‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 138 sur 258 · IO · texte numérisé non relu

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Ère vulgaire.

on II

ou de bâ-

cou

COl'R,». f. lw,..T.p...!.,i..i.,.-.

.le toute autre figure , environné de n

On a déjà parlé des couri dans les nuisons des anciens, de leurs différentes dispositions et dénominations, {forez Cavocdium.) Il resterait peu à ajouter sur ce sujet si le temps ne nous aroit conservé sous les cendres du vesuve une ville entière, dont les parties les plus visibles et les mieux consrrvées sont les cours des maisons , qui ont été trouvées à demi rainée».

Les court de presque toutes les maisons de Poropet étoient pavées en coin parti mena de marbre ou de mosaïque. Cellede la maison de campagne découverte pré» de cette ville peut avoir au-delà de 70 palmes romains de long; elle est pavée d'une espèce de ciment fait avec dn marbre pilé , dans le genre des planchers de Venise. Au milieu de la cour est un endroit carré dont le pavé est enlevé; ce carré est enclavé dans un ornement de mosaïque, et il y a tout lieu de croire qu'il a été carrelé de marbre. Sur ce pavé il y a eu une citerne, ainsi que semble le prouver un petit puits rond , de 7. palmes de diamètre, maronné en petites briques. Dans la ro«r intérieure d'une maison de campagne découverte à Stabia, il y avoit une citerne carrée «ont le toit porto» sur quatre

Cbet les modernes il y a eu peu d'exemples d'un semblable luxe dans les cours. Si l'on excepte quelques palais de rois où le marbre a pu être employé à de tels usages, les cours de toutes les maisons sont |avées de la même manière que le sont les rues de la ville.

On donne ordinairement aux pavés de* cours une pente d'un pouce par toise , pour procurer l'écoulement des eaux.

La forme, la grandeur et la disposition des cours, tiennent aux usages particuliers des siècles et des pays. Avant celui des voitures , les maisons étoient bâties sans cours, ou celles-ci étoient fort étroites. Ce qu'on doit observer cependant dans tout pa>s, c'est de proportionner l'étendue des cours à la hauteur des bàtimens qui les environnent; la salubrité des habitations dépend de cette attention.

Je n'ai traité dans cet article le mot cour que sous le rapport de l'aire comprise entre les bàtimens d'un palais ou d'une maison. Cependant en donnant à la le nom du tout , on comprend aussi par ce icme de» intérieur» d'édifices ; c'est qu'on loue la cour des luvalides : alors

l'enceinte. Les descriptions des plus belles cours connues et designées par cette acception générale , ne trouveront point ici leur place ; on les trouvera aux articles où chacun de ces roonumens est décrit.

Cor» DE cnsiir*. four où sont places , dans les palais, les enisines et les office».

Coi r a mm. Cour destinée à ta décharge des

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écuries. Elle doit être voisine de» écuries et avoir sa sortie ou dégagement du coté de la rue, pour qu'on puisse enlever le fumier sans être obligé de passer par la cour principale.

COURANT DE COMBLE, s. m. C'est le no»

qu'on donne à la continuité d'un comble dont la largeur est comprise plusieurs fois daus sa longueur ; tel ûai d'une galerie.

COURBE,», f. Epilhète qui exprime en architecture la direction oblique d'un corps. On y distingue deux sortes de courbes , les unes |>lanes , les autres à double courbure. I^es premières sont celles qu'ont peut exactement tracer sur un plan , et qui , p.ir l'usage de la coupe des pierres, se réduisent aux sections coniques et aux spirales. On appelle courbes à double courbure celles qu'on ne peut tracer sur une surface pbne autrement qu'en raccourci : telles sont, pour la plupart, les arêtes des angles d'enfourchenicut de toutes.

CotasE. (Terme de charpenterie. ) Pièce de bois coupée en arc, dont on se sert pour faire lesceintres, les toits de* dômes ronds, etc. C'est une espèce de chevron ceiutré qui s'assemble avec les liernes. On disliugue deux sortes de courbes.

Courbes de plafond. Ce sont des pièce» de bois

corniche.

Cnurbe rampante bois à vis, bien dégai

C'est le limon d'un escalier de

COURBURE , s. f. On appelle de ce nom l'iuclinaison d'une ligne eu arc, comme celle du contour d'une colonne , d'un dôme , etc. C'est aussi le nom qu'on donne au rêver» d'une feuille de chapiteau .

COURGE, s. f. Espèce de corbeau de pierre ou de fer, qui porte le faux manteau d'uuc ancienne cheminée.

COURONNE, ». f. Cest on ornement de sculpture qu'on trouve répété fréquemment sur les monumen* de l'architecture antique.

L'usage de» couronnes se mêla chez le» anciens à un très-grand nombre de pratiques domestiques , civiles et religieuses. Les banquets, les jeux, les triomphe», les sacrifices, avoient leur» couronnes partienliètvs ; chaqoe divinité avoit aussi la sienne. Non- 1 dans les festins , dan» le»

ussi les statue» et |r»

images des dieux. On couronnoit les autels, les temples, les portes des maisons, les vases sacrés , les victimes, les navires, etc.

Il étoit bien uatnrcl que la sculptnre s'emparât de cet ornement ; aussi le multiplia-t-elle avec profusion sur tous les monumen». Sombrer ceux ou il se tronte reproduit, ce serait les cnnmérer tous. Les autels, kscippes, les sarcophages, les vases, les tre-

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pied*, presque tou» les ustensiles qui nous sonl parvenus, nom fonl voir une prodigieuse variole de formes dans la composition comme da

l'exécution

Les couronnes devinrent aussi un objet d'embellissement dans les plafonds, dans les frises , au-dessus •les portes, et dans un grand nombre de membres de l'architecture. Les exemples de cette sorte de décoration sont trop fréquens et trop connus pour avoir besoin d'être cités, encore moins d'être décrits.

Je ne saurais cependant terminer cet article sans renvover le lecteur au petit monument de Thrasyllus à Athènes , rapporté et dessiné par l'Anglais Stnart au second volume de son roy ale d'Athènes. On y trouve le plus élégant emploi des couronnes dans' une frise, où cet ornement se trouve répété au nombre de onze fois. L'enlacement des branches d'olivier dont se composent ces couronnes, leur distribution simple et légère sur la frise qu'elles remplissent, présentent un modèle de ce goût attique qui est devenu , dans tous les genres, synonjme de grâce et d'élégance.

Quoique les couronnes et leur emploi n'entrent presque plus pour rien dans les usages civils et religieux des modernes , cet ornement peut encore, par le secours de l'allégorie, se trouver placé avec grâce el convenance dans les ornemens de l'architecture ; il s'appliquera surtout avec beaucoup de justesse à tous les monumens qui emportent avec eux l'idée de victoire ou de récompense publique.

ComoNSK de piEtt. Cercle de fer qui entoure la tête d'un pieu , pour l'empêcher de s'éclater quand on l'enfonce avec un mouton ou de toute autre manière.

COURONNEMENT, s. m. Généralement parlant, ce mot signifie en architecture tout membre ou tout ornement qui termine un tout ou une partie d'édifice. Ainsi la corniche couronne l'entablement , et celui-ci couronne l'ordonnance ; un chaperon coui mur, un péristyle est couronné par un i ; un comble sert de couronnement à une nef, à une coupole ; l'une et l'autre ont pour couronnement d'autres objets.

A prendre cependant le mot couronnement dans un sens moins étendu et plus précis, il s'applique particulièrement aux objets de pure décoration que l'on fait servir d'amortissement, soit a certains édifice* en grand, soit à certaines parties d'architecture en plus petit. Ainsi les chars ou quadriges de bronze que faisoient les anciens , étoienl les couronnemens des arcs de triomphe ; ; ronnement à une coupole

Ce qui cournnnoil les monumens de dû , par toutes sortes de raisons, -devenir la proie du temps, de la barbarie et de la cupidité; aussi axonsnous peu de notions sur les couronnemens, sans doute très-variés dans leurs formes et leurs inventions, que

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préseutoieut les édifices dont nous voyons les i

Nous ne saurions douter, d'après les médailles, que les arcs de triomphe n'aient reçu pour couronnement des chars triomphaux, des victoires, des trophées. Des st. ducs couronnoient les colounes triomphales. La pomme de pin de bronze qu'on voit dfjM le jardin du Belvédère à Home, servoit de couronnement au mausolée d'Adrien.

On peut , selou Leroy , soupçonner que les : terminèrent d'abord leurs temples rom piteaux semblables, pour leur hauteur, a i colonnes, et que dans la suite, ayant mis des I à la place de ces chapiteaux, cela donna lieu à la règle

que Vitruvc fixe pour la hauteur des fleurons qui couronnoient les temples ronds, hauteur qui devoit être égale à celle des chapiteaux de leurs colonnes.

Une espèce de chapiteau en forme corinthienne formoit en cflét le couronnement du petit édifice qu'on appelle à Athènes la lourdes Vents. Il servoit de support au triton mobile qui faisoit fonctiou de girouette et indiquoit avec une baguette la figure et le nom du vent sculpte dans la frise de l'édifice.

C'est aussi une espèce de chapiteau corinthien , si toutefois il ne représente pas plutôt un autel ou un trépied qui couronne l'autre petit édifice d'Athènes , qu'on appelle vulgairement la Lanterne de Démosthène. Rien de plus riche que la sculpture de ce couronnement ; rien aussi ne peut mieux faire conjecturer quelle dut être la variété des inventions antiques en ce genre.

Cor nos SEMENT de fer. C'est un grand morceau de serrurerie à jour, qui sert d'ornement ao sommet d'une grille de clôture. Cet ornement, jusqu'à présent fait dans un goût assez maussade , se compose d'enroulemens de feuillages , de chiffres , de devises. On lVppellc aussi amortissement, (fojret ce mot.)

Couronnement de serrure. C'est un ornement

d'une serrure.

Couronnement de voûte. C'est le plus haut de l'extrados d'une voûte, pris au vif de la clef, (foyei Extrados )

COURONNER, v. art. C'est terminer un corps avec quelque amortissement. Ainsi, on dit qu'un piédestal est couronné, quand il se termine par une corniche ; qu'un membre et qu'une moulure sont couronnés, lorsqu'il y a nn filet au-dessus. On dit la même chose d'une niche , lorsqu'elle a nn fronton.

COURS, s. m. Mot abrégé de celui de course, et qui signifie un lieu destiné aux courses. Dans plusieurs villes d'Italie, on donne le nom de cours, corso, à la plus belle et la plus grande rue , où l'on a l'usage , aux jours de fête , de donner encore des courses de chevaux. Quelquefois aussi ces courses se pratiquent dans de grandes allées droites, qui prennent alors le nom de cours. C'est ou par celte raison ,

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ou à l'instar des usage» d'Italie, que I» grande allée plantée à Paris, au-delà des Tuilerie», sou» la régence de Marie de Médicis, a pris ce nom ; on le dnnnoit aussi a l'avenue qui conduit à la porte Saint- Antoine.

Coms d'assise. Rang continu de pierres de niveau et de même hauteur dan» toute la longueur d'une façade, sans être interrompu par aucune

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, en Angleterre , et en

DE psn.nes. C'est une suite de plusieurs pannes bout à bout dans le long pan d'un comble.

Cocas or. plinthe. C'est la continuité d'une plinthe de pierre ou de plâtre dans les murs de face ,

COURTINE, s. f. Ce terme, dérivé du latin Ima, un rideau, est très-usité dans l'architecture militaire, et signifie dans l'architecture civile le» façades d'un bâtiment comprises entre deux pavil-

GOUSSINET, s. m. C'est la pierre qui un piédroit , dont le lit de dessous est de niveau , et celui de dessus en coupe , pour recevoir la première retombée d'un arc ou d'une voûte.

Coussinet de CUHfaUO. C'est dans le chapiteau ionique la façade du côté des volutes, et qu'on nomme encore halustre et oreiller.

COI TI RE, s. f. C'est la jonction de deux tables de plomb, par un pli en manière de crochet plat, au bord de chacune des tables qui sont en recouvrement l'une sur l'autre.

COUVENT, s. m. Mot dérivé du latin eonventus, assemblée. On donne ce nom à une grande maison qui consiste en église, cour, chapitre, réfectoire , cloitre, dortoirs, jardins, etc. où des vivent en commun sclou les règles de leur teur.

COUVERTURE , s. f. Ce mot indique la superficie extérieure d'un toit : car il est bon de remarquer I le toit d'un édifice est compose du comble de ! ou de maçonnerie qui lui doune la forme, et de La couverture, qui se pose sur le comble, (/'or. ce mot.)

Dans les grandes villes, les édifices sont couverts eu tuiles, en ardoises, en plomb, et quelquefois en cuivre. Mais par économie on tait souvent dans les petites villes, bourgs et villages, de i tare en chaume, en roseaux , et dans certains jravs, de pierres plates.

Les couvertures en tuiles sont de trois • : en tuiles creuses, en toiles plates, et i et plates, combinées ensemble.

î tuiles creuses exigent moins de i en tuiles plates. On en fait usage i méridionales de la France, en Ita-

lie , en I

droits de l'Allemagne. ( Voyez CoKBLK.]

La manière de couvrir en tuiles plates ou en ardoises est pratiquée a Paris, dans les provinces septentrionales de la France et en / "

I. Des couvertures en tuiles creuses. — Il j a deux espèces: de couvertures en tuiles creuses. Pour la première , il faut que le comble, s'il est de charpente, suit couvert eu planches, ou qu'il forme des surfaces droites; s'il est en maçonnerie, et que les surfaces n'aient pas plus de i- degrés de pente , c'està-dire que si c'est un comble a deux égouts, sa hauteur dans le milieu ne doit pas être de plus du quart de sa largeur. Les surfaces du comble étant disposées ainsi que nous venons de le dire, |wur faire la couvrrlurr on i uni mener à poser en ligne droite , suivant la direction de la pente, des rangées de tuiles, de manière que la partie creuse soit en dessus. Il faut que ces tuiles, qui sont plus étroite» d'uu bout que de l'autre, se recouvrent d'environ i pouces, et forment une rigole ou chèneau continu. Pour les assujétir , on les accotte île droite et de gauche avec de petites pierres ou des débris de vieilles tuiles. Ces rangées de tuiles doivrnt être éloignées l'une de l'autre d'environ i pouce et demi. Cet intervalle est recouvert par de semblables tuiles posées à rebours, c'est-à-dire en plaçant la convexité en dessus, de manière qu'elles se recouvrent les unes et les autres comme celles de dessous. Lorsque la couverture est finie, les tuiles convexes forment des cordons saillait», qui jettent leurs eaux dans les chassées.

Les tuiles qui forment le bord inférieur de la couverture doivent être posées en mortier ou en plâtre, pour les empêcher de glisser, et retenir les tuiles supérieures.

Si le comble est a deux pentes , on recouvre l'angle du faite avec un rang de plus grandes tuiles de même forme , posées comme les chapeaux : on le nom de failages ou de tuiles failières. Lorsqu'on veut rendre cette espèce de i

n pose toutes les tu iles en mortier : elle est bien faite et posée sur une voûte, sa durée n'a pas de bornes.

Il v a une antre espèce de couverture en tuiles crenscs, pratiquée en Flandre et en Hollande, composée de tuiles façonnées en S , qu'on appelle tuiles flamandes. Cette couverture est pins économique et moins lourde que celle dont nous venons de parler. Ces tuiles sont faites de manière à former en même temps les denx courbes convexes et concaves de la couverture précédente, mais elles ne forment pas nn ouvrage aussi solide : elles ne s'arrangent pas aussi bien les unes avec les antres, a cause de leur double courbure, qui n'est jamais assez uniforme pourqu'elles puissent bien joindre. En Hollande ces tuiles ont en dessous île* tasseaux pours'accrocher, comme les tuiles plates : on ne lenr donne qu'environ un pouce de

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recouvrement ; mais on en mastique tons le* joint». H doit résulter de cet arrangement deux avantage»: i" que l'eau ne peut pas refluer par les joints dans les pluies d'orages; ?.° qu'on peut donner plus de pente au comble.

§. II. Des couvertures en tuiles plates. — Il faut , pour celte espèce de couverture , que la pente des combles soit plus roide que |K>ur celle des tuiles creuses, parce que dans ces dernières, l'eau qui se rassemble dans les rangées de tuiles qui forment chê— ncaux a plus de force pour couler que l'eau éparsc sur des couvertures plates. De plus , dans les grands orages, lorsque les couvertures en tuiles plates ont peu de pente , le vent fait remonter l'eau par les joints , jusqu'au-dessus des recouvremens.

La moindre pente qu'on puisse donner à cette espèce de couverture doit être de 3.5 degrés : d'où il résulte qu'elle ne peut ètnecmplovécaver avantageque depuis le neuvième climat , c'est-à-dire dans les pays où la latitude est de plus de .{8 degrés. (A'.Comblk.)

Les tuiles plates ont ordinairement la forme d'un carré long; leur grandeur varie selon les paya. Celles dont on se sert à Paris sont de deux échantillons différeus : les unes, qu'on appelle du grand moule, ont i3 pouces de long sur 8 |>ourcs et demi de large, et les autres, dites du petit moule , i o pouces de long sur li pouces et demi. Toutes ces espèces de tuiles ont en dessous, par le haut, un crochet qui sert à les fixer sur le comble, (foyez TïlLE.)

Pour faire une couverture on tuiles plates, il n'est pas nécessaire que le comble soit coincrt en planches; il suffit qu'il soit garni de chevrons bien arrêtés; que ces chevrons soient dressé* par dessus : lorsqu'ils ne le sont pas exactement, le premier soin des couvreurs est de recouper les parties trop hautes.

Sur la siqierficic des chevrons bien dressés, le couvreur pose des lattes en commençant par le bas. Ces lattes sont en bois de chêne refendu. Elles doiveut être de droit fil et sans nœuds, clouées sur chaque chevron. On les pose par rangs horizontaux et en liaison, c'esl-à-uïre que les bouts des lattes qui sont an-dessus l'une de l'autre ne doivent pas se trouver sur le même chevron , mais arrêtés sur des chevrons différons, afin de les lier ensemble. Cet arrangement produit une grande solidité, tant pour la charpente que pour la couverture, La distance entre chaque rang de lattes doit être du tiers de la longueur de la tuile. I.cs lattes clouées, on commence par poser le premier rang de tuiles du bas, qui forme un égout : sur quoi il faut observer qu'il y a trois manières différentes de faire cet égout , savoir, à égoiU simple, à egout retroussé, cl à egout pendant.

i° Lorsqu'au lus du comble il se trouve une corniche qui soutient un chèneau destiné à recevoir les e;inx de la couverture, on forme un égout simple, c'est-à-dire qu'on se contente de faire recouvrir le

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bord supérieur du cheneau par le premier rang de tuiles.

2» Si le bord du toit doit être soutenu par une corniche sanschèneaux, on forme un égout retroussé ; pour cela, on pose , en plâtre ou en mortier, un premier rang de tuiles sur le bord de la corniche qui avance au-delà de la dernière moulure d'environ 4 pouces. Il faut que ce premier rang ait un peu plus ' de pente en dehors. Sur le premier rang on en pose ; un second en liaison, qui n'avance pas plus que le premier; ce second rang se nomme doubles. Lorsqu'on ne met que deux rangs de tuiles pour former l'égout retroussé, on dit qu'il est simple. Ceux qu'on appelle doubles sont formés de cinq rangs de tuiles; mais ces derniers sont rarement nécessaires ; dans les cas ordinaires, deux suffisent.

11 y a des couvreurs qui disposent le premier rang de tuiles diagoualcment , de manière que le I boni forme une espèce de dentelle : comme ils posent I le second raug à l'ordinaire, on voit en dessous des parties triangulaires du premier rang. Pour les rendre plus apparentes, on blanchit 1rs unes et on noircit les autres. Mais ce moyen , plus coûteux , n'est ni plus solide, ni plus beau, parce qu'alors ou est obligé de former l'égout de trois rangs de tuiles, au lieu de deux , afin de doubler le second rang, qui , sans cela , se trouveroit simple au droit des découpures du premier.

3° L'égout pendant n'a lieu que lorsqu'il n'y a pas de rornirhe pour soutenir le bas de la couverttitre. Pour former cette espèce d'égout , on cloue sur le bout des chevrons, qui doivent avancer d'environ |8 pouces au-delà du mur de face, un ranf* de planches taillées en couteau , c'est— à-dire plus épaisses d'un côté que de l'autre, afin de procurer le relèvement nécessaire aux premières tuiles qui doiveut former l'égout : ces planches ainsi taillées se nomment chunluttcs. Sur ces clianlaltes on pose un double rang de tuiles pour former un égout renforcé simple , comme il a été ci-dessous expliqué.

L'égout étant formé par une des méthodes précédentes, on accroche au rang de lattes au-dessus un premier rang de tuiles, en observant de les écarter par le bas, comme si elles dévoient en recouvrir un autre rang ; et même il serait à propos de poser en mortier ou en plâtre un rang de demi-tuiles qui doublât ce premier plan par le bas. Au-dessus de ce premier rang on en accroche nn second , de manière que les joints montans répondent au milieu des tuiles du rang déjà posé. Comme chaque rang de lattes n'est éloigné que du tiers de la longueur de la tuile , il en resuite que la partie apparente du premier rang, ainsi que des autres, ne sera que le tiers de la hauteur de la tuile. C'est cette partie apparente que I les ouvriers ap|»ellcnt purealt. On continue à poser I les autres rangs de tuiles, en allant du bas en haut , et en olwervant de faire les pureaux d'égale hauteur et bicu droits en dessous , et que les joints de chaque

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rang retombent précisément au milieu des tuile* du rang de dessous , jusqu'à ce qu'on «oit parvenu an haut du comble. Lorsqu'il est à deux pentes opposées qui se réunissent au sommet, on recouvre l'angle que forment ces pentes par un rang de tuiles creuses, auxquelles on donne le nom de tuiles faîtières. Ces tuiles doivent être posées en plâtre ou en mortier. Si le comble est à une seule pente qui se termine contre un mur plus élevé, on recouvre le bout du dernier rang de tuiles par un solin en plitre ou en mortier.

Lorsque deux parties de couverture se rencontrent de côté, de manière à faite un angle saillant formant une ligne inclinée , on lui donne le nom d'arélier. On recouvre cet arêtier par un lilet de plâtre ou de mortier. Mai* lorsque l'augle n'est pas trop aigu, il vaut mieux le recouvrir avec des tuiles faîtières.

La rencontre de deux parties de couverture qui forment nn angle rentrant s'appelle noue. On garnit les noues en plomb, en fer- blanc ou avec des gouttières de bois goudronné. J'en ai vu où l'on a employé de grandes tuiles creuses , faite» exprès et posées en mortier. Ce moyen me paroît préférable aux gouttières de bois et de fer-blanc , et moins cher que le* rhènranx de ptomb.

§. III. Des couvertures en ardoise. — Après la tuile, il n'y a point de matière qui soit plus propre à former la couverture des édifices que l'ardoise, à cause de la propriété qu'elle a de pouvoir se débiter en lames minces et légères , qui peuvent remplacer les tuiles plates. L'ardoise forme des couvertures dont la vue est plus agréable que celle des toits en tuiles ordinaires; mais aussi elles ont le désavantage d'être moins durables, d'être plus fragiles, et susceptibles d'être emportées par les vents dans les grands orages. Lorsque les combles sur lesquels on les pose ont trop peu de pente, les vents font refluer plus facilement la pluie sous le recouvrement de l'ardoise que sous celui de la tuile. Dans les temps humides et le* pluies fines , elles ne garantissent pas si bien la charpente des toits que la tuile , parce que l'humidité le* pénètre davantage. ( Voyez Comile. )

La couverture eu ardoise s'exécute , comme celle qui est en tuiles plates , sur des chevrons ; le couvreur les ayant dressés, commence de même son lattis par le bas. On y emploie quelquefois de la latte carrée , comme pour la tuile ; on choisit celle qui a 3 pouces de largeur ; mai* pour faire de meilleur ouvrage, on se sert communément de lattes de sciage , de 4 pieds da long sur 4 a 5 pouces de large.

Les lattes s'attachent sur quatre chevron*, avec deux clou» sur chacun , placés à un pouce et demi de distance l'un de l'autre. Ce» lattes se posent par rangs horizontaux et en liaiion , comme nous l'avons dit pour U tnile. Les contre-latte* se mettent sous les latte» , entre le» chevron» ; on le» arrête avec deux clous à la rencontre de chaque latte. Lorsqu'on veut

cou ; >

se dispenser de contre- lattis, on pose sur les chevrons de la latte volige, c'est-à-dire dis planches de sapin de (> lignes d'épaisseur, sur 6 à 7 pouces de largeur et (> pieds de long; on les attache avec trois clous sur chaque chevron. Cette dernière méthode est préférable , parce qu'elle rend l'ouvrage plus droit et plus solide.

Le lattis étant fait avaut de poser l'ardoise , on forme l'égont , c'est-à-dire le bord inférieur de la couverture. Cet égout peut se faire de trois manières, comme pour la tuile, c'est-à-dire simple, retroussé ou pendant.

Les noms, les faîtages des couvertures d'ardoise, se font ordinairement eu plomb, ainsi que les arêtiers et les dessus de lucarnes, [forez ces mots.)

On peut cependant se dispenser de plomb sans nuire à la solidité, lorsqu'on veut y mettre de l'économie , en rouvrant le faîtage et 1rs arêtiers en tuiles creuses , que l'on peint en noir à l'huile , de même que les noues. Si l'angle de* arêtiers est trop aigu pour pouvoir être couvert en tuiles creuse» ordinaires, on observe de tailler les ardoises de manière qu'elles forment juste l'arêtier, et «pue celle» d'une face recouvrent exactement le dessus des autre», afin que l'eau ne puisse pénétrer nulle part. On peut seulement poser par le bas une petite lavette de plomb fciillée en oreille de chat ,<\\à ait un peu plusde saillie que l'ardoise.

Lorsque les comble» sont à la mansarde , on observe de former au droit du brisis un petit égout de a ou 3 pouce* , pour recouvrir le premier ranj; d'ardoises de la partie inférieure du comble ; souvent on y met une bavette en plomb.

I V . Des couvertures en tuiles creuses et plates. — CegeurcdecoMkvr/urr, dont on fait usage en Italie, est fort ancien ; c'est celui dont se servoient les Romain». On en trouve encore des vestiges dan» les ruines des édifices antiques. Pour faire cette couverture, au lieu de planches et de lattes , on pose sur les chevron* , espacés d'un pied environ de milieu en milieu, de grandes brique* qu'on appelle à Home pianelle. Ces brique» ont 1 1 pouce* et demi de long sur 5 |»nce» et demi de largeur, et 1 3 lignes d'éi>ai»- «eur. Elle» posent d'un chevron à l'autre , et forment une superficie plane, selon U pente du comble. Sur cette superficie on pose le» tuiles plates à rebord , qui servent de cht'neau. Ces tuiles, que le* Italiens appellent legole , sont plus large* par le bas que par le haut. A Rome , elle* doivent avoir, suivant l'échantillon qui est au Capitole , 1 1 pouces 9 lignes de longueur; le bout le plus large a 3a pouces 4 ligne* , et le plus étroit 9 pouces 3 lignes j les rebords de droite et de gauche ont 1 1 lignes de hauteur et 10 lignes d'épaisseur. L'épaisseur de ht tuile au droit du canal e*t aussi de 10 lignes.

On pose ces tuiles par rangées qui vont du haut en ba» du comble, comme les chèneaux de» couvertures

cou

s, en observant de les faire recouvrir 1rs unes sur les autre» d'environ 3 pouces, de manière que la pallie étroite de chacune entre dans la partie large de la tuile supérieure. Ces rangées, qui sont disposées suivant la direction de la pente , sont éloignées l'une de l'autre d'environ un ponce et demi ; l'intervalle qu'elles laissent entre elles est couvert par des tuiles creuses , semblables pour la forme a celles dont nous avons déjà parlé. On appelle ces tuiles e anale s ; leur longueur est la même que celle des tesolcs ou tuiles plates; leur plus graude largeur ou diamètre est de 8 pouces il lignes, et le petit de 6 pouces et demi sur 8 lignes et demie d'épaisseur. On les met en place en les faisant recouvrir les unes

Les tuiles que les anciens Romains cmplovoicut dans leurs grand* édifices etoient beaucoup plus grandes : aux thermes de Cararalla j'ai mesuré des légales ou tuiles plates dont la longueur étoit de plus de a pieds, et la plus grande largeur de uj pouces. {Voyez TriLK.j

Les ancieus faisoient quelquefois leurs couvertures en grandes pierres, on en pièces de marbre taillées en tuiles. On eu a trouvé plusieurs au temple de Sérapis à Pouzzol. Leurs dimensions sout les mêmes que celles en terre cuite des thermes de Caracalla. Le baptistère de Florence et l'église de Milau sout couverts en dalles de marbre. {Voyez Tehrasse.)

§. V. Des couvertures en plomb. — Celte espèce de couverture n'a été mise en usjgrqne pour les grands édifices; c'est ainsi qu'est couverte l'église de Notre- Dame à Paris. On s'en sert encore pour couvrir les dômes, les combles, auxquels on ne peut donner que très-peu de peutc, et les terrasses. Lue couverture en plomb bien faite est extrêmement solide et durable , tuais elle est fort lourde et fort coûteuse.

Lorsque le* chevrons du comble que l'on veut couvrir en tables de plomb sont |>oses et bien dressés, on cloue dessus des voligcs de 4 à 5 pouces de largeur, disposées par rangs horizontaux espacés entre eux d'environ a pouces. Après cette opération , le plombier, qui exécute ordinairement ces espèces de couvertures , commence par poser le rhèneau qui doit régner au bas du comble ; on pose dessus un rang de crochets de fer plats, termines par le haut en pattes percées de trois trous |iour les douer; ces crochets doivent être poses de manière que le plomb qu'ib ont a soutenir par le bas puisse recouvrir le dossier du chéneau de plomb. Cela fait, le plombier pose le premier rang de tables de manière qu'elles entrent dans les crochets ; ensuite il les étend et les dresse avec une batte de bois; il les arrête |ar h: haut, au droit de chaque chevron, avec de forts clous qui puissent traverser le plomb, les voliges et une partie des chevrons ; ces clous out ordinairement a pouces et demi de longueur. Les tables dont on se sert pour les couvertures ont le plus souvent 1 4 pieds de long sur

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3 de large, et environ a lignes d'épaisseur; ou les

du comble.

Il faut observer de ne pas joindre avec la soudure les tables qui forment un même rang , parce qu'elle est sujette à se rompre par l'effet de la dilatation et de la condensation du plomb, suivant la température de l'air ; il vaut beaucoup mieux replier les l)ords de chaque table pour former un bourrelet que l'on arrondit avec la batte.

Le premier rang de tables étant mis en place, on continue à en |)oser de même jusqu'au haut du comble , où l'on met un cnfaîtemuiit s'il est à deux pentes.

Il faut avoir soin d'arrêter avec des crochets les tables de plomb qui forment l'eufaitcmeut, pour qu'elles ne puissent ]ias être dérangées ni emportées par les vents.

Les couvertures des dômes s'exécutent de la i manière lorsqu'elles n'ont point «le côtes En étendant les tables de plomb avec la batte, on leur fait prendre le gallw du dôme. Il faut aussi éviter la soudure |x»ur les joints monlans, et former des bourrelets qui aillent se terminer au sommet ; et comme les intervalles entre ces deux coulons diminuent de largeur, il est à propos , pour avoir moins de rangs de tables et économiser les recouvremens , de poser les derniers rangs «le manière que la longueur des tables fasse la hauteur.

Lorsque l'extérieur du dôme est orné de côtes saillantes, il faut faire en sorte <jui? les intervalles ainsi que les côtes puissent être rouverts à chaque rang par une table d'une seule pièce , pour qu'il n'y ait «le joints monlans que dans les angles rentrans des rotes: pour former ces joints on replie le bord des tables en sens contraire, de manière «pie l'eau ne puisse jamais pénétrer dans le joint.

C. VI. Des couvertures m cuivre. — Au lien de tables de plomb on peut se servir, avec beaucoup d'avantage, de lames de cuivre laminé, qui < coup moins d'éjiaisseur, parce que le ( compacte, plus solide, qu'il s'altère I aux injures de l'air que le plomb; d'où il i les couvertures en cuivre sont plus légères et i «piefois moins coûteuses.

La manière oi-dinaire d'employer les lames de cuivre pour former les couvertures, est de les joindre les unes et les autres par des doubles plis, et d'arrêter i h m m feuille sur les planches du comble avec *Ù cachées sous les |Jis. Mais comme cette est sujette à se dilater et qu'elle est plus élastique que le plomb, les feuillesse lmursouficntdans les grandes chaleurs, au point d'arracher les vis. On peut remédier à cet inconvénient : pour cela il faut les arrangei par bandes allant depuis le bas du toit jusqu'au faîtage , et formées de pièces qui se recouvriront les

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