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BEK.NE

la réforme financière se firent bientôt sentir. L'école était en lutte avec le clergé ; Jérémias Gotthelf écrivait Zeitgeist und Bernergeist, contre les «jeunes tyrans ». Les biens de l'église bernoise furent vendus au mépris du traité de 1804 ; le produit entra dans la caisse de l'État et dès lors les membres du clergé furent rétribués par l'État. Depuis la démission d'Ochsenbein, Stàmpfli était devenu le chef du gouvernement; il fut rendu responsable du désordre des affaires dans les finances, les cultes el les relations étrangères. Les conservateurs se préparèrent pour les élections au Grand Conseil de 1850 et obtinrent le 5 mai 118 sièges contre 105 radicaux. Le gouvernement fut alors de nouveau conservateur. Dirigé par Blôsch, il fit de l'ordre e1 rétablit jusqu'à 18.").") l'équilibre financier. En 1852, il créa la loi sur les communes qui dotait les communes d'habitants aux dépens des communes bourgeoises, supprima plus de mille cabarets et construisit la Waldau. Stàmpfli était à la tête de l'opposition radicale. Des soulèvements radicaux éclatèrent le 12 et le 20 janvier 1851 à Saint-Imier et à Interlaken, ils furent réprimés. Une demande des radicaux, en 1852, de dissoudre le Grand Conseil fut repoussée par le peuple par 45 000 voix contre 38 000. Aux élections au Grand Conseil de 1854, la majorité conservatrice fut encore de cinq voix. Les partis fusionnèrent alors et le gouvernement fut formé de cinq conservateurs et quatre radicaux. Les élections de 1858 rendirent définitivement la majorité aux radicaux, mais les autorités ne furent plus choisies uniquement parmi eux. La haine des partis s'était émoussée ; l'âge ingrat de la démocratie bernoise paraissait être clos.

Bibliographie. — J. Hodler : Gesch. des Bernervolks in neuerer Zeit. — Th. Brunner : Die Organisation der bern. Exekutive... seit 1803. — E.-F. von Fischer: Erinnerung an Niklaus Rudolf von Wattenwyl. — J.-L. Wurstemberger : Lebensgeschichte... N. F. von Mûlinen.

— W.-E. von Mûlinen : Bas Ende der Médiation in Bern (AHVB XXII). — F. von Fischer : Lebensnachrichten iiber E. F. von Fischer. — Fr. Haag : Bie Sturm- und Brangperiode der bern. Hochschule. — E. Blôsch : Eduard Blôsch und dreissig Jahre bernischer Geschichte.

— Th. Weiss : Jakob Stàmpfli. — H. Spreng : Ulrich Ochsenbein. — P.-O. Bessire : La question jurassienne.

— E.von Rodt : Bern im 19. Jahrh. — A. Beuchat : L'évêché de Bàle sous le baron d'Andlau. — V. Rossel : Histoire du Jura bernois.

26. De 1860 a 1921. Les dernières décades de l'histoire de Berne, dont voici le bref aperçu, montrent une évolution politique et économique rapide et généralement calme sous la direction du parti radical qui n'a plus abandonné les rênes du gouvernement jusqu'à nos jours. Les mouvements politiques furent plus marqués dans la ville qu'à la campagne ; puis ce fut l'époque où se modifia progressivement le caractère du chef-lieu, devenu ville fédérale. En même temps que s'édifiait le premier palais fédéral (aile Ouest, 1851) se construisait tout autour de la presqu'île de l'Aar un nouveau Berne. Un grand nombre de bâtiments fédéraux, cantonaux, communaux et industriels s'élevèrent en peu de temps (pour les principaux, voir l'art. Édifices publics) ainsi que de nouveaux quartiers : Lorraine, Lànggasse, Mattenhof, Schosshalde et avant tout Kirchenfeld et Spitalacker dont le déve-* loppement date de la construction des grands ponts, celui du Kirchenfeld en 1883, celui du Kornhaus en 1898. Sur l'historique de cet agrandissement de la ville, voir Ed. von Bodt : Bern im 19. Jahrh. L'attention générale après 1860 se concentra bien plutôt sur les problèmes économiques que sur les questions politiques, en premier lieu sur la correction des eaux du Jura et l'assèchement du Seeland. entrepris par le canton en collaboration avec la Confédération, les cantons de Soleure, Neuchâtel, Fribourg et Vaud. Après plus de trente ans de pourparlers, études et travaux préparatoires, l'œuvre fut commencée en 1864 près d'Aarberg et achevée en vingt ans.

Un grand territoire fut ainsi assaini et rendu à la culture dans le Grand Marais. Depuis 1891, l'État de Berne y possède un domaine transformé en établissement

pénitentiaire Witzwil, qui est lu plus grande entreprise agricole de la Suisse. D'autres assèchements de marais de grande envergure furent exécutés dans le Haut Ilasli et la vallée de la Gurbe. L'État bernois s'occupa aussi jusque vers 1900 de la construction de son réseau de chemins de fer. Le régime conservateur des années 1850 et l'impopularité dont souffrait le nouveau mode de transports tant auprès des autorités que du peuple ne purent empêcher son introduction. La première concession fut déjà accordée en 1852 à la compagnie du Central suisse pour la ligne Olten-Berthoud-Berne. Durant les vingt ans qui suivirent, le canton eut toutes sortes de démêlés avec cette compagnie qui s'opposa par des prétentions à la priorité et des raisons de concurrence à tous les projets de l'État. C'est à la compagnie del'Est- Ouest, à laquelle des concessions furent accordées en 1857 -et 1858 pour les lignes Berne-Lucerne, Berne- Bienne et Bienne-Xeuveville, que le canton doit ses chemins de fer d'État, ayant dûles racheterlorsquela Compagnie fit faillite en 1861, puis les terminer et les exploiter lui-même. Il y perdit pour environ 2 millions de francs d'actions. Les questions ferroviaires prirent dans les parties du pays que ces lignes traversaient une grande importance, car le décret de 1861 fut pris dans bien des régions pour un engagement de principe pris par l'État de construire les lignes futures ; il en fût résulté pour lui une charge financière démesurée.

Une assemblée populaire réunie à Aarberg en 1862 demanda l'introduction du référendum ; il ne fut cependant introduit qu'en 1869 après de nouvelles démarches. En attendant, l'exploitation des chemins de fer de l'État se bouclait année après année par un déficit important, surtout sur la ligne de Langnau. Au projet de percement, du Gothard, l'on opposa d'abord à Berne celui du Grimsel, qu'on laissa bientôt tomber. Le peuple et les autorités accordèrent en 1870 une subvention d'un million au Gothard. Peu après, le canton céda sa ligne de Langnau à une nouvelle compagnie Berne- Lucerne, chargée d'achever le tracé jusqu'à cette dernière ville ; en 1877, il dut racheter le tout à la faillite de cette compagnie. Or le Conseil d'État avait accordé à cette dernière, outre une subvention initiale de 2 millions ratifiée par le peuple, un million d'avance, outre-passant ainsi ses compétences. La découverte de ce fait provoqua beaucoup d'irritation et rendit la position du gouvernement fort difficile durant quelque temps.

La question des chemins de fer jurassiens occupa beaucoup l'opinion durant les mêmes années ; le besoin se faisait sentir de pourvoir le Jura bernois de meilleures voies de communication, l'ancienne route étant de plus en plus abandonnée par le transit et l'industrie menaçant de péricliter. Des raisons politiques exigeaient aussi de meilleures relations avec Berne. Le Jura, différent du reste du canton par sa langue, sa culture et surtout sa religion, ne vivait pas toujours en bon accord avec le chef-lieu, et souffrait du Kulturkampf (voir chapitre Église). Lors des démêlés avec le diocèse (déposition de l'évêque Lâchât en 1873), le Conseil d'État répartit à nouveau les paroisses catholiques en 28 cercles et choisit lui-même les desservants. 97 ecclésiastiques récalcitrants furent déposés. Quelques-uns d'entre eux, poussés par le nonce Agnozzi, auquel le Conseil fédéral remit ses passeports le 8 décembre 1873, voulurent provoquer des troubles ; ils furent chassés du pays en janvier et mars 1874. Ces événements nécessitèrent l'occupation militaire du Jura en janvier 1874. Le peuple, ainsi que les autorités, à la tête desquelles se trouvaient des hommes comme Stàmpfli, P. Jolissaint et Ed. Marti, étaient prêts à tous les sacrifices pour resserrer les liens entre les deux parties du canton. Le 2 février 1867, le Grand Conseil approuva le projet du chemin de fer du Jura ; en 1873, il remit aussi ses lignes d'État à la nouvelle compagnie du Jura et en 1877 tout le réseau jurassien était achevé. Le résultat récompensa les efforts, car la ligne prit une importance internationale et les millions engagés par le gouvernement bernois dans ses entreprises ferroviaires commencèrent à porter intérêt. Les relations entre l'ancienne et la nouvelle partie du canton s'améliorèrent à tous points de vue et n'ont cessé depuis d'être

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assez bonnes. La construction des autres voies ferrées bernoises se poursuivit dès lors sans interventions politiques particulières. (Pour les lignes et les compagnies, voir le chapitre Chemins de fer et les articles spéciaux.) Avec la fondation de la compagnie du Jura- Simplon en 1889, qui racheta le Jura-Berne-Lucerne, puis avec la cession des actions de cette société à la Confédération en 1891, le canton termina la principale période de sa politique ferroviaire et prépara le rachat général opéré par la Confédération en 1898.

Le développement paisible de la Suisse depuis 1860 ne permit pas à Berne de jouer un rôle prépondérant. En 1871, la ville reçut 4000 internés de l'armée de Bourbaki et le canton 21 328.

Des mouvements politiques d'une certaine importance commencèrent à se dessiner en 1877. Pour la première fois le drapeau rouge fut déployé, le 18 mars, à l'occasion d'une fête communiste à Berne. Il en résulta une bagarre avec la police. Le vote référendaire du 26 août rejeta à une énorme majorité le plan financier élaboré par le Grand Conseil pour les années 1875 à 1878 et la subvention accordée à la ligne Berne-Lucerne. Le Conseil d'État perdit ainsi la confiance du peuple et démissionna le 17 septembre. Cette retraite ne fut pas immédiatement agréée par le Grand Conseil. Au commencement de la neuvième période législative seulement, en juin 1878, les deux Conseils furent entièrement renouvelés et de nouvelles personnalités : Alfred Scheurer, Joseph Stockmar, Albert Bitzius, Albert von Wattenwyl, Edmund von Steiger et Niklaus Râz entrèrent au gouvernement. En 1877 commença un mouvement en vue d'une revision constitutionnelle. Le vote populaire du 3 juin 1883 sur cette initiative confia la tâche à une constituante de 172 membres. Celle-ci termina ses travaux en mai 1884 et adopta le projet en deuxième débat au mois de novembre, mais il fut rejeté, à la votation du 1er mars 1885, par 56 000 non contre 31 000 oui. Une proposition de revision fut présentée au peuple en 1892, qui l'approuva encore, mais la confia au Grand Conseil. La constitution actuellement en vigueur est celle qu'il élabora et qui fut adoptée à une grande majorité le 4 juin 1893. Quelques modifications y furent ajoutées par la suite : le 4 mars 1906, élection du Conseil d'État par le peuple (elle eut lieu la première fois la même année) ; le 3 novembre 1907, article concernant la justice ; 1er mars 1914, députation au Grand Conseil : composée d'un député pour 3000 âmes de population. Les rejetants du 4 juin 1893 étaient surtout des Jurassiens et le parti nouveau des social-démocrates. Ce parti devint bientôt très agressif à Berne sous l'impulsion d'agitateurs étrangers (troubles ouvriers et mise sur pied de troupes le 19 juin 1893), il amena plus d'animation dans la vie politique. L'ancien parti conservateur, toujours imposant quoique en décroissance, forma avec les radicaux, qui avaient la majorité, le parti radical-démocratique dont la puissance continua à s'affirmer en toutes occasions. Les socialistes parvinrent la première fois à se faire représenter au Conseil de ville de Berne en 1894 ; en 1909 ils y occupaient 34 sièges sur 80, les radicaux 33, les conservateurs 16. Le succès des socialistes s'accentua en 1917, époque où ils obtinrent la majorité absolue de 42 sièges, mais en 1921 les nouveaux partis bourgeois se retrouvèrent de force égale à la leur. Ces résultats sont dus à la représentation proportionnelle, appliquée dans les élections du Conseil de ville de Berne dès décembre 1895 et qui n'est actuellement pas encore en vigueur pour celles du Grand Conseil (1921). Son introduction est attendue pour les élections de 1922 ; elle renforcera les socialistes au parlement cantonal où ils n'avaient qu'une infime minorité, sans que cependant la représentation du peuple ou mieux des partis à cette assemblée puisse donner des résultats même de loin comparables à ceux du chef-lieu. Une scission des radicaux commença eri 1910 quand naquit à Berne le parti des jeunes radicaux, plus orienté vers la gauche. Le nouveau et puissant parti des bourgeois et paysan absorba en 1918 le parti radical en même temps que les derniers conservateurs. Le parti progressiste, qui se rattache au bloc bourgeois, succéda dans la ville dès 1919 aux jeunes radicaux.

Les grutléens, socialistes-chrétiens et communistes sont en nombre insignifiant.

La ville de Berne a fêté en 1891 son 700e anniversaire. Son rôle, comme état souverain, est terminé depuis

L'ouverture du Conseil national à Berne le 11 Dovembre 18G^i dans l'ancien palais fédéral. D'après un dessin de P. Volmar.

un siècle. Ses destinées sont dès lors inséparables et même dépendantes du canton qu'elle a créé. Comme ville fédérale, elle joue par contre un rôle plus considérable, non seulement en Suisse, mais en Europe et (par exemple, pendant la dernière guerre) dans le monde.

Bibliographie. — Pour les temps modernes, voir Bapp. sur l administration du G. de Berne. — BT et BT II (Chroniques annuelles). — K. Geiser : Vierzig Jahre bernischer Eisenbah npolitik . — Arch. d'État Berne.

Pour l'histoire en général : A. von Tillier : Gesch. des eidg. Freistaates Bern. — Festschrift zur VII. Saekularfeier... 1891. — BT. — BT II. — BBG. — AB. — F.-W. v. Mulinen : Berns Gesch. 1191-1891. — J. Leuenberger : Studien ûber bernische Bechtsgesch. — V. Rossel : Hist. du Jura bernois. — H. Turler : Bern, Bilder ans Vergangenheit und Gegenwart. [H. Tr.]

27. Avoyers. A la tête des affaires communales de Berne paraît dès le début un avoyer, qui, par suite du développement de la ville en État aristocratique, prit peu à peu les allures d'un monarque. A l'origine, soit pendant tout le XIIIcs.,l'avoyerétait identique au bailli impérial, puisque c'était l'empereur qui le plaçait à la tête de la ville. Ce fut pour celle-ci un grand pas fait vers l'indépendance lorsqu'elle obtint, au commencement du XIVe s., de pouvoir choisir elle-même son avoyer. Ce dernier, comme du reste tous les fonctionnaires de la cité, était nommé pour une année. L'élection avait lieu à Pâques, mais l'avoyer pouvait être confirmé dans ses

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(avovers)

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fonctions pour une nouvelle période. Au XIVe s., la charge d'avoyer donna lieu à des luttes violentes entre la noblesse et les familles importantes de la ville. Aux XVe et XVIe s., plusieurs ordonnances furent rendues

au sujet de l'alternance et de la durée de cette fonction ; peu à peu elle devint une sorte de fief de quelques familles, dont les représentants furent seuls, au XVIIe s., à pouvoir prétendre à la dignité d'avoyer.

Liste des Avoyers de la ville de Berne.

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