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de symboles religieux dans un canton du chef des drapeaux devint courante chez tous les cantons à la suite des concessions papales de Jules II en juillet et décembre 1512. Depuis les guerres de Bourgogne, les drapeaux des autres cantons portèrent également une croix pleine comme ceux de Berne. Les décisions de la Diète de 1480 la prescrivent pour les bannières des premières troupes levées officiellement parmi les Confédérés par Louis XI et l'empereur Maximilien. Il est question, lors de la guerre de Souabe de 1499, d'un drapeau suisse à la croix blanche sur fond rouge porté par une garnison à Koblenz près de Waldshut. Aux XVIe et XVIIe s., la Diète prescrivit ce signe de ralliement aux contingents confédérés envoyés à l'étranger, en 1540 par exemple (AS I, IV, 1 c, p. 1272). La croix pleine passa aux XVIIe et XVIIIe s. dans les drapeaux de bataillons ou de compagnies flammés aux couleurs cantonales et dans les bannières de bataille des cantons. Ces drapeaux disparurent sous la République Helvétique pour flotter de nouveau dès l'Acte de Médiation. Sous la Restauration, la Diète du 16 mai 1814, décida la création provisoirement d'un sceau fédéral, exécuté en 1815 par J. Aberli. Il porte la croix entourée des armoiries de tous les cantons. La Diète de 1815 récompensa 4 bataillons rentrés du service français par une médaille de mérite en argent et quatre drapeaux portant la croix blanche sur fond rouge. Le brassard fédéral de 1815, aux mêmes couleurs, devint rapidement populaire. Argovie en 1833 fut le premier canton à introduire la bannière fédérale pour ses bataillons. C'est grâce en grande partie à la propagande du colonel, plus tard général Dufour, que le drapeau à croix blanche alésée sur fond rouge fut adopté par les autres cantons et devint en 1841 le drapeau d'ordonnance. Les proportions de la croix furent fixées par l'arrêté fédéral du 12 novembie 1889 ; ses bras sont d'un sixième plus longs que larges. Une pétition demandant l'adoption de la croix à cinq carrés fut rejetée en 1890 par les Chambres fédérales. — Voir de Vallière : Histoire du drapeau suisse. — Chs. Borgeaud : Le Drapeau suisse dans Hist. mil. suisse, cahier 10. — AHS 1888, 1896, 1900, 1905, 1910, 1912, 1913, 1917, 1923. [H.Tr.]
CROIX-ROUGE. I. La Croix-Rouge internationale est née le 9 février 1863. Le Genevois Henry Dunant, ayant assisté le 24 juin 1859 à la bataille de Solferino, fut frappé de l'insuffisance des secours aux blessés et conçut l'idée, qu'il énonça en novembre 1862, dans son livre Un souvenir de Solferino, de créer des sociétés de secours volontaire qui en temps de paix se prépareraient à soigner les malades et blessés de la guerre.
Gustave Moynier, un autre Genevois philanthrope, proposa à Dunant de présenter son idée à la Société d'utilité publique de Genève. Celle-ci, dans sa séance du 9 février 1863, nomma une commission de cinq membres : le général Dufour, Gustave Moynier, Henry Dunant, les Dr Louis Appia et Théodore Maunoir. Ces cinq Genevois furent les fondateurs de la Croix-Rouge internationale et constituèrent le premier Comité international de la Croix-Rouge. Une réunion composée d'experts et de représentants des gouvernements (36 délégués), convoquée à Genève, vota, le 29 octobre 1863, une sorte de charte qui contient les bases fondamentales et uniformes de la Croix- Rouge : unité nationale de la Croix-Rouge, reconnaissance par le gouvernement comme service auxiliaire de l'armée, solidarité entre Croix-Rouges nationales, signe distinctif unique : le brassard blanc à croix rouge. Une année plus tard, le 22 août 1864, était conclu à Genève, le pacte diplomatique, liant tous les Etats signataires : La Convention de Genève, qui impose l'obligation de soigner tous les malades et. blessés sans distinction de nationalité, proclame le respect et la protection du personnel et du matériel sanitaires et consacre la croix rouge sur fond blanc comme signe distinctif et marque d'immunité. Cette convention fut revisée et perfectionnée, à Genève également, en 1906 (Convention du 6 juillet), et c'est encore à Genève qu'en 1921 et en 1923 les Sociétés de la
Croix-Rouge, réunies en conférences internationales (Xe et XIe) ont proposé les améliorations à ce pacte dictées par les expériences de la Grande Guerre.
Le Comité international de la Croix-Rouge n'a cessé dès sa fondation en 1863 de s'occuper : d'une part du développement de la Croix-Rouge et de son extension dans le monde entier ; c'est lui qui reconnaît les sociétés nouvelles, assurant l'uniformité des principes (47 sociétés existantes en 1923) ; d'autre part d'amener successivement tous les États civilisés à signer la Convention de Genève. Dès 1864 et dans l ou tes les guerres, en vertu de la solidarité internationale qui se manifeste effectivement entre les Sociétés nationales, celles-ci sont venues au secours des Croix- Rouges des belligérants par des dons, des envois de matériel ou des détachements sanitaires. Le Comité international institue lors de la guerre de 1870, à Bâle, une Agence internationale de renseignements et de secours aux malades et blessés, puis à Trieste en 1877 lors de la guerre des Balkans, à Vienne en 1885 pendant la guerre serbo-bulgare, à Belgrade en 1912- 1913 pendant les dernières guerres balkaniques, enfin de 1914-1918 l'Agence internationale des prisonniers de guerre à Genève, pour le front occidental, tandis qu'une succursale, organisée à la demande du Comité international à Copenhague par la Croix-Rouge danoise, rendait les mêmes services pour le front oriental.
Cette Agence fut organisée et dirigée par M. Gustave Ador, président du Comité international de la Croix- Rouge depuis la mort de Moynier en 1910, plus tard président de la Confédération. Elle a compté jusqu'à 1200 collaborateurs, a communiqué 1 200 000 renseignements aux familles des prisonniers de guerre de l'Entente et des Empires centraux, a reçu jusqu'à 30 000 lettres ou demandes par jour, transmis des milliers de correspondances (jusqu'à ce que les postes suisses se chargeassent de ce service), fait parvenir aux prisonniers 1 900 000 colis, et 18 millions de francs suisses en petits mandats de poste. L'Agence internationale est en outre intervenue en faveur des prisonniers de guerre, pour l'amélioration de leur régime, au moyen d'appels aux gouvernements (égalité de traitement, organisation de comités de secours, suppression des représailles, etc.), par l'envoi successif de délégués, inspectant impartialement les camps de prisonniers de tous les belligérants (524 visites) et signalant aux gouvernements, par l'intermédiaire du Comité international, les réformes à apporter. Enfin, l'Agence s'est employée en faveur du rapatriement du personnel sanitaire d'abord, exempt de capture d'après la Convention de Genève, puis des grands blessés et grands malades qui traversaient la Suisse d'Allemagne en France ou d'Autriche en Italie, ou en sens inverse, enfin, à côté de l'internement en Suisse des moins malades (68 000 hommes de 1916 à 1918), du rapatriement des valides, stipulé dans des accords entre États conclus quelques mois avant l'armistice. Ce fut après cette date que la tâche de ramener dans leurs pays respectifs les prisonniers de guerre de toutes nationalités, disséminés un peu partout, s'imposa au Comité international et qu'il s'y employa jusqu'en été 1922, créant des camps de passage, de quarantaine et de désinfection soit dans le Nord pour les transports par la Baltique, soit du côté de Vladivostock pour les convois venant de Sibérie (425 000 prisonniers rapatriés).
A côté des prisonniers proprement dits, une subdivision de l'Agence internationale dite « Section civile », sous la direction du Dr F. Ferrière, viceprésident du Comité international, s'occupa des internés civils, déportés, otages, infirmes, femmes, enfants qui devaient être rendus à leurs familles ou à leurs pays, ou dont le sort cruel méritait des adoucissements.
Au cours de la guerre et à côté de 'ses protestations contre les violations de la Convention de Genève, le Comité international eut encore à intervenir en Russie, en Hongrie, lors des révolutions communistes pour défendre l'idée de la Croix-Rouge, rassembler
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les restes des organisations de Croix-Rouges nationales ou étrangères, protéger les étrangers, organiser des secours, s'intéresser au sort des détenus politiques, etc. Il protesta énergiquement contre la dissolution par l'autorité allemande (avril 1915) du Comité central belge, contre une mesure analogue prise en février H) 18 par les révolutionnaires à Pélrograde à l'égard de la Société russe de la Croix-Rouge.
En temps de paix les étapes de la Croix- Rouge internationale sont marquées par la réunion périodique des Croix-Rouges de tous pays en Conférences internationales, qui sont au nombre de onze, sans compter la constituante de 1863 : Paris, 1867 ; Berlin, 1809 ; Genève, 1884 ; Carlsruhe, 1887 ; Rome, 181)2 ; Vienne, 1897 ; Saint-Pétersbourg, 1902 ; Londres, 1907 ; Washington, 1912 ; enfin Genève, 1921 et de nouveau en
Le Comité international a obtenu la médaille de Grand Prix, comme fondateur de la Croix-Rouge à l'Exposition universelle de Paris en 1867 et le Prix Nobel de la paix en 1917 pour son œuvre pendant la guerre.
Depuis l'armistice, il achève l'œuvre du rapatriement des prisonniers de guerre, il est intervenu en Haute- Silésie au cours de la guerre civile, pour l'échange des prisonniers et otages ; il a poursuivi avec la Société des Nations l'œuvre générale de secours aux réfugiés de Russie en Europe et, par le moyen d'un comité international (Dr Nansen, haut commissaire), dont il a provoqué la création, le secours aux affamés de Russie. Il a été chargé par la Conférence de Lausanne de procéder à l'échange des internés civils et des prisonniers grecs et turcs, et rapatria ainsi dans les premiers mois de 1923, 20 000 prisonniers et 5 000 civils. Il a envoyé en août 1923 une mission d'enquête dans la Ruhr, et en décembre 1923 un délégué en Allemagne en vue d'organiser le secours à la population civile.
Publications (principales) : Bulletin international des Sociétés de la Croix-Rouge, dès 1869, trimestriel ; dès 1919 mensuel, avec le titre Revue internationale et Bulleti7i international des Sociétés de la Croix-Rouge ; Comptes rendus des travaux du Comité international (1871, 1884, 1892, 1902) ; Actes du Comité international (1871, 1918) ; Mémorial de la Croix-Rouge (25e anniversaire 1888) ; But et organisation de la Croix- Rouge (1898, 1909, 1920) ; Étude sur la Convention de Genève (1870) ; Fondation de la Croix-Rouge (1903) ; Rappel succinct de l'activité du Comité international (1863-1904) ; Organisation et fonctionnement de l'Agence internationale des prisonniers (2 brochures, 1915 et 1916) ; Rôle et action du Comité international (1916) ; Documents publiés à l'occasion de la guerre (Rapports des délégués du Comité international 1915-1920, 24 séries) ; Rapport général du Comité international présenté à la Xe Conférence, 1921 (activité de 1912 à 1920) ; Rapport général du Comité international présenté à la XIe Conférence, 1923 (activité de 1921 à 1923) ; Les missions du Comité international de la Croix-Rouge 1918-1923 (1923).
II. La Croix-Rouge suisse. Créée en 1866, la Société suisse travailla activement en 1870-1871 à envoyer de l'argent et des dons aux soldats et à leurs familles. En raison de la neutralité de la Suisse, la Croix-Rouge suisse se voua dès 1882 aux œuvres de la paix (secours en cas d'accidents, soins aux malades, transport de blessés). Subventionnée par la Confédération, elle possède depuis 1898 un secrétariat central siégeant à Berne, un sous-secrétariat romand à Neuchâtel, un Comité central (12 à 20 membres), une assemblée des délégués, composée de représentants des Sections cantonales, lesquelles existent dans tous les cantons (57 en tout, avec environ 100 000 membres en 1922). En cas de mobilisation, elle doit mettre son matériel et son personnel à la disposition des autorités militaires ; le Conseil fédéral nomme alors le « médecinchef de la Croix-Rouge » qui dirige toute l'assistance volontaire, ainsi militarisée. Elle a seule le droit, avec le Comité international, en vertu de la loi fédérale du 14 avril 1910, de se servir du signe et du nom de la Croix-Rouge. Elle exerce la direction à la fois sur le
travail des samaritains (47 000 membres portant les premiers secours) et sur toute cette profession en Suisse par l'intermédiaire de l'Alliance des gardes-malades (1 650 membres), par ses établissements hospitaliers (Lindenhof à Berne, école, hôpital, home) et d'autres écoles d'infirmières ; elle organise des colonnes sanitaires poulie transport des malades et blessés, lutte contre les maladies épidémiques, a des dépôts de matériel toui prêts, secourt les victimes de catastrophes ou de calamités publiques. Elle a envoyé des ambulances au Transvaal pendant la guerre anglo-boer, aux Balkans en 1912-1913 ; en 1909, elle secourut largement, grâce à une collecte en Suisse, les victimes du tremblement de terre de Messine. Pendant la grande guerre, elle a réuni 3 % millions à distiibuer en argent ou en nature ; elle a organisé à travers la Suisse le rapatriement des grands blessés, au moyen de trains sanitaires circulant entre l'Allemagne et la France et entre l'Italie et l'Autriche, et en sens inverse. Elle a envoyé en Russie affamée, à Tsaritzine, une mission médicale, qui a sauvé des milliers dévies. Elle a contribué efficacement à la lutte contre l'épidémie de grippe en 1918 et 1919. La section de Genève s'occupe aussi de la Croix-Rouge de la jeunesse en vue de former à l'idée de la Croix- Rouge la génération nouvelle. Publications : Bas Rote Kreuz ; La Croix- Rouge suisse ; Blâtter fiir Krankenplleger ; le Bulletin des gardes-malades ; le Samaritain, rapports annuels, etc.
III. La Ligue des Sociétés de la Croix-Rouge, est née de la guerre, en avril 1919, sous l'instigation de l'Américan H. P. Davidson, qui rêvait de conserver pour l'action en temps de paix les ressources déployées par les Croix-Rouges en temps de guerre. La Ligue fut fondée par les Croix-Rouges des État de l'Entente, soit les Croix-Rouges américaine, anglaise, française, italienne et japonaise. La plupart des Croix-Rouges y ont adhéré depuis. Elle avait pour programme l'amélioration de la santé, la prévention de la maladie, l'atténuation des souffrances de tous les peuples du monde. Actuellement son programme s'est pratiquement restreint à l'enseignement populaire de l'hygiène, à la formation d'infirmières- visiteuses, à la Croix-Rouge de la jeunesse.
Elle est dirigée par un conseil général (soit assemblée générale) dans lequel tous les membres de la Ligue sont représentés, et un Conseil des gouverneurs de 15 membres, dont les cinq fondateurs font partie de droit, et en permenance. Son secrétariat, fixé d'abord à Genève, s'est établi en 1922 à Paris.
En 1921 pour éviter les doubles appels à la charité, une Commission mixte composée de représentants du Comité international de la Croix-Rouge et de la Ligue fut instituée, laquelle décide des appels à adresser à la solidarité internationale. En 1923, à la XIme Conférence internationale de la Croix-Rouge, et en vue de faire cesser un dualisme fâcheux, une commission d'étude fut nommée pour étudier l'unification de la Croix-Rouge internationale. Cette commission a adopté en janvier 1924 un projet qui devra être soumis aux sociétés nationales de la Croix-Rouge. [P. DesGouttes.]
CROLLALANZA, Josef-Ignaz, * 10 mars 1727 à Innsbruck, entra en 1745 dans l'ordre des Jésuites après avoir été maître dans divers collèges, devint en 1763 professeur de philosophie, mathématiques et physique à Soleure, operarius et praeses de la congrégation des hommes 1772 et dès la suppression de l'ordre en 1774 piincipal du convict des professeurs et organisateur du nouveau collège, f 29 novembre 1779. [E. T.]
CROMMELIN. Une branche de cette famille, originaire de Saint-Quentin en Picardie, se fixa à Genève au commencement du XVIIIe s. et s'y éteignit promptement. Armes : de gueules au chevron d'argent, accompagné de trois merlettes de sable (variante). — 1. Pierre, 1683-1739, reçu bourgeois en 1707 ; pasteur à Dardagny 1711, Cartigny 1712, Saconnex 1716, en ville 1718 ; professeur d'éloquence et de belles-lettres 1719, et recteur de l'académie 1727-1731. — 2. Jean- Pierre, fils du n° 1, 1716-1768, professeur honoraire d'histoire civile 1739-1751, du Conseil des Deux-Cents, puis de celui des Quarante et enfin ministre de la Repu-