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semble d'un appartement, l'usage et la convenance exigent que Vaûovc toit sépree du reste de la chambre , soit par une balustrade qui s'ouvre , et dans l'intérieur de laquelle sont rangea des sièges , soit par une simple estrade garnie d'un tapis, et sur laquelle s'élève le Ut. Cet espace formant Valcoyt , par sa séparation dans la chambre , donne volontiers lieu d'en décorer remplacement par une ordonnance architecturale, qui le plus souvent consiste en colonnes dont l'entablement , orné de pentes d'étoffes, se raccorde avec celui du reste de la pièce. On voit de ces aUtwes dans les maisons ravales. On en trouve d'assez riches dans quelques palais d'Italie; mais on comprend qu'une telle disposition ne doit s'appliquer qu'à des chambres à coucher d'une très-grande dimension.
Les petits appartenions ne permettent pas ce genre d'o/riKVj.EUeaT consistent .pour le plus grand nombre ,
ÀLDOVR ANDINI (Mauro), de Bologne , célèbre peintre de perspective de chambre et de théâtre, maître dn fameux Thomas Ahlovrandini son neveu, et de uni d'autres peintres de perspective, mourut âgé d'environ trente-quatre ans , laissant son fils, nomme Pom-
ALDOVRANDIXI (Pompée-Augustin) , de Bologne, né en 16-7, fils de Mauro, étudia sous Thomas Aldovrandiui , son cousin. Il apprit avec la plus grande promptitude à composer et a peindre , soit à ITiuile , soit à fresque , soit en détrempe, l'architecture et la perspective. Les principaux édifices, tels que palais , églises et théâtres de Bologne , de Turin , de Saxe , de Vienne , de Prague , et de plusieurs autres villes d'Allemagne, ont été décorés de ses ouvrages, qui partout srmld'un beau dessin, et d'un clair-obscur vigoureux. Il vivoit avec aisance a Rome en 1719, où il ne manquoit pas de belles occasions pour faire connoître son talent singulier.
ALDOVRANDIM (Thomas), né à Bologne eu i653, peintre en perspective. A peine eut-il appris les principes de l'architecture et de la perspective, de Manro Aldmraudini, son oncle, que, a'appuyant sur le vrai et sur les manières des plus grands peintres à fresque, il devint un des plus célèbres artistes d'ita-
r, et fermé en avant par des rideaux. Quelquefois cette clôture antérieure a lieu par des portes à coulisse , qui se raccordent avec le reste de la chambre. Ces sortes d'aJcarr* sont souvent pratiquées dans les petits mgetnens ■ et leur objet est de mettre la pièce en état de servir a plus d'un usage.
ALDOVRAMDINI (Dominique), frère puîné de TAomaj , peintre d'architecture et de perspective , a peint médiocrement la fresque à Panne. Mais Pompée , fils de Mauro Aldovrandiui , l'a reconnu pour live ; et en effet il a donné
ALE 25 lie, pr ses inventions d'arabesques , de colonnades , de corniches, et autres ornemens d 'églises , de galeries, etc., qu'il produisoit avec une grande facilité. Il travailla pour plusieurs princes dans différentes villes. En 1 704 il peignit la grande salle du conseil somerain A. r.^—( gjde p,,. jvjarc* r -,
•de cette ville.
ALLEGE, s. m. Petit mur d'appui , élégi sous une croisée et qui n'est que de l'épaisseur ou de la laiyeur de l'appui , c'est-a-dire , moindre que celle du mur.
ALLEGES, s. m. pl. Ce sontdes pierres souslepicdroitd'une croisée, qui jettent des lia rpes I H ■. a pES) , pour (aire liaiaonavec lr parpain d'appui ( V. Pas * ai*), lorsque l'appui est évidé dans l'embrasure. On les nomme ainsi parce qu'elles allègent ou soulagent, étant
il'appui.
ALEOTTI (Jean-Baptiste), architecte , né près de Fcrrare, mort en i63o. La |iauvreté dans laquelle il étoit né l'obligea, pendant sa jeunesse, à servir les miçons en qualité de manœuvre ; mais , comme il entendoit parler continuellement d'architecture , il apprit bientôt cet art , pour lequel la nature lui a\oil donné les plus heureuses dispositions. Il porta ses vues plus haut, et ilétudia la géométrie et les belles-lettre*. Il fut même en état de publier des ouvrages sur ces matières, ainsi que sur l'architecture et sur l'hydrologie ; il prit part à ces fameuses disputes sur l'hydrostatique , qui s'élevèrent au sujet des trois provinces de Fcrrare , de Bologne et de la Romagne, lesquelles sont tri^xposées aux inondations. Appelé parle pape Clément VII , il fit construire à Ferra re une citadelle, que le pontife jugea propre a la défense de cette ville. Dans la suite, il bâtit a Mantouc, à Modènc , à Parme et à Venise, plusieurs palais, des théâtres et autres
ALESSAÏMDRO (Bartholo d'), architecte vénitien. Il inventa la manière de soutenir en l'air les bâti mens , pour les reprendre en sous-oeuvre. Il se servit de cette invention .utile et ingénieuse en 160a, pour soutenir en l'air le palais ducal , jusqu'à ce que, dans la grande rour , on eût fait les fondations des soixante-dix grandes colonnes , qui maintenant soutiennent les voûtes de ce nvajestueSjK <
ALESSI (Galbas). Ce fut vers le .
du seizième siècle que la ville de Gènes 1 prendre une face nouv par les montagnes qui l'environnent, elle ne pouvait pas , comme tant d'autres villes , s'étendre par des additions de nouveaux quartiers. Il y eut pour elle nécessité de se renouveler sur le même sol , et, si l'on pent dire , de se métamorphoser. C'est ce qu'elle parvint à faire , grâce à une sorte de concours de toutes les volontés , par l'appel qu'elle fit aux talens des artistes les plus distingués , mais surtout pr le génie
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«l'un bomnie qui sembla donné tout exprès et formé pour cette grande entreprise. Cette homme fut Galeas Aies si.
Il naquit l'an l5oo, àPérouse , d'une famille qui n'étoit pas sans distinction , et reçut de son père une éducation conforme à son état. Il montra les dispositions les plus heureuses dans toutes ses études, mais surtout pour les sciences mathématiques, qui lui ouvrirent la route de l'architecture civile et militaire. Sa vocation fut bientôt fixée. K 'ayant pas tardé à comprendre quelle est l'utilité de la science du dessin pour l'architecture , il se mit a l'école de 1-11. Caporali, qui, selon l'usage général de ce temps, étoit tout ensemble peintre et architecte renommé a Pérouse , et auquel on doit une traduction de Vitruve , avec commentaire. L'élève devint bientôt en état d'aider et même de remplacer son maître.
Il le quitta cependant, pour en aller chercher un qui sera toujours le maître des maîtres : je veux dire l'Antique dont Rome a conservé le dépôt. Arrivé dans cette ville , il se lia d'une étroite amitié avec Michel- Ange. On ne cite à Rome aucun ouvrage de lui. 11 paroit qu'il n'y auruit été occupé que d'ouvrages particuliers pour dinerens cardinaux , auxquels il auroit volontairement sacrifié son temps et sa réputation. Cependant le cardinal Parisani l'avoit déjà produit à la cour pontificale , lorsque, envoyé légat à Pérousc , et pour se conformer aux intentions du pape , il emmena avec lui Galeas Alessi, qui fut chargé d'achever la grande construction de la forteresse de cette ville, déjà commencée par San-Gallo.
L'ouvrage fut bientôt terminé par le nouvel architecte. De nouvelles constructions intérieures y furent entreprises , et il y distribua une suite d'appartemens qui, plus d'une fois, furent jugés dignes de recevoir toute la cour pontificale. Le temps qu'alors il passa dans sa ville natale, il sut l'employer encore à élever, |iour plusieurs de ses concitoyens, de fort beaux palais , qui font aujourd'hui le principal ornement de
La renommée de ces ouvrages répandit dans toute l'Italie le nom de Galeas Ainsi. C'étoit le où, comme on l'a déjà dit, la ville de Gènes avoil conçu le projet de faire en grand ce que fait en petit l'homme qui , favorisé par la fortune , veut s'en faire honneur dans le luxe de son habitation ; exemple peut-être unique , au moins dans l'histoire moderne, d'une grande ville qui se rebâtit, si l'on peut dire, en entier.
L'époque de ce changement fut heureusement celle de la belle école d'architecture en Italie, où , quoique ' és de manières, mais non de principes , : voyoit , sous la direction des plus grands wù renouveler le goût et les conceptions de l'art des anciens. Tout le monde connoit les noms de ces rénovateurs ou propagateurs du bon goût de bâtir, au seizième siècle , dans le plus grand nombre des
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Galeas Alessi fut |»ur Gènes ce qu'avoient été Rramante et San-Gallo à Rome, Baon Talrnti-Ainmanati à Florence , Palladio et San-Sovino a Venise. Il fut le moteur de toutes lea entreprises , et encore le modèle sur lequel se réglèrent tous ceux qui coo-
cité.Ill
et c'est à lui qu'est due l'ouverture , et on peut dire la construction de la Slradt^Nuwa, assemblage unique des plus somptueuses masses de palais.
Avant de citer quelques-uns des ouvrages de celte rue vraiment monumentale , nous devons faire mention de la belle église de l'Assomption , qu'U bâtit sur la colline de Caiïgnan. Elle n'est pas au nombre des plus grandes, soit anciennes, soit modernes ; mais c'est un morceau des plus complets , des plus achevés qu'il y ait , et ou brille la plus parfaite unité dans tous ses rapports. Son plan forme un carré régulier de i5o pieds, sans y comprendre toutefois l'adjonction d'une vingtaine de pieds, pour l'apside du fond où est l'autel. Le milieu de ce quadrangle est occupé par une coupole de \o pieds de diamètre : en deux mots, c'est en petit le plan qu'avoit projeté en grand Michel-Ange pour Saint-Pierre de Rome. L'extérieur de cette coupole se compose de ce qu'on appelle la tour du dôme. Sa construction et sou ordonnance consistent en arcades et en massifs alternatifs, lesquels
du dôme
és de pilastres corinthiens. Lacourbedut est une sphéroïde, couronnée pr une lanterne que couvre uue calotte liémisphérique. Cette coupole, de 180 jiieds de haut, forme une masse parfaitement en accord avec le portail , qui est orné d'un seul ordre de pilastres corinthiens distribués avec beaucoup de sagesse.
Proprcà tous les genres d'ouvrages, Galeas Alessi ne fit pas moins admirer sa capacité dans les grands changemens qu'il imagina et qu'il exécuta au port de Gènes. Il l'orna de portiques grandioses d'ordre dorique , et d'une belle entrée flanquée de colonnes 1 , faisant servir ainsi ces constructions à l'emqu'à la défense du port.
on doit vanter sa porte d'entrée du vieux mole , ouvrage tout ensemble d'architecture et de fortification , et qui peut soutenir le parallèle avec ce que San-Michcli a produit de meilleur en ce genre. En preuve du talent de Galeas Alessi, à faire entrer le goût jusque dans les édifices de pure nécessité , il faudroit citer encore ici les greniers publics qu'il construisit à Gènes.
S'il nous falloit , au reste ,
ville et de campagne dont cet architecte a Gènes et ses environs , U faudroit faire de cet article un long ouvrage. Nous voulions d'abord choisir, nuis nous y avons renoncé , tant il seroit difficile d'établir
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Nous allons citer an hasard qi doat les dodu tout le plus connu*.
La Stada-Nuova pourroit passer, dam l'énumération de ses palais, pour être entièrement l'oeuvre de GaUas AUsti. On y admire le palais Grimaldi, remarquable, à l'extérieur, par ce caractère de R ranci ni r et de simplicité qui distingue les palais de Rome. Mais la situation de Gènes devoit inspirer à l'architecte des partis , surtout dans les intérieurs , (Jus varies, plus pittoresques, etd'uuc composition plus originale. L'emploi aussi qu'il pouvoit faire du marbre, dans son application aux constructions , dut favoriser ces brillantes inventions d'escaliers, de portiques, de galeries, on le luxe de la matière vient ajouter sa valeur a celle de l'art : telle est, au plais Grimaldi, la magnifique galerie qui donne entrée dans la conr, et qui conduit a l'escalier. C'est une suite de colonnes surmontées d'arcades, et formant de petites coupoles construites en marbre. .Mémo goût, même richesse, dans la loggia du premier étage.
Le petit palais Brignola {Strada-Nuovissimà) offre un plan d'une conception fort agréable et fort > tout a la fois. L'escalier est placé d'une i
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: blanc. L'arrivée de cet escalier , au premier étage , est d'un bel effet , qui est produit surtout par une loggia ménagée avec art , en face de la drrnière révolution de la montée. L'élévation extérieure de ce petit palais n'offre d'autres beautés, que celles qui dépendent d'un juste accord entre toutes les dimensions , entre l'ensemble et ses détails.
Galcas AUsti eut, dans tous les édifices dont on pourroit dire qu'il peupla la ville de Gène* , un mérite qu'il faut révéler dans la comparaison qu'on peut faire de son talent avec celui des autres grands architectes de l'Italie. Ceux-ci eurent l'avantage de produire leurs dessins dans plusieurs villes, ou dans des quartiers difTérens , et souvent éloignés entre eux de ces grandes cités. Le théâtre donné aux productions d'AUssi fut circonscrit généralement dans une seule ville , et encore dans une modique étendue de cette ville, et, pour ainsi dire, dans l'espace assez restreint de deux rues principales. Il eut donc besoin , plus qu'aucun autre, du talent assez rare de rester dans lé simple, sans devenir monotone, et de varier xa inventions, sans appeler à son aide de vicieuses innovations , et sans rien donner au caprice.
Ainsi UStrada-Auova, presque entièrement formée des constructions de palais dus au génie de notre architecte , se recommande encore a l'admiration par l'heureuse variété de leurs compositions. Nulle similitude entre la façade du palais Brignola et celle du palais Carega : ce dernier surtout présente une masse riche , autant que simple , de trois étages , en y comprenant le rez-de-chaussée , soubassement grandiose taillé en refends , sur lequel s'élèvent les deux ordres
leur étage , et surmonté* d'un entablement qui reçoit les petites ouvertures d'un meuanino.
Le palais Lescari , bJti tout prés dans la même rue, par Galeat AUsti, Ini a inspiré une devanture d'un caractère tout-à-fait différent. Rien de plus élet, de plus pittoresque, et de plus harmonieux : ensemble, que sa composition. L'architecte, par la singularité de son soubassement en bossages rustiques, a su y ménager une opposition qui ne dégénère point en un contraste trop marqué. Il n'v a que le plan de ce palais qui puisse faire comprendre ce qui échappe à toute description orale ou écrite. Il faudroit aussi avoir recours au dessin pour donner quelque idée des beaux orueinens arabesques qui décorent les voûte* des escaliers , et qui furent exécute* par Taddeo Carlone, sous la direction de GaUat AUsti.
Le palais Giustiniani n'est pas un des (dus grands de la Strada-Nuava, et «on extérieur, très-simple, ne serableroit pas devoir l'y faire distinguer. Toutefois, on le regarde comme un des plus intéressait* de la ville de Gênes. 11 se fait remarquer par un plan d'un bel ensemble, et par une coupe entendue avec une rare intelligence. Sa cour donne entrée dans une enceinte circulaire , ornée de portiques en arcades , qui supportent tout alentour une terrasse , laquelle se termine par une grotte où jaillit une fontaine.
Mais le palais Sanli [Strada di Porta Romana )
lement de Gènes, mais de toute l'Italie. Ou convient généralement que, dans ce palais, G ait a s AUsti a opéré la réunion complète de ce qui peut former un ensemUe parfait; on veut dire une heureuse disposition de plan, une belle proportion dans les élévations, le bon goût d'ornemens et de décorations, l'excellent choix et la richesse des matériaux , une bonne et précieuse exécution de détails. Toute* les colounrs y sont de marbre et d'un seul morceau. Ce palais a deux façades également remarquables ; l'une sur la rue, l'autre sur le jardin : tontes deux
étages de portiques ou galeries en colonnes de marbre. Rien n'est plus noble, rien ne présente un aspect à la fois plus riche et plus théâtral.
Nous pourrions citer, sans crainte d'allonger bcancoup trop cet article, un beaucoup plus grand nombre de palais, soit construit* à Gênes par Galeat AUtti, soit élevé» par ses élèves sous sa conduite on ses inspirations.
Mais un de se* plus notable* ouvrages, et des plus propres à donner une haute idée de sa capacité,' comme architecte de goût et habile constructeur, est l'édifice de la Banque. Le* Génois appellent la Loggia des Banquiers un Ittl autrdo, comme si 1 exécution si hardie de sa couverture eût été due à un coup lieureux du sort. U n'y eut pourtant là rien de fortuit ; du moins la seule part que la fortune ait eue dans de
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tels travaux , fut la rencontre d'un homme capable «le les entreprendre et d'y réussir. Galeat Aies si prouva , dans cette construction hardie , qu'il passédoit au plus haut degré l'art de faire du grand avec la plus grande économie de moyens. On peut dire qu'il est impossible d'employer moins de matériaux, pour couvrir une surface de terrain aussi considérable. L'ordonnance extérieure de la Loge des Banquiers se compose , dans tout le pourtour , d'arcades qui reposent , non sur des piédroits , mais sur des colonnes doriques accouplées en marbre. Sa longueur est de io5 pieds, sa largeur de l>5.
Le plus long article n'épuiseroit peut-être pas, s'il falloit n'en omettre aucune , les notions de tous les travaux de Gattai ,4Utti, et de tous les monumens dont il a embeUi la ville de Gênes et ses environs. On ne sauroit dire, en effet, si les maisons de campagne dont cette ville est environnée, ne l'emportent pas
, .. »n nuimilin'nni «nr la rirhf»H 1 ZJ:
de son intérieur. Bornons-nous ici à un des plus remarquables compositions de tecte, en fait de maisons de plaisance.
Telle est en première ligne , sans doute , la Pilla Palavicini. Placé au milieu d'un grand parterre, le palais se présente au bout d'une belle allée qui y conduit. Sa face, sur le jardin, offre une ligne continue. Sur un soubassement en bossages assez peu exhaussé, s'élève un premier étage d'ordre ionique. Le second étage est orné d'un ordre corinthien. L'emplacement du jardin, en face du palais, a deux grands bassins carrés, et il w termine VÊ/C une belle grotte ornée de mosaïques. D'agréables montées sont disposées, d'un coté et de l'autre , de cette grotte. Toute cette architecture est aussi sage qu'élégante , et il y régne une richesse modérée qui n'en altère point la beauté.
La villa Ginstiniani, au bourg d'Allnaro, est une des plus excellentes productions de Galeat Ainsi. Le premier étage du palais est en colonnes doriques, sur un soubassement de grosses pierres arrondies. Les formant le corps du milieu de l'édifice rois arcades, qui donnent entrée à an beau » , a rez-de-chaussée, d'où l'on passe dans une qu'éclairent deux fenêtres latérales. A nain gauche est l'escalier principal , qui par trois rampes d'une montée commode mène à l'étage supérieur. C'est là que se fait particulièrement admirer cette anti-salle en manière de lopgia,A<atA la décoration eut ce que Galeat Aletti a produit de plus rare et de plus excellent. Ijcs mêmes éloges conviennent a tous les détails , tant de l'extérieur de celte architecture , oue de l'intérieur des appartcnien» , qui offrent une distribution à U fois magnifique et commode , et où le gout le dispute à l'intelligence.
On compte encore dans le faubourg de San Pier fArena plusieurs beaux |nlais lritis sur les dessins de cet architecte , et entre lesquels on distingue celui « famille Grimaldi. Nous supprimerons leur
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111 1 ii.n m ' de ce genre , lorsqu'on ne peut point appeler, par des dessins , les yeux à en partager l'intelligence.
Les chefs-d'iBuvre dont Galeat Aletu a voit rempli Gènes, pendant le long séjour qu'il v avoit fait, attirèrent sur cette ville l'attention , et l'on pourroit dire l'envie des autres grandes villes de l'Italie. Ferrare, Bologne, Pérousc, Milan se disputèrent le célèbre artiste, et l'honneur de pouvoir montrer quelque production de son talent.
Appelé à Bologne , U y construisit pour le palais du gouvernement une magnifique porte. On lui dut l'achèvement du palais de l'Institut . commencé sur les dessins de Pellegrino Tibaldi , et plus d'un projet pour le portail , resté toujours en projet , de la grande église de San-Petronio.
monumens de Galeat Aletii, que l'on comi*e parmi les plus remarquables de cette ville : tel le magnifique palais de Thomas Marini , duc de Terra-Nova ; telle la façade de l'église de Saint-Celsé ; telle la salle du bâtiment del Cambio, qu'on apjielle l'Udilorioj tel surtout le temple de Saint-Victor, construit par notre architecte de fond en comble. Sa réputation étoit arrivée au point que, de tous les pays, on lui demandoit des projet* et des dessins de monumens. U en fit pour N a pies et pour la Sicile ; il en envoya en Flandre et en Allemagne.
Mais Pérousc, sa patrie , devoit avoir quelque témoignage de sa prédilection. D'après l'imitation du duc délia Corgna , il construisit pour ce seigneur, sur le lac dcTrasiniène , un des ]dus vastes palais que l'on connoisse , et qui pourroit prendre rang inrmi ceux qu'on a destinés a être des habitations rotales. Le cardinal , frère de ce duc , lui en fit construire un autre dans une charmante exposition , à peu de distance de la ville.
Si aucun architecte, en étendant à ce point sa réputation , ne multiplia autant que Galeat Aletti les productions de son génie , il faut dire qu'on n'en citeroit probablement aucun autre chez qui la fortune se soit plue, comme envers lui, à égaler au mérite les récompenses et les houneurs. Créé chevalier par le roi de Portugal , il reçut encore de nouvelles distinctions à la cour du roi d'Espagne , qui l'emplova a |ilus d'une sorte de projets pour l'Escurial. A Pérousc , il fut admis avec ap|>laudissement de ses concitoyens dans le collège noble de la Sfercanzia. Envové avec une mission spéciale auprès du pape Paul V, il en fut reçu avec une distinction particulière. Ce fut prolnblement pendant ce nouveau séjour a Rome , que le cardinal Odoardo Farnèse obtint de lui le dessin d'un frontispice pour IV Jésus. Mais le projet fut trouvé trop»
De retour a Perouse, et toujours sollicité de se livrer aux plus grandes entreprises, Galeat Aletti sentoit qu'une grande réputation peut devenir un
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toujoan , h mesure que les forces diminuent C'est ce qu'eprouvoit cet artiste , jusqu'alors infatigable. La force de son esprit «armant à celle de son corps , il oe la mort vint mettre an terme à ses longs
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ALETTE, s. f. (de l'italien ALETTA, peltu aile ou cote. : On applique ce mot an parement d'un ptedruit. Mais il signifie particulièrement l'avant— corps qu'on affecte sur un piédroit pour former une niche carrée , lorsqu'on craint que le piédroit, sans ce ressaut , devienne trop massif ou trop lourd , en raple diamètre de la colonne ou du pilastre
ALEXANDRIE. Cette ville d'Egypte, par Akrsandre-le-Grand , fut regardée comme la première de l'Afrique , après 1a destruction de Carthage, et pousr.it même se vanter, comme le dit Herodicn , d'être , après Rome , la première ville du monde. De toutes ses grandeurs passées, il ne lui reste plus que son ancien nom. Néanmoins peu de villes , après 1 5 ou 1 8 siècles de destruction , |n in eut encore étaler autant de vestiges de leur ancienne magnificence.
Alexandre a» oit fait tirer au cordeau toutes les rues de sa nouvelle ville ; on en remarquoit deux, entre antres, qui se coupaient à angle droit, et qui avoient chacune i ao pieds de large ; elles aboutissoient aux quatre extrémités de la ville , qui se trouvoit , parla, ouverte à tons les vents, et jouiasoit par conséquent d'un air fort pur. On y rencontroit a chaque pas des moonmens superbes ; tels étoient la colonne de Pompée, les Aiguille* de Cleopàtre, le Sérapium et plusieurs autres , dont il reste aujourd'hui des vestiges. On \ remarque encore les deux Aiguilles ou Obé- • à Qéopâtre , sans qu'on sache nt. (fV« ObÉusope.) L'une des
r pas le piédestal sur lequel elle porte, à cause des sables qui y sont accumules, cependant il est aisé de connoitre , en mesurant un des cotés de la base de celle qui est renversée , (pie la portion enterrée de celle qui est debout n'est pas fort considérable. Ces aiguilles sont couvertes d'hiéroglyphes.
La colonne appelée de Pompée , et qu'on a reconnue pour avoir été celle de Sept i me Sévère, est an des restes les mieux cotiarrrë* d'Alexandrie . et des plus précieux de l'antiquité. Autrefois elle était incontestablement dans l'enceinte d'Alexandrie ; elle se trouve aujourd'hui à un grand quart de lieue des murs de la nouvelle ville . tirant vers le Uc Mareotis;
sur quel deux est
escarpée de toute part, et de la hauteur de a5 à 3© coudées. Si ce monument subsiste encore de nos jours, nous en sommes redevables à l'eoormite de son |K>ids, qui n'a pas permis aux Arabes d'arracher les pierres sur lesquelles sa base est posée. Cependant, à
doute d'y trouver quelque trésor, ils sonTparvenus a tirer une pierre d'un coin. Par la , ils ont donne lieu d'apercevoir sur celle qui la suit immédiatement des caractères hieroglvphiques encore entiers , et de voir que , précisément au milieu des grosses pierres sur lest |uc lies s'appuie la base de cette colonne énorme, il y a aussi une espèce de colonne sur laquelle repose tout le poids de l'ouvrage ; oo découvre de même sur cette dernière , qui sert en quelque sorte de point d'appui, plusieurs caractères hiéroglvphiques qui VT^nblaUement doivent régner a |'<
elle n'a été
1 ; et ce ne seroit pas une entreprise aussi facile qu'on pourroit le croire, que de porter une échelle jusque- la pour faire cette opération. On assure que la colonne est dans de très-belles proportions ; qu'un y observe une diminution par les deux bouts , et un renflement dans le milieu ; qu'enfin l'iril le plus difficile n'y peut trouver rien a redire. Elle est de trois morceaux : le chapiteau en a un ; le fut , et 3 pieds de la base qui y sont joints , sans doutr pour donner plus de solidité à la colonne , forment le second ; enfin la base même compose la troisième pièce. Chacune des faces de cette base a 1 5 pieds au moins de largeur et autant de hauteur, d'où l'on peut juger du poids énorme de ce quartier de marbre. La colonne posée sur ce piédestal est , sans contredit , la |>lns haute et la plus considérable de toutes celles qu'on connott, comme étant d'un seul morceau. Suivant l'estime de plusieurs personnes
de mathématiques , eue a 88 pieds entre la base et le chapiteau ; en sorte que, sans crainte de se tromper, on peut lui donner hardiment i io pieds d'élévation Sa grosseur est proportionnée a sa hauteur, et quatre hommes ponrroient à peine l'embrasser : sa circonférence, suivant les mesures de M. Savari, est de 38 pieds 3 pouces , sa base est aussi entière que le premier jour : le chapitean est un peu écaille, ou plutôt démoli; il répond par sa beauté au reste de l'ouvrage. Il est creusé par-dessus : peut-être soutenoit-il la représentation de l'empereur, dont on a voit
ce soupçon est fondé, il falloit que cette figure fut
hauteur de la colonne, et pour être aperçue d'en bas dans une proportion naturelle. Quelques-uns sont d'un autre sentiment : comme on aperçoit cette colonne , de la mer, long-temps avant de découvrir la
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3o ALG
|ieut avoir été destiné à servir de fanal ;uu vaisseaux qui abordoient. Mais comment auroit-oo porté du feu au sommet, puisque la colonne n'est pas creuse, et qu'elle a au moins 1 10 pieds d'élévation?
M. de Maillet rapporte qu'un danseur de corde, Arabe de nation, entreprit un jour de monter sur cette colonne , et en vint à bout. Il attacha une ficelle a une flèche , qu'il ent l'adresse de faire passer dans les vides d'une volute du chapiteau; ensuite, par le moyen de cette ficelle , il y éleva une corde à la faveur de laquelle il monta réellement sur le haut de La colonne. C'est de cet Arabe qu'on a su que le chapiteau ctoit creusé considérablement.
Le même M. de Maillet, consul au Caire, donna le projet de transjiorter cette colonne à Paris, et de placer au-dessus la statue de Louis XI V.
On voit encore à Alexandrie un grand nombre de citernes antiques , dans lesquelles on admire la beauté de la construction, la conservation des voûtes et les stucs dont elles éloieut revêtues. ( Voyez Citkune.)
On marche partout, aux environs de cette ville, sur des débris d'antiquité, sur des fragmens sans nombre de colonnes et de restes de constructions amoncelées, que l'avidité des Arabes augmente tous les jours, par les mutilations de toute espèce dont leur avarice espère tirer parti.
On découvre encore sur le bord de la mer, et dans la mer même , des vestiges de ce fameux phare , qui devint une des merveilles du monde. {Voyez Phaiie.)
ALGARDI {Alexandre), sculpteur et architecte, ne à Bologne en 160a, mort à llumc en ili'ï^- Son père , inarchattd de soie , le fit élever avec soin et instruire dans le dessin à l'école des Carrachc ; mais un goût naturel l'cutrainoit déjà vers la sculpture.
Ayant eu occasion de connoitre Jules-César Convenu , assez lion sculpteur de Bologne, il reçut de lui les principes de l'art qui captivoit son goût , et y fit de rapides progrès. A l'âge de vingt ans, il se rendit à Mantoue, et y travailla sans relâche à copier des figures antiques. Le duc Ferdinand l'occupa encore à faire des ornemens pour son palais. Ce prince avoit su apprécier le mérite du jeune artiste. Il consentit volontiers à lui laisser faire le voyage de Rome, pour n talent, et voulut même l'entretenir l cette ville i ses dépens, à condition qu'il retourneroit à Mantoue et qu'il s'attacherait à sa personne; mais la mort de son bienfaiteur, survenue bientôt après, rompit ses engagemen*. Algardi prit La résolution de se fixer entièrement à Rome.
Nous n'avons poiut à parler de ses ouvrages de sculpture , auxquels il dut cependant sa principale réputation ; mais il eût été difficile que, selon l'usage de son temps , il n'eût pas ambitionné de briller par l'exercice de plusieurs arts. Celui de l'architecture lui présenta une voie nouvelle a b fortune et à la gloire. Algardi fut aussi un des habiles architectes de son siècle. L'on peut s'en convaincre en voyant la