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Corniche ceintrée. C'est celle qui dan» son élévation se retourne en arcade, comme a la porte de* Invalidera Paris; ou en crintre , ainsi que cela se pratique dans les frontons circulaires.
Corniche CnOUnt, Corniche qui circule dans l'intérieur ou à l'extérieur d'une tour de dôme.
Corniche continue. Corniche qui, dans toute l'étendue qu'elle parcourt, u'est coupée ou interrompue par aucun ressaut ni aucun corps étranger.
Corniche coupée. C'est celle qui dans son cours est coupée par quelque autre corps et éprouve quelque interruption.
Corniche de couronnement. C'est la dernière corniche d'une façade qui est à plusieurs ordres, et sur laquelle pose l'cgout ou cheneau du comble.
Corniche rampante. C'est la partie de l'entablement qui forme les deux rampes d'un fronton angulaire. Les modillons , quand on en met dans cette partie, peuvent se faire inclinés ou perpendiculaires à l'horizon. Vitruvc n'a rien déterminé sur ce point. Selon lui les Grecs ne mettaient pas de modillons dans les corniches ram|iantes; ce qui éloit sans doute une licence cl peut-être un abus de moins.
COR MER. (S'oyes Poteau cornikr.)
CORMÈRE. {Voytt Noce.)
COROEIH'S. Architecte grec dont Plutarque parledans la Vie de Péiiclès, en faisant mention des di\ers architectes qui coo|iérércnt à la construction du grand temple de Cérés ù Eleusis.
Conclus, d'après cette notion, aiirt.it «implemcnt élevé les colonnes de l'intérieur et leur architrave. Alélagène» fut celui qui érigea au-dessus le second ordre de colonnes, et lit ce que l'auteur grec appelle dwzona, ceinture. Or on apprloit de ce nom, dans les gradins des théâtres, ce que nous appelons palier, et ce qui correspond à ce qu'en pareille position nous nommerions travée. [Payez Mktagenes.)
CORPS, s m. Mot très-général, dont on use en architecture pour exprimer des objets très-divers par leur emploi ou par leur étendue. Ainsi on l'emploie tantôt à désigner jusqu'au plus petit membre d architecture qui excède le nu de la construction , et tantôt, en l'appelant corps île fond, à signifier la masse qui jwrte de .fond, ou qui compose une partie de bâtiment. On dit
Corps- de- garde. C'est ou un bâtiment attenaut un plus grand édifice , ou un bâtiment isolé lui-même, et qui est destiné aux soldats qui sont de
garde.
Il J a cette différence entre le corps-de- garde et la caserne, que celle-ci est la demeure habituelle des soldats, et que l'autre n'est liabilé que pour le temps que doit durer la garde. C'est ce qui fait que le corps-dc-gurde est ordinairement peu spacieux et ne
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j présente rien d'important dans ses distributions. Il ne se compose le plus souvent que de deux ou trois pièces à rez-de-chaussée. On }• pratique extérieurement un avant-corps pour qu'on puisse y monter la gaixle à couvert de la pluie et des injures de l'air.
Conps— dk-locis. Bâtiment complet pour l'habitation. Lorsqu'il ne renferme qu'une seule pièce entre les murs de face, il est simple. On l'appelle double lorsque l'espace intérieur est partagé par un mur de refend ou par une cloison.
Corps-de-logu de devant. C'est ainsi qu'on appelle dans les habitations des villes la partie de cette . habitation qui donne sur la rue.
Carps~de~/ogi'j de derrière. C'est la partie d'une habitation qui dans une maison de rille donne sur une cour ou sur un jardin.
CORRECT, adj. m. ( Voyet Correction.)
CORRECTION, s. f. On emploie souvent comme synonymes les mots correction et pureté. 11 nous semble qu'on ne doit les rapprocher que pour les faire servir d'explication l'un à l'autre. Quelque chuse de commun se trouve effectivement entre eux, si on les applique à certains ouvrages plus ou moins mécaniques. In travail correct est celui où l'on ne saurait trouver de faute, et sous ce point de vue l'idée de pureté lui conviendra aussi , en tant que pur signifie sans tache ou sans mélange.
Si l'on transporte ces mots et leurs notions dans l'appréciation des ouvrages de l'esprit et des arts, on V trouve une variété d'idée assez sensible. Il paroitroit que l'idée de pureté serait plus applicable a la qualité abstraite du genre , du goût , ou de l'invention de l'ouvrage; et l'idée de correction à la qualité plus particulière de l'exécution et du travail.
Par exemple , dans l'architecture on donnera le nom de pur à tout ouvrage, à toute composition ou conceptionqui paraîtront produits raruneiutclbgcnce supérieure, par une visée claire, par un sentiment juste de l'harmonie des formes, des proportions et du caractère convenable. Il nous semble , d'autre part , qu'on donnera le nom de correct a tout ouvrage, à toute composition oui, étant le résultat d'une exacte observance des règles , pourra ne donner heu à aucune censure, satisfera même les veux et la raison, sans cependant exciter d'impressions particulières, et surtout celle de l'admiration, ou celles qui saisissent l'imagination.
La correction toutefois, celle qui procède de I "1 servance des règles, est une qualité qu'on ne saurait trop recommander et cidtiver dans un art où l'indépendance de l'esprit et la manie de l'innovation peuvent tout détruire sans rien remplacer. Nul art n'a plus que l'architecture besoin d'une barrière contre les écarts si faciles et les déviations de cet esprit de système et de caprice qui repousse toute contrainte, j comme destructive du génie , tandis que le triomphe
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du génie dan» cet art , ainsi que dans tous les autres, est d'être et de paraître libre , précisément sous les entraves qui le captivent.
Telle est la vertu des règles , c'est de donner plus d'élan et d'énergie a. l'artiste. Aussi voit-on que les plus beaux ouvrages , les chefs-d'œuvre dans tous les genres, ont toujours été ceux qui , s'ideutifiant avec [ les règles, sont devenus règles eux-mêmes, et l'ont dû aussi an mérite de la correction .
CORRIDOR , s. m. Espèce de longue allée qui, 1 dans l'intérieur d'un bâtiment , conduit a plusieurs i chambres. Ce mot est le même que le mot italien corridore, qui vient du verbe carre re , courir. En effet , on passe rapidement dans un corridor.
Le corridor est en général un moyen de dégagement indis|>cnsablc dans les bâtimens qui ont besoin d'une longue suite de chambres; car ou n'est point obligé de les traverser pour arriver à l'escalier. Donnant toutes sur le même passage , elles ne communiquent entre elles qu'autant qu'elles forment appartement.
Quelquefois un corridor a des chambres de droite et de gauche : plus souvent il u'eu a que d'un côté ; mais toujours il doit être de plein-pied avec elles , et avoir assez de largeur et de lumière. Généralement il n'est susceptible d'aucune décoration. C'est qu'en général , on doit le dire , on n'en pratique guère que dans les communautés ou les établissemens d'éducation publique , ou autres lieux dont la destination n'appelle ni les agrémens, ni le luxe de la décoration.
Faits particulièrement pour les édilïces qui doivent recevoi r un grand nombre de personnes , les corridors doivent être spacieux pour la libre circulation , et à raison même de la salubrité.
CORROI, s. m. On donne ce nom à un massif ou enduit de terre glaise bien pétrie, dont on fait i usage dans l'établissement des canaux, citernes, ré- | servuirs, bassins, et autres récipiens qu'on destine a contenir l'eau. {Voyez ces articles.)
Lorsqu'une fosse d'aisance se trouve proche d'un puits, on forme entre le mur de la fosse et celui du puits un massif en terre glaise auquel on donne le ! nom de eorroi.
CORROYER , v. a. Se dit de l'action de pétrir de la terre glaise , pour former nn eorroi ; ce qui se fait, ou à pieds nus, ou avec des pilons, après en avoir ôté exactement les ordures et tous les corps étrangers qui pourraient s'y trouver. La moindre paille ou racine est dans le cas d'y occasioner des gerçures qui rendraient les corrois impropres a contenir l'eau.
Le mol corroyer s'emploie aussi à indiquer la manière de broyer ensemble la chaux et le sable pour faire un bon mortier; car pins le mortier est broyé, | mieux il vaut : il durcit plus vite , et a plus de force [
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pour unir les pierres. En ce sens , corroyer veut dire broyer beaucoup. {Voyez MosTlEn.)
Corroyer se dit encore de quelques autres opérations mécaniques. Par exemple, on emploie ce terme en menuiserie, pour dire dresser, cquarrir, blanchir une pièce de bois avec la varlope et le rabot ; surtout en serrurerie, pour exprimer l'action de battre le fer à chaud, c'est-à-dire le bien forger, pour en rapprocher toutes les parties et les étendre sous le marteau.
COR A EE , s. f. Travail fait par contrainte et sans salaire. On appelle ainsi celui que les ouvriers sont obliges de faire sans être payés , pour réparer les mal-façons de leurs ouvrages.
On donne le nom de corvée à un nombre de coups que donnent, sans se reposer, ceux qui enfoncent a la sonnette des pieux ou des pilots.
COSSITIIS, architecte romain, florissoit l'an du monde 3788.
A itruve, dans la préface du liv. vu de son Traité a" Architecture, nous a conservé le nom de cet architecte et le principal titre de sa gloire. Je vais traduire le passage où il en fait mention.
« Les architectes Antistates , Calcseros, Antitna- >• chides et Porinos, jetèrent les foudeniens du t< mple » que Pisistratc faisoit élever dans Athènes en l'hon- » neur de Jupiter-Olympien ; mais sa mort ayant •• amené des troubles, les travaux qu'ils avoient com- " menées furent abandonnés. Environ deux cents ans » après, le roi Antiochus promit les tonds nécessaires •> à leur continuation. Cossuiius, citoyen romain, lit • alors la ce lia, qui est très-vaste, éleva les colonnes u à l'cntour en manière de diptère, ordonna les pro- « portions des architraves et antres ornemeus. Il si- ■ gnala dans cette entreprise les counoiteatices éten- >• dues de sou art et la profondeur de son savoir. Cet >. édiGcc, justement admiré , est mis au nombre des » plus magnifiques qu'il y ait. ■•
A itruve iious apprend ensuite que le temple étoit construit en marbre , qu'il étoit de la première gran* deur et de l'ordre corinthien. Au chapitre 1" du lu n- m , il le cite comme un hrpathre octostyle. Or Yhrpcethrc avoit, comme le diptère, les doubles ailes ou raugs de colonnes.
\\ paroitroit , d'après ce qu'on vient de lire, que Cossntius aurait achevé le temple de Jupiter-Olympien. Cependant, à la Vie de Solon, Plutarque en parle comme d'un monument qui n'étoit jms encore terminé de son temps; d'antres auteurs disent aussi qu'il ne le fut entièrement que sous l'empereur Adrien.
Lorsqu'on sait, par plus d'nn reste de temples grecs laissés imparfaits, comment il semble qu'on proeédoit souvent à leur confection , on s'explique aisément de quelle manière plusieurs architectes, se succédant à des époques différentes dans la même entreprise, au-
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ront pu psser pour en être les auteur*. 11 paraît en effet , par plus d'un reste de temple périptère, que l'on ne montait pas régulièrement et tout ensemble ses diverses parties ; le temple de Cérès à Eleusis {voyez Coroem-s) est une preuve de ce qu'on avance. Ou voit encore tel temple périptère (comme celui de Ségestc en Sicile) dont le périptéron fut entièrement élevé, et dont il ne paraît pas que le mur de la cella ait été commencé.
Rien donc n'empêche de peuser que CossuUus aurait achevé le périptéron diptère autour de la cella, ce qui rendoit l'édifice terminé quant a l'extérieur; et que l'intérieur aurait encore laissé à rachever par l'empereur Adrien ce que Corœbus, dont on vient de parler, avoit terminé après une suite d'architectes , à diverses époques, c'est-à-dire les deux rangs de colonnes intérieures du naos.
COTÉ , s. m. Se dit en architecture d'un des pans d'une superficie régulière ou irrégulière. Le coté droit et le côté gauche doivent être entendus relativement à sa façade , et non relativement à celui qui la regarde. Ainsi le côté droit du Louvre pour celui qui est eu face de la colonnade, sera le côté qui regarda la rivière , par conséquent à la gauche du spectateur.
Cote se prend quelquefois pour face. On dit d'une maisou qu'elle n'a qu'un côté avantageux , ou qu'elle est plus riante d'un côté que de l'autre , ou qu'elle est agréable de tous les côtes.
COTER , v. a. C'est indiquer pr des chiffres les grandeurs et les proportions des diverses parties d'un plan ou d'une élévation en dessin. Les chiffres employés à cette indication s'appellent cotes. On dit vulgairement coter un plan ou y mettre des cotes.
COTES , s. f. pl. C'est ainsi qu'on appelle sur le fût d'une colonne cannelée les listels qui séparent les cannelures.
Côtes »e coupe. Saillies qui séparent la douelle d'une voûte sphérique en parties égales. On les fait en pierre ou en stuc, on les orne de moulu des ravalemens ; on les enrichit quelquefois d'< mens et de compartimens peints ou dores.
Côtes de dôme. Saillies qui excèdent la superficie convexe d'un dôme , la divisent en compartimens égaux , et y répondent à-plomb aux jambages de la tour en se terminant à la lanterne. Elles sont ou limites en manière de plate-bande», ou ornées de mouluies.
COl'CHE , s. f. Ce mol s'applique a plus d'une opration mécanique. On applle couche une |>ièce de l>oi» courbée à plat , sous le pied d'un étai , ou élevée à-plomb pour dresser un ctresillon.
Coi <.n F. de ciment. On donne ce nom à l'épaisseur de ciment qu'on étend enti°e des pierres, des Hu rlion s et des briques. Cette épaisseur varie selou la qualité du ciment et celle des matériaux dont il doit faire la
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liaison. Dans certaines constructions antiques, tout do côté de Naples, on voit des couches de ciment aussi épaisses que les briques entre lesquelles elles se trouvent.
Couche de couleur. Se dit d'nne impression de couleur à l'huile ou en détrempe sur un coq» quelconque.
COL CHIS , s. f . C'est la forme de sable , d'environ un pied d'épaisseur, qu'on met sur les madriers d'un pont de bois pour y asseoir le pavé.
Couchis de i .att ES. C'est un lattis à lattes jointes, attachées sur les solives d'un plancher creux, pour porter la fausse aire de gros plâtre.
COUDE , s. m. On nomme ainsi dans la continuité d'un mur de face ou mitoyen, considéré pr dehors, un angle obtus qui produit en dedans ce qu'on appelle un pli.
Coude de conduite. Terme d'architecture hydraulique. { V oyez Conduite.)
COLLER EN PLOMB, t. a. C'est remplir de plomb les joints des dalles de pierre et des marches de perron à l'air. C'est aussi sceller avec du plomb des de fer ou de !
COLLELRS, s. f. pl. Eu priant de couleurs dans le rapport que leur emploi peut avoir avec l'architecture , on n'a ps besoin de prévenir le lecteur qu'il ne saurait être question d'employer ce mot sous aucun point de compraison avec l'imitation que l'art de la peinture doit à la couleur des objets qu'il sait reproduire.
L'architecture, en tant qu'elle ne put rien représenter de naturel dans les corp, en tant que ses formes tirent leur valeur d'un ordre de choses indépndanl de la matière, n'a nullement besoin de couleurs pur remplir sa vraie destination. Ou doit le dire : sous une matière de» plus communes, l'art put produire ses plus grandes beautés , et toutes les raretés, toutes les richesses des substances les plus précieuses et les plus brillantes, ne sauront jamais à elles seules captiver l'admiration d'un œil intelligent ou d'un sentiment connoisseur.
Ce n'est pas que l'architecture dédaigne ou donc dédaigner toute prure. L'ornement qui forme nne partie même de sa constitution , indique assez qu'il entre dans ses intérêts de ne pas négliger l'agréable , et d'accorder au sens extérieur ce qu'il a droit de reclamer. La nature , d'ailleurs, en donne à l'architecture les leçons et les exemples.
Aussi voyons-nous que de tout temps et prtout cet art s'est associé, surtout dans la décoration des intérieurs, les ressources de la pinture , soit en lui ménageant des espees qu'elle doit remplir à elle seule , soit eu lui empruntant certains effets d'opposition dans les teintes et les variétés de tons, qui détachent
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les reliefs de «es orncmens et y produisent une vivacité agréable aux yeux.
Il n'y a donc, à l'égard de cet emploi des couleur* dans les parties intérieures des édifices publics ou pa rticuliers , aucune raison de repousser une pratique qui ne paroit souffrir aucune contradiction.
Nous croyons devoir dire la même chose de l'usage plus ou moins fréquent dans tous les pays, mais plus général dans quelques-uns , d'enduire de couleurs les prties extérieures des maisons. Plus d'une raison d'utilité, sans compter celle de l'agrément, ont fait de cette pratique un usage , surtout si le bois entre dans les constructions , ou si des enduits de revêtisse— ment peu solides exigent un préservatif contre les influences du climat. Ou ne sauroit nier encore que, dans les pays où cette mode est générale, comme dans le midi de la France, dans le L\ onuais, dans les états génois, etc. ces diversités de couleurs ne donnent un grand air de gaité à l'aspect des bàtinicns. Cependant , la où la construction en pierre de taille s'applique aussi aux maisons, elle devient une espèce de luxe dont on répugne souvent à cacher l'apparence sous des enduits de couleurs cpii, pour l'icil, metteut les plus dispendieux matériaux de niveau avec les plus vulgaires.
En général, on peut dire qu'il y a dans tout art , mais surtout dans l'architecture , une certaine beauté, qu'on peut appeler d'instinct, et qu'il y a chez le plus grand nombre des hommes un sentiment correspondant , qui porta à admirer le grand , le dispeudieux, le rare. C'est ce qui fait qu'on a de la peine, en Certains, paya, a faire approuver par le goût la peinture extérieure des grands ouvrages de l'architecture en pierre : d'abord , comme on l'a dit, parce que la valeur que tire l'ouvrage d'être en pierre, se trouve cachée ou dissimulée par l'enduit colorant; mais ensuite parce que l'on peut regarder cette pratique comme une sorte de charlatanisme, qui vise à s'emparer du suffrage des yeux à défaut de celui de l'esprit.
Pendant fort long-temps l'idée de donner des couleurs à l'architecture monumentale de l'extérieur des édifices n'entra dans l'idée de personne. Les ouvrages de l'antiquité , dont on se conteutoit de consulter les exemples à Rome, ne pouvoient guère inspirer cette pratique. C'est depuis que le cercle des exemples s'est étendu par les voyages, dans les contrées habitées |>ar les Grecs, que île nombreux ren— seignemens sont venus offrir à la critique des faits inconnus , dont il résulte qn'on fit jadis un fréquent usage des couleurs dans l'architecture des temples construits selon l'ordre le plus grave de tous, c'est-àdire le dorique.
Nous devons dire , |xrar en avoir pris connoissance nous-mêmes , que le plus grand nombre de ces temples , soit à Pcestnm , soit dans plus d'une ville antique de la Sicile, est construit d'une pierre peu susceptible de poli , et que l'on se crut obligé de l'enduire
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Il d'un revêtissement de stuc. Cependant on ne se eon- | tenta pas de donner à la matière , par ce recouvrement , une teinte égale et unie. Dr nombreux restes de couleurs nous assurent que ce stuc ici ut les tons 1rs plus variés, que 1rs (arlicset Us divisions des en— : tahlemeus présentèrent des compartimens de teintes I différentes; que les triglyphes et les métopes, les . chapiteaux et leurs collarins, les plafonds même des j architraves , Turent coloriés de toutes manières.
Les recherches même faites à Athènes, dans le Parthenon, aux Propylées, au temple de Thésée, tous édifices construits en marbre, sont venus déposer encore de ce goût pour l'emploi de teintes variées, propres à nuancer les fouds et à détacher plus sensiblemcul les bas-reliefs et autres accessoires. Cela y eut lieu de la manière dont il est certain que la sculpture en statues de marbre rehaussoit aussi de couleurs empruntées beaucoup de détails en draperies, armures et objets accessoires.
De tout ceci il nous semble qu'on peut inférer deux choses ; l'une . que la beauté principale de l'architecture ne dépendant ni de la qualité de la matière, ni de sa couleur, ni de son prix, cet art n'a réellement besoin que des ressources de l'ordre, des proportions, de l'harmonie des formes, et de l'observancedu caractère convenable pour nous plaire. L'autre que puisqu'il admet, selon les cas, l'emploi des couleurs dans l'intérieur des monutuens, il a également le droit d'en user a l'extérieur, selon la diversité des matières, et de la même façon qu'il y met en œuvre la variété des marbres de toutes couleurs , tant en colonnes qu'en chapiteaux, frises, corniches, et | autres parties, pourvu que l'un et l'autre emploi, motivé comme moyen d'expression du caractère, n'y produise pas la bigarrure.
COl'LEL VRE , s. f. Quelques auteurs, et par- | ticulièrement ceux qui ont fait ou la critiqne ou l'apologie de Bernin, relativement à la fente qui, de son temps , s'etoit manifestée dans la coupole de Saint- Pierre , se sont servi du mot couleuvre pour exprimer ce qu'en pareil cas on appalb plus communément lézarde. ( Foyez les notions relatives à cet objet au mot Lc.ic.xr DE.)
COULIS, s. m. Plâtre gâche clair pour remplir les joints des pierres, et pour les ficher.
COULISSE , s. f. Est le nom qu'on donne à toute pièce de bois à rainure, en manière de canal, qui sert pour arrêter les ais d'une cloison , et pour faire mouvoir les feuillets d'une décoration de théâtre.
Coii.is.se est encore le nom de l'espace qui sépare les fermes d'une décoration de théâtre. Cet espace est formé par deux châssis couverts de toile peinte, où sont représentés, soit les arbres, soit les lambris d'un appartement . soit des parties de bâtiment , selon le lieu de la scène. C'wt par les coulisses que les
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acleuri, le plus souvent , entrent sur le théâtre et en
COl'P, s. m. Ce mot a de très-nombreuses acceptions.
Par rapport à l'architecture et à la construction , il s'applique à l'action de diiïcrcus instrumens et outils sur les matériaux cpie l'art doit mettre en œuvre. Ainsi l'on dit un coup de ciseau, un coup de marteau, etc.
COUP-D'OEIL. En pariant des ouvrages d'architecture, cette locution s'emploie au sens passif comme au sens actif. On dit qu'un édilicc présente un oeau coup-d'ail , et l'on dit aussi qu'on l'embrasse d'un seul coup-d'ail.
Caup-d" ail , dans son acception la plus abstraite, s'ap|)liquc à la faculté qu'on a de saisir, d'embrasser, et de rapprocher facilement et rapidement les rapjiorts les plus éloignes et les plus composés. Ainsi on dit de celui qui a cette faculté, qu'il a du couptt'ait.
ha qualité qu'exprime cette dernière locution , semble être plutùt le propre des artistes, dont l'art se fonde sur l'imitation des objets de la nature visible dont il doit reproduire les images. C'est dans ce sens que , selon Michel-Ange , l'artiste doit avoir le compas dans les yeux et non dans la main. L'architecte toutefois n'aura pas moins besoin de cette propriété , puisque, opérant d'après un modèle intellectuel et qui n'est visible qu'a sa pensée, c'est dans l'œil de son esprit que doit exister le régulateur de toutes les mesures qu'il transporte à la copie matérielle qu'il en doit faire. Ce coup-d'ail , comme on le comprend , ne dispense pas de l'autre , mais il tend à lui donner encore plus de justesse et de subtilité.
COUPE, s. f. Ce mot te prenoit autrefois et se prend encore souvent pour svnonyme de coupole. Il dérive de l'italien cupo , qui signifie creux concave , et l'on s'en sert encore pour désigner la partie concave d'une coupole ou voûte sphérique. {f'oyez Col pôle.)
Coupe. C'est le nom qu'on donne, dans la décoralion , à un morceau de sculpture en manière de vase, moins haut que large, avec un i.
Coupe de fontaine. Espèce de petit bassin fait d'une pièce de marbre ou de pierre, qui, étant placé sur uu pied ou une tige dans le milieu d'un grand bassin , reçoit le jet ou la gerbe d'eau qui retombe dans une plus grande nappe. H y a de ces fontaines, et on en voit en Italie, qui se composent de plusieurs coupes superposées de manière que l'eau tomlw; de l'une dans l'autre.
Coupe. Dans l'art de dessiner l'architecture, on appelle ainsi le dessin d'un bâtiment qu'on suppose vu coupé sur sa longueur ou sur sa largeur, et qui dès-lors rend visibles les dedans, et fait conuoître les épaisseurs des murs, voûtes, planchers, combles, etc.
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On ne donne par le dessin l'ensemble complet d'un édifice que lorsqu'on peut en produire le plan , l'élévation et la coupe.
Ordinairement on fait une coupe sur la longueur, et une autre sur la largeur. On appeloit autrefois ce dessin profil; mais le mot coupe en rend mieux l'idée, parce qu'en supposant ainsi l'édifice coupé perpendiculairement, on peut montrer oc que tout autre dessin ne saurait produire , et ce que le discours se roi t iuhabile à faire entendre.
Cot'PE. Dans l'art de hàtir, on appelle de ce nom un joint incliné. Pour bien faire entendre la signification technique de ce mot , il faut dire que dans les murs ordinaires construits en pierres de taille, chaque pierre étant posée sur un plan de niveau , les joints qui terminent la longueur de ces pierres n'ont pas besoin de contribuer à les soutenir. C'est pour cette raisonque l'on fait ces joints ordinairement d'aplomb. Mais lorsque le dessous des pierres doit être apparent , comme cela est nécessaire dans la construction d'une voùle, chaque pierre ne pouvant se soutenir sans le secours artificiel des joints, on est obligé de les faire inclinés, au lieu de les faire d'aplomb. Alors ils prennent le nom de coupe.
Pour qu'une pierre puisse se soutenir entre deux ou plusieurs autres sans poser sur leur lit, il faut que les coupes soient inclinées en sens contraire , c'est-à-dire et que la pierre à soutenir, et que l'espace qu'elle doit oecui>er entre ses deux voisines, qui doivent la soutenir, aient la forme d'un coin ou d'une pyramide tronquée, dout la base serait par le haut. \Foyez ci-aprit Coupe des pierres.)
COUTE DE PIERRES. La coupe des, terres est l'art de suppléer aux grandes pierres dont se servirent les premiers constructeurs pour couvrir leurs édifices afin de les rendre plus durables et moins sujets aux incendies, en formant avec des pierres d'un moindre volume un assemblage plus léger, plus solide et moins dis,>endicux , qui se soutienne indépendamment du mortier, du plâtre ou ciment dont on fait usage dans les constructions ordinaires.
Il ne faut pis confondre l'art de la coup* des piirres avec celui de l'ap|>areil simple. Ce dernier ne consiste que dans l'arrangement des pierres de taille qui doivent être posées les unes sur les autres pour former un mur ou un point d'appui ; au lieu que le premier est l'art de former en pierres de taille des voûtes et plafonds où ces pierres sont posées les unes à coté des autres , et ne se soutiennent que par leurs coupes.
Les Egyptiens, qui ont construit en pierres de taille les plus grands aussi bien que les plus durables monumens qui existent , connoissoieut l'appareil, et n'avoient ce|iendant aucune idée de la coupe des pierres : c'est pourquoi ils furent obligés d'employer des pierres d'une grandeur extraordinaire pour former les plafouds de leurs édifices.
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Les Grecs imitèrent les Egyptiens clans la construction des premiers temples qu'ils érigèrent ; en effet, les plafonds et les architraves étoient de grandes pierres qui partoient d'un mur ou d'une colonne a l'autre, comme l'on peut encore s'en convaincre dans les restes de leurs monumens.
Les Romains furent les premiers qui firent usage de la coupe des pierres pour construire des platesbandes et des plafonds de plusieurs pièces, ainsi que des arcs et des voûtes en berceau. La simplicité de la forme et de la construction de leurs édifices n'exigeoit pas une plus grande habileté.
Après la décadence de l'architecture , cet art fit un progrès singulier sous les architectes des douzième et treizième siècles. Ce genre d'architecture est connu tous le nom de gothique moderne ; sa légèreté , la hardiesse apparente de ses voûtes, et la variété des rompartimens qui les décoraient, exigeoient beaucoup d ait et d'intelligence pour l'exécution souveut bizarre de ces conceptions.
Ce|>endant, comme ces voûtes ne sont qu'un assemblage d'arcs en pierres de taille, dont les intervalles •ont remplis par des panneaux de maçonnerie , il en résulte que la plus grande difficulté se trouve dans les clefs communes, auxquelles se réunissent les différentes parties d'arcs simples qui composent chaque travée des voûtes; c'est ]»urquoi ils regardoient ces clefs comme des chefs-d'ecuv re qui méritoient toute leur attention. On a admiré pendant long-temps, dans plusieurs églises, des clefs pendantes qu'on ne peut roir encore sans étonnement. Une des plus hardies est celle qui est au centre de la croisée de l'église de Saint-Éticnne-du-Mont, a Paris; cette clef, en effet , descend de plus de i a pieds au-dessous de la voûte. ( f oyez Cl.tr. )
La coupe des roses et compartiraens que les architectes ont faits dans les vitreaux des église» de ce temps est moins difficile que celle des clefs, ces décorations n'étant que des découpures avec des coupes simples, dont l'épure peut se faire sur une surface plane sans raccourci.
L'art du trait de la coupe des pierres n'est arrivé a sa perfection que lorsqu'on a suhstitné aux ouvrages gothiques les voûtes pleines et en pierre de taille. Ces dernières exigent beaucoup plus d'art que les voûtes gothiques, surtout lorsqu'elles sont irrégulières et formées de parties qui se réunissent ou se pénètrent. La rencontre de ces différentes parties forme alors des courbes à doubles courbures , qui ne peuvent se tracer ni se développer sur des surfaces planes, et dont l'épure ne peut donner la projection qu'en raccourci. Le biais et l'inclinaison qui se trouvent en certaines parties en augmentent infiniment la difficulté ; enfin la distribution des joints, la direction des coupes, la manière de tracer d'après l'épure chacune des pierres qui doit entrer dans la composition d'une voûte , et toutes ces difficultés réunies , avoient fait regarder l'art du trait de la coupe des
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pierres comme une science occulte connue seulement d'un petit nombre d'ouvriers intelligent, qui en faisoient un mystère et ne communiquoient leur savoir qu'a de certaines conditions. IK là vraisemblablement l'origine de ces associations de compagnons, connues sous le noms du devoir. C'est une espèce de franc-maçonnerie , dont les ouvriers qui en étoient membres prenoient le nom de coterie.
Le but de ces associations étoit de conserver entre eux les secrets de l'art; voilà pourquoi Mathuriu Jousse, qui a fait un ouvrage sur le trait de h coupe des pierres, intitula cet ouvrage Secrets de l'architecture.
Philibert de l'Orme, architecte et aumônier d'Henri II, passe pour le premier qui ait écrit sur le trait de la coupe des pierres , non pas exprès , mais par occasion, dans son traité d'architecture, qu'il publia en l5ti^. 11 emploie les troisième et quatrième livres à expliquer différentes pièces de trait; telles que des portes biaises en tour rondes sur le coin, rachetant un berceau , des descentes , des arrière-voussures,des trompes, et surtout celle qu'il fit construire au château d'Anct pour soutenir un cabinet à l'usage d'Henri II. Il donne aussi le trait des voûtes gothiques modernes, des voûtes sphériques sur un plan carré, rectangulaire, et triangulaire, des vis à jour, des vis Saint-Oiles , et autres voûtes sur noyau et rampantes ( Voyez ces mots.)
La manière dont Philibert de l'Orme explique le trait des différentes pièces qu'il propose n'est pas assez détaillée; il s'y trouve plusieurs erreurs qu'ont relevées les auteurs qui ont écrit sur cette matière après lui, tels que Mathurin Jousse, le P. Dcrand, et La Rue, qui ont plus amplement traité ce sujet , et qui ont suivi la même méthode.
L'ouvrage de La Rue, qui est le dernier, est le plus complet, le pins clair, le plus méthodique; aussi est-il le plus estimé des appareillent, et ils le préfèrent à tout autre.
Abraham Bosse et Desargues, qui ont voulu s'écarter de la manière ordinaire, n'ont pas été entendus, et à |>eine sont-ils connus des gens de l'art.
Après La nue, hrézier, ingénieur en chef à Landau , fit un nouveau traité de la coupe des pierres, comprenant trois volume* in-4°. dans lequel il a voulu réunir la théorie et la pratique. Cet ouvrage auroit pu être d'une très-grande utilité au progrès de l'art, si l'auteur n'eût pas affecté un néologisme outré, pour faire parade d'érudition; usant d'étymologies tirées du grec, pour la démonstration des choses les plus simples. C'est ainsi qu'il donne à la coupe des pierres le nom de tomotechnie, celui de tomoroorphie au lieu de figures des sections, et celui de tomographie pour leur description; il appelle épipédographie ce que nous nommons développement, goniographie la description des angles; le plan est chez lui ichro»graphie, l'élévation orthographie. Cet étalage d'érudition, qui tieut un peu du pédantisme, a souveut étc
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adopté par les savan» d'académie , particulièrement le siècle dernier. C'est un moyen dont on «'est i plu» d'une fois pour donner de l'importance aux i le» plus ordinaires. De tout temps cependant on a remarque avec satisfaction , que les plus grand» géomètre* sont ceux qui ont eu le moins recour» a ce» petits prestiges scientifique», et ont dépouillé leur» ouvrages de tous ces corollaires, ces lemnes et scolie» dont les demi - sa vans affectent l'étalage. La partie théorique de l'ouv rage de Frézicr est extraordiuairemenl longue et fatigante pour celui qui n'est pas bien instruit daus les mathématiques , ennuyeuse pour celui qui l'est, et absolument inutile pour ceux qui ne les ronnoissent pas. On peut lui reprocher d'avoir parlé avec emphase «le la théorie sans la définir, en décrivant mal à proixM et d'une manière affectée la pratique des arts. ( V ojet le» mots ThÉobie et Pn.vriQtK.)
Cet auteur auroit dû considérer que l'art du trait de la coupe des pierres n'ayant pour olijet que des opérations puremeut graphiques , ces opérations se demoutrent d'elles - mêmes, et n'ont l>e»oin que de quelques prinripes de géométrie pratique, avec des explications claires et succinctes, sur la forme et les principale» propriétés des cor|>s réguliers, et relativement aux différentes combinaison» qui peuvent avoir rap|ioi'l à la figure des voûtes. Tel» sont les cylindre», les cônes, la sphère, 1rs sphéroïdes, le» conoides.
Pour faire voir comment on peut appliquer la ligure des corps réguliers a la coupe des pierres, nous allons considérer une voûte en berceau plein ceintre. Cette voûte pourra être regardée connue un demicylindre creux, divisé par des plans ou joints qui tendent tous à l'axe du cy liudre, dont se forme le vide de la voûte, de manière que chaque portion de voûte aura la figure d'un coin, et que les joints seront perpendiculaire» à la circonfeieuce du cylindre formant le vide de la voûte.
Comme toute autre dis]iosition des joints est désagréable et peu solide, il est résulté ce principe général que , dan» toutes sortes de voûtes, la surface intérieure est courbe, et que le» joints doivent être perpendiculaires à cette »urface.
î>i la courbe intérieure étoit une demi-ellipse an lieu d'être un demi -cercle, les joints perpendiculaires a cette courbe ne teudroient pas â un seul et unique point, mais à plusieurs, en observant cependant que si la demi - ellipse e*t divisée de part et d'autre eu parties symétrique» ou équidislanles de l'axe qui passe par le milieu de la voûte, le» joints GOirespomiaus tendront au mèuie |>oiiit de cet axe prolonge.
Comme dans la coupe des pierre , on ne considère que les surfaces qui terminent les pierres ou voussoirs qui doivent former une xoùte, on peut faire absten tion de toute la tuasse que ces surfaces renferment , pour ne considérer que les lignes qui le» terniilieut, Daus cet état de choses, *i l'on imagine une
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lumière telle que celle du soleil , qui se propage par des rayon» parallèle» , et que cette lumière soit perpendiculaire au plan sur lequel est posé le système de voûte représenté par des lignes, il arrivera que l'ombre de ces lignes marquera sur le plan une projection linéaire. C'est celte projection que les apiareillcurs appellout épure ou trait de la coupe des pierres, {s^oj ez ces mots.)
Dans une épure , plusieurs ligues ne sont représentées qu'en raccourci , tandis que d'autres conservent leur vraie longueur : voilà pourquoi les appareilleurs sont très- souvent obligés de faire, outre cette projection, des élévations de face et differens profils, afin d'avoir les vraies longueurs et les développement de toutes le» parties raccourcies sur l'épure.
L'épure d'un ouvrage en pierre de taille étant faite, on se sert pour tracer les pierre» de trois differens moyens, savoir : par équarrissemeiit, par pan— ■ neaux , et par demi -cqua rrissr ment. C'est à l'appareilleur à connoitre celui qui convient le mieux , tant pour l'économie de la pierre et de la maind'œuvre que pour la perfection de l'ouvrage, ( forez Eqcvubis.sfvikjiit et Pasxr.Atx.)
Par ce que nous venons de dire, on voit que pour se former une idée de l'art du trait de la coupe des pierres, il faut considérer particulièrement les corps réguliers qui doivent former le vide de leur capacité ; tracer sur la circonférence de ces corps les ligues que doivent indiquer les rangs des voussoirs eu pierres de taille dont elles doivent être formées, en adoptant ce double principe : t° que dans toute espèce de voûte en lierceaii cylindrique les rangs de voussoirs doivent être parallèles à l'axe , quelle que soit leur situation ; 2° que dans le» voûtes coniques les lignes qui indiquent ces rangs doivent toujours et invariablement tendre au sommet du cône.
Dans tous les cas , les voûte» sphériques doivent être formées par des rang» de voussoirs horizontaux , formant des couronnes concentriques 11 en doit être de même des voûtes sphéroïdes et conoides , c'est-àdire des voûtes dont le plan est circulaire et la courbe elliptique, ou quelque section conique. Car telle est la vraie méthode et la manière la plus convenable pour former des voûtes solides et durables; toute autre disposition augmente les difficultés, les dépenses, et compromet la solidité. Tous les arrangemens bizarres proposés par differens auteurs qui ont écrit sur l'art de la coupe, des pierres, n'ont d'autre objet que de faire valoir le talent de l'appareil leur ; il en est de même «le toutes les voûtes compliquées et bizarre» que l'on trouve dau» leur» ouvrages, l'oe simple trompe en tour ronde, comme celle de Montpellier, est certainement prélêrable, tant pour la solidité que pour la forme, à celle «l'A net , que l'on a regardée ilans le temps comme un chef-d'œuvre par la difficulté de» ondulations de son contour, qui lui dnnneut un air gothique. Il ne faut, comme l'a dit un de nos
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plus habiles architectes, «e servir de la facilité donnée pr le trait, que pour des cas indispensables.
L'on doit éviter avec soin ces singularités , quelquefois téméraires ou dn moins effrayantes, dans la construction des édifices. La simplicité et la vraisemblance, guidées par le goût, doivent toujours être préférées dans les arts qui ne tendent qu'à la solidité.
Ce (pic Frézicr dit à ce sujet est aussi fort judicieux. « La nouveauté de cet art et les difficultés qu'il contient engagèrent les architectes des derniers siècles à chercher des occasions de faire parade d'une science à laquelle ils sacri(ioient le bon goût, persuadés qu'ils étoient que rien ne pouvoit les rendre plus recommandables que ces ouvrages hardis où l'on ne pouvoit s'empêcher d'admirer la coupe des pierres; de sorte qu'ils affectoient même d'en faire sans nécessité. J'ai vu, ajoute-t-il, le tiers d'une tour carrée que l'on pouvoit faire porter defond, soutenue par la seule coupe d'une plate -bande rampante, qui en élevoit un angle en l'air; et beaucoup de semblables témé- j rites. -
Les artistes de notre temps ne trouvant plus le moyen de se faire admirer par une science dont on avoit épuisé les ressources bizarres, ou bien jieut-être ramenés aux vrais principes de l'art, ont sagement banni toutes ces hardiesses ridicules , et mêmes puériles , qui n'avoient d'autre beauté que la difficulté de leur exécution, qui ne contribuoient en rien à la décoration des édifices, et leur étoient même préjudiciables, en ce qu'elles en augmentaient les efforts et la charge. 11 ne convient de mettre en œuvre les traits de porte-
y est absolument contraint pour se procurer quelques degagemens, ou pour éviter de prendre la place des fondations, que ce moyen épargne. J'ajouterai encore qu'il faut plutôt consulter le bon goût que d'affecter ces nouveautés, souvent ridicules, auxquelles se sont livrés trop facilement les artistes du dix - septième siècle pour afficher leur savoir.
La rencontre et l'intersection de différentes parties
voûte en arc de cloître , dont le cei titre est peu concave, traversé de lunettes et surmonté d'un cul-defour, comme ou en voit à une des chapelles de Saint- Su Ipice, ne fait pas aussi bien qu'une voûte moins compliquée.
Des lunettes cylindriques qui traversent une voûte i sphéroïde, ou de Tour surbaissé, ne produisent fias un I bon effet de près , parce que les arêtes d'enfourchement paraissent déversées, c'est-à-dire pencher à | droite et à gauche, comme on peut le remarquer à la même église de Saint-Sulpke; cette difformité diminue lorsque la lunette est vue de bas en haut et de plus loin, comme à Saiut-Roch; mais elle ne dis- j paroit jamais totalement , et l'on ne peut espérer de l| la rendre plus agréable , par la nature même de la I construction et de son essence.
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COUPOLE, s. f. De l'italien cupoia, mot formé de l'adjectif cupo , qui signifie errux ; ce qui semble indiquer que ce fut l'idée de concavité ou d'une masse de construction creuse, qui naturellement ayant frappé les sens dans les premiers ouvrages de ce genre, dut devenir leur caractère significatif , et dès-lors étymologique.
La coupole, en tant que construction creuse et sphérique, ne put naître que d'une pratique déjà fort avancée de l'art des voûtes. Ce qu'on appelle dans son sens le plus simple l'art de bâtir, put exister long-temps et produire de fort grands ouvrages, sans avoir eu l>esoin de connnitre ou même de soupçonner le procédé des voûtes. Toute invention veut naitre d'un besoin. Ainsi l'usage de la voûte naquit de l'usage du comble, qui lui-même procéda de l'habitude des grands vides nécessités dans les intérieurs.
L'Egypte semble nous montrer, par les plans et les élévations de ses édifices, qu'elle eut on ne peut pas moins besoin de ce qu'il faut appeler de grands intérieurs. Nulle part on ne trouve dans ses innombrables ruines un plan circulaire, nulle part un intérieur à la fois couvert et spacieux. Ses plus grands plaus ne sont que des successions d'espaces toujours les mêmes ou d'intervalles , c'est-à-dire de vides dont la mesure uniforme est celle des pierres qui leur servent de couvertures. La hauteur des galeries y est déterminée par celle des colonnes. Ainsi rien dans leurs couvertures ne sort de la ligne horizontale. Il n'y cul donc point de comble chez les Egvptiens , comble cutendu comme partie culminante , faite, Jaîtage (/àstieium). Lorsqu'ils voulurent porter dans les cicux la prétendue audace de leurs entreprises, ce fut précisément par les moycus les plus éloignés de la hardiesse de l'art. Ils n'imaginèrent autre chose que de faire des montagnes. En fait d'art, rien de moins hardi qu'une pyramide intérieurement massive, moins un conduit et une chambre plafonnée de ia pieds de dimension, (forez Pyramide.)
L'Egypte , pays anssi riche en pierres de toutes sortes que dénué de bois , et surtout de bois propres à la construction {voyez Egyptienne ahchitfctcre), favorisée d'ailleurs par un climat où les habitations ont peu h se défendre contre les frimas et les eaux du ciel, ne dut guère connoître d'autre couverture que celle des terrasses. On ne veut pas nier que les Egyptiens aient nu , dans un si long cours de siècles, faire des voûtes. Bien qu'on n'en trouve point dans les restes de leurs grands monuiuens , rien n'empêche cependant qu'ils n'aient pu devoir au travail seul de la pierre le procédé des claveaux pour faire des arcades, et à celui de la maçonnerie l'art de ceintrer quelques bâtisses. En de |iareils sujets, on ne doit rien articuler avec une rigueur absolue. Il ne s'agit dans unr semblable théorie que de faits généraux et de probabilités qui , reposant sur les causes naturelles à la fois et sur l'innombrable quantité des témoignages existans, nous nietteul à même d'avancer que l'E-