ANCIENNES MONNAIES BERNOISES
25. Ducat, 1600. - 2G. Vicrer, 1619. - 87. Zwolfer, 1620. - 28. Demi-florin, vers 1056. - 29. Diz-Kreniar, 1669 - 90 Deml-écu, 1679. - 31. Demi-ducat, 1714. - 32. Cinq-batz, 1717. - 33. Vierer, 1731. - .ii. D.x-Kreuzer 175o. - 35. Dix >batz 1774. - 36. Ducat, 1788. - 37. Doublon, 1794. - 38. Demildoublon, 1797. - 39. Batz, 1798. - 40. Cinq-rappen, 1826. - 41. Vingt-batz, ISsto.
BERNE
(corporations — monnayage)
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lettes. L'on portait aussi un chapeau, garni de rubans noirs.
Les autres femmes de l'Oberland portaient le dimanche une robe foncée. Sur le corsage également foncé, on plaçait un foulard dont les franges retombaient par-desdus les épaules jusque sur les coudes. De la cape de velours pendaient des dentelles de soie sur le front et les épaules. Le costume journalier, la robe filée par elles-mêmes, était de couleur claire et le corsage sans manches ou de couleurs.
iDans le district de Schwarzenbourg, les femmes du (iuggisberg portaient des robes qui atteignaient à peine les genoux. La partie supérieure de cette jupe était faite de toile foncée, la partie inférieure d'étoffe de laine. Klles étaient cousues à un corsage court. Sur la poitrine, la chemise était un peu recouverte par un petit plastron rigide, de couleur rouge. Les tabliers, le plus souvent de toile noire, étaient ramenés dans le haut à deux ou trois largeurs de mains, et au moyen de deux boutons sur les côtés fixés au corsage. Dans le costume de noce ou des dimanches, de fines chaînettes d'argent ou de métal blanc reliait le col au corsage. On ajoutait à cela une jaquette, le Tschôpli. Une ceinture de perles multicolores était un objet de luxe et la couronne de paillettes de la fiancée le symbole de la virginité. Les célibataires portaient sur la tête un chapeau Tâtschli à ruban de velours noir, sur lequel passaient leurs tresses enroulées en couronne autour de la tête.
Les hommes portaient généralement des costumes surannés, démodés à la ville; c'étaient de longs habits, à basques avec vestes assorties, de laine claire ou foncée, avec de gros boutons souvent en métal, sans col, mais avec des manchettes, à l'extrémité des manches. Les culottes étaient d'étoffe grossière, de coutil ou de peau de chamois. La coiffure se composait du tricorne, du casque à mèche oudela calottede cuir. [Julie Heierli.]
V. Corporations. L'origine des corporations bernoises est obscure. Mais, de même que les autres villes del'Europe centrale au moyen âge, Berne vit aussi se former au cours des XIIIe et XIVe s. des associations d'artisans qui, à l'occasion, tentèrent d'obtenir une influence politique. La corporation des maréchaux est déjà mentionnée en 1345. A Berne toutefois, leur développement s'orienta autrement que dans le reste de la Suisse, car cette ville présenta dès l'origine le caractère d'une place forte en dehors des grandes routes de transit ; le commerce et l'industrie ne purent y prendre beaucoup d'importance. La nécessité de songer constamment à la défense mit au premier plan les nobles ministériaux du voisinage que Berthold de Zâhringen avait chargés de protéger la ville. Quand au XIVe s. les corporations cherchèrent à arriver au pouvoir, elles furent trop faibles pour renverser ces protecteurs. Le Conseil édicta le 7 mars 1373 une ordonnance supprimant toutes les sociétés de gens de métier et interdisant d'en créer de nouvelles. Confirmé le 8 août 1392 après la nouvelle tentative révolutionnaire de 1384, cet édit empêcha toute organisation corporative dans la ville ; on ne sait rien d'essais ultérieurs pour créer un gouvernement corporatif. Les corporations — il y en avait souvent plusieurs du même métier, ainsi chez les tanneurs — se maintinrent comme associations professionnelles ; elles possédaient souvent leur propre maison, où elles tenaient leurs assemblées et jugeaient les délits professionnels. L'obligation de faire partie de la corporation n'existait pas à Berne ; on y rencontrait de nombreux artisans libres. Mais au XVIe s., des ordonnances du gouvernement obligèrent quiconque acquérait la bourgeoisie à entrer dans une corporation dans le délai d'un an et un jour, tandis que ces dernières ne pouvaient admettre une
ersonne dépourvue d'un acte de réception délivré par la chancellerie. En conséquence, les corporations perdirent de plus en plus leur caractère professionnel ; des savants, des religieux, des nobles, des personnes exerçant des professions libérales furent reçus dans leurs rangs. La participation à la corporation tendit à devenir héréditaire et le devint effectivement dans la seconde moitié du XVIIIe s. Malgré cela les autorités corporatives s'occupaient souvent encore à la même époque des affaires du métier dont elles portaient le nom. Elles
assistaient les membres de l'association lombes dans le besoin, d'abord volontairement, grâce à des dons, puis en vertu d'une ordonnance du 2 janvier 1670. De bonne heure déjà, elles conclurent des contrats d'entretien viager avec les hôpitaux pour leurs ressortissants. Dès le commencement du XVIIIe s., les autorités des corporations organisaient la tutelle sur leurs ressortissants qui en avaient besoin. Elles devaient aussi collaborer à leur instruction et à leur préparation militaire (tenue du rôle des hommes, inspections, maintien du fonds de guerre), même posséder quelques canons ; elles devaient assurer le service contre l'incendie, posséder des pompes, enrôler et instruire le personnel nécessaire. Leur fortune était composée du fonds des pauvres et du Stubengut, le premier destiné aux indigents et enrichi par des dons, le second servant à diverses fins, constitué par les contributions des membres et des redevances annuelles (Heiratsgelder, Promotions gelder ) . Les quatre corporations des boulangers, des forgerons, des bouchers et des tanneurs avaient le droit de nommer un des quatres bannerets.
La révolution de 1798 enleva aux corporations leurs compétences sauf en matière d'assistance et de tutelle. Sous cette forme, elles se sont maintenues jusqu'à nos jours, depuis 1801, comme subdivisions de la commune de Berne. La loi sur l'assistance et le droit d'établissement du 28 novembre 1897 et la loi sur les communes du 3 décembre 1917 en fonl des associations de droit public tant qu'elles assistent leurs membres et remplissent des devoirs de tutelle. Les corporations suivantes existent à Berne depuis plus de cinq cents ans : le Distelzwang (ancienne association de gentilshommes), les boulangers, les forgerons, les bouchers, les tanneurs, le Mittellôwen (chamoiseurs), les tisserands, les cordonniers, le Mohren (tailleurs), les commerçants, les Zimmerleuten (charpentiers, ébénistes), le singe (tailleurs de pierre), les bateliers. On ne put jusqu'en 1889 devenir bourgeois de Berne qu'en se faisant recevoir de l'une des corporations ; depuis lors il existe des bourgeois ne faisant partie d'aucune. Chaque corporation nomme deux délégués à l'assemblée principale de la Caisse d'épargne bourgeoise. Elles n'ont comme telles aucune part à l'administration de la commune bourgeoise.
Voir K. Geiser : Gesch. (1er bernischen Verfassung. — " Festschrift zur Grûndung der Stadt Bern 1891. — von Wattenwyl : Geseh. der Stadt und Landschaft Bern II.
— BT 1854 etc. — Zesiger : Das bernische Zunftwesen.
— Flùckiger : Die burgerliche Armenpflege im Kanton Bern. [W^eber.]
VI. Monnayage. La ville de Berne, les évêques de Bâte et les comtes de Kybourg (à Berthoud, et Wangen) ont frappé monnaie dans le territoire actuel du canton. Le monnayage de la première de ces villes est seul étudié ici.
Il n'est pas possible de savoir quand et de qui Berne obtint le droit de battre monnaie, qui est mentionné pour la première fois en 1228. Les espèces frappées alors n'étaient encore ni bernoises, ni des Zâhringen, mais royales. L'avoyer de Berne, comme représentant du roi, surveillait le monnayage et percevait le droit de frappe. Lorsque Berne appartint à la Savoie, ce droit fut perçu par le comte.
On ne peut fixer avec certitude quand l'atelier monétaire de Berne devint indépendant ; ce fut probablement au début du XIVe s., peut-être même à la fin du XIIIe s. La plus ancienne pièce connue est un denier d'argent, bractéate carrée portant l'ours passant à gauche, surmonté d'une tête couronnée. Ce type fut conservé pendant plus d'un siècle sans modifications appréciables.
En 1375 furent frappés des angster, estimés à deux deniers petits. Le 7 mars 1377, Berne prit part à la convention de Schaffhouse et forma avec Berthoud, Neuchâtel, Soleure, Zurich et Schaffhouse le troisième arrondissement monétaire. Le 17 mai suivant, les angster durent être décriés et remplacés par un nouveau denier de 800/1000 de fin.
L'accord monétaire de Bâle, du 14 septembre 1387, fut suivi de la frappe de pièces de deux, quatre et douze deniers. Ce furent les premières pièces rondes,
BERNE
(monnayage et historiographie)
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frappées sur les deux faces et munies d'une légende. Les pièces de deux et quatre deniers portaient au droit MONETA Berne et au revers S. VlNCENClVS.
Cunzmann Motz frappa de nouveaux plapparts en 1421 à la taille de cent au marc, contenant 50 % d'argent. Par suite du renchérissemeu du prix de l'argent, la valeur des sols fut portée peu à peu, à partir de 1387, à 15 deniers, et celle des vierer (pièces de 4 haller ou heller ou petits deniers) à 5 heller. Les plapparts furent également portés à 15 deniers, dont le tiers était un fûnfer ; en 1466, ce dernier était appelé à Bâle Berner Betzlin. Par une bulle du 10 mai 1479, le pape Sixte IV accorda à Berne le droit de frapper des florins d'or de même valeur que les florins du Bhin. En 1482-1483, la monnaie frappa, à l'imitation de Milan, une nouvelle pièce, le teston d'argent, valant un tiers de florin, puis en 1492, un nouveau plappart, de lav aleur de deux anciens plapparts, et des pièces d'un quart de florin. Le nouveau plappart porta dans la suite le nom de batz. En 1493, Berne émit des Guide ngroschen d'argent, de la valeur d'un florin d'or ou de trois testons. Peu avant 1499 apparut le batz, très rare, portant la légende Moneta Nova Impe(rialis).
Le XVIe s. débuta -par l'émission en 1501 de l'écu de saint Vincent.
Au moment de la Réformation, les ornements d'église et les statues de saints furent portés à la monnaie et transformés en batz En 1529, le nom de saint Vincent fut remplacé par celui du fondateur de la ville de Berne. L'année suivante, on frappa les premiers demibatz, en 1539 les premiers heller et en 1547 les premiers vierer datés.
Le florin d'or fut frappé pour la dernière fois en 1594, puis en 1600 et 1601 et 1623 apparurent le double, le simple et le demi ducat. Vers 1614, les haller furent retirés de la circulation ; cette petite monnaie, 1 /32 de batz n'avait plus aucune valeur pratique.
De 1615 à 1618, le bâtiment de la monnaie fut reconstruit et agrandi, mais le prix de l'argent ayant considérablement augmenté pendant la guerre de Trente- Ans, l'atelier monétaire vit son activité passablement restreinte ; il fut même fermé de 1623 à 1656. Dans cette année-là et celles qui suivirent, on frappa des pièces de 30, 20 et 10 Kreuzer, ainsi que des pièces de un et plusieurs ducats.
Pendant le XVIIIe s., la monnaie déploya une grande activité ; outre les espèces déjà mentionnées, elle émit des francs (1757), des nouveaux écus de 40 batz (1795), et des pièces de 20 batz (1796). .L'année 1793 vit l'émission de doublons simples et doubles, pièces d'or de 16 et de 32 francs, pour laquelle on avait fait fondre des Louis d'or français.
Berne fut un des trois ateliers monétaires de la République helvétique, puis frappa de nouveau de la monnaie bernoise de 1803 à 1838. Le 24 janvier de cette année-là, le gouvernement décida de fermer définitivement l'atelier monétaire.
De 1816 à 1819, 660 000 écus français de six livres avaient été contremarques de l'écusson bernois et de l'indication de la valeur 40 Bz. Le 1er novembre 1826, Berne entra dans le concordat monétaire conclu avec les cantons de Soleure, de Fribourg, de Bâle, d'Argovie et de Vaud. Les pièces frappées en vertu de ce concordat portaient au revers Die konkordierenden Kantone der Schweiz. En 1853 la valeur des monnaies bernoises qui furent échangées contre les nouvelles monnaies suisses s'éleva à fr. 3 797 535,61.
Bibliographie. — A. Tillier : Gesch. des Freislaales Bern. — FBB. — ASI. — Haller : Schweizer Munzkabinet. — Lohner : Die Miinzen der Republik. Bern. - A. Fluri : Die Berner Schulpfennige und Tischli vierer. — F.-E. Welti : Berns dlteste Stadtrechnungen. — H. Tùrler dans BT II, 1905. — ASA 1869. — J. Cahn : Der Rappenmiinzbund. — B.Harms: Die Mûnz- und Geld, politik der Stadt Basel im Mittelalter. — A. Escher: Schweizerische Mûnz- und Geld geschichte. [L.S.]
VII. Historiographie. Berne a compté un certain nombre de chroniqueurs, dont le renom dépassa les murs de la cité, voire les frontières de la Confédération. La plus
ancienne chronique est la Chronica de Berno attribuée au frère Ulrich Phunt de l'ordre teutonique. Les dernières pages de l'obituaire de la Collégiale, commencé en 1325, contiennent des notes sur les années 1191 à 1340, en particulier sur la guerre de Laupen (1339). Le Conflictus apud Loupon, écrit probablement par un contemporain, n'existe qu'en une copie du XVe s. L'historiographie bernoise commença au XVe s., avec le secrétaire de la ville, Konrad Juslinger, qui fut chargé en 1420 par l'avoyer et les Conseils d'écrire une histoire de la ville. Sa chronique va des origines à 1420 ; elle nous est conservée en une série de copies. Elle se rapproche étroitement de la Chronique anonyme de la ville, plus brève, que Tobler attribue aussi au même auteur. La chronique de Justinger fut remaniée au XVe s. par Benedikt Tschachtlan, Heinrich Dittlinger et Diebold Schilling. Les deux premiers rédigèrent ensemble une Bernchronik, composée d'une copie de Justinger et d'une suite de 1423 à 1470. Parallèlement à cette suite existe une chronique officielle, 1424-1469, attribuée par Tobler à Diebold Schilling et qui serait le premier projet de son grand ouvrage. Sa chronique, qui va jusqu'en 1478, comprend trois volumes ; elle fut aussi rédigée par ordre du gouvernement. Dans les deux premiers tomes, Schilling utilise Justinger et Tschachtlan ; mais le troisième est entièrement original et contient le récit des guerres de Bourgogne. L'œuvre est ornée de 600 dessins coloriés, dont une partie présente un certain intérêt historique. Thuring Fricker, lui aussi secrétaire de la ville et homme politique important, raconta le Twin gherrenstreit de 1470, dont il ne reste que des copies. Eulogius Kiburger, uzi fabuliste, composa la Stretlinger Chronik entremêlée de récits fabuleux. Hans von der Grube et Louis de Diesbach, le Jeune, inaugurèrent encore au XVe s. la série des mémoires.
Valerius Anshelm, au XVIe s., dépassa tousses prédécesseurs dans l'historiographie bernoise. D'origine souabe, il vint en 1529 pour la seconde fois à Berne et fut officiellement chargé des fonctions de chroniqueur. Sa chronique, en trois volumes in-folio, va de 1474 à 1536 et comprend les guerres de Bourgogne, de Souabe et d'Italie, ainsi que la Réformation. Son exposé est personnel et rédigé à un point de vue qui lui est propre. Franchissant les frontières de son canton, il raconte l'histoire de la Suisse, de l'Allemagne, de la France et de l'Italie. Des chroniques privées, sous forme de journal, furent écrites par Samuel. Zehender (importante pour les années 1558-1564), et Johannes Haller, pasteur, dont le Ch.ronicon brève Ecclesiae et Republicae Bernensis va de 1550 à 1573. Il fut continué jusqu'en 1587 par le pasteur Abraham Miislin ou Musculus, mais on ne possède l'ouvrage de ce dernier que jusqu'en 1580.
Le poète Michael Stettler recopia au commencement du XVIIe s. toutes les chroniques concernant sa ville. Il fut engagé à continuer la chronique d'Anshelm et, en 1614, avait déjà terminé trois volumes de son Verzeichnus oder Zythregister der loplichen Stadt Bern Geschichten, pour lesquels le Conseil lui donna 1500 livres. Ils comprennent les années 1527-1587 ; la suite va jusqu'en 1616. Un remaniement postérieur du tout, la Berner Chronik, compte dix volumes in-folio. De 1626 à 1631, la chronique de Stettler fut imprimée et poursuivie jusqu'en 1631 sous le titre de Schweitzer Chronic.
La liberté de pensée et de recherche diminua au XVIIIe s. On ne cessa cependant de s'occuper d'études historiques. Jakob Lauffer fut historiographe officiel. Il publia en 1738, en 18 volumes, sa Genaue und umstàndliche Beschreibung Helvetischer Geschichten qui va jusqu'à la guerre des paysans. Le pasteur Johann- Rudolf Gruner, de Berthoud, laissa une œuvre inoffensive : Deliciae urbis Bernae, qui fut cependant interdite à Berne. L'œuvre du conseiller Alexander-Ludwig von Wattenwyl, l' Histoire de la Confédération helvétique, parue en 1754, repose sur une étude personnelle des sources ; la 3e édition (1768), va jusqu'en 1603. L'auteur laissa en outre en manuscrits : Histoire du gouvernement de Bmic, Histoire de la ville de Berne (jusqu'en 1447), et une Histoire du canton de Berne qui est perdue, h' Histoire der Eidgenossen (1756-1768), en 3 volumes, du poète et conseiller Bernhard-Vincenz von Tscharner, est