‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 113 sur 258 · CIR · texte numérisé non relu

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] ou remises ( voyez C.vRct bfs) de chaque coté ; leurs centres tendent tous à celui de l'ellipse, laquelle est terminée par deux tours, dont l'une a un escalier pour monter sur les carcères De nouvelles portes sont aux pieds de ces tours, mais dans l'alignement des ailes. Elles servoient à l'entrée et à la sortie de la pompe triomphale , qui faisoil le tour du cirque et v précédoit la course des chars. A quelques pas de chaque extrémité de l'épine, et sur la même ligne, est uu piédestal qui portoit trois bornes, mette. Il

• falloit doubler sept fols ces deux buts, et arriver le premier à celui d'où l'on étoit parti, pour obtenir la

! palme, qui, selon l'expression d'Horace, vous élevoit au rang des dieux. Ce but suprême étoit les mc/<r, que l'on voyoit des carcères. I.es places qui donnaient sur le long et libre espace laisse entre l'épine el les carcères étant les plus avantageuses, l'empereur y avoit sa loge, appelée manianum : elle étoit à l'aile droite. Les consuls et les sénateurs avoient aussi leur loge au podium : elle étoit vers le tiers de l'aile gauche en entrant , et de là ils voyoient distinctement les carcères, dont la direction étoit sur eux : ainsi ils pouvoieut facilement douner le signal à ceux qui l'attendoicnt pour ouvrir les portes de ces carcères aux chars prêts à s'élancer. D'autres personnes , recommandables par leur rang et leurs dignités, occupoient les tours, qui, dans plusieurs cirques , étoient au nombre de cinq. Le peuple remplissoit indistinctement le demi-cercle et les ailes,

| assis sur neuf rangs de gradins dont le premier étoit assez élevé au-dessus de l'arène pour que les specta-

i teurs n'eussent rien k craindre des rbars. A des di-

I stances égales on descendoit la moitié de cette hauteur par un double escalier, vers une porte qui conduisoit sous la voûte que formoient les gradins.

I On se tenoit à couvert sous cette voûte , ou l'on en sortoit par les portes qui environnent le cirque au dehors , cl que l'on apjieloit vomitoria.

Il ne paroit pasque dans ce cirque il y ait en d'ruripe , nom que l'on donnoit à un canal rempli d'eau, qui, dans la pliqiart des cirques, séparoit l'arène des spectateurs, et garanlisaoit ces derniers du choc et de la chute des chars. L'élévation des gradins dont nous avons parlé devoit suppléer avantageusement à

1 V eu ripe , qui , s'il etoit nécessaire à la sûreté des curieux, étoit au moins à craindre |iour les chars et leurs conducteurs.

.Nous devons remarquer ici que les Romains, au temps de Caracalla, plus avides que jamais des jeux du cirque, avoient sans doute construit celui qui |ioi1e le nom de ce prince, avec tout l'art que perfectionne l'expérience. Ils v avoient évité les défauts des autres cirques : en effet, selon les médailles, le plan des carcères ne paroit point elliptique; les ailes sont égales entre elles, et l'épine n'annonce aucune obliquité. Ce qui semble confirmer le témoignage des médailles, c'est qu'il est dit que les contendans tiroient les carcères au sort, les unes étant plus favo-

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tables que le» autres , et que de douze carcèret il ne s'en ouvrait que quatre ou six au signal donné. Or, dans U sup|iosition de notre cirque, il étoit inutile de tirer au sort les cancres , puisque leur tendance à un centre commun rendoit égaux entre eux les rayons que les cliars avoient à décrire pour y arriver : de plus, les douze cancres pouvoient s'ouvrir à la fois, parce que la carrière, plus large dans son entrée par l'écartement de l'aile gauche et celui de l'épine, permettoit à un grand nombre de ebars de s'y engager. Il faut encore cousiderer l'heureuse position des portes principales, mu tout de celles qu'on desliuoit à l'entrée et a la sortie des pompes, qui, par-là, passoient également sous les yeux de tous, et se montraient dans toute leur étendue.

Panvini, qui avoit fait des recherches sur les droites, s'est trompé dans le plan qu'il a donné de celui de Caracalla : il s'est sans doute couforaié aux médailles dont nous avons |>arlé. Raphaël Fabretti relève celte méprise, et conclut que la caméra alloit toujours en diminuant de largeur, parce que les chars les plus adroits et les plus agiles, surpassant bientôt leurs rivaux , arrivoicut en très-petit nombre à la borne désirée. .Vous croyons que Fabretti ne devoit pas conclure que tous les cirques fussent semblables en ce point à celui de Caracalla , les médailles et l'histoire prouvant presque le contraire ; mais Q devoit simplement conclure qu'U étoit en celte partie plus parfait que les autres.

Ne pouvant mettre sous les yeux du lecteur aucune figure de cet édifice, nous nous bornons à dire que, y compris l'épaisseur des bàtimens, ce cirque a dans sa longueur 2? 3 toises, et [a dans sa plus grande largeur.

Mais quelle* étoienl les décorations extérieures et intérieures des cirques? Quelques riches débris trouvés au hasard dans celui de Caracalla ne peuvent point nous l'apprendre. 11 faut donc encore recourir à l'histoire et aux médailles ; elles seules peuvent nous rendre un peu ce que le ravage des temps nous a dérobé.

Pirro Ligorio, qui a recherché tout ce qui pouvoit lui donner des lumières sur la forme et la décoration du grand cirque [cinus masimus) mérite par ton travail plus de confiance que les autres antiquaires. Il s'est occupé de ce cirque , parce que sou ancienneté et la riches*: de son ordonnance lui firent donner le nom de grand ; il dut aussi ce titre aux jeux solennels qu'on y célébrait en l'honneur des •lieux suprêmes. C'est le même cirque dont la fondation est attribuée a Tarquin l'Ancien , et qui agrandi par César, embelli par Auguste, le fut encore par Tibère. Incendie sous Néron , réparé parTrajan, il s'écroula en partie sous Antonin ; mais relevé encore et enrichi d'un second obélisque sous Constance, il a enfin dis|>aru , et quelques ruines é|>arses attestent à peine qu'il fut autrefois. On le trouve dans le lieu appelé Voile tli Clienhi , anciennement Vallée

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Murcia : ainsi tout est changé , jusqu'au nom de sa place même.

Cet édifice, de 2,187 P'1"1'* 'onS *ur de large, étoit le plus vaste et le plus décoré de tous ceux que Rome reiifcrmoit dans ses mura. Sa façade extérieure , excepté dans la partie des cancres, offrait deux rangs de poi tiques élevés l'un sur l'autre, re- \ètus de colonnes et termines par une terrasse. Les portiques, au niveau du sol , etuieut ordinairement occupés par des marchands; mais, les jours destines aux jeux , ils étoient libres, et procuraient au ] -eu pie des entrées et des sorties aussi faciles que multipliées. On y voyoit quatre tours de plus qu'au cirque de Caracalla , une au-dessus des cancres , également distante des deux qui les terminoient, une au-dessus de la porte principale, et une de cluque côté, au point d'union entre le demi-cercle et les ailes. Ces tours comxnandoicnl les faces par leurs avant-corps, les terrasses par leur hauteur ; et , couronnées de quadriges ou de groupes d'athlètes , elles donnoicut au monument un graud caractère de noblesse et de magnificence.

L'intérieur devoit peut-être plus étonner encore. L'euripe, large et profond de 10 pieds, et ensuite une barrière en forme de treillage, defeudoient les spectateurs de l'atteinte des cliars ; de nombreux gradins s'elevoient de touscôtes jusqu'à des |iortiques sous lesquels le peuple j«uvoit se réfugier dans un temps contraire. Ces portiques, ornés de colonnes, ne formoient qu'une même galerie avec ceux du second rang de l'extérieur; et sur la terrasse qui les couvrait ou elevoit au besoin de nouveaux gradins. Les carcéres avoient la même forme que les portiques ; mais | au lieu de colonnes t'élévoient îles termes qui les distinguoient, et qu'un y avoil placés comme leurs propres attributs. A leur droite étoit une statue de Mercure, symbole de ceux qui ouvraient les cancres lorsque le préteur, du haut de la tour qui est au-dessus d'elles, leur en dounoil le signal. Le lieu du signal différait ici , par sa position , de celui du cirque de Caracalla ; et peut-être u'yavoit-il |iasde lieu bien fixe pour cet objet dans aucun cirque, puisque de toutes les places principales on voyoit pleinement les carcerts.

Eu venant des cancres à l'épine, on rencontrait j Yailrs Muniet, ou temple de ^ éuus , protectrice de U de la \ allée à laquelle elle donnoit un de ses noms ; j ensuite étoit l'autel du dieu Cousus, qui rappeloit I aux Romains l'origine de leurs jeux ; puis le premier piédestal , plus élevé que l'épine , et charge de trais bornes que l'empereur Claude fit dorer : elles avoient à leur sommet des ceufs Noués à Castor, qui façonna le cheval à la course. Ce piédestal, circulaire du côté des canens , étoit recliligne du côté de l'épine; son intérieur, où l'on entrait par ce dernier | côté , étoit dédié à Neptune qui ébranle la terre; d<— I dicacc dont le but étoit de le rendre propice au se I ' de la cité. On montnit sur l'épine par des degrés o|- 'J posés à l'entrée du piédestal ; mais on pouxoit voir le»

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objets qui la «ravroimi. «an» y monter, puisqu'elle n'avoit guère que G pieds de hauteur et 12 de largeur. On y trotivoil d'abord l'autel des dieux pnissans, pntentilim, cl relui de* dieux lares, larium. Chaque édifice avoit ses lares ; les villes mêmes notait les leurs, sclou Lucrèce. Ces autels précédoient deux colonnes unies par un fronton ; elles étoient dédiées à Cérès. A quelque distance, deux colonnes pareilles étoientdédiécsàTulcliiic.Entrccesmonunienjctoient les statues des deux déesses, à demi couchées et un rameau dans les mains. Sur la colonne qui dominoit les précédentes étoit une statue de la Victoire ; au pied de cette colonne étoit un autel chargé de couronnes; et la Victoire, aux ailes étendues , eu présentait une a disputer entre ceux qui s'enjjagroient dans la carrière. Après cette statne étoit l'autel des dieux forts, vnlentium , en face d'un édilice carré composé de quatre colonnes avant leur entablement. Cet édifice étoit dédié à Neptune Equestre. Pouvoit-on oublier dans un cirque le dieu qui fit présent du cheval aux hommes? Mais si on lui devoit ce bienfait, que ne devoit-on pis à la terre? aussi étoit -elle représentée sou* la forme de Cvbèle , assise sur nn lion qui s'élance entre le monument du dieu dont les eaux l'environnent cl l'obélisque consacré au Soleil, qui la féconde. C'étoit l'obélisque qu'Auguste fit amener du fond de l'Egypte pour le substituer au mât qui jusqu'alors avoit indiqué le milieu de l'épine; haut de plus de pieds , il étoit encore snrnionté par un globe de métal. Près de là s'élevoit la statue de la Fortune, posée sur une colonne. Venoit ensuite l'autel des grands dieux ; puis l'obélifque consacré à la Lune : il étoit surmonté d'un croissant ; et bien qu'exhaussé sur des colounes, il n'arrivoit pas à la hauteur de celui du Soleil.

L'épine se terminnit par de nouveaux degrés. En face étoit un autre piédestal , rectiligne de leur coté, et circulaire du côté de la porte princi|nlc du cirque. Ce piédestal étoit en tout semblable à celui dont nous avons déjà parlé. Il en étoit de même des bornes.

Nous observerons ici qu'à chaque tour que faisoient les chars, des hommes, montés à l'aide d'une échelle sur la plate- forme des monumens de Neptune Equestre etde S n'a, mettoieut un dauphin en brornte sur le premier, et une pierre taillée en oeuf sur le second. ILs en mettoient jusqu'à sept, qui étoit le nombre des tours que les chars dévoient faire, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, pour obtenir le prix destiné à leur rapidité.

Le plan du cirque de Caracalla que nons avons dévelopj»é en premier, et les décorations du cirque que nous venons de détailler , suffisent pour nous apprendre en partie ce que de pareils édifices ponvotent être : nous ne parlerons donc point des cirques entièrement détruits cl dont la place est à peine reconnue; les conjectures ne serviroient qu'à faire désirer la certitude. Nous nous bornerons à regretter des monumens dont la comparaison auroit multiplie nos

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lumières, et qui nons atiroient montré jusqu'où s'étendoient , dans un même objet , les diverses conceptions de l'art.

Cirque. Les modernes donnent encore ce nom à drs locaux qui , tantôt par leurs us>ges, tantôt uniquement par leur forme, ont quelque ressemblance avec les cirques des anciens.

Ainsi l'on appelle de ce nom certains lieux de spectacle couverts et fermés , qui servent à des exercices de chevaux et à des jeux d'agilité ; comme aussi des lieux d'assemblée et de plaisir, qui n'ont de commun avec les cirques antiques que la réunion des spectateurs.

Dans la ville de Bath, en Angleterre, on a donné le nom de cirque à une grande et belle place circulaire formée de trois grands corps de bàtimcns réguliers et symétriques , et composée de trois ordres d'architecture. Cette place a été bâtie en 1 ;54 sur les dessins de M. Wood.

CISELURE, t. f. C'est l'art de travailler les métaux, et d'y exécuter toutes sortes de figures et d'ornrmrns avec l'instrument appelé ciselet.

Un voit que les procédés de cet art n'ont aucun rap|iort direct et positifavec l'art de l'architecture, à moins qu'on n'y admette des colonnes de métal ; alors seulement l'art et le goût de la ciselure s'y exerceroient, comme on en a un bel exemple dans les détails d'ornement des colonnesdu baldaquin de Saint- Pierre.

Chaque matière comportant un goût particulier dans la manière d'y traiter la sculpture d'ornement, on doit dire qu'où ferait la critique de l'ornement en pierre en le comparant à de la ciselure; le genre de celle-ci comporte quelque chose de précieux , mais souvent aussi de sec et de maigre, qui deviendroit défectueux si on le transportoit à d'autres matières.

Ciselure. C'est ainsi qu'on appelle un petit bord fait ai'ec le ciseau à l'entour des paremens d'une pierre dure pour la dresser, ce qui s'appelle relever les ciselures. Ce bord sert aussi à distinguer les compartimens rustiques sur les paremens des pierresdu res .

CITERNE, s. f. On appelle ainsi un réservoir souterrain destiné à conserver l'eau de pluie.

L'usage des citernes est de la plus haute antiquité. Il y a des pays et des circonstances où elles sont d'une utilité indispensable : par exemple, lorsqu'on ne pent se procurer d'autre ean que celle de la pluie, ou lorsque les eaux du jjaya sont de mauvaise qualité.

A la fin de son huitième livre, \itruve dit que, pour rendre l'eau de pluie plus salubre, il faut faire les citernes doubles ou triples, afin que cette eau puisse se clarifier en passant d'une citerne à l'autre, et déposer ainsi le limon dont elle peut quelquefois être chargée. On voit à Rome, auprès de» bains de

i appelé le»

ps formant

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Tilus , les restes d'un réservoir immense , < ScptSaUes, divisé par des murs }>arallèles des corridors voûtés. Les ouvertures percées dans ces murs ]M>ur la communication de l'eau, au lieu d'être en enfilade et en face les unes des autres, sont disjioseesde manière que chacune répond au milieu de l'intervalle de celles qui sont vis-à-vis. Cette disposition n'avoit peut-être d'autre but que l'ordre à établir dans la circulation des eaux pour opérer leur

C'est sûrement par la même raison que la célèbre citerne de Pouzzole, connue sous le nom de Piscina

mirait le, est divisée par cases carrées formées de murs à hauteur d'appui construits entre les |>iliers qui soutiennent les voûtes, {yoj ez Piscimî.)

Presque toutes les cours des maisons de Pompeï ont des citernes destinées a recueillir l'eau de pluie. Ce sont des espèces de bassins carrés, peu profonds, revêtus en mortier de pouzzolane.

Généralement les ouvrages antiques de ce ont une perfection qui doit engager a les

modèles. La plupart de leurs conserves d'eau on airs , qui existent depuis quinze k vingt siècles , sont encore en état de servir au même usage. Les enduits dont ils sont revêtus ont acquis une ténacité et une consistance plus forte que celle des (lierres les plus dures. Les eaux qui ont jadis séjourne dans ces citernes ont dépose sur leurs enduits une espèce de croûte pierreuse plus dure que le ciment même qui est dessous.

Selon Vitruve, on devoit, pour faire ces enduits, se procurer le sable le plus pur et le plus rude , de la chaux très-vive, c'est-à-dire sortant du fourneau. On prenoit cinq parties de ce sable et deux de chaux. Ce mélange bien broyé, on y ajoutoit une quantité suffisante de petits cailloux ou de petits éclats de pierre dure, de manière que les plus gros morceaux ne |iesoieut jus plus d'une livre romaine ou douze onces.

Pour former les murs de la citerne, ou creusoit des tranchées parallèles et d'aplomb dans la deur et selon la largeur que dévoient avoir ce On les remplissoit de ce mélange de chaux , de sable et de cailloux bien broyés, avec une suffisante quantité d'eau ; ce qui formait une cs|tèce de béton que l'on battoit avec des pilons ferrés. Ces murs étant achevés , ou vidoit la terre du milieu , et sur le fond bien égalisé on faisoit avec les mêmes matières un massif d'une épaisseur convenable, que l'ou avoit soin de bien battre également.

Toutes les citernes, tous les réservoir* antiques, paraissent avoir été construits comme le dit Vitruve; les murs sont en maçonnerie de blocage, revêtue d'un fort enduit fait avec un mortier compose de chaux, sable, pouzzolane ou ciment I appliqué sur le mur et bien massive.

Les modernes construisent les citernes de plus d'une sorte de matériaux ; savoir, en pierres de taille,

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i avec enduit de ciment , en béton , en terre glaise avec revêtement.

Les citernes construites en pierres de taille ne sont pas toutelbis les meilleures, quoiqu'elles soient les plus dispendieuses. Il faut examiner si le fond est asser. solide pour soutenir partout également le poids de la construction. Il est évident que le moindre tassement inégal du fond causerait dans l'ouvrage le mieux fait des désunions par où l'eau se perdrait , et auxquelles il serait extrêmement difficile de remédier. Pour que de telles citernes soient durables, il faut qu'elles soient faites ce qu'on appelle d'un seul jet, c'est-à-dire sans interruption ; que tous les joints soient bien garnis de mortier ou de ciment qui adlière parfaitement aux pierres. Ponr plus de sûreté, il serait bon d'établir le massif du fond sur un grillage de charpente.

Si l'on vent construire une citerne en moellons, il faut avoir soin qu'ils soient tous posés à bain de mortier, que le moellon soit bien garni. Le mortier s'attachera plus fortement aux moellons , si l'on a la précaution de les tremper dans l'eau avant de les poser, ensuite de les Iwttre |»ur faire refluer le mortier tout autour. Les murs doivent avoir au moins a pieds d'épaisseur, et êlre établis sur un massif épais d'un pied et demi. On doit paver le fond en ciment , arrondir les angles et revêtir les murs d'un fort enduit de ciment fait avec soin, bien lissé et repassé à plusieurs reprises.

Pour construire les citernes en briques, il faut encore plus d'attentiou que pour la construction en moellons, à cause de la multiplicité des joints. Cette maçonnerie a besoin d'être bien garnie de mortier, et d'être mouillée auparavant, pour faire que le ciment s'y attache mieux. On peut, pour une plus grande économie, dans des murs qui doivent avoir an moins 2 ou 3 pieds d'épaisseur, en dire le milieu du petites pierres à bain de mortier. Le massif du fond pourra être fait en moellons ou en petites pierres, le tout recouvert d'un double rang de briques posées à plat, ou de carreaux disposes de manière que les joints du premier rang soient recroisés par ceux du

On construit en plus d'un pays les citernes avec une espèce de mortier appelé t>ctnn , composé de chaux vive nouvellement éteinte bravée avec du gros sable et du gravier, et employé sur-lc-rliamp. On jette ce béton dans des encaissemens de planches disposés selon la forme des murs. A mesure qu'on remplit les encaissemens, on bat le béton pour lui douner plus de consistance. Cette espèce d'ouvrage doit être fait sans discontinuation , parce que c'est toujours, à l'endroit des reprises qne l'eau s'insinne lorsque le* parties qu'on veut raccorder sont trop sèches ponr prendre avec le nouveau bélon. Il faut au< l'attention d'employer le béton avant que !a soit refroidie.

Pour construire les citernes en terre glaise , on commence par creuser un espace assez grand pour

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contenir la citerne avec le» épaisseurs de mur» cl corroi» de glaise. Ensuite ou étend sur le foud , bien dresse do niveau , une couche de glaise bien pétrie et maniée. (force Bassin.) Sur cette couche, qui doit avoir 18 à 20 |»uces d'épaisseur, ou construit une plate-forme de maçonnerie en inoellonsou en brique* d'environ un pied et demi d'épaisseur, en laissant tout autour un intervalle de 18 à 20 pouces de large sans être recouvert , afin de pouvoir continuer sans interruption le massif de glaise de dessous la plate-forme entre le mur de revêtement intérieur et un autre semblable qu'on élève pour retenir les terres de l'excavation. On élève le mur de revêtement intérieur sur le boni de la plate-forme de maçonnerie : ce mur peut être construit en moellon» , en briques ou en pierres de taille. Lorsqu'il est eu briques ou en moellons, on le recouvre à l'intérieur d'un enduit de ciment, et s'il est en pierres de taille on se contente de garnir les joints eu mastic.

lh.- tout ce qu'on vient de dire il faut conclure que la grandeur «les citernes doit être proportionnée a la quantité d'eau de pluie qui tombe par au dans cliaque pavs.

Pour conserver l'eau dans toute sa pureté , il faut construire a côté de chaque citerne un petit réservoir appelé citerneau, qu'on remplit de gros sable ou de gravier, dans lequel viendra se rendre l'eau de la pluie avant de passer dans la citerne, afin de s'épurer en filtrant au travers du sable.

Il faut placer, autant qu'il est possible, les citernes sous des lieu» couverts, et l'on a remarque que plus elles sont profondes mieux elles conservent l'eau.

Quant à la forme des citernes, la plus avantageuse et la plus solide est la circulaire, en tant qu'elle est celle qui résiste le mieux aux efforts de l'eau , ainsi qu'a la poussée des terres environnantes.

CITERNEAU, s. m. C'i-sl le nom qu'on donne a un petit réservoir qu'on destine à recevoir en premier les eaux pluviales, et à les transmettre dans la citerne après qu'elles auront été filtrées et puriliecs

daus ce premier récipient.

C1TII M, ville de l'île de Chypre, fondée par le* Phéniciens avant la guerre de Troie, et habitée par des Grecs depuis celte guerre. Elle dut être aussi importante |>ar son commerce que par sa situation et sa grandeur. Elle avoit trois milles de circuit et etoit environnée d'épaisses musniUrs que la mer lnignoit du côté du midi. A l'orient elle avoit un port facile à fermer, et détendu jar une forteresse rêdoutahlc.

Maintenant Citium est à près de 3oo toise» de la mer; WD port n'est plus qu'un bassin sans profondeur; ses murs et sa citadelle n'offrent que des débris ou l'on aperçoit quelques restes d'inscriptions phéniciennes, et sa place est presque entièrement usurpée par deux villes dont l'une, /.arnica, renferme un grand nombre de tombeaux antiques; ]Au-

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