‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 149 sur 258 · PARAGRAPHE TROISIEME · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE TROISIEME

allégorique», l'reuscmble de rai

De l'emploi des signes ou des figures allégoriques ou historiques.

La source principale où la décoration architecturale puise les moyens les plus propres à faire d'un édifice nue sorte de livre historique, ou de poème si l'on veut, dan* lequel viennent se rassembler les plus grandes idées ou les impressions les plus variées, cette source , dis-jc , est l'emploi des signes ou des ligures allégoriques ou historiques.

Par le seul emploi des me vre de l'architecte devient un ensemble de rapports et d'idées qui s'adressent non plus seulement à l'intelligence, mais au sentiment et a l'imagination. Ce n'est plus simplement par des rapprochemens indirects , par des combinaisons plus ou moins abstraites , par un choix de rapports intellectuels , qu'il parvient à faire naître en nous des impressions correspondantes au but qu'il se propose ; l'art, devenu historien, nous explique en termes clairs l'objet qu'il a voulu traiter; il nous instruit de l'objet matériel et du but moral de l'édifice. La tlécoration alors tient lieu d'inscriptions; elle dit plus, elle dit mieux que toutes les légendes dont on peut charger les murs et les frontispices.

La décoration , quand elle est dirigée par un semblable esprit , sert même encore après la ruine d'un édifice à nous apprendre sa destiuation. Combien de monumens nous seraient parvenus sans aucun nom , si quelques fragmens de leur décoration ne nous avoient appris ce qu'ils furent et pour quel usage on les avoit construits ?

Tout ce que la décoration, pour produire cet effet, emprunte aux ressources delà peinture et de la sculpture , est d'un détail trop nombreux pour pouvoir trouver place dans une simple analyse. Cependant on peut diviser en trois classes les principaux moyens que ces deux arts offrent à l'architecture.

La première classe comprend les attributs allégorique»;

La seconde se compose de figures, soit entières , soit partielles;

La troisième embrasse les sujets de composition.

i° — Nous comprenons sous le nom d'attribut» tou» les symboles ou êtres emblématique» qui, recevant une existence sensible parle moyen de la sculpture ou de la peinture , acquièrent la valeur de ce» monogrammesdont la lecture facile devient à la |>ortéc de tout le monde. On peut ranger dans ce nombre, par exemple, ces feston», ces enroulemena de feuillages, de plante» ou de fruits employés partout et de tout temps, en nature, dans le» cérémonie» religieuses, et que l'art s'est plu à imiter en matières durables, pour en faire les attributs clairs et intelligible* de» édifices sacrés, ou des monumens destiné* à de pieuses solennités.

C'est ainsi que le» instrument de sacrifice , les or-

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nemensde sacrificateurs, les vases sacré», le* tête» des animaux immolés , les bandelette», le» patère», enfin tout ce qui entrait dan» cette partie du culte de» ancien» , est passé et est reçu comme attribut» dont la décoration de l'architecture moderne s'est enrichie; et elle en use comme de signes de convention , qui

expliquent la di fiées.

d'une

espèce d'é-

On sait que chaque divinité avoit chez les anciens te» al tri luit* particuliers ( voyez Attriiut ) ; mais on sait aussi que chaque divinité n'étoit elle-même qu'une sorte de symbole de» diverses propriétés de la nature, on des idée» attachée» à chaque ordre de choses physique ou moral. Sans doute on ne croit plus à Jupiter, à Vénus, à Apollon, aux Muses, etc. ;

lités, aux sentimens et aux puissance» intellectuelles que ce» être» fabuleux représentaient , leur» nom* et leurs attributs «ont restés comme autant de devises ou d'emblèmes, dont la poésie du langage et relie de la décoration architecturale out fait leur patrimoine.

Rien donc n'empêche que l'aigle, le foudre, La massue, ne représentent l'éternité, la toute-puissance, la force ; que la lyre et le laurier ne signifient l'harmonie et la gloire ; que le casque et la lance de Mars ne désignent la guerre; que la palme et la couronne n'annoncent la victoire, l'olivier la paix, etc. Ainsi le» épis de Cérès, le serpent d'Esculapc, le trépied d'Apollon, l'oiseau de Minerve, le coq de Mercure, peuvent être les signes expressifs d'abondance, de science, de divination, de vigilance, etc.

Les instrumens des arts, des sciences, tons les objets qui servent aux différens objets ou emplois auxquels un édifice peut être destiné , deviennent comme ses enseignes naturelles. Le champ ouvert à la décoration par l'emploi et la combinaison des attributs, est donc aussi varié qu'étendu. Mais il importe aussi à leur valeur significative de ne point en user sans motif, et de n'en point confondre les emplois respectifs. Combien cependant ne voit -on pas d'exemples d'un mélange indiscret et abusif de tous ces attributs employé* sans discernement aucun de leur valeur , mais de la manière dont un ignorant s'amuserait à assembler les caractères de l'écriture, ou à proférer les sons des syllabes, sans liaison ni connoissance des idées qui s'y attachent ?

C'est donc à bien connoitre et à respecter tous les attributs et leur» rapports avec l'objet de l'édifiée que le décorateur doit apporter ses soin». A plus forte raison devra-t-il mettre le même esprit clans l'emploi que la décoration peut faire de la seconde classe d'objets dont on a parlé , et qui comprend les figures, soit partielles, aoit entières.

2° — Nous entendons par figures partielles celles qui ne représentent qu'une portion du corps humain, et d'autre» être», comme sont le» portrait» I, le» tête» d'animaux , et en gé-

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néral toutes ces configurations tronquées, comme termes hermès, connue associations de différentes natures, dont le génie de l'arabesque surtout a composé son répertoire , et dont la peintnre ainsi que la sculpture sauront modifier les variations à l'iuGni. {forez Ar4be.«oce.)

ftous entendous par sujets de ligures entières tous ceux que la peinture et la sculpture peuvent personnifier en reproduisant suns les formes des différons corps ce qui compose le domaine de la poésie. Or il est peu de conceptions de cet art qui ne puissent recevoir du décorateur une forme intelligible , avec le secours de l'allégorie.

A quelque emploi que soit destiné un édifice , quel que soit le genre ou le mode de sou architecture , les figures , si leurs sujets sont choisis avec l'intelligence requise , ajouteront à l'effet de son caractère. Un arc de triomphe , une porte de ville ou d'arsenal, un théâtre, un hospice, un marché, un château d'eau , un palais, un temple, etc. toutes les sortes de monumens enfin, pourront présenter à la peinture et à la sculpture des sujets de figures entières qui parlent à la fois aux yeux et a l'esprit du spectateur. Qu'on se garde toutefois d'abuser de «-s ressources. L'indiscrétion en ce genre n'a pas peu contribué a en diminuer la valeur. Bientôt la redondance et l'équivoque ont habitué le spectateur a n'y voir que des signes insignifians.

Il y a, pour ce qui regarde en particulier la sculpture et les objets qui sont de son ressort , un genre d'abus qui tient à certaines habitudes routinières des projets d'architecture, dans lesquels on voit l'artiste multiplier les bas-reliefs et les statues sur toutes les surfaces et sur toutes les sommités des monumens, uniquement comme remplissage ou amortissement. Et dans combien d'édifices exécutés ne rencontre-ton pas de. ces lieux communs de décorations dont le spectateur s'inquiète aussi fort peu de connoitre les motifs et les raisons?

L'emploi banal des niches est encore une source habituelle de ces sortes de non- sens en statues. Si l'artiste s'habituc'à ne regarder les statues que comme les signes d'une parure arbitraire ou d'un remplissage indifférent , bientôt le public ne s'embarrasse plus de ce que signifient ces figures, ou nichées, ou isolées sur les combles , dont l'œil ou l'esprit chercheraient en vain la forme ou le motif.

Il y a aussi en ce genre une convenance qui prescrit de réserver ce luxe de décoration pour les monumens publics et les édifices de quelque importance. Peut-être ne seroit-ce pas un des moindres avantages de la sévérité de ces principes pour l'architecture, que l'économie de travail et de dépense qui devrait en résulter. Il importe que l'accessoire ne soit pas ou ne paraisse pas, soit de fait , soit dans l'opinion, aussi dispendieux que le principal ; car il arrive trop souvent alors que l'un des deux reste incomplet. S'il falloit , par exemple, placer des statues dan* toutes

DEC 5o5 I les niches de certains édifices , on ne saurait dire si une telle mesure n'absorberait pas presque autant de dépense qu'en a coûté l'érection des mon sur lesquels ces niches sont distribuées.

3e- — C'est surtout dans la troisième classe , qui embrasse ce qu'il faut appeler les sujets de grande composition en figures peintes ou sculptées, que Li décoration , chez les modernes , paraît avoir de beaucoup surpassé , par l'étendue des conceptions et des ouvrages, la magnificence antique.

Ki ce qui nous est parvenu des récits des écrivains , ni ce qu'on peut conclure des restes de l'architecture, nenous permet de croire que dans aucun temps les anciens auraient employé la peinture en compositions propres a remplir l'étendue de leurs coupoles ou de leurs plus grandes voûtes. Nous savons que plus d'une fois la peinture décorative eut accès dans leurs temples ; mais il parait , comme on le conclut des sujets peints dans le temple de Minerve a Syracuse , ou sur l'enceinte du trône de Jupiter a Olvnipie , que ces peintures n'avoient été que des suites de tableaux séparés , et tout-à-fait a la portée du spectateur Les grandes compositions du Lesché à Delphes , on du Pcccilc à Athènes , qui représentoient les plus nombreux sujets, éloieut peintes sur mur, comme le sont les compositions de Raphaël au Vatican. Certaines causes au nombre desn urlles on peut compter le surhanssemeut des coupoles modernes , et le progrès ainsi que l'extension des procédés scientifiques de la perspective, ont singulièrement contribué à multiplier, dans l'architecture des modernes, ces grandes peintures qu'on pourrait appeler moins des ouvrages que des spectacles de dc- [ coration.

Ce n'est pas qu'on veuille contester à la peinture la faculté de décorer les plus grands espaces ; trop d'exemples font foi d'un heureux emploi de cet art , dans de grandes compositions décoratives : mais beaucoup de ces exemples, fournis par des plafonds ou par des voûtes , nous montrent qu'il doit toujours régner dans ces combinaisons une liaison de lignes et de compartimens qui rappellent à IVeil que l'architecture fait le fond et détermine le champ et les es|)accs accordés au décorateur.

Or tel n'a pas été pendant long-temps le système ( des compositions décoratives de la peinture. I^oia que 1 le décorateur se crût renfermé dans les limites de la l forme architecturale, on l'a vu, envahissant le domaine de l'architecte, défaire et refaire à son gré les formes , les dimensions et les combinaisons , les profils et les ordonnances de l'édilice, et substituer en ] peinture un autre ensemble a celui de l'architecte.

Disons encore qu'une trop vaste étendue de comj position ne laisse au peintre décorateur que la fa- . culté de s'adresser aux yeux. Comment le spectateur ! peut-il saisir à i oo ou aoo pieds d'élévation , et dan»

ense e un*,,*.

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connexion de ses parties , apprécier les caractères des figures , et juger de la vérité des formes , de la beauté des têtes, et de la justesse des proportions ?

Que dire encore de l'introduction , soit des colonnes peintes, soit des vues de hàtimens servant de fond à ces sortes de compositions , et qui , ne pouvant paroitre vraies que sous un seul aspect , offrent sous tous les autres points de vue l'effrayante image de ruines et d'éboulemcns.

Les grandes compositions de figures sculptées ont dans l'architecture des champs et des plans marqués, bon desquels leur emploi seroit de nul effet. La sculpture est, si l'on peut dire, le décorateur naturel de l'architecture. Les monumens antiques et quelques-uns chez les modernes attestent à quel point de magnificence pent parvenir l'aspect des édifices enrichis des inventions de la sculpture, tint en figures de ronde-bosse, qu'en compositions de bas-reliefs.

Les Grecs et les Romains se montrèrent surtout prodigues des richesses de la sculpture, soit dans les frontons de leurs temples, soit dans les développement de l'art d'écrire par figures en bas-reliefs les traits de leur mythologie ou les hauts faits de leur histoire. Tout dépouillés que sont aujourd'hui leurs monumens pour le plus grand nombre, on pent juger, et par ce qui reste de la décoration du Parthenon d'Athènes , et par les colonnes Trajane et Antonine , et par les arcs de triomphe antiques, avec quelle riche et sage abondance ils firent servir les compositions de sujets poétiques et historiques en sculpture, à tenir lieu , si l'on peut dire, et d'histoire religieuse et d'annales politiques.

On a eu occasion de remarquer à ce sujet {voyez Bas-relief) qu'il y avoit un genre de sculpture plus particulièrement approprié à l'architecture , et que ce gemt? étoit celui du bas-relief antique , qui parait I n'avoir jamais été pratiqué dans le sens de rivalité avec la peinture. On pourroit se permettre de douter qu'il y ait eu autrefois des bas— reliefs faits pour être isolés a la manière des tableaux, comme les modernes en ont exécuté. Leur destination exclusive comme accessoires obligés de l'architecture nous explique et nous prouve qu'une certaine simplicité de conqiosition, l'absence de lointains et de perspective dans les fonds, et jusqu'à U raideur de style ou d'exécution , furent les caractères propres de leur emploi.

Le décorateur doit donc avoir soin de n'admettre la sculpture à traiter les compositions de sujets historique* ou allégoriques, qu'avec la seuls moyens qui sont dans la nature de cet art. Tout empiétement sur le domaine de la peinture, soit dans la diversité et la dégradation des plans, soit dans des lointains de perspective, soit dans les raccourcis, soit dans les contrastes des masses et des effets , doit être proscrit des bas-reliefs qui prétendent à la décoration de l'architecture.

N'ayant Cn en vue de traiter de la décoration dans cet article que sous le rapport d'une théorie gé- f

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nérale, je ne l'alongerai pas en m'étendant sur tes détails des pratiques décoratives appropriées 4 tous les genres d'édifices, ou à chacun des détails et des divers membres de l'architecture. La décoration, considérée dans toutes ses parties, constituant presque h moitié de cet art, il faudrait sortir par trop des bornes prescrites par la nature d'un article de dictionnaire. Tout ce qui se rapporte aux détails dont on entend parler, se trouve d'abord plus spécialement compris sous le mot 0«nement, et trouve ensuite ses notions particulières aux mots Chapiteau , Base , Colonne , Frise, Entablement, etc. etc.

Décokation conjidérée comme AaCHiTEcrcaE peinte, soit sur Us murs des édifices, soit au théâtre.

§ I'r. — Sous le premier de ces rapports, la décoration est celle qui , par le moyen de la perspective linéaire et des couleurs, imite , sur des surfaces lisses que la construction lui a préparées ou réservées, les grandes compositions de l'architecture réelle , cn fait paraître les saillies ou les renfoncemens, cn contrefait les matériaux, les formes et les orncuicns.

Ce genre de décoration fut connu et pratiqué dans l'antiquité. Sous le règne d'Auguste on vit paroitre , dit Pline (liv. xxxv, ch. x), un genre de décoration sur murs qui consistait dans la représentation de portiques , de maisons de campagne et de paysages. Sur les murailles extérieures on figuroit des vues de villes maritimes et de ports de mer.

C'est ce même genre que le goût qu'on appelle aujourd'hui arabesque se plut k reproduire chez les Romains, dans de fort petites dimensions, parmi les compositions des intérieurs de maisons.

Nous ignorons, faute de renseignetnens ultérieurs, et sans doute aussi parce que les injures du temps ont effacé les trace» de ce genre de décoration dans les édifices dont nous ne possédons que des ruines, jusqu'à quel point il fut cultivé dans les siècles suivans ; toujours est-il que nous le voyons reparoitre avec les autres parties de la peinture dans les ouvrages des quatorzième et quinzième siècles. Le Campo-Stmto à Pise est encore rempli de peintures historiques à la vérité fort dégradées, mais où se font encore voir et admirer, au milieu des scènes que le pinceau y multiplia , un fort grand nombre de vnes et de compositions d'édifices servant de fond aux figures, et qui nous représentent en grand le goût et I état de l'architecture a cette époque.

Deux conditions qui se trouvèrent réunies en Italie, y favorisèrent et durent y multiplier les décorations d'architecture feinte. La première consista dans la bonté des enduits ; la seconde dans la pratique de la fresque ou de procédés équivalens, comme ceux de la détrempe, et aussi de la peinture à l'huile. Ajoutons que les altérations de là vétusté peuvent être en ce genre réparées à peu de frais.

Quelques villes d'Italie ont particulièrement pra-

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tiqué et propagé ce goût de décoration. La Tille de Gène* , par exemple , lui a donné une lre»-grande

Irène* , par exemple , lui a donne une très-grande vogue : il n'est presque point de palais où il ne se trouve employé . tantôt seul , tantôt concurremment

i , des niches, des statues, des balustrade* , des bas-reliefs, etc. Au moyen de ces décorations peu dispendieuses, de simples maisons de particuliers prennent l'apparence des plus riches palais. Dans ceux-ci le luxe de ce genre de contrefaçon est porté très -loin ; il n'est pas même très-rare d'y voir à l'extérieur la dorure se mêler aux imitations des marbres, soit factices, soit réels.

Les écoles vénitienne et lombarde ont ] artistes qui en ce genre

nom. Rous emprunterons, sur un sujet qui a peu ocde l'art , quelques détails au cé-

■ et lombarde ont produit des sont parvenus à illustrer leur

éclairé.

Selon lui , les trois grands chefs d'école en cette partie furent Denlone ( autrement dit Girolamo Curti) , Milelli et Colonna.

Denlone, quoique sévère dans son style (dit Algarotti), et pouvant offrir des modèles aux architectes eux-mêmes , peut encourir le reproche de quelques licences. Il a fait souvent des entrecolonnemens trop larges , et qui seraient inexécutables. On voit de lui , dans la grande salle du palais Yizzani , a Bologne, des colonnes qui posent sur des consoles en place de stylobatcs. On lui reproche d'avoir donné de trop lourdes proportions a l'ordre ionique de la fameuse décoration dei servi, où l'illusion fut portée si loin, qu'un chien , dit-on , se cassa la tète contre le mur, croyant monter les escaliers et les degrés qui y sont peints.

Colonna , grandiose dans ses compositions pleines de relief et de rondeur, et qu'on pourrait appeler l'Annibal (^arrache de la décoration, a souvent eu le défaut de surabondance dans l'invention. La grande salle du plais Locatelli , peinte par lui , est la preuve de cet excès. On y trouverait de quoi faire la décoration de trois grandes salles. On lui reproche en outre des licences qui passent les bornes de la liberté qu'on peut accorder au décorateur. Cet abus n'a été que trop fidèlement imité et suivi par Pizzoli, son élève , dans le plafond , d'ailleurs fort estimable , de l'église de la Madona dei Soccorso.

Milelli, le rival de Colonna , est aimable dans sa manière de peindre, pur et lin dans ses teintes, noble dans son caractère ; il peut être regardé comme le Gu/Jedela décoration. Encore peut-on lui rcprocltcr des colonnes trop maigres, des bases lourdes, des chapiteaux hors de proportion.

Chiarini est encore cité par Algarotti comme un excellent imitateur des maîtres qu'on vient de nommer. Il sut même, en égalant leurs qualités, se préserver de leurs défauts. Sévère dans son dessin , élégant dans les formes et les proportions de ses

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édifices, peut-être l'emporte-t-il sur les autres, peutêtre sa chapelle de VÀnnunziata est -elle le chefd'teuvrc des décorateurs bolonais.

On voit, aux remarques critiques d'Algarotti sur les meilleurs ouvrages des grands décorateurs, que l'art de la décoration architecturale en peinture ne doit être que l'art de la meilleure imitation de ce qui constitue la belle architecture en realité; que dès-lors rien ne saurait faire tolérer ou excuser dans I une imitation ce qu'on proscrirait dans le modèle.

§ II. — Le second domaine de l'architecture feinte est le théâtre. En général, on doit le reconnoître, bien que les représentations scéniques embrassent plus d'un motif de lieux et d'emplacemcns où l'action peut se passer, cependant il faut accorder que de beaucoup le plus grand nombre comprend et exige des peintures, soit intérieures, soit extérieures de temples, de places publiques, de palais , de salles , de galeries, etc. qui ne peuvent entrer que dans le domaine de l'architecture feinte.

La décoration de théâtre peut avoir quelque

son particulière de réclamer un peu genec dans ses compositions. On comprend que , gêné souvent par les espaces bornés de là scène, par la multiplicité des châssis ou des coulisses, et par 1rs sujétions de l'éclairage artificiel , le décorateur peut axoir quelquefois besoin de recourir a des formes tantôt découpées et rompues , tantôt agroupées et mêlées ; cependant l'expérience qu'en ont fourni quelques décorateurs prouve que les plus beaux effets de l'illusion théâtrale peuvent s'accorder généralement avec la régularité des plans et la justesse des proportions.

Malheureusement les ,

les plus périssables. Il est fort inutile de dire qu'il ne nous reste de ceux des anciens que des récits ;

que

mais ces récits nous fout connaître que les ressources de la peinture , jointes a celles des machines, durent produire toutes les sortes d'illusions. Agatarchus , Déniocrite et Anaxagore avoieut écrit des traités sur cette matière. « Ils enscignoient (dit Vitruve) coin— » ment , en établissant un rapport entre le point de » vue et le point de distance , on peut faire corresn pondre à l'imitation de la nature toutes les figures «vers le point de vue, de manière que les objets » peints sur une superficie plate et horizontale pa- » roissent s'éloigner ou se rapprocher, h

Ces dernières paroles de Vitruve prouvent que les décorations de théâtre s'exécutoient en peinture , et différaient de la décoration architecturale en construction solide ou de ce qu'on appeloit la scinr. (foy-es Scëjie, Théatse.)

Balthazar Pcruzzi ( voyez Pmi «i ) paraît avoir été le premier qui, au seizième siècle, ait renouvelé avec un succès prodigieux les prestiges de l'illusion théâtrale, réunis a la plus grande beauté d'inet de <

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Depuis lui , le» nom» le» plu» célèbre» en ce genre sont ceux de Bibiena et de Servandoni . Ce dernier surtout , comme on le rapporte à son article ( voyez Servapidoni), porta le charme cl la valeur des compositions scéniques] au point d'en faire un spectacle ayant pour les yeux le charme et l'intérêt du drame parlé.

Il y a dans la décoration de théâtre, comme dan» les autres art» , deux parties que doit réunir l'artiste jaloux de réussii'i savoir, l'invention et l'exécution. Mais il v a cela de plus particulier dans cet art , que ce» deux partie» sont tellement nécessaire» l'une à l'autre , que l'une ne saurait faire pardonner l'aloenrc de l'autre.

DECORER , v. a. C'est en général appliquer la décoration aux objet» qui sont propre» a la recevoir.

Ainsi, l'on dit détorer une place, un édifice, un jardin, une galerie, un meuble, un ustensile, etc.

DÉCOUVRIR, v. a. C'est ôter la couverture riaux.

Découvrir du carreau , c'est ôter avec la hachette le plâtre du vieux carreau pour faire servir ce carreau une seconde fois.

Découvrir un mur, c'est ôter la paille et les grivois qu'on a posés dessus pour le garantir de la gelée pendant l'hiver.

Découvrir le bois, c'est lui donner la première ébauche avec le fermoir, avant de le raboter.

DÉDALE. A-t-il existé réellement un homme qui a donné son nom à tout ouvrage fait avec invention et industrie; car c'est ce que signifie Dédale (/oi/oA.r) j ou ce mot a-t-il fait croire à l'existence de l'ingénieux ouvrier? On sait que souvent ces artistes habiles out laissé leur nom à leurs inventions; on sait aussi que souvent les hommes transposent a des être» matériels le» mots faits pour n'exprimer que le» idées les plus métaphysiques : ce genre .l'erreur ou de transposition est commun a tous les peuples et a toutes les langues ; c'est a lui qu'on doit la fable et l'allégorie.

Que Dédale soit donc un personnage fabuleux ou allégorique , qu'il n'en ait existé qu'un , ou que la réputation de plusieurs se soit réunie sur nn seul , ce sont des questions étrangères à cet ouvrage.

Selon l'opinion reçue, Dédale, arrière-pctit-fils d'Erectée , roi d'Athènes, a été un des plus habiles hommes que la Cri-ce ait produits dans l'architecture et dans la sculpture. H éleva , dit-on , à Memphis plusieurs monumeus, et en obtint pour récom|iensc de voir placer sa statue dans le temple de Vulcain. Ce fut en Egypte qu'il prit le modèle du labyrinthe qu'il exécuta dans l'Ile de Crète. Ce fameux ouvrage le cé- I doit ceprndanl en grandeur et en variété de combinaisons I celui de l'Egypte. ( Voyez Labyrinthe.) I

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Quoiqu'il ne fût , dit-on , que la centième partie de celui-ci, il ne laissoit pas d'être encore très-spacieux. Le grand nombre de ses conduits, la multiplicité de ses issue», produisoient une telle confusion qu'il étoit impossible d'en trouver la sortie.

Si l'on peut donner le nom d'histoire aux récits des temps antérieurs a l'art d'écrire l'histoire, Dédale persécuté, et enfermé dans son labyrinthe, en sortit par le moyen d'ailes artificielles, et vint s'abattre vers Cumes, où il éleva un temple à Apollon. Plusieurs princes, dans la crainte de déplaire à Minos, lui refusèrent un asile, il le trouva enfin chez Cocasu», roi de Sirile.

Cette île lui dot plusieurs ouvrages considérables ; il y fit creuser un grand canal où se jetoit le fleuve Alabas.Prèsdu lieu où fut bâtie la ville d'Agrigente, il construisit une citadelle imprenable ; trois ou quatre hommes suffisoient pour la défendre. On montre encore dan» cette ville des restes de constructions qu'on appelle le labyrinthe de Dédale.

DÉDALE , s. m. On a donné le nom de l'ouvrier i l'ouvrage , et l'on appelle un labyrinthe dédale, du nom de l'architecte qui avoit fait celui de Crète. {Voyez Labyrinthe.)

DÉDICACE, s. f. Les Grecs et les Romains «voient l'usage de dédier les monuincns de toute espèce, publics et privés, aux divinités. Titus fit une dédicace solennelle du célèbre amphithéâtre appelé aujourd'hui le Cotisée.

On gravoit sur les frontispices des mon u mens romains le nom de celui qui les avoit dédies. C'est ainsi qu'on lit encore celui d'Agrippa sur la frise extérieure du Pautliéon. C'étoit un grand honneur d'être choisi pour faire la dédicace des monumeus publics. Le seul avautage qui ait manqué .. la fortune de Svlla , dit Tacite, fut de n'avoir pu dédier le Capitule. Ce bonheur fut réservé à Lutatius Catulu».

Les usages de la dédicace ont passé dans le culte des chrétiens avec presque toules les cérémonies paieDncs , qui n'ont pas même souvent changé de nom. Les églises sont dédiées à quelque saiut, et c'est ordinairement ou sous le porche du temple , ou aux deux cotés intérieurs de la porte d'entrée, que se placent les inscriptions qui font mention de la dédicace.

DEGAGEMENT, ». m. Se dit, dans la distribution des appartenons , ou d'une pièce , ou d'un petit passage , ou d'un escalier dérobé par lesquels on peut s'échapper sans repasser par les mêmes pièces.

Les dégagemens sont essentiels dans les appartcmens pour Li plus grande tranquillité des personnes qui ont quelque représentation a observer, ou de» rapports nombreux avec le public. On peut au moyen des dégagemens aller et venir, circuler dans l'intérieur de la maison , sortir même et rentrer sans que

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ceux du dedans s'en aperçoivent. On peu! aussi faire Tenir par ce» voies dérobées les personne* avec lesquelles on a des rendez-vous qui exigent quelque ne-

No us n'avons pas de notions assez précises sur l'intérieur des maisons chez les anciens pour affirmer qu'on y pratiquoit cet art des dégagemens , qui est devenu une des parties les plus remarquables de la distribution , surtout en r rance.

Il est peu de règles cependant à prescrire en ce genre. L'artifice et la combinaison des dègagemms tiennent surtout à la nature du terrain sur lequel se fait un plan ; et cet art, qui contribue à la commodité du local , peut aussi contribuer a aa symétrie et à sa

En général on peut dire que la perfection de l'art des dégagement consiste en ce que, dans un appartement, on puisse parcourir ebacune des pièces qui le composent sans passer par aucune des grandes pièces qui lui sont contigués. Elle consiste a établir une circulation double , l'une ostensible et publique ; l'autre qui n'est counue que de ceux qui habitent la maison, et dont le public ne peut ni se douter ni avoir

DEGAl CII1R , v. a. Dresser le parement d'une pierre ou l'un de ses joints de lits ou de coupe, avec deux règles droites posées de champ aux deux extrémités du parement, en les bornoyant l'une sur l'autre du même point de vue.

C'est dresser une pièce de bois de charpente pour la rendre droite, ou pour la raccorder scion le biais de la place où elle doit être posée.

C'est dresser uuc planche , un panneau , un bâtis , en le bornoyant ou selon une recherche proposée.

DÉGORGER,*, a. Se dit des loyaux de conduite que l'on vide pour les nettoyer.

DÉGRADATION,», f. Est l'effet dn défaut d'entretien des partie» d'un bâtiment , ce qui le rend caduc ou inhabitable.

DÉGRADÉ, adj. On caractérise ainsi nn bâtiment qui est devenu inhabitable , faute d'en avoir entretenu les couvertures ou d'y avoir fait les autres réparations nécessaires.

Il ne suffit pas de faire des bâtimens solides; le* mieux construits exigent des soins continuels, auxquels est due leur conservation. L'entretien d'un bâtiment consiste à y réparer les plus légers commencemensde dégradation, et à ne leur donner jamais le temps de s'accroitrc. Ln pareil entretien n'est jamais dispendieux. Si on a le malheur de le discontinuer, la somme annuelle d'entretien ne se trouve pins en proportion avec les réparations a faire, le mal fait de* progrès, et bientôt pour réparer un édifice il en coûte autant que pour en construire nn nouveau. Ainsi périssent , par des dégradations incurable», des nio-

fog

DEG

tue les plus

pendant <

On dit d'un mur qu'il est dégradé, lorsque duit ou crépi est tombé et que ses moellons st liaison.

DEGRADER , v. a. C'est détruire la couverture, les enduits ou revêt issemens des murs; gâter et arracher les peintures, dorures, ornemens et décorations d'un édifice ; c'est produire ce qu'ordinairement, beaucoup mieux et plus vite que le temps, savent faire l'ignorance, la barbarie, et les liassions humaines.

DÉGRAVOIEMENT, s. m. C'est l'effet que produit l'eau courante en déchaussant et desaccotant les pilotis de leur terrain par un bouillonnement continuel. On prévient cet effet ou l'on y remédie en faisant une crèche autour du pilotage .

DÉGRAVOYER, v. a. Dégrader, déchausser les pilotis, (foj-ez l'article précédent.)

DEGRE, s. m. Ce mot, dérivé du latin gradin, est en architecture synonyme de marche. Mais l'usage veut qu'où l'applique particulièrement a u x gra nds édifices et aux mouumcus public».

Ainsi l'on dit les degrés d'un temple et le» marche» d'un escalier en bois.

Yitruve nous enseigne 1a proportion des degrés dont se formoient les escaliers de» temples.

« La hauteur des degrés , a mou avi» , dit-il , ne doit point être de plus de 10 pouces, ni moins de 9. Cette proportion rendra la montée facile. Le giron des degrés n'aura ni plus de 7. pieds de large ni moins

d'un pied et demi , et si l'on pratique des degrés tout à l'entour du temple, ils doivent se faire dans la même proportion.

» Les degrés de la face intéricuredn temple doivent être coordonnés de telle sorte qu'ils soient toujours en nombre impair, afin qu'ayant mis le pied droit en montant sur le premier degré, il arrive qu'on le mette aussi le premier *ur le haut des degrés pour entrer dans le temple. »

Cette proportion assignée par Vitruvc aux degrés des temples est , ainsi que l'observe Galiani , un peu différente de celle qne suivent les modernes. Tout dépendant de l'habitude , il est clair que si les degrés anciens nous paroissent peu commode», les nôtres ne l'auroicnt pas paru davantage aux anciens.

Peut-être aussi l'entrée des temples étant moins publique chez le* anciens que chez nous, eut-on aussi moins de raison de sacrifier à la commodité le bon effet que produit dans l'architecture la hauteur des degrés.

Au reste , lorsque les degrés dont se formoit la

élevés, on tailloit dans leur épaisseur de plus petits degrés, c'est-à-dire que d'un degré on en faisoit deux , ou bien ou établissoit sur les degrés de pierre

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un escalier postiche qui doubloit le nombre de» degrés. Le P. Paoli prétend avoir vu le» trace» de cette pratique a un des temple» de Prestnm.

La proportion de» degrés n'étoit pas la même chez les anciens dans leurs édifices privés. Vitruve, liv. \\ , ch. il, nous apprend qu'elle se régloit sur celle du de Pythagore, ce qui dcvoit rendre leurs plus roide» que les nôtres, {fuyez Marche, Escalier.)

DÉGROSSIR , v. a. C'est donner k un ouvrage la première façon , et le disposer à recevoir les autres qui le conduisent à sa perfection.

On dégrossit la pierre et le marbre avec de» ciseaux et maillets , ou avec une pointe affûtée de court et une masse ; le fer au carreau et à la lime ; le bois de charpente avec la rognée et la hache pour l'équarrir ; le bois de menuiserie avec la demi-varlope.

DE.IE1 K , adj . On dit qne la menuiserie est déjelie , lorsque étant faite d un bois qui n'a pas été employé sec , ses panneaux s'ouvrent , se cambrent ,

DÉJOINT, adj . Se dit de toute désunion des parties dont se eoni|>ose un assemblage de planches, de solives . de nierre* . etc.

DELARDER , v. a. C'est en maçonnerie piquer avec la pointe d'un marteau le lit d'une pierre, et démaigrir ce qui en doit être posé en recouvrement. C'est aussi couper obliquement le dessous d'une marche de pierre. Ainsi on dit qu'elle porte son dtlardement.

Délarder, dans la cliarpenterie , c'est rabattre en chanfrein le* arêtes d'une pièce de bois , comme lorsqu'on taille l'arêlicr de la coupe d'un comble , et le dessous des marches d'un escalier de bois pour en ravaler la coquille.

DELIQULE. Terme employé pr Vitruve pour désigner les chevrons qui forment les arêtiers des croiqies des combles, et rejettent l'eau d'un coté et de l'autre , pr opposition avec calliquia , qui recueillent les eaux dans les noues, (t'oyez Colliqii.c.)

DÉLIT, s. m. C'est le côté, le sens différent dn lit que la pierre avoit dans la carrière.

Mettre une pierre en délit, c'est au lieu de la poser de niveau ou en joints sur son ht de carrière, faire de ce lit un parement. Cela s'appelle une malfaçon; la pierre alors est sujette a se fendre, et ne put porter de grands fardeaux.

DELITER, v. a. Poser une pierre, dans un bâtiment, d'un sens contraire à celui qu'elle avoit dans la carrière quand elle étoit sur son lit naturel.

Il y a des pierres qui se délitent d'elles-mêmes; il y en a d'autres si dures qu'elles ne proissent avoir ni lit, ni délit; tels sont les marbres.

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DELORME (Philibert) naquit k Lyon vers le commencement du seizième siècle. On ne cite ps l'époque précise de sa naissance. Quant k celle de sn mort , les uns la rapportent à l'an 1577 , les autre* à

Philibert Delorme peut être regardé comme un de» rénovateurs de la bonne architecture en France. Contemporain de Pierre Lescot , le plus grand architecte français, il n'eut ni la délicatesse de son goût, ni la richesse d'invention , ni la pureté d'exécution qui caractérisent l'architecte du Louvre: mais il l'appliqua davantage à cette autre prlic de l'architecture qui est la construction , et sous ce rapport il s'est fait un nom durable et une réputation qui a survécu k ses tnonumens.

Delorme eut l'avantage d'étudier de bonne heure le* grands modèles de l'art de bâtir. A l'âge de quatorze ans il étoit déjà en Italie. Il y trouva pur protecteur et pour guide Marcel Cervin , amateur de» arts , oui devint pp sous le nom de Marcel IL Témoin du zèle et de* progrès de ce jeune artiste, Marcel le reçut dan* «on plais, et se fit un devoir de contribuer k son instruction. Il lui conseilla de renoncer au pied français dans la mesure des édifice* antiques, et d'nser, ou du plme romain on du pied antique, dont il lui donna les mesures d'après un marbre ancien sur lequel elles se sont conservées.

Euricbi des dépuilles de l'antiquité, Delorme revint à Lyon sa ptrie , en 1 53fï. Il y construisit le prtail de Saint- ÎSizicr, qui consiste dans un renfoncement en cul de four orné de colonnes et de pilastres d'ordre dorique, avec des niche* entre deux. Cet ouvrage fut interrompu pr le voyage que lui fit faire k Paris le cardinal du Bellev. Il est probable même qu'il ne sera jamais achevé, à moin* qu'on ne se détermine a abattre le clocher élevé sur une des prtes latérales, et que surmonte une aiguille en pierre d'une grande hauteur. On admire encore à Lyon, de notre artiste, deux voûtes en trotnpdont la coup de* pierres est d'un artifice avant et hardi pur le temp où travailloit Delorme. Elles sont dans la rue de la Juiverie. Leur saillie est considérable, eu égard k la place qu'elles occupent. L'une est biaise , rampnte , surbaissée et ronde pr devant ; les troi» quart* environ de sa circonférence «ont en saillie. L'autre , qui occup l'angle opposé, est également ronde, et son pite-u-faux est aussi saillant. Toutes deux, décorées des ordres dorique et ionique, portent un cabinet ac- V compgné d'une galerie suspndue , et qui sert a la communication des deux maisons.

Le cardinal du Délier, après avoir attiré Delorme k Paris , le lit connoitre à la cour de Henri II et de ses fila . Le fer à cheval de Fontainebleau fut sa première entreprise. Il ne tarda ps à être chargé de travaux plus imprUns. Les châteaux d'Anet et de Meudon furent bientôt construits sur ses plan*. On I rcmarquoit dans le premier la décoration singulière j de sa façade , ainsi que son horloge , ornée de quatre

triangle escaliers

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chiens de bronze qui annonçaient les heures par leur aboiement, et d'un cerf qui les frappait avec le pied droit de devant. On y admirait aussi uue trompe trèshardie qui souteuoit seule le cabinet du roi. Il ne subsiste plus des ouvrages de Delorme à Mendon qu'une terrasse en briques, reste d'une grotte fameuse qui fut détruite pour édifier le château moderne.

La chapelle de Yillers-Coterets a de notre architecte un portique d'ordre corinthien / aussi remarquable par son goût que par sa construction. Me pouvant trouver ni promptement ni sans frais considérables des pierres assez grandes pour en faire des colonnes d'une seule pièce , Delorme les fit de quatre tambours , et imagina de cacher par des ornement et des moulures les joints de leurs assises. C'est probablement a cet essai que l'on doit les colonnes a tambours de marbre et à bandes sculptées qu'il employa depuis aux Tuileries.

L'un des plus remarquables ouvrages de Delorme fat le tombeau des Valois , construit près de l'église de Saint - Denis. Il fut , a cause du mauvais état de sa construction, démoli en 1719, par ordre dn roi. Il n'est presque pins connu que par les estampes qu'en a gravées Marot. L'extérieur se compoaoit de deux ordonnances de colonnes, l'une dorique, l'autre ionique. Chacune avoit vingt colonnes, et nn plus grand nombre de pilastres entremêlés de niches et de croisées ; nn troisième ordre devoit soutenir une coupole terminée par une lanterne décorée de membres d'architecture.

Une place au faubourg Saint-Honoré du côté du Louvre, occupée par une tuilerie et quelques beaux jardins, parut i Catherine de Médicis, qui vouloit avoir un palais séparé du Louvre qu'habitait Charles IX , un lieu commode pour la construction d'un bâtiment agréable. Ce fut là qu'elle fit commencer le palais des Tuileries , dans lequel Delorme eut à déployer toutes les richesses de son génie. L'histoire veut qu'il ait eu pour associé dans cette grande entrepris»' Jean Huilant {voyez la vie de cet architecte), et qu'il ait partagé avec lui la conduite de l'ouvrage. Cependant, comme on l'a déjà observé à l'article Bt l- WJCT, les change mens survenus dans les détails et l'ensemble de la façade des Tuileries ont fait perdre la trace du goût et de la manière de cet architecte. Il paroîtroit avoir plus présidé aux détails de l'ornement quà l'ensemble de l'ordonnance. Mais le génie de Philibert Delorme a survécu à toutes les révolutions qu'a éprouvées le plus grand édifice de Paris après le Louvre.

Le dessin et les plans des Tuileries dévoient avoir, d'après ce que nous en a conservé Ducerceau , une étendue bien supérieure à celle que nous présente aujourd'hui la ligne de bâti mens à laquelle ce palais est réduit. Catherine de Médicis n'en acheva que le ri-os pavillon du milieu , les deux corps-de-logis contigns formant aujourd'hui galerie, et les deux pa-

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villons qui s'adossent à chacune de ces galeries. Dégoûtée de suivre cette entreprise, elle porta ses dépenses à un autre emplacement , et chargea Huilant de lui construire le palais, qui ne subsiste plus, sur le terrain de l'hôtel Soissont.

Le palais des Tuileries fut cependant continué par Henri IV , augmenté par Louis XIU , sur lesdessius de Ducerceau, de deux corps de bâtimens cl des deux pavillons d'ordonnance composite qui terminent de chaque côté cette ligne d'édilices; et enfin ragréé, réordonné dans tout son ensemble par Louis XIV, sur les dessins de Leveau et de Dorbay.

Cette dernière restauration a fait disparaître beaucoup de parties de l'architecture de Delorme. Le pavillon du milieu n'a conservé de notre architecte que le premier ordre de colonnes ioniques , ornées de bandes sculptées en marbre du côté de la cour, et en pierre dn côté du jardin. Les denx autres étages sont de Leveau et de Dorbar. Il y avoit sous le vestibule un fort bel escalier de Delorme, qui pouroit être considéré comme un chef-d'œuvre de l'art du trait et un modèle de la coupe des pierres. Il étoit rond , à vis , sans noyau , et sa rampe étoit suspendue en Pair. Son diamètre étoit de 27 pieds, qui, divisés en 3 , en donnoient y pour la longueur des marches de chaqne côté , et autant pour la largeur du vide dn milieu. Cet ouvrage par sa position masqnoit sous le vestibule la vue du jardin ; il fut détruit en l66sj<

Les deux ailes de bâtiment percées d'arcades qui sont aux deux côtés du pavillon dont on vient de parler sont encore l'ouvrage de Delorme. Mais la restauration n'en a encore conservé qne l'étage inférieur, orné de pilastres ioniques divisés aussi par des bossages en bandes de marbre, dn côtédu Carrousel. Du côté du jardin ces ailes de bâtiment formoient des galeries qui ont été conservées dans la restauration ; seulement on a changé la décoration richement mesquine de l'étage élevé en retraite au-dessus des terrasses , et qu'on croit avoir été l'ouvrage de Jean Bullant.

Mais la partie la plus estimable du projet de Philibert Delorme, et qui a le moins subi de changemens à la reconstruction de Leveau, est celle des deux pavillons décorés des deux ordres, l'un ionique et l'autre corinthien; la seule modification essentielle qu'ils ont reçue est celle de l'attique , qui dans le dessin nouveau a été simplifié , rabaissé, et ramené a une ordonnance plus sage et plus régulière. On y a de tout temps admiré l'ordre ionique du rez-de-ehaussée : le fût de la colonne , l'entablement et la proportion générale sont dignes d'éloges.

Philibert Delorme peut donc passer ponr le premier créateur d'un des pins grands et des plus magnifiques palais qui soient en France. Quelque changement que le goût des architectes qui s'y sont succédé ait pu y apporter, l'empreinte originaire du style de Delorme n'a pu en être effacée. Elle subsiste

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dans la disposition générale de l'édifice et dans le sh le de sa décoration.

Quant au goût de décoration que Dtlorme a introduit dans le clùtcan des Tuileries , on pent lui faire le reproche que fit A (telle à ce jieintre de l'antiquité qui avoit représentée Hélène chargée de bracelets et de colliers d'or : N'ayant su la faire belle , tu l'as fait» riche.

On voit que Delorme mit tout en œuvre pour développer dans son (talais le caractère de la richesse. Les colonnes à bandes de marbre qu'on voit au rezde-chaussée du pavillon central, du coté du Carrousel, sont bien certainement ce qu'on peut faire de plus richement travaillé en architecture. On diroit des candélabres plutôt que des colonnes. Non-seulement les tambours sont cannelés, mais les bandes de marbre reçoivent elles-mêmes des ornemens de lusrelief, mais les listels de chaque tambour et de chaque bande sont découpés d'ornemens tous diversifiés. Assurément on ne pouvoit orner de pins de bracelets et de colliers une ordonnance de colonnes. Jlais toute cette somptuosité remplace - t-cl)e la beauté simple qui nait d'un fusèlemeut pur et d'une proportion harmonieuse? Cette division du fût de la colonne en six parties n'en rapctissc-t-cllc pas l'effet; et cette richesse qui n'annonce que l'envie de paroitre riche n'est-elle pas plutôt le symptôme de la

Tel est en général le caractère qui résulte de cette fastueuse prétention à la magnificcucc dont le château des Tuileries porte l'empreinte. Si cependant les cannelures guillochées et ornées de tigettes du petit ordre ionique des pavillous ne sont pas de Philibert Delorme, il faut avouer qu'il aurait mis dans cette ordonnance bien plus de sagesse, de grâce et de véritable richesse. Malheureusement les détails de niches et de croisées qui se rclrouvcut dans ses dessins ne sont pas d'un goût à beaucoup près aussi sage, et les restaurateurs des Tuileries ont rendu à Delorme un grand service, en purgeant son architecture de tous les hors-d'eeuvre qu'il y avoit répandus. L'ionique dont on a parlé est vraiment estimable ; il ne lui manque qu'un chapiteau plus pur et plus précieux pour pouvoir entrer en comparaison avec les ouvrages de l'antiquité.

Au reste, l'opinion qu'on doit prendre de Delorme sera celle d'un des maîtres de l'art, quand on saura que Chambray l'a mis au nombre «le ceux entre lesquels il établit sou parallèle de l'architecture.

Philibert Delorme est eu effet auteur de deux ouvrages sur l'architecture et la construction qui assurent à son nom une gloire peut-être plus réelle, mais à coup sûr plus durable que celle qu'il doit à ses

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imprimé et publié séjarement , a pour titre : A'ouveile invention pour bien bâtir, et à petits frais. Dans son Traité d'architecture, Philibert De/or

Le premier de ces ouvrages est un Traité complet d'architecture , en neuf livres ; le second . qui fait suite a ce traité dans quelques éditions , mais qui fut

embrasse tontes les notions théoriques et pratiques dont se compose la science de l'architecture.

Le premier livre traite des considérations préliminaires a l'assiette d'un bâtiment, dn choix de l'architecte , des qualités que doit avoir celui-ci , de l'exposition des édifices , des devis , dessins et modèles . des pierres , marbres et matériaux , de la chaux et de la manière de la faire et de l'employer, des divers arts qui entrent dans la composition d'un édifice.

Le second livre embrasse les notions géométriques applicables a l'art de bâtir, et surtout aux fondations des bâtiroens, la manière de raffermir les terrains sur lesquels on veut fonder , soit sur terre , soit dans l'eau.

Le troisième livre a pour objet la disposition des étages souterrains, la coupe des pierres et l'art du trait.

Le quatrième livre est une suite du troisième , et ] comprend l'art des voûtes, des trompes, des escaliers à vis simple et double.

Le cinquième livre se compose des notions relatives aux ordres et aux colounes toscanes, doriques , ioniques , des mesures et proportions de ces ordres , et des autorités ou exemples pris dans l'antiquité.

Le sixième livre ne traite que de l'ordre corinthien , de son origine , de ses proportions et de ses

Le septième livre est affecté à l'ordre appelé eomposite.

Le huitième livre renferme les détails relatifs à la décoration des arcs , portes et ouvertures des bâtimens , ainsi qu'aux mesures des portes dorique , nique et corinthienne, à la disposition des dans les bitimens , et a la forme des lu tites fenêtres qu'on met aux étages sup

Le neuvième livre est une théorie assez complète sur les cheminée* , leur forme , leur leur décoration , et les procédés par médie aux inconvéniens de la fumée.

L'autre ouvrage de Philibert Delorme contient une découverte infiniment précieuse, et que nous avons vu ressusciter de nos jours.

Voici ce qui donna lieu a cette belle invention de l'art de bâtir. C'est Delorme lui-même qui va parler.

« Comme je considérais la nécessité et peine qui est aujourdhui et sera désormais pour trouver si grands arbres qu'il faut pour faire poutres, sabliers, pannes , chevrons et autres telles pièces requises pour les logis des princes et seigneurs, davantage que je prévoyois grande défaillance , non-seulement desdiU grands arbres, mais aussi des moyens tels qu'il faudrait pour faire les couvertures de si grands logis qui m'a fait penser de longue main comme l'on r pourrait remédier, et s'il serait possible, en telle , trouver quelque invention de se pouvoir

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aider de tonte* sortes de bois, et encore de toutes petites pièces, et se passer de si grands arbres que l'on a coutume de mettre en reuvre.

» Sur quoi il m'advint un jour d'en toucher quelques motsau feu roi Henri II , étant à table. Mais quoi? Les auditeurs et assistons, pour m 'avoir ouï parler de si nouvelles choses , et si grande invention , tout à coup me reculèrent de mon dire, comme si j'eusse voulu faire enteudre à ce bon roi quelques inciiteries. Voyant donc faire un jugement si soudain de ce qui n'étoit encore entendu , et que le roi pour lors ne disoit mot. je délibérai ne plus rien mettre en avant de tels propos , commandant de procéder aux bàtimens comme l'on avoit accoutume.

» Quelque temps après la rciuc-mère délibéra faire couvrir un jeu de panlmc à son château de Monceaux , pour donner iilaisir et contentement an feu roi Henri. Et voyant qu'on lui en demandoit si grande somme d'argent , cela me fit reparler de relte invention; cl fut ladite dame seule cause que je la voulus éprouver.

. Donc j'en fis l'épreuve au château de la Muette, ainsi que plusieurs ont vu , et en autres divers lieu» , selon la façon décrite en ce présent livre : laquelle épreuve se trouva si belle et de si grande utilité, que lors chacun délibéra en faire son profit et s'en aider, voire ceux qui l'avoient contredite, moquée et débattue. laquelle chose étant venue jusqu'aux oreilles du roi, qui avoit vu et grandement loué ladite épreuve , il me commanda en faire un livre , pour être imprimé , afin que la façon fût intelligible à tous, a

La méthode de char|>cnte de Philibert Déforme consiste à substituer aux fermes de charpentes ordinaires et aux chevrons qui les séparent , des courlis composées de deux planches de bois quelconque , longues de 3 ou 4 pieds , larges d'environ un pied , et d'un pouce d'épaisseur, assemblées en coupe et en liaison , suivant l'épure de la courbe , soit en ogive , soit en plein ceinlrc , soit en ceintre surbaissé.

Pour que ces courbes aient de la force , elles doivent être placées de champ, bien à plomb , et assemblées par leur pied dans une plate-forme de charpente posée de niveau sur les murs de face du bâtiment.

Pour entretenir ces planches dans lenr position , on y pratique des mortaises dans lesquelles on introduit des liernes percées a distances convenables, et remplies par des coins qui serrent les courbes et les empêchent de s'incliner; car toute leur fore.» dépend de leur position perpendiculaire.

Le premier avantage de cette méthode est donc de substituer à des bois d'une grande force et d'une grande longueur, suivant les diamètres des espaces à couvrir, des bois minces et courts, et de peu de valeur en comparaison des poutres, pannes, poinçons, arbalétriers, etc. employés dans la méthode ordinaire.

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Le second avantage est de pouvoir former, par ce procédé, une voûte de telle forme qu'on le désire, dont l'intérieur est absolument libre, et propre à toute espèce d'usage d'habitation , de décoration ou d'utilité, comme logemens, galerie - . granges, magasins immenses, etc. au lieu des greniers ordinaire* que les pièces de bois multipliées de la charpente de combles remplissent et rendent inhabitables.

Le mérite de cette invention consiste encore a disposer ces planches courtes en coupe et en liaison , comme les claveaux d'une voûte, de manière à leui en donner la solidité avec une légèreté bien supérieure, en sorte que les murs étant peu chargés n'ont pas besoin d'une grande épaisseur.

Cette charpente à uu présente l'aspect d'une vonte de treillage dont les courbes, espacées a. un ou deux piedl entre elles, suivant le poids de la couverture qu'elles ont a supporter, forment les parties verticales, et dont les liernes composent les j«arties horizontales qui lient les courbes et les maintiennent de champ et bien d'aplomb dans toute leur étendue.

L'intérieur de cette charpente peut recevoir un plafond de | I *>--<■ ou autre, comme l'extérieur peut se couvrir en tuiles, en udmet, etc.

Pour augmenter la solidité de cette charpente, on doit assurer son piod par deux coyaux ou petites conti-e-fiehes qui forment l'égout du" toit , en prenant chaque courbe à une certaine hauteur, et la contre-butant de manière a ce que leur pied ne puisse point s'écarter. Ces coyaux vont s'appuyer sur une autre plate-forme placée sur la saillie de la corniche, et sont liés aux courbes par de petits liens, afin de former corps avec elles et d'offrir une résistance contre la tendance qu'elles auraient à s'écarter.

Au sommet des courbes qui composent la charpente, on place des prolongeincns qui lui donnent la forme pyramidale des toits ordinaires. Ces prolongemens sont fixés par une légère entaille sur la courbe, et entretenus par quelques cours de liernes.

Le taillis de la couverture achève de donner à cet ensemble une solidité égale à celle des charpentes que cette méthode remplace. Elle les surpasse encore par la facilité d'y faire des réparations. En effet, on peut substituer une pièce a une autre avec une extrême facilité , et décomposer ou recomposer pièce à pièce tout l'assemblage, saus que la désunion des partiel opère la ruine du tout.

Tous les bois sont également propres a cette construction ; cependant ceux qu'on nomme bois blancs sont préférables, à cause de leur graude légèreté. Parmi ceux-là sont le pin , le sapin , le tilleul , le hêtre, le peuplier même, etc.

La largeur des planclies peut être depuis G et 8 pouces jusqu'à |5, et même au-dessus : (i ou 8 pouces suflisent |*)ur les toits dont le diamètre ne passe roi t pas |5 à 18 pieds; 9 à 10 pouces s'emploieront dans les diamètres de 18 » 3o pieds; les

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planche» d'an pied à 16 ponce» seront réservées pour

DELOS. Les ruines dont 11k de Dtlos est couverte , dit M . de Choiseul-GoulBcr, prouvent la vénération de* ancien* pour cette île bien mieux encore que les odes de Callimaquc et de Pindare. La piété des Grecs, toujours a» ides de merveilles, sembla trouver de nouveaux motifs dans les fables dont on ennoldit l'origine de Dclos. D'abord flottante au gré des vents, elle n'est fixée que pour offrir â la mallieureuae Latone un asile que le reste de la terre lui refuse. Diane el Apollon y reçoivent le jour, on y élève des temples, el la voilà consacrée à jamais par le culte le plus universel.

En arrivant à Pelas (c'est le même voyageur qui parle ) , on trouve sur le bord de la mer des colonnes et quelques piliers de granit Des ruines se présentent comité; c'étoient de vastes portiques que Ptiili|>|tc de Macédoine avoit fait élever. Les colonnes qui soulenoient ce monument sont d'ordre corinthien , et ont cela de particulier, qu'elles ne sont cannelées que dans leur partie supérieure ; le reste est seulement taillé à pans, de manière que leur coupe horizontale forme un polygone.

l'n peu sur la gauche étoit le fameux temple d'Apollon ; il est tellement détruit, ses fragmens même sont si défigurés, qu'il seroit impossible de rien déterminer sur le genre, de son architecture , si Pausanias et ^ itruve ne nous apprenoient qu'il étoit d'ordre dorique. Suivant Le Hoi, les colonnes avoient, prises ensemble avec le chapiteau , l4 pieds et demi. Le diamètre inférieur étant de ?. pieds 8 pouces, il en résulte qu'elles n'ont pas 6 diamètres de hauteur. La colonne, lisse dans toutes.) hauteur, n'a de cannelures qu'a ses extrémités (c'est-à-dire que le monument n'a pas été terminé).

Parmi tant de débris on trouve encore les restes d'une stttuc d'Apollon. Ce colosse, d'un seul bloc de marbre, avoit pieds de hauteur, à en juger par les proportions des parties qui pxisteut encore. Il est en avant du terrain que le temple paroit avoir occupé, et près d'une base sur laquelle il est vraisemblable qu'il étoit placé. On lit celte inscription : Les Naxiales à Apnllon. *

Derrière le temple sont les ruines de l'ancienne ville de Prias. En prenant sur la gauche on trouve un bassin ovale, que l'on croit avoir servi à donner ces simulacres de combats dont le peuple étoit si avide. Ce bassin n'a que toise* l pied sur son grand diamètre, et sa profondeur est de j pieds. Aiusi , en supposant qu'il soit comblé de quelques pieds, comme cela est vraisemblable, on sent cependant de quelle petitesse dévoient être les galères qu'on cm pli n oit à ce* spectacles.

Plus au nord , et vers la mer, est nn vaste édifice, ta tradition veut que ce soit un gymnase , et les

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