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COCARDE

congrégation, fortement centralisée, composée de prieurés ou dépendances relevant directement de l'abbayemère et d'abbayes affiliées. Cette œuvre subit une forte crise dans la seconde moitié du XII0 s. Le chapitre général apparut alors, avec les visites régulières. Cette législation, approuvée et imposée par l'autorité ecclésiastique, ne parvint pas à rendre à Cluny son ancienne grandeur. L'ordre disparut au cours du XVIIIe s.

C'est en Suisse romande que furent fondés le plus grand nombre de prieurés clunisiens : Romainmôtier (929), Payerne (962), Bevaix (998), Saint-Victor de Genève (vers l'an 1000), Rueggisberg (vers 1070), St. Alban à Bâle (1083), Rougemont (entre 1073 et 1085), Corcelles (1092), Villars-les- Moines (vers 1100), Hettiswyl (1107), Belmont (Belmund), puis Ile de Saint- Pierre (vers 1107). Il faut y ajouter les maisons de : Bargenbrùck et Leuzingen (1140), unies au milieu du XIIIe s. à Hettisvvyl ; Rôthenbach (mentionnée pour la première fois en 1148), dépendance de Rueggisberg; Baulmes, dépendance de Payerne, dès le début du XII» s. ; Vallorbe, dépendance de Romainmôtier, dès le début du XIIIe s.

Tous ces prieurés, à l'exception de Saint- Victor de Genève, rattaché à la province de Provence, faisaient partie de la province d'Allemagne. Us disparurent à la fin du XVe s., et au temps de la Réformation. Les clunisiens portaient l'habit noir des bénédictins. — Voir Berbère : L'ordre monastique, 2e éd. — Egger : Gesch. der Cluniazenser-Klôster in der Westschweiz. — Voir aussi les art. consacrés à chacune des localités citées. [L. K.]

CLUSE (LA) (C. Genève, Corn. Plainpalais. V. DGS). Quartier dans la commune de Plainpalais. Son emplacement était traversé à l'époque romaine par une voie venant de l'Arve et allant au Bourg-de-Four. Un oratoire dépendant du Chapitre y fut construit où vécut une recluse, oratoire ruiné en 1537. Un ermitage, cité en 1461, fut aussi édifié sur le territoire actuel de la Cluse. Toutes les habitations de ce quartier furent détruites au XVIe s. C'est sur l'emplacement du pré de Cluse, converti en jardins, qu'ont été élevés : l'Hôpital, l'Institut pathologique, la Maternité. — Blondel : Les Faub. de Genève au XVe s., dans MD G, 4°, V, p. 46. [G. R.]

CLUSETTE (LA) (C. Neuchâtel, D. Val-de-Travers. V. DGS). Route qui relie le vignoble au Val-de- Travers, au-dessus des Gorges de l'Areuse. Elle formait au moyen âge la limite du Val-de-Travers et avait une certaine importance stratégique. Un fort de la Clusette existait au XVe s., mais on n'en connaît pas l'emplacement. Il est mentionné en 1413 dans l'acte d'inféodation de Travers. Les seigneurs de ce lieu en avaient la garde en temps de guerre. Encore en 1525, des habitants de Noiraigue avaient la garde et la réfection de la route de la Clusette. — Voir D.-G. Huguenin : Châteaux neuchâtelois. — Aug. Dubois : Les Gorges de l'Areuse. [L. M.]

CLUVERIUS (KLOWER), Philipp, fondateur de la société des sciences historiques et géographiques, * à Danzig 1580, f à Leyde 1623. En 1618, il établit une carte de la Rhétie et de la Valteline, que Sprecher von Berneck utilisa après sa mort pour dresser la sienne, parue en 1630, sous le titre de : Alpinae seu foederatae Rhaetiae subditarumque ei lerrarum nova de scriptio, auth. Sprecher a Berneck et Philippo Cluverio. — Voir ADB. — B.Studer : Gesch. der physischen Géographie, p. 152. [L. J.]

COALITION (CERCLE DELA). Immédiatement après les émeutes de février 1791 à Genève, un certain nombre de cercles formèrent une sorte de fédération pour aider les conseils à maintenir l'ordre. Ce fut l'origine de la Coalition, groupement de cercles aristocratiques du haut de la ville et de cercles englués du bas, qui rendit de grands services au gouvernement dans sa lutte contre les Égaliseurs, mais ne réussit pas cependant à empêcher sa chute en décembre 1792. Pour coordonner leurs mouvements et servir de liaison entre eux, les cercles coalisés créèrent un cercle central où toutes les sociétés affiliées devaient suspendre le tableau de leurs membres et envoyer des délégués. Il avait son local au bas de la Cité dans la maison Isoot. Le Cercle de la coalition resta en activité après la révolution de 1792, puis des discordes ayant éclaté à son sujet

à l'époque des tannages, les Comités provisoires en ordonnèrent la fermeture (avril-mai 1793) par mesure de police. [E.-L. Burnet.]

COAZ. Famille grisonne bourgeoise de Kublis, Scanfs, Valcava, éteinte à Celerina. — 1. Johannes, de Scanfs et Kublis, dont il fut pasteur 1732-1772. — Voir F. Sprecher : Aus der Zeit des Pfarrers J. Coaz. — 2. Johann, * 1770 à Kublis, officier au service de Hollande, d'Angleterre, de France, puis de nouveau en Hollande où il parvint au grade de major. Lieutenant-colonel et commissaire de guerre aux Grisons 1830, f 1855. — Voir Bundner Zlg. 1855, n° 8. — 3. Johann- Wilhelm- Fortunat, inspecteur général des forêts, fils du n° 2, * 31 mai 1822 à Anvers, f 18 août 1914 à Coire. Il étudia à l'académie forestière saxonne de Tharand, leva de 1844 à 1851 sept feuilles ou portions de feuilles de l'atlas topographique avec Dufour, et devenu inspecteur des forêts de son canton, 1851-1868, il réorganisa l'économie de celles-ci. Inspecteur fédéral des forêts, 1875-1914, il prépara la loi sur la surveillance par la Confédération des reboisements de haute montagne. L'administration de la chasse et de la pêche fut placée sous sa direction en 1880. Membre fondateur de la section Rdtia du C. A. S. et de la Soc. des sciences naturelles des Grisons, il fit de nombreuses premières ascensions, entre autres de la Bernina en 1850. Le mémoire de C. Schrôter donne la liste de ses nombreux travaux scientifiques, surtout botaniques. — Voir aussi Ch. Tarnuzzer : Oberforslinspektor Dr. J. Coaz. [L. J.]

COCARDE. Insigne national et militaire, qui se porte à la coiffure. Le mot dérive originairement du français coq, plumes de coq. La coutume de porter des rubans de couleurs définies remonte haut dans le XVIIe s. On possède cependant peu de renseignements sur l'introduction de la cocarde dans l'armée. Les collections des musées et les documents graphiques permettent seuls d'établir par exemple qu'au XVIIIe siècle les troupes suisses capitulées portaient très généralement la cocarde aux couleurs de leur chef de régiment. Dans les armées régulières des États confédérés, le port de la cocarde aux couleurs cantonales semble s'être répandu petit à petit au cours du XVIIIe s. Un exemple pour Uri remonte à 1712 (Wymann : Schlachtjahrzeit von Uri, tabl. VII). Mais les prescriptions à son sujet n'apparaissent que tardivement.

Jusqu'à la réorganisation de la Confédération en 1848, ces insignes cantonaux restèrent en usage dans les troupes cantonales ; la loi sur l'habillement, etc., de l'armée fédérale, du 27 août 1851, prescrivit pour celle-ci l'emploi d'une cocarde suisse rouge et blanche. Des mouvements révisionnistes s'y opposèrent et un nouveau message du Conseil fédéral, du 10 décembre 1859, préconisa la réintroduction des cocardes cantonales, qui reparurent sur le nouveau képi de 1860. La cocarde fédérale, soit la croix blanche sur fond rouge, soit le petit cercle blanc bordé de rouge, n'est portée aujourd'hui que par les officiers d'état-major, les officiers subalternes et les hommes des troupes de la Confédération (génie, forteresse, troupes sanitaires, administration).

A titre d'insigne national, la cocarde apparut la première fois à la Révolution française (bleu-rouge-blanc). Lors de la chute de l'ancienne Confédération, en 1798, les populations soulevées arborèrent aussi les trois couleurs françaises, tandis que pour protester, les éléments conservateurs se paraient en bien des endroits des couleurs cantonales, ce qui occasionna bien des conflits et des bagarres. A la fin de janvier 1798, on voyait sur toutes les coiffures dans le Pays de Vaud une cocarde verte en signe de ralliement des patriotes. Le général Brune voulut introduire cette même cocarde à Berne. Là-dessus, les autorités législatives de la République helvétique édictèrent le 14 avril 1798, à Aarau, une loi sur l'introduction d'une cocarde nationale helvétique aux couleurs vert-rouge-jaune, dont le port fut rendu obligatoire pour chaque citoyen suisse le 9 juin suivant. Cette disposition rencontra dans certaines régions des Waldstâtten, Lucerne, Zurich, Saint-Gall, Thurgovie, Appenzell, etc., une telle opposition que des troubles en résultèrent et que le Directoire dut sévir contre les cantons récalcitrants, celui de la Linth en

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