‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 35 sur 425 · Jj · texte numérisé non relu

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Bendlikon. D'après une aquatinte.

Premières mentions : Panchilnhon 1153, Benchlinhoven, Benchelinchon (fermes des descendants de Pànchilo) 1155, Bencklinkon 1273, Bentlikon 1366, Benklikon 1370. En 1305 ce nom désigne aussi toute la côte dominant le village. Au moyen âge, les couvents du Grossmùnster et du Fraumùnster, d'Œtenbach, de Beuggen, de Frauental et d'Engelberg, de même que des nobles et des bourgeois de Zurich y possédaient des terres. Lors de la guerre de Zurich, Bendlikon fut brûlé par les Confédérés (26 mai 1443). Waldmann y possédait probablement une maison de campagne qui serait, suivant la tradition, un vieux bâtiment attenant à la maison « Seewart ». Lors du soulèvement dirigé contre lui, Bendlikon prit le parti de la ville, et de ce fait fut pillé par les riverains voisins (12 mars 1489). Dès le XIIIe s., la culture de la vigne fut importante à Bendlikon, mais elle diminua fortement dans la seconde moitié du XIXe s. En 1900 la fabrique de chocolat Sprùngli fut transférée à Schoren près Bendlikon. Population : 1634, 100 ; 1850, 261 ; 1888, 308 ; 1900, 410 hab. — Voir Heierli : Archâol. Karte des Kts. Zurich. — UZ I, IV. — QSG NS, Actes I. — Vogel : Chroniken und Mem. Tigur. I-II. — Binder : Chronik von Kilchberg. — Frick : Gemeindebuch der Zùrichseeufer. — Jahresbericht der geogr.-ethnogr. Ges. Zurich, 1916-1917. [W. Ulrich.]

BENEDETTO, de Locarno, religieux franciscain. Bon orateur, il prêcha en Sicile, à Gênes, à Venise, et dès 1540 fut un des premiers à soutenir Giovanni Beccana dans sa tentative d'introduire la réforme à Locarno. — Voir Baroffîo : Memorie. — Nessi : Memorie storiche di Locarno. iq t.]

BENEDICT. Famille de Schleins, Basse-Engadine, dont sont issus plusieurs pasteurs. — 1. Benedikt de Benedictis, reçu dans le synode à Fetan en 1754, partisan des idées du comte Zinzendorf et des frères moraves. — Voir : JHGG 1902. — J. Andr. Sprecher : Gesch. der Republik der drei Bûnde II, p. 412. — 2. Dominik-Simeon, * 1768, 1796-1801 aumônier des régi-

ments suisses May en Hollande et Roverea, 1801 pasteur à Seewis, 1805-1820 professeur à l'École cantonale, qu'il dirigea de 1808 à 1814, pasteur à Sainte-Régula 1808 et 1809 à Saint-Martin de Coire. Bourgeois de cette ville 1809. En 1815, il devint doyen de la Ligue de la Maison- Dieu, t23avr. 1820.

— Voir M. Valèr :

Die evangel. Geistlichen an der St. Martinskirche, p. 114- 1 16. — Bûndner Zeitung 1832, n° 34. | L.J.] BÉNÉDICTINS (ORDRE DES). Religieux soumis à la règle de saint Benoît.

Dans le territoire de la Suisse actuelle, des moines irlandais furent les premiers missionnaires et fondèrent nombre de couvents : Romainmôtier (fondé très probablement par saint Romain, restaure au début du VIIe Moine bénédictin. D'après une gravure s.), Disentis (en 613), sur bois de Jost Ammann en 1585. Saint-Gall (en 615), (Recueil des costumes d'ecclésiastiques Saint-Ursanne (dans catholiques),

la première moitié du

VIIe siècle), Moutier-Grandval (vers 666), Saint-Imier (probab. VIIIe s.), dans lesquels fut introduite déjà aux VIIIe et IXe s. la règle de saint Benoît. Ces couvents ne formaient pas un véritable ordre. Indépendants, ils n'étaient rattachés les uns aux autres que par un lien très lâche. Successivement, d'autres couvents de bénédictins furent fondés : Reichenau (720), Pfâfers (730, annexe de Reichenau), Schônenwerd (prob.778), Rheinau (vers 780), Munster (Grisons) (vers 800), Saint-Léger à Lucerne (annexe de Murbacfi, 850), Bischofszell (annexe de Saint-Gall, 890), Amsoldingen (930), Einsiedeln (934), Stein s. Rhin (966), Lutry (1025), Mûri (1037), Alierheiligen près Schaffhouse (1052), Wagenhausen (1083), Beinwil (1085), Cerlier (vers 1085), Fischingen Cpeut-être XIIe s.), Broc(XII<-s.?), Herzogenbuchsee (1109), Genève, Saint-Jean (1113), Engelberg (1120), Trub (1130), Schônthal (1145), Alt St. Johann (1152 et Neu St. Johann 1629), Wangen s. A.

(1257). L'abbaye de Cluny fondée en 910 devint le noyau d'une nouvelle congrégation. En 929 Romainmôtier fut annexé à Cluny.

Après divers essais de centralisation, le pape Benoît XII dans sa Constitution Summi magistri, appelée ordinairement Benedictina (1336), formula des prescriplions détaillées sur la constitution et la vie de l'ordre qu'il divisa en 36 provinces. Lors de la Réformation, plusieurs couvents de bénédictins disparurent en Suisse ; ceux qui existaient encore se groupèrent en 1602 en congrégation helvétique, notamment Saint-Gall, Einsiedeln, Mûri, Fischingen et Pfà-

Abbé bénédictin. Gravure sur bois de Jost Ammann de 1585. (Recueil des costumes d'ecclésiastiques catholiques).

BENEDICTINS

BENER

fers; suivirent, en 1(503 Hheinau, 1604 Engelberg, 1617 Disentis, 1647 Beinwil. Le couvent de Saint-Gall fut supprimé par la force le 8 mai 1X05, Pfâfers en 1838 sur sa propre demande, Fischingen fut sécularisé en 1848 et Rheinau supprimé en 1862.

Les Bénédictines vivent sous la même règle que les bénédictins. Elles ne forment pas un ordre à proprement

Tombeau d'André de Beneiis dans la cathédrale de Sion.

parler. Elles sontsoumises à la juridiction del'ordinaire. En Suisse furent créés les couvents de bénédictines du Fraumunsterà Zurich (853), Saint-Georges près Saint- Gall (Xe s.), Sainte-Agnès près Schaffhouse (vers 1070), Fahr (1130), Engelberg (av. 1200, transporté à Sarnen 1615), Zurichberg (1127), Au, près Einsiedeln (XIIe s., de l'ordre de saint Benoit depuis 1703), Hermetschwil (vers 1200), Rùegsau (vers 1250), Schôntal, Bâle-Campagne (bénédictin pendant le XIVe s.), Lugano (1394), Santa Maria près Claro (1484), Seedorf (bénédictin depuis 1559), Glattburg (1781). Existent seuls encore aujourd'hui les couvents de Fahr, Munster (Grisons), Sarnen, Au près Einsiedeln, Claro, Seedorf, Glattburg, Melchtal, Rickenbach. — Voir : Sur la règle de saint Benoît, Cuthbert Butler : Sancti Benedicti

Régula Monachorum. — P. Pins Bihlmeyer : Die Regel des hl. Benedikt, Bibliothek der Kirchenvàter, t. 20. — Sur l'ordre des Bénédictins : v. Mùlinen : Helvelia sacra. — Die schweizerische Benedikiinerkongregation in den ersten drei Jahrhunderlen ihres Bestehens, Festschrift, 1902. — Uom. Besse : Les Bénédictins en France, Science et Religion 1903. — D. Ursmer Berbère : L'Ordre monastique des origines au XIIe s. — Cuthbert Butler : Bénédictine Monachisme. [st |

BENEDICTIS, fra Gabriele de, moine augustin, * à Ilice (Gênes). Il est considéré comme le premier prédicateur de la réforme au Tessin. 1543-1545 curé de Morcote; en 1545 il fut accusé d'hérésie, accusation dont l'évèque de Côme et la Diète des cantons catholiques eurent à s'occuper. On ne possède pas sa défense ; il dut abandonner la paroisse. — Voir BStor. 1880. [C. T.]

BENEDIKT, Simon, * à Coire en 1806, était lié avec Louis-Napoléon auquel il fit don de l'aigle historique que le prétendant au trône fit envoler de son épaule dans le bois de Boulogne en 1840. Il fonda à Coire plusieurs journaux et fut un des « sept lions » des Grisons qui participèrent comme volontaires auSonderbund. — Voir Samuel Plattner, dans le Sonntagsblatt du Bund 1899. \k.-r.]

BENEI IS, André de, dit de Gualdo, du nom de sa ville natale, * à Gualdo, t le 17 avril 1437 à Sion. Il était archevêque de Colocza en Hongrie lorsque le concile de Constance l'élut, le 6 avril 1418, administrateur de l'évêché de Sion pour remplacer Guillaume de Rarogne qui avait été destitué. Le pape Martin V ratifia cette élection le 11 août 1418. Le 7 septembre suivant, André entra en fonctions dans le diocèse qu'il dirigea avec beaucoup de savoir-laire jusqu'en 1431, comme administrateur et dès lors comme évêque. A la mort de Guillaume de Rarogne, le pape Eugène IV conféra définitivement l'évêché à André de Gualdo, le 20 avril 1431. Les premières années de sa gestion furent troublées par la guerre de Rarogne pendant laquelle le pays fut ravagé à plusieurs reprises et la ville de Sion livrée au pillage. La sentence d'Évian, du 7 février 1420, procura enfin la paix si ardemment désirée. André lutta pendant de longues années contre la simonie et d'autres abus dans le domaine ecclésiastique. Quelques-uns de ses adversaires organisèrent même un soulèvement contre lui,en février 1423, et le mirent en prison pour quelque temps. Toutefois il finit par remporter la victoire. Le 10 juillet 1425, il remit aux carmélites le couvent de Géronde, qui avait auparavant été occupé par des chartreux. Par une convention, conclue le 16 mars 1435, il réussit à faire un arrangement avec les sept dizains qui réclamaient une part toujours plus considérable dans le gouvernement séculier du Valais. Il fut enseveli dans la cathédrale de Sion où l'on voit encore le monument érigé à sa mémoire. — Voir Gallia chrisliana XII. — Gremaud : Docum. Valais VII et VIII. — BWG II, 411. — Hauser : Gesch. der Freiherren v. Raron. [d. I.]

BENER. Une des plus anciennes familles de Coire où elle obtint la bourgeoisie en 1524 ou 1579 ; elle est originaire de Botwar en Wurtemberg. Elle donna à la ville de Coire cinq prévôts de corporation, trois premiers prévôts et un bourgmestre. — 1. Christian, 1799-1876, bourgmestre, fondateur de l'asile des malades, au Sand à Coire et de l'orphelinat de Masans près Coire. — 2. Peter-Jakob, fils du n° 1, 1830-1894, membre du Conseil, membre fondateur de la Banque des Grisons, de la Banque Cantonale des Grisons, de plusieurs établissements de cure et de sanatoriums. Ses fils sont Rudolf et Gustave. — 3. Rudolf, 1868-1914, médecin à Flims et dès 1902 à Coire. Président de la Section Râtia du C. A. S. et membre du Comité central. — 4. Gustave, ingénieur, * 1873, travailla dès 1898 àla construction de diverses lignes grisonnes. De 1911 à 1914, il dirigea la construction de la ligne Coire-Arosa. Depuis 1918, il est le directeur du chemin de fer Rhétique. Il a publié : Gesch. des Kantonsschulturnvereins ; Zur Geschichte der Transitwege in Graubiinden ; Studien zur Ostalpenbahnfrage (avec le Dr Herold). — Voir : JNGG 1893- 1894, p. 282; 1914-1915 et 1915-1916. — BM 1915, n° 3. — Alpina, 1914. p. 226. — Fr. Ràtier 1914, n° 264. [L. J-]

BENEX

BENKEN

BENEX (C. Vaud, D. Nyon, Com. Prangins. V. DGS). Localité composée de Benex-Dessus et Benex- Dessous où l'on a trouvé d'intéressants vestiges d'une villa romaine. — Voir DHV. [M. R/|

BENEX, François, potier d'étain de Lausanne, t 1464. Son testament, qui donna lieu encore en 1490 à un procès devant la cour de Rome, est intéressant par l'énumération de la vaisselle d'étain qu'il laissait à sa veuve. Il avait fondé une chapelle Saint-Antoine dans l'église Saint-Laurent à Lausanne. — Voir Arch. cantonales Lausanne. — Wirz : Hegesten V, 160. [M. R.]

BENGG. Famille éteinte de la ville de Zoug, venue au XVe s. de Benken dans le Gaster. — 1. Paul, membre duConseil de 1612 à 1624. — 2. Franz-Joseph, * 1731, aumônier à Naples au régiment Tschudi, de Glaris, 1763 ; 1793-1803 chapelain àOberholz. — Voir: KL I, 104. — Gfr. 23, p. 298. — W.-J Meyer : Zuger- Biogr., n° 41. [W.-J. Meyer.]

BENGUEREL. Famille mentionnée à Fontainemelon (Neuchâtel) en 1400 déjà. — Jean, curé d'Orvin et chanoine de Valangin en 1528. [L. M.]

BÉNICHON. Nom d'une fête populaire du canton de Fribourg, assez analogue à la vogue de certains départements du Midi de la France. Le mot vient de bénédiction, bénission dans les anciens textes, et est déjà mentionné en 1443. La bénichon. marquant à l'origine la fête de la dédicace de l'église paroissiale, a vite dégénéré en réjouissances surtout profanes, danses et banquets. C'est sous cette forme qu'elle s'est conservée. Vers la fin du XVIIIe s. la dédicace de l'église paroissiale reprit un caractère exclusivement religieux et l'on institua une fête profane qui devint la bénichon telle que nous la connaissons aujourd'hui Les lois sur la danse appellent cette fête dédicace générale (1804- 1848) ou vogue générale (2e moitié du XIXe s.). Sous sa forme moderne, la bénichon est la fête de la fin des gros travaux agricoles, mais elle est célébrée par les citadins avec autant d'entrain que parles villageois. La ville de Fribourg connut longtemps des bénichons de quartiers ; celle des Places (août) et celle de la Planche, coïncidant avec la fête du Rosaire et de la chapelle de Lorette (octobre) étaient particulièrement animées ; on y dansait le soir, aux flambeaux, les coraules sur les places publiques. Entre autres festins de ce jour de liesse à Fribourg, il convient de citer le fameux Kilbemahl, grand repas officiel donné par le Petit-Conseil au couvent des capucins. A Estavayer également, la bénichon donne lieu à de belles réjouissances. Dans le bourg de Gruyères, au début du XIXe s., la bénichon avait un caractère particulièrement original ; elle coïncidait avec la foire aux boucs célèbre dans la contrée et l'allégresse était d'autant plus grande qu'il y avait plus de boucs sur le marché.

A la campagne surtout, la bénichon est la fête par excellence. Elle sert de prétexte à de plantureux repas dont les plats principaux sont composés de viande de mouton servie sous des formes variées : gigot, ragoût, rôti, et même une sorte de bouillie garnie de raisins secs appelée forés (de Voressen) ou papet à la faye (bouillie de mouton). On confectionne à cette occasion des mets particuliers : un pain gras de farine blanche (la cuchaule), des pâtisseries diverses (beignets, cuquettes, brechis ou bricelets, etc.) ; enfin, avec un mélange de vin cuit et de farine, on prépare une espèce de confiture assaisonnée d'épices, d'anis et de moutarde, qu'on appelle moutarde de bénichon. Dans les villages, on danse sur des tréteaux, les « ponts de danse » spécialement construits à cet effet. Le bal est organisé le plus souvent par une société qui prend le nom de « Jeunesse » du village. Parfois on « crie » des danses spéciales, c'està-dire qu'on sépare du reste des danseurs, au moyen d'une corde tendue, un couple auquel on veut faire un honneur particulier; généralement cet honneur est reconnu par une contribution exceptionnelle ou un don de celui qui en est l'objet.

Jusqu'en 1914, la bénichon durait trois jours, du dimanche au mardi. Les restrictions imposées pendant la guerre l'ont singulièrement réduite, et, actuellement, la danse n'est plus autorisée que le dimanche et le lundi. La bénichon a lieu, suivant la tradition, le deuxième

dimanche de septembre pour la zone de la plaine et à la mi-octobre pour la zone alpestre. [Aug. Sch.]

BENINA, Giovan-Battista, maître-constructeur. Il fit avec Giov.-Battista Pedrazzo, le 5 janvier 1753, les plans et devis pour la restauration du château de Locarno. — Voir SKL. [C T.]

BENKEN (C. Argovie, D. Laufenbourg, Com. Oberhof. V. DGS). Groupe de maisons sur la route du Benkerjoch où l'on a trouvé des vestiges d'un établissement romain. Benken faisait partie de la seigneurie de Kienberg en qualité d'alleu des comtes de Habsbourg-Laufenbourg. En 1337, Jakob et Ulrich von Kienberg, et en 1350 leurs fils Jakob et Claus détenaient Benken à titre de fief. • — Voir aussi les art. Kienberg et Kùngstein. — Voir Arg. X, XXVII. — Merz : Burganlagen. \0. M.]

BENKEN (C. Bâle-Campagne, D. Àrlesheim. V. DGS). En 1226 Benchon, en 1259 Beinkon, en 1273 Beenkon. Les deux villages, Benken, ou Grand-Benken et Petit-Benken ou Bùhlbenken ou simplement Biel, ressortissaient primitivement à Saint-Martin de.Wisskilch, la plus ancienne paroisse de la vallée de Leimen. Au XIIIe s., ils appartenaient aux Schaler, Benken comme fief des comtes de Tierstein-Pfeffingen, Biel comme bailliage du chapitre de Bâle. A la même époque, Benken obtint sa propre chapelle, dédiée à saint Antoine ; la chapelle de Biel sur le « Kilchbùhl », se trouve probablement sur l'emplacement d'un lieu de culte païen. Par héritage, les domaines des Schaler subirent un démembrement. Dans la première moitié du XVe s., Hermann Schaler possédait encore la moitié de la haute et de la basse juridiction et du droit de patronage à Benken. L'autre moitié, le petit village et le bailliage de Bielbenken, appartenait à un seigneur de Laufon. Franz de Leimen (c'est le nom que prirent les Schaler dans la suite), réunit dans sa main, au commencement du XVIe s., toutes les propriétés de ses ancêtres, mais déjà son fils, Thoman, fut forcé de vendre les deux villages à la ville de Bâle le 15 octobre 1526. La ville de Bâle vendit le château, mais avec l'obligation pour le propriétaire de ne le revendre qu'à un bourgeois de cette ville et de le tenir en tout temps à sa disposition. Après avoir souvent changé de propriétaires, le château devint, après 1766, la propriété de la commune de Benken et fut démoli en 1780, mais la maison du fermier qui fut achetée en 1766 par un paysan de Benken existe encore. En même temps que Bâle les deux villages adoptèrent la foi évangélique et la conservèrent, même lorsque les localités voisines, appartenant à l'évêché, rentrèrent dans le giron de l'église catholique sous l'épiscopat de Jaques-Christophe Blarer de Wartensee. En 1621 on reconstruisit l'église de Benken et démolit la chapelle de Biel. Pendant la guerre de Trente ans, les deux villages furent pillés à trois reprises : les 19 septembre 1634, 28 mai et 11 juin 1635. Lorsqu'éclata la Révolution française, ils servirent de lieu de refuge aux Juifs du Sundgau qui en est limitrophe. Enclave protestante, Benken est depuis une génération un centre pour les protestants des villages catholiques environnants de Bâle-Campagne, de Soleure, de Berne et du Sundgau. De 1884 à 1891, le poète Friedrich Oser, de Bâle, fut pasteur à Benken. — Voir K. Gauss : Benken, dans Burgen des Sisgaus, vol. I. — Benken im dreissigjâhrigen Kriege, dans BJ 1897. [K. gauss.]

BENKEN (C. Saint-Gall, D. Gaster. V.DGS). Commune politique et paroisse. Armoiries : d'azur à une clef d'argent sur trois monts de sinople, accompagnée des lettres G et B (Gemeinde Benken) du second. Anciennes formes du nom : Babinchova, Bebenchon, Benchon, Bencken. Benken est mentionné pour la première fois en 741, dans une donation faite par Beata, épouse de Landold, au couvent de Babinchova. De 824 à 828, saint Meinrad fut lecteur de l'école du couvent, qui était une annexe de Reichenau ; dès son départ pour l'Etzel, il n'est plus fait mention du couvent. Beata et son fils Lantbert furent probablement .propriétaires de Benken, ainsi que leurs descendants les von Wandelburg ; les ruines de leur château sont encore visibles au Sud de l'église paroissiale. La famille des Wandelburg s'éteignit avec l'abbé Wirunt d'Einsiedeln, f en 1026 ; Benken passa aux comtes de Lenzbourg qui étaient

BENKEN

BENNENWIL

avoués du couvent de Schannis. Ils détachèrent la paroisse de Benken du diocèse de Constance et l'incorporèrent à l'évêché de Coire ; le domaine fut réuni à d'anciennes propriétés de la contrée. Par les comtes de Baden, de la branche cadette des Lenzbourg, la majeure partie des propriétés à Benken passa entre les mains de Hartmann III de Kibourg et, à l'extinction de cette famille en 1204, à Rodolphe de Habsbourg. En 1283, après la mort du dernier comte de Rapperswil, ce dernier acquit aussi les biens de Benken, de Schannis et de Wesen 3ui avaient été dévolus à la branche aînée des Lenzbourg. Dès lors l'histoire de Benken se confond avec celle de Gaster. En même temps que Gaster, Benken devint en 1406 propriété du comte Frédéric VII de Toggenbourg, et, après sa mort, en 1438, celle deSchwyz et de Glaris. Benken comprenait primitivement, outre la commune actuelle de Gommiswald, Rieden et la commune civile de Maseltrangen, probablement aussi Kaltbrunn. Toutefois les droits seigneuriaux sur Kaltbrunn passèrent, déjà en 904, au couvent d'Einsiedeln. Au commencement du XIVe s., Gommiswald était déjà séparé de Benken, mais ne devint une paroisse autonome qu'en 1500 ; de même Rieden fut érigé en paroisse en 1 702 et Maseltrangen en 1789. — Voir Gubser: Gesch. der Landschaft Gaster, dans MVG XXVII — E. Gmiir : Hechts geschichte der Landschaft Gaster, dans Abhandl. z. schweiz. Recht X. — Fràfel : Kreuz und Lôwe. Gesch. des Stiftes Schannis und der Landschaft Gaster. [f c. H. et J. M.] BENKEN (C. Zurich, D. Andelfingen. V. DGS). Commune politique et paroisse. Armoiries : celles du canton de Zurich, soit tranché d'azur et d'argent à une serpette et un soc de charrue de l'un en l'autre ; la serpette a le manche au naturel. On a trouvé des antiquités romaines au « Bùhl », au « Guggenbùhl »

et au « Benkerfeld » et le long de la route de Wildensbuch des tombeaux alémannes (la trouvaille la plus importante consiste en une cuirasse en fer dont il est encore difficile de fixer l'époque). Premières mentions : 858 Pecchinhova, 877 Pechinhovin, 1241 Benchon. Le couvent de Rheinau était seigneur foncier. Le centre de l'administration des domaines se trouvait au Kelhof. Vers le milieu du XIIIe s., les nobles von Wart tenaient le bailliage en fief du couvent de Rheinau. Il passa ensuite aux Fritbolt de Schaffhouse, et en 1467 aux Trullerey, de Schaffhouse, puis par héritage en 1520 aux Landenberg-Greifensee, à Herblingen. Enfin le 12 mai 1540 à Zurich. En 1544 le village fut subordonné au haut-bailliage de Laufen. La haute juridiction appartint de tout temps à Kiburg. Le Rôle coutumier date du XVe s. En 1799 Benken eut extraordinairement à souffrir des violents combats qui eurent lieu à proximité, les 25 mai et 7 octobre, entre les Autrichiens et les Français et les Russes et les Français. Depuis 1555 Benken est paroisse autonome ; l'église fut reconstruite en 1019, et le droit de patronage appartint dès 1555 à Zurich. La plus grande partie de la dîme appartenait à Rheinau. L'école date de 1631 ; en 1715 elle était au point de vue financier une des mieux dotées du canton et très fréquentée. Elle devint école libre en 1709, c'est-àdire gratuite, et se tenait toute l'année. Dans la carrière de quartz de Benken on extrait un sable quartzeux d'une pureté extraordinaire. Population : en 1634, 250 ; 1836, 591 ; 1920, 509 hab. De 1819 à 1847 l'historien Conr. Vôgelin fut pasteur de Benken. D'autres bourgeois distingués sont : Ulrich Meister, inspecteur des forêts et conseiller national et son fils Ulrich Meister, colonel et conseiller national (1838-1917). Registres de naissances dès 1555, de mariage et décès 1667. — Voir X. Walder : Zur Erinnerung an die 1555 gestiftete Kirchgemeinde Benken. — SSR I. — E. Stauber : Das zûrch. Landschulwesen im Anfang des 18. Jahrh., dans Nbl. d. Hulfsgesellschaft Zurich, 1920. - H. Wegelin : Die Quarzsande von Benken. [E. Stauber.]

BENKEN (DISTRICT DE). Le district de Benken, créé sous la Bépublique Helvétique, 1798-1803, comprenait les communes de Klein-Andelfingen, Benken,

Feuerthalen, Laufen, Marthalen, Ossingen, Ramsen, Rheinau, Stammheim, Stein et Trullikon avec une population d'environ 11 000 hab. Les sessions du tribunal du district avaient lieu à l'auberge de Benken. Le major J.-G. Wipf, de Marthalen, était préfet du district. [E.Staubbr.]

BENKER. Familles des cantons de Thurgovie et de Zurich.

A. Canton de Thurgovie. — 1 Heinrich, 1522 chapelain à Diessenhofen, fut accusé devant la Diète à cause de ses attaques contre l'église catholique. t 1536 (?). — 2.-5. Andréas (1684-1714), Heinrich (1714-1768), Ulrich (1768-1790), Leodegar (1790- 1844), furent pasteurs à Diessenhofen ; le dernier, membre du Conseil d'Administration de Thurgovie jusqu'en 1833, senior du clergé thurgovien. — 6. Johann- Ulrich, fils du n° 5, 1798-1858, diacre à Diessenhofen, 1833 doyen et président du Synode, 1853 premier recteur de l'école cantonale de Thurgovie. — Voir J. Huber : Erinnerung an J. U. Benker. — 7. Leodegar, fils du n° 5, * 1807, pasteur à Schlatt et à Huttwilen, inspecteur d'école et pasteur à Kalchrain. — Voir Sulzberger : Verzeichnis der thurg. Geistlichen, dans Thurg. Beitr. 4/5, 1863. [Th. G.]

B. canton de Zurich Ancienne famille à Dàgerlen, Dinhard et dans d'autres communes situées à l'Est du district de Winterthour mentionnée déjà vers 1400. Elle tire certainement son nom du hameau de Bank près de Dàgerlen. [j. Frick.]

BENN, Johann, de Messkirch. Organiste à l'église im Hof à Lucerne dès 1638, édita en 1644 : Missae concertatae trium vocum. — Son fils Johann-Martin, chapelain et organiste au chapitre des chanoines du Hof, publia des poésies et des pièces de musique. — Voir : Volksschulblatt fiir d. kath. Schweiz, 1872. — Aklen. — Balthasar : Inschriften. [P.-x. W.]

BENNA, BENARD. Famille originaire de Savoie : Jaques, bourgeois de Genève 1487. Dans la seconde moitié du XVIe s., elle donna trois membres du Conseil des Deux-Cents : Jean, Nicolas et Jean. [Em. T.]

BENNAU (C. Schwyz, D. et Com. Einsiedeln. V. DGS). Vgedont le nom vient de saint Benno, qui défricha la contrée au Xe s. Les premiers habitants dépendaient de l'abbaye d'Einsiedeln. Une chapelle dédiée à saint. Sébastien fut bâtie en 1618 ; agrandie en 1793, elle fut remplacée en 1892 par une église gothique. — Une famille Bennauer existait autrefois dans le canton de Schwyz, elle doit être originaire de Bennau. [R-r.]

BÉNNDORF, Friedrich- August -Otto, archéologue, *le 13oct.l838àGreiz, f le 2janv. 1907 à Vienne. Il fut appelé à Zurich comme professeur extraordinaire de philologie classique en 1869, devint professeur ordinaire l'année suivante et démissionna en 1871 après l'affaire de la Tonhalle. Il a publié entre autres : Die Antiken von Zurich, dans MAGZ XVII, et Die Lage der Deutschen in Zurich dans Im neuen Reich I. — Voir NZZ 1869, n° 308. — S. Zurlinden : Hundert Jahre II, 163. — Jahreshefte des ôster. arch. Institutes in Wien 1907 (avec portrait). — Revue archéologique 1907. — Biograph. Jahrbuch 1907. [D. F.]

BENNELLE. Famille originaire de Metz, reçue à la bourgeoisie genevoise en 1747, réfugiée auparavant en Hollande. Actuellement éteinte. — Jacor, 1725- 1794, reçu ministre en 1740 ; il obtint la bourgeoisie l'année suivante ; pasteur à Dardagny 1758, à Cologny 1700-1703, à Genthod 1778. Il s'occupa de l'histoire du pays et aida le conseiller Ami de Rochemont à continuer l'indice raisonné des registres publics. Armes : d'argent à deux demi vols affrontés de sable, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent. — Voir Henri Heyer : L'Église de Genève, p. 425. — Covelle : LB. — Armoriai genevois. — Sordet : Dict. des familles genevoises. — France protestante. - - "W™ Guex : Notice dans BSHG IV. [H. Da.]

BENNENWIL, de. Famille de ministériaux fribourgeois dont semble être issue la famille d'Autigny. Elle était originaire de Benne wil (Fribourg) et bourgeoise de

BENNER

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