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DOMPIERRE

clergé séculier (par ex. à Coire, à Zofingue). L'affaire Jetzer (v. ce mot) porta un coup mortel au couvent bernois. Dans la prédication, l'élude des sciences sacrées. L'enseignement, les dominicains suisses tinrent une place honorable (v. par ex. la bibliothèque des Prêcheurs à Baie, HZ XVIII, 191*», 160-254). Les noms de plusieurs d'entre eux sont restés célèbres : par ex. Henricus, de Bâle, médecin de la reine Anne, Ulrich Boner, de Heine, auteur de YEdelstein, Adhémar Fabri, évêque de Genève, Jacques de Lausanne, provincial de France (AF 1914), Félix Faber (Schmidt), de Zurich, etc. Les couvents de Lausanne et de Genève faisaient partie de la province de France. Les autres étaient, à l'origine, rattachés à celle de Teutonie. Lorsque, en 1303, la province de Teutonie fut dédoublée ('l'eut unie et Saxe), ils lurent incorporés à la nouvelle province de Teutonie. Ils disparurent (celui de Zofingue auparavant) au temps de la Réformation. A Coire, la maison fut rouverte de 1624 à 1653.

Dès les débuts de l'ordre, de nombreux monastères de religieuses demandèrent la direction des Prêcheurs. Ceux-ci, surchargés de besognes les plus diverses, cherchèrent à se soustraire à ces obligations ; mais ils n'y parvinrent pas. Les dominicains de Zurich axaient charge des couvents de Œtenbach, Sainte- Vérène, Tôss, Winterthour, Schwyz : w\ix de Bâle s'occupaient de la maison de Klingenthal ; ceux de Lausanne, du monastère d'Estavayer (précédemment à Chissiez) ; ceux de Berne dirigeaient les sieurs du Brunnadern. Les Pénitentes de Sainte Marie-Madeleine de Bâle (Steinenkloster) et de Neuenkirch (Lucerne) adoptèrent, au XIV' s., la règle des dominicaines (A. Simon : L'ordre des pénitentes de Sainte Marie- Madeleine, !'.)18). Des couvents de femmes en Suisse, Tôss fut le plus célèbre. Comme les couvents de toute la vallée du Rhin, sous l'intluence des sermons et des écrits de maître Eckhart, de Tauler et de Suso, il vit, au XIVe s., une floraison exceptionnelle de mystiques (Elsbeth Stage!, etc.). Dans leur clientèle, les Prêcheurs avaient encore le tiers-ordre et de nombreuses associations pieuses.

Actuellement, cinq couvents de dominicaines existent encore : Katzis (Grisons), FJstavayer, Schwyz, Wesen et Wil (Saint-Gall). Des Prêcheurs enseignent à l'université de Fribourg ; ils ne forment pas un couvent. — Voir Heimbucher : Orden und Kongregationen IL — v. Mulinen : Helvetia sacra II. — Buchi : Die katholische Kirche in der Schweiz. — L. Sut 1er : Die Dominikanerklôster auf dem Gebiete der heutigen deutschen Schweiz im 13. Jahrh., 1893. — Wackernagel : Gesch. der Stadt Basel. — Dàndliker : Geschichte Zûrich's. — M. Reymond, dans HHE 1917, 173-189, 262-278 et 1918, 23-42. — Blondel : Les faubourgs de Genève, 1919. — Daubigny : Le monastère d'Estavayer, 1913. — Reg. Honorius IV, éd. Prou, n° 82. — Voir aussi les articles aux noms cités. [L. K.]

DOMINICÉ. l'a mille venue d'Aulnoys en Lorraine, reçue à la bourgeoisie genevoise en 1655. Armoiries : de gueules au chevron d'argent accompagné de trois roses du même. — Rec. gén. suisse II, pr200. — SKL. [H. Da.]

DOMINICUS. Abbé de Mûri. Voir TSCHUDI.

DOMINUS ou DOMNUS, deuxième évêque de Genève selon Bonivard. N'a pas été maintenu par Besson. Pourrait provenir d'une mauvaise lecture du nom abrégé de Domitianus. Voir Domitien. [C. R.]

DOMITIEN. Évêque de Genève à la fin du VIe s., le quatrième, d'après Besson. Il est mentionné par un chroniqueur vers 620, comme contemporain de Sédeleube, fondatrice du couvent de Saint- Victor à Genève. Un autre Domitien est cité par Bonivard comme trenteseptième évêque de Genève, au IXe s. On ne sait rien de lui. Il n'est donc pas impossible qu'en réalité il n'y ail eu qu'un seul évêque de Genève du nom de Domitien. celui du VIe s. — Voir Besson : Les origines des évêcfiés de Genève, Lausanne, Sion. [C. R.]

DOM MARTIN (C. Vaud, D. Échallens. V. DOS). Localité mentionnée en 908, de Domno Marlitio (église de Martin), centre d'un important domaine des rois Rodolphiens, comprenant la forêt du Jorat et plusieurs villages de Bottens à Villars-Tierclin "t Possens. Armoiries : de gueules au mur d'argent maçonné de

sable surmonté d'une tour de même. Dommartin fut ensuite donné à l'Église de Lausanne et devint l'une des principales prébendes du chapitre cathédral. Vers 1200, la partie haute de la ville fut entourée d'une palissade de bois et devint un castrum tandis que la partie basse restait ouverte. En 1235, le castrum contenait 33 maisons, la ville basse autour de l'église 57. En 1230, le prévôt Conon d'Estavayer appliqua à Dommartin les coutumes de Lausanne spécifiant que le castrum équivalait à la Cité et la ville basse à la ville inférieure de Lausanne au point de vue des pénalités. Le castrum fut incendié en 1235 et immédiatement reconstruit. On y voyait en 1448 une tour carrée servant à la défense, et la ville basse était à ce moment aussi fortifiée. Un nouvel incendie survint vers 1547 et détruisit le château et la ville basse avec l'église. La partie haute fut abandonnée ; on y trouva encore les vestiges de la tour en grande partie démolie après 1798. L'église fut reconstruite une troisième fois en 1734 sur son emplacement actuel. Sous le régime du chapitre, la justice était exercée à Dommartin par des mayors héréditaires, cités dès 1150, puis après 1263 par des châtelains. Sous le régime bernois, le village resta le centre d'une châtellenie. Le curé de Dommartin dépendait du chapitre. Le premier pasteur, Guillaume de Liège, est mentionné en 1538. Registres de baptêmes dès 1611, de mariages dès 1612, de décès dès 1728. — DH V. [M. R.]

DOMO, de. Voir Haus.

DOMO D'OSSOLA. Voir Ossola (Val d').

DOMON. Famille originaire de Soulce (Jura bernois), fri bourgeoise en 1864. — Étienne-Ovide, * 1807 à La Chaux-de-Fonds, graveur et mécanicien. Mécanicien à Paris 1827-1828, puis au Havre où il monta une fabrique d'armes. Il revint à Paris en 1830 et y resta jusqu'en 1844 ; c'est pendant cette période qu'il inventa la première machine à impression sur papier à plusieurs couleurs et qu'il fabriqua des bronzes artistiques. Il fut aussi directeur d'une fabrique de pendules de luxe (cartel). A la suite de revers de fortune, il s'établit à La Chaux-de-Fonds comme fabricant d'horlogerie en 1845, puis à Neuchâtel en 1849. En 1851, il transféra son atelier à Morat, mais un incendie le ruina en 1856. Sa fabrique fut reconstruite à Montilier où il se fixa définitivement en 1860, et où il introduisit, outre l'horlogerie, la sculpture sur ivoire et nacre en 1870. Bourgeois d'honneur de Montilier 1864. Député en 1868. f -' juillet 1873. -- Étr. frib. 1874, 1917. [G. Corpataux.]

DOMPIERRE (C. Fribourg, D. Broyé. W.DGS). Coin, et paroisse. Anciennes formes: Dommun Pétri, 961 ; Dunpero, 1200 ; Donverro, 1228. Dompierre fut appelé Dompierre-le-Petit pour le distinguer de Dompierre-le-Grand = Carignan (voir cet art.). Dompierre, habité déjà à l'époque romaine, est mentionné pour la première fois en 587. La reine Berthe, en fondant le prieuré de Payerne, en 961, se réserva des terres à Dompierre. La localité dépendit plus tard des sires de Montagny (XIIIe s.), puis des ducs de Savoie, de la famille Anglais et de nouveau des ducs de Savoie. Elle passa à Fribourg à la fin du XVe s. et fut rattachée au bailliage de Montagny jusqu'en 1798, au district d'Avenches 1798-1803, à l'arrondissement et district de Montagny 1803-1830, au district de Dompierre 1830-1848, puis à celui de la Broyé dès 1848. L'État de Fribourg acheta la dîme en 1639 ; celle-ci occasionna de nombreuses difficultés avec le gouvernement bernois, propriétaire des anciens droits féodaux du couvent de Payerne. La commune fut mise sous régie en 1880, à cause de sa mauvaise administration financière. Le château est devenu, en 1816, propriété de l'État de Fribourg, qui y installa la préfecture de 1816 à 1848. LTne église existait déjà en 961 à Dompierre, mais il n'est pas impossible qu'il y en ait eu une au VI" s , dédiée à saint Pierre. La paroisse es1 citée en L228. — Voir Kuenlin : Dict. — Delhon : Dict. IV. — Regeste d'Hauterive. — Kirsch : Die âltesten Pfarrkirchen, dans !•'<: XXIV. - - M. de Diesbach :

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