‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 373 sur 425 · DORDRECHT (SYNODE DE · texte numérisé non relu

DORDRECHT (SYNODE DE

d'une famille du Dauphiné, fixée à Genève au débul du XVIIIe s. Après avoir travaillé pour La bijouterie,

pratiqua l'arl de la médaille. Professeur de modelage à Genève 1832- 1874. Œuvres au musée et à la Société des arts de Genève. Bustes de Jean Humbert, de Bellot, de Chaponnière, de F.-J. Pictet, etc.— V. SKL. [C. R.J DORDRECHT (SY NODE DE). Afin de mettre fin aux dissensions théologiques (|iu séparaient en Hollande les «remontrants > mi arminiens », partisans d'une interprétation plus large du dogme calviniste île la prédestination, ci leurs adversaires, les» contreremontrants », observateurs rigoureux des leçons de Calvin, le prince Maurice d'( >range lil convoquer un synode national à Dordrechl. Y l'urenl invités des représentants de tous les pays protestants. La Suisse y délégua : J.-J. Breitinger, de Zurich ; Sébastien Beck el Wolfgang Meyer, de Haie ; Jean Koch, de Schaffhouse : Marc Rutimeyer, de Berne Jean Diodati et Théodore Tronchin, de Genève. Le synode se tint du 13 novembre 1618 au 25 mai 1619 et prononça la condamnation des « remontrants » qui l'urenl poursuivis avec la dernière rigueur. Les délégués suisses furent parmi les plus grands adversaires du libéralisme arminien ; ils obtinrent du synode la reconnaissance du catéchisme de Heidelberg et de la seconde confession helvétique, comme sommaires de la foi réformée. - Voir Acta Synodi nationalis. Borgeaud : L'Académie de Calvin 1. — Blôsch : Gcscli. der schweiz. réf. Kirchen I. 397. [ E. B.l

DORÉNAZ (C. Valais, D. Saint-Maurice. V. DGS). Coin, qui au XIIIe s. appartenait aux Wycharchi, famille bourgeoise de Saint-Maurice. Vers 13011. elle passa à l'hospice Saint-Jacques de Saint-Maurice, dont les recteurs devinrent les seigneurs de Dorénaz qu'ils lirenl administrer par un châtelain. Une partie du territoire Alesses- Dorénaz relevait au moyen âge de la châtellenie de Marligny et devait des prestations au château de la. Bâtiaz. Après la complète du Bas-Valais, Dorénaz lil pailie du gouvernement de Saint-Maurice. 11 formail une bourgeoisie au XVIIe s. Au spirituel, Dorénaz dépendail de Saint -.Maurice. Il forme avec Collonges, depuis 1723, la paroisse d'Outre-Rhône. - Rivaz : Topographie. — Arch. locales et de l'abbaye de Saint- Maurice. [Ta.] DORER (TORER, THORER, DORRER). La plus ancienne famille patricienne encore existante de l'ancien comté de Baden. L'opinion selon laquelle elle descendrait des nobles von 'l'or (possesseurs du château de Freudenau sur l'Aar) doil aujourd'hui être abandonnée. Armoiries : d'azur à une porte d'or. Un obituaire de 1400 environ mentionne Jean Torerin el Hans Torers. Ils avaient probablement quitté Zurich pour Baden. Conrad, bourgeois 1488, es1 l'ancêtre certain de la famille. ^CONRAD, petit-fils du prénommé, deviul membre du Conseil et bailli ; ses fils HEINRICH et ULRICH l'ureiii avoyers. Dès lors, les Dorer occupèrent une place importante dans la vie publique de Baden comme avoyers, secrétaires de la ville, sous-baillis ou religieux. - 1. Hans-Caspar, avoyer dans les années impaires des 1661 ; il .joua un rôle significatif dans la reconstruction .Il itein. ri fonda eu 1675 une bourse d'éludés en faveur de ses descendants : elle existe encore maintenant. — 2. Johann-Ulrich, petit-fils du n° 1, secré-

DORK

taire de la ville 1679, avoyer Ki'.li el 1 7 1 ■' institua le fidéicommis du Hinderhof. — 3. Beat-Caspar-Anton,

lils (lu n" 2, capitaine de ville 1712, sous-bailli. Son fils 4. Johann-1 Flrich fui avover. — 5. Casp \n. peintre, t 1731, esl mentionné dans .SKL et ASA 1896. — 0. Jo- SEPH-LUDWIG, fut élu membre de l'assemblée du pays 1798. Son lils — 7. FraNZ-LuDWIG-FideliS, deviul landammann du canton d'Argovie. — 8. Ignaz- EDUARD, tils du n° 7, * 7 novembre 1807. appuya le soulèvement du Freiamt, mais chercha à éviter la suppression des couvents. Il prit une pari très active à la discussion des articles de Baden en 1834. Membre du Grand Conseil, du gouvernement et landammann 1838, député à la Diète 1839-1840, il quitta le gouvernement el, le Grand Conseil en 1842, adversaire de la suppression des couvents. Sa justification juridique es1 fori remarquable. Il publia en outre Xenien auf die eidgen. Schiitzenfeste in Basel und Glarus; des sonnets : Aus der Schweiz ; Kleine Schriften ; Jery und Bâtely ; J. M. B. Lenz und seine Schriften ; Johannes Secundus el enfin les Volkslieder ans Italien de sa belle-sœur Luise Egloff. t 27 mars 1804. — Weber : Nationalliteratur 2. — H. Schollenberger : Landammann E. Dorer-Egloff. -- 9. Robert, sculpteur, * 13 février 1830, lils du n" 8, étudia à Munich, travailla déjà au monument de Schiller et Gœthe à Weimar, de Rietschel. 11 obtint en 1863 le 1er prix pour le monument national à Genève, qu'il exécuta. 11 reçut ultérieurement des prix pour le monument d'Uhland à Tubingue, pour un autre dédié à Tell et pour celui de Zschokke à Aarau. t 13 avril 1893. — SKL. — 10. EDMUND-Arnold, écrivain, * 15 juin 1831, frère du n° 9 ; auteur d'études sur Laideron, Cervantes et Lope de Vega, de volumes de poèmes Cancionero et Granatblûten, de pièces de carnaval, Rudolf von Habsburg in Chronik und Dichtung, d'une biographie de J.-G. Zimmermann, etc. f 5 mai 1890 à Dresde. — H. Schollenberger : Ed. Dorer. — Sonnlagsblatt des Bund 1893. — NZZ 1898, n° 342. — C. Pasch : Ed. Dorer. — 11. Otto, architecte, * 31 mars 1851, construisit le bâtiment des télégraphes à Berne, celui des postes à Winterthour, Olten et Brougg, le technicum de Berthoud. etc. t 1921 à Passugg. — SKL. — Sur toute la famille Dorer : LL. — Merz : Wappenbucfi der Stadt Baden. — Fricker : Gesch. der Stadt Baden. \0. 7..] DORET. Famille fixée à Vevey au XVIIIe s. el qui esl une branche de la famille Matthey-Doret du canton de Neuchâtel. — 1. Jean-Frani ,:<>is, * 1742, bourgeois de Vevey, sculpteur-marbrier, auteur du monument Gessner à Zurich et d'autels de l'église des Cordeliers, à Fribourg. — 2. Louis, sculpteur, travailla avec Rude aux lias-reliefs de l'arc de triomphe de l'Étoile de Paris. - 4. David, fils du n° 2, 1821-1904, sculpteur, auteur du monument funéraire de Léopold Robert à Venise, de parties du monument Brunswick à Genève, du monument Maximilien de Meuron à Neuchâtel. — 5. Louis, 1825-1889, avocat, député 1870-1878, assassiné au Sépey. — [m. r.] — 6. Gustave, neveu du n° 5, chef d'orchestre, compositeur, critique musical. * à Aigle le 20 septembre 1866, élève de Joachim à Berlin, de Théodore Dubois et Massenet à Paris, chef d'orchestre des Concerts d'Harcourt à Paris 1893-1895, puis de la Société Nationale, directeur de la musique au Théâtre de l'Opéra Comique à Paris. Auteur de Voix de la Pairie, cantate pour l'inauguration de l'université de Lausanne; Sonnets païens 1892 ; Les Sept paroles du Christ 1894 ; Loys, drame lyrique : Les Armaillis 1901 ; Le Nain du llasli 1902; Nérine ou la fée d'Aï 1903; Le Peuple validais 1903; La Fêle des Vignerons 1905 ; La Nuit des Quatre Temps 1912; Tell 1914; Davel 1923; Chante Jeunesse, etc. Comme critique, il a publié entre autres : Musique et musiciens, 1915; Pour notre indépendance musicale, 1919. Chevalier de la Légion d'Honneur 1913. [A. B.]

DORF (C. Zurich, D. Andelfingen. V. DGS). Corn, politique el paroisse. Armoiries : d'argent à deux clefs en sautoir de sable. Dorf en 1044. Dorf faisait partie du comté de Kibourg. En 1428, la haute et la basse juridiction furent adjugées par arbitrage à Beringer de Hohenlandenberg qui avait en gage le bailliage d'Andelfingen ; en 1434, Zurich racheta le gage. Le couvent

DORFKH (IM DORF)

DORNACH (BATAILLE DE)

d'Allerheiligen à Schaffhouse, les seigneurs de Liebenberg, de

e couvent de Tôss,

Randegg, d'Ottikon,

d'Eggenberg, de Wagenberg, de

Gachnang et de Mandach, et les ^^ ~*> bannis de Wart avaient à Dorf des ^^ ^f I propriétés et des droits dont une ^W^r f partie passa au couvent de Tôss. \C Sous le gouvernement de Zurich,

f\f^^^\\ Dorf ressortissait au bailliage d'An- Vl CJê delflngen; de 1798-1803 au district de ce nom ; de 1803-1815, au district de Winterthour, dès lors au grand bailliage d'Andelfingen (district depuis 1831). Au spirituel. Dorf appartint à Rheinau et dans la, suite à Andelflngen. En 1638, le gentilhomme Schmid, qui résidait au château de

des domaines du comte Hartmann le jeune de Kibourg dans la Suisse occidentale. — Voir UZ III et IV. [H. Br.]

DORMANN. Famille de Rapperswil, originaire de Busskirch sur le haut lac de Zurich. — 1. Kaspah, 18:28-1903, Dr jur., fut longtemps membre du Grand Conseil, de la troisième constituante saint -galloise ; surtout influent vers 1860. Il publia aussi quelques œuvres littéraires. — Voir St. Galler Nbl. 1904. — [Ht.] -- 2. Léo, * 1870, colonel 1910, colonel divisionnaire et commandant, de la cinquième division depuis 1920. — PS 1920, 218. [L. S.]

DORNACH (C. Soleure, D. Dorneck. V. DGS). Coin, et paroisse comprenant Dornach-village et Dornachbrugg. En 1223, Tornacho ; en 1307, Tornegg ; en 1402, Tornach. Armoiries: voir art. Dorneck. Le nom est d'origine celto-romainc. La découverte d'objets

Kaiserliche Impériaux Lagerplëtze Artillerie

Cgmps Artillerie

Welsche Garde flùekzugslinie desFeindes

Garde walhne t Ligne de retraite de l'ennemi Gewalthaufe tmederl. Hnechte) Corps de bataille

Solothurner, Berner, Zùrcheryverschossene'Knechte. Soleurois, Bernois, Zuricois et "enfants perdus"

£ Lagerplàtze Weg der Vorhut i

Camps " Chemin de lavant-garde

r*i Vornut Weg des Gewatthaufens

Avant garde Chemin du Corps de bataille

É Gewalthaufe S Beobarhtungspunht der HaupHeute

Corps de bataille '-' Point d'observation descapitames

Zuger a. Luzeoner Zougois et Lucernois Ihre Verstarhung im Gefecht leur renfort pendant le combat Ihre //nmarschrichtung leur direction de marche

Plan de la bataille de Dornach.

Goldenberg, fonda avec l'aide de la commune une paroisse particulière, dont le droit de collation passa bientôt à Zurich. Population : 1634, 187 hab. ; 1860, 448 ; 1920, 326. Registres de baptêmes et de décès, dès 1662 ; registre de mariages, dès 1690 ; registre des catéchumènes, dès 1790. — SSIi.— TU.— US. — Rueger : Ckronik. — ZT 1923. — Nuscheler : Gottesh. [L. Forrer.]

DORFER (IM DORF). Famille éteinte d'Unterwald ob dem Wald, paroissiens de Kerns. Heini Im Dorf tomba à Morgarten, Peteu et Niklaus Dorfer à Saint-Jacques, 1444, Uli et Niclaus Dorferà Marignan, 1515. — Voir obituaire de Sarnen. — Kuchler Genealoqische Notizen. [Al. T.]

DORFMANN. Voir COMANDER.

DORIGNY (C. Vaud, D. et Com. Lausanne). Lieudit au Sud-Ouest de Lausanne, où l'on trouva les restes d'une villa romaine (Durignacum). Le château a été construit en 1770 par la famille de Loys qui le possède encore. — DHV. [M. H.]

DORLIKON (C. Zurich). Voir Thalheim.

DORLIKON, von. Ministériaux des Kibourg, originaires du village zuricois de Dorlikon, plus lard Thalheim dans la vallée de la Thour. — JOHANNES, mentionné de L256 à 1273, s'occupa surtout de l'administration

de l'époque de la Tène atteste l'existence d'habitations antérieures à la civilisation romaine ; des dalles tombales remontent aux premiers temps de l'époque germaine. Pour l'histoire de Dornach jusqu'à l'acquisition de la seigneurie de Dorneck par Soleure, voir art. Dorneck. La collation de l'église, fut inféodée par l'Autriche au comte Simon de Thierstein en 1360. En 1502, les Thierstein la vendirent à Soleure. En 1529 et en 1530, la majorité se prononça pour la Réforme. En 1531, une partie des objets consacrés au culte furent vendus aux enchères. Dès 1533, Dornach retourna à l'ancienne foi. Dans la nef de l'église, dédiée à saint Maurice, est le tombeau du mathématicien P.-L. Moreau de Maupertuis, mort en 1759, monument érigé par Jean Bernoulli, restauré en 1826. Population avec Dornachbrugg : 1829, 675 hab.; 1870, 1040; 1900, 1543; 1920, 2326. Registres de baptêmes (1rs 1674, de mariages et de décès dès 1624. -- Bibliogr, comme pour l'art. Dornachisrugg. [J. K.]

DORNACH (BATAILLE DE) (22 juillet 1499). Victoire des Confédérés qui marqua la fin de la guerre de Soiia.hc. Après avoir longtemps cherché la décision sur les fronts Es1 e1 Nord-Est, l'empereur Maximilien projeta une attaque combinée par le N.-E. et le N.-O.

DORNACHBRUGG

DORNECK

Comptanl diriger lui-môme une surprise contre Rorschach, il chargea le comte Henri de Furstenberg de marcher avec environ 16 (Mio hommes sur Dornach, clef du territoire de Soleure. Cette armée campa le

22 juillet devant le château, préparant l'attaque pour le lendemain. Soleure, informé à temps de ce qui se préparait, avait pu avertir ses alliés et le 22, dès midi déjà, une troupe de 5000 hommes (Soleurois, Bernois et Zuricois) concentrée à Liestal s'avançait vers la Schartenfluh d'où les Confédérés, voyant l'armée ennemie répandue sans ordre dans la plaine entre Arlesheim et Dornach, l'assaillirent à l'improviste vers 4 h. du soir, s'emparèrent de l'artillerie de siège, puis furent arrêtés pendant plusieurs heures par les vétérans et la cavalerie de l'ennemi campés en deuxième ligne.

Le sort du combat était indécis lorsque, à la fin de la journée, les contingents lucernois et zougois, forts d'environ 1200 hommes, surgirent parla Schônmatte et Birseck sur le flanc gauche et les derrières de l'ennemi, ce qui décida de la victoire.

Les Impériaux se retirèrent, laissant sur le terrain plus de 3500 morts, parmi lesquels leur chef tombé déjà dans la première phase du combat. Selon une tradition, les Soleurois ne permirent pas qu'une sépulture particulière fût accordée aux chefs, disant :

« Les seigneurs resteront avec les paysans. » La bataille de Dornach mit fin à la guerre ; l'empereur fut obligé de conclure la paix à Bàle (sept. 1499). La chapelle de la bataille de Dornach (dédiée à Marie- Madeleine), avec son célèbre ossuaire, conserva le souvenir de cet événement mémorable. — Voir la bibliographie dans Dierauer II, p. 443, note 1. — E. Tatarinoff : Die Schlachi bei Dornach, Festschrift 1899.— ZSK

1910. [TATARINOI'K.]

DORNACHBRUGG (C. Soleure, D. Dorneck. V. DGS). Partie du village de Dornach au bord de la Birse qui marquait autrefois la frontière entre Soleure et Bâle. Soleure fortifia au milieu du XVIIe s. la tête du pont située sur son territoire et y érigea une tour et une porte. L'ancien pont de bois fut remplacé par un pont de pierre qui fut orné de la statue en pied de saint Népomucène. En 1813 le pont et la tour furent détruits par une inondation qui coûta la vie à 37 personnes. Le pont actuel fut achevé en août 1823. En aval du pont, l'ancien greffier Burgi reconstruisit en 1648 le moulin qu'il avait acquis de l'autorité. En 1650 fut érigée en cet endroit une superbe demeure avec r pignons crénelés qui servit un temps de greffe et qui portait le nom de Unteres Schlôssli. En 1672 des capucins s'établirent à Dornachbrugg comme desservants de la chapelle de Sainte-Madeleine. Le 16 juillet 1676 ils prirent possession du couvent nouvellement construit. Au-dessus de l'autel central est une descente de croix attribuée au peintre Georges Brandmuller (1661-1691), elle a subi plusieurs restaurations. En 1895 furent établies à Dornachbrugg des usines métallurgiqui Voir Heierli : Carte archéologique. —

F. Eggenschwiler : Die territ. Entwickl. des Kts. S. — TatarinoS dans Merz : Burgen des Sis'jaus. — \. Schmid : Kirchensàtze. — Schmidlin : Solothurns Glaubenskampf. — Wind : Gesch. des Kapuzinerklosters

Prise du château de Dorneck en 1499. D'après une gravure sur huis du maître D. S. (probablement identique à Thoman Schwartz 1499). Cabinet des Estampes à Bàle.

Dornach. — Môsch : Die Solothurn. Volkschule. — Bahn : Mittelaltert. Kunstdenkmâler des Kts. Sol. [J. K.]

DORNBÙHL. Voir Donnerbùhl.

DORNECK (C Soleure. V. DGS). Château, district, préfecture, autrefois seigneurie et bailliage. Armoiries : d'argent à deux hameçons adossés de sable. On ne sait rien sur le château de Dorneck avant 1356 : il fut probablement construit par les Thierstein après le grand tremblement de terre de 1356, sur les ruines d'une construction plus ancienne. Le comte Sigmund II de Thierstein- Farnsburg, qui le possédait en bien allodial,

doros

DOSSENBACH

le céda en 1360 avec ses dépendances au duc Rodolphe d'Autriche dont il le reçut en retour à titre de fief héréditaire. La veuve de Sigmund le vendit en 1384 avec des parties de la seigneurie, la moitié du village de Dornach et celui de Gempen à son suzerain Léopold III. L'autre moitié de Dornach et le droit de pèche dans la Birse demeurèrent aux Thierstein. Léopold IV d'Autriche remit le château en fief en 1394, à Hermann Efringer, bourgeois de Bâle ; cette situation dura jusqu'à la guerre de Souabe (de même que la domination des Thierstein sur le reste de la seigneurie de Dorneck) et les Efringer se firent aussi remettre plus tard en fief la portion que les Thierstein avaient conservée. Bernhard Efringer commença après 1462 à vendre par lots tout son fief, d'abord à des bourgeois bâlois, puis en 1485 à Soleure pour 1900 florins. Les Thierstein et Soleure furent alors côte à côte maîtres de la seigneurie de Dorneck. En 1502, Soleure, traversant les projets de Bàle, devint propriétaire de toute la seigneurie y compris la collation de l'église de Dornach. Après la bataille de 1499, il se mit à rénover le château, puis à l'agrandir, 1500 et 1501. D'autres améliorations et constructions suivirent en 1509, entre autres la typique couronne de créneaux. Des seigneuries de Dorneck, Buren, Seewen, St. Pantaleon, Hochwald et Gempen, dont la possession indiscutée ne lui fut assurée que par une sentence arbitrale, en 1532, après le Galgenkrieg, Soleure constitua le bailliage de Dorneck et édifia au commencement du XVIe s. un bâtiment de douane à Dornachbrugg. Ce fait, joint à la mise en vigueur du rentier de 1518- 1519, provoqua le mécontentement des nouveaux sujets. Les troubles paysans, qui atteignirent leur maximum à Dorneck en 1525, engagèrent Soleure à renforcer le château, siège baillival ; le grand et le petit rempart furent construits en 1548 et 1549. Soleure entretint dès 1792 une garnison en armes à Dorneck ; un club de patriotes fut découvert à Dornachbrugg en 1794. Les Français attaquèrent le château le 1er mars 1798 ; ils en furent maîtres au second assaut et l'incendièrent. Quand les autorités helvétiques vendirent les biens nationaux, la commune de Dornach acquit aux enchères le domaine du château. La ruine s'effondra dans le cours du XIXe s. man la commune de Dornach l'ayant remise à l'État en 1902, ce dernier y exécuta de 1903 à 1906 des travaux de restauration, encore inachevés. Le district de Dorneck créé par la République helvétique fut divisé en 1803 en deux hautes-préfectures, Dorneck et Thierstein ; celles-ci devinrent des districts en 1831, formant ensemble la préfecture de Dorneck- Thierstein. — Voir E. Tatarinoff dans Merz : Die Burgen des Sisgaus. — Rumpel : Die letzten Zeiten des Schlosses Dorneck. — Collections officielles. [J. K.] DOROS, Jeun, évêque de Lausanne. Armoiries : d'or à la fasce d'azur chargée d'une rose d'argent boutonnée d'or. * à Poligny (Franche-Comté) vers 1537, il entra dans l'ordre de Cluny au monastère de Vaux, dont il devint prieur. Dr en théologie et en droit canon, il enseigna ces deux branches à l'université de Dôle et fut nommé, en 1582, distributeur et vice-chancelier de l'université. Suffragant de l'archevêque de Besançon en 1583 ou 1585, avec le titre d'évêque in partibus de Nicopolis. Le 10 avril 1600, le pape Clément VIII le nomma motu proprio à l'évêché de Lausanne, dont le siège était vacant depuis la mort d'Antoine de Gorrevod (1598). Le nouvel évêque obtint du gouvernement fribourgeois, le 17 décembre 1601, l'autorisation de séjourner dans le pays, aussi longtemps qu'il lui plairait, et le titre de bourgeois de Fribourg. Après une visite de ses paroisses, Mgr Doros soumit au gouvernement un mémoire sur l'état moral et religieux des paroisses fribourgeoises et sur les réformes à y réaliser. En 1602, il entama des négociations avec les autorités civiles de Fribourg au sujet de l'exercice de la juridiction épiscopale, de la résidence de l'évêque de Lausanne et de la restitution des biens de l'évêché, spécialement de Bulle.

Sur ces deux derniers points, les parties conclurent, le 18 mars 1603, un arrangement par lequel l'évêque renonçait, contre certaines compensations, à ses droits sur Bulle et à tous les autres biens que l'église de Lausanne possédait autrefois en pays fribourgeois. Le pape ne ratifia cet accord qu'en 1615. Entre temps, Mgr Doros était mort en septembre 1607 à Chaux-Lès-Clerval. — Voir Schmitt: Mémoires sur le diocèse de Lausanne IL — Holder : Une. visite pastorale du diocèse de Lausanne en 1602- 1603, dans Revue Suisse cath. 1901. — Holder : Les visites pastorales... depuis la fin du XVIe s., dans ASHF VII. — Holder : Beitràge zur Gesch. der Synodalgesetzgebung der Diôzese Lausanne, dans Kath. Schweizerblàtter 1901. — Dubois : Armoiries des évêques de Lausanne, dans AHS 1910. [j. n.]

DORSAZ. Famille de Liddes (Valais) ; a donné plusieurs chanoines au Saint-Bernard, entre autres Gaspard, de 1830 à 1850, protonotaire apostolique. — 1. Pierre-Nicolas, servit de guide à Bonaparte, le 20 mai 1800, lors de son passage au Grand-Saint- Bernard. — 2. Juvénal, 1809-1879, devint conducteur principal des Ponts et Chaussées en France et dirigea d'importantes entreprises, f à Nice. [J.-B. B. et Ta.]

DORTA (TORT) . Ancienne famille grisonne de Coire et de l'Engadine, mentionnée la première fois à Coire en 1380. Éteinte à Coire. — Domenig prévôt de corporation 1579. — HANS, maître de corporation 1606. Des représentants de la branche de l'Engadine vivent encore à Schuls, Samaden et en Italie. Le nom doit venir du quartier de Dorta à Zuoz. Les registres matricules du synode rhétique contiennent un grand nombre de pasteurs de ce nom. — 1. Jakob, pasteur à Trins, à Thusis 1643-1654, à Schuls, traduisit la Bible en ladin, en collaboration avec le pasteur J.-A. Vulpi à Fetan ; f 1672. — 2. Jakob-Heinrich, fils du n° 1, V. D. M., fonda une imprimerie à Schuls, 1662, avec J.-P. Saluz ; il y édita la même année une version romanche de l'Exode et, en 1679, la première Bible en idiome de la Basse-Engadine, puis d'autres œuvres religieuses. Il y installa aussi une fabrique de papier, f 1684 — Voir Luthi-Tschanz : Die romanischen Bibelausgaben. — Sprecher : Geschichte der Republik der 3 Bunde. [C. Camenisch et J.-B. T.]

DORTANS, de. Famille noble originaire du Bugey, fixée au Pays de Vaud au XVe s. Armoiries : de gueules à une fasce d'argent accompagnée de trois annelets du même. — Claude, f 1541, conseiller et chambellan du duc de Savoie 1490, lieutenant du gouverneur de Vaud, gentilhomme de la Cuiller, participa au blocus de Genève, défendit Yverdon contre les Bernois en 1536 ; il acquit les seigneuries de l'Isle et de Bercher par son mariage avec Antoinaz de Glérens. De ses petits-fils, l'un — Albert, f vers 1600, fut seigneur de l'Isle, et n'eut qu'une fille qui transmit son patrimoine aux de Chandieu ; l'autre — Claude, fit souche de la branche des seigneurs de Bercher qui s'éteignit avec Samuel en 1683. [M. B.]

DORTU, Jean-Jacques, dit Jacob, * à Nyon (C; Vaud) en 1749 d'une famille originaire de Vieux- Dampierre en Champagne. Directeur de la fabrique de porcelaine de Nyon de 1789 à 1813, puis de la faïencerie Baylon à Carouge, donna à l'établissement de Nyon l'impulsion qui fit sa renommée. — SKL. — De Molin : La Porcelaine de Nyon. [M. B.]

DOSCH. Ancienne famille indigène à Conters dans l'Oberhalbstein. Le nom est une abréviation de Theodosius = Dosi. Armoiries : de sable à une colombe d'argent passante tenant une étoile dans ses pattes, et à une couronne en chef. — Johann-Otto, bailli de la haute-juridiction d'Oberhalbstein 1712-1714, f 1714. — [J. B.] — Vinzenz, prêtre 1796, curé de Trimmis 1 803- 1809, aumônier du couvent de Munster, chanoine 1825, théologien de la cathédrale à Coire, f 1849. [J.S.J

DOSSENBACH. Ancienne famille de la commune de Baar (Zoug). Bartholom^eus, tomba à la bataille de Novare en 1513. — 1. P. Michael, professeur et bibliothécaire au couvent d'Einsiedeln, 14 décembre 1759- 4 juin 1833. Il a laissé dans les archives du couvent des notices manuscrites concernant sa fuite lors de l'invasion française. Ses travaux manuscrits et imprimés, assez nombreux, sont énumérés dans l'ouvrage du P. R.

hossoN

1)01 'ANE ET PEAGE

Henggeler : Die Zuger Conventualen in Einsiedeln, p. SI. 2. Osw \lh, 17 décembre 1824-12 février 1883, grand conseiller en 1848, greffier de l'office îles hypothèques 1850-1861, présidenl du tribunal cantonal 1856- L868, conseiller aux États 1868-1877, conseiller d'Étal en 1870, landammann en I is <s : i . A Baar, sa commune d'origine, il fui depuis liST'i présidenl de commune et, en même temps, directeur du Crédit Suisse à Zoug. Il se distingua comme orateur e1 comme écrivain lorsqu'il lui délégué du canton de Zoug à la conférence du diocèse à Soleure en 1870 e1 comme chef du parti conservateur. Sa sœur 3. Wilhelmina, 14 avril

1838-11 février 189(5, fui abbesse du couvent des cisterciennes à Frauenthal 1874-1896. ■ Voir W.- J. Meyer : Zugerbiographien, p. 30-31. [w.-J. Meyer.]

DOSSONjAi.ms, 1783-1859, de Fétigny près Payerne, entra au couvent d'Hauterive en 1810, e1 en fut le dernier abbé en 1831. Après la suppression d'Hauterive en 1848, il se retira d'abord à la Maigrauge, puis à Fétigny où il mourut. — Archives d'État de Fribourg. [P. -A. Steiger.]

DOTATION (CONFLIT DE) (1833-1841). Conflit entre la ville et le canton de Berne au sujet des biens partagés en 1803-1804 entre la bourgeoisie et l'État. En 1831 le gouvernement aristocratique attribua à l'hôpital de l'Ile et à l'hôpital extérieur une dotation au capital de 1 250 000 fr. en lieu et place de l'allocation annuelle de 40 000 fr. versée jusqu'alors.

En 18331a légitimité de cette dotation fut attaquée au sein du Grand Conseil pour le motif que le gouvernement de 1831 n'aurait plus été compétent pour l'effectuer.

Une commission instituée à cet effet travailla pendant 8 ans au dépouillement des pièces relatives à la procédure de séparation des biens dès 1798. En 1841 la commission fut dessaisie et le Conseil exécutif liquida le différend par un compromis (26 juillet) entre la bourgeoisie et l'État. Toutes inculpations et poursuites furent abandonnées. Les deux hôpitaux érigés en fondation, reçurent une dotation de 1500 000 fr. fournie moitié par la ville et. moitié par l'État. En 1851, Jakob Stâmpfli ayant réveillé le contlit par des articles dans la Berner zeitun g, l'agitation gagna de nouveau tout le pays, provoqua la nomination d'une nouvelle commission et une demande de dissolution du Grand Conseil. Cette demande échoua devant le peuple le 18 avril 1852. L'agitation tomba et l'affaire fut enfin classée après le rejet, le 9 mars 1853, d'une proposition de Stâmpfli tendant à faire examiner de nouveau la dotation. Une attaque de celui-ci dans le Bernerzeitung valut à son auteur 49 procès en diffamation intentés par des patriciens et qui tournèrent à son désavantage. Voir Beschvierdeschrift des Bùrgerrates gegen den Begierungsrat (Berne 1840). — Bericht und Antrag der... Dotations... Kommission (Berne 1839). — Bemerkungen iiber den Antrag der Dol.-Korn. (Berne 1840). — Dotations geschichte (Berne 1851). — Rud. Wyss : Gesch. des Stadt- und Staatsgutes der alten Bep. Bern (1851). — Le même : Nachtrag... (1851). — Bericht ûber den soq. Dot. Verqleich (1851). — Ueber das Schicksal... der bernischen Staatskassen (1851). — BT 1854 et 1856 (Chronik), 1897 (E. Bàhler). — Th. Weiss : J. Stâmpfli. [H. Tr.]

DOTTA, Carlo, d'Airolo, 1824-1880. Syndic d'Airolo, député au Grand Conseil tessinois 1871-1877, député au Conseil des États en 1871, 1862 lieutenautcolonel. — Severino, 1851-1900, archiviste d'État de 1883 à sa mort, fondateur de la Société tessinoise de statistique. Auteur de : / Ticinesi nei consigli délia Confederazione e del Cantone. — Voir Educatore délia Svizzera italiana 1880 — Dotta : I Ticinesi. [C. T.]

DOTTENWIL (C. Saint-Gall. V. DOS). Château et hameau. En 1387, Taltenwile. A l'origine, propriété du ,' liapitre de Constance, ce hameau étendu fut vendu à des particuliers en 1429 et plus tard morcelé. Peter Graf y édifia, vers 1550, un petit château que Christof Buf fier remplaça au XVIIe s. par un bâtiment plus grand qui sert actuellement de maison des pauvres à la commune de Wittenbach. L'endroit fut une station climatérique très fréquentée de 1807 à 1816. — Voir A. Naef : Chronik. p. 847. [Bt.]

DOTTIKON (C. Argovie, D. Bremgarten. V. DOS).

(loin, el paroisse. En 1179, l'oli iichoii . Sous la dominalion autrichienne, Dottikon dépendait du bailliage de Lenzbourg. Le couvenl de Mûri y possédai! une ferme qui passa en I •''>■"> 1 à celui de Kônigsfelden. Lors de la conquête de l'Argovie, 1415, le bailliage de Dottikon fut incorporé au Freiamt. Lue chapelle y es1 mentionnée en 1436. La partie du village au Sud de la Bunz relevait de la paroisse de Staufberg, l'autre d'Ammerswil. Il passa à la Réforme, mais se rétracta après la bataille de Cappel et fut rattaché à Hâgglingen. Dottikon eut sa propre église dès 1865 et devinl paroisse en 1807. Les troupes vaudoises pillénnl el incendièrent l'endroit en 1656 lors de la première guerre de Villmergen. On y découvrit de la houille en 1837, mais elle n'est pas exploitée.

Berceau de la famille von Tottikon qui y possédait des biens et dont un rameau prit le nom de Meier von Kûssnacht. On ne connaît aucun château à Dottikon. La famille doit avoir émigré très tôt à Kûssnacht et Lucerne ; au commencement du XIVe s. elle est au Nidwald où par alliance avec des familles influentes, elle atteint une situation en vue. La landsgemeinde du 13 février 1382 l'exclut à perpétuité de toutes fonctions publiques, ainsi que les Waltersberg et les Hinwil. — RUDOLF, bourgeois de Lucerne, est mentionné 1257-1273. — Ulrich, Meyer de Kûssnacht, chevalier, 1257-1270. — Armoiries : de sable à une pointe d'argent accompagnée de deux massues (?) du même. — Voir Merz : Burganlagen. — Le même : Die Gemeindewappen des Kantons Aargau. — Zschokke : Geschichte des Aargaus. — Bronner : Der Kanton Aargau. — Arg. 23 et 26. [F. w.]

DOTZIGEN (C. Berne, D. Buren. V. DGS). Corn, et Vge dans la paroisse de Diessbach. Vestiges néolithiques à la Riedmatte. Aux Eichâcker, on a trouvé une hache de bronze. C'est du même endroit que provient aussi probablement une hache-marteau en serpentine ; au Dotzigenkôpfli se trouvent une série de sépultures de l'époque de Hallstatt qui furent découvertes en 1850. Dans le village même, des fondations d'origine romaine furent mises à jour lors delà construction de la nouvelle fromagerie. La maison de Rodolphe Gilgen est assise aussi sur des fondements romains. De nombreux objets ont été exhumés sous la forme de monnaies, de tuiles, de couteaux pliants et de haches. Ce groupe de maisons romaines était situé au bord de la route de Petinesca à Salodurum. — E. Schmid : Vorgeschichte nus der Gegendvon Diessbach bei Biiren, dans JSGU 1909, lersuppl. — [O.T.] — Burkhard de Soleure légua en 1182 son alleu de Tocingen au chapitre de Saint-Ours à Soleure. Les propriétaires primitifs du sol étaient les comtes de Strassberg, à côté desquels apparaissent au XIIIe s. notamment l'abbaye de Gottstatt et la maison des chevaliers de Saint-Jean de Munchenbuchsee. Dotzigen échut à Berne en même temps que la seigneurie de Buren. Il fut à l'origine une paroisse indépendante dont le droit de collation appartenait au couvent de Gottstatt, mais fut réuni en 1539 avec celui de Diessbach. — Voir von Mulinen : Beitr. VI. — Jahn : Chronik. [H. Tr.]

DOUANE ET PÉAGE. Le terme de douane, qui a remplacé depuis peu en Suisse celui de péage, désigne avant tout le droit imposé aux marchandises à leur entrée dans le pays. La douane a un caractère fiscal et tend aussi à protéger le commerce et l'industrie indigènes. Le péage, par contre, était un droit de passage prélevé sur les marchandises et le bétail pour l'entretien des ponts ou des routes. Il ne favorisait en rien le marchand indigène, qui y était soumis aussi bien que l'étranger. Les Romains percevaient déjà des péages aux points de croisement des routes. Au moyen âge, le droit de péage relevait du pouvoir royal, mais la remise de postes de péage, à titre de fief et d'hypothèque, à des princes temporels ou spirituels ou à des communes, morcela cette régale en une multitude de droits locaux. Les droits de passage et les nombreuses redevances qui s'y ajoutèrent, formèrent ainsi en Suisse, jusqu'à leur suppression au milieu du XIXe s., une institution très diverse par l'origine, le mode de per-

DOUANE ET PEAGE

DOUANE ET PEAGE

ception et de calcul des nombreux impôts prélevés sous ce nom général de péages. On en comptait environ 500 variétés vers 1848. Parmi les principales de ces redevances, il faut citer au moyen âge : les droits de transit, de marché, L'ohmgeld, l'angal, le banvin, donl plusieurs se retrouvèrent dans les tarifs jusqu'en

A l'origine, les péages étaient une compensation de la sécurité accordée aux commerçants contre les entreprises des seigneurs pillards. Avec l'accroissement du trafic, il fallut chercher de nouvelles ressources pour couvrir les frais d'entretien des routes ou la construction des ponts. On eut alors les droits de pontonnage et de chaussée. Ceux-ci perdirent bientôt leur caractère essentiel de contribution pour n'être plus qu'une redevance fiscale. Mais la diversité des droits et des tarifs, !a multiplicité des postes de péage, l'affermage de ceuxci par l'autorité, ouvrirent la porte à l'arbitraire, à l'injustice et à la confusion. A Berne, on institua en 1713 un service spécial : la direction des douanes pour l'administration des routes et la perception des péages en terre bernoise. Mais jusqu'à la chute de l'ancienne Confédération, les systèmes les plus variés régnèrent de canton à canton. Certains tarifs accusaient même d'une région à l'autre d'un territoire, des taxes différentes et des injustices. A l'intérieur des cantons, presque toute ville un peu grande avait encore un octroi. Beaucoup de bourgeois, les ecclésiastiques et les baillis jouissaient, à titre personnel, de la franchise de péage.

La République helvétique avait inscrit à son programme la réforme des péages et un décret des Conseils législatifs, du 8 mai 1798, ordonna la suppression des barrières intérieures. Les lois du 4 mars et du 4 décembre 1799 ordonnèrent l'élaboration d'un tarif général, mais pratiquement on ne parvint pas à améliorer le système des péages. L'art. 5 de l'Acte de Médiation prescrivait l'abolition de la traite foraine, de l'octroi, des droits de douane et de transit, et l'art. 6 maintenait en même temps les péages destinés à l'amélioration des chemins, des routes militaires et des cours d'eau. L'interprétation de ces deux articles par la Diète eut pour résultat de conserver intégralement l'ancien état de choses.

A cause du blocus continental imposé par Napoléon, il fallut créer par décret du 5 juillet 1806 un cordon douanier unique. Il ne fut soumis qu'en 1810 d'ailleurs à une administration fédérale, après qu'un simple tarif, dit tarif du blocus continental, du 9 novembre 1810, eût été remis au landammann de la Suisse, pour être mis en vigueur. La Diète supprima cette organisation douanière en novembre 1813 après la défaite de Napoléon à Leipzig, mais décréta la perception d'un droit d'entrée aux frontières afin de recouvrer les frais de l'occupation de celles-ci. Cette taxe fut supprimée dès le 20 juillet 1814.

L'art. 3 du Pacte fédéral de 1815 établit entre autres, en vue d'alimenter une caisse de guerre, un droit d'entrée à percevoir sur toutes les marchandises qui n'étaient pas de première nécessité. Les cantons-frontière devaient le prélever et adresser leurs comptes à la Diète. A côté de cette barrière externe, les péages intérieurs demeuraient intacts (art. 11). Par contre, Je Concordat de Représailles (voir cet art.) créé en réponse aux mesures protectionnistes françaises, est le premier essai dû à l'initiative suisse de constituer le pays entier en une seule région douanière avec une barrière unique placée à la frontière. Il ne donna pas le résultat espéré, pas plus que le concordat du 12 juillet 1830 concernant les taxes intérieures, dû aux efforts de J.-C. Zellweger, de Trogen, ratifié par 14 cantons, mais qui ne fut jamais exécuté. Ce fut à l'époque de la < régénération » qu'une série de cantons se mirent d'eux-mêmes à réorganiser leurs systèmes de péages dans un sens plus libéral : Zurich par sa loi du 17 décembre 1835 ; Berne, par divers projets quelquefois rejetés, de 1831. 1835, 1838 et 1841, puis par la loi du 28 février 1842 ; Lucerne par les lois du 15 février 1837 et du 24 novembre

1838 ; Saint-Gall par celles du 4 mai 1837 et du 13 juin

1839 : Tessin par celles des 26 janvier et 24 février 1843 ;

Argovie par le décrel du Grand Conseil du 11 juin 1834 ; Vaud par la loi du 20 décembre 1833 et les ordonnances douanières des 14 août 1835 et 15 mai 1836 ; Neuchâtel par la loi du 30 mai 1836 ; Genève par celle du 8 juin 1838. Ces revisions cantonales eurent avant tout pour résultat de favoriser le transit. La Diète engagea par décret, le 17 août 1846, le Vorort à continuer les travaux préparatoires en vue d'une revision générale des péages suisses, depuis longtemps au programme. Dans les années suivantes, la Diète étudia la possibilité de constituer la Suisse en une unité douanière. Des cantons essayèrent en attendant de former entre eux de petites unions douanières ; ainsi, à l'invitation de Berne, les délégués de Zurich, Berne, Glaris, Soleure, Bâle-Ville et Campagne, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Saint-Gall, Grisons, Argovie et Thurgovie se réunirent à Aarau dans l'arrière-automne 1847 pour discuter d'un concordat, qui, à la vérité, n'entra pas en vigueur à cause de la guerre du Sonderbund sur le point d'éclater, mais servit de base à la commission de revision de 1848.

La constitution fédérale de 1848 attribua les péages à la Confédération. Elle lui donnait, en outre, le droit de racheter les divers droits cantonaux, droits de pontonnage, de chaussée, ohmgeld, etc., moyennant, un dédommagement. Un cordon douanier unique était placé à la frontière, et le produit des taxes d'importation, d'exportation et de transit réparti aux cantons à raison de 4 batz par tête de population. Le surplus revenait à la Confédération. L'institution d'un péage unique eut pour résultat de procurer un important élément de ressources à la jeune Confédération. La douane n'avait encore qu'un but fiscal, mais sous la pression des circonstances, elle prit dans la suite un caractère de plus en plus protectionniste. Elle constitue encore actuellement la principale ressource de la Confédération.

La loi fédérale sur les péages a été adoptée le 30 juin 1849 ; elle était accompagnée d'un tarif. Le commerce et les douanes formèrent l'un des sept départements fédéraux. La Confédération négocia d'abord avec les cantons, puis ceux-ci avec les communes, corporations et particuliers le rachat des droits de péage, et l'on parvint à s'entendre dans la grande majorité des cas, moyennant une annuité globale de 1 700 000 fr. Les quelques péages maintenus jusqu'à nouvel ordre, sur certains ponts ou routes, furent également rachetés l'un après l'autre dans les vingt années suivantes. La frontière suisse avait été divisée en cinq arrondissements administratifs ou circonscriptions douanières : 1. Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Argovie avec direction à Bàle ; 2. Zurich, Schaffhouse et Thurgovie avec direction à Schaffhouse ; 3. Saint-Gall et Grisons avec direct ion à Coire ; 4. Tessin avec direct ion à Lugano ; 5. Valais, Vaud, Genève et Neuchâtel avec direction à Lausanne. Le 2 décembre 1850 déjà, Genève et Valais formèrent un sixième arrondissement, détaché du cinquième. Une direction supérieure des douanes fut chargée de l'administration générale, avec siège à Berne. L'Assemblée fédérale édicta aussi le 27 août 1851, par suite de l'introduction d'un nouveau système monétaire, un nouveau tarif qui resta en vigueur durant plus de 30 ans, sous une forme modifiée dans l'ensemble par des décrets ultérieurs et des traités de commerce.

La constitution revisée de 1874 supprima les dédommagements payés jusqu'alors aux cantons pour le rachat des douanes intérieures, à l'exception de ceux que les cantons d'Uri, Grisons, Tessin et Valais continuèrent à toucher pour leurs routes alpestres internationales, soit : Uri 80 000 fr., Grisons 200 000 fr., Tessin 200 000 fr. et Valais 50 000 fr. Elle décida encore que les octrois et droits analogues devaient prendre fin sans indemnité en 1890.

Les tarifs douaniers ont été atténués dans une certaine mesure par la conclusion de traités, de commerce avec les différents États étranges.

La revision du tarif général de 1851 fut réclamée dès 1872 ; entre cette date et 1882, époque où le Conseil fédéral fut invité à présenter des proposi-

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