ENGADINE
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encore des siècles à la chute de l'empire ; le droit gothique n'était valable que dans les différends entre Goths et Romains ; les juges romains appliquaient le droit romain aux habitants romains, et Théodoric laissa subsister l'organisation romaine. Quand la vallée passa aux Francs après sa mort, les organismes provinciaux romains subsistèrent jusqu'à Charlemagne. Celuici garantit au peuple en 784 ses lois et coutumes et créait ainsi une le.r Romana Curiensis ; les fonctions de préfet furent confiées aux évêques jusqu'à la mort de Charlemagne, puis remises à un duc qui gouverna la Rhétie.
Dès lors la Haute et la Rasse Engadine, séparées par le pont en amont de Rreil, suivirent des destinées politiques différentes : la Haute Engadine, réunie au comté de Coire ou de Haute-Rhétie, fut rattachée en 916 au duché d'Alémanie ; la Rasse Engadine fut annexée au comté de Yintschgau. Elle eut à sa tête Rerthold, comte en Engadine en 930 fin Valle Enitiana), puis des Guelfes et les évêques de Trente qui remirent la seigneurie en fief à des vassaux, dès 1140 aux comtes de Tyrol. Les habitants de la Basse Engadine furent soumis pour longtemps au droit bavarois, mais ils restèrent cependant fermement attachés à leur langue maternelle romane, et obtinrent ainsi qu'on leur donnât expressément des juges welches. Cette fidélité à la langue maternelle héréditaire alimenta le désir du peuple paysan d'être à nouveau uni à ses frères de la Haute Engadine, surtout lorsque la dernière héritière des comtes de Tyrol eut en 1363 légué la Rasse Engadine à son cousin le duc de Habsbourg- Autriche.
Au spirituel, le pays appartint de toute ancienneté au diocèse de Coire auquel la libéralité de la couronne impériale, surtout des Othons, valut aussi des donations dans la vallée inférieure de l'Inn : l'église de Sins-Sent en 940, celle de Remùs en 948 ; en outre les nobles de Tarasp firent don en 1160 et en 1177 à l'évêque de Coire du château de Tarasp et de diverses possessions à Schuls, Fetan et Guarda. Ayant acheté encore le château de Steinsberg-Ardez, et celui de Wildenberg- Zernez, l'évêque éleva sur ces riches domaines des prétentions à la souveraineté territoriale. Il en résulta de longues luttes avec le Tyrol, durant lesquelles les nobles ayant des biens dans la vallée : les Tarasp, Rendis et Matsch, prirent en général le parti du Tyrol, tandis que ceux de la maison d'Autriche cherchèrent à remporter en faveur de celle-ci, afin de placer des partisans de cette famille sur le siège épiscopal de Coire. Les sujets de l'évêque dans la Haute et -la Basse Engadine conclurent en 1367 une alliance à Zernez, afin de se défendre contre une mainmise de l'Autriche sur le siège épiscopal. Ce fut le début de la démocratie dansl'.l// fry Râtia. Les comtes royaux et l'organisation qu'ils représentaient disparurent au XIe s. en haute Rhétie, donc aussi en Haute Engadine. Ils furent remplacés par l'évêque de Coire, auquel Louis-le- Pieux avait accordé l'immunité en 831, et qui avait reçu de telles donations des Othons qu'il devint seigneur territorial avec le titre de prince qui lui avait été conféré par Rarberousse. L'évêque était devenu seigneur foncier dans la Haute Engadine en acquérant en 1139, des comtes souabes von Gamertingen, les biens que ceux-ci tenaient, probablement en alleu, des comtes de Buchhorn à Zitze, Samadene, Scaneves, Campolovasco, Bevero, Madulene, ad S. Mauritium et ad Sclatanum (non Selatanum, comme l'on cite toujours inexactement d'après Mohr, Cod. dipl. I, 118). L'évêque les remit en fief aux Planta qui y renoncèrent en 1295 et obtinrent en échange un fief héréditaire dans la Haute Engadine. L'évêque devait probablement posséder de longue date Silvaplana et Sils jusqu'à la Maloja en fief impérial à cause de l'importante route romaine du Malongus (Maloja) et du Julier. 11 fut peu à peu dépouillé de ses droits par les Planta d'abord, puis en même temps que ceux-ci, par l'ancienne corporation économique de la vallée, qui finit par s'arroger la haute juridiction dans la partie supérieure de l'Engadine. Les articles d'IIanz, de 1526, balayèrent les droits seigneuriaux de l'évêque ; il se vit remplacé par les juges élus par le peuple, avec un landammann à la tête de la juridiction. Les conflits pour l'utilisation
des forêts et des pâturages provoquèrent en 1538 le partage du territoire, encore indivis, et y substituèrent des communautés ( Nachbarschaften) ; on fit des communes à territoires bien délimités et possédant leurs propres bois, pâturages et alpages.
Lors de la Réformation, deux courants se firent jour en Engadine : alors que les jeunes prédicateurs de la vallée demandaient principalement à Bâle et à Zurich leur formation théologique, et que des hommes comme Travers, Campell et d'autres n'acceptaient que prudemment la nouvelle foi, des réfugiés italiens répandirent des idées plus radicales (antitrinitaires, Vergerio, etc.). Ils ne se conformaient pas à la Confessio Rdtica et créèrent maintes difficultés au synode grison. Ces réfugiés contribuèrent cependant, à empêcher qu'avec la messe ne disparût en Engadine la langue romanche, comme ce fut le cas dans le Nord des Grisons (dans le Prâtigau par exemple) sous l'influence des réformateurs de langue allemande. Après la guerre de Souabe et après les incursions pillardes des Autrichiens durant la guerre de Trente ans, qui se termina par le rachat des derniers droits des Habsbourg sur la Basse Engadine (1652), l'Engadine fut encore une fois le théâtre d'hostilités. De 1798 à 1800, Français et Autrichiens se livrèrent des combats entre la Maloja à Martinsbruck, suivis d'incendies et de réquisitions de transports. Après de longues luttes intestines entre les Patriotes et les Unitaires et les Fédéralistes favorables à l'Autriche, l'Acte de Médiation (1803) ramena la paix et le calme, et fit des Engadinois et des autres Grisons des citoyens de la Confédération. Depuis le XIXe s., surtout depuis l'ouverture du chemin de fer Coire-St. Moritz, la vallée est devenue l'un des plus célèbres centres d'étrangers de la Suisse. — Bibliographie : Heierli et Œchsli : Urgesch. Graubiindens, dans MAGZ XXVI, 1. — C. von Mohr : Die Urbarien des Domkapitels zu Chur.
■ Th. von Mohr : Codex Diplomaticus. - - P.-C. von Planta : Das aile Râtien. — Le même : Die Curràtischen Herrschaften. — U. Campell : Raetiae alpestris topogr. descriptio, dans QSG VIII, IX. — Le même : Historia Raetica. — H. Casparis : Der Bischof von Chinais Grundherr im Mittelalter. — F. Hammerl : Rechtsund Herrschaftsverhàltnisse im Unterengadin, dans JHGG LII. — Otto Stolz : Gesch. des Unterengadins dans JHGG LUI. — F. Jecklin : Land und Leute des Unterengadins und Vintschgaus. — E. Camenisch : Bundner Reformations gesch. — A. Meuli : Die Entstehung der autonomen Gem. im Oberenqadin. — R. Gùnther : Feldzug der Division Lecourbe 1799-1800. — E. Lechner: Auswanderung der Engadiner. — N. Sererhard : Delineation aller Gem.dreien Biinden (1742). [C. Camenisch.]
ENGE (C. et D. Berne). Presqu'île formée par l'Aar près de Berne, où F.-L. Haller, de Kônigsfelden, reconnut le premier une colonisation romaine (Helvetien unter den Rômern, 1811-1812). On y a trouvé au cours du XIXe s. : 1848, tombeaux de l'époque de La Tène près de l'Aaregg ; 1849, nombreux objets de la même époque dans le pré de Tiefenau, épées, pointes de lances, mors de chevaux, pièces de chars, 20 monnaies celtiques ; 1857-1860, tombeaux au Schârloch. Albert Jahn, le docteur Llhlmann et Adolf von Morlot y avaient fait des fouilles de 1840 à 1870. Les recherches systématiques commencèrent en 1878-1880 avec Ed. von Fellenberg et B. Haller. Ils identifièrent un établissement romain dans la forêt de Reichenbach, une construction romaine comprenant une chapelle dédiée à St. ^jidius dans l'Enge meistergut et une bâtisse ronde de nature incertaine près du Pulverturm. En 1908 le cimetière romain du Rossfeld fut mis au jour par J. Widmer-Stern. En 1914 on reconnut sept tombes celtiques dans le chemin voisin, tombes d'incinération et tombes à squelettes. Les fouilles systématiques furent reprises dès 1919. La construction romaine sur l'Engemeistergut fut reconnue par E. Schneeberger en 1919 comme étant un temple celtique de style romain. Un autre établissement romain avec annexes fut trouvé en 1920 dans la forêt de Reichenbach, il comprenait une installation de chauffage et une cave soigneusemenl murée. En 1021 on découvrit une ferme domaniale romaine comprenant deux bâtiments et. une
ENGE
ENGELBERG
allée couverte ; en 1922 une grande construction romaine avec entrée à l'Est, un hypocauste confinant à la muraille Nord e1 une halle du côté Ouest, s'ouvrant au Sud, le toul en travers du chemin de Reichenbach. A Xi) mètres an .Nord de ce lieu, on trouva une poterie romaine avec un grand nombre de récipients et d'ustensiles de potiers. En 1923 découverte d'une poterie romaine avec trois fours de potiers et un puits d'eau. Nombreuses trouvailles, entre autres trois cachets d'oculistes. — ■ Voir Jahresber. hist. Mus. Bern. — O. Tschumi : Die historische Topographie der Engehalbinsel bei Uern (avec bibliographie). [O. T.]
ENGE, ENGI (C. Schaffhouse). Col et montagne entre Schaffhouse-Neuhausen et le Klettgau. Frontière de l'empire depuis les plus anciens temps, plus tard celle des comtés de Hegau et Klettgau. — US. — Riïeger : Chronik. [H.Werner.]
ENGEL. Familles des cantons de Berne, Soleure, Thurgovie et Zurich.
A. Canton de Berne. Famille éteinte de Berne. Armoiries : d'azur à un ange d'argent, à la bordure du même. La souche de la famille est — 1. Hieronymus, chaudronnier, fils du meunier Lienhard Engel qui, originaire de Nergeten (Thurgovie), s'était établi à Gléresse ; il acquit la bourgeoisie de Berne en 1616. — 2. Johannes-Leonhard, fils du n° 1, notaire, des Deux-Cents 1651, greffier du tribunal 1652, gouverneur de Kônigsfelden 1656, du Petit Conseil 1669, banneret 1676, trésorier des pays allemands 1679. — 3. Daniel, fils du n° 2, 1646-1721, des Deux-Cents 1673, greffier du tribunal 1678, bailli d'Interlaken 1681, du Petit Conseil 1703. — 4. Gabriel, 1654-1721, fils du n° 2, des Deux-Cents 1680, grand bailli de Schenkenberg 1693, bailli de Cerlier 1707, colonel. — 5. Anton, 1658-1711, frère des deux précédents, des Deux-Cents 1680, bailli d'Unterseen 1696. — 6. Burk-
hart, 1662-1750, également fils du n° 2, des Deux-Cents 1701, bailli de Frienisberg 1712, intendant d'église 1721, se fit apprécier lors de la construction des grandes orgues de la collégiale. 7. Sa-
muel, 1702-1784, fils du n° 6, bibliothécaire de la ville de Berne 1736, des Deux -Cents 1745, bailli d'Aarberg 1748, d'Échallens 1760, résigna ses fonctions au Grand Conseil en 1775 ; Samuel Engel. D'après une grav. homme d'état, agronosur cuivre ^auteuretdate inconnus), me, géographe, économiste, membre fondateur et premier président de la société économique, membre fondateur de l'orphelinat de la ville, introduisit dans la région de Nyon la culture de la pomme de terre et compta parmi les fondateurs du système des greniers à blé destinés à éviter le renchérissement. Ce fut un des Bernois les plus instruits de son temps et auteur de nombreuses publications économiques et géographiques. — Voir BT 1853. — C. Bâschlin : Die Blûtezeit der Œkonom. Gesellschaft. --8. Franz-Christoph, fils du n° 7, 1740- 1820, des Deux-Cents 1775, grand sautier 1783, bailli d'Oron 1788, et après la chute de Berne, membre du Grand Conseil. Avec — 9. Franz-Carl, * 1791, intendant d'église, membre du Grand Conseil 1825. Cette famille patricienne, qui prit la particule en 1783, s'éteignit en 1870. — Voir LL. — LLH. — Gruner: Genealogien. -- v. Werdt : Burgerregister. — H. Blôsch : Samuel Engel, ein Berner Bibliophil. des 18. Jahrh. (en préparation). [H. M. et E. B.]
Les nombreuses familles Engel. bourgeoises de Gléresse et de Douanne, sont issues du meunier Lienhard susdit (Tùrler dans BBG 1919). — Karl, f 1902, propriétaire à Douanne, conseiller national 1886-1887. [H. T.]
B. Canton de Soleure. Rudolf, de Kaiserstuhl,
chapelain à l'église de Saint-Ours à Soleure et curé à Biberist 1601, chanoine 1608; il fil de riches donations, entre autres des objets d'art, à différents couvents. — Schmidlin : Gesch. der Pfarrgem. Biberist. [J. K.]
C. Canton de Thurgovie. Famille de Frauenfeld, mentionnée dès 1517 ; elle prit bientôt part à l'administration de la ville. — Heinrich, landammann de Thurgovie; f 1531. — LL.— Pup. Th 2,000. [Sch.]
D. Canton de Zurich. Famille de la ville de Bùlach. — Un Engel, porte-drapeau, a été avoyer 1421. — 1. Konrad, avoyer 1545-1551 et 1557-1561. — [Hildebrandt.] — 2. Régula, née Egli, 1761-1853, femme de Florian, originaire de Langwies, major au régiment suisse Diesbach en France. Elle accompagna son mari dans ses campagnes sous la royauté, sous la République et sous Napoléon Ier. Son autobiographie parut en 1821 et 1828 (nouvelle éd. par le pasteur Fritz Baer, en 1904, et en 1914 par D.-S. Steinberg, Ire partie avec ses souvenirs de guerre). — [C. B.] — 3. Adolf, 1840-1913, ingénieur à Treviglio, député italien, élu en 1906 au sénat italien. — 4. Heinrich, * 1857, Dr. phil., privat-docent, auteur de Die grôssten Geister tiber die hôchsten Fragen. [Hildebrandt.]
ENGELBERG (C. Unterwald. V. DGS). Couvent, vallée, Vge et Com. La découverte, dans ces vingt dernières années, de trois haches, en bronze, en pierre et en fer, dans la direction de l'antique passage du Joch semble attester que cette voie a été utilisée à une époque très reculée. Il est probable qu'avant la fondation du monastère, la vallée n'a été habitée que pendant l'été pour l'utilisation des pâturages. Konrad von Seldenbùren, le couvent de Mûri et d'autres propriétaires fonciers y possédaient déjà aux XIe et XIIe s. des droits d'alpage. Le couvent a été fondé en 1 120 par le baron Konrad von Seldenbûren sur le terrain qui lui appartenait. L'endroit s'appelait probablement à l'origine Engiberg, pâturage alpestre étroit, qui se transforma en Engilberg, Engelberg. La nouvelle appellation se trouve dans un document pontifical du 5 avril 1124. Les moines, de l'ordre des bénédictins, ayant à leur tête Adelhelm, vinrent du couvent de Saint-Biaise dans la Forêt-Noire. La dédicace de la première église eut lieu le 1er avril 1120 par Ulrich, évè-jue de Constance ; il détacha en même temps le territoire d'Engelberg de la paroisse de Stans et l'érigea en paroisse autonome. Le couvent fut placé le 5 avril 1124 sous la protection des papes par Calixte II, et le 28 décembre 1124 sous celle de l'empire par Henri V; les habitants de la vallée jusqu'alors serfs des seigneurs fonciers, passèrent sous la domination de l'abbé. Après les difficultés du début : assassinat du fondateur le 2 mai 1126, mort prématurée du premier abbé, Adelhelm, le 25 février 1131, usurpation de la dignité abbatiale par trois hommes incapables, le couvent entra dans une ère de prospérité avec l'abbé Frovvin (1143). Il est le fondateur de l'école des peintres etcalligraphes d'Engelberg, qui produisit jusqu'au XVe s. une belle série d'ouvrages magnifiques et artistiques. Frowin et son successeur immédiat Berchtold, ainsi que l'abbé Adelhelm, ont été béatifiés. L'ère de prospérité dura jusqu'à l'accession de l'abbé Johann Kummer (1421). La conquête de l'Argovie par les Confédérés (1415) mit fin à la protection impériale et le couvent se vit contraint de rechercher l'appui des cantons de la Suisse centrale, appui qui ne tarda pas à dégénérer en une lourde et funeste tutelle. L'intrusion des laïques dans l'élection des abbés, dans l'administration des biens et le maintien de la discipline, la nomination d'abbés incapables et indignes, tout contribua à conduire le monastère à la ruine jusqu'au début du XVIe s. Mais à ce moment l'abbé Barnabas Staiger, dit Biirky, déploya une grande activité, qui rendit au couvent son antique réputation au milieu des troubles causés par la Réformation. Deux fois durant les décades suivantes, la peste décima les religieux qui furent réduits à un seul survivant. L'abbé Jakob-Bendikt Sigerist, 1603, fut l'instaurateur d'une nouvelle période de prospérité, assombrie seulement au moment de la Révolution française. Le couvent fut alors placé sous l'administration de l'État ; l'admission de novices était interdite ; le trésor et le mobilier furent inventoriés. Le commissaire français Mengaud somma
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ENGELBERG
les religieux de quitter le monastère, mais les «|moines-citoyens» n'obéirent pas et attendirent tranquillement des temps meilleurs qui revinrent en 1803. Les troubles de 1«30- 1840 n'affectèrent pas la maison, qui depuis lors se développa librement dans le domaine religieux et scientiflque. La communauté comprend en 1924, 41 prêtres, 6 clercs, 18 frères-lais et 7 novices, total 72 personnes. Les succursales fondées dans L'Amérique du Nord, à Conception (Missouri, 1873) et Mount Ange] (Orégon, 1882) sont autonomes et indépendantes d'Engelberg.
tableaux d'autel : saint Eugène (1781), saint Benoît (1782) et saint Antoine (1782) de Melchior YVyrsch, de Buochs ; les autres toiles sont pour la plupart l'œuvre de M. -P. von Deschwanden, de Stans, sous la direction duquel l'église fut restaurée de 1877 à 1879. La chapelle du cimetière, immédiatement devant l'église, possède un autel à volets remarquable en gothique flamboyant. De tout temps, le couvent posséda une école pour la culture gymnasiale, dans laquelle les futurs membres du monastère et nombre de fonctionnaires de l'État de la
Engelberg en 1831. D'après un dessin de J. Zelger.
Rien ne subsiste des bâtiments du premier monastère incendiés en 1199. De la construction qui le remplaça, il ne reste que les étages inférieurs de la tour du clocher ; quant au couvent, construit en bois, il devint la proie des llammes une seconde fois en 1306 et une troisième fois en 1729. Le couvent actuel est l'œuvre de l'architecte Joh. Rùeff, du Vorarlberg, auquel, à ce qu'il paraît, un moine-architecte d'Einsiedeln, Kaspar Moosbrugger, aurait donné les plans. Le nouvel édifice fut occupé en 1737 et l'église consacrée en 1745. Le bâtiment d'angle ajouté à la cour extérieure fut élevé sous l'abbé Joachim Albini en 1722. L'église renferme un tableau de maître-autel de Franz-Joseph Spiegler, de Riedlingen (1734), représentant l'ascension de Marie ; trois
Suisse centrale ont reçu leur instruction supérieure. Depuis la disparition des écoles des jésuites en Suisse, la fréquentation s'est notablement accrue. L'ancien gymnase, de six classes, a été augmenté en 1907 de deux classes et érigé en lycée délivrant une maturité cantonale et fédérale. Le nombre des élèves est depuis lors de 200 en moyenne ; en 1923, une école réale pour jeunes gens d'Engelberg a été ouverte. C'est au couvent aussi qu'incombe la desservance de la paroisse d'Engelberg, dont l'église paroissiale est celle du couvent. La bibliothèque possède d'anciens manuscrits, des incunables et quelque trente mille volumes, ainsi qu'une bibliothèque spéciale pour le gymnase. Les archives renferment les anciens actes et documents.
Liste des abbés d'Engelberg :
Bienheureux Adelhelm, 1124-1131.
Bienheureux Frowin, 1143-1178.
Bienheureux Berchtold, 1178-1197.
Heinrich I, 1197-1223.
Heinrich II, 1223-1241.
Wernher, 1241-1250.
Walther I, von Iberg, 1250-1267.
Walther II, von Cham, 1267-1276.
Arnold v.Wil, de Lucerne, 1276-1295.
Ulrich I, de Stansstad, 1295-1298.
Rudolf I, Schertleib, ou von Winkel-
riet, 1299-1317.
Walther III, d'Engelberg, 1317-
Wilhelm (von Wolfenschiessen ?),
Heinrich III, von Sempach, Lucerne,
Nikolaus I von Weisserlen, Kerns,
Rudolf II Stuhlinger, de Regens-
berg, 1360-1398.
ENGELBERGER