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gypte ne pratiqua |ioiut dans son architecture l'art des voûtes , qu'elle eut constamment recours aux couvertures en pUtes-bandes et en plafonds ; que n'ayant point eu besoin de combles et de toitures, elle ne dut point élever de constructions qui en présupposent le besoin et l'emploi ; que dès-lors elle ne fit |ns de coupoles.
La coupole n'étant dans la réalité de son origine et de son emploi qu'nn comble élevé, lorsqu'on veut remonter aux causes élémentaires qui en produisirent et la forme et l'emploi, c'est toujours à la conslmctiou en bois qu'il faut s'adresser; dès-lors aussi c'est au pays où il nous est démontré que cette construction fut la première de toutes, qu'il conviant de demander les autorités et les témoignages qui derfcscnt des moyens, des usages et des formes d'où naquircut et l'art des voûtes et les procédés des grands combles , types et modèles primitifs des coupoles dont nous allons indiquer et suivre, par leurs divisions en quatre époques, la naissance, les progrès, les variations et l'eut icr développement.
PRIX liai Éroorr.. De la naissance de l'art des coupoles. — L'architecture des Grecs nous a déjà démontré qu'elle dut a l'emploi du bois , c'est-à-dire à la charpente dans ses premières constructions, les types primitifs de son système. Nous avons vu {voyez àlicHITECTlRP.) et nous voyons encore dans toute l'économie de ses ordre», et surtout de l'ordre dorique, l'empreinte indubitable du modèle originaire sur lequel se réglèrent les premiers ouvrages de l'art de bâtir en bois, qui progressivement convertis en pierre, reçurent dans la suite toutes les modification» qu'une semblable métamorphose devoil subir.
C'est là que nous voyons le comble ou faîtage, avec toutes les | art tes élémentaires du bois, se transformer en mutules, en uiodillons, en poutres, en chevrons, en triglytlies, en architraves, mais surtout en frontons.
Nous l'avons dit et prouvé ailleurs, cette métamorphose des élémens et des formes du bois en ouvrage de pierre fut un résultat lent et progressif, et les ordonnances en pierre, au lieu de succéder immédiatement aux grossières ébauches du besoin, furent précédées d'ordonnances dans lesquelles le travail du bois avait déjà poli et façonné l'œuvre de l'instinct.
Dès que l'architecture des Grecs eut fait entrer le comble comme partie nécessaire dans les élévations de ses monumens , et dès que le travail du bois ou de la charpente eut aussi reçu de la progression des besoins et du goût tout ensemble l'obligation de varier ses plans et ses compositions, il lui fut aussi facile de disposer en cercles qu'en carré les supports de l'édifice, et d'en arrondir les sommiers et leurs conronnemens. Une conséquence nécessaire de cette disposition fut le changement de forme de la toiture ou du comble , qui dut affecter la ligure pyramidale par
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la réunion des chevrons temlatsau point central du sommet de la couverture.
Voilà, comme on le voit, la naissance de la coupole due aux procédés de la charpeute.
Nous ne (jouvons sans doute remonter jusque-là que par voie d'iuduclion ; mais cette induction , qui s'appuie sur la nécessité primitive , se trouve bientôt justiliée par des faits et des exemples postérieur», qui nous inoutrent ce même emploi de combles spbériqttes en bois applique à de grands monumens qui certainement ne purent pas être des couim d'essai eu ce geure. Par exemple, quand on voit Péridès faire servir les bois des mâts , des antennes ou des vergues des vaisseaux pris sur les Perses après la bataille de Sa lamine, à loi nier le comble de l'Udéon, comble qui , dit-on ( voy ez YiTRIV 1. . aurait eu la forme de la tente de Xerxèa, nous sommes obligés de voir là sur un édifice sans doute circulaire , un comble sphérique, qui fut une coupole ovoïde surhaussée.
Gomme les monumens de ce temps éloigné de nous ont péri presque tous sans laisser de traces, autant doit-on en dire des notions historiques qui nous en auraient conservé les souvenirs. Nous trouvons cependant encore la mention d'une coupole en bois , élevée cent ans après Périclès , par Philippe roi de Macédoine, dans l'Ai lis à Olympie. Le monument étoit circulaire ( u«»,a« «n;,^ i< et environné de colonnes. A son sommet un pivot de bronze servoit de lien aux |ioutres qui en formoient le comble.
On a cité ces deux monumens , non pas selon l'ordre chronologique des édifices circulaires, qui, dans la Grèce, attestent la connoissance et la pratique des coupoles, mais seulement comme témoiguagesde l'emploi du bois à de semblables couvertures. Puisque cet emploi , comme cela est arrivé aussi chez les modernes, subsista conjointement avec celui des matériaux plus solides, la nature des choses avant voula que le travail du bois en tout geure précédât celui de la pierre , on pourra conclure que les couvertures sphéiïques furent usitées, dès la plus luute antiquité, en Grive, si certaines constructions en pierre ou coupoles sphéroïdes surhaussée* , conservées jusqu'à nos jours, durent avoir des modèles antérieurs en bois.
On veut parler de ces édifices qu'on appeloit tho— los. Il y en avoit un à Athènes qui n'avoit pas d'autre nom distinctif, et qu'on désignoit par celte seule dénomination , comme on dit à Rome la rotonde.
I n passage de Pausanias sur un de ce» édifices qu'on doit regarder comme ayant été de très-anciennes coupoles en Grèce (le trésor de Mynias), nous donne à entendre que le tholos aurait été le plus souvent voûté dans une forme aigué. Celui de Mynias , dit cet écrivain voyageur , ouvrage non moins merveilleux qne ceux qu'on admire en Grèce et ailleurs, eat un édilicc en marbre, de forme circulaire, et dont le faite se termine en une pointe qut n est pas trop aiguë. La pierre qui couronne son sommet
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est , dit-on . la clef de toute la construction. ( Patu. Bctot. ch. 38.)
Il existe encore aujourd'hui dans les ruines de Mycènes deux coupoles ou tholos d'une moyenne dimension, qu'on présume avoir pu être, l'une ce que Pausanias, I. il, ch. iG, appelle ou le trésor ou le tombeau d'Atrée ; l'autre, le tombeau d'Agamemnnn. Ces deux édifices, d'après les dessins de quelques voyageurs modernes , sont construits en pierre du pays, par rangs ou assises circulaires , et se terminent en pointe assez aiguë. Il ne reste de l'un d'eux qu'une moitié en hauteur, l'autre est tout entier, et peut avoir 40 pieds d'élévation , sur a5 de diamètre.
De tous ces édifices, il paroît que le plus considérable auroil été celui de Mynias, que Pausanias a vanté comme le disputant à tout ce qu'il y avoit de plus magnifique en sou temps. C'en est assez pour constater l'existence des coupoles en Grèce. Nous ne m mms pas, en effet, devoir joindre à ces notions celles de deux édifices d'Athènes, qu'une conformité de plan et d'élévation semblerait permettre de leur assimiler. L'un est la tour des Vents, dout on a déjà parlé {voyez Athènes) ; l'autre est ce petit édifice circulaire, qu'on a nommé lanterne de Demosthène, qui fut un monument rhoragique , et qui se termine par un seul bloc de marbre, dout le dessous est creusé en calotte. Sa petite dimension (elle n'est que de 5 pieds en large dans l'intérieur) permet à peine de lui donner une place dans l'ënumération des édifices qui font le sujet de cet article.
Seconde époque. Des progrés de l'art des coupoles. — C'est à Kome et sous l'empire romain qu'il nous faut maintenant considérer ce que nous appellerons le second âge de l'art des couptdes. Mous manquons d'autorités propres à faire conuoitre , dans les ruines de la puissance romaine , celles qui ont pu appartenir aux temps de la république. Mais il est probable que l'art des grandes voûtes sphériques étant une sorte de luxe de la construction et de l'architecture, tout ce qui nous reste de ces monumens aura appartenu aux temps de grandeur et d'opulence, qui, dans ce genre , doivent dater du règne d'Auguste.
Ce n'est pas que de petits édifices circulaires n'aient jhi avant cette époque recevoir des couvertures en voûte. Quoiqu'on ne puisse rien affirmer sur l'âge des petits temples de \ esta à Rome, ou à Tibur, qui se terminent en coupole, leur ressemblance avec ceux que décrit Vitruvc prouve qu'avant cet architecte de pareilles constructions étoient usitées. Mais il y a loin de 1a mesure de ces intérieurs de 10 à 3o pieds de diamètre, à celle du Panthéon d' Agrippa , dont la coupole n'a encore été dépassée , en diamètre , par aucune entreprise ancienne ou moderne. Comment imagineroit-on qu'une voûte en coupole d'un si vaste diamètre n'ait pas eu plus d'un aulécédent à Rome ?
Quoi qu'il en soit , cet ouvrage, qui date de l'an 1 4
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de notre ère , est , et sous le rapport de sa forme , et sous celui de sa construction, resté pour nous le chefd'teuvre de l'antiquité. Son diamètre intérieur est de 1 34 pieds 7 pouces. Sa voûte est ouverte au milieu par un oeil de 27 pieds 5 pouces de diamètre. Son élévation est de GG pieds 7 pouces cl demi , depuis le dessus de la corniche de l'attiquc jusqu'à l'arête de l'<eil. Elle est construite partie en briques, partie en blocages. Les plates-bandes renfoncées qui règneut autour des caissons, août bâties eu briques pour les parties apparentes : le surplus , ainsi que le fond , se compose de petits tufs et de pierres ponces. Son epaisseur est de 16 pieds à l'endroit où elle se détache du mur d'enceinte qui la supporte. Cette enceinte a I 10 pieds d'épaisseur , mais elle est évidée par de grandes niches et de grands rcnfoncciuens carrés.
Mous ne saurions dire si ce monument, appelé Panthéon par les anciens, figurait dans la classe des temples. Ce qu'on voit et ce qu'on sait, c'est qu'il étoit une dépendance des thermes d' Agrippa.
Or, nous vovons encore aujourd'hui que dans tous les restes des édilices de Rome qui furent des thermes, il H trouve de ces vastes salles circulaires voûtées en coupole, a l'instar du Panthéon. \* plus grande après celle-ci est la coupole des thermes de Caracalla , dont le diamètre intérieur est de 8G pieds. Aux thermes de Titus, il y en avoit deux de 80 pieds de diamètre ; une aux thermes de Constantin , de 7 a pieds ; pareilles coupoles aux thermes de Dioctétien , dont deux existent encore en entier, ayant l'une 70 pieds , l'autre Go pieds. A juger de ces coupoles, détruites pour la plupart en partie, d'après celles qui se sont conserv ées entières, elles étoient généralement ouvertes à leur sommet, comme celle du Panthéon. Tontes sont construites en pierres ponces ou laves spongieuses, tirées des environs du lac d'Albano, lac que l'on regarde comme le cratère d'un volcan éteint.
Dans le golfe de Pouxzol, au port de Baies, on voit les ruines de plusieurs édifices, dont deux sont circulaires à l'intérieur et voûtés en coupoles. Le plus grand , dont la voûte et les murs existent en grande partie, a ni pieds 8 pouces de diamètre ; l'autre, dont il n'existe que les murs et les naissances de la voûte , a 81 pieds 8 pouces. Ces voûtes étoient construites, comme celles des édilices antiques de Rome , en maenuneric de blocage , composée d'écumes volcaniques et de pierres ponces.
On donne le nom de coupole non-seulement aux voûtes hémisphériques qui couronnoirut les édilices circulaires ou les salles rondes, mais encore à ceux dont le plan fonuoit un polygone régulier. Tel est à Rome lè monument antique auquel on a donné le nom de temple de Minerva Mctlica. Son plan est un décagone inscrit dans un cercle de 7G pieds de diamètre. La voûtt M ' 0NMM <|e cet 'dilue, qui existe en partie, est formée de briques et de pierres I ponces ; les parties en briques forment de» chaînes
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aux angles renrran». Il paroît que la voûte n'était pas ouverte au sommet; dans le fait, les grandes ouvertures en arcades pratiquées au-dessous de la coupole y iiitroduisoient une très-grande lumière.
On pense généralement que les constructeurs antiques n'ont point connu la pratique de ces portions de voûte entre les arcades sur lesquelles s'élève une toiipolc, et qu'on appelle pendentifs. La vérité est que leurs coupoles étant rarement élevées au-dessus d'nn autre édilicc , cl portant de fond plus ou moins, ils eurent beaucoup moins d'occasions et par conséquent de besoin d'etiiplovcr cette disposition. Cependant plus d'un témoignage prouve qu'elle ne leur fut point inconnue ; on en trouve la preuve dans une des salles des thermes de Caracalla , dont le plan est octogone ; et l'on voit encore les huit pendentifs qui rachetaient la voùtc hémisphérique dont cette salle i^st couverte.
A Calant , en Sicile , et près du mont Sainte- Sophie , il existe un reste de bains antiques où une voûte sphérique couvre un vestibule dont le plan est carré ; cette voûte est rachetée par quatre pendentifs dans les angles. Quoiqu'elle n'ait que 7 pieds de diamètre, elle n'en démontre pas moins que le pendentif , dont on a voulu faire une invention moderne, liait été pratiqué jadis ; et que dans le fond son emploi , en grand surtout , qui semble caractériser les coupoles modrrnes, n'est peut-être autre chose qu'un résultat obligé des constructions multipliées par les formes des églises chrétiennes.
Troisième époque. Des variations de l'art des coupoles. — On a vu à l'article basilique , comment la disposition des grands édifices de ce nom avoit pu contribuer, indépendamment de la pieuse analogie qui s'y introduisit, à donner aux plans des premières église* la figure d'une croix. Ce point de réunion, aperçu de toutes les parties de l'édilice, dut en devenir le point principal. Le besoin seul de la construction sur un plan ainsi disposé dut conduire à décorer cet endroit d'une manière renia rquable , et l'idée de coupole ne put manquer d'y être appliquée.
C'est ce qui arriva sous l'empereur Justinicn a Cnnstantinople, et là prit naissance l'emploi de* coupoles surhaussées sur des arcades, et destinées à figurer encore , moins peut-être a l'intérieur qu'au dehors, et par leur grande élévation, et par la richesse de leur architecture. Justinicn avoit fait choix des deux plus célèbres architectes de son temps, Anthemius et Isidore. L'intérieur du monument forme une c roix grecque, terminée de deux cotés par une grande niche, et des deux autres par un renfoncement carré. C'est sur rrs quatre voûtes que les architectes élevèrent leur coupole. Llle ne fut pas de longue durée : un tremblement de terre la détruisit en partie, vingt et un ans après son achèvement Justinicn , qui rivoit encore , eu confia le rétablissement à un second Isidore, neveu du premier.
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Cette seconde coupole ( et qui subsiste encore de nos jours ) reçut 0.0 pieds de plus dans l'élévation de son ceintre. Elle s'élève sur quatre pendentifs placés dans le* angles du carré , et qui rachètent la base circulaire de la calotte. La courbe de son ceintre intérieur ne s'accorde pas avec celui d.'s pendentifs , comme cela devroit être si la voûte étoit régulière; mais , au lieu d'être formée par un arc de cercle , sa courbe ressemble a une demi-ellipse. La hauteur du ceintre est de 38 pieds , c'csl-a-dirc d'un peu plus du tiers du diamètre, qui est de 1 o5 pieds.
La coupole de Sainte- Sophie n'a dû sa célébrité qu'au temps où elle a été bâtie, et parce qu'elle a servi de modèle aux architectes du moyen âge qui ont précédé ceux de la restauration.
11 paroît que la coupole de Saint-Vital , à Havenne, fut un ouvrage du sixième siècle. Son j plan est un octogone régulier. Elle est soutenue par huit piliers places aux angles. Entre ces piliers sont sept grandes niches extrêmement élevées et à deux étages. Le huitième coté de l'octogoue est percé par une grande arcade servant d'entrée au sanctuaire , et qui a la même largeur et la même hauteur que les niches. Le corps de construction qui les surmonte soutient une coupole hémisphérique, dont le ,1m est . un cercle inscrit dans un octogone régulier. Sa Uise circulaire n'est lias rachetée (lardes pendent ifs, comme à Sainte-Sophie; ce sont des arcs qui soutiennent la saillie des angles. Le diamètre de cette coupole est de 5o pieds.
La coupole de Saint- Marc a Venise, construite quatre siècles après , a souvent été regardée comme une copie de Sainte-Sophie. Il y a cependant fort
j ]ieu de ressemblance entre les deux églises. Le plan Sainte-Sophie est tout simplement celui d'une salle
I circulaire , dans le genre des plans qu'on a vus anx thermes antiques, où les angles de retomUv des pendentifs sont rentrons. A Saint-Mare , les angles de retombée sout saillans ; deux nefs bien prononcée* s'y croisent à ai.gles droits. Peut-être trouvera-t-on «tue leur plus grande ressemblance sera celle du style, dans quelques parties de décoration. Du reste, nul rapport à l'extérieur, la coupole de Saint-Marc se trouvant accompagnée de quatre autres plus pc-
. tites, ayant 3'Jt pieds de diamètre ; la grande en a 4 1 . Les coupoles des baptistères de Pise et de r lorence
1 sont des bâti mens qui portent de fond, comme les cotif>oles antiques , et qui ne se distinguent ni par une vaste étendue, ni par une grande hardiesse d'élévation.
Nous n'avons point parlé de la petite coupole surmonte la toiture de la grande basilique de Pise, construite, comme l'on sait, dans le plan d'une croix latine, vers le douiième siècle. Si nous faisons ici mention de cet accessoire peu important , c est dans la réalité parce qu'il fut, le premier exemple d'une »oùtc sphérique formant une masse qui -réunit
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les quatre branches d'une croix latine. • r»n;
Bl'SCIIETTO. )
Quatrième éfoqce. De rentier développement de l'art des coupoles. — On a vu l'art des coupoles se former dis les premiers temps eu Grèce, et uaitre de l'assemblage des bois de charpente, s'enhardir par le développement de la construction en pierres et en matériaux plus solides , comme en font foi chez les Romains les grands et nombreux monunicns circulaires terminés en voûte dont on a rendu compte.
On a vu jusqu'au sixième siècle les coupoles plus ou moins étendues et plus ou moins élevées n'être autre chose que des édifices portant de fond , n'affectant aucune ambition de procérité, se développer dans des dimensions en largeur à la fois spacieuses et d'une construction facile.
Depuis cette époque un autre ordre d'idées ayant présidé a la formation et a la construction des temples chrétiens, le simple naos des temples païens se
voit rassembler le contours nombreux des fidèles. La basilique devint le modèle général des églises, en tant qu'elle étoit le local le plus spacieux et le plus propre à contenir la multitude. -N mis avons fait observer déjà (voyez Basilique) que ce genre d'édifice oflfroit a son extrémité deux branches formant en avant de l'apside le plan d'une croix latine. A Constantinople on vit au contraire le temple de Sainte-Sophie offrir à la construction des églises chrétiennes le plan d'une croix grecque, par l'élévation d'une très-haute coupole au milieu de quatre petits croisillons.
De ces deux premiers types d'églises chrétiennes deroit naître plus tard la reunion des deux systèmes. Les plans spacieux des églises gothiques en croix uécessitoient un point de jonction des quatre nefs , que les constructeurs de ce temps opéraient, au moyen de leur bâtisse légère , pir des voûtes d'arète dont les nervures venoient aboutir au point central.
Cependant en Italie l'architecture du moyen âge avoit conservé des traditions qui la préservèrent en partie du goût gothique répandu dan* les régions du nord, et déjà le* églises de Milan et de Pise avoient présenté le projet de réunir les nefs par une construction circulaire s'élevant au-dessus des comble* et rappelant la forme de* coupoles.
Près de deux siècles s'étoient écoulés lorsque Arnolphe, architecte florentin qui mourut en i3oo, construisit sur un très -vaste plan la magnifique église de Sainte-Marie-des-Fleurs. Ce plan est celui d'une croix latine. 11 parait, à la différence qu'on observe entre le* deux grandes parties de la croix , dont l'une offre beaucoup de légèreté d'espacement, et l'autre , celle du cheeur comme le* deux petits bras, une grande lourdeur, qu'Arnolphe avoit eu le projet d'y élever une coupole. On croit qu'elle n'aurait pourtant pas excédé en hauteur l'élévation des combles.
Ce fut vingt ans après la mort d'Arnolphe, et au
COU 4,3 commencement du quinzième siècle (1420), que Bruneleschi étonna l'Europe par le projet , jusqu'alors sans exemple , d'une coupole, aussi spacieuse et bea ucoup plus haute que celle du Panthéon de R orne . qu'il eut l'habileté d'élever en prenant pour base et pour point de départ les voûtesdes quatre nefs d'Arnolphe. C'est de ce point que part, en effet , la tour octogone qui est le soubassement , et dont le* faces sont percées de huit crils de boeuf ou fenêtres circulaires. Les murs de cette tour ont 1 6 pieds d'épaisseur. On compte iG5 pieds 10 pouces du sol jusqu'à
) la corniche, qui la couronne. I#c diamètre de la rowpole intérieure est de 1 3o pieds entre les faces oppo-
I sées. Sa hauteur, depuis le dessus de la corniche intérieure, qui termine la tour , jusqu'à l'ccil de la lanterne, est de ia5 pieds. La voûte forme huit angles rentrai», et huit faces qui vont se rétrécissant à mesure de leur élévation ; elles se terminent à une ouverture qui produit le vide intérieur de la lanterne. Le ccintre de la coupole est extrêmement surhaussé, ce qui dut en rendre l'exécution plu* facile; aussi Bruneleschi avoit proposé de la construire sans l'échafaudage d'un ceiulrc de charpente. ( Poj ez l'article Brineluschi. )
Cet architecte eut l'honneur d'avoir le premier introduit dans la construction des coupoles modernes élevées sur les nefs des églises, l'usage de la double voûte, dont chacune reçoit une courbe différente à raison de l'effet extérieur ou intérieur qu'elle doit produire.
Quel qu'ait été le mérite de l'auteur de cette cou- I pôle , aujourd'hui que le temps et le* exemples ont aplani en ce genre bien des difficultés, on peut dire 1 qu'une partie de sa renommée fut due à l'ignorance j ou à la pratique des procédés gothiques qui avoit depuis long-temps retenu l'architecture et la grande ctmstructiou. 11 faut avouer aussi que Bruneleschi trouva plus de facilité qu'on ne pense dans l'exécution de sa coupole, parce qu'elle put s'élever simplement suide* murs tout droits sans pendentifs, c'est-à-dire sur les massifs que l'architecte Arnolphc , comme on l'a I dit, avoit préparés à recevoir une coupole qui, sans être aussi hardie, aurait toujours exigé des supports plus solides que ceux du reste de l'église bâtie par lui.
L'exemple de la coupole de Sainte-Marie-des- Fleurs à 1 lorence ne pouvoit pas manquer de donoer une impulsion nouvelle aux entreprises de l'architecture et de la construction. Mais il falloit qu'il se présentât pour l'égaler et pour la surpasser, sous tous les rapports, une de ces occasions dont il semblerait que chaque siècle, en chaque pays, devoit se montrer avare.
Dans l'intervalle d'un siècle qui divise l'époque H où se termina l'œuvre de Bruneleschi d'avec celle J qui vit élever le chef-d'œuvre de Michel-Ange . nous I ne trouverons à citer que deux monumens du genre I des coupoles. L'un est celle de Saint— Augustin â H Rome, dont on ne peut faire mention que comme
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d'un point chronologique, puisque bâtie en i.jS3 , I elle fut détruite le siècle dernier , parce qu'elle nie- U ii.ii Dit ruine. Ce qu'on en sait, c'est qu'elle atiroit été la première qui , au liru de porter immédiatement tnr des pendentifs ou des mur» montant de fond, w se roi t élevée sur une tour portée par des ares et des pendentifs.
Si nous prions encore de la cou/taie construite à Rome par Antoine San-Oallo, et qui seule compose l'église de Notre-Dame de Lorette , c'est plutôt jiour faire mesurer la distance qui la sépare de la coupole de Saint-Pierre , que ]>our la faire regarder connue un acheminement vers cette haute entreprise. Les fondemens en lurent jetés en i5o^. Elle porte de fond. Son plan par eu bas est un octogone inscrit dans un carré. Les faces de l'octogone sont élé;;ics par quatre renfoncemens , et quatre niches placée» au droit des angles ducarré. La partie au-dessus, qui forme Fattique , est octogone à l'intérieur et à l'extérieur.
Nous arrivons maintenant a la coupole de Saint- Picrre, l'ouvrage réellement le plus grand, le plus lu nli , le plus magnifique qui ait été, en ce genre, exécuté par les modernes, et qui ne sauroit trouver chez les anciens aucun point de comparaison , quand on l'envisage sous tous ses rapports.
Rrauunte fut le premier qui en conçut l'idée. Chargé par Jules II de faire uu nouveau Saiut-Pierre qui, d'accord avec les besoins de la catholicité, fut aussi en rapport avec les nomcaiix progrès faits depuis la renaissance des arts dans l'architecture , Bramante n'auroit pu se douuer pour type d'iuiilatiou la vieille basilique, ouvrage de la décadence, et dont les frêles supports ne pouvoicut soutenir qu'une couverture en bois. Les grands exemples de construction et de décoration architecturale que Rome antique présentait à l'étude d'alors, durent porter l'architecte à une entreprise où toutes les ressources, toutes les combinaisons , toutes les grandeurs de l'art de bâtir, trouveraient à briller d'un nouvel éclat.
Sainte- Marie -des- Fleurs fut indubitablement, quant à l'idée générale, le vrai modèle, et, si l'on peut dire, le seul précèdent que bramante dut avoir eu vue d'abord d'imiter , et ensuite de surpasser. Ce chef-d'eruvre du quiuzième siècle avoit eu denx auteurs. Si Arnolphe n'eût pas établi le vaste plan de ses nefs , et prépare la place d'une vaste coupole , Brunelcschi n'eut pas eu l'occasion d'en élever une. Mais l'ccuvre d'Arnolphe n'étoit , quant a l'architecture , que le précurseur d'un nouvel ordre de choses. Brunelcschi fut oblij;é d'y assortir le goût de sa coupole. Or le style d'ornement et de décoration, surtout à l'extérieur des nefs, quoique fort éloigné des caprices gothiques, ne l'étoit pas moins du goût «le l'antiquité. L'architecte fut donc contraint de suivre les mêmes ern mens, et c'est ce qui nous explique pourquoi Uruuelcschi , quoique le premier restau-
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rateur du goût de l'architecture antique, dont il avoit fait de longues études, n'a ni dû ni pu introduire dans la composition extérieure de sa coupole aucune forme d'ordonnances antiques, aucune distribution d'omemens, de détails de profils, rien enfin de ce qui aurait ajouté a la hardiesse de la construction M luxe «le l'architecture grecqne et les richesses de son goût.
< La pratique et le goût de cette architecture avnient fait beaucoup de progrès depuis Bruncleschi. Bramante, établissant tout ensemble dans son projet de Saint-Pierre, et les nefs pour la coupole, et la coupole d'accord avec le reste de l'église, ne put, en quelque sorte, faire l'un et l'autre qu'avec les idées, les moyens, les procédés et le style de l'antique. U ne put s'empêcher d'eu faire une ceuvre d'architecture et de construction tout ensemble. Il projeta donc sa nef en grandes arcades avec piédroits , ornés de pilastres corinthiens; il reproduisit dans ses voûtes la méthode des caissons, que plus d'un monument antique avoit conservée. U dut vouloir aussi que la vaste coupole qui s'éleveroit an centre des quatre nefs empruntât son ordonnance, ses détails et ses proportions, aux grands édifices circulaires de l'antique Rome. Kt voilà ce qui donna lien à l'idée, tant répétée depuis dans le discours, de Yimposition du Panthéon sur les voûtes du temple de la Paix.
Bramante avoit fort irrégulièrement commencé cette grande entreprise. Il mourut sans laisser de plan arrêté, surtout de la coupole, qui devint uu objet de rivalité et de dispute entre les plus célèbres artistes du temps. C'était particulièrement sur l'accord <le la construction et de U décoration intérieure {voyez Sas Gallo) que le débat avoit lieu. Heureusement, Michel-Ange vint mettre fiu à toutes les incertitudes. La coupole qu'il éleva , et qui devoit surmonter, selon son projet, nue croix grecque, devint enfin uu teuvre d'architecture où l'ordre corinthien se trouve employé , par colonnes accouplées , a masquer et à renforcer en même temps les contreforts qui forment le tamtxmr, percé de fenêtres avec frontons : au-dessus est un petit attique, ort>é de guirlandes, et d'où partent les nervures, qui décrivent autour de la coupole la plus belle courbe qui ait été réalisée dans tous les ouvrages de ce genre. La lanterne qui sert de couronnement à toute l'élévation est elle-même , soit pour sa forme et sa décoration , soit pour son rapport avec l'ensemble , ce qui a été produit de mieux en ce genre. (L'article où nous établirons, sous le simple rapport d'architecture, un court |>arallèlc entre les quatre plus célèbres dômes modernes, fera mieux sentir encore la supériorité de Michel- Ange, {forez Dôme.) Disons ici que quant à l'extérieur, il réussit mieux qu'aucun autre, avant et depuis lui , à établir entre les deux parties du monument , c'est— à-dire le dehors et le dedans , d'après le principe d'unité, celle heureuse correspondance de masses , d'ordonnance , d'omemens et
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de détails , qui en forme un tout complètement harmonieux.
Après la coupole de Saint-Pierre, et à un siècle de distance, on vit selever à Londres la coupole de Saint-Paul sous la conduite de Christophe \Vreen , qui la commença en i(i-o et en termina l'exécution en 17)0, Il étoit difficile de pouvoir non-seulement surpasser en diamètre , niais même égaler en cette partie la coupole de Michel-Ange. Celte de \\ reen lui est inférieure en élévation et en diamètre (comme on peut le voir dans le tahleau comparatif ci-après). Sous le rapport de la construction, quoique la courbe extérieure ne soit qu'en charpente , ou reconnoît dans les comhinaisons de la structure intérieure, c'està-dire celle de la tour du dôme, un système d'inclinaison imaginée par l'architecte pour en augmeuter la résistance contre les efforts réunis de la grande voûte intérieure formant coupole, et de la tour conique qui porte la lanterne.
Sous le point de vue de l'architecture ou de l'ordonnance générale et du goût, on ne saurait nier que Wrecn n'ait eu l'ambition de dépasser l'œuvre de Michel-Ange. L'extérieur surtout de la tour du dôme offre l'aspect d'une colonnade isolée dans sa circonférence, bien (pie les colonnes soient lices au mur de la tour par le moyen de huit massifs dans lesquels sont pratiqués des montans évidés et circulaires pour des escaliers et des passages. Dans chacun des espaces égaux compris entre ers massifs se trouvent trois entrccolonneniens dont les colonnes sont réunies à la tour par des murs percés d'arcades, jiour qu'on puisse à l'extérieur faire le tour du dôme. Cette colonnade produit une saillie assez forte sur ladite tour, et elle porte une terrasse de 12 pieds de large, prise en dedans de la balustrade dont est surmonté l'entablement. Il y a eu dans cette disposition la prétention d'imiter les temples circulaires et périptères des anciens, et on ne peut se dispenser de reconnoître que tout cet ensemble offre nn aspect de richesse et de variété qui ne pouvoit plus être surpassé.
A peu près dans le même temps que Wreen élevoit la coupole de Saint-Paul à Londres, Jules-Hardouin Mansart construisait celle des Invalides à Paris, mais dans des données et avec des conditions fort différentes. D'abord il n'eut point pour sujétion d'en faire le centre de quatre nefs d'église , et d'élever sa construction sur les voûtes de ces nefs. La coupole des Invalides, placée après coup à l'extrémité de l'église qu'avoit bâtie Libéral Bruant, parait lui l n'avoir été entreprise par Louis XIV que dans un esprit à la fois de luxe et de rivalité nationale , comme pour opposer aux autres pays une magnificence d'architecture et de décoration propre à surpasser, moins en grandeur qu'en richesse et en élégance , tout ce qui avoit été jusqu'alors produit.
Le plan général du monument est un carré dans lequel est inscrite une sorte de croix grecque dont
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les bras sont très -raccourcis, et au centre desquels s'élève le dôme. Son plan , par le bas, forme un octogone composé de quatre grands côu*s où sont les arcades, et de quatre plus |>etits qui forment la masse mi me des piliers. Le milieu de ceux-ci est ouvert pour un passage voûté , qui donne entrée à des chapelles circulaires pratiquées dans chaque angle du carra dont on a dit que l'ensemble étoit formé. Dans la vérité, cet ensemble donne une telle masse de constructions et de points d'appui directs, que l'on pourrait regarder, à l'apparence près, cette coupole comme portant de fond.
Quant à l'architecture, à son goût et a sa décoration , la coupole des Invalides se conqiosc extérieurement de trois parties, savoir, d'un stylobate, d'une tour décorée de colonnes corinthiennes engagées, et d'un at tique en pilastres, avec des contreforts contournés en consoles. Deux rangs de fenêtres l'un audessus de l'autre régnent, l'un entre les colonnes, et l'autre entre les pilastres. C'est la seule coupole bâtie jusqu'alors qui ait deux étages de fenêtres. On croit voir que toute celte disposition eut pour objet d'ol>tenir une grande élévation , ce que prouve encore la dimension de la lanterne. L'élégance , comme on l'a dit, forme le caractère de cette coupole. Du reste, rien à l'extérieur ne se recommande par un strie
I grave, correct et pur. Le galbe même de la voûte extérieure, faite en charpente, très d'accord avec le caractère dont on a parlé, offre entre ses côtés de» ornemens en manière de trophées.
Rien de plus soigné que l'exécution et la décoration de l'intérieur. On y admire l'intelligence avec laquelle l'architecte sut éclairer par son second urdiv de fenêtres les peintures de sa voûte intermédiaire', qu'on aperçoit au moyen de la grande ouverture de la première coupole , qui cache les fenêtres dont la seconde reçoit le jour. ( Voyez à r article M assaut de nom-eaux détails de ce monument. )
La coupole de la nouvelle église de Sainle-Gene- || viève fut, en ce genre, le principal et peut-être le j seul grand monument du dix-huitième siècle. Une des particularités qui la distinguent de toutes celles qui l'avoient précédée, c'est d'offrir trois voûte* concentriques en pierre de taille.
Placée au centre de l'église, dont le plan est une croix grecque, elle est soutenue par quatre piliers triangulaires dont les faces sont décorées de pilastres corinthiens. Ces quatre piliers forment a l'extérieur le» angles d'un grand carré; à l'intérieur, les quatre angles tout supprimés par des pans coupés. Sur ces piliers s'élèvent les arcades et les pendentifs, couronnés par un grand entablement à modilkm», dont la hauteur est d'environ 12 pieds. La tour qui s'élève au-dessus de cet entablement a un stylobate continu, qui sert de soubassement à une colonnade composée de seiie colonnes d'ordre coriuthien adossées au mur.
Cette colonnade est couronnée par un entablement complet. Au-dessus est un grand socle qui
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monte jusqu'à la hauteur de la deuxième coupole intérieure. La ru caissons.
An travers de l'ouverture de celte première coupole , on aperçoit le sommet de la coupole ou voûte intermédiaire destinée à être jiciute.
A l'extérieur, la coupole de Sainte-Geneviève comprend au-dessus des autres jurlies de l'édifice un grand soubassement carré par le bas, et dont le diamètre est de 102 pieds. L'intervalle entre le mur du st) Inhale extérieur et le mur de la tour du dôme forme quatre galeries séparées par des escaliers à vis, et pratiqués dans les massifs érigés au-dessus di s piliers du dôme.
Il y a donc une colonnade extérieure érigée au-dessus du stylobate, et formant autour du dôme un péristvlecomposé de trente-deux coloimes isolées, d'ordre corinthien, également espacées, dout le diamètre est de 3 pieds 4 pouces sur 3} pieds de haut , compris lusc et chapiteau. Sous cette colonnade s'ouvre le premier rang de fenêtres. Elle forme une terrasse dans sa partie supérieure. L'architecte a voulu mettre à l'enchère en cette partie sur la colonnade de la coupole de Saint -Paul, et il a dû en résulter un manque d'unité plus sensible encore entre le tambour de la coupole et sa partie supérieure.
Celle-ci éprouve aussi une division en deux , celle du second rang de fenêtres , et celle de la calotte surmontée d'une lanterne.
Sous le rapport de la construction, la coupole de Sainte-Geneviève a eu le mérite de vaincre beaucoup de difficultés, si c'en est un lorsque les difficultés pouvoient être inutiles. Lorsqu'on sait a quels expédiens, les uns visibles, les autres cachés, l'architecte a dû de pouvoir réaliser, en pierres de taille, tout rc qu'il voulut rassembler d'élémens difikuttueux et dispendieux, on est tenté de penser que ce monument , qui est le dernier en date de tous ceux de ce ; , pourra bieu n'avoir point de 1
d'éloges,
Dans l'éDuniéraliou des coupoles de la quatrième époque , nous n'avons pas compris le plus grand nombre de celles que les deux derniers siècles ont vu élever, et dont le tableau comparatif , à la fin de cet article, présente la notion. La plupart, inférieures de beaucoup eu grandeur et aussi en mérite de quelque genre que ce soit , n'auroient pu soutenir le parallèle avec les cinq monumens qu'on a décrits.
L'étendue de cet article nous a porté a renvoyer au mot dome, synonyme en françois du mot coupole, un parallèle entre les quatre principaux monumens de ce genre, sous le rapport de l'art et de leur décoration. Si dans ce tableau de comparaison nous n'avons point fait entrer la coupole de Sainte-Mariedcs-1" leurs à Florence , on comprendra que , malgré le grand mérite et la haute réputation de ce monut, après avoir fait sentir tout ce qu'on lui doit
COU ayant ouvert la voie aux
garder quet
le fait , on est forcé de recounoitre que , de toutes les grandes coupoles connues, elle est celle qui , soit en dedans, soit surtout au dehors, est la plus dépourvue de ce qui pouvoit en faire un ouvrage remarquable d'architecture et de dites. {Voyez Dôme.)
En partageant entre ce dernier mot et celui qui a fait le sujet de l'article coupole, les principales notions auxquelles doit se borner le genre et l'étendue d'un Dictionnaire , nous croyons avoir suffisamment rempli tout ce qu'on peut être en droit d'exiger. Le tableau qui suit, en mettant sous les yeux le nom, la suite , le nombre et l'étendue de ces entreprises de l'art jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, ne sauroit manquer d'induire le lecteur à recourir, pour les renscignemens de beaucoup de coupoles modernes, aux articles biographiques des architectes pins ou moins célèbres qui ont attache leur nom à quelquesuns de ces ouvrages.
I ne dernière considération pourra naître encore de l'énumération des coupoles que renferme ce tableau. Peut-être tout naturellement fera-t-il naître deux questions.
La première scroit celle de savoir s'il n'en sera pas de cette sorte d'invention comme de beaucoup d'autres qui , après avoir parcouru toute l'étendue des efforts du génie de l'homme , sont condamnées à perdre de leur valeur dès qu'où ne peut plus y rien ajouter de nouveau en grandeur, eu richesse et en beauté.
La seconde question , que nous ne prétendons ni résoudre ni même soulever ici , quoiqu'elle l'ait été déjà par quelques critiques , consisterait à savoir si , d'après ce que coûtent de preillcs entreprises, et d'après les avaries auxquelles on a vu que le plus grand nombre sont ex|iosées , il importe, nonobstant ces prévisions, de consumer et de longues suites d'années, et d'immenses travaux, à des constructions dont rieu ne motive l'utilité.
Nous ne pouvons encore nous empêcher de faire regarder la sur-imposition des coupoles modernes au centre des nefs d'une grande église , et vues surtout en dehors comme une véritable superfétation et un pléonasme architectural. Dans le fait, si c'est de loin, et vncs en dehors d'une ville, que ces masses pyramidales produisent d'agréables effets, on est contraint d'avouer que, vues de près, elles ne font naître d'autre idée que celle d'un édifice monté sur un autre, souvent sans rien qui les réunisse, et surtout qui les nécessite. Ajoutons qu'à l'intérieur on ne sauroit y voir qu'une duplicité de motif, de forme, d'ensomble et d'effet. Mais quelques-unes de ces considération trouveront plus rouvenablcmeut leur place aux mois I.nité, Variété, etc.