‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 262 sur 425 · CHYPRE · texte numérisé non relu

CHYPRE

CIMALMOTTO

l'église et une partie des bâtiments brûlèrent en 1472. L'église qui fut rebâtie contient deux beaux autels de l'école de Memmingen, dus à Ivo Strigel. Lors de la Réforme, le couvent se vit enlever une grande partie de ses biens par la majorité protestante des communes de la Juridiction. Les conventuels moururent et de 1536 à 1599 l'abbé fut sans moines ; depuis lors, l'abbaye-mère de Roggenbourg envoya des administrateurs jusqu'en 1807. L'église fut dès 1646 utilisée par les deux confessions. Les biens du couvent passèrent après 1807 au séminaire de prêtres ; ils devinrent en 1877 un bénéfice de la paroisse catholique ; le bâtiment du couvent sert de cure. — Voir Mayer : Gesch. des Bislums Chur. — Gesch. des Klosters Churwalden (mns.). [J. Simonet.]

CHYPRE. Des mariages entre membres de la maison de Savoie et la maison de Lusignan mêlèrent le nom de Chypre à l'histoire de Genève. — Anne de Chypre, fille de Janus de Lusignan et femme de Louis, duc de Savoie, vécut à Genève, y fonda en 1457 une chapelle et intervint, plutôt favorablement la même année, dans un traité entre le duc et Genève. Selon Guichenon, elle fut ensevelie dans cette chapelle en 1462. — Voir aussi art. Savoie. — Gautier : Hist. de Genève I. [C. R.]

CIANI ou CIANO. Vieille famille tessinoise originaire de Leontica, à laquelle appartenaient les deux frères Giacomo (1776-1868) et Filippo (1778-1867)

d'une famille enrichie à Milan. Ils participèrent à la révolution piémontaise de Santarosa en 1821, en qualité de carbonari, se réfugièrent à Genève, puis passèrent au Tessin et en Angleterre. Ils revinrent au Tessin d'où on les expulsa en 1839, ce qui fut un des prétextes de la révolution de cette année-là, à laquelle ils fournirent des subsides. A Lugano les deux frères Ciani bâtirent la villa et aménagèrent le parc, qui forme aujourd'hui le parco civico ; ils furent parmi les chefs intellectuels de la révolution italienne et leur maison devint le centre des réfugiés italiens. En 1842, ils acquirent l'imprimerie Ruggia à laquelle ils donnèrent le nom de Tipografia délia Svizzera italiana, qui prit fin en 1851.

— Giacomo fut un des promoteurs de nombreuses œuvres d'utilité publique : caisse d'épargne, caisse de secours mutuels pour instituteurs, banque cantonale, etc. ; fondateur de VOsservatore del Ceresio. Député au Grand Conseil 1830-1868, président 1842, à la Diète fédérale 1841, au Conseil national 1858-1860. — Filippo fut député au Grand Conseil 1839-1847, conseiller d'État, directeur de l'Instruction publique 1847-1852; en 1865, il donna 40 000 fr. pour l'institution du pénitencier cantonal. Lieutenant-colonel, fit la campagne du Sonderbund comme quartier-maître cantonal. — Voir Dotta : / Ticinesi. — Vegezzi : Esposizione storica.

— Manzoni : Gli esuli italiani. — L'Educatore d. Svizzera italiana 1867 et 1868. [C. Tr.]

CIBO, Odoardo, prince de Massa, frère du cardinal Alderano Cibo, * 1619, archevêque de Séleucie 1670, nonce en Suisse du 24 octobre 1670 au 5 octobre 1679. Fut en lutte avec le provincial des Capucins, Franz Sébastian von Beroldingen, et impliqué dans le conflit de juridiction entre Fribourg et l'évêque Strambino, secrétaire de la Propagande 1679, patriarche de Constantinople 1689, f février 1705. — Voir LL. — Balthasar : Helvetia VIII, 165. — AS I, VI, 1. — QSG 21, XLI. — Barth n° 16 222. — Rott : Repr. dipl. VI, 912. — Le même : Inv. somrn. V, 62. [•*• T.]

CIBOURG (LA) (C. Berne, D. Courtelary, Corn. La Ferrière et Renan. V. DGS). Hameau composé de fermes dispersées sur la route de Saint-Imier à ,La Chaux-do-Fonds, ancien corps de garde. Aucune men-

Giacomo Ciani. D'après^une photographie.

tion au moyen âge. C'est là que les patriotes neuchâtelois se réunissaient avant 1848 pour arborer les couleurs fédérales, et que le 29 février 1848, à minuit, se rencontrèrent 300 h. de l'Erguel, sous la conduite d'Ami Girard, pour aller rejoindre les républicains neuchâtelois à La Chaux-de-Fonds. — Voir A. Daucourt : Dictionnaire. — P. César : Notice historique. — C.-A. Blôsch : Gesch. Biel. [H. J.J

CICEREIO, Francesco, humaniste, de Lugano, * dans cette ville en 1521, f 31 mars 1596 à Milan. Son vrai nom était Ciceri, mais on disait aussi Cicerino et Cesarino. Il enseigna le latin et l'éloquence à Lugano jusqu'en 1544, époque où il se rendit à Milan comme précepteur. Pendant trente ans professeur d'éloquence au lycée de Milan, où il fut reçu bourgeois. Ami de Paolo Manuzio. Humaniste d'une culture et d'une érudition très vastes, il a laissé de nombreux ouvrages, ainsi qu'une grande correspondance en latin et en grec, qui fut publiée en 1782 par l'abbé Casati. Citons, parmi ses ouvrages: Antiquorum monumentorum Urbis Mediolani libri duo ; Inscriptionum antiquarum et sepulchralium Mediolani... ; Numismatum expositio. — Cesare, frère du précédent, homme de lettres et enlumineur. — Marco-Maffeo, fils de Francesco, * à Milan. Il étudia à Pavie les belles-lettres et la médecine. Il laissa de nombreuses lettres latines. — Oldelli : Dizionario. — BStor. 1881, 1887, 1890, 1902. [C. Trezzini.]

CID, Nikolaus, veedor gênerai dans le Milanais, membre du Conseil secret de Milan, ambassadeur extraordinaire d'Espagne auprès des III Ligues en avril 1637. Il accompagna les délégués des Grisons, parmi lesquels se trouvait Georges Jenatsch, à l'armée d'Espagne et de Milan, près d'Asti, pour conclure le traité d'Asti (5 juillet 1637) et une alliance avec l'Espagne. Le 16 septembre 1637, il partit, avec les délégués des Grisons, de Milan pour Madrid où il coopéra le 7 octobre 1638 à la conclusion d'une convention suivant laquelle on s'engageait à raser quelques forteresses au bord du lac de Côme. — Voir Rott : Repr. dipl. V, 594. — F. Sprecher : Kriege und Unruhen. [L. J.]

CIERFS (C. Grisons, D. et Cercle Munstertal. V. DGS). Village, commune et paroisse ; le nom vient du latin cervus. Armoiries : un cerf. L'église édifiée en 1415 et dédiée à saint Sébastien, servit jusqu'en 1708 aussi de lieu de culte pour Fuldera et Lu. La plus petite des cloches, qui sonna le tocsin le 21 mai 1499 lors de la bataille de Calven, sert encore aujourd'hui de glas funèbre. Cierfs forma dès 1550 l'un des trois terzals du val Munster (Munster, Santa-Maria et Cierfs) ; ces organismes avaient une certaine importance économique et politique. Dans le terzal de Cierfs les anciens usages concernant les droits d'utilisation des forêts, pâtures et alpages sont encore en vigueur malgré la création des registres de bourgeoisie de 1859. La Réforme fut déjà introduite en 1530. [Th. Gross.]

CIMA. Famille tessinoise de Aquila. Plusieurs de ses membres fondèrent des fabriques de chocolat : à Nice en 1750, à Dangio en 1905-1908, et à Milan. — Gian- Domenico, vécut au XVIe s., colonel au service d'Espagne, lieutenant baillival de Blenio 1568. Il construisit et donna la maison délia giustizia, résidence du bailli de Blenio, à Lottigna. — BStor. 1879. — AS I. [C. T.]

CIMADERA (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. et paroisse. Première mention en 1422. A l'origine, le village n'était habité que pendant la saison des alpages par des paysans de Treciore (hameau de Sonvico). A la suite de la peste de 1525 la population s'y fixa définitivement. Cimadera fit partie de la commune et de la vicinanza de Sonvico. Il fut séparé de l'une et de l'autre par décret du 9 mai 1878. La séparation de la paroisse de Sonvico remonte à la même année. L'église fut restaurée en 1921. Population: 1870, 256 hab. ; 1900, 271 ; 1920, 229. — Raccolta délie Leggi del C. Ticino. [C. T.]

CIMALMOTTO (C. Tessin, D. Valle Maggia, Com. Campo. V. DGS). Vge. Une légende, consignée dans une inscription sur les murs extérieurs de l'église paroissiale, prétend que Cimalmotto aurait été bâti en 985 par un Johannes de Dijon, souche de la famille de Franzoni. La paroisse fut constituée en 1767 par séparation de la paroisse de Campo ; la redevance que Cimalmotto de-

GIMBRES

CIONA

vait payer à l'église de Campo fut rachetée en 1846. L'église, déjà mentionnée en 1596, possède des fresques de Borgnis et de Pedrazzi et des ornements de valeur. Au XVIIe s., on trouve la dénomination Santa Maria del Motto pour indiquer le village. Population : 1765, 161 hab. ; 1900, 99. Registres de paroisse dès 1767- 1768. [C. T.]

CIMBRES. Les incursions des Cimbres et des Teutons, peuples du Nord, sont les premières des invasions qui ébranlèrent l'empire romain dans ses fondements. Les anciens considéraient les Cimbres comme des Celtes. Les preuves en faveur de l'origine celtique des Cimbres ont été rassemblées par Holder dans le Altkeltischer Sprachschatz. Toutefois, lorsque les Romains eurent appris, vers le milieu du premier siècle av. J.-C, à mieux distinguer les Germains des Celtes, ils considérèrent, non sans raison, les Cimbres comme des Germains (voir César, Auguste, Velleius, Sénèque, Tacite, etc.). Les données qui nous sont parvenues sur leur stature, leurs mœurs et leurs usages concordent en général avec ce que nous savons de ces derniers. D'autre part, il est compréhensible que des éléments celtiques se soient glissés parmi eux à la suite d'un séjour prolongé au pays des Celtes. Leur nom celtique, sur l'étymologie duquel on n'est pas fixé, ne prouve rien contre leur origine germanique. Leur patrie serait la presqu'île formée par le Schleswig, le Holstein et le Jutland.

D'après une ancienne tradition, qui d'ailleurs présente des lacunes et des contradictions, on peut admettre ce qui suit : Dans leur marche vers le Sud, les Cimbres se heurtèrent d'abord aux habitants de la forêt de Bavière qui les repoussèrent ; ils se dirigèrent alors du côté des Celtes du Danube, dont faisaient partie les Helvètes, qui habitaient probablement encore au Nord du Rhin. Avides de butin, les Tigurins et les Tougènes, deux tribus helvètes, se joignirent à eux. En 113, on les trouve dans la Norique où les Romains, sous le commandement de Papirius Carbo, subissent une première défaite ; toutefois ils ne pénétrèrent pas encore en Italie. En 109, ils sont dans la Gaule méridionale, où ils anéantissent presque entièrement, à proximité de la frontière d'Italie, une seconde armée romaine commandée par M. Junius Silanus. En 107, on relate une victoire décisive des Tigurins sous le commandement de Divico et en 105 les Cimbres anéantissent à Arausio sur le Rhône les armées du consul Cn. Mallius et du proconsul Q. Servilius Caepio. C'est une des plus terribles catastrophes de l'histoire romaine, où, dit-on, plus de 100 000 Romains perdirent la vie. Ces événements firent à Rome une telle impression que le gouvernement passa des mains des patriciens dans celles du tribun Marius. Pendant que les Teutons, qui peut-être n'avaient pas même pris part aux combats jusqu'alors, restaient dans la Gaule, les Cimbres entreprirent sans succès une expédition de pillage en Espagne. A leur retour, ils saccagèrent, de concert avec les Teutons, la Gaule tout entière jusqu'aux frontières de la Belgique où leur marche victorieuse arriva à son terme. En 102, il fut décidé de marcher sur l'Italie après avoir laissé en arrière 6000 hommes pour garder le butin conquis. Probablement en vue de faciliter l'approvisionnement, les Cimbres de concert avec les Tigurins devaient s'avancer par la Norique dans la plaine du Pô, pendant que les Teutons et les Ambions (probablement une tribu de la Germanie centrale) descendraient en Italie par les cols des Alpes occidentales. Arrivés au bord du Rhône, les Teutons se trouvèrent subitement en présence des Romains sous le commandement de Marius et furent complètement anéantis en 102 dans les deux batailles d'Aquae Sextiae. Dans l'intervalle, les Cimbres avaient franchi les cols des Alpes orientales et refoulé le consul romain Q. Lutasius Catulus au delà du Pô. Toutefois, ils ne surent pas mettre à profit leur avantage et les deux généraux romains réussirent à opérer leur jonction. Les Cimbres furent aussi complètement anéantis sur le champ de bataille de Caudium près de Vercellae. Les Tigurins ne participèrent point à ces combats, parce que restés en arrière déjà auparavant pour une raison quelconque. Il

ne subsista de ce grand peuple belliqueux des Cimbres que ceux qui n'avaient jamais quitté les foyers de leurs ancêtres et dont l'existence est encore attestée à l'époque d'Auguste. — Outre les auteurs anciens, voir Zeuss : Die Deutschen. — Mullenhoff : Deutsche Altertumskunde. — Holder : Altkeltischer Sprachschatz. — Helbling : Der Zug der Cimbern und Teutonen. — Pauly-Wissowa : Realencyclopaedie. — F. Stàhelin : Zur Gesch. der Helvetier, Revue d'hist. suisse 1921, n° 2. [Herm. Schneider.]

CIMETIÈRE DES BOURGUIGNONS (C. Vaud, D. Nyon). Pâturage de la commune d'Arzier, près du Noirmont, où la tradition rapporte que des Bourguignons (probablement des bandes d'écorcheurs du XVe s.) ayant attaqué des bergers, ceux-ci les tuèrent et les précipitèrent dans une profonde excavation, très visible, mais que personne n'a sondée. — DHV. [M. R.]

CIMO, CIMMO (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Commune déjà citée en 1473. On y découvrit une grande quantité de monnaies de L. Postumius Fabius. Ecclésiastiquement, Cimo fait partie de la paroisse de Santa- Maria d'Iseo. La chapelle, dédiée autrefois à saint Michel, aujourd'hui à saint Joseph, est déjà mentionnée en 1599 ; elle possède une cliapellenie de patronage de la famille Vicari. Population : 1801, 46 hab. ; 1870, 63 ; 1900, 125 ; 1920, 107. — Maspoli : La pieve d'Agno. — Brentani : Lugano e il Ceresio. [C. T.]

CINA. Famille valaisanne mentionnée au XIVe s. à Albinen et à Loèche, au XVIe s. à Salquenen et dans la contrée de Sierre, connue sous le nom de Canali. Elle a donné plusieurs curés, entre autres : — Pierre Cina ou de Canali, de Loèche, curé d'Hérens 1320, de Vex, chapelain épiscopal 1329. — BWG I. — Arch. locales. [Ta.]

CINGRIA. Famille ayant passé de Raguse à Constantinople où elle fut naturalisée française sous le règne de Charles X, puis à Genève où elle devint suisse le 1er juillet 1871. — 1. Alexandre, * 1879, peintre et littérateur, a dirigé de 1913 à 1920 la décoration des verrières du chœur de l'église Notre-Dame à Genève, et composé les décors du Roi David, en 1921, au théâtre du Jorat à Mézières. A publié Les entretiens de la villa du rouet, 1908, collaboré aux Cahiers vaudois, dirigé la revue Les idées de demain, 1911-1912, et fondé avec Maurice Baud, Adrien Bovy et Gonzague de Reynold, la revue La Voile latine (1904-1910). — 2. Charles-Albert, frère du n° 1, écrivain et musicographe, également fondateur de La Voile latine, collaborateur aux Idées de demain, au Leonardo (Florence), aux Cahiers vaudois, à la Revue romande. [P.-E. M.]

CINQUENSOD. Famille lausannoise, originaire d'Évian. A donné : Laurent, 1507-1545, l'un des membres les plus brillants du chapitre de Lausanne, doyen d'Ogo, curé de Saint-Laurent, de Bioley et de Crissier. — Reymond : Dignitaires. [M. R.]

CINUSKEL (romanche ClNUOS-CHEL) (C. Grisons, D. Maloja, Cercle Oberengadin. V. DGS). Section de la commune de Scanfs ayant sa propre église, bâtie en 1615. Campell, dans Ràtische Topographie, fait dériver ce nom de sinusculus = petit angle. C'était autrefois une place de transbordement pour les muletiers, dans le voisinage de la Punt ota, à la frontière de la haute et de la basse Engadine. [C. Camenisch.]

CIOCARI, CIOCCARI, GIOCARI, CIOCARO.

Famille d'Osco (Léventine) déjà mentionnée en 1473. En 1628 un Giochari est élu banneret de la Léventine. — Carlo, médecin, originaire d'Osco, * à Milan 2 février 1829, f au Caire le 12 janvier 1891. Médecin du gouvernement égyptien dès 1878. A laissé des poésies, fondé et dirigé différents périodiques : L'Arnica di Casa et II fardelle Alpi au Tessin ; Il conservatore délia salute à Naples. A publié : La medicina nell'umanità ; Patogenesi del colera ; Gli sbagli di tutti nei calcoli délia vita. — BStor.\m\. — LL. [C. T.]

CIONA (C. Tessin, D. Lugano, Côm. Carona. V. DGS). Vge. Anciennes formes : Giona, 1470 ; Chiona. Il fut pillé en août 1505 par les Suisses et en partie incendié. Ciona est la patrie de nombreux artistes, dont quelquesuns sont connus sous le nom de leur village. — ■ Pometta : Corne il Ticino. [C. T.]

GIONA

CLAIS, CLAISS

CIONA, Lombardo, architecte, peut-être de la famille Lombardi-Solari, travailla vers le milieu du XVe s. à Venise où il construisit le Collegio sur la place Saint- Sylvestre. — SKL. [C.T.]

CIONE, GlOVAN PlETRO DI MAESTRO TADEO, SCUlp-

teur, travailla de 1508 à 1512, avec son oncle dit « de Vicenza », à l'église de Santa Maria délia Consolazione à Todi ; entreprit en 1515 la construction de la tour de la cathédrale de Spolète et en 1519 était occupé à une chapelle de cette église. — SKL. [C. T.]

CIRO. Voir Cyro.

CISERI, Ginlio-Cesarc, appelé aussi Cicer, marchand, de Côme, négociateur dans les III Ligues pour le duc de Feria. Il parlementa à Ilanz avec les chefs de deux des Ligues, qui avaient entrepris en avril 1621 une expédition militaire dans l'Oberland. Il reparut le 20 août 1621 à la Diète de Coire pour le compte de Feria et revint dans les Grisons dans les années 1627, 1628 et 1629. En août 1627, il requit vainement de la Diète de Coire un laisser-passer pour sept escadrons d'Octavio de Piccolomini. Les hommes de Piccolomini passèrent le Munstertal. — Voir E. Rott : Hepr. dipl. IV, 352. — Le même : Inv. som. II, 489 ; V, 62. — F. Sprecher : Kriege und Unruhen. [L. J.]

CISERI, CISARI, ZISAR. Vieille famille de Ronco sur Ascona. Armoiries : d'argent à trois rameaux feuilles de sinople, rangés en pal et mouvant d'une Champagne du même (variante). Dès le début du XVIe s. on rencontre les Ciseri (Zizar), dits de Côme, comme marchands à Zurich. La famille a donné un grand nombre de décorateurs qui se rendirent, dès le début, en Toscane. D'après Antonio, les armoiries de la frise sous les créneaux du Palazzo Vecchio de Florence sont dues au pinceau des Ciseri. — 1. Giuseppe, décorateur, auteur des fresques de la chapelle de la Madonna délie Grazie, à Ronco. — -2. Antonio, neveu du n° 1, peintre, * à Ronco le 21 octobre 1821, f à Florence le 8 mars 1891. Élève de son père, Giovanni-Francesco, il se rendit à Florence à l'âge de 12 ans et y fréquenta l'académie des Beaux- Arts où il étonna ses maîtres par la précocité de son talent (son propre portrait à 12 ou 13 ans). Élève de Benvenuti et de Bezzuoli. Son œuvre d'artiste est immense ; il n'a pas laissé moins de 200 portraits, entre autres ceux de Victor-Emmanuel II, Humbert I, Cavour, etc. Mais ses œuvres principales sont des compositions religieuses : Martirio dei Maccabei (1863) ; La deposizione (1869- 1871) ; Ecce Homo (Galerie nationale de Rome), etc. A Florence, il ouvrit en 1860 une école de peinture, et jouit dans cette ville d'une extraordinaire considération. A 21 ans, il reçut le grand prix de l'académie florentine pour son Giovan-Battista davanti a Erode. Membre de la Commission supérieure des Beaux-Arts dès 1868, du Conseil communal de Florence, commandeur de la couronne d'Italie. Au Tessin, il prit une part très active à la réorganisation des écoles de dessin dont il présida la Commission. - — Son fils Francesco est également peintre. — BStor. 1890, 1891, 1898, 1921. — Rosadi : La vita e le opère di Antonio Ciseri. — PS 1921 . — Pagine Nostre I. — Gubernatis : Dizionario degli artisti italiani viventi. — SKL. — ALBK. [C. T.]

CISLAGHI, CISLAGO, CISTOLAGO. Famille éteinte de Bellinzone, où elle est déjà mentionnée en 1455. — Carlo et Giovanni-Antonio furent créés chevaliers de l'Éperon d'or par Paul V en 1640. — Enrico- Antonio, lieutenant baillival de Bellinzone. En 1663, il fut chargé par les trois cantons de négocier avec le gouvernement milanais une convention douanière à la suite d'un conflit avec le capitaine du lac Majeur. Lieutenant-colonel pour le bailliage de Bellinzone 1664, administrateur de Medeglia 1678. — Orazio, fiscal de Bellinzone, chevalier, f av. 1659. — BStor. 1889, 1890 et 1895. — LL. — AS I. [C. T.]

CISTERCIENS. Voir ClTEAUX.

CITÉ. La cité était la plus petite division administrative et politique créée en Gaule par les Romains. Elle comprenait le territoire habité par un peuple déterminé. Plusieurs cités formaient une province. Ainsi la Civitas Helvetiorum, territoire habité par les Helvètes et correspondant à peu près au plateau suisse, dépendait au IVe s. de la Provincia Maxima Sequanorum avec les

cités transjuranes de Bâle et des Équestres (Nyon). A la chute de l'empire romain, les provinces tombèrent. Les civitates demeurèrent seules, mais augmentées ou diminuées suivant les circonstances. Elles devinrent des pagi, divisés eux-mêmes en comtés. Peu à peu la cité disparut elle-même comme organisation politique. Mais sur elle s'était greffée l'organisation religieuse. Le chef-lieu de la cité cessa d'être un centre politique, mais il resta un centre religieux, la capitale du diocèse, et ce fut à ce titre qu'il conserva la prééminence, et en même temps concentra sur lui le nom de cité, jusqu'alors l'apanage de toute la région. La cité devint par là essentiellement la ville où l'évêque, chef du diocèse, résidait. Autour de la cité, des agglomérations urbaines nouvelles se constituèrent avec les siècles : ce furent des bourgs annexes : ainsi à Lausanne, les bourgs de Saint-Pierre et de Saint-Laurent ne faisaient pas partie de la Cité ; de même à Genève, à Bâle, comme à Paris. Le citoyen devint ainsi l'habitant de la ville épiscopale, le bourgeois celui des quartiers nouveaux et des villes non épiscopales. Ce n'est qu'au XIVe s. qu'aux chefs-lieux des diocèses, on employa indifféremment les mots citoyen ou bourgeois pour désigner l'homme jouissant de tous les droits civiques. On distingua plus tard le citoyen du bourgeois, en certains endroits, en ce que ce dernier était un nouveau venu, ayant acquis une propriété, tandis que le premier était né dans la localité et tenait son droit de son père. Mais encore cette règle souffret-elle des exceptions. [M. Reymond.]

ClTEAUX. Ordre religieux, dont le nom vient d'un couvent fondé en 1098 près de Dijon par saint Robert (t 1110), et dont saint Bernard, abbé de Clairvaux, fut le grand organisateur. Le premier établissement de l'ordre en Suisse fut celui de Lucelle (1124), puis viennent Bonmont (1131), Hautcrêt (1134), Montheron ou Thela (1135), Hauterive (1137), Frienisberg (1146), Saint-Urbain (fin du XIIe s.), et enfin Cappel 1185) et Wettingen (1227). Toutes ces maisons ont disparu. L'ordre avait également des couvents de femmes à Bellerive (Genève, 1150), Olsberg (Argovie, 1171-1172), Magdenau (Saint-Gall, 1244), Fraubrunnen (Berne, 1246), Rathausen (Lucerne, 1251), Feldbach (Thurg., 1252), Frauenthal (Zoug, 1254), Seldenau (Zurich, 1265), Tennikon (Thurg., 1257), La Maigrauge (Frib., 1259), Wurmsbach (Saint-Gall, 1259), Steinen in der Au (Sc.hwyz, 1262), Bellevaux (Lausanne, 1267), La Fille- Dieu (Romont, 1268), Engenthal (Bâle-Camp., 1269 ?), Eberseck (Lucerne, 1274), Tedligen (Berne, seconde moitié du XIIIe s.), Kalchrain (Thurg., 1328), Gnadenthal (Arg., 1344), Eschenbach (Lucerne, 1585), Collombey (Valais, 1629).

De tous ces couvents, il ne reste que Collombey, Eschenbach, La Fille-Dieu, Frauenthal, Magdenau, La Maigrauge, Wurmsbach. Les Cisterciens comme les Cisterciennes portent un habit blanc avec le scapulaire et la ceinture noirs. — Voir Janauscheck : Origines cisterciennes. — v. Mulinen : Helvetia sacra. — Buchi : Katholische Kirche. — Vacandard : Saint- Bernard. — Les art. des localités précitées et l'art. Saint- SULPICE. [M. R. et L. K.l

CITHERLET, François, 1850-1920, prêtre en 1873, administrateur des Genevez (Jura bernois). Expulsé le 30 janvier 1874 ( Kulturkampf) , il fut emprisonné, puis dut quitter le pays. Rentré d'exil, il continua à administrer la paroisse des Genevez. Curé du Noirmont de 1890 à sa mort. Auteur d'écrits antialcooliques et fondateur du journal La Croix fédérale. — Voir A. Daucourt, dans ASJ 1920. [G. A.]

CIZE, Benoît. Voir Greissy.

CL/EVEN. Voir Chiavenna.

CLAIREFONTAINE, Bernard de, recteur de l'école de Porrentruy en 1556 ; auteur de moralités (Le Jugement de Salomon) qu'il faisait représenter en public par ses élèves. — ASJ X. — Karl Gauss : Beformationsversuche in der Basler Bischofsstadt Pruntrut, p. 19. [A. Sch.]

CLAIRVAUX, saint Bernard, abbé de. Voir Saint-Bernard.

CLAIS, CLAISS, Johann-Sebastian von, * 1742 à Hausen (Bade), t 16 septembre 1809, industriel à

CL/UVAZ

GLAPAREDE

nvn

Winterthour 1778 et citoyen de cette ville 1794. Nommé en 1779 directeur des mines à Berne, il réorganisa les salines de Bex, puis devint directeur des salines de Bavière et conseiller aulique ; en 1806 il rentra à Winterthour où il dirigea l'exploitation des mines de lignite de Kâpfnach et de Birmenstall. Les villes de Zurich et de Berne lui firent don de la bourgeoisie en 1783 et 1787.

— Voir G. Ziegler : J.-S. Clais. [S.] CLAIVAZ, CLIVAZ. Ancienne famille valaisanne,

mentionnée au XIIIe s. dans la région de Sierre et plus tard à Anniviers, Salvan et Martigny où elle acquit la bourgeoisie en 1618. — 1. Etienne, 1772-1842, grand châtelain de Martigny, membre du tribunal suprême dès 1815. — 2. Etienne, chanoine au Grand Saint-Bernard, prieur 1791-1798. — 3. Maurice, 1798-1883, médecin, fondateur de la station balnéaire de Saxon 1839, préfet de Martigny, député au Grand Conseil dès 1852, président du Conseil de santé, conseiller d'État 1847-1852.

— Bertrand : Le Valais. [J.-B. B. et Ta.] CLALÙNA (Clagluna, Clalgûna). Famille enga-

dinoise d'Ardez, représentée par plusieurs prédicateurs.

— Voir Matricule synodal dans JHGG XXXI. [C. C] CLANX. Ancien château près d'Appenzell, qui parvint au XIIIe s. aux barons de Sax et des Bamschwag. L'abbé de Saint-Gall, Hermann, l'hypothéqua en 1347 à la ville. Il fut incendié en 1402 dans la guerre d'Appenzell. — Voir A V n° 83. — Zellweger : Gesch. des Appenz. Volkes I, p. 180. — Busch : Appenz., p. 185. [R. Sch.-B.]

CLAPARÈDE. Famille originaire du Languedoc (Pompignan, Montpellier, Nîmes) émigrée à la révocation de l'Édit de Nantes, admise à la bourgeoisie de Genève en juin 1724. Claparedo, en patois languedocien, signifie un champ couvert de tas de pierres. Armoiries :

d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux roses tigées et feuillées d'argent et, en pointe, d'un oiseau posé sur trois copeaux du même ; au chef de gueules chargé de trois étoiles d'argent. — Voir Galiffe : Not. gén.

— A propos d'un anniversaire. — 1. Claude, 1661- 1737, quitta Nîmes pour se retirer d'abord auprès de l'Électeur de Brandebourg dont il devint le conseiller. Il passa ensuite à Lausanne et s'établit finalement à Genève. Sa descendance compte plusieurs pasteurs, des membres du Conseil des Deux-Cents, des magistrats.

— 2. David, petit-fils du n° 1, 1727-1801, pasteur et professeur de théologie, recteur de l'académie de Genève ; auteur d'un grand nombre de dissertations de théologie, et des Considérations sur les miracles de l'Évangile (1765) en réponse aux objections de J.-J. Bousseau. — Voir Lichtenberger : Encycl. des se. relig.

— 3. Claude-Philippe, frère du n° 2, 1731-1803, conseiller d'État et premier syndic. — 4. Jean-Louis- Bené, fils du n° 3, 1759-1837, membre du Conseil des Deux-Cents et du Conseil d'arrondissement de Genève sous l'Empire français, juge à la Cour suprême. —

5. Charles-Claude, fils du n° 4, 1793-1858, membre du Conseil représentatif, auditeur. — 6. Antoine, frère du n° 5, 1801- 1857, membre du Conseil représentatif et juge. — 7. Théodore, 1828-1888, d'abord pasteur à Chancy, se consacra ensuite à des travaux relatifs à l'histoire du protestantisme. Il présida à diverses reprises la Société d'Histoire de Genève, et s'occupa spécialement de l'œuvre des protestants disséminés. Il a publié de nombreuses

études historiques dans

les Étrennes religieuses,

Théodore Claparède. dans les MDG ; a colla-

D'après une photographie. bore à la France protes-

René-Kdouard Claparède.

D'apros une photographie.

tante, à VEncyci. des se. relig., etc. Ouvrages : Rech. sur la réaction catholique aux XVIe et XVIIe s., étudiée particulièrement en Suisse, 1850 ; Hist. des Égl. réformées du Pays de Gex, 1856 ; Une héroïne protestante (mémoires de Bl.Gamond), 1867 ; A propos d'un anniversaire (hist. de la famille Claparède), 1874 ; on a publié après sa mort une Histoire de la Réformation en Savoie. — Voir F. Chaponnière : Sem. relig. mars 1888. — 8. René-Édounrd, frère du n° 7, 1832- 1871, Dr méd. et naturaliste éminent. Dès 1862 professeur d'anatomie comparée à l'académie de Genève. Il accomplit une œuvre immense, qui porta sur la structure des infusoires, des annélides, sur l'histologie du lombric, sur l'évolution des arthropodes, sur l'embryologie des araignées, etc. C'est lui qui, l'un des premiers, montra l'importance des théories darwiniennes dans deux articles remarquables de la Revue Germanique (1861). Divers séjours à Naples lui permirent d'explorer, avant la création de la station zoologique, la richesse de la faune du Golfe de Naples. — Voir De Saussure, dans Arch. des Se. ph. et nat., 1871. — Marc Monnier, dans Journ. des Débats 14 sept. 1871. — C. Vogt, dans RIG 1872. — E.

Yung, dans Inst. nat. gen.

1904, et Cent, de Darwin.

— 9. Alfred, fils du n° 5, 1842-1922, Dr en droit, secrétaire de légation, puis chargé d'affaires à Berlin 1869 ; ministre plénipotentiaire à Washington 1888, il fonctionna alors comme arbitre dans le différend entre les États-Unis et le Chili ; ministre à Vienne 1893 ; ministre à Berlin 1904- 1917. — 10. Arthur, fils du n° 6, 1852-1911, Dr en droit, secrétaire de légation à Vienne 1874, secrétaire du Département politique fédéral à Berne 1877 ; se voua ensuite à des questions géographiques et fut à de nombreuses reprises président de la Soc. de géographie de Genève. A publié : A travers le monde, 1894 ; En Algérie, 1896 ; Corfou et les Corfiotes, 1900 ; Champéry et le Val d'Illiers, 1886. — Voir JG 15 déc. 1911. — Raoul Gautier dans Le Globe 1911. — 11. Hugo, fils du n° 9, * 1870, professeur de droit à l'université de Genève, a publié des contributions à l'histoire externe du droit germanique : Les Rurgondes jusqu'en 443. — 12. Alexandre, fils du n° 7, 1858-1913, chimiste, rédacteur de la revue Le Monde de la science et de l'industrie (1888-1891), s'occupa dans la suite de questions politiques, sociales et historiques. Secrétaire de la Soc. des Arts, dressa le catalogue de la bibliothèque de la Classe d'industrie. Rédacteur au Signal de Genève, député au Grand Conseil, 1902-1904. Il fut l'un des promoteurs du monument expiatoire élevé à Michel Servet, collabora aussi à l'érection du Monument de la Réformation, auquel il intéressa les protestants de Hongrie. Après la séparation de l'Église et de l'État, à laquelle il travailla, il siégea dans l'Assemblée constituante de l'Église. Principales publications : Le projet de la Faucille ; L'Église réformée hongroise ; Les voix magyares au Jubilé de Calvin. — Voir F. Chaponnière :

Alfred Claparède. D'après un portrait de la coll. Maillart.

Page 1