CHRONOLOGIE
CHUARD
rimée célébrant les luttes pour la liberté, tandis que la Réforme inspira Walter Klarer. Uri vit apparaître, le dernier, au XVIIe s., les écrits de Zwyer von Evibach. Malgré son ancienne culture, le Valais ne parvint que relativement tard à l'histoire, avec la chronique de Munster de Johann Muller, continuée par Hallparter, Clausen et Jordy aux XVIe et XVIIe s., et par celle de Brigue du notaire Kleinmann, du milieu du XVIe s. On doit à la Thurgovie le fameux Melchior Goldast (* 1578), et à l'Argovie, Heinrich Schodeler, de Bremgarten, Anton Tegerfeld (1503-1526), et Christof Silberysen, abbé de Wettingen, tous du XVIe s. Au Tessin appartient la Cronaca Luganese, de Nicolo Laghi (XVe- XVIe s.). Vaud possède la Chronique de Moudon (XVe s.), la Chronique de Loys Villaudin (XVIIe s.) et la Chronique de Rougemont. Dans les Grisons, l'activité des historiens fut aussi tardive, mais d'autant plus riche. Le premier fut l'auteur inconnu des Acta de la guerre contre le Tyrol (1499), probablement un chanoine de la cathédrale de Coire. Puis vinrent Johann von Travers (XVe-XVIe s.), Ulrich Campell (XVIe s.), Bartholomâus Anhorn (XVIe-XVIIe s.), Hans Arduser, Johann Guler von Winegg, Fortunat Sprecher, Fortunat Juvalta et Ulysses von Salis-Marschlins, tous des XVIe et XVIIe s.
Parmi les chroniques rimées, il faut en outre mentionner : la Capella Heremitana, du maître d'école d'Einsiedeln Rudolf Radegg, un laïque (1314) ; celles de la guerre d'Appenzell de 1405 ; de la conquête de l'Argovie 1415, de Johann Lenz sur la guerre de Souabe 1500, de Niklaus Schradin de 1515 et de Christoph Silberysen sur la seconde guerre de Cappel 1531.
Plusieurs chroniques illustrées présentent une grande valeur pour l'histoire politique et littéraire, pour la civilisation et pour l'art. A celles-ci se rattachent deux copies de Justinger, du XVIIe s., les manuscrits de la chronique de Tschachtlan à Zurich (continuation de Justingler), des deux Diebold Schilling de Berne et de Lucerne, ainsi que les copies de Zurich et de Spiez (1468-1484), de Gerold Edlibach, Wernher Schodoler, Peter von Molsheim, Hans Salât, Joh. Stumpf, de Vadian, etc. Il existe enfin des éditions illustrées de bois ou de cuivre de la Légende de saint Meinrad, depuis 1470, de Schradin, d'Etterlin, delà légende de saint Béat, du fameux procès Jetzer, etc., de la chronique et du Handbùchlein de Stumpf, de la chronique de Jos. Simler, de la Cosmographie de Sébastian Munster, de la Weltgeschichte de Bernhard Brandt, de la Basler Chronik de Christian Wurstisen, de la chronique rimée de la seconde guerre de Cappel par Christoph Silberysen, et de sa grande Schweizerchronik, des copies de la chronique de Werner Schodoler, des Wickiana illustrées de la Bibliothèque centrale de Zurich (fin du XVIe s.), de la chronique du Bâlois Andréas Ryff, de la Schaffhauser Chronik de Rueger, et de quelques copies de celle de Bullinger. Ce sont les Bernois qui commencèrent à illustrer les chroniques. — Voir le chap. Histoire dans les art. des cantons. — G. von Wyss : Gesch. der Historiographie in der Schweiz. — Potthast : Bibl. historica medii aevi. — Vildhant: Handbuch der Quellenkunde zur deutschen Gesch. — Alb. Buchi : Die Chroniken u. Chronisten von Freiburg, dans JSG XXX. — Ed. Fueter : Gesch. der neuern Historiographie. — Gagliardi Gesch. der Schweizer Eidgen. dans Voigtlànders Quellenbûcher, vol. 67. — Jos. Zemp : Die schweizer Bilderchroniken. — Des extraits de chroniques suisses se trouvent dans W. Œchsli : Quellenbuch zur' Schweizergesch. — Liebenau : Historiogr. von Uri, dans la Festgabe zur Erôffnung des histor. Muséums . [A. Buchi.]
CHRONOLOGIE. Dans les documents de l'époque franque et encore pendant tout le IXe s., le millésime fut uniquement indiqué par l'année d'avènement du souverain. C'est en 890 seulement qu'apparut dans un document saint-gallois la désignation de l'année d'après la naissance du Christ. L'indication des années de règne des souverains et des papes, et, dans les documents épiscopaux, des années de règne de l'évêque dura encore plusieurs siècles. Jusqu'à la Réformation, (à Bâle jusqu'en 1570) le début de l'année tombait en Suisse allemande sur Noël, soit le 25 décembre (style
de la nativité). Dans l'évêché de Lausanne existe dès H77 peut-être, en tous cas dès 1212, le style florentin, c'est-à-dire le commencement de l'année coïncidant avec l'Annonciation delà Vierge, soit le 25 mars, Annus secundum stilum curiae Lausannensis, style de l'Annonciation, qui resta en usage officiel dans la chancellerie épiscopale jusqu'en 1536 et qui fut usité au XIIIe s dans tous les écrits du diocèse de Lausanne. Par contre à Berne, on ne recourut à ce style qu'après 1264 et encore à titre exceptionnel ; à Fribourg, jusqu'à 1465 environ. Le style de la nativité se maintint durant tout le XIIe s. dans le diocèse de Genève ; il semble pourtant que dans la chancellerie épiscopale, et jusqu'au XIIIe s. le style pascal dominait, c'est-à-dire que Pâques marquait le commencement de l'année. Ce style fut certainement en vigueur dans les années 1275- 1305 ; il fut depuis remplacé officiellement par le style de la nativité et celui-ci en 1575 par le style de la circoncision. Le 1er janvier devint ainsi le commencement de l'année. Le style de la circoncision était déjà en usage à Genève dans la seconde moitié du XVe s. ; il s'était dans la suite répandu toujours davantage. Déjà sous Rodolphe de Habsbourg ce dernier style avait été couramment usité. Le style pascal, qui avait en France un caractère officiel, jusqu'en 1563, fut quelquefois employé dans l'Ajoie qui fit partie du diocèse de Besançon au XIVe s. et au XVe s. Au Valais, le style de l'Annonciation domina jusqu'après 1237 environ, puis le style natal et dès 1300, le style de la circoncision. A Saint- Maurice, on data d'abord d'après la coutume de Lausanne, mais de 1288 à 1294 très souvent d'après le style natal. Pour la désignation des jours, on utilisait, à côté du calendrier romain avec ses Calendes, ses Nones et ses Ides, le calendrier des fêtes chrétiennes qui était très apprécié et dans lequel on constate dans différents diocèses quelques écarts dans la fixation des fêtes des saints.
C'est ainsi que le jour de Sainte-Marguerite tombe sur le 15 juillet dans les diocèses de Bâle, Coire et Constance ; le 19 juillet à Lausanne et à Sion ; le 20 juillet à Genève, le 13 juillet dans l'abbaye de Saint- Gall. L'application continue de la Consuetudo Bononiensis, c'est-à-dire le calcul des dates mensuelles d'après . les 2 moitiés du mois, mensis intrans et mensis exiens (mois entrant et mois sortant) était pratiquée en Suisse seulement pour la première moitié du mois. Il faut mentionner encore, à cause de son usage fréquent, V indiction, période fiscale romaine de 15 ans. Au moyen âge l'indiction désigne la place d'une année isolée dans ce cycle, dont l'origine doit être recherchée en Egypte vers la fin du IIIe s. Le point de départ de l'indiction tombait ordinairement en Suisse sur le 24 septembre. Dès 1300 environ, on admet dans la Suisse orientale l'indiction comptée de Noël ou du 1er janvier, ce qui devint la règle depuis 1350. Sur d'autres modes de computation des années, telles que le cycle solaire, la lettre dominicale, les Concurrents, les Épactes, les Réguliers, etc., voir les manuels de chronologie tels que Grotefend : Zeitrechnung, ainsi que son Taschenbucli, puis Giry : Manuel de diplomatique. — K.-F. Ginze.1 : Mathem. und techn. Chronologie. — Burnet dans RHV 1905, dans MDG XXXI et dans AS G 1914. — Brandstetter : Anleitung... dans Gfr. 25. — Ladewig : Zur Anwendung... dans ASG 1888. — UZ Avant-propos. — H. Turler, dans FRB VIII. — MDR XXIX. — DHV art. Calendrier (avec bibliographie). — Art. Calendrier. [H. T.]
CHUARD. Famille des cantons de Vaud et Fribourg. A. Canton de Vaud. Famille vaudoise, originaire de Cugy (Broyé) où elle est mentionnée dès 1381. Armoiries : d'or à une corneille essorante de sable empiétant une grappe de raisin d'argent. Une branche se fixa à Payerne vers 1500, une autre à Avenches en 1534, une autre, dérivée de celle d'Avenches, à Corcelles près Payerne en 1581. A la première appartiennent : — 1 . Pierre, notaire de 1514 à 1564. — 2. Jean, avoyer de Payerne 1612-1628. — 3.
CHUET
GHURWALDEN
Isaac, 1700-1769, lieutenant d'avoyer etbanneret. — 4. Gabriel-David, fils du n° 3, 1732-1812, lieutenantcolonel au service de Prusse, banneret de Payerne 1787-1790 et 1793-1796 ; fut l'un des chefs du mouvement révolutionnaire et député à l'assemblée provisoire du pays de Vaud en 1798. Cette branche est éteinte.
A la branche de Corcelles se rattachent : — 1. Louis, 1827-1908, instructeur en chef de la cavalerie de la Ire division, député au Grand Conseil, conseiller d'État vaudois 1873-1877, préfet de Payerne 1877-1907. — 2. Er/iesf-Louis, * 31 juillet 1857, fils du n° 1, professeur de chimie à l'académie de Lausanne dès 1882, directeur de la Station viticole 1903, président ou membre de nombreuses associations agricoles ou économiques, président du Conseil communal de Lausanne 1893, député au Grand Conseil 1909-1912, conseiller d'État 1912-1919, député au Conseil national dès 1909, élu membre du Conseil fédéral le 11 décembre 1919, auteur de nombreuses études d'économie publique, de chimie et d'agronomie.
De la branche d'Avenches ressort : — Daniel- Abraham, 1764-1827, pasteur à Leysin 1804, Roche 1804, Aigle 1814-1827. — Voir Reymond : Généalogie de la famille Chuard dans RGV. [MR.]
B. Canton de Fribourg. Joseph, * le 20 mai 1870, ingénieur au service de la compagnie du Nord-Est, puide la maison de construction Niirnberg-Actiengesellschaft, à Nuremberg ; fonda en 1897 à Francfort un important établissement, auquel il donna son nom. Ingénieur de l'État de Fribourg 1912 ; chef des services industriels de l'État 1913 ; conseiller d'État, directeur des Travaux publics 1914 ; directeur de l'Electro-Bank à Zurich 1919. [R^emy.]
CHUET, Barthélémy, chapelain de Louise de Savoie, chanoine de Lausanne et de Genève, élu évêque de Nice en 1462, administrateur du diocèse de Lausanne en 1469-1472. f à Nice en 1501. — Schmitt et Gremaud : Le diocèse de Lausanne. — Reymond : Dignitaires. [M.R.]
CHULES (ail. Gals) (C. Berne, D. Cerlier. V. DGS). Vge et Com. On a trouvé des fondations et tuiles romaines au Galserholz. L'abbaye de Saint-Jean posséda dès 1185 des biens à Galles ; elle les échangea en 1209 avec le couvent de Frienisberg. Le chevalier Cuno von /Ernen lui légua en 1217 ses propriétés à Chules et le comte Ulrich de Neuchâtel, toutes les dîmes au même lieu en 1225. Le village passa à Berne avec l'abbaye de Saint- Jean qui fut sécularisée en 1528 et forma avec Chules un bailliage jusqu'en 1798. Le servage fut supprimé en 1551. Chules fit dès lors partie de la paroisse de Champion ; une chapelle existait encore en 1559, elle fut transformée dans la suite en maison d'habitation. Une fabrique d'indiennes existait au bord de la Thielle vers 1730 et au Neuhaus était un dépôt de poste. 15 maisons brûlèrent en 1852, 12 en 1867. De Chules sont originaires les Tribolet, de Berne, et les Neuhaus, de Bienne. — Voir von Mulinen : Beitrâge VI. — Archives d'État Berne. — Archives communales de Chules. [E. R.]
CHUNIBERT. Peintre et moine à Saint-Gall. Il était probablement originaire de Wittnau près de Fribourg-en-Brisgau ; mentionné en 933 comme sousdiacre de Saint-Gall ; plus tard abbé du couvent de Nieder-Altaich en Bavière. Peu avant 945, il revint à Saint-Gall où il fonctionna comme doyen de 962 à 963 et comme portarius en 976, f après 976. Son chefd'œuvre est l'ornementation du plafond à caissons de l'église de Saint-Gall. — SKL. [Bt.]
CHURWALDEN (C. Grisons, D. Plessur, Cercle Churwalden. V. D GS) . Com. et par. née par suite de la fondation du couvent de Churwalden au XIIe s. La contrée s'appela à l'origine Silva augeria ; sa dénomination actuelle se rapporte à silva curiae, forêt de la curie épiscopale. Augeria doit s'être conservé dans Pradaschier (Augeria, Agier, Aschier, pra d'Aschier), hameau en amont du village. L'ancien nom prouve que la région était autrefois une grande forêt, qui ne fut que peu à peu colonisée. La commune actuelle avec Parpan est un type de Hofgemeinde, communauté de fermes (Hofe) à l'origine absolument indépendantes économiquement les unes des autres. Abstraction faite de Malix, il n'y eut d'abord pas de groupement central (vicus, village). Le couvent
n'était entouré que de fermes habitées par des serfs et de chapelles qui lui appartenaient en grande partie ; il ne'possédait pas de territoire circonscrit et ne parvint pas à obtenir des redevances foncières de la population. L'avouerie fut exercée successivement par les von Strassberg qui avaient un château près de Malix, les von Vaz, puis les comtes de Toggenbourg. A l'extinction de ces derniers, 1436, la juridiction de Churwalden, formée de Churwalden, Malix, Parpan et Tschiertschen, constitua avec les autres juridictions appartenant aux Toggenbourg la Ligue des X Juridictions. Les droits seigneuriaux sur Churwalden passèrent en 1439 aux Montfort, en 1471 aux von Matsch, en 1477 à l'Autriche ; les deux premiers lui accordèrent d'importants privilèges juridiques et améliorèrent la situation sociale des habitants. La commune devint indépendante du couvent dès le XVIe s. Les ecclésiastiques de Parpan et Malix desservirent l'église avant et après 1686 ; chaque commune possédait des écoles au XVIIe s. Registres de paroisse catholique : de baptêmes dès 1640 ; protestante : de baptêmes dès 1700, de mariages dès 1701, de décès dès 1756. — Voir F. von Sprecher : Rhetische Cronica, 1672. — N. Sererhard : Einfache Delineation aller Gemeinden, publié par C. von Mohr III, p. 77-91.
— Neuer Sammler II, p. 517 ; IV, p. 173. — J.-K. von Tscharner : Der Kt. Graubûnden, p. 174. — BM 1858, 1859. — P.-C. von Planta : Die curràtischen Herrschaften in der Feudalzeit. — Schweizer Muséum von Fussli, Zurich 1788. — Bûndner Volksblatt II, 1830, p. 113-138.
— Wagner und Salis : Rerhtsquellen des Kts. Graub. — JHGG 1905. [F. Pieth.]
CHURWALDEN (COUVENT DE). L'évêque de
Le couvent de Churwalden avant l'incendie de D'après Rcvtica Varia 1922.
Coire, Yerendar, bâtit vers 840 dans la vallée en amont de Coire une église dédiée à Marie et un couvent, auquel l'empereur Lothaire donna le 7 octobre 841 les églises de San Salvator à Sufers, d'Eusebius à Maladers, de St. Cosmas à Mons, etc. Ce petit couvent parait d'abord avoir été habité par des religieux de Pfàfers, auxquels les biens sus-mentionnés appartinrent plus tard. Rudolf von Vaz et deux autres pèlerins de Jérusalem se retirèrent au XIIe s. dans cette solitude et y fondèrent une communauté. Les prémontrés de Roggenbourg en Bavière s'y établinml en 1164 sous l'évêque Egino. Un autre couvent, de femmes, exista à proximité pendant un siècle, ainsi qu'un hôpital destiné aux voyageurs.pauvres. Le couvent fut érigé en abbaye en 1446 ;