MUSIQUE — COSTUMES
BERNE
particuliers. — Jenny et Rossel : Hist. de la littérature suisse. — SBB. [O. v. Greyerz.]
10. Musique. On sait peu de chose de la vie musicale du Berne d'autrefois. Le chapitre des chanoines, avant la Réforme, cultivait régulièrement cet art, qui constituait dans les écoles conventuelles l'une des branches du quadrivium. Dans la collégiale, les premières orgues semblent avoir été installées vers 1450. Dès avant la fin du moyen âge, on trouvait aussi à Berne des musiciens ambulants, ayant à leur tête un Pfeiferkônig ou roi des fifres, et organisés en confréries. Lors des fêtes, ils jouaient aussi dans l'église. Avant la fin du XIVe s., nombre d'entre eux s'étaient établis dans la ville. Celleci possédait ses propres musiciens, fifres et trompettes, qui se produisaient aussi aux festivités privées et profanes ; plusieurs d'entre eux exerçaient en outre un métier. On sait qu'ils jouèrent dans les fêtes du carnaval et lors des représentations de comédies bibliques. Au XVe s., Berne posséda comme chantre et professeur au chapitre le compositeur religieux Bartholomàus Frank. — La Réforme supprima la musique de l'église. En 1528, les orgues de la Collégiale furent brisées, mais dans la suite les chœurs d'enfants furent réintroduits dans le culte et en 1534 le chant de l'assemblée. En 1581, des clairons et des trombones commencèrent à accompagner le chœur de l'église. A la fin du XVIe s., la musique fut aussi remise en honneur à l'école. De nouvelles orgues furent construites dans la Collégiale en 1727-1737. Cosmas .Aider (t 1550), compositeur de chant sacré, exerçait les fonctions de chantre à la Collégiale dans les dernières années avant Réforme ; on conserve de lui quatorze compositions religieuses et une collection de 57 hymnes, imprimées à Berne en 1553. — Pendant les XVIIe et XVIIIe s., des amateurs de musique fondèrent des Collegia musica, sociétés musicales privées, qui se destinaient aussi au service de l'église. Elles cultivèrent à l'origine le chant sacré à plusieurs voix, mais plus tard s'adjoignirent des instruments, surtout à cordes, que les musiciens de la ville n'avaient pas. Plusieurs de ces sociétés existèrent simultanément ; celle des étudiants s'honorait d'une tradition ancienne et consacrée. Les autres varièrent beaucoup et se classaient en bourgeois et patriciens en dehors de la Société des étudiants, Dès le XVIIe s., les autorités s'intéressèrent à l'enseignement du chant dans les écoles, puis aux collèges musicaux. De nombreuses ordonnances sur la musique furent édictées ; en 1633 parut un règlement pour le développement de la musique. Le livre de chants religieux de 1667 fut publié par les soins d'une société privée. Le compositeur Johann-Ulrich Sulzberger (1638-1701), trompette de la ville dès 1661, fut un des promoteurs de la vie musicale bernoise. Le colle gium musicum des étudiants donna dès le milieu du XVIIIe s. des concerts publics dans l'église française et dès la fin du siècle, des concerts d'abonnements furent organisés par des sociétés de musique.
Après la Révolution, qui fit grand tort à la vie musicale bernoise, naquit en 1803 l'Académie musicale qui donna des concerts tous les quinze jours. La Ballenhausgesellschaft tenta quelque chose d'analogue de 1806 à 1810 ; elle cultivait la musique instrumentale sérieuse, mais d'exécution facile. D'autres sociétés se succédèrent, qui étudièrent les symphonies classiques de Haydn, Mozart et Beethoven ; ce furent entre autres la Pfisterngesellschaft et la Schmiedengesellschaft. Au commencement du siècle exista encore une Singgesellschaft. Cette activité musicale conduisit en 1815 à la fondation de la Soc. bernoise de musique, provoquée par la fête suisse de musique qui avait eu lieu à Berne en 1813. Elle construisit en 1821 son casino, qu'elle dut revendre en 1832. Malgré ses services à la cause de la musique. elle eut à lutter contre des difficultés et dut interrompre parfois ses concerts publics, en particulier de 1838 à 1845. Ses directeurs musicaux furent : Edmund von Weber, Brath, Beutler, Josef Strauss, Maurer, Gaa. Mendel, Methfessel, Edele. Dès 1820 aussi, des chœurs mixtes se formèrent à certaines occasions. — En 1857. une nouvelle société fut constituée sur de plus larges bases, l'ancienne s'étant diss ute devant les nombreuses
difficultés. Ed. Frank dès 1859, puis Adolf Reichel, Karl Munzinger, Fritz Brun dès 1909 la dirigèrent tour à tour. La direction des concerts d'abonnement de cette société est réunie à celle du Caecilienverein et de la Liedertafel. Le Caecilienverein fut créé en 1862 ; la Liedertafel en 1845. A côté des concerts symphoniques réguliers, plusieurs concerts populaires ont lieu chaque année. De grandes œuvres chorales sont exécutées avec le concours des sociétés sus-mentionnées, ainsi que des concerts de musique de chambre (par le Berner Slreichquartett, dirigé par Alphonse Brun). Le Bernische Orchesterverein, fondé en 1876, a organisé un orchestre formé aujourd'hui d'un noyau de professionnels. De nombreuses auditions d'autres sociétés et de solistes complètent l'image de l'active vie musicale de la ville, qui utilise plusieurs bâtiments religieux, avant tout la Collégiale et l'église française, diverses salles de concert et les deux salles du casino, ouvert en 1909. (Autrefois, les salles de concert étaient l'Hôtel de musique, la salle du musée et l'église française.)
La nouvelle société de musique fonda en 1858 l'école bernoise de musique, dirigée par Frank. Reichel, Munzinger, Kradolfer, puis von Reding. Il existe aussi quelques écoles privées. Aux sociétés déjà nommées s'ajoutent le Berner Mànnerchor, le Berner Kantonalgésangverein, le Lehrer-Gesangverein. le Berner Singverein, la Stadtmusik et beaucoup d'autres. De grandes fêtes de musique ont eu lieu à Berne en 1813, 1827, 1851 (société suisse de musique), 1868 (société fédérale de musique). 1904, 1914 (société des musiciens suisses), 1848, 1864, 1899 (fêtes fédérales de chant).
L'opéra fut introduit au XVIIIe s. par des troupes italiennes ; les opéras allemands, joués pour la première fois en 1723, devinrent plus fréquents vers la fin du siècle. L'opéra-bouffe, italien et français, apparut dans la seconde moitié du XVIIIe s. ainsi que le ballet. Les représentations avaient lieu au Ballenhaus, puis dès 1799 régulièrement à l'Hôtel de musique, bâti en 1768. La construction du théâtre de la ville en 1903. donna un grand essor à l'opéra. L'Université de Berne possède une chaire de musique, avec séminaire (E. Kurth).
Voir H. Weber: Gesch. des Kirchengesanges. — G.Bekker : La musique en Suisse. — C. Nef: Die Collegia musica in der deutschen reformierlen Schweiz. — À. Thiirlings : Die schweizerischen Tonmeister im\Zeitalter der Reformation. — H. Tùrler : Das Berner Stadtorch ester <l> s Jahres 1572 dans Dur und Moll, Bernisches Kùnstleralbiirn. 1896. — A. Fluri : Orgel und Organisten in Bem vor der Re formation. — Le même : Zur Geschichte der Miinsterorgel. — Le même : Rituale ecclesiae bernensis, dans BBG 1913. — BT 1857-1858, 1871. — H. Blôsch : Die bernische Musikgesellschaft 1805-1915. — Fr. Haag : Die hohen Schulen zu Rem. — Streit : Geschichte des bernische» Bûhnenwesens. — G. Grunau : Gedenkschrift zum 50 jdhrigen Bestehen der Musikschule. — ■ G. Strelin : Die Berner Liedertafel. — Festschrift zur 50 Jahrfeier des Caecilienvereins (1913). — Brônnimann : Der Zinkenist J. U. Sulzberger, [E. Kurth.]
11. Costumes bernois. L'on comptait à la fin du XVIIIe s. quatre costumes typiques de femmes. Dans le Mittelland, le Seeland, l'Emmental et la Haute Argovie, le haut corsage démodé de drap rouge avec le devant souvent brodé des patriciennes était porté par les paysannes, ainsi que les agrafes et les aiguillettes d'argent. Autour du cou passait un col de velours d'où pendaient, le dimanche, des chaînettes d'argent. Des tabliers de toile claire recouvraient les robes bleu foncé à biais étroit rouge. Comme coiffure, un bonnet noir avec une mèche de crin, ou pour les célibataires, un petit chapeau de paille soufrée.
Dans l'Oberland bernois, les femmes de l'Oberhasli portaient un costume particulier. Elles étaient les seules de la Suisse à revêtir le dimanche une robe blanche à biais noir touchant le sol. Dans le costume journalier la robe était bleu foncé et plus courte. Le corsage de velours noir et la jaquette du dimanche étaient remplacés la semaine par un fichu rouge. La coiffure se composait d'une cape de feutre sur laquelle on cousait, en cas de noces, une petite couronne de pail-
BEHNK