‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 364 sur 425 · DIOG · texte numérisé non relu

DIOG

D1RECTORIUM

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Jean Diodati.

D"après une gravure sur cuivre

de la collection Maillart.

POMPÉE, * 1542, ayant embrassé les idées nouvelles, quittèrent Lucques où ils furent condamnés à mort et leurs biens confisqués ; Charles se réfugia à Genève, donl il fui reçu bourgeois en 1572, el Pompée, après des pérégrinations aventureuses en France, l'y rejoignjl et y acquil la bourgeoisie en 1576. D'eux descendent les deux blanches genevoises de la famille, l'aînée existant encore, la cadette éteinte au début du XIXe s. Branche aînée : — 1. THÉODORE, 1573-1650, fils de Charles, Dr en médecine, établi à Londres, médecin de la

Cour d'Angleterre, dont le lils, Charles, t 1638, fut ami du poète Milton. — 2.

Jean. 1576-1649, lils de Charles, pasteur et prof, de théologie à Genève, député aux Églises de France en 1611 et au synode de Dordrecht en 1618 ; auteur de la première traduction de la Bible en italien. — 3. Antoine- JOSTJÉ, 1728-1790, pasteur à Genève, bibliothécaire.

— 4. Edouard, 1789- 1860, petit-fils du n° 3, pasteur à Cartigny, professeur de théologie, bibliothécaire ; a laissé un Essai sur le christianisme, 183U, et des Discours religieux, publiés après sa mort. — 5. Aloïs, 1826- 1895, fils du n° 4, colonel, consul général de Grèce, pianiste et compositeur. — 6. GABRIEL, 1828-1914, architecte, a construit l'Athénée à Genève.

Branche cadette : — 7. Alexandre, 1598-1676, médecin du roi Louis XIII. — 8. François, 1647-1690, fils du n° 7, sourd-muet, peintre de miniatures et graveur ; auteur de gravures de Genève, dont une sur l'Escalade et une de Saint-Pierre sont les plus connues. — 9. Jean, 1732-1807, comte du Saint-Empire, ministre plénipotentiaire du duc de Mecklenbourg-Schwerin à Paris ; sans enfants, il légua à la branche aînée de sa famille son domaine de Cologny où lord Byron habita en 1816. — Voir Galil'fe : Not. gén. II. — AGS II. — Edw. Salisbury : Mr. William Diodate and his italian anceslry, New-Haven (USA). — De Montet : Dictionnaire. — E. de Budé : Vie de Jean Diodati. — Angiolo Milli : Giovanni Diodati il traduttore délia Bibbia e la Società degii Esuli protestanti italiani a Ginevra. — Jean Diodati : Briève relation de mon voyage à Venise en septembre 1608. — Ch. Borgeaud : L'Académie de Calvin. — H. Heyer : L'Église de Genève. ■ — Ernest Naville : Notice sur M. Edouard Diodati. — Le même : Le professeur Diodati, dans BU 1861. — C.-O. Viguet : Notice sur le pasteur et professeur Diodati, dans Le Chrétien évangélique, 10 août 1860. — J.-J. Bigaud : Benseignements sur les Beaux-Arts à Genève. — Guillaume Fatio : Milton et Byron à la Villa Diodati, dans Nos Anciens et leurs œuvres, 1912. [H. L.]

DIOG (DIOGG, TIOG, THIOG, THIOGG, DIOCK). Famille du canton d'Uri qui existe aujourd'hui seulement à Wassen. Melchior Tiog, de la Léventine, reçut la bourgeoisie d'Uri en 1566. — 1. Félix- Maria, portraitiste célèbre, * 1762 à Andermatt, f en 1834 à Bapperswil, dont il avait acquis la bourgeoisie. — Voir SKL. - - Hist. Nbl. von Uri, 1896. — 32. Neujahrsîtiick der Kùnstlerges. Zurich, 1836 -. — Begistres de paroisses d'Andermatt et de Wassen. — Landîeutenrbuch. — [Karl Gisler.] — 2. Félix-Columban, de Bapil. politicien, * 1795, fils du n° 1. Membre de la Constituante saint-galloise 1830-1831 ; il suscita une agitation démagogique en faveur des principes de la démocratie absolue contre le système représentatif ; en matière ecclésiastique, il défendit cependant le point de vue catholique-conservateur. Lieutenant-colonel 1831. du Grand Conseil 1835, f 1842. — Voir Ostschweiz 1922, n- 148 et 149. — Baumgartner : Gesch. des Kts.

St. Gallen 111. — Curti : Gesdt. der Schweiz. Volksgeseizgebwag, p. 131. [Bt-]

DIONISIO, de Mendrisio, constructeur à Borne, où il est mentionné de 1559 à 1570. Cette dernière année, il travaillait au Vatican. — Archivio Stor. Lombarde XII. [C. T.]

DIRECTOIRE COMMERCIAL ( KAUFMjENNI- SCHES Directorh M) à Saint-Gall. Sorte de chambre de commerce de la Suisse orientale, qui diffère des institutions de ce genre par son histoire, vieille de plusieurs siècles, par l'originalité de son corps électoral, son organisation, son service de renseignements, puis par la possession d'une fortune corporative se montant aujourd'hui à deux millions de francs environ. Un établissement d'épargne, un entrepôt, une école de dessin et de broderie, annexée au musée des arts et métiers, la Il iule direction depuis 1685 d'une église française évangélique, etc., sont rattachés à son activité. Il est issu de la corporation libre des riches marchands saintgallois. Il est l'organe de tous les intérêts commerciaux de Saint-Gall et l'a été occasionnellement aussi de ceux de la Confédération, s'occupa du trafic postal, établit des normes valables pour le change, travailla à assainir le système monétaire, etc. Les premiers statuts connus, dans lesquels apparaît aussi le nom de l'association, datent de 1730. Le Directoire assuma le service postal du canton de Saint-Gall de 1803 à 1836 ; il étendit par la suite son rayon d'activité et desservit les cantons d'Appenzell et Thurgovie, en partie aussi Zurich et Schwyz. Les nonbourgeois établis à Saint-Gall ont accès depuis 1892, sous certaines conditions, à la corporation des commerçants qui choisit dans son sein les 7 membres du Directoire. — Wartmann : Das Kàufrn. Direct., dans Beichesberg : Handwôrterbuch IL — Aider : Worin besteht der Unterschied zwischen dem K. D. in St. Gallen und den andern Handelskammem in der Schweiz.' [Bt.]

DIRECTOIRE EXÉCUTIF. Après la chute de l'ancienne Confédération en 1798, la Suisse fut érigée en Bépublique une et indivisible sur le modèle de la Bépublique française. L'autorité executive fut confiée à un Directoire de cinq membres, nommés par le Sénat et le Grand Conseil, et qui devaient être âgés de quarante ans au moins, mariés ou veufs. Le Directoire avait sous lui' des ministres ou fonctionnaires supérieurs chargés de diriger l'administration. Ses compétences, très étendues, ont fait de lui la première autorité centrale permanente qu'a connue la Suisse. Institué par la constitution d'avril 1798, le Directoire tomba en janvier 1800. Liste des membres du Directoire :

Lukas Legrand, de Bàle, du 17 avril 1798 au 29 janvier 1799 ; Pierre-Maurice Glayre, de Bomainmôtier, du 17 avril 1798 au 9 mai 1799 ; Victor Oberlin, de Soleure, du 18 avril 1798 au 7 janvier 1800 ; Ludwig Bay, de Berne, du 18 avril 1798 au 30 juin 1798, et du 29 janvier 1799 au 21 juin 1799 ; Alphonse Pfyffer, de Lucerne, du 18 avril 1798 au 29 juin 1798 ; Frédéric- César Laharpe, du 29 juin 1798 au 7 janvier 1800 ; Peter Ochs, de Bâle, du 30 juin 1798 au 25 juin 1799 ; Johann-Budolf Dolder, de Meilen, du 9 mai 1799 au 7 janvier 1800 ; François-Pierre Savary, de Fribourg, du 23 juin 1799 au 7 janvier 1800 ; Philippe Secrétan, de Lausanne du 26 juin 1799 au 7 janvier 1800.

A la suite du coup d'État du 7 janvier 1800, qui provoqua la retraite des directeurs Laharpe, Secrétan et Oberlin, le Directoire fut dissous. Une Commission executive provisoire le remplaça, composé des trois anciens directeurs Glayre, Dolder et Savary, et en outre de Johann- Konrad Finsler, de Zurich ; Albrecht von Frisching, de Berne ; Karl-Heinrich Gschwend, d'Altstàtten, et Franz Muller, de Zoug, qui fut remplacé par Nicolas Dùrler de Lucerne.

Les membres du Directoire portaient l'habit et la culotte bleu foncé, le gilet blanc et une écharpe tricolore passée autour du corps. Dans les cérémonies, l'écharpe était portée sur l'épaule, et les directeurs avaient le sabre au côté. — Voir ASHB. — Œchsli : Gesch. der Schweiz im 19. Jahrh. [h. M.]

DIRECTORIUM DER KAUFMANNSCHAFT.

Ancienne autorité de la ville de Bâle, créée en 1682. Sa

D1RLARET

DISENTIS

charge principale était la surveillance des postes. La Commission des fabriques et le Conseil sanitaire (police des épidémies) lui étaient rattachés. Le directoire se composait d'un haut-directeur et de 12 marchands comme directeurs. Son siège était l'hôtel de ville actuel. — Voir J.-J. Huber : Statutarium Basiliense, Mns. du XVIIIe s. [C. Ro.]

DIRLARET. Voir Rechthalten.

DISCEPOLI, DEL OISCIPOLO, DISEPOLO,

Giovan-Battista, de Castagnola, 1590-1660, connu sous le nom de lo Zoppo.

Peintre de valeur, aurait été élève de Procaccini.

Ses premières œuvres sont à Lugano, (églises de Saint- Roch, de Saint-Antoine, des capucins), d'autres à Luino, dans les galeries de Milan, Rome et Turin. Des églises de Milan (San Marcellino, San Vittore Grande, San Carlo), de Côme (San Carlo), de Borgovico (San Giorgio), en possèdent aussi.

Lanzi considère Discepoli comme un des plus grands artistes de son temps. — Bianchi : Artisti ticinesi.

— Vegezzi : Espoz. stor. — S KL. —ALBK. [C. T.] DISCHIER. V.Digier DISCOURSE DER MAHLERN. Publication hebdomadaire éditée à Zurich de mai 1721 à janvier 1723 par J.-J. Bodmer et J.-J. Breitinger à l'imitation de la traduction française du Spectator d'Addison, ayant pour but de peindre les mœurs pour les améliorer. Ces discours sont en partie moraux (dogmatiques ou descriptifs), quelques-uns esthétiques, les autres donner,' une liste d'œuvres spécialement destinées aux femmes (bibliothèque des femmes). 46 des 94 discours sont de Bodmer, 27 de Breitinger, 13 des deux ensemble, les autres de L. Zellweger, J.-J. Lauffer, H. Meister, D.-C. Zollikofer et J.-G. Altmann. La quatrième partie porte le titre Die Mahler, oder Discourse v. d. Sitten d. Menschen. Une édition revue, parue en 1746. portait le titre de Der Mahler der Sitten. Froidement accueillis à Zurich, ils furent imitésà Berne f Freytagsblàttlein) , à Bâle (Eidgenosse),h Soleure (Solothurner Wochenblatt), par le Leipziger Spectateur et par d'autres publications allemandes. Leur but fut poursuivi plus tard à Zurich même par Der Uebersetzer (1753-1754) et Der Erinnerer (1765-1767). — Voir Bibliothek altérer Schriftwerke der Schweiz II, 2. — Bâchtold. — H. Bodmer : Die Ges. des Maler und ihre Discourse. — W. Ninck : Vom Staatenbund zutn Bundesstaat, 1923. — G. de Reynold : Bodmer

Giovan-Battista Discepoli.

D après une gravure sur cuivre

de J.-R. Sohellenberg.

et l'école suisse.

DISENTIS

[L. Forrer.] Grisons, D. Vorderrhein. V. DGS).

Vge et la plus ancienne abbaye de bénédictins de Suisse. En 766 Desertina ; 960 ecclesia Disertinensis ; 965 monasterium Disertinum ; 1020 abbatia Tisentinensis. Le nom romanche est Mustér. Armoiries du couvent : de gueules au sautoir d'argent.

La Com.de Disentis comprend aussi les villages et hameaux de Raveras, Segnes, Mompé Medel, Mompé Tavetsch, Disla, Cavardiras et Acletta. Population : 1910, 400 hab. dans le Vge et 1359 dans la Corn.; en 1920,1770 hab. (Com.) et 900 (Vge). Registres de baptêmes dès 1804, de mariages et de décès dès 1838. Le « type de Disentis» désigne en anthropologie le Celte nettement brachycéphale. Le couvent de Disentis fut fondé au VIIe s. Son nom doit désigner la bifurcation des routes de l'Oberalp et du Lukmanier ; sa situation typique de couvent de pas-

sage explique les ravages autrefois exercés par les hordes pillardes venues du Sud et, en outre, ses grandes possessions dans la Haute-Italie, fort anciennes, et attribuées à l'influence d'une personnalité haut placée dans l'entourage de Pépin. Les terres de l'abbaye aux Grisons remontent en grande partie au testament de l'évêque de Coire, Tello, en 766. Le couvent eut ses beaux jours aux Xe, XIe et XIIe s., lorsque la politique transalpine des empereurs lui donnait de l'importance à leurs yeux. Les donations d'Othon I en 960 et 965, confirmées par Othon II en 976 ; le diplôme d'Henri III en 1048, lui accordant l'immédiateté, confirmé par Henri V en 1112; enfin la charte de Frédéric I en 1154 furent les degrés de cet apogée. Le couvent savait très bien ce qu'il devait à sa position géographique, aussi s'opposa-t-il par tous les moyens possibles à l'intention de l'évêque Peter de Coire, dans la seconde moitié du XIVe s., de faire passer le trafic par le Septimer aux dépens du Lukmanier ;

Plan du couvent de Disentis dans la seconde moitié du XVIIe s. D'après un ancien document.

c'est pourquoi aussi il éleva des hospices sur ce col, comme aussi à Tschamutt et au Gothard.

A la disparition du comté de Rhétie, Disentis formait avec son territoire une seigneurie. Le territoire immunisé s'étendait sur la Cadi actuelle, moins Schlans, et sur la vallée d'Urseren. L'acte d'immédiateté de 1048 reconnaît aussi au couvent le droit de battre monnaie, droit qu'il exerça jusqu'en 1729, date à laquelle l'abbé Marian von Castelberg dut interrompre la frappe des couronnes à Bonaduz à la suite d'une interdiction impériale. Disentis dut sa position importante dans la politique grisonne à la part prépondérante de l'abbé Peter von Pontaningen dans la fondation de la Ligue grise en 1424. Dans celle-ci, l'abbé était l'égal des seigneurs de Sax et Rhàzuns et pouvait à ce titre proposer à son tour le président de la Ligue. Outre ses droits sur l'ancienne seigneurie de Disentis, il en exerçait également sur Jôrgenberg qu'il avait acquis en 1472 de Nikolaus von Zollern.

Depuis que l'empereur Othon I avait accordé en 960 à l'abbaye la libre nomination de l'abbé, elle exerça toujours son droit, sauf de 1538 à 1614, où la communauté s'en était emparée. Cette époque fut une humiliation à laquelle succédèrent de nouveau des jours florissants jusqu'en 1799. L"abbaye favorisa le parti autrichien-espagnol dans les Grisons et s'appuya sur la politique des cantons catholiques. Le 7 mars 1799, les hommes de l'Oberland aidés de la garnison autrichienne campée à Disentis, battirent la division française venue de l'Oberalp sous les ordres de Loison. Le 9, le couvent devait pourtant se rendre au général Demont; les Français enlevèrent le trésor de l'église à titre de contribution et le fondirent à Coire. Un soulèvement éclata contre eux le 1er mai. Par représailles, le 6, redevenus

DISENTIS

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