BERTHET
inença le 10 mars. Il était accusé de lèse-majesté. Dès le début, l'accusation soutenue par le vidomne, se montra insuffisante. Les faits reprochés n'étaient graves que dans l'interprétation qu'on leur donnait. Berthelier allait donc être acquitté lorsque l'évêque, les derniers jours de juin, ordonna de suspendre le procès. Malgré les protestations de l'accusé, les Conseils obéirent. L'évêque voulait confier le procès à des juges choisis par lui et non aux syndics élus par le peuple. L'automne se passa en pourparlers et correspondance entre les Conseils, le duc et l'évêque ; le peuple s'agitait et Fribourg multipliait ses démarches en vue de faire reprendre et terminer le procès de son combourgeois. Afin de pouvoir braver la puissance savoyarde, les plus ardents adversaires du duc se tournèrent du côté de Fribourg. Grâce à Berthelier luimême, à Bonivard, à B. Hugues, à Delamare, de nombreux patriotes se firent recevoir en janvier 1319 bourgeois de Fribourg, préparant ainsi l'alliance qui sera jurée un mois après entre les deux cités.
Le 19 janvier 1519, le Conseil général des citoyens ordonna aux syndics la reprise du procès de Berthelier, contre la volonté de son souverain le prince-évêque. Le 21 eut lieu la première audience, et comme la partie adverse, après avoir protesté, refusait de comparaître, dès le 24 le jugement put être rendu. Ce fut une sentence d'acquittement et même d'absolution, dans laquelle les syndics avaient introduit la défense de rouvrir jamais ce procès. Douze jours plus tard la combourgeoisie était signée entre Fribourg- et Genève.
Mais la Savoie ne désarma pas ; elle renforça le nombre de ses partisans à Genève, des conciliabules réunirent dans les châteaux de la région, le duc, l'évêque et les principaux de leurs adhérents à Genève. Berthelier, qu'on sentait particulièrement menacé, fut pressé de s'enfuir ; il refusa. Le samedi 20 août, l'évêque, absent de Genève depuis environ quatre mois, y fit une rentrée sensationnelle, accompagné d'un fort contingent d'hommes d'armes. Le lendemain il annonça à ses sujets, réunis en Conseil général, qu'il allait rétablir l'obéissance qui lui était due et châtier ceux qui s'étaient élevés contre son autorité. Le lundi, à 6 h. du matin, Berthelier fut arrêté par le vidomne, Amé Conseil, son ennemi personnel. Conduit et enfermé aussitôt au château de l'Ile, il y fut interrogé par un juge d'occasion, commis à cet office par l'évêque. Il refusa obstinément de répondre à ce juge auquel n'appartenait pas le droit de le juger. Les syndics et les conseillers tentèrent une timide et platonique démarche auprès de leur souverain pour le prier de ne rien faire contre les franchises. Mais le mardi 23 août, à 4 h. de l'après-midi, la tête de Berthelier tombait. Ses restes furent promenés dans les rues de la ville, puis le corps fut pendu au gibet et la tête plantée en évidence sur la travée ; ils y restèrent, semble-t-il, jusqu'en 1521. Cette exécution suscita à Fribourg une réelle colère contre la déloyauté du duc, qui s'était engagé en avril à laisser tranquilles les Genevois. Mais dans les autres cantons, travaillés par l'argent savoyard, on fit bon accueil aux explicatif m s données par les délégués du duc, de l'évêque et desConseils de Genève. Et comme Fribourg demandait qu'on soutînt ses plaintes au duc au sujet de la violence exercée sur un de ses combourgeois, il fut désavoué et même sévèrement blâmé de prendre ainsi le parti de Berthelier contre la Savoie. Mais après que La puissance savoyarde eût été renversée à Genève, en 1526, les citoyens, maîtres de leurs actes et alliés à Fribourg et à Berne, célébrèrent pour la première fois depuis sept ans l'anniversaire du martyre de Berthelier. Une procession solennelle se rendit, le 23 août 1526, à l'église où sa tête avait été inhumée. En 1909, la statue de Berthelier a été érigée devant la tour de l'ancien château de l'Ile. — Sources Arch. d'État Genève : R. C. P. C. : Bonivard : Chroniques. — J.-A. Galiffe : Matériaux 11. — Callel : Phi-
libert Berthelier, fondateur de la république de Génère. — (Anonyme) : Ph. Berthelier, défenseur des libertés et franchises de Genève. — Oeuvres littéraires : Aubert : Ph. Berthelier. — Olivet : Ph. Berthelier. — Du Bois-
BERTHEB.
Exécution de Ph. Berthelier. D'après une fresque de l'Arsenal, par de Beauniont
(Collection Maillart).
Melly : Dragonnette Cerisier, Genèvi 1513-1519. Pictet de Sergy : Les Eidgnots ou Genève sauvée en 1520. — 2. Philibert, fils du n° 1, membre du Conseil des Deux-Cents. Il fut un des chefs de l'opposition contre Calvin et l'un des principaux soutiens d'Ami Perrin qui. en 1547, le fil nommer secrétaire du lieutenant de justice. Réprimandé à plusieurs reprises pour libertinage, il refusa de s'humilier devant l'autorité ecclésiastique. Gravement compromis dans la sédition du 16 mai 1555, entreprise par le parti d'Ami Perrin, il s'enfuit. Ayanl élé condamné à mort par contumace, il passa le reste de ses jours dans le bailliage bernois de Ternier, où le gouvernement de Heine lui accorda la bourgeoisie. Il vivait encore en 1567. — 3. François-Daniel, fils du n° 1, * 1519, -i- 1555. 11 fit aussi de l'opposition à Calvin, et après l'affaire du 16 mai 1555, il fut arrêté, condamné à mort pour crime de lèse-majesté et exécuté le 11 novembre. — Voir Arch. d'État, Genève B. C. ; P. C, 2e série. — Bonivard : Ancienne et nouvelle police. [David Lassehre.]
Ancienne famille de la juridiction de Disentis. que l'on rencontre au XIVe s. sous le nom de Cha-Berchta à Tavetsch ; au XVe, Berchter, et depuis le XIXe Bertiier. Armoiries : d'or à un lion de sable, armé de gueule-.
tenant un sapin arraché. — 1. Martin, métrai, portait en 1499 la bannière de Disentis à la bataille de Calven. — Souvent la juridiction de Disentis a élu comme métrai un Berther, et plusieurs fois la Ligue grise cou lia la charge de landammann à un membre de cette famille. laquelle eut également des représentants dans les emplois de la Valteline et les dignités ecclésiastiques et judiciaires. Parmi les métraux de la ligue Caddée, on rite quinze membres de la famille dont : — 2. Peter, 1555-1557, commissaire à Chiavenna. --3. Johann, 1661 podestà à Bormio. - - 4. Josef-Nicolaus, 1753- 1755 podestà à Trahona. [n. C]
BERTHERAT. Famille du pays de Gex reçue à la bourgeoisie de Genève le 5 avril 1457. - - 1. Pierre. notaire, secrétaire de la Cour spirituelle des Excès 1506, procureur fiscal 1519, conseiller 1522-1524, procureur de Toutes-Ames 1523, membre du Conseil des Deux- Cents 1534. f 1546. — 2. Jean, frère du n° 1; du Conseil des Deux-Cents 1527-1536. — Voir Covelle : LB. - Arch. d'Etal Genève : Ms. Galifïe, liste de magistrat-, généalogies : R. C. 1522-1536; Analyse de minutes de notaires. [M.-L.G.|
BERTHET, BERTEX. .Nom de famille Iris ré-
l'iO
KKUTIIIEK
BEHTIIOUD
Louis - Alexandre Berlliier en
1813. D après un dessin de M11,
De Noireterre, gravé sur cuivre
par Johannet.
p. indu dans la région de Genève où il paraît en 1307 à Peney. De nombreux Berthel onl été reçus bourgeois de Genève aux XIVe, XVe el XVI1 s. sans qu'il soil
possible de les rai lâcher les uns aux autres. — Jean, de Valeiry, bourgeois de Genève 1514, t avant 1534, fut membre du Conseil des Cinquante en 1518. — Voir \rcli. d'Etal Genève : P. 11. 163 : R. C. 18 ; Analyses de minutes de notaires. [M.-L. G.]
BERTHIER, Louis- Alexandre, maréchal de France, prince de Wagram, * 2l) novembre I753à Versailles.
Après Austerlitz, la Puisse céda à la France la principauté de Xeuchâtel par le traité de Schœnbrunn du 15 décembre 1805, ratifié à Paris le 15 février 1806. Le 1er avril suivant.
Napoléon donnait Neuchâtel à son chef d'éiatmajor, Alexandre Berthier, avec le titre de prince et duc <ic Neuchâtel et Valangin. Le règne de Berthier sur .Xeuchâtel dura jusqu'en 1814. La chute de Napoléon entraîna celle de son lieutenant, et le passage des Alliés, dès décembre 1813, favorisa la reprise de Neuchâtel par la Prusse. Berthier abdiqua le 3 juin 1814 et reçut comme indemnité une pension de vingt-sept mille écus de Prusse. Il mourut à Bamberg (Bavière) le 1er juin 1815 sans avoir vu sa principauté de Neuchâtel. Armoiries : Comme prince de Neuchâtel, Berthier porta les armes de sa principauté abaissées sous un chef de l'empire, soit d'or au pal de gueules chargé de trois chevrons d'argent, au chef d'azur à l'aigle d'or empiétant un foudre du même. — Voir A. Bachelin : Alexandre Berthier. — A. Piaget : Hist. de la Révolution neuchâteloise I. \h. M.] BERTHIER. Famille originaire de Thoissey (Ain), établie à Carouge à la fin du XVIIIe s. et devenue genevoise en 1816. — 1. Michel, maire de Confignon 1854-1860, a publié quelques traités relatifs à l'agriculture. — 2. Edouard, neveu du n° 1, 1829- 1909, commerçant, député à la Constituante, puis au Grand Conseil 1862-1864, joua un rôle marquant, de même que son frère Antoine, 1826-1896, curé de Lancy, dans les milieux catholiques genevois. — 3. Auguste, fils du n° 2, * 1865, ingénieur, maire de Confignon, député au Grand Conseil 1919, auteur de nombreux ouvrages techniques. [C. R.]
BERTHOLD I, landgrave de Thurgovie vers l'an 1000, probablement dès 991 ; t vers 1005. Il est mentionné à plusieurs reprises comme comte du Brisgau, et était le grand-père de Berthold I de Zâhringen. — Voir S. Heyck: Gesch. d. Herzoge v. Zâhringen. [Th G.] BERTHOLD II, landgrave de Thurgovie, devint duc de Zâhringen sous le nom de Berthold I. -- Voir
art. ZAHRINGEN. [Th. G.]
BERTHOLD von Regensberg. Cordelier, un des plus grands prédicateurs du XIIIe s. * vers 1220, f le 13 décembre 1272. Il vint en Suisse par l'Alsace, et prêcha dans l'Argovie, la Thurgovie, à Wil, à Zurich, à Constance, dans le Toggenbourg, dans les (irisons où il provoqua la restitution au couvent de Pfâffers du château et du bailliage de Wartenstein par Albrecht von Sax (1256). Il vint aussi dans la Suisse occidentale, en particulier à Thoune. — Voir AS G 1887. - Welter: Kirchenlexikon II (avec bibliographie). — Zug. Nbl. 1889. [W.-J. Meyer.]
BERTHOLDUS. Le premier secrétaire connu de la ville de Zurich, mentionné le 3 mars 1275. — Voir L'Z IV-V. [F. H.]
BERTHOLET. Nom de famille répandu dans les cantons de Genève, Neuchâtel et Vaud.
A. Canton de Genève. Plusieurs ressortissants de l'aniilles savoyardes de ce nom vinrent se fixer à Genève, entre autres Christophe ei François. |j|s de Jean, apothicaires. — Christophe, bourgeois de Genève en 1543, membre du Conseil des Deux-Cents 1547. -- Voir Covelle : LB. — Gautier : Hist. de la médecine. — Ami- Théophile-Michel, 1779-1848, peintre, était originaire du Gessenay. — Voir SKL IV. fC. R.]
B. Canton de Neuchâtel. Famille originaire de Travers où elle apparaît à la fin du X\ s.
C. Canton de Vaud. Famille de Roche, bourgeoise d'Aigle et de Villeneuve. Elle donna à Aigle au XV] IIe s. plusieurs magistral s : bannerets, lieutenants baillivaux,
etc. A citer au XIX' pasteur à Bex, Palézieux et Blonay. — 2. Fk \\- ÇOIS, 1814-18152. théologien, suffragant à Gryon 1837, puis pasteur à Aigle ; il démissionna en 1845 e1 se rendit en France où il devint pasteur de Sens (Yonne), puis en 1849 de Lyon. En 1854, pasteur de l'Église évangélique de Genève, il se distingua comme orateur puissant et populaire. Il publia un volume de Méditations sur quelques sujets de l'Ancien Testament, et une dizaine d'autres ouvrages de théologie. Ses Lettres furent publiées en 1865, précédées d'une esquisse de sa vie. — 3. Félix.
1830-1906, neveu du n° 2