'or pour le couvent d'Einsiedeln ; f 22 octobre 1694. — 18. Johann Franz, orfèvre, f 4 nov. 1713. — 19. Franz-Josef, chevalier de l'Éperon d'or 21 février 1763. — 20. P. Konrad, 1739-1816, curé d'Auw, puis archiviste et grand cellérier du couvent d'Engelberg. — 21. P. Maurus, 1747-1812, accompagna souvent l'abbé Beda de Saint-Gall dans ses voyages politiques, curé de Wil 1795-1812. Il travailla en faveur du rétablissement du couvent de Saint-Gall. — 22. Felix-Heinrich, colonel brigadier, t 8 février 1826 à Barcelone. — 23. P.
Bernhard,à ' Andermatt, profès 1856, prêtre 1860, capucin. Il empêcha la suppression des couvents de capucins soleurois et se dépensa avec succès pour le rétablissement des couvents de son ordre dans le Tessin, provincial 1879- 1882. Le 9 mai 1884 il fut le premier Suisse à revêtir la charge de général de l'ordre des capucins, avec siège à Rome.
Avec la permission du Saint-Siège, il conserva ses fonctions durant 24 ans au lieu des six ans prévus par les statuts de l'ordre; visita toutes les missions de l'ordre et ses 731 couvents, fonda la revue Analecta et écrivit en 1899 une vie de saint François, qui fut traduite en italien, en français et en portugais, évêque titulaire de Slauropolis, 14 juin 1908, t H mars 1909. — 24. P. Kasimir, * 1846, provincial des capucins 1894-1897 et 1900-1903. t 1905.
— 25. P. Félix, d'Andermatt, * 1859, prêtre 1885, prof, à Stans, lecteur à Soleure, secrétaire du général des capucins à Rome, 1900-1902, professeur de théologie au séminaire de Porto Alègre (Brésil), missionnaire dans les Indes 1909, en dernier lieu à San Juan de la Costa (Chili) f 3 novembre 1922. — Voir Wymann : Schlachtjahrzeit von Uri. — Hist. Nbl. von Uri 1898, 1918,1921. — Jahresb. des Koll. Stans 1923. — Schweiz. Framiskuskaltnder 1924. — LLH. — SKL. [E. WJ
CHRISTIANI, CRISTAN (CHRISTEN). Famille bourgeoise de Rapperswil aux XIVe et XVe s. — Nicolaus Cristiani, protonotaire impérial 1397, secrétaire
P. Bernhard Christen. D'après une photugraphie.
:;i6 CHRISTIANISME (ÉTABLISSEMENT DU) CHRISTIANISME (ÉTABLISSEMENT DU)
de la ville et doctor puerorum 1406, bachelier es arts ; t avant 1431. Il est peut-être l'auteur de la chronique de Rapperswil, du commencement du XVe s., transmise par M. Rickenmann. — Arch. de Rapperswil et d'Einsiedeln. [M.Schnellmann.]
CHRISTIANISME (ÉTABLISSEMENT DU). Un évêque d'Augst (Bâle), Justinien, apparaît à Cologne en 346. Théodore d'Octodure (Valais) est au concile d'Aquilée en 381. Isaac de Genève vit vers l'an 400, Asimo de Coire et Abondance de Come en 452. Bubulcus était, en 515, à Windisch, le successeur d'évêques établis à Avenches depuis le temps, tout au moins, où il y avait un évêque fixe, puisque Avenches était la capitale de la Civitas Helvetiorum, et qu'elle ne fut détruite qu'en 354 parles Alémannes. On peut donc affirmer qu'à partir du milieu du IVe s., la Suisse occidentale et probablement aussi la Rhétie, qui était en communication directe avec l'Italie, a des diocèses organisés. Nous entendons par là qu'il y eut des sièges épiscopaux fixes, d'où la prédication de l'Évangile rayonnait plus ou moins méthodiquement dans un rayon déterminé. Il est possible que cette distribution en diocèses ait suivi de près l'édit de Constantin sur la liberté des cultes, lequel permit à l'Église catholique de s'organiser ouvertement. Mais nous avons lieu de penser qu'à ce momentlà, la majeure partie de la population était encore païenne et que le christianisme dans notre pays doit peut-être davantage à la domination burgonde et à la domination franque qu'à la domination romaine.
Voici un argument à l'appui : Les patrons des églises épiscopales primitives d 'Avenches et d'Augst, détruites vraisemblablement lors des invasions barbares, sont inconnus. Les cathédrales de Lausanne, de Sion, de Coire (ici le nom de Saint- Lucius n'apparaît qu'au Xe s.) sont dédiées à Notre-Dame ; la cathédrale de Genève à saint Pierre. Ces vocables n'autorisent aucune conclusion chronologique autre que celle d'une grande ancienneté ; notons seulement que l'église de Genève paraît avoir été reconstruite au début du VIe s. vers 510. En revanche, il est intéressant de relever que l'église primitive de Bâle est dédiée à saint Martin, de même que l'église paroissiale de Coire. En outre, à l'intérieur de chaque diocèse, nous constatons qu'un grand nombre des principales localités ont leurs églises dédiées à ce même saint. Ainsi dans le diocèse de Lausanne, dans les paroisses les plus grandes, nous voyons que saint Martin est le patron des églises de Vevey, d'Avenches (pour le bourg chrétien), de celles des résidences royales de Colombier, Orbe et Dommartin, tandis que celles de Payerne, Nyon, Yverdon sont dédiées à Notre- Dame, Moudon à saint Etienne, Orbe (église principale) à saint Germain. Or, saint Martin, évêque de Tours, est mort en 397, et saint Germain, évêque d'Auxerre, en 448. Il est possible que l'une ou l'autre de ces églises soit plus ancienne que saint Martin et lui ait été dédiée après coup ; il est possible qu'il y ait eu à côté d'elles des sanctuaires plus anciens ; mais ces derniers sont complètement ignorés et le premier cas n'a dû être qu'une exception. Or, si la majorité de ces églises n'a été constituée qu'après la mort de saint Martin, c'est-àdire au Ve s. au plus tôt, on peut en déduire que ce n'est qu'à ce moment que le christianisme est devenu dominant dans les petites villes et dans les bourgs, et que, par conséquent, il n'a pu se développer que plus lentement encore dans les campagnes. En Rhétie et dans le Tessin, nous voyons de même qu'un vieil annaliste, Tatti, n'attribue la multiplicité des églises de la région qu'à saint Ambroise de Milan, c'est-à-dire à la fin du IVe s. Toutes ces indications concordent donc, et nous pouvons conclure que l'Église s'est organisée en Suisse au IVe s.
Les données archéologiques viennent à l'appui de cette thèse. La plus ancienne église dont les fondations aient été retrouvées est, sauf erreur, celle de Saint- Germain à Genève, et l'on peut hésiter, en ce qui la concerne, entre le IVe et le Ve s. Une inscription de l'an 377, trouvée à Sion montre qu'un édifice public pouvait arborer le monogramme du Christ ; si cet édifice n'est pas l'église même, le monogramme sous-entend qu'il en existait une dans la localité. Quant aux objets chrétiens trou-
vés dans des sépultures ou ailleurs et qui peuvent être datés d'une manière ou d'une autre, aucun n'est antérieur au IVe s. Quelques-uns attribuent au IIIe s. un vase à l'inscription Vivas in Deo, qui est à Avenches, mais il est plus probablement postérieur. La cuiller d'argent au monogramme du Christ trouvée à Chavannes près de Lausanne l'a été dans une tombe burgonde, ce qui la place au Ve s. Les urnes funéraires avec effigies de colombes et de coqs trouvées à Bâle et à Lunnern dans le canton de Zurich, ne peuvent être assignées à une époque précise, pas plus que les représentations de la croix et de la scène de Daniel dans la fosse aux lions. Partout, l'évaluation flotte entre le IVe s. et le VIIe s. sans pouvoir se fixer.
Il est évident pourtant qu'au Ier ou au IIe s. au plus tard, des marchands, des artisans, des soldats, des fonctionnaires ont dû faire pénétrer le christianisme en Suisse par les grandes routes romaines de Lyon à Genève et Bâle, du Valais à Avenches et Windisch, du Splùgen et du Julier à Coire et à Constance. Mais nous ne savons rien à ce sujet. L'indication de saint Nazaire comme évêque de Genève, repose sur une fausse lecture. La légende de saint Lucius, apôtre de la Rhétie, a dû être composée à une époque très postérieure. Même silence pour le IIIe s. L'histoire ne peut enregistrer avec vraisemblance que le martyre de saint Maurice et de ses compagnons à Agaune vers 286-302. En fait, l'histoire du christianisme en Suisse ne commence vraisemblablement qu'au IVe s. et l'on peut supposer que les édifices péniblement élevés disparurent bientôt après dans la grande tourmente de l'invasion des Barbares, des Alémannes surtout. Sans doute, les Burgondes étaient chrétiens, mais ariens, c'est-à-dire d'une secte qui abhorrait l'Église et dut contribuer, elle aussi, à son effacement momentané.
Il faut ici noter l'influence considérable que durent exercer dans le pays le souvenir du massacre de saint Maurice et son culte. Nous savons que vers 370, l'évêque Théodore recueillit à Agaune les reliques des martyrs et érigea une église à leur mémoire. Il attacha certainement des prêtres à cette église, qui devint un lieu de pèlerinage très fréquenté, dont témoigne la relation de saint Eucher, évêque de Lyon, que l'on peut dater de 435 environ. C'est autour de l'histoire de saint Maurice, que se sont greffées quantité de légendes pieuses, telles le martyre des saints Ours et Victor à Soleure, de Félix et Régula à Zurich, de Vérène à Zurzach, le massacre de martyrs à Augst. Le culte des saints Ours et Victor est si ancien qu'Eucher l'indique déjà dans sa lettre sur Saint-Maurice, laissant d'ailleurs à penser que le Victor de Soleure n'est pas le même que celui d'Agaune. Nous savons d'autre part que vers 500, Sedeleube, nièce de Gondebaud et sœur de Chlotilde, reine des Francs, construisit à Genève une église de Saint- Victor, où elle déposa les reliques venues de Soleure, restes que l'on retrouva un siècle plus tard, au temps de Frédégaire. La fréquence du nom de saint Maurice comme patron de vieilles églises en Suisse romande et en France témoigne de la popularité et de l'extension de ce culte. Dès le Ve s., les manifestations du christianisme se multiplient. Le couvent de Romainmôtier est fondé vers 450, celui de Saint-Maurice en 515, les moines de Luxeuil envoient en Suisse des prédicateurs, dont Colomban et Gall sont les personnalités les plus marquantes, et ont profondément marqué de leur empreinte la Suisse centrale et la Suisse orientale. L'évêque d'Avenches-Windisch se transporte à Lausanne (avant 590), l'évêché de Constance est constitué (VIIe s.).
Notons encore qu'il est manifeste que sous la domination mérovingienne, le christianisme se développa dans les campagnes. C'est à cette époque-là certainement que remontent les églises des localités comme Dommartin, Dompierre, etc., Saint-Martin, Saint- Pierre marquant plutôt la période carolingienne. En outre, on trouve quelques vestiges de ces temps reculés dans les campagnes : ainsi, les fouilles de la petite église de Constantine (Vaud) ont fait découvrir des tombeaux nettement mérovingiens et ce ne sont point les seuls du genre. Le culte des dieux antiques se maintint cependant longtemps encore : un cimetière du IXe s. exploré