BERTA
BERTIIE
à Bordeaux 1841, à Dijon 1843, à Versailles 1845. Démissionnaire en 1852 pour refus de serment, il se voua à renseignement privé, puis entra en -1859 au Journal des Débats, fut nommé membre de l'Institut en 1868, et en 1871 directeur de l'École normale de Paris. Il a laissé plusieurs ouvrages philosophiques. — Voir MN 1880.— 3. Jean-Henri-François, 1795-1867, pasteur aux Bayards 1829-1844, à Saint-Aubin 1844-
II. Famille de La Coudre, bourgeoise de Neuchâtel au milieu du XVIe s. -- Daniel, 1873-1916, rédacteur de l'Express de Genève, collaborateur à la BU et au J G, privat-docent à l'Université de Genève. — Voir Messager boiteux de Neuchâtel 1918. [L. M.] BERTA. Famille de la Léventine et de Giubiasco. La branche de la Léventine, mentionnée déjà en 1227, est représentée en 1650 à Anzonico et en 1687 à Sobrio.
Armoiries des Berta d'Anzonico : coupé, au 1 d'argent à trois colonnes de gueules mouvantes de la partition ; de celle du milieu sort un rameau de cinq feuilles de sinople, les deux autres soutiennent deux pies affrontées de sable ; au 2 d'azur au lion passant d'or. — 1. Edoardo, peintre, * 1867 à Giubiasco, étudia à l'Académie Brera de Milan. Portraitiste, puis paysagiste. Professeur à l'école de peinture décorative de Lugano 1910-1914, inspecteur des monuments historiques 1919, membre de la Commission fédérale des Beaux-Arts. Il dirigea la publication des Monumenti storici ed artistici del Cantone Ticino. — 2. Giuseppe, * 1870, frère du n° 1, avocat, étudia à Lausanne, Munich et Berne. Professeur de droit à l'Académie de commerce de Saint-Gall 1899- 1910 ; membre de la Cour d'appel du Tessin 1910-1920, membre du tribunal fédéral des assurances 1920. Au printemps 1921, les gouvernements d'Allemagne et d'Italie le désignèrent pour présider le tribunal arbitral mixte italo-germanique prévu par l'art. 304 du traité de Versailles pour le règlement des rapports de droit privé entre les ressortissants des deux États. — Voir BStor. 1906. — SKL. — ALBK. — Die Schweiz 1914. — Pages d'Art 1916. — AHS. [C. Trezzwi.]
BERTAZZI. Nom d'une famille de Cavagnago, dont Jacob Bertasch (Bertazzi) fut tué à Marignan. — Clémente, de Cavagnago, curé de Chironico; 1830-1833, 1841-1844, 1852-1855 député au Grand Conseil tessinois. Vicaire capitulaire de la Léventine ; 1852-1860 grand vicaire de l'archevêque de Milan pour les trois vallées ambrosiennes tessinoises. f 1860. — Voir Dotta : / Ticinesi. — Wymann, dans Hist. Nbl. Uri 1918. [C. Trezzini.] BERTHA. Abbesse du couvent du Fraumùnster à Zurich, 859-877. Elle était fille de Louis-le-Germanique et succéda à sa sœur aînée, Hildegard, comme abbesse, d'abord au couvent de Schwarzach, puis à Zurich. Sous son administration l'église de l'abbaye fut terminée et consacrée. Elle mourut le 26 mars 877. — Voir ADB. — MAGZ VIII. [E. Hsr.l
BERTHE. Beine de Bourgogne de 922 à 937. Fille du duc Bourcard de Souabe, Berthe épousa en 922 le roi de Bourgogne transjurane Bodolphe II, à la suite d'un traité de paix entre les deux souverains. Aucun document contemporain ne dit quelle part elle prit à l'administration, ni dans quelles villes elle résida ; les rares diplômes qu'on a de son mari sont tous datés de l'une ou l'autre des villes de la Haute-Italie. Berthe eut, de Bodolphe, Conrad, qui fut roi, le duc Bodolphe, l'impératrice Adélaïde, Bourcard archevêque de Lyon, et peut-être deux autres filles, mariées l'une à un seigneur de Salins, et qui serait la mère des évêques Hugues de Genève et Henri de Lausanne, l'autre à un comte de Belley, souche de la maison de Savoie. Bodolphe II étant mort le 12 ou 13 juillet 937, sa veuve épousa, en 937 ou 938, Hugues roi d'Italie, qu'elle dut suivre outre- Alpes. Elle resta peu d'années auprès de lui. L'écrivain italien Luitprand, qui critique si vivement la conduite privée d'Hugues et des princesses italiennes, n'a pas un mot de blâme à son adresse, ce qui équivaut à un éloge. Séparée de son époux, Berthe rentra probablement en
Bourgogne. Le roi Conrad, son fils, ne la mentionne cependant que dans un diplôme de 962, relatif à Payerne. Berthe paraît avoir donné le domaine touchant à l'église paroissiale sur lequel sa fille, l'impératrice Adélaïde, fonda le couvent de Payerne. L'année même approximative de sa mort est inconnue. On sait seulement, d'après le témoignage de l'abbé Odilon, que la reine Berthe fut enterrée à Payerne où sa fille Adélaïde vint en 999 prier sur son tombeau. Ce tombeau existait encore en 1618 dans l'église abbatiale. Un prévôt de Soleure indique en 1519 qu'il se trouvait à l'entrée gauche du chœur, et qu'il portait une inscription latine. Le texte de cette inscription, qui ne contient que des généralités, montre qu'à l'époque où elle fut composée (XIIe s.), on ne savait rien de précis sur l'activité de la reine. Le livre de confraternité de Saint-Gall mentionne la reine Berthe parmi les associés spirituels de l'abbaye.
L'histoire est ainsi médiocrement documentée sur la reine Berthe. La légende en sait beaucoup plus. Légende ancienne déjà, d'origine monastique. Au début du XIIe s., les moines de Payerne, en conflit avec le comte Adelhard de Viviers et les seigneurs de Montagny, qui prétendaient à l'avouerie sur le monastère, furent probablement amenés à produire leurs titres de propriétés. Trouvant dans leurs archives un acte de donation de la reine Berthe en faveur de l'église de Payerne, ils s'en servirent pour imaginer un acte de fondation du couvent même sur le modèle de la charte de Guillaume d'Aquitaine en faveur de Cluny. Ce document est connu sous le nom de testament de la reine Berthe. Il en existe deux rédactions différentes, qui se présentent toutes deux comme des originaux scellés. L'un se trouve aux archives cantonales à Lausanne, l'autre à celles de Fribourg.
L'intention de leurs auteurs est évidente. On lit en particulier que le couvent de Payerne sera à l'abri de tout empiétement de princes laïcs et ecclésiastiques. La même préoccupation se retrouve dans une bulle altérée du pape Calixte II (1123), qui désigne de nouveau Berthe comme fondatrice du couvent et place l'avoué dans la dépendance absolue du prieur. Peut-être aussi faut-il dater de cette époque l'inscription tumulaire, qui paraît avoir marqué le point de départ d'une vénération nouvelle. Mais le testament delà reine Berthe a eu une fortune beaucoup plus grande. Il en existe deux exemplaires portant chacun un sceau différent, qui est censé être celui de la reine, avec l'inscription Berta dei gracia humilis regina. Le sceau de Fribourg représente la reine assise, tenant un sceptre que dès le XVIIe s. des érudits ont pris pour une quenouille et ont rapproché d'un dicton du Midi : >< au temps où Berthe filait ». Les récits du doyen Bridel et letableau de Lugardon ont été l'épanouissement au XIXe s. des légendes savantes qui ont pénétré ensuite dans les masses populaires. En réalité, les deux sceaux sont une imitation des sceaux de « majesté » avec cette modification essentielle qu'ils ne sont pas ronds, mais en navette. Le sceau de Lausanne (reine debout tenant une ileur et un livre) paraît
Sceau de la reine Berthe. Exemplaire de Lausanne. Eaux du XIIe s. Réduit de moitié (Archives de Lausanne).
BEKTHEAU
BEHTHELIER
être inspiré directement d'un sceau d'Otton III, d'un document de 997 relatif à Payerne (souverain a--i- (enant le sceptre et le globe).
On peut conjecturer que la reine Berthe fut au nombre des bienfaitrices des églises et des couvents du diocèse de Lausanne. Mais pour ce qui concerne la cathédrale de Lausanne, en 1228 le prévôt Conon d'Estavayer ne rapporte rien d'elle. L'inscription de son nom à l'obituaire de Villars-les-Moines, à la date du 8 mars, indiquerait qu'elle s'est intéressée à ce petit prieuré clunisien, si nous ne savions pas qu'il ne fut fondé qu'un siècle après sa mort. La collégiale de Saint-Ours à Soleure célébrait aussi son anniversaire an 6 mars, el un document de 1251 montre qu'à celte date on croyait à la fondation de cette église par la reine Berthe, mais aucun document ne vient à l'appui. Les indications que l'on donne, pour d'autres églises et couvents, ne sont pas antérieures au XVe s. et manquent encore davantage de sûreté. Quant aux châteaux et aux tours que la reine aurait construits, c'est de la pure imagination, ainsi la tour de Gourze est du XIIIe s. En 1817, on trouva sous la tour de Saint-Michel à l'entrée de l'église abbatiale de Payerne des ossements féminins que l'on voulut prendre pour ceux de la reine Berthe et que l'on transporta dans l'église paroissiale voisine, avec une inscription les lui attribuant, nt dicitur, ajoute prudemment le texte, mais l'on sait qu'en 1519 le tombeau de la reine se trouvait à l'entrée du chœur, à l'opposé de la tour Saint-Michel. Enfin, au musée de Payerne, on montre une selle, qui après avoir été au XVIIe s. celle de Jules- César, fut ensuite la selle de la reine Berthe. — Voit Ph. Bridel : Étrennes helvétiennes. — Dey : Berthe reini de Bourgogne, transjurane. — E. Muret : La légende de la reine Berthe. - - R. Poupardin : Le royaume de Bourgogne. — Hofmeister dans Zeitschrift fur die Gesehichte des Oberrheins, NS 25 (1910), 217. — M. Reymond : Le testament de la reine Berthe, dans RH1' 1911. — M. Reymond : Origines de la maison dt Savoie, dans ASG 1919. — Brackmann : Papsturkunden i h der Schweiz, dans Gôltinger Nachrichten, phil.-hist Klasse 1904, 5. [Maxime Reymond. 1
BERTHEAU, Friedrich, * le 17 décembre 1829 à Mannheim, d'une ancienne famille huguenote, f le 8 juin 1913 à Zurich. Il vint à Zurich vers 1850 et fut reçu bourgeois de Lichtensteig en 1863. Dès 1861 directeur et dès 1875 propriétaire de la filature de coton d? Rapperswil ; fondateur, et jusqu'à 1881 président de l'Union suisse des filateurs. Auteur d'écrits de politique sociale et économique, il- publia en outre : Gœtlie und seine Beziehungen zur schweiz. Baumwollindustrie ; c'est à ce travail qu'est due la pose d'une plaque commémorative de Gœthe à Oberhausen-Stâfa en 1888. - Voir NZZ 1913, n° 172. — St. Galler IXbl. 1914. p. 92.
— Zûrcher Jahrbuch fin Gemeinniitzigkeit, 1912-1913.
— [Bt.] — 2. Theodor, fils du n° 1, * 1869, docteur en droit, grand conseiller 1905-1911, juge au tribunal cantonal 1909, président de ce corps 1921. Publia en 1919 : Betrachtungen zur gegenwârligen politischen Lage der Schweiz. [E. Hsr.]
BERTHELIER. Famille de Virieu-le- Grand (Ain), reçue à la bourgeoisie de Genève en 1464 en la personne d'ANTOiNE, chaussetier. — i. Philibert, fils d'Antoine, * à Virieu-le-Grand vers 1465, t à Genève en 1519. Les trente-cinq premières années de sa vie sont peu connues ; il étudia probablement à Chambéry et devint juriste. En 1500, il est appelé citoyen de Genève et porte le titre de nobilis ; mais cette même année, il est encore mentionné dans le rôle des contribuables de Virieu et y défend, dans divers procès occasionnés par la liquidation de cette seigneurie, les intérêts du duc Philippe de Savoie. Il paraît avoir approché de très près ce prince, ou tout au moins son frère aîné, le bâtard René, qui résidait à Genève. En mars 1502, il accompagna en France ce dernier tombé en disgrâce, mais dès l'automne on le retrouve à Genève où il semble bien s'être définitivement établi. Vers 1504 il épouse Amblarde Du Crest. Dès lors, l'homme privé nous reste entièrement inconnu. L'activité politique de Berthelier commence en 1505. Cette année-là, il fut nommé capitaine des archers, et dès juillet il figure dans le Conseil
<le> Cinquante. A partir de ce moment, il remplit diverses fonctions publiques : il est à plusieurs reprises taine de la ville, notamment en 1508, 1515 e( 1517 : il est envoyé en 1506 et 1512 à Bourg-en-Bresse pour y recouvrer si possible un document officiel auquel on attachait à Genève un prix particulier; en 1508, il organise le cortège de réception d'un ambassadeur impérial, puis du duc Charles III de Savoie; en 1511, il dirige la construction des remparts du faubourg de Saint-Gervais. Appelé en 1512 à faire partie du Petit Conseil, il y est chargé des fonction- de clavaire (percepteur des amendes infligées par le dil Conseil), ainsi que d'autres tâches occasionnelles, telles que contrôle des grains, surveillance des cries > (publications d'ordonnances), enquêtes judiciaires, etc. En 1514, il fait acheter pour la cité les trois couleuvrines du prieur de Saint- Victor el est en 1515 chargé d'aménager un emplacement pour les exercices de tir (\i'> arquebusiers. Il semble toutefois que ces tâches d'importance secondaire ne lui aient plus été confiées à partir de cette année 1515, le poste de capitaine-général de la ville suffisant sans doute à l'occuper. C'est du reste en cette même année que devait éclater le cou llit entre l'évêque de < lenève el le groupe de citoyens qui portera bientôt le nom d'eidguenots, el dont Beri helier sera le chef.
Mais Berthelier n'avait pas attendu jusqu'alors pour prendre une part active aux mouvements politiques qui agitaient Genève. En 1508, il fut le principal défenseur des privilèges accordés aux corporations militaires que menaçait de violer le Conseil de ville : il s'agissait de l'exemption de la gabelle à laquelle avait droit le roi des arbalétrier-, ce qui causait une grande perle au fisc. Berthelier obtint gain de cause. En 1509, il protesta contre les illégalités que se permettait le vidomne Trolliet ; on le chargea d'instruire cette affaire qui se termina par le congé du fonctionnaire épisèopal. Mais le successeur, Conseil, était tout aussi ambitieux, et en I513un tumulte éclata. Berthelier. à la tête des assaillants, s'empara de Conseil et le lit conduire à l'évêché. Cette affairé était à peine terminée que l'évêque mourut. Rome imposa, sur les instances du duc de Savoie, le bâtard Jean <b >avoie comme évèque de Genève. Berthelier tenta de susciter un mouvement d'opposition, mais il échoua,, et lorsque le nouveau prince-évêque fit son entrée à Genève, force lui fut de solliciter l'oubli et le pardon de son opposition. Entre temps, le 4 juillet 1513, il s'était fait recevoir bourgeois de Fribourg ; c'était un acte de prudence, même de défiance envers son nouveau suzerain. Celui-ci, cependant, lui faisait bon visage et lui accorda les fonctions lucratives et peu absorbantes de châtelain de Peney.
Mais au printemps 1515. l'évêque céda à son cousin le duc la souveraineté sur Genève, cession que le collège des cardinaux refusa de ratifier ; peu après il fit mettre et garder en prison, contre toute justice, un avocat considéré qui lui avait déplu. Cet acte arbitraire agita violemment la cité ; et Berthelier, dépouillé de sa châtellenie de Peney, se consacra à créer un parti de patriotes prêts à résister aux atteintes portées aux droits des citoyens par des fonctionnaires épiscopaux ou ducaux. Les « enfants de Genève » en formaient le principal noyau. Mais, par besoin de popularité. Berthelier fut entraîné à faire de la rue et de la taverne son principal champ d'activité : rixes, tumultes, beuveries, il semble que ce furent ses moyens de susciter et d'entretenir un état d'esprit toujours plus hostile à la politique savoyarde. Au Conseil, il apporta la même obstination clairvoyante à déceler toutes les intrigues du parti savoyard et à protester contre tout ce qui, de près ou de loin, pouvait menacer les droits des citoyens. Aussi en avril 1517 un mandat d'information fut lancé contre lui par l'évêque, suivi au mois de juillet d'un mandat d'arrestation. Berthelier s'enfuit à Fribourg où on l'accueillit en combourgeois et en ami. Il y resta sept mois pendant lesquels if travailla à cimenter une combourgeoisie entre Fribourg et Genève. En lévrier 1518, le duc de Savoie se décida, sur les instances des Fribourgeois, à donnera Berthelier un sauf-conduit lui permetstant de venir se faire juger par ses juges naturels, le syndics. Berthelier revint à Genève où son procès coin-