COUVENTS D'ARGOVIE
GOUVET
de nouveaux besoins. La pastoration, en particulier, était insuffisante. Les ordres mendiants furent fondés. Leurs couvents, au contraire des monastères bénédictins et cisterciens, furent établis à l'intérieur des villes. Ce furent surtout les frères prêcheurs (p. ex. à Lausanne) et les frères mineurs (p. ex. à Fribourg) qui bénéficièrent des libéralités des bourgeois et des communes. A partir du XIIIe s., de nombreuses maisons des ordres de saint Benoit, de Cluny, de Cîteaux tombèrent en décadence. Il faut chercher les causes de cette ruine dans les nouvelles conditions économiques, un relâchement moral, de mauvaises administrations, des guerres fréquentes, les exactions des avoués. D'ailleurs, les couvents étaient très souvent fort petits et ne comptaient que deux ou trois moines.
La papauté elle-même supprima plusieurs couvents pour doter de leurs biens d'autres institutions religieuses (par ex. ceux d'Amsoldigen, Dàrstetten, etc., furent donnés au Chapitre de Berne en 1486, etc.).
A la Réformation, les premières sécularisations s'effectuèrent dans la ville et la campagne de Zurich en 1525, puis à Berne et dans le territoire qui lui était alors soumis en 1528, à Bâle et Schaffhouse en 1529, à Neuchâtel en 1530, à Genève en 1535, dans le Pays de Vaiid en 1536 et la contrée de Gessenay en 1555-1556. La contre-réformation donna naissance dès la fin du XVIe s. à un assez grand nombre de couvents de capucins, de jésuites, etc. En 1798, plusieurs princes ecclésiastiques, tels que les abbés de Saint-Gall, Disentis et Engelberg perdirent leurs droits temporels totalement ou en partie. Saint-Gall fut supprimé définitivement en 1805. Quoique l'art. 12 du Pacte fédéral de 1815 assurât l'existence des couvents, de nouvelles sécularisations eurent lieu dans les cantons d'Argovie, de Saint-Gall et de Thurgovie; Pfâfers ferma en 1838. Puis ce fut la suppression retentissante des couvents d'Argovie en 1841 et, conséquence de la guerre du Sonderbund, celle de nombreuses institutions religieuses des cantons de Fribourg, Lucerne, Soleure, Thurgovie, Tessin et Zurich, p. ex. la sécularisation de Rheinau en 1862 et celle de Mariastein en 1874. Ce fut le dernier couvent supprimé (voir Castex, Affaire de). Les sécularisations du XIXe siècle firent disparaître 54 couvents au total.
Les articles consacrés aux ordres religieux renseignent sur les débuts des couvents suisses. Les 44 couvents d'hommes actuels se répartissent en cinq ordres : bénédictins 5, chanoines réguliers de Saint-Augustin 3, capucins 34, chartreux 1, franciscain 1. Les 46 couvents de femmes existant aujourd'hui se répartissent comme suit : bénédictines 8, franciscaines 18, augustines 2, cisterciennes 7, prémontrées 1, dominicaines 5, visitandines 2, ursulines 3. Les articles consacrés aux divers ordres donnent la liste des couvents actuels. — Voir v. Mulinen : Helvetia sacra. — A. Buchi : Die kathol. Kirche in der Schweiz. — Schweiz. Rundschau I, P- 12L — Kurze Beschreibung aller Manns- und Frauenklôster, 1839. [L. K. et H. Tr.l