CONGRÈS ET CONFÉRENCES
du Sacré Cœur de Jésus ont été fondées pour la plupart depuis 1710. — A l'époque de la contre-réformation, la confrérie du Saint- Sacrement fut introduite de préférence, célébrée avec de grandes processions et dotée de nombreuses indulgences. Joh.-Jac. Schmid, prévôt du chapitre de chanoines de Zurzach et plus tard premier curé de Zoug, contribua beaucoup à sa diffusion par son manuel de la confrérie, Motus perpetuus (Zoug 1689). — La Confrérie du Scapulaire est peu répandue, parce qu'il faut y observer \a.distantia loci. On la rencontre à Zoug, Arth, Schwyz, Sachseln, Hàgglingen, à Fribourg, etc. — On trouve encore plus rarement la Confrérie de la Ceinture, qui était appelée la première et la meilleure par le pape Grégoire XIII, à cause de ses riches et nombreuses indulgences ; elle existe dans les églises paroissiales de Baar, Isental et Sachseln. Lors de la célébration de sa fête à Baar, les croyants affluaient par milliers (Widmer : Bosenkranz und Gûrtel, Bruderschafts-Bûchlein fur die Pfarrei Baar, p. 41). — Parmi les confréries qui préparent une belle mort ou le repos de l'âme après la mort, etc., mentionnons : la Confrérie Guttod (de la bonne mort), à Cham, Mellingen, etc., la Confrérie des Ames, à Schwyz, fondée déjà en 1518 (ces sociétés sont généralement anciennes et datent d'avant la Réformation), la Confrérie Maria End, à Lucerne, érigée en
Dans le Valais et dans le diocèse de Lausanne on trouvait dans le XIIIe s. de nombreuses confréries du Saint-Esprit. Elles disparurent graduellement aux XVIIe et XIXe s. Leur fête était célébrée à la Pentecôte. Ce jour-là et les suivants avaient lieu des distributions de froment, de seigle et de vin aux pauvres. Ces confréries étaient administrées par un ou deux prieurs ; dans le Valais, leurs biens passèrent soit à des confréries du Saint-Sacrement, soit à des fonds d'assistance, soit à des œuvres d'utilité publique.
Les confréries en l'honneur des saints sont particulièrement répandues ; il en existe dans presque toutes les églises paroissiales ou de couvents. Mentionnons surtout : la confrérie de saint Sébastien qui pénétra dans plus de trente paroisses des cantons de Zoug, Argovie et Lucerne (Gfr. 56, p. 71), dans les cantons primitifs et ailleurs pendant des épidémies de peste. Saint Magne et saint Boch jouirent aussi d'une grande vénération et souvent le culte de ces deux saints s'est fondu avec celui de saint Sébastien en une confrérie ; celle de saint Antoine est quelquefois réunie à celle de saint Magne, à Erstfeld, par ex. La confrérie de saint Antoine se distingue par son ancienneté et son expansion. Son introduction en Suisse remonte à l'établissement des Antonins (ordre des religieux de saint Antoine) à Uznach en 1370 ; ils y érigèrent un autel en l'honneur de saint Antoine dans l'église de Saint-Michel et fondèrent la confrérie. Cette dernière, au cours des siècles, fut favorisée par les lettres d'indulgences de 14 papes, 130 cardinaux et 345 archevêques et évêques. Son anniversaire à Uznach était marqué par de telles affluences de fidèles qu'on institua à cette occasion le Tônnermarkt (Gfr. 34, p. 264). On rencontre aussi souvent la confrérie de saint Wendelin, protecteur du bétail ; à Schwyz, elle portait le nom de confrérie des Vachers (Sennen). De même, des confréries furent fondées en l'honneur des apôtres ; ainsi celle des Douze Apôtres à Neuenkirch et des Quatre Évangélistes auxquels on attribuait la dignité d'apôtre ; elle compte seulement quinze membres, qui s'engagent, à la mort d'un confrère, à accomplir quelques œuvres de bienfaisance ; celle de saint Jacques à Altdorf, Sachseln, Schwyz, celle de saint Barthélémy à Reiden (fondée en 1492), celle encore de saint Béat à Zurich, etc.
Le canton de Fribourg a connu celles de sainte Anne et saint Martin, des Ames du purgatoire, de saint Éloi, du Bâton de la Translation, de la Bonne Mort etc.; le Valais, celles de saint Crépin, ou des Cordonniers, de saint Amédée, de saint Sébastien et de saint Louis.
Mentionnons enfin les confréries des associations d'artisans et des corporations de métiers. Ces associations professionnelles ne constituaient pas, il faut bien le remarquer, des confréries ; mais elles fondèrent, avec l'assentiment de l'Église, des confréries en l'honneur du
patron de leur métier. En voici quelques-unes : celle des tailleurs et cordonniers en l'honneur des saints Crépin et. Crepinien, à Schwyz (1506), à Altdorf et WaSsen; à Lucerne, celles des forgerons et serruriers, en l'honneur de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Évangéliste(1500), des bateliers, (1601) dans la chapelle de Saint-Nicolas, évêque, et des teinturiers (1596) ; à Sursee, celles des boulangers (1402), des cordonniers (1444) et des tailleurs de pierre (1474) ; à Ruswil, celles des cordiers et tailleurs (1701) et des comédiens (1701) ; celle des forgerons à Grosswangen en l'honneur de saint Éloi leur patron ; celle des artificiers en l'honneur du même saint ou de sainte Agathe ; celle des soldats en l'honneur des dix mille martyrs, à Buron (1399) ; celle des fonctionnaires et musiciens, d'Uri (1614). La confrérie des voyageurs, à Uznach, fondée en 1407, est intéressante ; elle groupait au moyen âge les musiciens ambulants allant de bourg en bourg et égayant les populations par leurs violons et leurs fifres ; ils s'engageaient par serment à mener une vie honnête, à se livrer à des exercices de piété et autres bonnes œuvres et à participer à l'obit commun à Uznach (Gfr. 34, p. 10). Quant à la confrérie destinée à répandre la foi chrétienne, elle fut peu répandue ; on ne la trouve qu'à Lachen, Beckenried et Altdorf (Gfr. 31, p. 46) ; elle se proposait d'instruire la jeunesse dans la religion chrétienne. Une confrérie spéciale à la Suisse est la confrérie bourgeoise de Beckenried, fondée en 1608 ; elle instituait chaque année pour ses morts un grand anniversaire, se chargeait de l'enterrement de ses membres décédés, célébrait l'anniversaire de leur décès, et organisait même des cortèges profanes d'un caractère militaire et des agapes fraternelles. Cette confrérie fut supprimée à Altdorf et à Bùrglen par la Landsgemeinde en 1661, à cause de ses excès de boisson. — Voir Nùscheler : Die Gotteshduser der Schweiz. — Wymann : Die Bruderschaft des heil. Antonius und des heil. Magnus in Erstfeld. — Le même : Die Burgerbrud. zu Beckenried. — Nbl. von Uri 1906, 1913. — R.Wackernagel, dans BZ XII. — L. R. Schmidlin : Die kathol.theol. Literalur des Bistums Basel. — Ch. Hodler : Notices historiques sur quelques confréries. — Dellion : Dict. — DHV art. CONFRÉRIES. — ZSK 1910. [A. Muller.]
CONGRÈS ET CONFÉRENCES INTERNA- TIONALES. Les congrès et conférences qui ont siégé en Suisse se sont réunis en général à la demande de certains États ou de groupes d'intéressés. A mesure que les communications internationales devenaient plus aisées, les États ont senti combien ils étaient solidaires les uns des autres dans les domaines les plus divers. Le Conseil fédéral suisse s'est de tout temps montré disposé à faciliter l'organisation de ces réunions. Nous n'avons pas à faire ici l'historique des délégations suisses aux Congrès qui ont siégé hors de Suisse (Congrès de Vienne, conférence de la paix à La Haye, conférences de Bruxelles, de Gènes, etc.). Nous nous bornons à donner ci-après un aperçu chronologique des principales conférences internationales qui ont tenu leurs assises dans notre pays :