‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 289 sur 425 · CONFESSION DE FOI · texte numérisé non relu

CONFESSION DE FOI

fœderati. Le terme de Confédérés apparut au XVe s., employé par le roi de France Charles VII dans ses relations avecles Suisses. Il est devenu dès lors d'un usage courant.

L'expression Confédération se trouve également dans le pacte de 1291 fantiqua confederationis forma) ; elle est employée aussi par Albrecht von Bonstetten et par Knebel dans son Diarium pour désigner les cantons. Mais l'expression la plus fréquente était Liga confœderatorum ou simplement Ligue, Liga (Magna Liga, magna et antiqua ligua Alamanie superioris ; ceux des Ligues, Messieurs des Ligues, etc.).

Jusqu'en 1848, la Suisse formait une confédération d'États plus ou moins autonomes, sans pouvoir central effectif. Jusqu'au XIXe s., elle ne prit pas officiellement le titre de Confédération. L'Acte de Médiation (1803), dit encore que les 19 cantons sont « confédérés entre

eux », mais Napoléon se fit appeler « Médiateur de la Confédération suisse ». Le Pacte du 7 août 1815 déclare également que les 22 cantons « se réunissent par le présent Pacte fédéral ». Toutefois, le paragraphe final du même document précise cette réunion des cantons en disant qu'ils « se constituent en Confédération suisse ». L'État fédératif qu'est la Suisse actuellement n'était cependant pas encore créé. Il fallut attendre pour cela la constitution de 1848, qui institua un pouvoir central permanent au-dessus des cantons. Elle enleva un peu de l'autonomie des cantons dans l'intérêt de l'ensemble et reprit la formule de 1815 dans son art. I, sous cette forme : les 22 cantons « forment dans leur ensemble la Confédération suisse ». — Voir Œchsli : Die Benennungen der alten Eidg. dans JSG 42. — Hilty : Les Constitutions fédérales. [L. S.]

Liste des présidents de la Confédération suisse :

Jonas Furrer, 1849, 1852, 1855, 1858.

Daniel-Henri Druey, 1850.

Martin-Joseph Munzinger, 1851.

Wilhelm-Mathias Naeff, 1853.

Friedrich Frev-Herosée, 1854, 1860.

Jakob Stâmpfli, 1856, 1859, 1862.

Constant Fornerod, 1857, 1863,

Melchior-Martin-Joseph Knusel,

Jakob Dubs, 1864, 1868, 1870.

Karl Schenk, 1865, 1871, 1874, 1878.

Emil Welti, 1869, 1872, 1876, 1880,

Paul Cérésole, 1873.

Johann- Jacob Scherer, 1875.

Joachim Heer, 1877.

Bernhard Hammer, 1879, 1889.

Numa Droz, 1881, 1887.

Simeon Bavier, 1882.

Louis Ruchonnet, 1883, 1890.

Adolf Deucher, 1886, 1897, 1903.

Wilhelm - Friedrich Hertenstein,

Walther Hauser, 1892, 1900.

Emil Frey, 1894.

Josef Zemp, 1895, 1902.

Adrien Lachenal, 1896.

Eugène Ruffy, 1898.

Eduard Muller, 1899, 1907, 1913 Ernst Brenner, 1901, 1908.

Robert Comtesse, 1904, 1910.

Marc-Émile Ruchet, 1905, 1911.

Ludwig Forrer, 1906, 1912.

Arthur Hoffmann, 1914.

Giuseppe Motta, 1915, 1920.

Camille Decoppet, 1916.

Edmund Schulthess, 1917; 1921.

Felix-Ludwig Calonder, 1918.

Gustave Ador, 1919.

Robert Haab, 1922.

Karl Scheurer, 1923.

Ernest Chuard, 1924.

Voir Bale (Confession Voir Helvétique

CONFESSIO BASILEA.

de).

CONFESSIO HELVETICA,

(Confession).

CONFESSIO RJETICA. Dans les Grisons protestants, la nécessité d'une confession apparut vers le milieu du XVIe s. lors de la réception des réfugiés religieux italiens. Ceux-ci, parfois très cultivés, parfois ignorants, menacèrent d'entraîner la jeune église dans de graves troubles. Ils se mirent à attaquer sa doctrine et son organisation. Le synode chargea donc, en juin 1552 probablement, ses deux chefs Comander et Gallicius, de la rédaction d'une confession de foi, qui devait éviter les scissions et les sentiments extrêmes, conserver l'unité de la foi, de la doctrine et l'organisation ecclésiastique. Le synode de novembre de la même année donna son agrément au projet qu'ils présentèrent, mais attendait l'avis de Bullinger pour prendre une résolution définitive. Après son assentiment, la Diète grisonne agréa aussi la Confession, et il fut résolu qu'à l'avenir, chacun à sa réception au synode s'engagerait par sa parole et sa signature à y rester fidèle. Gallicius la transcrivit dans ce but dans un livre spécial et y joignit la lettre à Bullinger, puis commença avec Comander la liste de ceux qui par leur inscription dans ce matricule synodal adhéraient à la Confession rhétique.

Mais en 1566, les Grisons se rallièrent, à la demande de Bullinger, à la deuxième Confession de foi helvétique, ce qui fit passer à l'arrière-plan la Confession rhétique. Cette dernière a été publiée pour la première fois par a Porta dans son Historia Reformationis . — Voir le texte de Fides ac placita synodi Evangelium Christi in tribus Rhetiœ fœderibus preedicantium, dans le plus ancien registre matricule des archives du synode. — Campell : Historia Rœtica. — • Camenisch : Die Confessio Rœtica, dans JHGG 1913. — - Bodemann : Sammlung der wichtigsten Bekenntnisschriften der evangelisch-reformierten Kirchen. [J. R. Truog.]

CONFESS ION (DEN I ER DE) . Le denier de confession ou oblatio confessionis, ail. Beichtpfennig, était une taxe en monnaies courantes et d'un montant indéterminé, payée au curé après la confession et spécialement à Pâques. Il formait une part des revenus de la paroisse, mais se distinguait des autres impôts en ce que l'acquittement et le montant en étaient plus libres, en vertu du verset

DHBS II 36

1 Cor. IX, 13. Par crainte de la simonie, des conciles provinciaux se prononcèrent dans la suite contre cet usage. Depuis que le devoir d'aller à confesse le jour de Pâques est tombé en désuétude, le denier de confession a disparu presque partout de l'Église catholique. L'Église réformée ne le connaît pas ; dans maintes églises luthériennes unies, il a été légalement supprimé, tandis qu'il subsiste dans d'autres. Même au moyen âge, le denier de confession se distinguait nettement de l'argent provenant des indulgences. — Voir J. Bolsterli : Die bischôfl. constanzischen Visitationen im Kt. Luzern, XVII. Jahrhundert. — Gfr. XXVIII, 70. — Michael Buchholzer : Kirchl. Handlexikon I, 1907. — C. Meusel, E. Haack et B. Lehmann : Kirch. Handlexikon I, 1887. — DC II, 496. — Wetzer et Welte : Kirchl. Lexikon. [E. Hahn.]

CONFESSION DE FOI DES ÉGLISES RÉFOR- MÉES SUISSES. Il faut distinguer : 1° Les confessions de foi des églises isolées, 2° celles qui étaient valables pour l'ensemble des églises.

A. Parmi les premières se trouvent : — 1. Les Actes de la dispute de Berne de 1528 et le Synodus de 1532 auxquels les pasteurs bernois de 1547 à 1798 durent s'engager à se conformer par leur signature dans le Praedikantenrodel. — ■ 2. La Confessio Basileensis prior, basée sur une confession rédigée par Œcolompade en 1531, et qui devint obligatoire dans l'église bâloise en 1534. — 3. La Confession de foi rédigée en 1537 pour l'église genevoise. — 4. Le Consensus Genevensis de 1552 qui accentua la doctrine de la prédestination. — 5. La Confessio rœtica de 1553 pour les Grisons.

B. Celles qui avaient une portée générale sont : — 1. La Confessio Helvetica prior, de 1536, rédigée par Bullinger, Myconius et Grynàus, qui adoucit la conception zwinglienne de la Sainte-Cène pour se rapprocher de l'église luthérienne ; elle fut acceptée par Zurich, Berne, Bâle, Schaffhouse, Saint-Gall, Mulhouse et Bienne. — 2. Le Consensus Tigurinus, de 1549, issu de discussions entre Bullinger et Calvin, où l'influence de ce dernier est visible. — 3. La Confessio Helvetica posterior, résultat d'une confession privée de Bullinger, de 1562, publiée en 1566. Sa teneur modérée la fit adopter un peu partout, même des Vaudois du Piémont, des protestants de Bohême, de Pologne, de Hongrie, de Transylvanie et de Hollande. — 4. La Formula con-

Janvier 1924

CONFIGNON

CONFRERIE

sensus Helvetica, de François Turretini et Heinrich Heidegger, protestation contre la théologie modérée de l'académie de Saumur ; elle affirmait la doctrine de la prédestination et de l'inspiration verbale, et fut adoptée en 1G75 par Bâle, Berne, Schaffhouse et Zurich, puis peu après par les autres églises et abrogée au cours du XVIIIe s. — Le Catechismus Genevensis de Calvin, 1545, et le Catechismus de Heidelberg, 1563, avaient aussi la valeur de confessions de foi. Le dernier était le plus répandu et le plus populaire. Au cours du XVIIIe s., la plupart de ces confessions perdirent en fait leur caractère obligatoire et aujourd'hui leur autorité officielle n'existe plus. [E. B.]

CONFIGNON (G. Genève, Rive gauche. V. DGS). Com. et paroisse. Armoiries : de sable à la croix d'or. Le village de Confignon donna son nom à une vaste commune cédée en 1816 à Genève par la Savoie ; elle comprenait Vuillonnex, Bernex, Onex. Ces derniers territoires ont été détachés depuis. Son église, qui relevait autrefois du prieuré de Saint-Jean hors les nvurs de Genève, a été restaurée complètement en 1905. C'est à Confignon que résidait l'abbé Pontverre, célèbre par ses luttes contre le protestantisme, l'hôte et le protecteur de Rousseau fuyant son maître d'apprentissage. Population : 1923, 381 hab. (avec Cressy et Vuillonnex). Registres de paroisse dès 1816. — Voir Regeste genevois. ■ — Foras : Armoriai et Nobiliaire. — Arch. de Genève. — A. Berthier : Notes rnns. [C. R.]

CONFIGNON, de. Nom d'une famille noble de Savoie, dont les membres, seigneurs du village du même nom, revêtirent la charge de vidomnes de l'évêque de Genève aux XIIe et XIIIe s. Elle s'éteignit au XVIe s. avec Bernarde qui épousa en 1547 Charles de Menthon, seigneur de Beaumont. Les descendants de celui-ci prirent le nom de Confignon. — Voir Foras : Armoriai et nobiliaire. — A. Berthier, Notes mns. [C. R.]

CONFLANS, CONFLENS, de. Famille noble de Savoie qui a donné entre autres un évêque à Genève : Guillaume I, en charge de 1285 à 1297. Il résista au comte de Savoie dans ses tentatives d'empiétement. Grâce à lui les droits de pêche, de péages, les moulins du Rhône furent rendus à l'évêque. Sans se rendre compte de la portée de son acte, Guillaume I remit le vidomnat de Genève en fief au comte de Savoie, ce dont ce dernier sut tirer parti en matière de justice criminelle. — Voir Gautier: Hist. de Genève. — Arch. d'État Genève. — Foras : Armoriai et nobiliaire. [C. R.]

CONFLICTUS LAUPENSIS. Récit delà bataille de Laupen datant de la fin du XIVe s. ou du commencement du XVe s. et dont un seul exemplaire, probablement une copie, est conservé à la bibliothèque de la ville de Berne et publié par Studer dans la Berner Chronik de C. Justinger. — Voir Tobler, dans la Festschrift ... Bern 1891, III, p. 5. [H. Tr.l

CONFORGIEN, Guillaume de Clugny, baron de. Protestant français, originaire d'Autun, il se réfugia momentanément à Genève après la Saint-Barthélémy, puis il y revint à plusieurs reprises jusqu'en 1616. En 1590, il fut appelé à commander les troupes genevoises et se distingua au combat de Bonne, puis sous le commandement de Guitry et de Sancy (1590-1591), et rentra avec eux en France. — Voir France Protestante, art. Clugny. — Gautier : Hist. de Genève. [André Duckert.]

CONFRÉRIE (CONI'RATERNITAS, CONFRATRIA, SfJ-

dalitium). La confrérie est une association de fidèles de la religion catholique, fondée par les autorités ecclésiastiques, dont le but est le perfectionnement religieux de ses membres par l'accomplissement d'oeuvres libres de piété et d'amour du prochain. Elle n'est pas un ordre ni une congrégation ; ses membres ne sont pas soumis à un vœu, ni obligés de vivre en communauté. Les confréries, fondées par les autorités ecclésiastiques, se distinguent des associations religieuses constituées par la simple volonté de leurs membres, et de celles qui poursuivent des buts profanes quoique astreintes à des pratiques religieuses, comme l'étaient autrefois les corporations de métiers.

La confrérie est fondée sous les auspices d'un mystère de la foi ou d'un saint dans une église déterminée où elle érige un autel ; elle obtient de ce fait son domicilium

proprium. Des confréries très anciennes ou spécialement méritantes reçoivent parfois le titre d'archifraternitas ; toutefois, on comprend ordinairement sous ce nom une confrérie à laquelle le Saint-Siège a conféré le pouvoir de s'incorporer d'autres confréries du même nom et de leur octroyer les mêmes privilèges et indulgences.

La fondation et l'organisation des conlréries étaient régies jusqu'en 1918 par la Constitution de Clément VIII, du 7 décembre 1604 ; dès lors, par les prescriptions du nouveau Code ecclésiastique du 18 mai 1918 qui sont les suivantes (canons 707 et 708) : les associations de fidèles constituées en vue d'une œuvre de charité ou de piété quelconques sont désignées sous le nom d'Uniones piae ; celles qui forment un corps organisé se nomment sodalitia. Les Confraternitates sont celles de ces sodalitia qui ont pour but l'accroissement du culte public. Les confréries ne peuvent être constituées que par un décret formel du pape ; pour les associations pieuses l'approbation de l'évêque suffit.

En Suisse, nous trouvons au milieu du XI IIe s. déjà des confréries dans les églises paroissiales et dans celles des couvents. Dans les jours de danger, de peste, de peste bubonique, d'épizootie, on allait chercher un refuge avec confiance auprès des saints qu'on avait implorés de tout temps pour la guérison de ces maux. Ce fait provoqua la fondation de confréries en l'honneur des saints, en particulier de ceux qui étaient considérés comme protecteurs contre ces calamités. Ainsi, l'ancien chapitre des prêtres de Bremgarten-Zoug fonda, pour ses paroisses et celles dépendant de lui dans les cantons de Zoug, d'Argovie, Zurich et Lucerne, la confrérie de saint Sébastien, lors de la peste de 1492. Pendant la terreur causée par les menaces d'invasion des Turcs, on chercha un refuge auprès de la Sainte-Vierge ; et, après la bataille de Lépante (1571) dont l'issue fut si heureuse pour la chrétienté, la confrérie du Rosaire fut introduite presque partout. Au déclin du moyen âge, on accordait une attention toute particulière au repos des âmes des décédés, et c'est alors que naquirent les confréries « des pauvres âmes », qui possédaient de nombreuses fondations de messes et entretenaient les luminaires. Les confréries de la « Bonne Mort », de la « Mort de Marie », se rattachent à ces associations. Les confréries furent créées avant tout pour répondre aux besoins religieux du peuple en lui permettant d'obtenir de larges indulgences. Elles célèbrent solennellement leurs fêtes principales et patronales par des processions publiques et des services religieux. Dans les processions, les membres défilent, revêtus de costumes spéciaux et d'insignes, avec leurs bannières et les statues de leurs patrons ; on y voit aussi des représentations symboliques ; ainsi dans les processions du Bosaire des jeunes filles vêtues de blanc, de rouge et d'or. Ces fêtes ont toujours été fort appréciées par le peuple.

A l'origine, on ne fondait qu'une confrérie par église puis on en vit plusieurs vers la fin du XVIe et au début du XVIIe s., si bien que dans une église paroissiale on en rencontrait souvent une demi-douzaine. A Ruswil, il y en eut jusqu'à seize, dont plusieurs existent encore. En Suisse, nous possédons principalement les confréries suivantes : La Confrérie du Rosaire. Au XVe s. déjà existaient des associations en l'honneur de la Vierge- Marie ; après la bataille de Lépante, la plupart d'entre elles furent absorbées par les nouvelles confréries du Rosaire, que l'on fonda un peu partout. De nombreuses et larges indulgences étaient accordées à leurs membres et les fondations de messes s'y multiplièrent (Gfr. 31, 45 et 26, 100). C'est bien l'association la plus répandue en Suisse. A l'origine, des nobles, des clercs, des membres des autorités et presque tout le peuple en firent partie (Gfr. 56, p. 71). — Les Confréries de la Passion du Christ, soit celles qui vénèrent le Sang et les Cinq blessures du Sauveur (fondées à Willisau, en 1485), ou la Sainte Croix (fondée à Schwyz en 1497 par un laïque, le landammann Ulrich Kàtzi, qui obtint pour elle une lettre d'indulgence de la part de onze cardinaux et du pape Léon X), ou la Couronne d'épines (à Lucerne dans la Hofkirche, vers 1504); toutes ces confréries se distinguent par leur autel élevé. — Les confréries en l'honneur

CONFRERIES

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