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COUVENTS D'ARGOVIE (AFFAIRE DES

1834-1843. A partir de 1830, la question confessionnelle passa au premier plan. Afin d'assurer la subordination de l'Église à l'État, les cantons de Berne, Lucerne, Soleure, Bâle-Campagne, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall s'unirent en un Concordat des Sept (Siebnerkonkordal) en 1834. En 1840, la proposition fut faite au Grand Conseil argovien de se retirer du concordat, mais elle fut repoussée dans la session du 2 juin. En juillet, on procéda dans le canton aux préparatifs d'une revision de la constitution. Tandis que le Grand Conseil s'en tenait au principe de la parité, suivant laquelle les deux confessions avaient une représentation égale dans cette autorité, une grande assemblée populaire catholique, convoquée le 2 février à Melhngen par un groupe d'adhérents, dit Comité de Bunzen, se prononçait en faveur de la séparation confessionnelle avec administration spéciale pour l'église et l'école. Après de nombreuses assemblées (Mumpf, Wurenlingen, Baden, Staufen. Oberkulm, Oberenltelden, Seengen, Se.on), le nouveau projet de constitution fut rejeté dans la votation populaire du 5 octobre 1840, par 23 087 non contre 3976 oui seulement. L'exci-

tation était grande ; on était, violemment échauffé contre le gouvernement, on déclarait la religion en danger. De nouvelles assemblées populaires se réunirent, entre autres une catholique !e 28 novembre à Baden, et une libérale le 13 décembre à Stein. Le 16 décembre, le Grand Conseil supprima le principe de la parité dans son projet de constitution, qui fut accepté le 5 janvier 1841 par 16 050 voix contre 11 484. Le lendemain déjà, le Comité de Bunzen se réunissait en secret. Le 9 janvier, le gouvernement mit sévèrement en garde les communes du Freiamt contre toutes manœuvres illégales. Mais bientôt la révolte éclata ouvertement. Aussitôt le Petit Conseil lança un mandat d'arrêt contre les chefs du mouvement. Le 10 janvier, à Bremgarten, l'ammann du district, Wey, arrêtait les membres du Comité de Bunzen de l'endroit, tandis que le conseiller d'État Waller tombait à Mûri aux mains des révoltés qui le maltraitèrent ; le lendemain, des bandes populaires nombreuses entrèrent à Bremgarten et libérèrent par la force les prisonniers. Le 11 janvier, le colonel Frey-Herosée, conseiller d'État, réprima le soulèvement après un court combat à Villmergen. Le pays fut occupé militairement. Dans sa session du 13 janvier 1841, le Grand Conseil rendit les couvents responsables des troubles, comme « foyers de rébellion et d'ignorance », et Augustin Keller émit la proposition de les supprimer. Le président de la cour suprême Tanner, l'avocat Dôsseckel, l'ammann Jâger, Franz Waller, Weissenbach et Heinrich Zschokke parlèrent en faveur de cette suppression. Le conseil l'adopta presque à l'unanimité et supprima de suite les couvents de Mûri, Wettingen, Hermetswil, Fahr, Gnadenthal et Baden et les deux couvents des capucins à Baden et à Bremgarten. Mais la Diète extraordinaire, réunie à Berne le 2 avril, jugea, avec l'assentiment de 12 ]/2 États, cette décision contraire à la Constitution (art. 12 du Pacte fédéral de 1815) et invita le canton d'Argovie à suspendre toute mesure d'exécution. A la suite de cette décision, le gouvernement argovien autorisa le 19 juillet le rétablissement des trois couvents de femmes de Fahr, Maria Krônung (à Baden) et Gnadental. Par contre, celui d'Hermetswil ne fut pas rétabli, car il avait pris une part active à la rébellion. La Diète estimant cette mesure insuffisante, le Grand Conseil renonça en novembre à exécuter les décisions du Concordat des Sept, mais en déclarant que les droits de l'État en matière ecclésiastique ne devaient pas être contestés. La suppression des couvents commença en 1842. Le 28 août 1843, le Grand Conseil décida, sur la proposition de Frey-Herosée, de rétablir aussi le couvent de Hermetswil, afin de donner satisfaction à la Diète. Celle-ci, réunie à Lucerne, décida avec le consentement de 12 y2 États de classer l'affaire des couvents argoviens. La minorité conservatrice catholique (Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug, Fribourg, Valais et Appenzell Rh.-Int.) déclara cet arrêté une violation de la constitution et protesta. La suppression des couvents d'Argovie eut pour conséquence la proposition de l'Argovie de supprimer et d'expulser de Suisse l'ordre des Jésuites, les expéditions des Corpsfrancs et enfin la guerre du Sonderbund. — Voir Ernst Zschokke : Gesch. des Argaues. — ■ Placid Weissenbach : Placid Weissenbach, Mitglied der Tagsatzung und des Stânderates, 1814-1858. — Voir aussi les articles Corps Francs, Jésuites, Sonderbund. [h. Br.]

COUVET (C. Neuchàtel, D. Val-de-Travers. V DGS). Vge et Com. Ancienne forme :

Coves. Armoiries : d'argent à trois cocels de gueules mal ordonnés d'où s'élève une flamme au naturel. Couvet était un des six villages de la châtellenie du Val-de-Travers. Il fut occupé en décembre 1831, après un court bombardement, par les troupes du gouverneur de Pfuel. C'est à tort que l'on a raconté qu'en 1291 plusieurs familles vinrent s'établir à Couvet, et d'autres en 1450, après l'incendie de Neuchàtel. Au XVIIIe siècle et début du XIXe siècle on y fit un peu de faïence et, dit-on, des réchauds ou covets. La fabrication de l'absinthe et l'horlogerie y

002 COUVREU DE DECKERSBERG

GRAMEh

furent introduites au XVIIIe siècle. Un gisement d'asphalte a été découvert à la Presta au début du XVIIIe s. Il est exploité encore aujourd'hui. L'église date de 1658 ; la paroisse a été créée en 1706, détachée de celle de Môtiers. Le premier pasteur fut David Vattel, père du jurisconsulte Emer de Vattel. L'hôpital du Val-de-Travers, à Couvet, a été fondé en 1860 ; une école de mécanique y a été ouverte en 1893. En 1765, Couvet accorda l'agrégation d'honneur à Jean-Jacques Housseau, alors établi à Môtiers. Patrie des familles Berthoud, Borel cl Petïtpierre. Population : 1750, 1004 hab. : 1860, 1990 ; 1920, 3316. Registres de baptêmes dès 1706, de mariages et de décès dès 1761. — Voir E. Quartier-la-Tente : Le C. de Neuchâtel, IIIe série, Le Val-de-Travers [h. M.) COUVREU DE DECKERSBERG. Famille vaudoise, immigrée. Armes : parti de gueules et d'azur à un pélican d'or sur trois coupeaux d'argent. La famille remonte à — 1. Quintin, né probablement à Valenciennes en 1526, l'un des fondateurs de la communauté wallonne de Francfort, attaché à la chambre des finances de l'empereur Rodolphe II, qui lui conféra des lettres de noblesse en 1590.

— 2. Jean-Martin, arrière-petit-fils du n° 1, 1645-1738, banquier à Lyon, puis à Londres, se fixa à Vevey, dont il reçut la bourgeoisie le 5 septembre 1698 ; un monument lui fut élevé dans l'église Saint-Martin. — 3. Daniel-Emmanuel, arrière-petit fils du n° 2, 1756-1831, premier président de la municipalité de Vevey en 1798, député à la Diète d'Aarau en 1798, député au Grand Conseil vaudois en 1803, membre du Petit Conseil de 1803 à 1806. — 4. Edouard, 1824- 1908, syndic de Vevey de 1857 à 1872, député au Grand Conseil de 1858 à 1862, membre et fondateur de plusieurs œuvres de charité et d'utilité publique, donna à la ville de Vevey sa campagne pour en faire une promenade publique. — 5. Henri, f 1871, neveu du n° 3, lieutenant-colonel et député de 1840 à 1871. — 6. Aloys, 1834-1923, fils du n° 5, syndic de Corsier de 1861 à 1909, député de Corsier de 1877 à 1923, longtemps doyen d'âge du Corps législatif. — 7. Eugène, * 20 mars 1862, syndic de Vevey depuis 1912(letroisiôme de sa famille), député depuis 1913. — -Notes de famille. [M.R.] COVELLE. Famille originaire de Calabre (dont le nom primitif était Covello), réfugiée à Genève dès 1577. Bourgeoisie en 1737. — 1. Robert, auquel on dut à Genève de voir supprimer la génuflexion des peines infamantes.- C'est en effet son refus de s'y soumettre et sa résistance dans cette voie qui amenèrent la suppression légale de cette coutume. — 2. Alfred-Lucien, 1853-1910, juriste et historien, auteur du Livre des bourgeois (de Genève). — Voir Archives de Genève : Factums, R. C, P. C. — Notices générales VI, 235. [C. R.]

COXE, Thomas, premier envoyé anglais en Suisse, de 1689 à 1692. Il fut chargé ' par Guillaume III. membre de la coalition contre Louis XIV, de contrecarrer la diplomatie de l'ambassadeur français Amelot, d'engager la Confédération dans une alliance avec l'Angleterre et d'obtenir le recrutement de 4 régiments de 1000 hommes. Il ne put entrer en relations qu'avec les cantons protestants, dont la majorité était favorable à ses plans. Un projet de convention, arrêté à Aarau en août 1690, ne put aboutir, car les cantons protestants ne voulaient autoriser les troupes enrôlées qu'à servir à des buts défensifs. Coxe fut rappelé le 13 mars 1692. — Voir F. Kilchenmann : Die Mission des engl. Gesandten C. in der Schweiz. [H. Tr.]

'CCXE, William, 1747-1828, ecclésiastique anglais, visita la Suisse en 1776, 1779, 1785 et 1786. Ses lettres tic voyage, à William Melmoth, parurent en 1779 : Sketches of the Natural, Civil and Political State of Swisserland. Les 2e et 3e éditions portent le titre : Travels in Switzerland, et la 4e, de 1801 : Travels in Switzerland, and in the Country of the Grisons. Une nou velle édition parut à Bâle en 1802 avec des annotations par Louis-François Ramond et des illustrations par

Birmann. — Voir G. Meyer von Knonau : Die Schweiz im 18. Jahrh. in den Brie l'en eines enqlisrhen Reisenden, dans JSAC 1917. [G. Scli.]

CRALOH. Abbé de Saint-Gall, du 31 mai 942 au 26 février 958, date de sa mort. Son frère, l'abbé Thieto, ayant résigné ses fonctions, il fut mis à la tête du couvent et destitué en 953 par le duc Liudolf d'Alémannie, lorsque ce dernier se révolta contre le roi Othon Ier. Après la mort prématurée de son successeur Anno, il revint au couvent qu'il administra jusqu'à sa mort. Ce qu'Ekkehard IV dit de son administration et surtout de ses mauvais rapports avec Victor-de Rhétie, est invraisemblable. — Voir MVG 15-16, Regeste. — Schiess, dans Felder : Die Stadt St. Gallen, p. 407. [ m |

CRAMER. Nom de famille des cantons de Genève et de Zurich.

A. Canton de Genève. Famille probablement originaire du Holstein, d'où elle vint s'établir à Strasbourg. Fit partie des Conseils de la République de Genève. Armes : parti au premier d'argent à la main de gueules sortant d'un nuage d'azur à dextre et tenant un rameau de laurier de sinople ; au second, d'azur à une ancre d'argent. L'ancêtre est Christian, premier échevin, puis tribun de l'abbaye des Maréchaux de Strasbourg où il mourut en 1622 — 1. Jean-Ulrich, 1609-1687, fils du précédent, médecin, vint s'établir à Genève en 1638, et fut reçu bourgeois le 10 novembre 1668. — 2. Jean, arrière-petitfils du n» 1, 1701-1787, professeur de droit 1723, démissionna en 1738 pour entrer au Conseil des Deux-Cents, premier syndic, auteur d'un Recueil de procédures civiles et criminelles en 12 volumes. — 3. Gabriel, frère du n° 2, 1704-1752, mathématicien célèbre.

Soutint une brillante thèse sur le son à 18 ans.

En 1724, le Conseil créa pour lui et Calandrini une chaire de mathématiques, qu'ils occupent à tour de rôle, l'un enseignant et l'autre voyageant. A cette occasion, l'enseignement en français fut introduit à l'académie. Pendant ses voyages, il travaille avec Jean et Nicolas Bernoulli à Bâle, étudie l'astronomie et les mathématiques à Cambridge, visite Oxford, la Hollande où il voit S'Gravesande, Paris. Se lie avec la plupart des savants de l'époque avec lesquels il entretient une active correspondance scientifique (Fontenelle, Condillac, Buffon, Euler, Réaumur, Algaroti, de Mairan, etc.). Est nommé en 1734 professeur de philosophie, mais n'occupe la chaire qu'en 1750. Membre associé des académies de Berlin, Montpellier, Lyon, de la Société royale de Londres et de l'Institut de Bologne, Auteur de nombreux ouvrages scientifiques : Mémoire sur le système de Descartes et sur le moyen d'en déduire les orbites et les aphélies des planètes, 1731 ; couronné par l'académie de Paris : Introduction à l'analyse des lignes courbes algébriques, 1750, etc. — 4. Jean-Manassé, fils du n° 2. 1728-1797, professeur de droit 1757. — 5. Jean-Louis, fils du n° 4, * 20 avril 1768, fit la campagne d'Espagne comme capitaine de l'armée anglaise, colonel dans l'armée suisse. — 6. Jean-Antoine, fils du n° 4, 1757- 1818, professeur de droit, secrétaire de la députation genevoise à la Diète de Frauenfeld (1792) pour obtenir l'incorporation de Genève dans la neutralité suisse Émigré en Angleterre lors de l'occupation française. — 7. Gabriel, cousin du n° 3, 1723-1793, éditeur avec son

Gabriel Cramer.

D'après un portrait ;i de (iardelle.

huile

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