BERNARDONI
topol. Lors de la guerre de Crimée, il refusa de vendre ces plans à la France. Rentré au Tessin en 1859, il fut professeur de dessin à Biasca, à Agno, puis à Lugano. — Voir Bianchi : Artisti Ticinesi. — Oldelli : Dizionario. — Vegezzi : Esp. Storica. — SKL. — ALBK. [C. Trezzini.] BERNARDI. Famille des cantons du Valais et du Tessin.
A. Canton du Valais. Famille noble d'origine italienne, établie à Vevey et en Valais, à Saint-Maurice d'abord, puis à Vouvry où elle succéda aux de Sostionis dans le vidomnat. A Vouvry la famille habitait le château d'Allinges de sorte qu'on prit l'habitude de l'appeler Bernardi d'Allinges ou même simplement d'Allinges. Elle s'éteignit au commencement du XVIe s. — 1. Gérard, chanoine sacristain, fut nommé abbé de Saint-Maurice en 1374. f 1376. — 2. Michel, abbé de Saint-Maurice en 1440, fut conseiller intime des ducs de Savoie. Il présida en mai 1449 le plaid de Vouvry qui définit les droits de son monastère et ceux du vidomne. Bagnes reconnut le vidomnat en sa faveur en 1441. t 1455. — 3. Guillaume, succéda à l'abbé Boverey de Saint-Maurice en 1463. D'abord curé d'Ollon, puis chanoine sacristain, il ne reçut la confirmation de sa nouvelle charge que le 13 septembre 1465, de Paul II. Il défendit les droits de l'abbaye menacés par le châtelain ducal de Monthey, et sut conserver au couvent Bagnes, qui avait essayé de se soustraire à son autorité lors de la conquête du Bas- Valais par Walter Supersaxo. Alexandre VI le chargea d'installer, le 15 avril 1496, Nicolas Schiner sur le siège épiscopal de Sion. La même année, Bernardi résigna ses fonctions en faveur de son neveu Jean d'Allinges. — 4. Huguenin, vidomne de Vouvry pour l'abbaye de Saint-Maurice. Sa fille Bernardine apporta cette charge héréditaire dans la famille Boquis en 1500. — 5. Jean, curé de Salvan, de Saint-Sigismond 1486. Nommé abbé de Saint-Maurice, il dut auparavant entrer en religion, clause qui fut remplie le 2 février 1497. f 1521. — Voir de Rivaz : Topographie. — Rameau : Châteaux du Valais. — Gremaud. — Furrer : Hist. du Valais. [Ta.]
B. Canton du Tessin. — Philippe, de Campo-Valle- Maggia, joua un rôle important dans sa vallée. En 1484, lors de la descente des Valaisans dans l'Ossola contre les comtes d'Arona, il commandait, avec Andrielus Anloni, l'escouade qui garda le passage de Cravairola de Campo. Consul de la Rovana supérieure en 1504, il figure parmi les signataires de l'acte de paiement des mille écus d'or que le Val Maggia et la Lavizzara durent payer à la France au début du XVIe s. pour leur rébellion. — Voir Pometta : Corne il Ticino venue... [C. T.]
BERNARDIN. Chapelain à Frauenfeld au commencement du XVIe s., se fit connaître comme constructeur d'orgues. En 1524, Lucerne pria le Conseil de Frauenfeld de lui laisser cet artiste pendant deux ans pour la construction des orgues de la Hofkirche ; elles coûtèrent 8000 fl. [Sch.]
BERNARD INO. Nom de plusieurs artistes tessinois des XVe et XVIe s. — 1. Bernardino, de Bissone, fils d'Antonio, sculpteur, t 1520 ou 1521. Vers 1494, il travailla aux riches balustrades de l'escalier des géants dans la cour du palais des Doges. Il est probablement identique à Bernardino de Bissone connu sous le nom de Furlano, qui peu après, en 1490, travaillait au grand escalier du palais ducal de Scutari. De 1500 à 1519, il travailla dans diverses églises de la province d'Udine, et fut reçu citoyen de cette ville en 1508. — 2. Bernardino, de Bissone, fils de Gabriel, sculpteur. En 1500, il était occupé aux sculptures de la façade de la grande chartreuse de Pavie. Un sculpteur du même nom travaillait dans la région de Gênes en 1535. — 3. Bernardino, de Lugano, fils d'Antonio, sculpteur, stucateur et fondeur. Il travailla à l'ornementation de l'église de Saint-Michel à Bologne. Suivant Cittadella, il était occupé en 1521 au palais Castelli à Ferrare. Florence possède de lui la statue en bronze de Giovan Francesco Rustici sur la porte septentrionale du Baptistère, qui fut terminée en 1511. Il fit encore la grande porte de Saint-Pétrone à Bologne 1523, le couvent des Olivétains dans la même ville 1518-1544. C'était le type du tailleur de pierre de la Renaissance qui, suivant Paoletti, se
serait révélé grand sculpteur-décorateur à Rome. D'après le SKL, le fondeur et le sculpteur seraient deux personnages différents. — Voir SKL. — ALBK. — Vegezzi : Esposizione storica. — Merzario : 1 maeslri comacini. [C. Trezzini.]
BERNARD IS, de. Famille de Lamone. Armoiries : parti, au 1 paie de gueules et d'argent de six pièces, au 2 de gueules à une fasce d'argent. — 1. Francesco, stucateur, travailla dans les principales églises de Sienne où il mourut vers la fin du XVIIe s. — 2. Andréa, graveur sur cuivre et stucateur, * 1760 à Lamone, disciple de Giocondo Albertolli et de Giovanni Mercoli, étudia à Milan. Il travailla en Hollande, surtout à La Haye, 1788-1795, puis s'établit à Vérone. Il grava vingt des trente tables de l'ouvrage du comte Bartolo Giuliari sur la chapelle de saint Michel de la famille Pellegrini (1816), t 18 mai 1837 à Lamone. — 3. Carlo, chanoine de Saint-Laurent à Lugano, prof, de belles-lettres à Lugano, cérémoniaire de l'archevêque Giovanni Fraschina. En 1809, il fut emprisonné par le gouvernement tessinois pour avoir critiqué dans un sermon le gouvernement de Napoléon. fl844, il légua 10 000 lires à l'hôpital de Lugano. — 4. Bernardo, architecte, peintre, * 8 sept. 1807, f 17 mars 1868 à Budapest. Il étudia à Pavie, travailla à Vienne comme architecte de la cour impériale et à la cour du prince de Lichtenstein, collabora avec Canova et Tantardini. On a de lui un panorama de Lugano. Son œuvre principale est la restauration du palais du prince de Lichtenstein, dont il était le protégé. En 1851, il fut chargé de représenter la peinture décorative de l'empire d'Autriche à l'exposition de Londres. — 5. Felice, 1856-1907, ingénieur, étudia à Stuttgart, travailla d'abord à l'aqueduc de Naples, puis à la construction des chemins de fer de la Vénétie. En 1885, directeur et ingénieur en chef des travaux d'assainissement des plaines de Burana, de Ferrare à Valpagliaro. Il rentra dans sa patrie en 1900 et s'occupa de la canalisation du Vedeggio. — Voir SKL. — ALBK. — Bianchi : Artisti ticinesi. — Baroffio : Storia del Canlone Ticino dal 1803 al 1830. — BStor. 1885. — Vegezzi : Esposizione Storica. [C. Trezzin-i.]
BERNARDO. Nom de plusieurs artistes tessinois, dont on ignore la famille. — ■ 1. Bernardo de Caneggio, sculpteur de la fin du XVe s. Il travailla à Rome, mais on ne sait pas précisément à quel monument. Son testament est du 16 septembre 1499. — 2. Bernardo, de Lugano, maître-constructeur. Du 22 octobre au 23 décembre 1466, il travailla à la tour de saint Georges et au Castelletto de Gênes. — 3. Bernardo, de Lugano, stucateur. Avec Baldassare de Lugano, il fit des stucs dans la chapelle grégorienne de saint Pierre à Rome. Le 24 juillet 1580, il avait fini ses travaux et en recevait le paiement. — 4. Bernardo - Francesco, de Lugano, sculpteur. En 1663, il travaillait à Reggio Emilia. Il dut sculpter quelques-unes des statues conservées du couvent de Saint-Pierre à Reggio. — 5. Bernardo, de Lugano, sculpteur et fondeur. Avec la coopération de Siro Zanella de Pavie, il construisit vers la fin du XVIIe s. la statue colossale de saint Charles Borromée à Arona — Voir SKL. — ALBK. — BStor. 1885, 1893. — Vegezzi : Esp. storica. — Baroffio : Memorie. [C. Trezzini.]
BERNARDONI, Dominique. Seigneur de Vesure et de Ronfin, diplomate français, accrédité en 1735 par Louis XV comme chargé d'affaires auprès des III Ligues. Il tenta de les décider à renouveler l'alliance avec la France qu'elles avaient résiliée en 1637. La Diète convoquée pour entendre ses propositions sembla disposée à les accepter moyennant certaines conditions. Toutefois les communes se prononcèrent contre l'alliance. Bernardoni fut rappelé en 1741. — 'Voir Arch. des Affaires Étrangères à Paris : Grisons 35. — Sprecher : Gesch. der Rep. der III Bûnde irn 18. Jahrh. I, 335. — Arch. fédérales, copies de Paris. [A. R.]
BERNARDONI, Giov. -Maria, f en Pologne vers 1605, jésuite et architecte, fit les plans de l'église de
KKUNAIthrs
Saint-Pierre des Jésuites à Cracovie, édifiée par le roi Sigismond II. détail probablement de Lugano. — Voir s KL. — BStor. 1893. [C. T.]
BERNARDUS. Cardinal diacre de Saint-Eustache, mentionné en 1361 el en 1362 comme Grand sacristain du chapitre de Sion. - Voir Arch. de Valère. [D. i.i
BERNASCONE, BERNASCON I , de BERNAS- CONIS, BERNASCONO. Famille très répandue au Tessin, mentionnée à Mendrisio en 1560.
Branche île Chiasso. Armoiries : coupé, au 1 de gueules, au - fascé de trois lires de sinople et d'argent el brochanl une fasce crénelée de deux pièces à la gibeline soutenanl une ancre, le toul d'or. 1. Cesare,
* Il mai 1819, t 1861, député au Grand Conseil 1841- 1861, conseiller aational 1854-1860, lieutenant-colonel.
-'. Costantino, frère du n° 1, * 1 1 avril 1820, t 1902 : avocat et homme politique, il joua un rôle influent dans le parti radical tessinois depuis le milieu du XIX1, s. Député au Conseil >\v> États 1853 et 1874, conseiller national 1855-1872 et 1884-1893, du Grand Conseil I (Si) 1-1902. Un des concessionnaires du chemin de fer Chiasso-Lugano-Bellinzone en 1856 ; colonel.
Branche de Morbio Superiore. — Pietro. sculpteur, * 26 février 1826, t à Milan le 6 mars 1891. Disciple de Vincenzo Vêla, il fit entre autres plusieurs statues pour le dôme de Milan, le bas-relief de l'hôpital de Mendrisio, trois groupes pour le palais épiscopal de Plaisance, la statue de Giotto (1859), la veuve du bersagliere (1861) et la fille de Jephté (1865), la plus célèbre de ses œuvres. Il obtint des prix à plusieurs reprises à Vienne, Florence, Santiago et Paris. Membre honoraire de l'Académie de Brera à Milan.
Branche de Coldrerio. — 1. Carlo-Maria, * 5 février 1654, f à Mendrisio le 2 janvier 1740, entra en 1678 au couvent des serviteurs de Marie comme frère laïque. Il fut vénéré par le peuple, avant et après sa mort, pour sa grande sainteté. — 2. Felice, légua en 1914 cent mille francs à l'hôpital de Mendrisio. — 3. Giovanni, f 1920, a laissé cinq cent mille francs à des œuvres de bienfaisance de Mendrisio.
Branche de Mendrisio. — 1. Bernardo, maître constructeur du XVIIe s. En 1628, il passa un contrat pour la construction de l'église de saint Damien à Mendrisio. Il vivait encore en 1649. — 2. Francesco, de Cabbio (Val Muggio), * vers 1770, f 20 oct. 1808, médecin et syndic de Mendrisio. En 1798, il joua un certain rôle dans la détermination du Mendrisiotto à faire partie de la Suisse, signataire de la déclaration du 26 avril au Directoire helvétique, membre et secrétaire de la Diète cantonale de 1801, de la Commission chargée d'élaborer le projet d'organisation de l'administration cantonale, ainsi que de diverses autres commissions.
Branche de Riva San Vitale. Armoiries : un dextrochère armé d'une épée posée en barre et soutenant une étoile. — 1. Maffeo, maître constructeur, s'engagea en 1581 à construire à Rome le mur des fortifications entre la porte Saint-Laurent et la porte Pie, d'après les dessins de Jacopo délia Porta. — 2. Abbondio, avocat,
* 8 janvier 1757, t 2 sept. 1822 ; secrétaire en 1798 du Conseil de la république de la pieve de Riva San Vitale, un des délégués de la petite république auprès du Directoire de Milan pour traiter de son adhésion à la Cisalpine. Pendant son absence, il eut sa maison envahie par les Luganais qui donnaient la chasse aux partisans de la Cisalpine. — 3. Manfredo, fils du n° 2, avocat, *1783-1850, étudia à Pavie. En 1803, il entra comme officier au service de Napoléon ; député au Grand Conseil 1815-1821, 1830-1839, conseiller d'État 1830 et 1839- 1845. — 4. Camillo, fils du n° 3, avocat, 1814-1855, député au Grand Conseil qu'il présida en 1846, 1848 et 1852 ; refusa en 1849 sa nomination de conseiller d'État.
- 5. Giovanni-Battista, archiprètre de Balerna, élu le 20 juillet 1811 et f le 3 octobre 1831.— 6. Luigi, neveu du précédent, succéda à ce dernier dans la charge d'archiprêtre de Balerna du 3 octobre 1831 au 22 sept. 1845, date de sa mort.
Brandie de Massagno. Armoiries (suivant Corti) : d'azur à une tour d'argent ouverte et ajourée du champ, surmontée de trois étoiles d'or en fasce ; au
chef d'or chargé d'une aigle de sable. — CABLO-AN- TONlb, ingénieur, 1714-1767, étudia à Turin, entra au service de la cour de Savoie sous: Yictor-Amédée. A l'abdication de ce dernier, il passa au service de l'Espagne et fut nommé commissaire des guerres de l'armée d'Italie 1742- 1749. Inventeur de plusieurs machines.
Branche de Lugano. — ■ 1. BAR- TOLOMEO, Stucateur, de la région de
Lugano. Protégé par Gianbattista
Pellegrini, il travailla aux palais des Cambiaso et des Serra, à Gênes, ainsi que dans les églises de Nervi et de Monterosso f 1835. — 2. GlOVANNI-BELLI, * 1770, f 16 nov 1827, maître-constiucteur en Russie où il se faisait appeler Jwan Pelrowitsch. Adjoint de l'académie des beaux-arts de Pétrograde 1812, membre de la même académie 1814. — 3. GlUSEPPE-BELLI, fils du n" 2, * 1796, f 18 mars 1839 à Pétrograde, peintre décorateur. De 1822 à 1826, il peignit par ordre d'Alexandre I les chambres des impératrices Elisabeth Alexeijewna et Marie Théodorowna ; après l'incendie de Tsarskoié-Selo, il devint décorateur de la cour, mais fut congédié à la mort de l'empereur (1825). Connu en Russie sous le nom de Josif Iwanowitsch. — Voir SKL. — ALBK. — BStor. 1879, 1885, 1890, 1891. — AHS 1918. — Dot ta : / Ticinesi. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera llaliana. — Simona : Note d'Arte antica. — Bianchi : Artisti Ticinesi. — Oldelli : Dizionario. — Borrani : Tïcino Sacro. — Vegezzi: Esposizione storica. [C.Trezzsni.] BERNAU (C. Argovie, D. Zurzach, Com. Leibstatt). Château familial des barons du même nom. En 1157 Bernova pré d'ours (ou de Bcro ?). Par héritage, il échut en 1236 aux barons von Gutenberg, qui vinrent se fixer à Bernauet qui, dans la suite, prirent souvent ce nom. Plus tard, Henmann von Rinach et Jakob vonRaperg en furent propriétaires. Lors de la guerre de Souabe, ie château aurait été détruit par les Confédérés, puis rebâti. Il passa ensuite à la maison d'Autriche, en 1635 à Walter de Roll, et après la Révolution française, en plusieurs mains. Il fut réduit en cendres en 1871, de même que la chapelle qui en faisait partie. — Voir Merz : Burgatilagen I, 112. Les barons de Bernau sont cités en 1198 et s'éteignent avant 1236 avec Reinhard. Armoiries : de gueules à une bande d'argent et de sable. [Rosenberger.] BERNAUSA (FÊTE DE LA). Fête populaire qui se célèbre depuis très longtemps à Leysin (Vaud) l'avant-dernier dimanche d'avril. Le doyen Bridel y fait allusion dans le Conservateur suisse. Interrompue pendant la guerre mondiale, elle a dès lors été reprise. On y vient de tous les pâturages des alentours, et maintenant de la plaine. — Voir Conservateur suisse, éd. 1814, t. VI, p. 298. [M. R.]
BERIMAUW, BERNOW. Famille noble éteinte des Grisons. — Hans-Jacob, maître de la monnaie à Coire à la fin du XVIe s., plus tard prévôt de corporation à Schaffhouse, propriétaire de la mine de Flums près Sargans. — Voir LL. [Tr.]
BERNE (Ville et Canton. V. DGS). Huitième canton, entré dans la Confédération en 1353, mais le deuxième dans l'ordre officiel des États de la Suisse. Au moment de sa fondation par le duc Berthold V de Zâhringen en 1191, la ville de Berne comprenait seulement le territoire à l'intérieur des murs, la banlieue à l'Ouest et la forêt de Bremgarten. Du XIIIe au XVIe s., la ville acquit successivement les terres qui forment actuellement la partie allemande du canton, à titre de territoires sujets, ainsi que les cantons d 'Argovie (partie réformée) et de Vaud. L'ancien État aristocratique dura jusqu'en 1798; la restauration qui suivit l'Acte de Médiation posa les fondements du régime démocratique actuel. En 1815, le canton de Berne reçut du Congrès de Vienne l'ancienne principauté des évêques de Bâle, le Jura bernois, en dédommagement de la perte de l'Argovie et de Vaud. Son territoire, dès lors, n'a plus subi de modifications.
BERNE
(préhistoire)
KEKNE
I. Armoiries, bannière ET SCEAUX. D'après Justinger, la bannière de la ville porta d'abord un ours passant sur champ d'argent. Après la défaite infligée aux Bernois par Rodolphe de Habsbourg à la Schosshalde en 1289, les premiers durent changer la couleur du champ en rouge et or (couleurs des Habsbourg) ou en rouge e1 blanc (couleurs de l'Autriche). Quoi qu'il en soit, après la victoire du Jammertal en 1298 ou après celle de Laupen en 1339, les Bernois coupèrent leur drapeau d'une bande d'or. (Voir E. v. Rodt, dans BT I, 1893- 1894). La bannière donnée à Berne en 1512 par le pape Jules II portait au franc quartier l'image des trois rois. Le fanion de la ville, triangulaire, portait une grande croix blanche sur fond de gueules jusqu'en 1516, et de gueules et de sable de 1516 à 1560. (Voir A. Zesiger, dans AHS 1907. 1010). Les couleurs de la ville sont le rouge et le noir depuis le XVe s. Les armoiries de la ville et actuellement du canton, de gueules à une bande d'or chargée d'un ours passant de sable, datent probablement. du milieu du XIVe s.
Il est à présumer cpie la ville, devenue autonome après la mort de son fondateur, eut un sceau portant comme armes parlante^ un ours passant. La plus ancienne empreinte se trouve au pied d'un document de 1224. (Voir les reproductions des sceaux dans MAGZ IX. — F'estschrift...
Berns, 1891. — ASA XVII). Tandis que l'aigle impériale disparut sur !e petit sceau en 1678 et sur le grand sceau en 1716, le Bernii/cli ( deux
écus bernois surmontés d'un écu impérial avec l'aigle) subsista jusqu'en 1735. [H.T]
II. Préhistoire. Dans les grottes du Jura bernois, on a découvert un certain nombre de stations paléolithiques, de l'époque magdalénienne et de la période de transition de l'azylien. Outre les grottes de Liesberg, Bellerive près de Delémont, et Kaltbrunnental près de Grellingen, où des restes de civilisation paléolithique ont été retrouvés, on peut espérer que des fouilles systématiques feront découvrir de nouvelles stations. Les premières traces certaines de la colonisation de la partie allemande du canton appartiennent à l'époque néolithique. Les habitations étaient placées de préférence sur les petits lacs ou les marais qui s'étaient formés dans les bassins abandonnés par les glaciers ou entourés de moraines.
Il faut citer avant tout le lac de Bienne avec ses nombreuses stations mises au jour pour la plupart lors de la correction des eaux du Jura, en 1873. En outre, des palafittes ont été découverts sur les bords de petits lacs, parfois desséchés, comme le lac de Moosseedorf près de Munchenbuchsee et le lac de Lobsigen près d'Aarberg. Le premier comptait deux stations, qui furent étudiées par le Dr Uhlmann ; d'après la faune et les outils trouvés, elles remontent au néolithique moyen. Récemment, on a trouvé de nouveaux indices de l'occupation des marais tourbeux du Mittelland par les palafittes. Le Schmidmoos près de Thierachern et le Spiezmoos ont donné des vestiges de l'âge du bronze. Cet âge ne se distingue pas toujours de celui du néolithique chez les lacustres, et il faut admettre (pie les deux époques s'entre-pénétrèrent. Dans certain- établissements les habitations étaient creusées dans la terre, comme à Chules, dans le voisinage du Heidenstein.
Les lusses ru entonnoir de Pohlern, considérées aussi comme ayant servi d'habitations, doivent plutôt être des dépressions du terrain. Moosseedorf est le seul atelier néolithique connu ; on y taillait des cristaux et des silex ainsi qu'en témoignent les centaines d'éclats et de pièces terminées.
Les tombes néolithiques sont rares. Le tumulus des rochers delaGysnau prèsdeBerthoud paraît être de cette époque, d'après le mobilier, et a été probablement bâti à l'intérieur d'un refuge. Aucune indication ne permet d'assigner un âge à ces fortifications, nombreuses dans le canton. Celle de la Knebelburg sur le Jensberg près de Bienne est parmi les plus belles. Le tombeau de Niederried au bord du lac de Brienz est fort intéressant pour l'histoire de la colonisation de l'Oberland ; mais l'absence de mobilier permet difficilement de le dater.
Le seul menhir trouvé est le Freistein d'Attiswil ; par contre des pierres à écuelles, probablement destinées à des usages religieux, ont été souvent signalées. Le