CRANS
GREDENTE CATT0L1C0 (IL)
CRANS (C. Vaud, D. Nyon. V. DGS). Cranos en 1008. Cette terre fut donnée au chapitre de Lausanne par Févêque Hugues (f 1037), fils du dernier roi de Bourgogne. Le chapitre la fit administrer par un mayor et un sautier, tandis qu'un vidomne rendait la justice en son nom. Les revenus du domaine ayant, été affectés à la construction du village de Saint-Prex en 1234, il fut. désormais rattaché à la prébende canonicale ainsi qu'à la châtellenie de Saint-Prex. Le mayor continua cependant à dépendre directement du chapitre ; l'un, Michel Quillet, eut en 1528 avec ses supérieurs un procès retentissant qui provoqua l'intervention de Berne et de Fribourg. Après la Réformation, les Bernois érigèrent Crans en seigneurie, qu'ils inféodèrent au notaire Urbain Quisard. Les Quisard furent pendant deux siècles seigneurs de Crans. En 1763, les dernières du nom vendirent les seigneuries de Crans et d'Arnex à Antoine Saladin de Genève, de qui la famille van Berchem tient aujourd'hui encore le château par héritage. Le château actuel a été construit de 1764 à 1767. — DHV. [M. R.]
CRAPP, Florin, d'Alvaneu, * 1856, prêtre 1882, curé à Schmitten 1884-1892, à Davos 1890-1908. Crapp fit construire l'église catholique de Davos-Platz. Il existait à Davos une fondation Crapp en son honneur, destinée à subventionner la Bhàt. Volkszeitung. [J. S.j
CRAPPA LONGA. Château. Voir Gr^pplani;.
CRASSIER (C. Vaud, D. Nyon. V. DGS). Au XII" s. la tour de Crassier, Craceio en 1135, appartenait à une famille noble de ce nom, comptant parmi les premiers bienfaiteurs du couvent de Bonmont. Le chevalier Etienne de Crassier partit en 1166 pour la Terre Sainte.
L'église di- Crassier en 1896. D'après un dessin' à la plume de E.-D. Turrian.
En 1384, à la suite de violences commises, le comte de Savoie confisqua les biens d'un autre Etienne, vidomne de Nyon, et inféoda la seigneurie de Crassier à son
maître d'hôtel, le chevalier Etienne Guerri, de Lausanne. Cette terre passa ensuite aux familles Bruel (1440), Magnin (1466), Favre (1492), Crespelany (1607). Celle-ci ne garda que la partie française du village de Crassier et revendit en 1610 la partie suisse, la plus importante, à Bernard d'Aubonne. En 1723, Paul d'Aubonne vendit cette seigneurie à Louis de Portes, dont le petit-fils la possédait encore en 1798. Le domaine passa ensuite, par héritage, à la famille de Loriol. L'église Sainte- Marie- Madelaine de Crassier dépendait dès 1225 du couvent de Bonmont. Elle a été restaurée en 1878 et 1911, mais a perdu son cachet ancien. Elle possède le tombeau du général Louis de Portes. Crassier eut pour pasteurs le père de Suzanne Curchod, épouse du banquier Necker et mère de Mme de Staël, puis le père du doyen liridel. Lieu d'origine d'Alexandre Vinet. En 1323, les gentilshommes vaudois repoussèrent à Crassier l'attaque du dauphin du Viennois Guy et du comte de Genevois. — DHV. [M. R.]
CRASSUS. Voir Schurpf, Christian.
CRATANDER, Andréas, nom grécisé de Hautmann, imprimeur, * à Strasbourg. Il paraît à Bâle pour la première fois en 1505 et y acquit la bourgeoisie en 1519. Ses impressions à Bâle datent de 1518 à 1536 : il était concurrent de Johann Froben et ami de Bonifacius Amerbach. t 1540. — Voir C.-Ch. Bernoulli et P. Heitz : Basler Bùchermarken, p. XXIV. [C. Ro.]
CRAUSAZ (C. Vaud, D. Vevey). Section de la commune de Chexbres où se trouve le château de la famille de Crousaz, reconstruit après incendie, entre 1603 et 1606. — DHV. [M. R.]
CRAUSAZ. Nom de famille très répandu dans le canton de Fribourg, spécialement dans les districts de la Glane et de la Broyé. Armoiries : de gueules à l'oiseau d'argent senestré d'une croix du même. — 1. Simon, d'Auboranges, * 1844, géomètre. Membre de la Commission chargée de dresser le plan des territoires intéressés à la correction des eaux du Jura 1872, ingénieur en chef de l'entreprise 1879. Commissaire-général 1878-1882, directeur des Eaux et Forêts de la ville de Fribourg 1883-1888 ; député au Grand Conseil 1880-1881. Auteur d'un grand nombre de travaux d'adduction d'eau, de canalisation, triangulation, etc. ; promoteur des tramways de Fribourg. Obtint une médaille d'or à l'exposition de Genève en 1896. t 30 juin 1921. — Voir SNG 1922. — Étr. frib. 1922. — 2. Joseph, 1852-1916. médecin à Rue, puis à Romont, député au Grand Conseil dès 1898. — 3. Élie, * à Villeneuve 27 octobre 1882, rédacteur à La Liberté et à L'Ami du Peuple dès 1904 ; député au Grand Conseil et conseiller communal 1919. — Voir Étr. frib. 1917 et 1922. — Alm. calh. de la Suisse franc. 1917 et 1^22. [G. Corpataux.1
CRAUSAZ. Voir Crousaz.
CRAVAIROLA. Col et alpage conduisant de la vallée de Campo (Val Maggia) dans le val d'Ossola, déjà mentionné en 1484. Un conflit entre l'Italie et la Suisse à propos des frontières fut confié à un tribunal arbitral dont le sur-arbitre était M. Marsch, ministre des États-Unis à Rome. Par sentence du 23 septembre 1874, ratifiée par le Conseil fédéral le 4 janvier 1875, M. Marsch attribua Cravairola à l'Italie. — Voit Baccolta générale délie leggi del G. Tirino. [C. T.]
CRAVEGGIA ou ÀCQUA-CALDA Dl CRAVEG- GIA (C. Tessin, D. Locarno). Territoire et bains au fond du val Onsernone qui, déjà en 1803, formaient l'objet d'un conflit entre le gouvernement tessinois et Milan. Parla convention du 25 juillet 1806, se référant à celle de Varese du 2 août 1752 entre les XII cantons et l'impératrice Marie-Thérèse, le Tessin renonçait à l'alpage de Montefracchio et l'Italie à celui de Medaro. Une nouvelle convention du 15 juillet 1807 régla des points de détails contestés par la. commune d'Onsernone et celle de Dissimo (Italie). — Voir Baroffîo : Storia del C. Ticino. — Nuova Baccolta générale délie legge del C. Ticino. [C. T.l
CREDENTE CATTOLICO (IL). Quotidien catholique et conservateur tessinois, qui parut du 1er avril 1856 au 31 déc. 1901 et qui joua un grand rôle dans la défense des intérêts catholiques. Son premier rédacteur fut le chanoine Adeodato Castelli. Le numéro domini-
CREDENZA, CREDENZIA
GRESP1N
cal portait le titre de II Popolo Cattolico. Le Credente fut remplacé pendant quelques années par l'hebdomadaire La Palria. — La Presse Suisse. [C. T.]
CREDENZA, CREDENCIA. Terme usité autrefois dans le Tessin et le Nord de l'Italie pour désigner la réunion des conseillers (credentiarii, credenriales) delà vallée, de la pieve ou de la vicinanza. Ordinairement, la Credencia était un conseil réduit, choisi dans l'assemblée générale. Cependant l'institution n'était pas uniforme partout. Dans le val Blenio, la Credencia était composée de 15 membres, 5 par fagia. Ses compétences étaient plutôt d'ordre judiciaire ; elle était la seconde instance entre le recteur et les placila donnegalia sous la domination milanaise. Parfois la Credencia était un conseil plus étendu par l'adjonction des consuls de chaque vicinanza : consilium procuratorum, credentiariorum et consulum, appelé aussi consilium générale. A Biasca, elle était l'organe administratif de la communauté, et avait aussi des compétences judiciaires. A Carona, un organisme de trois credentiarii étaient chargés de la surveillance des routes et jouaient le rôle d'arbitres. A Intragna, Golino et Verdasio, la Credentia était chargée, en 1469, de surveiller l'administration financière de la commune et d'assister les consuls de ses conseils ; elle possédait également des compétences judiciaires. A Sonvico, Dino et Villa, les credenzieri nommaient les consuls et recevaient leurs comptes. Dans la Léventine, la credencia était remplacée par le consilium générale. — Voir Hidber : UR. — Pometta : Moti di liberté. — Meyer : Blenio u. Leventina. ■ — Heusler : Rechtsquellen des K. Tessin. — Martignoni : Schéma storico giuridico. — BStor. 1884. [C. Trezzini.]
ORÉMATION EN SUISSE (LA). Ce mode de sépulture, s'il n'est pas autorisé expressément par la constitution fédérale, l'est du moins implicitement en ce sens que rien n'empêche, en vertu de l'article 53, al. 2, de pratiquer un autre mode de sépulture que l'inhumation, pourvu que ce mode soit décent et non contraire à l'ordre public. C'est en 1874 que la question de la crémation fut agitée, pour la première fois, en Suisse. Une société se créait à Zurich la même année. Quinze ans plus tard, soit en 1889, elle édifiait le premier crématoire de la Suisse, remplacé en 1914 par un édifice plus vaste. L'exemple de Zurich fut rapidement suivi par d'autres villes : Bâle inaugura son crématoire en 1898. Genève 1900, Saint-Gall 1903, Berne 1908, Lausanne el La Chaux-de-Fonds 1909, Bienne 1910, Winterthour 1911, Aarau 1911, Davos et Schaffhouse 1914, Lugano 1916, Olten 1918, Coire 1922 et Neuchâtel 1923. Indépendamment des sociétés ayant édifié des crématoires, il en est d'autres qui se sont créées dans diverses localités en vue de propager la coutume de l'incinération. Ce sont celles de Lucerne, Soleure, Tramelan, Langental, Berthoud, Hinwil, Baden et Thoune. L'effectif total des membres de ces sociétés est d'environ 17 000. Elles forment une union, dont le comité central est actuellement à Aarau. A Bâle et à Zurich, les crématoires rentrent dans l'administration urbaine et les incinérations sont gratuites pour les habitants de ces villes. Dans les autres villes, les crématoires sont généralement restés propriété des sociétés locales qui perçoivent certaines taxes pour les incinérations. Le nombre des incinérations a été en 1922 de 2562. Les petits cantons, ainsi que Fribourg et Valais, sont opposés à l'incinération, la religion catholique la considérant comme contraire à l'esprit du christianisme. [E. Tissot.]
CRPMEO. Voir Mesocco.
CREMONA. — 1. Bartolomeo, ingénieur militaire, probablement de la campagne luganaise. Collabora aux plans du port de Savone en 1437, exécutés par Giuliano de Bissone. — 2. Melchiorre, sculpteur, probablement d'Arosio, mentionné à Borne dès 1577. En 1591, il fit avec Mutius de Quartis le tombeau du cardinal Cornaro dans l'église San Silvestro à Monte Cavallo. De 1598 à 1601, il travailla à Saint-Jean de Latran. En 1591, il était consul de la congrégation lapicidarum ou des sculpteurs de Rome. — 3. Giovan-Pietro, d'Arosio, architecte, stucateur et sculpteur, f à Sienne en 1754. Élève de Mazzuoli, il sculpta les tombeaux de l'archevêque Zondadari et du cardinal Anton-Felice Zondadari dans
la chapelle du Séminaire de Saint-Georges à, Sienne. Cette chapelle possède aussi des stucs de lui. — 4. Ippolito, architecte et ingénieur d'Arosio, f très âgé en 1844. Il vécut et travailla longtemps dans la région de Gènes. Professeur d'architecture et de décoration à l'académie des Beaux-Arts de Gênes en 1818 ; en 1822, architecte de la ville de Rapallo où il travaillait depuis 1815. Fit les plans de N. D. dell'Orto à Chiavari, de la façade de l'église Saint-Charles à Turin, du monument près de la porte San Tommaso à Gênes ; il acheva le palais des Foraggiana all'Acque Verdi de Gênes, commencé par Domenico Cervetto. — Voir SKL. — ALBK.
— Vegezzi : Esposizione storica. — Bianchi : Artisti ticinesi. — BStor. 1882 et 1885. [C. Trezzini.]
CREMONE (C. Tessin, D. Riviera. V. DGS). Versant occidental du Pizzo Magno, au Nord de Biasca où se produisit, le 30 septembre 1512, un immense éboulement qui obstrua la vallée de Blenio, et créa le lac dit de Malvaglia qui submergea ce village et ensevelit une grande partie de Biasca. [C. T.]
CRESCIANO (C. Tessin, D. Riviera. V. DGS). Corn, et paroisse. Anciennes formes : Cressianicum, 978 ; C.razano, 1269 ; Cretiano ; Circani, 1356 ; Crasciano, • 1490 ; Creziano, 1567. Des objets de l'âge du bronze furent découverts dans la vallée dite des Ladri en 1874- 1875. En 978, l'empereur Othon II confirmait à l'abbaye de Cielo d'Oro de Pavie les biens qu'elle possédait à Cresciano. En 1261, le village formait une vicinanza : il appartenait à la castaldia de Claro. En 1355 et 1467, il était soumis au podestat de Claro, mais en 1333 était autonome au point de vue spirituel et civil. En 1356, l'archevêque de Milan, Giovanni Visconti, faisait donner par les chanoines de Milan le fief de Cresciano à son neveu Barnabô. Le 19 novembre 1434, le duc Philippe-Marie exemptait Cresciano des impôts à payer à Bellinzone et en 1450 lui accordait le privilège de se gouverner librement au civil. En 1478, les Suisses lui imposèrent une taille de 100 florins. En 1567, la plus grande partie de la population habitait sur la montagne près de la chapelle de Sainte-Marie dans la localité appelée aujourd'hui Cresciano sul Sasso. Huit familles seulement habitaient la plaine. Au spirituel, Cresciano est paroisse de rite ambrosien dès 1333 en tout cas. L'église de Saint- Vincent est mentionnée au XIIIe s. ; le clocher actuel seul est de style roman. Les carrières de granit furent ouvertes lors des travaux de construction de la ligne du Gothard. Bavagé par des inondations en 1514 et 1747. Population : 1567, 48 ménages ; 1870, 299 hab. ; 1920, 505. Registres de baptêmes dès 1636, de mariages dès 1749, de décès dès 1602. — Voir Hidber : UR.
— Meyer : Blenio und Leventina. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo. — Archivio Storico Lombardo 1918. — BStor. 1881 et 1901. [c. T.]
CRESP. Famille de Grasse en Provence, bourgeoise de Genève en 1559, dont un descendant s'établit à la fin du XVIIIe s. à Échallens ; la branche de Genève est éteinte. Armes : d'or à la fasce de gueules chargée d'une tête de lion arrachée, cousue de sable, accompagnée de trois roses de gueules. — Voir Galiffe : Not. gên. III, 154.
— Armor. genevois. — Généalogie manuscrite. [H. Da.] CRESPIN. Nom de famille des cantons de Genève
et de Vaud.
A. Canton de Genève. Armoiries : d'azur au chevron d'or accompagné de trois cônes du second. — 1. Jean, * à Arras, f 1572, à Genève, étudia le droit à Louvain, puis à Paris, où il fut reçu avocat. Il fut exilé d'Arras en 1545, car il avait adhéré à la Réforme et était en relations avec Calvin et Bèze. Il se réfugia à Strasbourg puis vint à Genève en 1548 avec Th. de Bèze. Il y fonda une imprimerie et fut reçu bourgeois en 1555. Auteur et imprimeur de : Histoire des Martyrs, traduit en plusieurs langues ; c'est le martyrologe protestant. Paru en 1554, il fut réédité sous des titres variés et augmenté par l'auteur, puis par Simon Goulart.
— 2. Samuel, fils du n° 1, imprimeur et conseiller, t 1648. — Voir Galiffe : Not. gén. III, 156. — Bayle :
CRESSIER
CRESSIER
Dictionnaire. — ■ J Bonnet : Jean Crespin dans le Bull. Soc. hist. prot. fr. XXIX, 193. — France protestante, 2e éd. — Ch. Frossard : Le livre des martyrs de Jean
Crisciacus = bien de Criscius. Ce village formait au XIe s. une seigneurie appartenant aux nobles de Cressier. Par son mariage, Greda de Cressier l'apporta à
Cressier (C. Neuchâtel) en 1809. D'après une gouache de J. de Landerset.
Crespin. — D. Benoît : Introduction à l'Histoire des martyrs I. La bibliographie complète de l'Histoire des martyrs est donnée dans la Bibliographie des martyrologes protestants néerlandais (extr. de la Bibliotheca belgica) II, 87. [Fréd. Gardy.]
6. Canton de Vaud. Famille de Bomainmôtier qui donna plusieurs pasteurs au XVIIe s. — Daniel, 1640- 1716, connu en France comme latiniste, revisa des éditions de Salluste et d'Ovide à l'usage du dauphin, publia une Grammaire latine et des études sur les locutions latines et les gallicismes ; fut de 1694 à 1702 régent au collège de Lausanne, puis professeur honoraire de belles-lettres à l'académie ; il mourut en 1716, endetté pour avoir trop cherché la pierre philosophale. [M. R.]
CRESSIER (près Morat) (ail. Grissach) (C. Fribourg, D. Lac. V. DGS). Com. et paroisse. Crissey. 1080 ; Crissie, 1220 ; Grissachum, 1249 ; de fundus
La chapelle de Saint-Urbain à Cressier (G. Fribourg) avant 1844. D'après un dessin de H. Robert.
Henslin de Bubenberg qui le vendit aux riches banquiers lombards Asineri, bourgeois d'Asti, établis à Morat. En 1402, elle fut acquise, avec le droit de collation, par Willi de Praroman et Jean Folli, de Fribourg. En 1529, quatre rameaux de la famille Praroman se partagèrent la seigneurie de Cressier, mais l'État de Fribourg revendiqua le droit de souveraineté et l'exercice de la justice pénale. Les autres droits féodaux passèrent, à la fin du XVIIe s., à la famille de Reynold et furent rachetés peu à peu par les habitants. Ferd. de Diesbach (t 1696 sans descendant) devint en 1661, par son mariage avec Elisabeth Python, seigneiir de Cressier. La paroisse dépendait en 1228 du décanat d'Ayenches et appartient actuellement à celui de Sainte-Croix. L'église paroissiale, dédiée à saint Jean l'Évangéliste, date d'avant 1453 et fut reconstruite en 1844. Elle contient un beau tableau de l'école espagnole. D'après Ochsenbein et divers historiens, c'est de la petite chapelle de Saint-Urbain, à l'Ouest du village, que serait partie la première attaque des Confédérés à la bataille de Morat ; mais les travaux de Hans Wattelet (FG 1894) ont ruiné cette hypothèse. La chapelle date de 1464 déjà ; détruite par un incendie, elle fut immédiatement reconstruite et restaurée pour la dernière fois en 1844. Population : 1811, 211 hab. ; 1860, 371 ; 1900, 350 ; 1920, 384. Registres de baptêmes dès 1657, de mariages dès 1766, de décès dès 1762. — Stadelmann : Études de toponymie romande, dans ASHF VII, 2. - F.-Th. Dubois : Chapelle de C, dans AF 4. — Dellion : Dict. IV. — P. de Zurich : Les fiefs Tierstein. — Regeste fribour geois . [G. M.]
CRESSIER (ail. Grissach) (C. et D. Neuchâtel. V. DGS). Vge et Com. Anciennes formes : Crisciacum, Crissie. Armoiries :
coupé d'or au pal de gueules chargé de trois chevrons d'argent et d'azur à un C. d'argent. Dans les murs de l'ancienne église paroissiale, on a découvert deux autels romains dédiés à Mars et à Naria, et dans le village deux cippes romains. Quelques tombes burgondes ont été mises au jour en 1907 et 1911. Cressier fit partie de la châtellenie du Landeron jusqu'en 1848 ; il ressortissait à la bourgeoisie du même lieu. Le Landeron et Cressier ayant conclu un traité de com-
CKESSIEH
GRESUZ
bourgeoisie avec Soleure, ils furent soutenus par cette ville lors des luttes confessionnelles des années 1530 et suivantes, contre Berne et Neuchâtel. Malgré plusieurs tentatives de la part des réformés, notamment en 1546, ils restèrent catholiques. L'église, dédiée à saint Martin, a été donnée en 1180 à l'abbaye de Fontaine- André. Elle a été désaffectée en 1872, et vendue à un particulier. La nouvelle, consacrée en 1879, a été construite sur l'emplacement de la chapelle du Rosaire, qui datait de 1518. Population : 1784, 462 hab. ; 1860, 642 ; 1920, 859. Registres de paroisse dès 1642-1645. — Voir Quartier-la-Tente : Le C. de Neuchâtel, lre série, III. — MN 1874, p. 272; 1887, p. 231; 1897, p. 141. [L. M.]
CRESSIER, de. Famille seigneuriale du village fribourgeois du même nom, dont les premiers membres apparaissent à la fin du XIe s. ; elle semble s'être éteinte au milieu du XIVe s.
déjà. — 1. Ui.ric, donzel, conseiller de Morat 1278-1279, avoyer de Morat en 1294, conclut au nom de cette ville le renouvellement de l'allia ice avec Fribourg. — 2. Hermann, fils du n° 1, chevalier, caution du comte Rodolphe de Neuchâtel
pour la dot de sa fille Marguerite (1319), avoyer de Morat (1334-1335), fondateur de la Chartreuse du Val de la Paix, f 'avant 1350, sans descendant mâle. — Voir F RB. — Engelhard : Der Stadt Murten Chronik. — Dellion : Dict IV. — Diesbach : Regeste fribourgeois, dans ASHF X. — Reg. de Hauterive. — Arch. d'État Fribourg, Nobil. de Hauterive II. — Besson : La Chartreuse du Val de la Paix, dans ASHF VIII. [J-anne Niquille.]
CRESSIER, de. Famille mentionnée déjà au XIIIe s., qui tirait son nom du village de Cressier (Neuchâtel).
— Jean, fut anobli en 1465. — Balthn/.ar, f 1602 à Paris, capitaine au régiment Lanthen-Heidt 1573 et 1585, valet de chambre du roi Henri III, secrétaire interprète à la Légation de France à Soleure 1565-1599, et à plusieurs reprises chargé d'affaires et de missions spéciales. Du Grand Conseil de Soleure 1576, conseiller d'Etat à Neuchâtel 1583, anobli 1579, avec les armoiries suivantes : bandé d'azur et d'or de six pièces, au chef d'azur chargé d'une étoile d'or. Lieutenant des Cent Suisses à Paris 1585, colonel d'un régiment 1589 ; prit part aux batailles d'Ivry 1590, de Dieppe 1596 ; capitaine et receveur de Valangin 1597. Depuis son établissement à Soleure, où il devint grand conseiller en 1576, son nom a été germanisé en Grissach. — Petreman, fils du précédent, lui succéda comme lieutenant des Cent-Suisses 1592-1603. f 1605. La famille s'éteignit à la fin du XVIIe s. — Voir Riogr. neuch. I.
— LL. — Rott : Repr. diplom. II. [L. M.] CRESSIER, Georges, * à Môtier (Vully) en 1815,
f 1888, instituteur à Lugnorre, intendant du château de Mur, syndic et juge de paix. 1848 député au Grand Conseil, percepteur d'impôts, préfet, conseiller national 1884. — Voir Étr. frib. 1890. [C. M.]
CRESSON 1ÈRE, LÉON CULIÉ DE NOIRRERNE
d'Ampleman, vicomte de la. 1812-1893, officier de marine français, conservateur du musée des Beaux-Arts de Lausanne, 1866-1886, fondateur de la Société vaudoise des Beaux- Arts, président de la Société vaudoise de navigation, olficier de la Légion d'honneur. — Livre d'or de Relies- Lettres. [M. R.]
CREST, Micheli du. Voir Micheli du Crest.
CREST (LE). Château et seigneurie dans l'ancienne châtellenie épiscopale de Jussy-l'Evêque (Genève). Première mention : 1313. Le Crest appartenait alors aux de Compesières qui le vendirent en 1344 à Mermet de
Rovorée. A la mort de Jacques de Rovorée (1528), le Crest passa à sa sœur Louise, épouse de Michel de Blonay, puis à Jaques de Savoie. A la mort de ce dernier, le Crest fut acquis par Louis Franc. Le vieux castel
Le château du Crest. D'après une aquarelle (auteur et date inconnus).
souffrit alors cruellement de l'état de guerre avec la Savoie. En 1590, il reçut une garnison ; après l'Escalade, il fut presque démantelé. C'est alors qu'Agrippa d'Aubigné acheta le Crest et le rebâtit. Avec d'Aubigné, le Crest devint une sorte de Fernex protestant, le rendezvous de l'élite de Genève. A sa mort il passa en diverses mains, enfin Jacques Micheli l'acheta en 1637. De cette date à la Révolution, six Micheli portèrent le titre de seigneur du Crest. Le 22 janvier 1794, le Crest fut occupé par les Révolutionnaires. Le château fut restauré et agrandi d'une aile vers 1880 par Marc Micheli-Ador. — Voir Arch. de Genève. — A.Corbaz: Un coin déterre genevoise. — Le même : La Seigneurie du Crest, dans RH V 1907. [A. Corbaz.]
CRESTA. Voir Avers.
CRESTA, CRESTO, CRISTA. Nom de famille commun en Valais au moyen âge, notamment à Varone, à Hérens, à Ayent et à Cordonnaz, dès le XIIIe s. Une famille acquit la bourgeoisie à Sion et habitait Grimisuat, où elle posséda la tour transformée aujourd'hui en presbytère. De Grimisuat un rameau passa dans le Val d'Hérens avec Jean de la Cresta, métrai des seigneurs de la vallée vers 1300. — Benoît de la Cresta, notaire à Sion, châtelain en 1420.
Des représentants de familles savoyardes de ce nom sont mentionnés fréquemment dans les chartes valaisannes. — Gremaud I-VIII. — Rameau : Les châteaux du Valais. [Ta-]
CRESTADE (CRESCO), Jakob, Dr jur., 1422- 1428, officiai 1434-1439, chanoine de Sion. — Voir Gremaud.— Arch. Valère. [D. I.]
CRESUZ
(C. Fribourg, D. Gruyère. \~. DGS).
Com., Vge et paroisse. Armoiries : de gueules à la fasce d"argent chargée d'un corbeau de sable, en pointe trois coupeaux de sinople. Anciennes formes:
Crisu, 1408 ; Cresu, 1442 ; Crissu, 1450 ; Crisieux, 1493. Cette commune fit partie de la seigneurie de Corbières jusqu'en 1553, du bailliage de Corbières 1553-1798, du district de Gruyère 1798-1803, de l'arrondissement de Charmey 1803-1815, puis du district de la Gruyère. Crésuz conclut un traité de combourgeoisie avec la ville de Fribourg en 1475. Ce village
GRÈT (LE)
GRINSOZ DE GOTTENS
releva de la paroisse de Broc jusqu'en 1G46, puis devint paroisse autonome. Une chapelle, dont l'origine est inconnue, existait déjà à Grésuz avant l'érection de la paroisse ; l'église, dédiée à saint François d'Assise, fut commencée en 1643 et consacrée en 1647. Le village entier, excepté le presbytère, fut réduit en cendres en 1667. En 1670, une nouvelle église était rebâtie. La chapellenie de Saint-Nicolas de Châtel-sur-Montsalvens fut annexée, en 1850, à la paroisse de Grésuz. Registres de baptêmes et de mariages dès 1666, de décès dès 1751. — Voir Peissard : Histoire de la seigneurie et du bailliaqe de Corbières dans ASHF IX. — Courtray : Histoire de la Valsainte. — Dellion : Dict. IV. — Kuenlin : Dict. I. — Jaccard : Essai de. toponymie, 121. — Bourquenoud : Matériaux, pour Vliistoire de la Gruyère (Mns. Bibl. canton. Fribourg). [Jeanne Niquille.]
CRÊT (LE) (C. Fribourg, D. Veveyse. V. DGS). Vge et Com. qui faisait partie de la seigneurie de Rue et devint fribourgeoise en 1536. Une chapelle y fui construite en 1663, et la paroisse, fondée en 1666, fut détachée de celle de Saint-Martin. Registres de baptêmes et 'de décès dès 1663, de mariages dès 1762. — Dellion : Dict. VII. — Kuenlin : Dict. I. [J. Jordan.]
CRÊT BERNARD (C. Vaud, D. Lavaux). Colline de Savuit sur Lutry où l'on a trouvé des antiquités romaines. — DHV. [M. R.l
CRÊT DU BOIRON (C. Vaud, D. Morges, Com. Tolochenaz). Colline où l'on a trouvé des os de mammouth et de rennes, ainsi qu'un important cimetière de l'âge du bronze. — DHV. [M. R.]
ORÊT-VAILLANT (C. Neuchâtel, D. et Com. Le Locle). Quartier du Locle où, selon la tradition, deux jours après la nativité de Notre-Dame, c'est-à-dire le 10 septembre 1476, une bande de Bourguignons pillards aurait été défaite par les femmes du Locle conduites par Marianne Besancenet. En mémoire de ce brillant fait d'armes, le quartier qui s'appelait le Crêt se serait nommé dès lors le Crêt- Vaillant.
Ces récits légendaires se rapportent probablement non pas à une incursion de Bourguignons dans le Comté de Neuchâtel en 1476, mais plutôt à un épisode des « guerres de Bourgogne » du XVIIe s. Pendant la guerre de Trente ans, Bourguignons et Suédois firent d'innombrables razzias dans le pays de Neuchâtel. Le Crêt- Vaillant n'a rien à voir avec les prétendus exploits des femmes du Locle. Il signifie le Crêt de Vaillant. Au XIVe s., vivaient là Perronet et Huguenin Vaillant, qui donnèrent leur nom à ce quartier. — Voir A. Piaget : Notes sur le Crêt-Vaillant, dans MN 1918. [A. P.]
CRÈTE (ILE DE). A la suite d'un accord concernant l'autonomie de la Crète, conclu en 1897 entre la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et la Russie, Numa Droz, ancien président de la Confédération, fut proposé par ces États pour le poste de gouverneur. Numa Droz ayant décliné cet honneur, il fut décidé de l'envoyer en mission temporaire en Crète pour y prendre en mains l'administration provisoire et en même temps jeter les bases d'un régime constitutionnel. Mais ce projet ne se réalisa pas non plus. Le prince Georges de Grèce fut nommé commissaire des Puissances protectrices et on lui adjoignit comme conseiller financier Etienne de Blonay.
En 1906, les gouvernements de quatre puissances envoyèrent en Crète une Commission internationale d'enquête, qui formula des propositions plus précises au sujet du contrôle. Sur la base de son rapport, les Puissances décidèrent de remettre le contrôle des services financiers de cette île à un fonctionnaire suisse. M. Millet, directeur de la Régie fédérale des alcools, fut désigné par le Conseil fédéral pour remplir les fonctions d'inspecteur général des finances Cretoises. Entre temps, la Grèce avait mis la main sur la Crète, de sorte que M. Millet n'entra pas en fonctions. — Voir PJ 1908. [C. Bzr.]
CRETTAZ. Nom de famille, dérivé probablement de Crista, apparaît à Évolène en 1445 et plus tard à Vey, Bramois, Mage, Ayent, Anniviers. — Exupère, d'Ayent, 1806-1860, capucin, gardien des couvents de Sion et de Saint-Maurice — Cyprien, 1849-1923, capucin, répara l'ermitage de Longeborgne. — Archives d'Évolène. — Walliser Klerus.- [Ta.]
CRETTOLETTES ou CRETEL (C. Valais, D. Sierre, Com. Randogne. V. DGS). Ermitage fondé en 1706, par Jean Clivaz. La chapelle date de 1707. - Burgener : Heluelia Sancta. [Ta.]
CRETTON. Famille originaire de Martigny-Combe (Valais). A donné Maurice, avocat et conseiller d'État en 1848. [Ta.]
CREUGENAT (C Berne, D. Porrenlruy. V. DGS). Rivière périodique à 200 m de la route de Porrentruy à Damvant. Creugenat signifie « creux des sorciers », genat dérivant de dqenaches = sorcière, en patois ajoulot. Objet de superstitions anciennement, il est cité quelquefois dans les procès de sorcellerie de l'ancien Évêché de Bâle. [G. a.]
CREUX. Famille vaudoise de Valence en Dauphiné, bourgeoise de Lausanne dès 1700. Armoiries : d'argenl à une ancre ... au chef d'azur semé de trois étoiles. — t. Jean-Paul, 1714-1770, commerçant à Paris, acheta à Lausanne le domaine de la Bourdonnette que ses descendants possèdent encore. — 2. Daniel-Benjamin, 1746-181'J, fils du n° 1, membre de la Chambre administrative du Léman en 1802. — 3. Charles-Victor. 1774-1857, lieutenant-colonel d'artillerie, commanda l'artillerie vaudoise en 1814 ; publia plusieurs traités d'agriculture, en particulier sur la culture des céréales. — Livre d'Or. [m. R.l
CREUZER (ail. Kbeuzer, dialecte Cruche). Petite monnaie d'argent qui fut frappée pour la première fois par le comte Medardus de Meran en Tyrol dans la deuxième moitié du XIIIe s. Elle se répandit dans l'Allemagne du Sud, l'Autriche et la Hongrie et devint bientôt, avec le pfennig et le haller, la principale monnaie allemande. Son nom provient de la croix qui y est gravée. Dans les documents' latins du moyen âge, le creuzer est désigné sous le nom de denarius cruciger, crucifer ou crucialus. Les valeurs du creuzer, du pfennig et du haller sont dans le rapport de 1 : 4 : 8. Dans l'ancienne Confédération, on commença à frapper des creuzer vers 1490. Puis tous les États, sauf Claris, et les cantons alliés, à l'exception de Genève, en frappèrent Ils n'ont été datés qu'à partir du commencement du XVIe s. : Berne 1513, Fribourg 1513. Dernières frappes : Zurich 1842 et Fribourg 1846. — Voir H. Halke : Handworterbuch der Miinzkunde. -- E. Martinori : La' Moneta : Vocabolario générale. L. Coraggioni :
Mùnzgesch. der Schweiz. — Ed. Jenner : Die Mûnzen der Schweiz. je. G.]
CRIBLEZ. Une des trois familles bourgeoises de Péry (Berne) existant encore. Elle a de nombreux représentants, dont plusieurs en Amérique (Ohio) Armoiries : d'or au crible de sable. [A. Sch.]
CRINSOZ DE COTTEIMS. Famille vaudoise.
d'Apples, qui acquit la seigneurie de Cottens et d'autres lieux encore. Armoiries : d'azur à la croix de Saint- André ancré d'argent. La branche cadette ajoute une fleur de lys, deux étoiles et un croissant d'argent. A cette famille appartiennent : — 1.
Perret, possessionné à Apples en 1376. — 2. Jaques, syndic d'Apples en 1488. — 3. François, mayor de Pampigny pour le couvent de Romainmôtier en 1489. — 4. Jean, le premier du nom qui soit à Cottens, en 1493. — 5. Nicolas, fils du n° 4, châtelain de Cottens en 1558, acheta en 1573 la maison forte et la seigneurie de Cottens, que ses descendants possédèrent jusqu'en 1798. — 6. Jacob, fils du n° 5, notaire et commissaire de LL. EE., 1585-1618. — 7. Abraham, frère du n° 6, coseigneur de Vullierens et de Villars sur Perroy; seigneur de Cottens et de Bionnens, conseiller de Cossonay, reconstruisit le château de Cottens, ordonna par son testament de 1634 la distribution annuelle de pain, le 10 mars, à vingt familles pauvres. — 8. Antoine, fils du n° 7, * 1617, acquit par mariage la seigneurie de Bussy. — 9 Pierre- Albert, frère du n° 8, 1638-1690, seigneur de Cottens, ainsi que de Colombier par son mariage avec une Joffrey. — 10. Pierre-François, fils du n° 8, * 1638. seigneur de Ballens, coseigneur de Bussy et Yens. —
CRISSIER
GRIVELLI
11. Jean-Jacques, fils du n° 9, 1658-1736, seigneur de Cottens, Colombier, Chavannes-le-Veyron, Bionnens, Givrins, bourgeois d'Aubonne. — 12. Théodore, fils du n° 11, 1690-1766, dit M. de Bionnens, seigneur de Bionnens et de Givrins, pasteur, refusa de signer le Consensus. Fut ami du major Davel, qu'il accompagna à Vidy ; orientaliste renommé, fonda l'école de charité de Lausanne.— 13. Jean-Frédéric, petit-fils du n° 11, vendit la seigneurie de Colombier en 1765. Officier au service de Sardaigne, il intrigua pour rétablir la domination savoyarde dans le Pays de Vaud. Condamné à mort par les Bernois en 1774, il mourut dans la prison d'Aarburg.
— 14. Georges, dernier seigneur de Cottens, major de la Garde royale de France, signa le manifeste réactionnaire bernois de 1802. — 15. Henri, 1814-1897, syndic de Cottens, député au Grand Conseil vaudois, agronome, colonel d'artillerie. — 16. Edward, * 1884, explorateur au Caucase, médecin à Johannesburg (Transvaal). — Bec. gên -^ludois. [M. R.]
CRISSIER (C. Vaud, D. Lausanne. V. DGS). Localité très ancienne (Crissiacum en 1199) où l'on a trouvé des constructions romaines importantes, ainsi que des sépultures burgondes. Au moyen âge, il appartenait au chapitre de Lausanne, qui l'inféoda à des mayors. Ceux-ci le conservèrent après la Béforme. Isbrand Daux, le bourgmestre de Lausanne, révolté en 1588 contre Berne, portait le titre de mayor de Crissier, par héritage. Les de Martines acquirent Crissier en 1712 et le vendirent en 1732 aux Curchod. A la Révolution, un Curchod fut le premier syndic de la commune dont il avait été seigneur. Le château a passé ensuite aux Ritter. L'église, dédiée à saint Saturnin, la cure et 18 maisons, plus des granges brûlèrent le 24 février 1558.
— DHV. [M. R.] CRISTA, ALTA. Voir Haut-Crêt.
CRISTA, de ; de CHRISTA ; SUPER CRIS
TAM. Voir Uf der Eggen.
CRISTIANI, Hector, * 1862, professeur ordinaire d'hygiène et de bactériologie à l'université de Genève dès 1901, directeur du service d'hygiène de Genève. Pour ses travaux, voir le Catalogue des publications de l'université de Genève. [C. R.]
CRISTOFORO.Nom de plusieurs peintres ou sculpteurs tessinois.— Cristoforo de Bissone, sculpteur à Venise, de 1520 à 1533. — Cristoforo de Campione, sculpteur, travailla avec son frère Pietro au début du XVe s. à la façade de Saint-Marc de Venise, sous la direction de Nicolô Lamberti. Fit son testament le 29 octobre 1416. — Cristoforo da Chiona ou Ciona, apparaît de 1401 à 1413, et dès 1415 parmi les artistes édifiant le dôme de Milan. — Cristoforo de Maroggia, architecte, travailla à la construction du dôme de Côme de 1526 à 1564, sous la direction de Franchino délia Torre. — Cristoforo di Primo de Morrio, architecte et maestro da muro. Travailla en 1460 au château de Serralto (Sanseverino) et probablement dès 1459 à Sanseverino. — Cristoforo de Seregno. Se dit de Lugano, où il habite. Peintre. Peignit en 1417 les fresques des églises Santa-Maria, San-Pietro et Santo-Stefano à Bellinzone ; en 1455, des fresques dans une chapelle de Lottigna et dans celle d'al Giombet de Soja, près de Torre (Val Blenio), travailla aussi dans la cathédrale Saint-Laurent de Lugano. • — • Cristoforo de Tesserete, travailla au dôme de Milan de 1469 à 1486. — Archivio storico lombardo 1900. — Periodico soc. stor. comense XI. ■ — ■ Brentani : La collegiata di Bellinzona.
— SKL. — ALBK. — BStor. 1893. [C. Tbe^.ini.] CRIVELLI, CRIBEL, CRIBELLIO. Famille originaire de Ubaldo dans le Milanais, fixée avant le XVIe s. dans le Tessin à Pura, et dès le XVIe s. à Lugano et Ponte-Tresa, et au XVIIe s.
dans le canton d'Uri et à Lucerne.
A. Canton du Tessin Armoiries:
écartelé de gueules et d'argent à un crible d'or brochant sur le tout, au chef d'or chargé d'une aigle de sable couronnée. Variantes. — 1. Antonio, sculpteur, de Lugano, travaillait en 1604 à Vienne dont il devint bourgeois en 1612. Fit
DHBS II — 39
en 1607 le maître-autel de l'église de Hietznig ; mentionné encore en 1616. — 2. LuiGl, député en 1653 du bailliage de Lugano à l'assemblée des bailliages à Bironico où l'on devait décider de la participation à la guerre des paysans. — 3. Giovanni (d'après Calvi : Francesco), de Ponte-Tresa, maestro da muro, restaura les fortifications de Crémone en 1648. Son fils, Giuseppe-Angelo, s'établit à Milan, et son petit-fils, Gaetano, membre du Conseil de Milan, fut créé comte d'Ossolaro par Charles VI le 23 septembre 1716. A cette branche appartiennent : Ignazio-Michele, 1698-1768, cardinal en 1759, et son neveu Carlo, 1736-1818, qui fut également cardinal. — 4. Marietta, née Torricelli, femme de l'ingénieur Beniamino, * 24 juin 1853, s'est distinguée particulièrement pendant la guerre européenne en s'occupant des soldats suisses et des prisonniers de guerre. — 5. Edoardo, de Ponte-Tresa, * 1886, peintre, décora les bains d'Aix-les-Bains.
Une famille Crivelli, noble, de Milan, a compté aux XVe et XVIIe s., plusieurs fonctionnaires dans le Tessin et un ambassadeur espagnol : — Giovanni, capitaine ou commissaire ducal à Lugano ; destitué par Franchino Rusca lors de la tentative de la République ambrosienne, et rétabli par Francesco Sforza. — Francesco, châtelain du castello piccolo de Bellinzone en 1450, de Morcote en 1495-1497. — ■ Antonio, commissaire ducal à Côme 1482, capitaine à Lugano 1497. — Enea, commissaire ducal à Morcote 1498. — Bartolomeo, investi en 1499 par le duc de Milan, de Balerna et Mendrisio. — Enea, marquis de Marliano et d'Algiate, ambassadeur espagnol près des cantons catholiques et des III Ligues, de mars 1683 à août 1684. — Voir BStor. 1879, 1882, 1889, 1892, 1895 et 1901. — LL. — AGS. — SKL. — ALBK. — Vegezzi : Esposizione storica. [C. Trezzini et L. J.]
B. Cantons d'Uri et de Lucerne. Famille issue de — Johann-Anton, médecin, de Lugano, qui acquit en 1606 la bourgeoisie uranaise et en 1624 celle de Lucerne. La famille ne fit plus tard aucun usage de la dernière, de sorte qu'elle dut l'acquérir à nouveau en 1866. Armoiries : écartelé d'argent et de gueules à un filtre d'or brochant sur le tout, au chef d'or à l'aigle de sable. — 1. Sebastian-Heinrich, 1597-1664, fils du prénommé, capitaine en Espagne, bourgeois de Lucerne en 1624, de Rapperswil en 1635, député dans les bailliages tessinois 1636, interprète à la Légation espagnole, colonel en Espagne 1642 et 1654, ambassadeur près Te roi Philippe IV d'Espagne. On lui doit la chapelle familiale à Schâchen 1654. — 2. Julius-Anton-Heinrich, 1632-1678, fils du n° 1, interprète à la Légation espagnole, membre du Conseil d'Uri 1663, capitaine au service espagnol, commissaire à Bellinzone 1668. — 3. Franz-Ferdinand, 1635-1690, frère du n° 2, capitaine au service espagnol, interprète à la Légation d'Espagne 1663, maître des postes à Bellinzone 1669, fut envoyé en mission à Zurich en 1676. Membre du Conseil d'Uri 1677, commissaire à Bellinzone 1680. — 4. Franz-Josef-Ignaz, 1664-1714, capitaine en Espagne, interprète à la Légation espagnole, député dans les bailliages tessinois 1699, trésorier 1700, bailli de Thurgovie 1703, commandant de Baden 1712. — 5. Sebastian-Heinrich, f 1737, capitaine en Espagne, seigneur de Zufikon, landammann 1725, député dans les bailliages tessinois 1725. — 6. Franz-Maria-Josef- Leonz, 1696-1771, capitaine en Espagne, secrétaire d'État 1721, bailli de Lugano 1732, landammann 1750, bailli de Thurgovie 1751. — 7. Karl-Anton, 1700-1749, en religion P. Emanuel, O. S. B. à Engelberg, profès 1720, abbé 1731. Il était amateur d'art et reconstruisit le couvent incendié. — 8. Johann-Franz-Sebastian, 1725-1786, secrétaire d'État 1744, capitaine de la garde à Bologne 1758, fut élevé à la dignité de comte par le pape en 1769. Vice-landammann 1783, landammann 1784. — 9. Sébastian-Anton, 1772-1838, fils du n° 8, fonda la banque qui porte son nom à Lucerne en 1803. — 10. Friedrich-Sébastian, 1809-1887, major d'artillerie, était officier à l'état-major général des troupes catholiques lors du Sonderbund, 1847. — Voir LL. — LLH. — Gfr. — Wymann : Das Testament des Grafen F.-S. von Crivelli dans Nbl. Uri 1907. — AGS. —
Février 1924
choch:
CROIX FKDKUALK
[ngelomontana, L914. KSB L904. ASA 1903-
l'.lll'l. [v. V.]
CBOCE, Giuseppe, de lii Léventine, probablement de Quinto, sculpteur, fit le premier monument de Guillaume Tell ;'i AÎtdorf pour le gouvernemenl uranais en L786. Depuis 1891 ce monument est à Burglen. — BStor. 1907. [C. T.]
CROCE(DELLA), nr nm m, nt DELLA CRUCE.
Ancienne famille de Riva San Vitale, o riginaire probablement de Milan. Armoiries : d'argent à la croix de Malte de gueules ; au chef d'or chargé de trois fleurs de lys d'azur — 1. Giovanni-Antonio, Taliano et Antonello, frères, citoyens milanais, d'abord châtelains de Ventimiglia, puis de Bellinzone de 1479 à 1499. Antonello f 1494. En 1488, Bartolomeo et Secondino, oncles des précédents, furent aussi châtelains de Bellinzone. En 1487, un Bartolomeo et ses frères délia Croce, certainement parents des précédents, étaient officiers généraux dans l'armée ducale. — 2. Bernardino, de Biva San Vitale, * 1502, f à Rome 1566. Vécut à Rome au service du cardinal Farnese, qui devint le pape Paul III. Ce pape le nomma chanoine de Saint-Pierre en 1534 et membre de la maison pontificale. 1546 évêque de Casale-Monferrato ; 1548 évêque de Côme ; renonça à l'évêché en 1559 pour se retirer à Rome. Fut enseveli devant la chapelle Santa Maria del Soccorso au Vatican, qu'il avait largement dotée et dont il réserva le patronage à sa famille. — 3. Gabriel de la Cruce, maestro da muro, travailla au castellazzo de Gênes vers 1472. — 4. Giovanni-Andrea, neveu du n° 2. D'abord homme d'armes, il servit, paraît-il, sous le connétable de Bourbon et prit part au sac de Rome en 1527. Puis il se fit prêtre, protonotaire apostolique, prévôt de Santa Maria in Vico de Côme, de 1553 à 1568 archiprêtre de Riva San Vitale. Par testament du 28 décembre 1594, il fonda le bénéfice de Santa Croce et la magnifique église du même nom, construite par Pellegrini et peinte par Morazzone et les Procaccini. — 5. Ferdinando, fut annobli et créé chevalier en 1533 par Ferdinand Ier pour sa conduite dans la guerre contre les Turcs. ■ — 6. Giovanni-Andrea, archiprêtre de Riva de 1679 à 1720. — Voir BStor. 1879, 1880, 1882, 1890, 1891, 1893. — Borrani : Ticino Sacro. — Oldelli : Dizionario. — Pozzi : Il tempio ed il beneficio di S. Croce in Riva. — SKL. — Vegezzi : Esposizione storica. — AHS 1914, 1916 et 1918. — Gfr. 54, p. 201 ; 66, p. 142. [C. Trezzini.]
CROCI, Antonio, * à Mendrisio 1823, aichitecte, étudia à l'académie de la Brera à Milan, puis à Rome. Vécut longtemps en Amérique et à Constantinople où il fut architecte de la cour. Au Tessin, il bâtit plusieurs villas ; il iit la partie architecturale du projet (non exécuté) de Vincenzo Vêla pour le monument au duc de Brunswick à Genève, f à Mendrisio 1884. — Carlo, * à Mendrisio 1863. Médecin de l'hôpital cantonal de Mendrisio. Député au Grand Conseil tessinois 1893. — SKL. [C. T.l
CRODO (CRAT). Village du val d'Ossola. C'est là qu'une troupe des Waldstâtten livra un combat à un contingent milanais, les 9 et 10 novembre 1425, et le battit, délivrant ainsi les Schwyzois assiégés dans Domodossola. — DierauerlI. — Meyer : Politique transalpine et campagnes au-delà des Alpes, dans Hist. mil. suisse I i C T 1
CROGLIO (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. faisant partie de la paroisse de Castelrotto. Anciennement Crolio. Le nom officiel de la commune était au commencement du XVe s. Crollio et Puyrascha. Le hameau le plus important, Purasca, est déjà mentionné en 1336. Il exista un château au lieu dit castello ; c'est peut-être le castrum Albeleti qui joua un rôle dans la guerre de dix ans entre Côme et Milan (1116-1127). Dans la première partie du XVe s. Croglio devait fournir 11 soldats et du matériel de guerre au duc de Milan. La chapelle de San Bartolomeo, lieu de pèlerinage fréquenté, possède de belles fiesques de 1440. Population : 1801, 440 hab. ; 1870, 761 ; 1920, 423. — Voir Maspoli :
La pieve d'Agno. BStor. 1890. — Simona : Noie d'arte
antica. [C. Trezzini. |
CROISADES. La Suisse et spécialement les pays romands prirent aussi part aux Croisades. Le. comte de Gruyère assista à la première en 1096 ; le sire Gaucher de Blonay partit en Terre sainte en 1148 ; l'évêque de Lausanne, Berthold de Neuchâtel, organisait un groupe de croisés en 1220 quand la mort le surprit ; un gentilhomme vaudois, Othon de Grandson, était à la tête des troupes françaises dans la campagne de 1291. 11 dut défendre saint Jean d'Acre. En 1345, le chevalier Bichard de Prez prit part à la dernière croisade organisée par le dauphin Humbert du Viennois et mourut à Negrepont. — DHV. — RHV 1908, 144. — Bréhier: L'Église et V Orient au moyen âge. Les Croisades — ZSK 1907, 1908. - USB 1892. — [M. R.] — Un évêque de Sion, Boson, prit aussi part aux Croisades, ainsi que de nombreux seigneurs valaisans. [Ta.]
CROISETTES (C. Va'ud, D. et Com. Lausanne. V. DGS). Crosetes au XIIIe s. Hameau, ancien domaine des nobles de Vennes, rattaché à la commune de Lausanne qui y édifia un temple en 1663. L'État de Vaud y fonda en 1846 un établissement disciplinaire pour jeunes gens. -•- DHV. [M. R.l
CROISIER. Famille vaudoise, connue à Bière en 1308, répandue surtout à Aubonne et à Ballens.
— Philippe, 1845-1920, syndic de Ballens, dépuié au Grand Conseil. [M. R.]
CROIX (LA) (C. Vaud, D. Moudon. V. DGS). Hameau de la Com. de Thierrens où l'escorte de l'adjudant français Autier fut arrêtée par la garde bourgeoise, et perdit deux hussards le 26 janvier 1798. Le général Ménard en profita pour envahir le pays de Vaud. — DHV. [M. R.]
CROIX-BLEUE. Organisation destinée à combattre l'alcoolisme, basée sur des principes religieux, fondée en 1877 à Genève par le pasteur L.-L. Bochat et Ch. Fermaud sous le nom de Société suisse de tempérance . En 1883 on adopta, avec l'insigne correspondant, le nom actuel de Croix-Bleue. Sous une forme populaire, cette organisation se répandit rapidement en Suisse. Dans le canton de Berne, c'est surtout le pasteur Arnold Bovet qui s'en est beaucoup occupé ; il a contribué à l'extension de la société à l'étranger. Actuellement elle a des ramifications en Allemagne et en Danemark et des membres dans tous les pays du globe. En 1920 il y avait en Suisse 551 sociétés locales comptant 31 209 membres. La Société suisse entretient une agence d'édition de textes français et allemands à Lausanne et à Berne. — Voir Jahrbiieher des Bl. Kr. — W. Martins : Was sagt das Bl. Kr. von sich selbst ? — A. Guillot : L.-L. Rocliat.
— Art. Antialcoolisme. [l. s.J CROIX D'OUCHY (C. Vaud, D. et C. Lausanne.
V. DGS). Nom actuel de l'ancien village d'Ouchy où se trouvait au moyen âge l'église paroissiale de Saint-Théodule, où l'on construisit au XIXe s. une église protestante, une église catholique et l'hôpital catholique de Bois^-Cerf. — DHV. [M. R.]
CROIX FÉDÉRALE. Ainsi que les nombreuses croix figurant sur les bannières et les monnaies de beaucoup d'États et de dynasties, la croix fédérale fut à l'origine un symbole chrétien utilisé non comme armoirie ou sceau mais comme signe de ralliement dès les premières campagnes des Confédérés. Justinger le premier raconte qu'en 1339 à Laupen les Bernois et les contingents des Waldstâtten en portaient une blanche cousue sur leurs habits. On la retrouve à la première guerre de Zurich chez les Confédérés et leurs alliés, s'opposant à la croix rouge des Autrichiens. Berne porta sur ses fanions triangulaires une croix blanche pleine jusqu'en 1560 environ ; elle doit remonter au protectorat savoisien et être aussi ancienne, si ce n'est plus ancienne que la croisette des armoiries de Schwyz. Celle-ci n'est connue- que depuis le XVIe s., mais la tradition et la légende s'accordent à lui attribuer un âge beaucoup plus élevé. Selon Durrer (AHS 1905) elle serait due à une influence italienne. Le pape Sixte IV confirma en 1480 aux Schwyzois la croix et les trois clous. L'introduction