‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 404 sur 425 · EGGS · texte numérisé non relu

EGGS

EGGERSRIET (C. Saint-Gall, D. Rorschach. V. DGS). Vge, Com. et paroisse. Il n'est attesté de façon certaine que depuis le XVe s., sous la forme Nenggersriet (terre défrichée appartenant à Nanlgêr), plus tard aussi Enkersriet. Les nobles de Rorschach vendirent en 1431 à l'abbaye de Saïnt-Gall leurs droits sur les biens baillivaux à Eggersriet et sur les gens qui en dépendaient ; l'évêque de Constance céda en 1474 ses droits de haute et basse justice à la même abbaye, qui fut dès lors seul seigneur foncier et justicier à Eggersriet. Le village dépendait du bailliage et de la juridiction de Rorschach, mais il était distinct au point de vue économique du domaine impérial de Rorschach et formait avec les quatre hameaux du Rorschacherberg et le village catholique de Grub une Hauptmannschaft indépendante, dont il se détacha en 1724 pour former lui-même une communauté du même genre jusqu'en 1798. La séparation ecclésiastique d'avec Goldach et la constitution en paroisse catholique autonome eut lieu en 1653. Le village forma depuis 1803 une commune politique avec Untereggen et la partie catholique de Grub; cette commune fut rattachée jusqu'en 1831 au cercle d'Untereggen. Les communes civiles d'Eggersriet et Grub se détachèrent le 5 décembre 1827 d'Untereggen et furent érigées en une commune indépendante nommée Eggersriet. — Voir UStG. — Gmùr : Rechtsquellen I. — Nùscheler : Gotteshâuser II, 115. — Naef: Chronik, p. 87. — Heinrich Riedener : Untereggen. [m.]

EGGERSWIL (C. Lucerne, D. Sursee, Com. Nottwil. V. DGS). Hameau très ancien, en 1180 Ekirswil, primitivement Ekkehardswil. Une auberge patentée y existait depuis 1359. L'ancienne famille du même nom qui se nomme actuellement Eggenschwiler, en est originaire ; depuis le XVIIe s. plusieurs huissiers et bannerets du district de Rotenbourg en sont issus. — Voir Gfr. Reg. [P.-X. W.]

EGGERT, Fridolin, artiste-peintre, membre du chapitre des bénédictins de Disentis (1682-1705 environ). Son œuvre la plus importante est la peinture de la chapelle de l'Assomption de Maria zum Licht au-dessus de Truns. Des tableaux de sa main se trouvent en outre dans l'église paroissiale de Neukirch au pied du Piz Mundaun, dans la chapelle de Saint-Antoine à Ruis et de Sainte-Anne à Truns, dans l'église paroissiale de Laax et Rabius et dans celle du couvent de Disentis. — SKL. [L. J.]

EGGIMANN. Nom de famille répandu dans le canton de Berne dès le XVIe s. — Hans, peintre et graveur au trait, * 1872 à Berne, étudia à Dresde, Vienne, Paris et en Italie, vit à Berne depuis 1902. Ses travaux les plus connus sont ses collections de gravures au trait : Einfâlle und Satiren, ainsi que ses illustrations de plusieurs œuvres littéraires. Liste dans DSC. — Voir SKL. [L. S.]

EGGIS, d'EGGIS. Famille bourgeoise de Fribourg, de Barberêche et de Courtepin. Armoiries : d'or à une molette de sable, le champ chape ployé de sable à deux losanges d'or. — 1. Augustin, 1799- 1891, fut chargé en 1827, par le Grand Conseil, de l'organisation des musiques militaires du canton, dont il resta le ,chef jusqu'en 1874. Maître de chapelle à la collégiale de Saint-Nicolas, professeur au collège des Jésuites, puis à l'école cantonale. — Voir Liberté 1891. — JG 1891. — Étr. frib. 1892. — Macherel : Le corps de musique de la Landwehr. — 2. Etienne, 1830- 1867, fds du n° 1, poète romantique. Auteur de : En causant avec la lune, 1851 ; Voyages au pays du cœur, 1853 ; Voyage aux Champs Elysées, 1855 ; collaborateur à l'Artiste. Voir la notice de Ph. Godet en tète de : Les poésies de Etienne Eggis. — Maxime Du Camp : Souvenirs littéraires. — Arsène Houssaye : Souvenirs de jeunesse. — Gavard : La Suisse au XIXe siècle. — V. Rossel : Histoire littéraire de la Suisse romande. — 3. Amédée, * 1842, fils du n° 1, fit la campagne du Mexique, f à San Carlos, Havane, 1867. — 4. Adolphe. * 1855, fils du n° 1, fondateur de la banque

Etienne Eggis en 1851.

D'après un dessin au crayon

de Moosbrugger.

d'épargne Eggis & Cle ; membre fondateur et président (1907-1912) du Conservatoire de musique. En 1904, il s'occupa d'études financières pour le Saint-Siège, et se vit conférer, l'année suivante, le titre de comte héréditaire par le pape Pie X.— DSC. [L.S.]

EGGIWIL (C.Berne, D. Signau. V. DGS). Com. et paroisse qui a donné son nom à la vallée entière. A l'origine, toute la contrée était une sombre région de forêts, peu peuplée ; elle appartint de tout temps à la seigneurie de Signau avec laquelle elle passa aux Bernois en 1529. Au spirituel, Eggiwil appartint également à Signau. En 1631 une église, annexe de Signau, y fut construite pour arrêter les progrès des anabaptistes, et en 1648 la paroisse fut érigée, détachée de l'église-mère. Une famille de ministériaux des Kibourg, von Eggiwil (Eggenwile), apparaît au XIVe s., mais il n'existe pas trace de château ou de berceau familial dans la vallée. — Ulrich, témoin lors de la vente de Thoune à la ville de Berne 1323. — Heinrich, bourgeois de Berthoud, bailli de Landshut 1335-1350, avoyer de Thoune 1351, de Berthoud 1361 ; f 1364. — Voir LL. — Jahn : Chronik. — von Mulinen : Beitràge I. — Chr. Haldemann : Beschreibu n g der Gemei nde Eggiwyl. — FBB V-I X . [ R . W.]

EGGLI. Familles des cantons de Berne et de Lucerne.

A. Canton de Berne. Famille de Riiti près de Bùren (C. Berne). — Friedrich, 1838-1895, avocat, procureur du district du Seeland 1865, procureur général 1870, juge cantonal 1874, conseiller d'État 1882, membre du Conseil national 1866-1878, du Conseil des États 1885 qu'il présida 1892, collabora à la simplification de la procédure civile et à la mise au point de la revision constitutionnelle de 1893. — Voir aussi Egli. [E.B.]

B. Canton de Lucerne. Famille éteinte de la ville de Lucerne, bourgeoise par Hans, venu de Bâle, en 1437. Armoiries : d'or à l'aigle d'azur posé sur trois monts de gueules. La famille s'éteignit en la personne de Hans, maître d'école, 1590-1617. — 1. Heinrich, chanoine à Beromùnster 1519, s'établit à Strasbourg et fut relevé de ses fonctions. — 2. Kaspar, du Grand Conseil 1531, du Petit Conseil 1550, bailli de Rûssegg 1552, de Rotenburg 1561 ; f 1569. - - Gfr. — Besatzungsbuch. — AHS 1905. — v. Vivis : Wappen der ausgestorbenen Geschlechter . — Riedweg : Gesch. des Kollegiatstiftes Beromùnster. — Voir aussi EGLI. [v. V.]

EGGMANN. Nom de famille saint-gallois, mentionné pour la première fois à Wil, à la fin du XIVe s. — Fridolin, de Rorschach, amena en 1502 deux cents mercenaires au margrave de Brandebourg. [Bt.]

EGGS. Familles des cantons d'Argovie et du Valais.

A. Canton d'Argovie. EGGS, VON EGGS. Famille de Rheinfelden, dont un rameau fut anobli par l'empereur Rodolphe II. — 1. Ignatius, * 1618, étudia le droit, puis la théologie ; entra après le siège de Rheinfelden en 1634 au couvent fribourgeois des franciscains, et eut le grand mérite de protéger, pendant la guerre de Trente ans, la population contre les excès des soldats français. En 1655, il fut attaché à la flotte vénitienne comme prêtre et assista à la bataille des Dardanelles contre les Turcs ; en 1656 il voyagea en Palestine, f à Laufenbourg en 1702. Il a publié à Constance en 1664 le récit de ses voyages, sous le titre de Newe Jerosolomytanische Bilger-Fahrt. — 2. Georg-Jo'sef von Eggs, * 1663, neveu du n° 1, Dr théol., vécut quelque temps à Rome ; chanoine en 1689, puis custode de Saint- Martin à Rheinfelden; f 1755. Auteur de Pontificium doctum et de Purpura docta. — 3. Johann-Ludwig

EGGSPUHLER

EGLI

von Eggs, amtmann défendit Bheinfelden contre le maréchal français Crequi en 1678. — ADB. [L. S.]

B. Canton du Valais. EcGS, Ex. Familles mentionnées au XIV' s. dans la. vallée de Fiesch et à Blitzingen. Le nom des premières devint plus tard Exen, celui des secondes Eggs, forme qui aujourd'hui a prévalu. La l'a nulle essaima à Belwald, Fiesch, Selkingen, Beckingen, Glis, Brigue, Loèche et Gradetsch. — Julius, de Loèche, * 1867, maître d'école 1891-1897, curé et doyen de Loèche 1897-1914, chanoine et professeur au séminaire de Sion dès 1914, président du Cacilienverein du Haut- Valais dès 1893, membre du comité de la société centrale d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse. Auteur de Lobsinaet, 1901. — BWG I. [D. I.]

EGGSPUHLER, Franz- Xaver, * 19 novembre 1861 à Klingnau (Argovie), président du tribunal de district à Zurzach de 1892 à 1905, conseiller national 1902, juge 1905. — DSC. [L. S.]

EGGSTEIN. Voir Eckstein.

EGIIMO, évêque de Constance 782-811. Il fit valoir à la lettre les droits de l'évêché sur le couvent de Saint- Gall, et obligea l'abbé Waldo, qui lui faisait opposition, à se retirer en 784. Ayant élevé à sa place le prêtre Wardo qui lui était dévoué, il s'intitula lui-même rector monasterii sancti Gallonis. Pour ce fait, il fut dépeint sous les plus noires couleurs par le chroniqueur Batpert, qui, suivant une tradition conventuelle erronée, croyait que Saint-Gall était possession impériale et jouissant de l'immédiateté au temps d'Egino. — Voir Ratperti Casus, dans MVG XIII. — Registres des évêques de Constance I, nos 66-97. [Bt.]

EGINOLFE. Évêque de Lausanne. Voir Kibourg.

EGLI. Famille des cantons d'Argovie, Bâle-Campagne, Berne, Claris, Lucerne, Saint-Call, Soleure, Thurgovie, Zurich. Ce nom est un diminutif des noms en ahd. ag-, comme Ago, Ego (Fôrstemann I, 1533).

A. Canton d'Argovie. Famille mentionnée à Aarau. — 1. Daniel, apothicaire 1532-1564. Il entreprit un voyage en Terre Sainte dont il revint en 1556. Ses aventures ont été racontées par Hans-Ulrich Ragor, de Bàle, en 1575 sous le titre de Beise zutn heil. Grab.

- ADB. — 2. Gabriel, avoyer d'Aarau 1656. — 3. Georg, avoyer d'Aarau 1681. — LL. [L.S.]

B. Canton de Bâle-Campagne (Egli, aussi Eglin, Eggli, Eggelin ou Eikelin). Famille mentionnée dans les actes de Bâle-campagne dès le XIVe s. Des Eggli ou Ecklin furent en 1329 et en 1355 avoyers de la ville de Liestal. La famille existe encore aujourd'hui dans la partie Nord du canton et à Muttenz. — ULB. [O. G.]

C. Canton de Berne. Famille éteinte de la ville de Berne, originaire de Bargen et reçue bourgeoise en 1584. Armoiries: d'azur à un poisson d'argent, coupé d'une mer d'argent. — Famille de Krauchtal mentionnée déjà au XVe s. [R. W.]

D. Canton de Glaris. Ancienne famille ; première mention en 1333, bourgeoise de Glaris et d'Elm, s'éteignit à Elm en 1861. — 1. Hermann, bailli de Baden, 1467 et 1485. — 2.Fridolin, dit Hirudaeus, humaniste, élève de Glarean à Bâle et Paris, représenta en novembre 1528 la cause de la réformation glaronnaise à une Diète à Einsiedeln. — 3. Georg, administrateur de l'église de Glaris, accusé d'avoir tué sa femme, fut exécuté en 1750 après un long procès. Ses descendants changèrent leur nom en Winkler et émigrèrent au Tôsstal.

- Voir LL. — JHVG III, p. 13 ; IX, p. 38. — G. Heer : Kirchengesch. des Landes Glarus, p. 86. — Egli : Hep. 29.

- Zw. I, p. 344. [Nz.]

E. Canton de Lucerne. Egli, Eggli, famille lucernoise citée à Sempach en 1414, à Munster 1487, à Lucerne 1588, à Hochdorf 1590. La famille est fixée d'une façon certaine à Lucerne depuis le XVIIe s. — 1. Heinrich, de Lucerne, membre du Grand Conseil 1406. — 2. Johann, du Grand Conseil 1493, bailli de Habsbourg 1509, de Munster 1511 ; f 1518. — 3. Heinrich, du Grand 1 onseil 1517, du Petit Conseil 1521, bailli de Munster 1523, du Freiamt 1525; f 1527. — 4. Dietrich, du Grand Conseil 1522, du Petit Conseil 1527 ; f 1533. —

5. Jost-Xaver, de Kleinwangen, 1790-1859, curé de Root dès 1829, auteur de : Das Konzil von Trient ; Die Gebete und Betrachtungen des Th. von

Kempis, etc. — 6. Karl-Martin, * 1787, bourgeois de Lucerne 1832, graveur sur cuivre et lithographe, fonda vers 182(1, avec son frère BERNARD (1798-1873), une des premières lithographies de Suisse à Lucerne. — Voir Besatzungsbuch. — v. Vivis : Wappen der ausgestorbenen Geschl. — Arch. d'État, Lucerne. [P.-X. W.J

E. Canton de Saint-Gall. Nom de famille répandu dès le commencement duXVes. dans l'Alte Landschaft saint-gallois, le Toggenbourg et le Rheintal (ahd. Agilo). — 1. Johann-Konrad, 1777-1851, fabricant à Flawil, inventeur de la navette accélérée qui doubla et tripla la puissance du métier à tisser et permit de faire des étoiles d'une largeur quasi illimitée. — 2. JOHANNES, * 8 décembre 1856 à Alt St. Johann (Toggenbourg), Dr phil., professeur à l'école cantonale de Zoug 1884, au gymnase de Saint-Gall 1893-1923, édita le Liber benedictionum d'Ekkehart IV, publia des monographies d'antiquités ou d'histoire de la civilisation, devint en 1901 conservateur du Musée historique; promoteur, organisateur et dès 1921 directeur du nouveau musée historique de Saint-Gall. [Bt-J

F. Canton de Soleure. Famille de la ville de Soleure, éteinte dès le XVIIe s. — Benedikt, bailli de Balm 1471, de Lebern 1475-1477, de Bechbourg 1479. — LL. [J. K.]

G. Canton de Thurgovie. Les Egli von Herdern sont originaires de Constance, où ils sont mentionnés dès le milieu du XIIIe s. Ils furent au nombre des familles expulsées en 1430 et entrèrent au service du couvent de Reichenau. Armoiries : coupé de sable au poisson d'argent, et d'argent à l'étoile de sable. — Konrad, acquit en 1348 un fief à Bernang, un seconda Steckborn en 1367. — Ital acheta en 1403 le moulin du château à Frauenfeld ; en 1420, il hérita de son beaupère, Albrecht Betler, le château de Herdern et prit dès lors le nom de Egli von Herdern. — Konrad, gentilhomme, le dernier de sa race, habita le château de Freudenfels, qu'il vendit en 1524 à Wilhelm von Peyer, en même temps que le domaine de Windhausen. — Kindler von Knobloch : Oberbad.Geschlechterbuch 1,228. [Sch.]

H. Canton de Zurich. I. Ancienne famille des communes de Gossau, Hinwil, Riiti et Bâretswil, actuellement très répandue dans tout l'Oberland zuricois. Le nom apparaît pour la première fois à Gossau en 1430 ; c'est la forme abrégée du ahd. Egilolf, Egolf. — [J. Frick.] — La famille s'est aussi établie à Uhwiesen- Laufen où le sous-préfet Ludwig Egli fut nommé par le gouvernement provisoire du canton de Zurich en qualité de commissaire du district de Benken, 28 septembre 1802. ASHH VIII. — II. Ancienne famille du Zollikerberg. Armoiries : de gueules à une hache d'argent surmontée d'un poisson du même (posé en fa^ce) accompagnée en pointe d'un mont à trois coupeaux de sinople. — 1. Heinrich, compositeur de chants, * 4 mars 1742 à Seegràben ; f 19 décembre 1810 à Zurich ; élève du compositeur et pasteur Joh. Schmidli à Wetzikon ; dans la suite maître très couru à Zurich. Son œuvre est le psautier zuricois de cette époque. Il composa entre autres des chants religieux et des chorals, ainsi que des chants d'enfants, et mit en musique les Schweizerlieder de Lavater, les Odes et les Chants de Gellert. - Voir : Nbl. Musikges. Zurich 1857. — ADB. — LLH. — 2. Hans-Felix, tisserand et mystique religieux, surnommé Rellstenfelix, * 1782 à Rellsten-Bâretswil, chef des tisserands de l'Oberland dans l'incendie d'une filature de coton à Uster, 22 novembre 1832. Condamné le 24 juillet 1833 à 24 ans de fers, il fut amnistié après le soulèvement de septembre 1839 ; f vers 1850. — Voir Egli : JDer Brand von Uster. — J. Studer : Gesch. der Kirchgem. Bâretswil, p. 113. — Dândliker : Gesch. Zurich III, p. 296. — 3. Johann- Jakob, géographe, * 17 mai 1825, privat-docent à l'université de Zurich 1866, professeur de géographie à l'école cantonale 1872 et depuis 1883 aussi à l'université de Zurich. Connu au loin comme géographe, il composa des manuels scolaires, tels : Neue Erdkunde ; Neue Schwei-

EGLI

EGLI

zerkunde ; Handels géographie, puis Die Hôhlen des Ebenalpstockes ; Die Entdeekung (1er Nilquellen ; Taschenbuch der schweizer. Géographie ; Die Schweiz (t. 53 de la collection Wissen der Gegenwart 1886) ; le chapitre Schweiz dans la Lànderkunde von Europa de Kirchhoff 1889. Cependant le domaine de prédilection d'Egli et dans lequel il s'est montré novateur, c'est la toponymie à laquelle il consacra son œuvre maîtresse Nomina Geographiea ; en outre : Der schweiz. Ante.il an der geograph. Namenforschung (dans le Programme de l'École cant. de Zurich 1884) ; Gesch. der geograph. Namenkunde, 1886; et le Vôlkergeist in den geograph. Namen 1894. Dans le Geograph. Jahrbuch, il publia de 1883 à sa mort le 24 août 1896, six articles sur les progrès de la toponymie géographique. Par son testament, il a légué sa bibliothèque à la Bibliothèque de la ville, aujourd'hui Bibliothèque centrale de Zurich. — Voir NZZ 1896, n° 245. — ■ Programme de l'École cantonale de Zurich 1897. — W. Wolkenhauer, dans BJ 1, 1897. - R. Hoppeler, dans ASG 1899, p. 211. — 4. Johann, dit Jean, de Herrliberg, lithographe, 1828-1870, étudia à l'académie de Munich et fonda à Zurich un institut lithographique. Ses œuvres les plus connues sont : Neues histor. Wappenbuch der Stadt Zurich 1860, 2e éd. 1869, et Der ausgestorbene Adel von Stadt und Landschaft Zurich. Egli était devenu bourgeois de Zurich en 1860. — Voir SKL. — 5. Karl, de Herrliberg, 1829-

1904, pasteur à Aussersihl 1861-1866, privat-docent à l'université de Zurich 1854-1866 ; savant philologue, géographe et botaniste (herbier de 26 000 espèces), a publié une nouvelle : Jephta und seine Tochter, 1858. — Voir Wirz : Etat. — G. von Schulthess-Rechberg : Die Zûrcher Theologenschule im XIX. Jahrh. (dans Festgabe Univ. Zurich, 1914). — 6. Kaspar, de Rùt.i, 1829-1907, maître secondaire 1847, maître d'allemand au collège de Morges 1848. maître de français à l'école des garçons et aux écoles supérieures de Winteithour 1854- 1876, membre de la Commission de ces écoles depuis 1889, bourgeois de Winteithour. Auteur de: l^ehrgang der franz. Sprache, 1862 ; Die Aussprache des Franzôsischen (dans le Programme de Winterthour 1875). — Festschrift Gymn. und Indxistrie-Schule Winterthur III 1912. — 7. Johann-Jakob, pasteur et médecin, 1840-

1905, pasteur à Pfungen 1866-1875. Tout en exerçant le pastorat, il étudiait la médecine à Zurich où il subit les examens. Il pratiqua alors à Flaach et à Gossau ; pasteur et médecin à Bachs 1881, et même pendant une législature député au Grand Conseil ; dès 1883 pasteur à Bonstetten et dès 1900 doyen du chapitre d'Affoltern où il ouvrit en 1890 la station hydrothérapique de l'Arch, en 1897 celle de Lilienberg et enfin celle de Lilienhof. Bourgeois de Zurich 1869. — Voir Wirz : Etat. — NZZ 1905, n° 52. — ZWChr 1905, p. 73. — Dekan J.J.E. - 8. Gottlieb, de Wildberg, 1842-1895,

employé à la chancellerie d'État de Zurich 1864, bourgeois de Wiedikon et, en 1893, de Zurich ; écrivain populaire, auteur de :

Alpvnrosen und Edelweiss, 1877 ; Der Brand von Uster 1889, etc. — Hardung :

Literat u r- Kalender 1893.

— [H. Brunner]. — 9.

Kmil, historien, fils du n° 3, * 9 janvier 1848 à Flaach, pasteur à Dinhard 1872, Aussersihl 1876, Mettmenstetten 1885 - 1893, privat-docent 1880, professeur extraordinaire 1889, ordinaire 1893-1908 d'histoire de l'Église à l'université de Zurich ; t 31 décembre 1908. Egli s'est fait connaître surtout dans le domaine de l'histoire de la Réformation. A publié : Actensammlung betreff. die Gesch. der Zûrcher Reformation 1519-1533 ; Die Schlacht von Kappel 1531, 1873 ; Die Zûrcher

Emil Egli.

D'après une photographie.

Wiedertaufer zur Reforynationszeit. 1878 ; Die St. Galler Tâufer, 1887 ; Altchristl. Studien : Martyrien und Martyrologien attester Zeit, 1887 ; Kirchengesch. der Schweiz bis auf Karl den Grossen, 1893 ; Zwinglis Tod nach seiner Bedeutung fur Kirche und Vaterland, 1893 ; Analecta Reformatoria, 2 vol. 1899 et

1901 ; Die Gemeindechroniken des Kant. Zurich, 1901-

1902 et 1905-1906. Egli fut le fondateur et le premier rédacteur des Zwingliana, Mitteilungen zur Gesch. Zwinglis und der Reformation (dès 1897). Dès 1901 il publia avec Georg Finsler les œuvres complètes de Zwingli dans le Corpus Reformatorum ; il collabora à la Realenzgklopadie fur protestant. Théologie und Kirche de J.-J. Herzog. En 1910, son collaborateur Finsler publia le 1er vol. de la Schweizer. Reformationsgeschichte 1519-1525 laissé par le défunt. Egli était aussi un des fondateurs du Musée national suisse, du Musée Zwingli et du Zwingliverein à Zurich. Il fut reçu bourgeois d 'Aussersihl et de Zurich en 1893. — Voir NZZ 1909, n» 4. — Zw. 1909, n»l.- STZ 1909. — Corpus Reformatorum, XCIV, p. 1. — ■ G. von Schulthess-Rechberg : Die Ziircher Theologenschule, dans Festgabe Univers. Zurich, 1914. — [W.-L. W. et H. Br.]— 10. GUSTAV, 1854-1909, maître secondaire à Wil près Rafz 1881, à Hottingen- Zurich 1886-1908, dès 1895 maître de pédagogie au séminaire pour l'enseignement secondaire à l'université de Zurich. Membre fondateur du Cercle de lecture d'Hottingen et promoteur de l'œuvre des bibliothèques populaires. A publié entre autres : Bildersaal fur den Sprachunterricht ; Methodik des Deutsch-Franzôsischunterrichts an Sekundarschulen (dans Jahrbuch der Sekundarlehrerkonferenz Zurich 1912). — ZWChr. 1909, p. 343.— 11. Karl, chimiste, fils du n°4, 1864-1919, professeur à l'École cantonale de Zurich 1887, prorecteur de l'École industrielle de Zurich 1904-1909. Professeur au séminaire pour l'enseignement secondaire à l'université de Zurich. — NZZ 1919, n° 1990. — Vierteljahrschr. der nat. Ges. Zurich, 1919, p. 850. — Jahresb. der kant. Industrieschule Zurich, 1919-1920. — 12. Karl, de Gossau, * 23 juillet 1865, colonel à l'État-major général et sous-chef de l'État-major général de l'armée suisse pendant les premières années de la guerre européenne. Dut démissionner en 1915 à la suite de l'affaire dite des colonels. Lecteur à l'université de Bàle, puis directeur commercial à Zurich. Écrivain militaire, a publié : Takt. Aufgaben mit Lôsungen, 1908 ; Schweizer. Heereskunde, 1912 ; édition française : L'Année suisse, 1913 ; Drei Monate vor Skutari, 1913 ; Zwei Jahre Weltkrieg, 1917 ; Berichte aus dem Felde, 1917-1918. — DSC.

III. Ancienne famille bourgeoise de la ville de Zurich, mentionnée depuis 1340 ; éteinte en 1722. — 1. Tobias GOtz, dit Egli, hellénisa son nom en Iconius, * 1534, pasteur à Weiach 1558, Frauenfeld 1558, Davos 1561, Russikon 1564, à Coire, et président du Synode grison 1566. Bourgeois de Coire 1572 où il mourut en 1574. — 2. Raphaël, fils du n° 1, latinisa son nom d ' Icon ius en Percaeus, * 28 décembre 1559. Directeur d'école à Sondrio en Valteline 1584-1586, puis diacre de St. Georgen im Feld et réorganisateur des écoles de Winterthour ; inspecteur des élèves internes à Zurich 1588, diacre 1592, archidiacre et chanoine du Grossmùnster 1596. Il introduisit en 1593 les discussions théologiques publiques et acquit de grands mérites clans l'introduction à Zurich du chant d'église, en vue duquel il publia en 1598 et 1605 un choix de psaumes et de cantiques. Ses expériences en alchimie lui ayant fait faire des dettes, il quitta Zurich en automne 1605

Raphaël Egli.

D'ap. une grav,. sur cuivre contemporaine (BihI. Winterthour).

EGLIN

EGLISAU

et se rendit en 16C6 en Hesse, où il devint docteur en théologie el professeur à Marbourg et prédicateur du château (1007) ; f 20 août 1622. A publié de nombreuxécrits en latin et en allemand. — 3. Samuel, capitaine, * 1629, administrateur du Conseil et député des cantons protestants à la cour de France, mai 1655, douzenier de la corporation du Kâmbel et juge matrimonial 1659, bailli de Greifensee 1601 jusqu'à sa mort 1606. — Voir LL. — LLH. ■ — Ziircher Stadtbiicher 1 et 3. — Zurcher Steuerbucher I. — Wirz : Etat. — ■ J.-J. Wâlli dans ZT 1905. — Rott : Représ, diplomat. VI. [H. Brunner.] EGLIN. Voir Egli.

EGLINGER. Famille bourgeoise de Bâle en 1609, représentée dès 1781 au Petit Conseil. Armoiries : d'azur à une herse triangulaire d'or à la bande d'argent. L'ancêtre est — 1. WERNER, qui fut grand-bailli badois à Badenweiler. — 2. Samuel, 1638-1673, petit-fils du n° 1, professeur de mathématiques à l'université de Bàle. — 3. Nikolaus, 1645-1711, fils du n° 2, professeur de médecine à Bâle. — 4. Christoph, 1686-1733, fils du n° 3, professeur de rhétorique à Bâle. — 5. Niklaus, 1719-1785, fils du n° 4, lieutenant-colonel au service de France. — 6. Gotthold-Emanuel, 1833-1900, d'abord théologien, puis musicien, maître de chant au gymnase réal de Bâle en 1858, directeur de l'École de musique de 1871 à sa mort. — Voir .4 GS lll. — BJ 1901. [C. Ro.] EGLISAU (C. Zurich, D. Bùlach. V. DGS). Petite ville, Com. et paroisse. Armoiries : d'or au cerf de sable sur trois coupeaux de sinople. Vestiges d'un établissement romain, poste d'observation sur le Rheinsberg. En 892, l'abbé de Rheinau transmit au couvent ses propriétés à Oiva (ce terme fut longtemps en usage ; Ëglins Owe parait pour la première fois en 1332.) Eglisau était au XIIIe s. propriété des von Tengen, dont Heinrich est appelé en 1238 Heinrich de Owe. Leur château est cité en 1264 ; ils vinrent s'y fixer en 1268. Un pont est mentionné en 1249, et en 1254 des remparts et des portes. La ville avait déjà à cette époque son avoyer et son curé. Au XIVe s. une concession impériale conféra aux Tengen la haute juridiction sur Eglisau. En 1399, Hans von Tengen releva ses sujets du payement du droit de succession (Fall). Des corps francs confédérés s'emparèrent d'Eglisau en 1455, à la suite d'un différend avec les Tengen. La ville fut hypothéquée pour quelque temps à H.-W. Im Turn, de Schaffhouse, en 1458 ; en 1463, Markwart von Baldegg la

Le château d'Eglisau avec le pont de bois dans la seconde moitié du XVIII» s. D'après une gravure sur cuivre de D. Hjerrliberger].

vendit à Zurich, qui la céda le même jour à Bernhard Gradner, en se réservant libre entrée à Eglisau et le droit de rachat. Ce rachat eut lieu en 1496, et Eglisau devint la résidence d'un bailli zuricois. Au printemps de 1798, Eglisau fut pillé par les Autrichiens, en automne par les Russes, qui détruisirent le pont le 26 septembre. La rive droite du Rhin étant occupée par les Autrichiens et la rive gauche par les Français, la communication entre les deux rives fut interrompue jusqu'au 1er mai 1800. Le dommage résultant de la guerre fut estimé à 134 000 11. Dans le cours de sept mois, la ville avait logé 166 000 hommes et 24 000 chevaux. Eglisau eut encore à souffrir de la guerre de novembre 1813 à janvier 1814. Sous la République helvétique la ville fut incorporée au district de Bùlach ; elle fit partie du bailliage d'Embrach de 1815 à 1831, puis retourna au district de Bùlach.

Constitution. Sous les Tengen, Eglisau avait à sa tête un président de commune (Baumeister) et six conseillers. Sous la domination zuricoise, on leur adjoignit cinq conseillers pris dans la ville et cinq pris dans la banlieue. Ils formaient ensemble le Grand Conseil qui, avec le bailli, nommait le Petit Conseil. Le Grand Conseil pouvait en appeler à Zurich des décisions du Petit Conseil et du bailli. En 1585, on fixa le nombre des membres du Conseil à 16, 8 de la ville, 8 de la banlieue. Le Baumeister était élu pour un an ; il était choisi parmi les conseillers de la ville. Le Conseil désignait parmi ses membres les juges au tribunal ; dès 1599, quatre juges furent choisis dans le Conseil et quatre dans la bourgeoisie. Eglisau, qui devait son origine à une colonie fondée à la tète d'un pont sur le Rhin, ne possédait pas d'allmend, de sorte que ses habitants faisaient paître leur bétail, en alternant, sur le territoire des communes voisines.

Église ET ÉCOLE. Eglisau faisait partie de l'archidiaconat du Klettgau, dans l'évêché de Constance. Le droit de collation de l'église de Notre-Dame appartenait aux seigneurs de la ville. Les habitants d'Eglisau étaient seuls membres de la paroisse ; ceux de la banlieue, sur la rive droite du Rhin, relevaient de Wil, ceux de la rive gauche de Glattfelden. Un couvent de religieuses, mentionné pour la première fois en 1371, fut supprimé en 1528. En 1546, la banlieue fut rattachée à la paroisse formée par la ville. De 1716 à 1717 on construisit une nouvelle église, plus grande ; le tombeau de Bernhard Gradner s'y trouve encore. Une école est mentionnée en 1464.

Divers. Avant l'introduction des chemins de fer, la navigation sur le Rhin était très importante. En vertu du règlement de 1831, Eglisau fournissait 16 convois de trois barques ; Neuhausen et Nohl, chacun 5, et Rùdlingen 2. Eglisau souffrit du ralentissement de la navigation provoqué par la construction des chemins de fer jusqu'à l'ouverture des lignes Winterthour-Waldshut (1876) et Eglisau-Schaffhouse (1897). L'ancien pont de bois et le hameau d'Oberriet durent être supprimés lorsque les usines suisses du Nord-Est élevèrent de 1916 à 1919 le niveau du Rhin par un barrage pour leur usine de Rheinsfelden. Eglisau avait une factorerie de sel dépendant de l'État, qui fut supprimée en 1866.

Le commerce des céréales dépendait de la navigation, mais malgré tous les efforts de Zurich, on n'arriva pas à faire d'Eglisau un grand marché de céréales, à cause de la concurrence de Rheinau. Comme tête de pont, la ville eut naturellement un bureau de douane jusque dans le cours du XIXe s.

De 1821 à 1822, on fit à Eglisau des recherches pour trouver du sel, mais sans grand résultat. On dé-

EGLISAU (BAILLIAGE)

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couvrit cependant une eau salée alcaline, et pour en tirer parti on bâtit en 1880 un Kurhaus qui ne prospéra que médiocrement. Actuellement la source a été remise en état et le débit d'eau minérale est assez considérable. Population : en 1634, 998 hab. ; 1850, 1612 ; 1900, 1175: 1920, 1368.— Voir A. Wild : Arn Zûrcher Hheinr. — l'Z. — US. — J. Pestalutz : Vollslàndigi Sammlung der Statute. — Egli : Actensammlung. — Rùeger : Chronik. — Hegi dans Festgabe fur P. Schweizer. [h. Forrer.]

EGLISAU (BAILLIAGE). En 1463 Markwart von Baldegg vendit le château et la ville d'Eglisau avec Seglingen, le domaine de Hôri, les villages de VVil, de Hafz, de Glattfelden et la collation de Bulach pour 12 000 11. à la ville de Zurich qui revendit le tout pour 12 500 tl. à Bernhard Gradner. Ce dernier y ajouta en 1478 Hiintwangen et en 1482 Wasterkingen. En 1489, son cousin Johann lui succéda et vendit la seigneurie, en 1496, pour 10 500 11. à Zurich qui en fit un bailliage. Peu après cet achat, les paysans du bailliage, sous l'influence des troubles suscités par les paysans du Sud de l'Allemagne, se remuèrent et remirent au gouvernement, de concert avec ceux des régions voisines, 17 articles de griefs. Ils réclamaient l'affranchissement des redevances féodales, la liberté de la chasse et de la pèche ; la suppression des petits seigneurs justiciers ; l'emploi des biens sécularisés dans l'endroit même ; la permission d'acheter du vin en dehors du territoire de Zurich ; l'autorisation de remplacer par d'autres les ecclésiastiques qui ne prêchaient pas la parole de Dieu, etc. Le gouvernement affranchit ses serfs, diminua la petite dîme et autorisa l'emploi des biens sécularisés, avec l'assentiment des communes. En 1651, Zurich acheta du comte de Sulz la haute juridiction sur Wasterkingen, Hùntwangen, Wil et Rafz. En 1678, la haute juridiction de Glattfelden, qui jusqu'alors ressortait de Kibourg, fut incorporée à Eglisau ; en 1696, le petit village de Tôssriedern, qui avait fait partie du comté de Kibourg jusqu'alors, fut réuni au bailliage d'Eglisau. Le dernier des baillis, qui restaient ordinairement six ans en fonctions, fut Salomon Landolt. En 1798, le territoire du bailliage fut rattaché au district de Bulach. [L. Forrer.]

ÉGLISE ET ÉTAT. I. Église catholique, i. Avant la fondation de ta Confédération. A peine l'église chrétienne était-elle née qu'elle subissait l'hostilité de l'État romain (dans lequel notre Helvétie était englobée depuis 58 avant J.-C). Les empereurs, pontifes suprêmes, interdirent le christianisme, quoique les chrétiens reconnussent leur autorité en tout, sauf dans le domaine religieux. Durant deux siècles et demi, les persécutions sévirent.

En 313, l'empereur Constantin, par l'Édit de Milan, toléra l'Église, puis de 313 à 323 en arriva à la reconnaître officielleruent et à tolérer simplement le paganisme. C'est en ce IVe siècle, vraisemblablement, que se fondèrent déjà les diocèses de Genève, d'Aventicum (Avenches), Yindonissa (Windisch), d'Octodurum (Martigny), d'Augusta Rauricorum (Basel-Augst) et de Coire.

Au cours du Ve s., lors de la poussée des Barbares, l'empire d'Occident s'effondra et fut occupé par les conquérants germaniques. Au milieu de tous ces bouleversements, l'Église chrétienne seule subsista. Dans notre pays, elle fut au début fortement menacée ; les Alémannes étaient païens. Les Burgondes et les Ostrogoths professaient le christianisme d'Arius. Tous étaient donc séparés de l'Église. Plus tard les Francs soumirent les Alémannes (496), les Burgondes (534) et enfin les contrées italiennes (774). Tous ces peuples devinrent catholiques. Charlemagne fut proclamé et couronné empereur en 800 par le pape Léon III. Cette manifestation scella pour tout le moyen âge l'union intime de l'Église et de l'État. L'empereur et ses successeurs devaient être les défenseurs et les bienfaiteurs du catholicisme, spécialement de la papauté. L'Église, de son côté, renforçait sa position déjà privilégiée ; elle formait une organisation indépendante de l'État ; elle avait : 1. Sa forte organisation hiérarchique sous la direction du pape. 2. Son droit canon, qui alla se développant de plus en plus au moyen âge. 3. Ses

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tribunaux pour juger des conflits entre clercs, entre laïques et clercs ; des questions d'ordre purement religieux ou moral : mariage, usure, dettes. 4. Ses privilèges pour tous les clercs : exemption du service militaire et des tribunaux civils, immunité d'impôt et de toute autre charge pour les bénéfices ecclésiastiques ; inviolabilité personnelle. 5. Son impôt paroissial ou la dîme. 6. Ses armes spirituelles : censures, suspension, et surtout excommunication et interdit.

Le clergé s'occupait du culte, de l'assistance des pauvres, des hôpitaux et des écoles, tous services publics qu'il avait en mains. Cette entente entre l'Église et l'État dura jusque vers la fin du moyen âge, en subissant toutefois de nombreux accrocs.

A la suite du partage de l'empire de Charlemagne en 843, toutes nos contrées à l'Est de l'Aar furent rattachées à l'Allemagne ou Germanie, les autres, à l'Ouest de l'Aar, firent partie d'abord de la Lotharingie, puis, de 888 à 1032, du royaume de Bourgogne, enfin de l'Allemagne. Les contrées italiennes furent réunies avec le reste de l'Italie à la Germanie en 960. De 1032 à 1648 tout notre pays fut englobé dans le Saint Empire Romain-Germanique. En même temps que se disloquai! l'empire carolingien, se constituait la féodalité. L'Église entra dans le système féodal. Les évêques, par faveur des souverains, devinrent seigneurs d'un territoire dont les limites ne cadraient pas avec celles de leur diocèse. En notre pays chacun d'eux avait sa principauté temporelle : celui de Genève, la cité et les environs ; celui de Lausanne, la ville et le comté de Vaud ; celui de Sion, la capitale et presque tout le Valais ; celui de Bâle, la ville et une partie du Jura ; celui de Constance, sa résidence et une partie des rives du lac et du Klettgau ; celui de Coire, la cité et le centre de la Rhétie. Les abbayes, de plus en plus nombreuses jusqu'au XIIIe s., se constituèrent aussi en seigneuries plus ou moins vastes : Saint-Maurice, Saint-Gall, Disenlis, Einsiedeln, Engelberg, etc. Ainsi à la puissance ecclésiastique et spirituelle déjà forte, s'ajoutait le pouvoir temporel et politique sur certaines contrées.

Ce furent les souverains qui bientôt essayèrent d'accaparer toute cette énorme puissance. Ils s'arrogèrent la nomination des évêques et des abbés, ils leur donnèrent l'investiture par la crosse et l'anneau et ils les considérèrent uniquement comme des vassaux. En 1(176, Grégoire VII condamna et interdit cette usurpation, mais l'empereur d'Allemagne Henri IV résista. En 1 122, le concordat de Worms, faisant un partage équitable, laissa à l'empereur l'investiture temporelle et au souverain pontife l'investiture spirituelle.

Au XIIe s. et au début du XIIIe s., les luttes reprirent entre les souverains germaniques et les pontifes romains pour des questions d'ordre plutôt politique. Les villes attaquèrent la puissance féodale, puis la juridiction, enfin les privilèges du clergé.

2. De la fondation de la Confédération à la Réforme. Dans leurs rapports avec l'Église le; cantons tendirent constamment à assurer leur suprématie. Les gouvernements cherchèrent à faire payer à l'Église des impôts et à la soumettre à leurs tribunaux pour les affaires profanes ; ils créèrent des œuvres concurrentes : écoles urbaines avec maîtres laïques, hôpitaux des bourgeois, assistance publique (XIV-XVe s.). Cette rivalité entre l'Église et l'État dans les cantons eut sa répercussion sur la Confédération. Les lettres d'alliance de Zurich (1351), de Zoug (1352), défendirent de recourir à la justice ecclésiastique pour cause de dettes. En 1370, la Charte des Prêtres interdit à tout laïque d'invoquer la juridiction cléricale sauf pour affaires purement religieuses ou matrimoniales et à tout clerc en conflit avec quelque personne pour affaires profanes de s'adresser aux tribunaux ecclésiastiques sous menace de bannissement. Dès lors s'accentua la distinction entre le spirituel et le temporel dans les questions de juridiction. En 1481, lors du Convenant de Sta'ns, cette Charte des Prêtres fut renouvelée et étendue à tous les cantons, considérée comme loi constitutionnelle de la Confédération en ce sens qu'elle devait être acceptée par tous les cantons, pays alliés, bailliages communs.

Au cours du XVe s. et au début du XVIe s., les

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canlons en arrivèrent à s'ingérer dans les affaires ecclésiastiques elles-mêmes ; à mettre le clergé séculier et les couvants sous leur protection, sous leur contrôle financier d'abord, moral ensuite, à punir les clercs et les moines coupables, à résister aux ordres des évêques, à se plaindre de l'abus de l'excommunication, à publier des exhortations religieuses à leurs sujets, à envoyer des avis aux ecclésiastiques. Et la Confédération, depuis les guerres de Bourgogne, suivit ce mouvement ; elle fit parfois opposition à l'évêque de Constance, elle s'insurgea contre la juridiction ecclésiastique, contre l'invasion des bénéficiaires de la cour de Rome, etc. Elle y était poussée par les cantons et entraînée dans le mouvement général par l'exemple de la France et surtout des États germaniques. Dès le XIVe s., elle y fut encouragée par la faiblesse de la papauté, le schisme et la décadence du clergé.

Après les guerres de Bourgogne, les Suisses, connus comme les meilleurs soldats de l'Europe, signent des alliances avec Sixte IV en 1479-1480, avec Jules II en 1510, enfin avec Léon X en 1514. Ce dernier leur envoie même un nonce, Filonardi, à Zurich. Ces divers papes confirment entre autres tous leurs privilèges d'ordre ecclésiastique, et Jules II leur en confère quelques nouveaux. Us ratifient en somme tous les empiétements des cantons et de la Confédération sur l'Église.

3. De la Réforme à la République helvétique. Avec la Réformation, la Confédération perdit son unité religieuse. Zurich, Rerne, Bâle, Schaffhouse, presque tout Claris et la moitié d'Appenzell devinrent protestants, ils furent suivis par la plupart des bailliages communs.

Restèrent catholiques et unis à l'Église : les V cantons (Uri, Schwyz, Unterwald, Lucerne, Zoug), plus Fribourg, Soleure, et depuis 1597 Appenzell Rhodes- Intérieures. Ces États, sauf les deux derniers, lors de l'apparition du protestantisme, continuèrent en l'accentuant leur politique de domination protectrice. En lieu et place du pape et des évêques, ils s'occupèrent immédiatement, vu l'imminence et la grandeur du péril, de la défense du catholicisme. Ces gouvernements édictèrent des ordonnances sévères et précises pour le maintien de la foi, l'expulsion des propagateurs de la foi nouvelle, le séquestre des livres réformés, l'observation de la morale, la restauration de la discipline ecclésiastique.

Les V cantons de la Suisse centrale et Fribourg, au début, essayèrent de maintenir l'ancienne union entre l'Église et l'État ; ils proposèrent en 1525 un grand accord (Concordat de religion) pour la défense des croyances, le maintien des privilèges, entre autres la surveillance de l'Église par leurs gouvernements, enfin la suppression des abus ecclésiastiques. Leurs propositions ayant échoué, ils s'entendirent là-dessus entre eux. En 1531, les V cantons, par leur victoire de Cappel, sauvèrent au point de vue politique le catholicisme en Suisse et le réintroduisirent dans les bailliages communs d'Argovie, de Thurgovie, de Sargans et du Rheintal.

Après le concile de Trente (1545-1563), les VII cantons catholiques reprirent un contact plus direct avec le Saint-Siège et leurs évêques. En 1579 fut rétablie la nonciature, supprimée depuis la Réforme, mais son caractère fut modifié. Elle fut avant tout une représentation de l'autorité spirituelle et morale du pape auprès des gouvernements catholiques seuls. Elle se fixa à Lucerne et y demeura, avec quelques exceptions, jusqu'en 1798. Les V cantons restèrent sous l'obédience de l'évêque, de plus en plus étranger, de Constance. L'évêque de Lausanne, dépossédé de ses États en 1536, s'établit à Fribourg définitivement en 1602. Ceux de Sion et de Coire perdirent toute leur puissance temporelle ; celui de Genève, réfugié à Annecy en 1533, n'eut aucun rapport avec la Confédération. L'évêque de Bâle se réfugia à Porrentruy, capitale de ses États temporels, en 1528 et contracta une alliance avec les VII cantons catholiques (1579).

Les gouvernements catholiques reconnurent théoriquement la suprématie de l'Église sur l'État. Pratiquement ils maintinrent et même développèrent leur puissance ; ils tinrent le simple clergé sous leur entière domination, surveillèrent leurs couvents, contrôlèrent

même les évêques dans leurs tournées pastorales. Lucerne, surtout au XVIIIe s., alla très loin dans cette voie.

Tout contribua à maintenir cette politique : l'absolutisme de plus en plus rigoureux des gouvernements, surtout des patriciens de Lucerne, Fribourg et Soleure, l'exemple donné d'un côté par les cantons protestants, de l'autre par le gallicanisme et le joséphisme.

k.Sous la République helvétique. En 1798, cantons, pays alliés et bailliages communs furent supprimés et remplacés par un seul État centralisé. La Constitution helvétique proclamait la liberté de conscience et du culte ; on abolit toutes les lois pénales contre l'hérésie, on supprima les privilèges ou immunités ecclésiastiques, on décida le rachat des dîmes, on enleva aux évêques étrangers leur juridiction sur le territoire de la République, on abolit la nonciature. L'État ordonna la suppression de tous les couvents, sauf celui du Grand Saint-Bernard, par voie d'extinction ; il mit sous séquestre tous leurs biens, ainsi que ceux de tout le clergé, il s'en empara, promettant de pensionner les moines restants. Il interdit les pèlerinages et n'autorisa les processions qu'autour des églises. Il n'admit pas qu'une autorité ecclésiastique quelconque pût se placer au-dessus de lui, il obligea les prêtres à prêter le serment civique et il les priva du droit de vote. La République helvétique n'osa pas en principe prononcer la séparation de l'Église et de l'État, mais elle admit la suprématie incontestée de l'État et montra plutôt de l'hostilité envers l'Église catholique. Elle enleva au clergé l'instruction publique, puis l'assistance publique et tendit par son œuvre de laïcisation à lui ôter son influence sociale.

5. Sous V 'Acte de Médiation (1803-1814). Après cinq ans d'existence, la République helvétique croula. Bonaparte imposa en février 1803 l'Acte de Médiation qui créa la Confédération des 19 cantons et rendit à chacun d'eux toute son indépendance, sauf en politique extérieure. Les questions religieuses rentrèrent comme autrefois dans les attributions des cantons. Les cantons entièrement catholiques rétablirent leur union avec l'Église ; les cantons mixtes, nouvellement créés, admirent la parité confessionnelle et l'union avec l'Église. Le rétablissement des couvents fut laissé aux soins des États. Le nonce revint à Lucerne et fut accrédité auprès de la Confédération. A la suite de la sécularisation de l'évêché de Constance, comme aussi du mécontentement des Waldstàtten contre Wessenberg, vicaire-général de ce diocèse, la Diète fédérale demanda en 1805 au nonce et au pape une réorganisation et une répartition plus pratique des évêchés. De longues négociations furent poursuivies en 1813.

6. De la Restauration à la Constitution de 1848. Après la chute de Napoléon en 1814, la Suisse, augmentée de 3 cantons, se donna une nouvelle constitution : le Pacte fédéral de 1815. Les cantons reprirent toute leur indépendance et l'Église garda, de 1815 à 1830, la même situation qu'auparavant. Cependant, l'existence des couvents était garantie par un article du Pacte. Les autorités civiles ne voulant pas que des évêques étrangers pussent exercer une juridiction sur des Suisses, entreprirent de réorganiser les diocèses. En 1819 les communes catholiques du canton de Genève furent rattachées à l'évêché de Lausanne, puis en 1823 fut créé l'évêché de Coire-Saint-Gall dont sortit en 1836 le diocèse de Saint-Gall. En 1828, le Saint-Siège institua l'évêché de Bâle-Soleure ; seul le Tessin resta rattaché aux diocèses de Côme et de Milan ; et ce n'est qu'en 1888 qu'il fut constitué en diocèse, uni avec égalité de droits à celui de Bâle et pourvu d'un évêque administrateur apostolique. Les évêques de Bâle, Lausanne et Coire furent affranchis par Pie VU de l'autorité de leurs anciens métropolitains étrangers et placés sous ;a dépendance directe du pape. Plus tard, le 22 juillet 1859, un arrêté du Conseil fédéral déclara unilatéralement supprimée toute juridiction étrangère sur le territoire de la Confédération.

Depuis les révolutions de 1830, les gouvernements conservateurs des Waldstàtten, de Fribourg et du Valais soutinrent le principe de la religion officielle, de

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la défense de la foi, de l'union, de la collaboration de l'Église et de l'État. Les gouvernements libéraux admirent la liberté de conscience, le libre exercice des cultes. Ils imposèrent la domination de l'État sur les diverses Églises, catholique entre autres. En 1834, ceux de Berne, Lucerne, Soleure, Argovie, Thurgovie, Saint-Gall et Bâle-Campagne décidèrent dans une conférence à Baden de créer un archevêché suisse, de surveiller les séminaires, les couvents et les biens ecclésiastiques, d'user du droit de placet pour les encycliques et avis du pape, mandements et ordonnances des évêques, de diminuer les fêtes religieuses et jours de jeûne. Grégoire XVI et les évêques suisses condamnèrent l'ingérence de ces cantons dans le domaine de l'Église. Dès lors l'antagonisme s'accentua entre libéraux-radicaux et conservateurs catholiques. Le Vorort Lucerne appela les jésuites, dont les libéraux réclamèrent l'expulsion ; Argovie supprima tous ses couvents, mais les cantons conservateurs en exigèrent le rétablissement en vertu du Pacte. Tous ces conflits, ainsi que d'autres, provoquèrent. le Sonderbund et enfin la réorganisation du pays par la Constitution de 1848.

7. De 1848 à nos jours. La nouvelle constitution reconnaissait la liberté de conscience et le libre exercice du culte, toutefois l'Ordre des Jésuites était interdit. *La question religieuse était laissée aux cantons.

La nonciature, tout en restant à Lucerne, fut accréditée auprès du Conseil fédéral, qui seul eut le droit d'entretenir des rapports diplomatiques avec l'étranger. La Suisse, pas plus qu'autrefois les cantons catholiques, n'envoya de ministre auprès du Saint-Siège.

Depuis la défaite du Sonderbund, de 1848 à 1856, les gouvernements radicaux de Fribourg, Lucerne et autres, opprimèrent l'Église et supprimèrent les couvents; celui de Fribourg expulsa Mgr Marilley. Après le concile du Vatican de 1870, les cantons libéraux et radicaux de Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure, Argovie et Zurich soutinrent les vieux-catholiques qui, rejetant le dogme de l'infaillibilité pontificale, se séparèrent de Rome (1873). Ils leur donnèrent les églises catholiques et leurs biens, ils les protégèrent tandis qu'ils persécutèrent le clergé catholique romain. La Confédération reconnut aussi l'Église vieille-catholique et son évêque Herzog (1876), tandis que Mgr Mermiîlod, évêque auxiliaire de Genève, était expulsé du territoire suisse (1873). Le Conseil fédéral renvoya le nonce en 1873 et rompit ses relations avec le Saint-Siège. C'est dans cet esprit d'hostilité entre l'Église et l'État que fut acceptée la nouvelle constitution fédérale de 1874. L'interdiction de l'Ordre des Jésuites y est rendue plus rigoureuse et étendue à ce qu'on a appelé les ordres affiliés aux jésuites. Il est défendu de fonder de nouveaux couvents ou ordres religieux et de rétablir ceux qui ont été supprimés. Il ne peut être érigé d'évêché sans l'approbation de la Confédération. Instruction et assistance publiques sur la base de la tolérance confessionnelle, état civil, mariage civil et divorce furent aussi inaugurés. A partir de 1880, la lutte diminua d'intensité de la part des gouvernements radicaux et de la Confédération et la paix est actuellement assurée. Au cours de la guerre mondiale un délégué du Saint-Siège est venu à Berne, et le 17 août 1920 la nonciature a été rétablie et installée cette fois à Berne.

La plupart des cantons catholiques vivent sous le régime de l'union de l'Église et de l'État ; ils se sont réservé le contrôle et la surveillance des biens ecclésiastiques, ici ou là la nomination des curés. Dans d'autres ce régime existe partiellement (c'est-à-dire seulement pour certaines paroisses). Enfin, à Genève (1909) et Bâle (1910) par exemple, on a introduit la séparation complète de l'Église et de l'État.

Bien que certains articles de la constitution fédérale, que quelques lois cantonales et que certaines institutions ne puissent se concilier avec la doctrine et l'organisation catholiques, les rapports entre l'Église catholique et l'État sont pratiquement à l'heure actuelle satisfaisants en Suisse.

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— F. Segmùller : Blâtter aus d. Kirchengesch. der Schweiz zur Zeit der Helvetik. — Le même : Blâtter aus der Kirchengesch. der Schweiz zur Zeit der Médiation und Restauration. — Fritz Fleiner : Staat und Bischofswahl im Bistum Basel. — Paul Gschwind : Gesch. der Entstehung der christkatholischen Kirche der Schweiz. — E.-P. Celpke : Kirchengesch. der Schweiz. — Jos. Hûrbin : Handbuch der Schiveizergesch. — Fr. Rohrer : Das Waldmannsche Konkordat dans JSG IV. — E. Egli: Zûrcherische Kirchenpolitik vonWaldmann bis Zwingli (ib. IX).

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II. Église protestante. Comme ailleurs, la Réformation provoqua la fondation d'Églises nationales au sein de la Confédération. Les États indépendants et les autorités qui se séparèrent du catholicisme s'approprièrent les droits du pape et de l'épiscopat sur leurs églises. Le culte fut organisé et les églises dotées de constitutions prises sur le modèle de celle de Zurich que Zwingli avait définitivement constituée au printemps de 1525. Ce fut le cas à Berne, en janvier 1528, puis à Bâle et Saint-Gall en février 1529 et Schalï'house en septembre 1529. Dans les cantons de Glaris, d'Appenzell et des Grisons, où aucun pouvoir central ne s'était prononcé sur l'acceptation ou le refus de la Réformation, mais où la décision avait été laissée à chaque commune, on appliqua le régime de la parité confessionnelle. Dans les bailliages communs on avait, lors de la première paix de Cappel en 1529, laissé à chaque commune la faculté d'opter; là où la majorité se prononçait en faveur de l'ancienne croyance, une nouvelle votation pouvait toujours être demandée et l'existence des minorités protestantes était assurée, tandis que là où la commune se prononçait pour l'abolition de la messe, la décision était irrévocable. La minorité catholique devait ou céder ou émigrer. La seconde paix de Cappel modifia la situation en faveur des catholiques ; toutefois les minorités protestantes pouvaient continuer à exister et se rattacher à des communes voisines de même croyance. Cependant, après 1531, il était interdit de former de nouvelles communautés protestantes. De même que les cantons et leurs alliés, les Églises, unies étroitement à l'État, avaient chacune leur vie particulière. Dans la Suisse orientale par contre, les communautés protestantes des bailliages communs se rattachèrent au synode zuricois, comme, par exemple, le Rheinthal protestant et les communautés de la Haute-Thurgovie de 1589 à 1798, celles de la Basse-Thurgovie de 1567 à 1798, de même que les protestants de Glaris jusqu'en 1621. Dans le Pays de Vaud, les ecclésiastiques protestants, professant des opinions calvinistes, voulurent adopter la doctrine et la constitution de Genève, ce qui provoqua en 1559 la destitution des chefs du mouvement.

Il n'y avait pas d'organisation commune entre les églises du pays. Elles avaient leurs liturgies, leurs recueils de chants, leurs catéchismes et leurs synodes à elles ; des différences existaient aussi dans le rite et, quoiqu'une profession de foi telle que la seconde confession helvétique eût été généralement adoptée, il y eut néanmoins çà et là des divergences en matière de doctrine. Les chefs des diverses églises entretenaient entre eux une active correspondance mais sans caractère officiel et la célébration en commun d'un jour de jeûne fédéral, inaugurée en 1639, ne formait qu'un lien peu solide. Les Diètes protestantes, soit les assemblées des cantons protestants, qui avaient lieu ordinaire-

EGLISE ET ETAT

EGLOFF

ment à Aarau, étaient plutôt des réunions d'hommes d'État, Elles avaient pour but la défense des intérêls politiques el religieux, mais a 'aboutirent à aucune centralisation en matière ecclésiastique.

En raison des liens étroits qui existaient entre l'Église el l'État au sein des cantons protestants, la distinction entre la vie civile et la vie religieuse s'cH'aça d'autant plus que la parité, que quelques gouvernements, tels que ceux de Berne et de Baie, axaient, au début de la Réformation, considérée comme possible, fut finalement rejetée pour des raisons pratiques et tbéologïques. L'État avait la suprématie dans l'Église, non seulement en ce qui concernait la constitution, mais aussi la célébration du culte ; il acquit même de l'influence sur les doctrines de l'Église, Il est vrai que dans quelques cantons les synodes ecclésiastiques jouissaient de certaines attributions telles que la surveillance sur les pasteurs ; toutefois le gouvernement décidait en dernière instance. Dans le cours des temps, le principe de la suprématie de l'État sur l'Église se développa toujours davantage et les autorités ecclésiastiques, soil les réunions pastorales et les conseils, n'étaient dans le fond que les organes des autorités séculières. Le caractère d'églises d'État se maintint pour les églises suisses jusqu'en 1798.

La constitution belvétique proclama la vie civile indépendante du pouvoir religieux ; elle abolit les anciennes constitutions ecclésiastiques et soumit l'Église à une surveillance sévère, de sorte que l'État était indépendant de l'Église, mais non pas l'Église de l'État. Toutefois l'Acte de Médiation et surtout la Restauration rétablirent l'ancien état de choses avec quelques modifications. Mais les cantons qui avaient été antérieurement exclusivement protestants, perdirent cette qualité parce qu'on adjoignit à leur territoire des communes ou des districts catholiques.

Le revirement de 1830 provoqua l'introduction de statuts ecclésiastiques plus démocratiques. Toutefois les questions ecclésiastiques restèrent du ressort des cantons, de sorte que les rapports des églises suisses avec l'État diffèrent entre eux.

Dans les cantons les rapports entre l'Église et l'État sont les suivants (en 1924) : Dans le canton d'Argovie les Églises des diverses confessions s'administrent ellesmêmes, sous la surveillance de l'État, au moyen de synodes nommés par elles. En 1908, l'État a rendu aux communautés les biens ecclésiastiques, qui avaient été sécularisés antérieurement, et qu'elles administrent à leur gré. — L'Église d'Appenzell Rh.-E. est indépendante, sauf que l'État se réserve en principe un droit de surveillance ; toutefois les temples sont la propriété des communes d'habitants. — Dans la ville de Bâle, la séparation de l'Église et de l'État fut acceptée par le peuple en mars 1910, et la constitution ecclésiastique adoptée en 1911 par les protestants. Le droit de vote féminin a été introduit en 1918. L'Église règle les affaires elle-même, mais les questions qui ne sont pas purement ecclésiastiques doivent être soumises au gouvernement. — Bâte-Campagne a une Église nationale sans conseil ecclésiastique et sans synode. Le gouvernement exerce la surveillance sur les affaires religieuses qui touchent aux intérêts de l'État, administre les biens de l'Église et des écoles provenant de la Réformation.

- La loi ecclésiastique du canton de Bei'ne de 1874, met la paroisse à la base de l'organisation. C'est le synode cantonal qui règle les affaires intérieures de l'Église. Les affaires extérieures sont du ressort de l'État, comme la mise au concours des postes de pasteurs vacants et la ratification de l'élection d'un pasteur par une paroisse. En sa qualité de propriétaire des biens appartenant autrefois à l'Église, l'État doit subvenir aux dépenses occasionnées par celle-ci. — Dans le canton de Fribourg, les communautés protestantes ont une administration exclusivement à elles, dont le synode est l'organe. L'État se réserve seulement le contrôle des biens de l'Église qui servent aux traitements des pasteurs. -- Genève se prononça dans la votation du 30 juin 1907 pour la séparation de l'Église et de l'État, qui avait été déjà agitée en 1880 et 1894, mais que le peuple avait alors refusée. La nouvelle cous

titution ecclésiastique entra en vigueur en 1909; elle accorde le droit de vote aux femmes ainsi qu'aux étrangers domiciliés depuis un temps déterminé dans le canton. — A Claris les membres protestants du gouvernement font partie, en vertu de leurs fonctions, du synode, dont les décisions doivent être ratifiées par les paroisses et le Grand Conseil. Les paroisses sont tenues de fournil' les fonds nécessaires. Le gouvernement administre un fonds de réserve pour l'église.

— Dans les Grisons le synode a un caractère essentiellement ecclésiastique ; trois membres protestants du Grand Conseil en font partie comme assesseurs. De même le Grand Conseil élit un délégué au Conseil d'Église. Les communautés sont tenues de pourvoir aux traitements des pasteurs et de subvenir à toutes les dépenses relatives à l'Eglise. — A Neuchâtel, le contrôle de l'État sur l'Église se réduit à la ratification des statuts du synode. Les ecclésiastiques sont payés par l'État. L'adoption de la loi ecclésiastique de 1873, supprimant l'exigence de toute profession de foi de la part des pasteurs provoqua la même année la fondation d'une Église évangélique indépendante. — A Schaffhouse, l'Église est plus que partout ailleurs une Église d'État. Le synode se compose des pasteurs, de deux délégués du gouvernement et des membres du Conseil ecclésiastique, dont font partie un membre du gouvernement, l'antistès, un délégué ecclésiastique et un délégué laïque, élus par le synode, et trois membres élus par le Grand Conseil, dont l'un est un ecclésiastique. Le synode ne fait que des propositions sur lesquelles décide le Conseil d'État. L'État administre les biens de l'Église et des écoles, qui datent de l'époque de la Réformation. — A Saint- Gall les protestants et les catholiques se régissent eux-mêmes sous réserve de la sanction du Grand Conseil. Du reste l'Église protestante est pour ainsi dire autonome. Les paroisses pourvoient aux traitements des pasteurs et à toutes les dépenses de l'Église. — L'Église protestante du canton de Thurgovie est dans une situation analogue ; elle a un synode et un Conseil composé d'ecclésiastiques et de laïques. Une particularité à mentionner sont les compétences en matière de police des mœurs laissées par l'État aux autorités paroissiales chargées également de l'assistance publique. C'est l'Église qui subvient seule aux dépenses nécessaires. — L'Église du canton de Vaud est soumise à la haute surveillance de l'État. Outre les représentants des paroisses, le synode comprend les délégués des classes, les professeurs de théologie et trois représentants du gouvernement. Dans la plupart des affaires d'Église, c'est le Conseil d'État qui décide en dernière instance. Il nomme les pasteurs qui sont présentés par les paroisses. L'État pourvoit aux dépenses de l'Église. L'Église libre du canton de Vaud a été fondée à la suite des luttes causées par la révision de la constitution en 1845. — Dans le canton de Zurich existe également le contrôle de l'État, les rapports annuels du Conseil d'Église et les protocoles du synode sont remis au Conseil d'État qui en réfère au Grand Conseil. L'Église régit elle-même ses affaires intérieures. Le Conseil d'Église est composé de 7 membres, 5 représentants du synode et 2 représentants du Grand Conseil. L'État pourvoit aux dépenses, entre autres aux traitements des pasteurs.

— Voir C. Stuckert : Kirchenkunde der reformierten Schweiz. — G. Finsler : Kirch'.iche Statistik der reformierten Schweiz. — ■ Voir aussi la Bibliographie de la première partie de l'article. [E. B.]

EGLISWIL (C. Argovie, D. Lenzbourg. V. DGS). Com. et Vge de la paroisse de Seengen. En 893, Egirichswilare ; dans le Habsburger Urbar, Eqliswile. Armoiries : d'azur à trois poissons posés deux en sautoir et un en pal, accompagnés de trois étoiles d'argent. En 1415 Egliswil passa à Berne et fut incorporé au bailliage de Lenzbourg. Le 20 juillet 1593 un incendie y détruisit 18 maisons. — Voir Merz : Die Gemeindeviappen des Kts. Aargau. [L. S.]

EGLOFF. Famille des cantons d'Argovie et de Thurgovie. Ce nom, comme celui d'Egolf dérive du ahd. A gil-ulf plus tard Egelolf.

A. Canton d'Argovie. Famille de Baden, appelée au-

EGLOLF

EHINGER

trefois aiissi Egolff. Heini Egolff, bourgeois en 1520 et membre du Conseil des Quarante en 1521. Armoiries : d'azur à un poisson d'argent. — 1. Adam, du Conseil 1611. — 2. Hans-Ludwig, du Conseil 1649, procurateur du couvent 1(137, directeur des écoles, f 1671. — 3. Franz-Karl, fils du n° 2, 1645-1725, du Conseil 1674, capitaine de la ville, sous-bailli. — 4. Johann-Ludwig, fils du n» 3, 1672-1756, du Conseil 1725, avoyer 1729.

— 5. Johann-Ludwig, 1696-1740, fils du n° 4, avoyer 1732, sous-bailli 1739. — 6. Franz-Kaspar, neveu du n° 4, 1717-1752, sous-bailli 1740, du Conseil 1742. — 7. Luise, * 14 février 1802, perdit la vue dans son enfance, fit en 1819 la connaissance de Matthisson, qui l'encouragea à faire de la poésie, f 3 janvier 1834. Ses poésies furent publiées en 1823 par II. Fédérer : Gedichte der blinde» L. E. — Ed. Dorer-Egloff : L. E., die blinde Natwdichterin. — Un rameau établi et éteint à Innsbruck y fut anobli. — Voir Merz : U'appenbucli der Stadt Bad'en. [H. Tr.]

B. Canton de Thurgovie. Famille d'Engwilen, bourgeoise de Gottlieben. — 1. Johann-Konrad, de Tàgerwilen, conseiller d'État 1848-1858, directeur des postes à Zurich 1858-1864, puis de nouveau conseiller d'État 1864-1869. Colonel, livra le combat de (iislikon 1847.

— 2. Johann-Konrad, fils du n° 1, conseiller d'État 1881-1907, député au Conseil national, f 2 mars 1907.

— Voir Pup. Th. IL 608 et 704. [Sch.] EGLOLF. Abbé de Saint-Gall. Voir Blarer (8). EGNACH (C. Thurgovie, D. Arbon. V. DGS). Vge

et Com. Egena, Egni, faisait partie de VArbongau qui, en 751, fut donné par un roi franc à l'évèché de Constance nouvellement créé. A cette époque c'était encore une forêt qui fut défrichée peu à peu. Avec les années, 58 fermes et hameaux s'y élevèrent, groupés autour des trois centres de Egnach, Erdhausen et Widehorn, et rattachés au temporel et au spirituel à Arbon. Ils furent détachés politiquement d'Arbon, en 1544 pou^ former une juridiction. La Réformation y a été introduite de bonne heure; en 1531,1e fonds de la chapelle d 'Erdhausen fut cédé aux protestants pour assurer le traitement du pasteur, et en 1588, le pasteur d'Arbon fut autorisé à prêcher dans la chapelle d'Erdhausen où aucun culte catholique n'avait été célébré depuis 1531. Après la paix nationale de 1712, les protestants d'Egnach cherchèrent à se détacher d'Arbon et à obtenir leur propre paroisse. Leurs efforts aboutirent après de longues négociations, grâce à la médiation de l'ancien landammann Nabholz. Le domaine, sur lequel l'église a été construite en 1728, reçut le nom de Neukirch. La chapelle d'Erdhausen devint dès lors superflue; elle fut vendue en 1839. Les catholiques d'Egnach se rendent au culte en partie à Arbon, en partie à Steinebrunn. [Sch.]

EGOLF. Ancienne famille de la Commune d'Egg (C. Zurich), citée dès 1467 et spécialement à Vollikon. qui aujourd'hui est aussi répandue dans la commune d'Uombrechtikon. Son nom dérive d'un ancien

prénom.

EGOLZWIL

[J. FlUCK.]

(C. Lucerne, D. Willisau. V. DGS).

Com. et Vge. En 1217, Egolswile. Armoiries : d'azur à un poisson d'argent posé en barre, accompagné de deux étoiles d'or. Dans le marais tourbeux on a trouvé des restes d'une station lacustre. Vers 1300 Egolzwil appartenait à l'Autriche, mais les Kibourg y avaient des biens et des droits qui passèrent au couvent d'Ebersecken, puis à Einsiedeln le 4 avril 1289. Deux fois par an l'ammanii d'Einsiedeln y rendait la justice à la cour de plaid de Dagmersellen. La moitié de la juridiction et du bailliage fut vendue à Lucerne le 2 mars 1450, l'autre moitié (propriété d'Einsiedeln), le 18 mai 1679. En 1370. 1375, 1397 et 1417, on rendit la justice pour le comté de Willisau sur la hauteur située à la sortie du lac de Wauwil dans le Weggilal. Le Galgenhâppeli et la Weidhvbe sont des souvenirs de cette cour de justice. Egolzwil devint en 1883 paroisse indépendante, détachée d'Altishofen. Déjà en 1275 la contrée était réputée

à cause de son lac poissonneux et du Hungerbrunnen (fontaine de famine), qui est une source intermittente.

— Voir Segesser : Hechtsgesch. I, p. 660. — - Kopp : Gesch. II, 394. — Liebenau : Willisau II, 20-22. — Gfr. 61, 244, 250. — Helvet. Almanach 1804, 143. — Habs. Urbar. — Gfr. Reg. [P.-X. W.]

EGYPTE. En raison des relations commerciales existant entre la Suisse et l'Egypte et de l'importance de la colonie suisse établie sur les bords du Nil, le canton de Neuchâtel proposa à la Diète en 1825 de créer un consulat à Alexandrie. Ce projet n'eut pas de suite. Vers le milieu du XIXe s., les colonies suisses augmentèrent et celle d'Alexandrie s'accrut, notamment en 1866, par l'arrivée de nombreux Suisses précédemment fixés en Algérie. Leur protection fut assumée par les consuls de France et d'Allemagne, auxquels étaient conférés des pouvoirs juridictionnels. En 1869, le canal de Suez venant de s'ouvrir, le Conseil fédéral envisagea la création d'un consulat. Le projet n'aboutit pas. On objecta que la Suisse ne pouvait se faire représenter en Egypte, pays tributaire de la Turquie alors qu'elle n'avait point, de mission diplomatique accréditée auprès de la Sublime Porte. L'idée fut reprise en 1871 et en 1894 ; mais en vain.

Cependant, les colonies suisses se développaient. En 1906, on comptait près de 500 de nos compatriotes établis, pour la plupart, au Caire et à Alexandrie, les autres à Port-Saïd et à Suez, et s'occupant de commerce, d'exportation et d'importation, de banque et d'industrie •hôtelière. Dans le tableau des pays de destination du coton égyptien qui forme à lui seul plus des trois-quarts du commerce, la Suisse tenait le sixième rang en 1904 et 1905, pour une valeur de 19 812 000 fr. De son côté, elle envoyait annuellement des chaussures pour une valeur d'environ 1 000 000 de francs. Les relations entre l'Egypte et Genève, en particulier, étaient nombreuses.

La question des consulats fut reprise en 1906. Le Sultan était prêt à accorder l'exequatur à un consul général. Des difficultés surgirent relativement à la juridiction consulaire, à l'organisation des consulats, à la capitulation qu'il eût été nécessaire de conclure, et le Conseil fédéral, estimant que la protection dont jouissaient les Suisses en Egypte était efficace, décida le 31 janvier 1908 de maintenir le statu qito. Mais la même année une agence commerciale fut fondée et la direction confiée à A. Kaiser. Un Suisse fut appelé à faire partie des tribunaux mixtes.

Au début de la guerre, la protection des Suisses fut entièrement assumée par la France. Actuellement, le Département politique fédéral étudie les moyens de résoudre le problème consulaire.

Notes personnelles. — Feuille Fédérale 1866, III, p. 46. — La Fédération horlogère suisse 24 janvier 1907.

— NZZ 16 mai 1907. — Alfred Kaiser : Erkundigungen , Impressionen und spéculative Betrachtungen iiber âgyptisehe Wirtschaftsverhâltnisse. [L. K.]

EHINGER. Familles de Bàle, Thurgovie et Zurich.

A. Canton de Bâle. Famille bourgeoise à Bàle en 1543

avec Mathys, tisserand en laine, de Bheinfelden ; elle est représentée au Petit Conseil depuis 1642. Armoiries :

écartelé, aux 1 et 4 de gueules à deux gaffes passées en sautoir, aux 2 et 3 d'or à un cygne de gueules. — 1.

Christoph, 1755-1833, bourgmestre de Bâle et fondateur de la maison de banque Ehinger & C,e, dernier représentant du nom. En 1813, à la suite d'une adoption, le nom et les armoiries des Ehinger passèrent à — 2. Johann-Lud- WIG, 1789-1839, fils du banquier et prévôt de corporation J.-J. Burkhardt-Frey, beau-frère de Christophe Ehinger. — 3. Ludwig, 1822-1900, fils du n° 2, notaire et président de la cour d'appel. - - Voir T. Geering : Die Ba.sler Bankf. Ehinger & Ciel810-1910. [C. Ro.]

B. Canton de Thurgovie. GEBHARD, de'Constance, hérita en 1397 de la charge d'ammann épiscopal de la ville et en 1401 du château de Kachel au bord du lac près de Giittingen. Il acquit en 1409 la forteresse de Moosbourg près de Giittingen, avec les bailliages de Land-

EHRAT

EHRLEH

schlacht, Uttvvil et Kesswil pour 1860 fl. des héritiers d'Albrecht von Landenberg. — Voir Pup. Th., annexe II, 75 et 77. [Sch.]

C. Canton de Zurich. JoilANNES, chanoine d'Embrach en 1379, troisième prieur de ce nom; de 1384 à sa mort, 23 avril 1409, chapelain des ducs d'Autriche.

— Voir Hoppeler : Kollegiatstift S. Peter in Embrach dans MAGZ XXIX. — Johannes, propriétaire du château et de la seigneurie d'Altikon, bourgeois de la ville de Zurich en 1458. [C. B.]

EHRAT. Famille bourgeoise de Wil (Saint-Gall) où elle est mentionnée dès 1551 ;à l'origine Erhart. —

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