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CHRISTIANISME SOCIAL EN SUISSE (LE

On distingue sous le nom de christianisme social un mouvement d'organisation sociale et politique. Ses origines remontent au commencement du XXe s., quand le chanoine Johann-Baptist Jung, f 1922, fonda à Saint-Gall la première des associations catholiques d'ouvriers et d'ouvrières, à caractère social, associations qui se multiplièrent en peu d'années dans toute la Suisse. Celles-ci donnèrent naissance aux groupements de travailleurs chrétiens, essentiellement corporatifs. Tandis que les premières étaient de nature confessionnelle, les seconds ne l'étaient plus. Leur programme était le développement et la propagation d'une politique sociale conçue dans l'esprit de l'encyclique Rerum novarum, du pape Léon XIII (mai 1891) et basée sur la suppression des haines de classe, le maintien et le développement de la vie religieuse et spirituelle parmi les adhérents, ainsi que sur l'encouragement à l'effort personnel; Ce dernier point provoqua une activité intense dans le domaine de la mutualité. Le mouvement compte actuellement en Suisse cinq groupements : 1. La Fédération des sections de travailleurs catholiques ; 2. La Fédération des sections des travailleuses catholiques; 3. La Fédération des sections des Employés d'hôtels et pensions ; 4. La Fédération des fonctionnaires et employés catholiques ; 5. La Fédération nationale des Syndicats chrétiens. Ils forment ensemble L' Union ouvrière chrétienne-sociale suisse, qui réunit environ 70 000 membres, sous la présidence du conseiller national Scherrer, de Saint-Gall. Un secrétariat général existe à Saint- Gall. Les associations chrétiennes-sociales eurent à soutenir une dure lutte pour l'existence contre les groupements socialistes qui cherchèrent souvent à les terroriser, quoique sans résultat. La Fédération nationale des syndicats chrétiens eut une grande part à la fondation en 1921 de la Ligue internationale ou Internationale blanche.

Le mouvement chrétien social a à son actif la création de caisses-maladie et vieillesse, qui comptent environ 50 000 assurés, d'une banque, la Schweiz. Genossenschaftbank, avec siège principal à Saint-Gall, issue des Caisses d'épargne des associations chrétiennes, de l'Union des coopératives Concordia, et enfin de l'imprimerie Concordia qui édite les différents organes corporatifs. Dans le domaine politique, les questions sont étudiées par un comité politique qui possède depuis 1921 un organe quotidien de politique sociale, la Hochwacht. L'Union ouvrière chrétienne-sociale suisse se rattache au parti conservateur populaire suisse. Elle est représentée dans les conseils de la majorité des cantons, ainsi qu'au Conseil national. Un parti chrétien-social existe dans les cantons de Soleure et de Zurich. Dans ce dernier canton, il fut fondé en 1906, sur l'initiative de G. Baumberger, rédacteur des Neuen Zùrcher Nachrichten, et forme une section du parti populaire conservateur. — Voir A. Scheiwiller : Kanonikus J.-B. Jung.

— G. Baumberger : Ein Beitrag zur Grûndung... der christlichsozialen Partei von Kanton und Stadt Zurich. — Rapp. des organisations chrétiennes-sociales de la Suisse.

— Rapp. des associations chrétiennes d'ouvriers de la Suisse. — Die christlichsoziale Bewegung in der Schweiz, dans la coll. Im Zeitensturm. [G. Baumberger.]

Le christianisme social a revêtu dans les milieux protestants d'autres formes : ses principaux apôtres ont été avant tout le philosophe Charles Secretan à

Lausanne, le professeur L. Ragaz à Zurich, le pasteur P. Sublet dans le canton de Vaud. Ses deux principaux organes sont encore à l'heure présente les Neue Wege à Zurich et le Nouvel Essor en Suisse romande. Dans cette dernière région, il a très fortement subi l'influence des fondateurs français du mouvement, et avant tout de T. Fallût, C. Gide, E. Gounelle, W. Monod ; la Revue du Christianisme social, à la tête de laquelle se trouve E. Gounelle, esta l'heure actuelle le porte-parole le plus éloquent et le mieux informé de ce mouvement; aussi son influence en Suisse romande estelle grande. Le produit le plus caractéristique de cette orientation des esprits a été la Ligue d'acheteurs, vaillamment conduite par A. de Morsier, ancien député au Grand Conseil de Genève, et dont les troubles de ces dernières années ont brisé l'élan et momentanément paralysé l'œuvre féconde. Mais la tendance est demeurée : appliquer à la société et non seulement à l'individu les grands principes de justice et de solidarité, proclamés par l'Évangile du Christ. [e. m.]

CHRISTIN. I. Nom d'une famille de Savoie qui a donné à Lausanne des chanoines, entre autres Jean, prévôt de la cathédrale en 1410-1412. — II. Famille vaudoise, originaire de Valeyres-sous-Montagny, où elle est connue avant 1536, reçue à la bourgeoisie d'Yverdon en 1602. A donné plusieurs officiers au service étranger et divers magistrats, entre autres — 1. Jean-Albert, colonel, qui fut fait prisonnier en 1757 à la bataille de Rossbach. — 2. Louis, t 1848, avocat célèbre, l'un des plus ardents partisans du régime bernois à Yverdon, au moment de la Révolution. — ■ [M. R.] — 3. Ferdinand- Richard, * à Yverdon le 11 sept. 1763, secrétaire de M. de Calonne, contrôleur général des finances en France, suivit ce dernier en émigration dans toute l'Europe, fut chargé par l'impératrice Catherine de Russie d'une mission secrète à Stockholm en 1796, entra au service du comte de Marcoff, ambassadeur de Russie, qui l'emmena à Paris sous le Consulat. Cet emploi auprès du diplomate russe, envers lequel Napoléon éprouvait une violente inimitié, fut pour Christin la cause d'une dramatique aventure. Le 24 juillet 1803, au retour d'une excursion au château de Coppet où Christin avait été admis à fréquenter le cercle des « adorateurs » de Madame de Staël, il fut arrêté à Genève, alors chef-lieu du département français du Léman, sur les ordres de la police de Paris, conduit dans cette ville et emprisonné à la Tour du Temple. Il y resta 386 jours au secret et n'en sortit que le 30 décembre 1804 après une cruelle captivité pour rentrer à Yverdon, mais bientôt, ne se croyant plus en sûreté en Suisse, il s'enfuit dans l'Est de l'Europe et gagna la Russie où il mourut à Moscou le 18déc. 1837. Ses aventures romanesques ont été racontées par Frédéric Barbey : Suisses hors de Suisse ; Au service des rois et de la Révolution ; Mme de Staël et Ferdinand Christin, où l'on trouvera une bibl. étendue du personnage. [F. B.]

CHRISTINE, Joseph, f 1850, notaire à Carouge, d'une famille originaire de Saint-Julien, juge sous l'Empire, du Conseil représentatif dès 1816, conseiller d'État 1831, membre de la Constituante 1841, du Grand Conseil dès 1842. — Voir Sordet : Dict. des fam. genevoises. — Arch. de Genève. [C. R.]

CHRISTINGER, Johann-Jakob. * 1836 à Engwang-Wigoltingen, pasteur à Matzingen 1862, recteur de l'école cantonale de Thurgovie 1868-1870, pasteur à Arbon 1870, à Huttlingen 1875, doyen du chapitre de Frauenfeld 1898, inspecteur des écoles primaires et secondaires, f 1900. Auteur des biographies de Théodore Bibliander, Thomas Bornhauser et Rebsamen, du Festspiel du centenaire de Thurgovie 1903. [Sch.]

CHRISTOFFEL. Famille très répandue aux Grisons, surtout dans le Domleschg ; éteinte à Ilanz, Lumbrein et Almens. Des rameaux subsistent à Bâle et en Hollande. — 1. Andréas, premier prévôt de corporation à Coire 1547. — 2. von Digg-Trins, Balthasar, landammann de la haute juridiction 'de Trins 1771. — 3. Georg, landammann de la haute juridiction d'Ortenstein 1780. — 4. Raget, fils du landammann Thomas, * 24 juin 1810 à Scheid, pasteur à Almens 1836- 1840, connut Fellenberg et dirigea son école réale de

GHRISTOFFEL

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