‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 156 sur 258 · DET · texte numérisé non relu

DET

portions. Je me contente de remarquer que ce mérite ne constitue pas celui de l'architecture, et qu'on peut faire sans une si grande propreté de lavis, ou sans le pittoresque et l'effet des clair» ou des ombres nuancées comme dans un tableau, d'aussi bons dessin* d'architecture et aussi propres à l'objet principal auquel on les destine, qui est l'exécution.

DESSUS DE PORTE, ». m. Nom général que l'on donne à tout objet de décoration ou d'ornement placé au-dessus du chambranle d'une |>orte. Ce n'est ordinairement qu'aux portes des intérieurs d'édifices qu'on applique cesobjets d'orncmens,et ils sont ou des lambris, ou des panneaux , ou de» compartimens , ou des liiblraux , ou des bas-reliefs, ou des cadres. Ces objets doivent être en proportion prec les chambranles des portes, et en rapport ave. la décoration générale de l'intérieur.

DÉTAIL , ». m. On se sert de ce mot en architecture par opposition au mot ensemble, pour exprimer toutes les parties, soit de la modénature, soit de l'ornement , qui , sans constituer le mérite essentiel d'un ouvrage, ajoutent beaucoup a sa perfection par leur bon choix et leur judicieux emploi.

L'édifice qui ne brille que par l'exécution des détails n'anra qu'un éclat passager. C'est par la conception de l'ensemble, par l'ordonnance et la composition des masses, que l'architecte doit chercher les I véritables moyens qui produisent en grand l'effet d'un monument. Mais qu'il ue dédaigne pas non plus les détails : l'analyse naturelle que le spectateur fait d'un édifice le conduit à observer les détails après avoir examiné l'ensemble; les spectateurs ignorans sont même souvent plus arrêtés par les détails qu'ils ne sont frappés de la masse.

Il importe donc de soigner les plus légers détails de l'architecture. Bien de» édifices, si l'on pouvoit les purger des tlétails vicieux qu'ils renferment, de~ viendroient des édifices nouveaux, et gagneraient plus qu'on ne pense à cette perte ; c'est ce qu'on remarque surtout à beaucoup d'ouvrages où la mauiede la division et des petites choses corrompt l'effet des masses et altère les sensations qne produirait leur ensemble.

On distingue dans l'art de bâtir deux espèces de détails. Les uns ont rapport à la forme des parties d'un édifice ; ce sont des dessins en grand et des developpemens qui servent a guider les ouvriers dans l'exécution des ouvrages dont ils sont chargés. Ces détails indiquent par des cotes les dimensions de toutes les parties, et par des notes la nature des matériaux et la manière dont ils doivent être façonné* et employés. Il est très-iinportaut que l'architecte ou l'inspecteur chargé de fournir aux ouvriers ces différons détails , ait une connoissanec particulière de toutes les espèces de matériaux dont on a coutume de se servir pour la construction des édifices, afin de les employer à propos ; il faut qu'il en connoisse la nature , les propriétés, et la manière de le» mettre en

DES

«uvre. L'autre espère de détails sert .'. évaluer les ouvrages faits ou a faire ; ils se composent de ta qualité et quantité des matériaux, et des différentes opérations nécessaires pour les mettre en oeuvre. Quant aux détails relatifs à l'évaluation des ouvrages, en voici quelques exemples.

Supposons qu'il s'agisse d'évaluer un mur en pierre de taille de 3o pouces d'épaisseur; oo trouvera par le calcul qu'il faudroit 90 pieds cubes de pierre pour former une toise de ce mur; mais on a coutume d'ajouter un seizième pour le déchet, ce qui produit 1 o5 pieds cubes.

Pour la charpente, on indique la quantité et U qualité du bois, le travail , le transport et la pose : le tout s'évalue ordinairement à raison du cent de pièces; la pièce vaut trois pieds cubes.

Pour la couverture. S'il s'agit d'an comble couvert en ardoises , en rappelant ce qui a été dit aux articles ardoise et couverture , on trouvera qu'en se servant d'ardoises de l'espèce apjicléc ardoise carrée, dont la largeur est de 7 pouces et demi . et en les jiosant à 4 pouces du purcaii , ainsi qu'il est d'usage , un millier peut faire 5 toises deux tiers de superficie ; de sorte que pour une toise superficielle il faut 175 ardoises.

Dans l'usage ordinaire on n'accorde pour les ouvrages de charpente et de couverture ni dixième ni vingtième pour bénéfice et faux frais , parce que la manière de toiser en tient lieu. Il est reconnu de fait qu'il est plus avantageux pour celui qui fait bâtir de faire renoncer l'entrepreneur au mode abusif du toisé d'usage , en lui allouant le dixième ou le vingtième pour son bénéfice et faux frais.

On peut faire de semblables détails pour les ouvrages de menuiserie , en toisant la quantité de bois entre dans l'ouvrage qu'il s'agit d'évaluer, et int un article à part pour chaque espèce différente , que l'on distingue selon leur qualité et épaisseur. Ou toise ensuite les surfaces blanchies ou corroyées, ainsi que les moulures; on évalue les mortaises, les rainures et languettes ou les joints simples ; les débillardcmens , les assemblages de sujétion ; enfin le trans|x>rt et la pose en place.

Les ouvrages eu fer s'évaluent au poids ; on les distingue 1* en gros fers, comme ancres, tirans, étriers, chevètres, manteaux de cheminée, fantous, etc.

1" En fer» façonnés, comme rampes d'escalier, balcons, grilles, et autres ouvrages de cette espèce.

3° Enfin en ferrures, telles que pentures, gonds, serrures, fiches à vase , a bouton ; espagnolettes, verroux , etc.

La peinture d'impression s'évalue à la toise , la vitrerie au pied ; le plomb se pèse. Pour se former une idée des détails, il faut consulter la dernière édition de Hullct par Seguin ; le Guide de ceux qui veulent bâtir, par Lecamus de Mézière» ; la nouvelle édition des Détails de menuiserie de Potain ; les Détails de serrurerie par Bonot. Quant aux prix , il faut

DET 5*i

les établir d'après ceux des matériaux, des transiiorts, et des journées d'ouvriers. Pour le faire d'une manière équitable il faut beaucoup d'expérience et une connoissance parfaite de tous les arts qui concourent a la construction des édifices, afin d'évaluer avec justesse les différentes opérations que peut exiger chaque nature d'ouvrage.

DETREiMPE, s. f. On appelle de ce nom une manière de peindre avec des couleurs broyées à l'eau et a la colle , qu'on emploie sur le plâtre , le bois, la peau, U toile et le papier sec. On s'en sert pour les esquisses, les projets, les décorations de théâtres et de fête» publiques.

Les peintures en détrempe se conservent long-temps lorsqu'elles sont à couvert des injures de l'air. Les j couleurs eu sont vives et ne changent point ; leur effet I est d'autant plus éclatant qu'elles sont exposées à une grande lumière. Il y a lieu de croire que cette peinture est La première dont on s'est servi.

DÉTREMPER , v. a. C'est délayer la chaux avec de l'eau en la remuant avec le rabot dans le bassin.

DÉTRIANUS, rehitecte de l'antiquité , qui vécut sous le règne d'Adrien. Plus heureux ou plus adroit qu'Apollodorc , Détrianus sut captiver les ] bonne» grâces d'Adrien , qui lui confia la conduite I des plus importans édifices de Rome. Il répara le Panthéon d'Agrippa , la basilique de Neptune , le forum d'Auguste , les bains d'Agrippine , et plusieurs autres monumens qui tombolcnt en ruine ou qui a voient été détruits par le feu.

Détrianus éleva un temple magnifique en l'honneur de Trajan. Mais son chef-oVceuvre fut le mausolée d'Adrien et le pont ;Elien, qu'on nomme aujourd'hui le pont Saint-Ange.

Le» constructions qui restent encore aujourd'hui du tombeau d'Adrien , sous le npjn de château Saint- Ange , attestent la grandeur de l'entreprise. La magnificence que Détrianus développa dans ce monument se confirme par les colonne» de la basilique de Saint -Paul hors des murs et la pomme de pin du Vatican, qui furmoient sa décoration et son couronnement. Si de telles autorités, si les détails de la construction et de la forme de la masse de ce tombeau , suffisent aux restaurations que plusieurs architecte» en out faites , l'édifice k composoit d'un grand souordres ou étage» en retraite l'un sur l'autre. 1^ premier .K,ir de quarante-deux colonnes isolées formant galerie circulaire, le second étoit en pilastres ; tous deux surmontés de statues. Le couronnement étoit une espèce de coupole revêtue de bronze , à laquelle la pomme de pin du Belvédère servoit d'amortissement.

Ce tombeau , qui servit a renfermer les cendres non-seulement d'Adrien , mais encore de la famille des Antonins, étoit entièrement revêtu des plus beaux marbres de Paro».

GG

5« DEV

Détrianuj paraît avoir réuni à la gloire de grand architecte celle d'habile mécanicien. Il trouva le mot en de transporter d'un lieu dans uu autre le temple de Cérès, <[ue l'on notnmoit la Bonne Dresse. (Quelque difficile que paroisse une telle opération , elle ue peut cependant pas «c ranger au nouilnv des choses impossibles ou invraisemblables , surtout si le temple, composé de grosses pierres, fut susceptible de se prêter à une déeonstruction régulière.

Dr Inanus aurait eu besoin encore de la science de la mécanique pour transporter, comme on dit qu'il le lit , dans le même lieu , debout et suspendu , le colosse de Néron , qui étoit de brunie et avoit 120 pieds de haut. C'est un malheur pour les arts que de tels procédés ne nous aient pas été transmis par l'histoire.

Quoique Détrianus passe pour avoir été l'architecte favori d'Adrien, ce prince lit élever ou restaurer tant d'édifices dans tontes les parties et dans la capitale de l'empire, qu'il faut bien que d'autres artistes aient eu part à sa confiance. Mais il paroit que Détrianus fut celui qui sut le mieux seconder ses vues ambitieuses en ce genre et s'accommoder à son humeur jalouse. (fores Adrien.)

DÉTRUIRE, v. a. Abattre, démolir, dépecer un édifice.

DEVANT, adv. C'est la partie antérieure d'un monument, d'un ouvrage quelconque; c'est celle qui se présente la première. On dit : la façade de devant d'un bàtimcut, un devant d'antel.

DEVANTl RE, s. f. C'est en géuéral la face antérieure ou le paremeut d'un objet quelconque. On dit la devanture d'une maison , d'une alcove , d'une boutique , etc.

C'est aussi la ruilléc de plâtre que les couvreurs font au |)ied d'utic fourche de cheminée pour raccorder les tuiles ou les ardoises.

DÉVELOPPEMENT, s. m. Faire le développement d'une pièce de trait , c'est se servir des lignes de l'épure pour en lever les diflercus panneaux.

DÊVELOMEMEvr Dt hessim. C'est la représentation de toutes 1rs faces, de tous les profils, de toutes les parties du dessiu d'un bâtiment.

DÉVELOPPER, v a. Faire le développement d'uue pièce de trait, d'un dessin.

DEVERS, adj. Les charpentiers donnent cette épithète à l'inclinaison d'un corps , comme d'un j»>tcau posé obliquement dans nn pan de bois ou d'une autre pièce de charpente mise en place du coté de la courbure , telle qu'une force de comble.

Le mot dévers signilie encore le gauche d'une pièce de bois : c'est pourquoi les charpentiers piquent ou marquent une pièce de bois suivaut son devers, pour mettre eu dedans le coté deversé.

DEV

il DEVERSER, v. a. C'est pencher ou incliner une pièce de bois.

DÉVÊTIR , v. a. C'est ôter, arracher un revêtissemetit.

DEVIS, s. m. Est un terme de l'architecture pratique par lequel on indique une description, ou uu état détaillé de toutes les parties d'un ouvrage que l'on se propose de construire, en décrivant la forme et les dimensions de chaque partie, la manière de les faire exécuter, la nature des matériaux qui doivent y être employés, et enfin l'évaluation de U dépense que cet ouvrage pourra occasioner.

Comme c'est d'après le devis que l'on a coutume de traiter avec les entrepreneurs et ouvriers pour l'exécution d'un ouvrage , on ne saurait prendre trop de précautions pour le rédiger de manière à ne rien oublier de tout ce qui peut contribuer à sa perfection, en se renfermant dans les bornes d'une juste économie.

Un devis bien fait est nne espèce d'instruction à laquelle les entrepreneurs et ouvriers doivent se conformer dans l'exécution des travaux qni leur sont confiés : c'est pourquoi il est essentiel , avant de le dresser, d'arrêter, par des dessins exacts, la forme et les proportion» de toutes les parties de l'ouvrage qu'il i s'agit de construire, afin de fixer invariablement ce j qui doit être exécuté. Les dessins étant bien arrêtés, 1 on commencera le devis par une description sommaire de l'édifice projeté, dont on décrira les formes générales et les principales dimensions : on fera eo- ■ suite un article particulier pour chaque genre d'ouvrage, en suivant l'ordre de leur exécution.

Si l'édifice exige des fondemens, on expliquera comment ils doivent être faits , et les précautions à prendre pour reconnoitre la fermeté du sol sur lequel ils doivent être élevés. Si l'édifice doit être dans l'eau ou dans un lieu aquatique, ou indiquera les movens de faire les épuiseinens ; s'il est nécessaire de battre des pieux , de former des grillages de charpente, des plate-formes ou encaissemeus, on désignera les matériaux qui doivent j être employés et la manière dont ils doivent être façonnés et mis en œuvre.

On passera ensuite à la description des ouvrages à ériger au-dessus des fondemens, en détaillant chaque nature d'ouvrage, comme les murs, les colonnes, piédroits, voûtes, planchers, doisous, cheminées, couver! lire. On fera uu article séparé pour chaque 'I objet, tel que la maçonnerie, la charpente, la couverture, la serrurerie, fa menuiserie, vitrerie, plomberie, peinture d'impressiou, et autres.

Pour fa partie de 1a maçonnerie, on indiquera fa 1 nature des pierres , moellons, plâtres, mortier, comment ces matériaux seront façonnes, employés, toi- | ses et évalués.

Pour fa charpente, on indiquera fa nature des [ bois , leurs dimensions , fa manière dont ils seront

DEV

combinés pour former les comble* , les planchers cloisons et autres ouvrages.

Pour U menuiserie , on désignera les qualités de bois, en chêne, en sapin pour les lambris, portes et croisées , dont on fixera la forme et les dimensious par des dessins , d'après lesquels on arrêtera leur valeur à tant le pied ou la toise , mesuré géométriquement ou avec usage, pour éviter toutes les coo-

DEV

Pour la serrurerie , on distinguera les ouvrages en gros fer, tels que les tinins, ancres, harpons, étriers, de ceux qui exigent plus de travail et de soins , tels que le* rampes d'escaliers, balcons, grilles de fer, etc.; enfin les ouvrages de serrurerie proprement dits, tels que ceux qui servent à la fermeture des portes et croisées, comme les pentures , gouds, serrures, espaguolettcs , fiches à vase, loqueteaux et autres.

Il est d'usage d'évaluer les gros fers à tant le cent pesant. Les grilles et rampes s'évalueut souvent à la toise courante ou superficielle , ou à la pièce; quelquefois même on détaille ces différens ouvrages pour en apprécier plus justement la valeur. Les devis et dessins réunis servent a fixer les formes et la manière dont ces ouvrages doivent être exécutés, et à indiquer comment ils doivent être placés.

Pour la couverture, on désignera la forme des combles; on énoncera s'ils sont couverts en tuile ou en ardoise, en cuivre, en plomb, ou en dalles de pierre ; comment seront faits les faitages , les noues , les gouttières , chèneaux , lucarnes , etc. en faisant le détail de ebaque sorte d'ouvrage pour fixer la manière dont ils doitent être exécutés, ainsi que leur juste valeur.

Il en sera de même pour les autres objets , comme vitrerie, plomberie et pciuture d'impression ; on s'attachera surtout à prévenir tous les abus et les infidélités qui peuvent naitre de la cupidité des entrepreneurs et de la négligence des ouvriers, afin que l'ouvrage se fasse avec toute la perfection et l'économie dont il peut être susceptible.

Après avoir pourvu à tous le* objets relatifs à la construction de l'édifice, on aura soin de spécifier la ière dont se fera la vérification et la réception de les ouvrages qui le composent : il faudra aussi

de paiement , en ; stipuler qu'une

partie du prix total ne sera payable qu'après U réception, afin qu'elle puisse servira garantir la solidité et la bonté des travaux faits, jusqu'à leur entière vérification.

Enfin, toutes les parties d'ouvrages qui ne seruient pas susceptibles de vérification ne peuvent être payées que sur des atUchemens certifiés pr l'architecte, et c'est encore là une circonstance qu'il ne faut pas omettre de spécifier dans la partie du devis relative au paiement des travaux à exécuter.

Nota. S'il se trouve un vieux bâtiment à démolir,

indiquer les différentes époques de ayant soin , ainsi qu'il est d'usage , de s

dont les matériaux puis«ent servir à la construction du nouvel édifice , il faudra indiquer les précautions nécessaires pour que U démolition s'en fasse de manière à conserver les matériaux utiles et empêcher qu'ils ne puissent être détériorés ni détournés par

préalablement un état «le tous les matériaux en place avant leur démolition : ces matériaux doivent être rangés suivant leurs différentes natures, afin de pouvoir être donnés en compte aux entrepreneurs , ou leur être confiés pour être de nouveau mis en œuvre eu justifiant de

DEA ISE, s. f. C'est dans la décoration des édifices un ornement , ou |»cint , ou de sculpture en basrelief, composé de figures allégoriques et d'épigraphes servant d'attributs ou d'emblèmes. Telle étoit la devise de Louis XIV, que l'on trouve sur les médailles de son règne et sur presque tous lesmonumens qu'il a fait élever. Eue se compose d'un soleil rayonnant et de ces paroles : Nec piurtius impur. Celle

terne, avec ces mots : Non ut videur. La ligure s 'a|>pelle le corps, et l'inscription l'ame de la devise.

DEYOIEMENT, s. m. Se dit, en de l'inclinaison d'un tuyau de cente , etc.

DÉVOYER , v. a. C'est détourner de son aplomb un tuyau de cheminée ou de descente , une chausse d'aisance ; c'est aussi mettre en ligne un tenon ou toute autre chose I

DEXIPriAXES, architecte de l'antiquité , naquit dans l'ile de Chypre. Il vécut sous le règne de la fameuse Cléopàtre, dernière reine d'Egypte. Ce fut lui qui rétablit le phare d'Alexandrie, vingt-huit ans avant l'ère vulgaire, et fit construire une jetée pour le joindre au continent. Cet architecte eut pour sa récompense une charge très-considérable, et la direction de tous les hàtimens que cette princesse fit construire dans la suite. Il y a déjà du temps que les dépôts continuels que le IV il porte à son embouchure ont réuni la petite ile de Plia ru* à la terre f

DIABLE, s. m. Nom qu'on donne à de chariot à deux roues, avec lequel les portcut les pierres, et q ne de* manœuvres et font rouler en s'attelant des deux côtés du

DLETA.Ce mot, le même que le grec /i«rr«, a dans les auteurs anciens , et surtout dans les descriptions que Pline le jeune nous a laissée* de ses deux maisons de Campagne, des significations asscr différentes : il signifie ou «aile à manger, ou salon , ou compose de plusieurs pièces.

DLEÏL LA. Est le diminutif de diata.

DIAGONALE , i. f. Ligne droite qui passe d'un angle i un autre dan» un quadrilatère.

DIAMÈTRE, s. m. Ligne droite tirée d'un point à un autre point d'une circonférence , en passant par le point du centre.

Le demi-diamètre en est la moitié , c'est-à-dire la ligne qui du centre aboutit à la circonférence.

On prend ordinairement le diamètre de la colonne pour module, c'est-à-dire mesure de la pro|Kirtiou de la colonne elle-même, et des parties de l'ordonnance. {Voyez Module.)

La colonne ayant ou pouvant avoir des diamètres differens, à raison des renflemens ou diminutions que son fut peut comporter, on dislingue ordinairement trois sortes de diamètres.

Le diamètre pris au pied de la colonne ou audessus de sa base , si elle eu a une , est celui qu'on prend pour module.

Le diamètre de renflement ; c'est celui qui se prend au haut du premier tiers inférieur de la colonne.

Le diamètre de la diminution , ou celui qui est pris au plus haut du fût de la colonne , au-dessous du congé de l'astragale.

DIATONI. C'est ainsi, selon Vitruve, que les Grecs appeloient, dans la construction des murs, des pierres à deux pareiucus, plus longues que larges, qui formoient l'épaisseur entière d'une muraille et lui donnoient une grande solidité.

DIA STYLE. Est une des cinq manières d'espacer les colonnes usitées par les anciens. L'entrecolonncment diattyte, d'après Vitruve, étoit de trois diamètres, il tenoit le milieu entre le sistyle cl Varatostyle. Ce dernier étoit le plus large et le plus espacé de tous. {Voyez Ar.eostyle.) Le diastyle avoit l'inconvénient, ajoute \itruve, que 1rs plates-baudes des architraves , à cause de leur trop grande portée , étoient sujettes à se rompre.

DIAZOMATA, étoient, dans la circonférence des gradins des amphithéâtres ou théâtres, les repos ou paliers que l'on ménageoit de distance en distance. On les appeloit ainsi, parce que ces larges gradins de repos fonnoieut à la vue des zones qui ressembloient à des ceintures.

DIDORON. Mesure de deux palmes. C'était le nom que les Grecs avoient donné à une des trois espèces de briques qu'ils rmplovoicnt.

Vitruve, liv. il, chap. m, nous apprend que le didoron des Grecs rorrrs|>ondoit à la nature des briques qui, chez les Romains, avoient un pied de long sur uu demi-pied de large.

Comme 2. palmes grecs forment un demi-pied , Galiani infère de la dénomination ton que la mesure qui dounoit son nom aux briques n'était pas celle du grand côté, mais celle de la face, qu'on met-

DIM

l| toit en parement, bien qu'elle fût la plus petite.

j (Voyez Brio,ie)

i DIETERLING de Strasliourg , peintre et architecte, vécut dans le seizième siècle. Il a écrit sur l'architecture, et donné les destins d'un grand nombre

'i d'édifices élevés en Allemagne.

K On a imprimé à Nuremberg, en 1 ii 1 | , un Traité d'architecture de cet auteur, en allemand , in-folio.

DIGLYPHE. Qui a deux gly/ihes ou gravures en creux, telles que celles qu'on pratique dans les triglvphes.

Vignot a a employé des diglyphcs à des consoles qui entrent dans la composition d'un entablement mêlé de dorique et de corinthien , dont il a , dit-il , usé souvent avec succès au couronnement de plus d'un édilice. Cet entablement se trouve dans son Cours d'architecture, et en termine les planches.

Uoffrand l'a imité dans son hôpital des Eufaos- Trouvés à Paris.

DIGL'E, s. f. (Anh. hydraul.) C'est un massif de terre, de pierre, de charpente, de fascinage, etc. dont on fait un olntacle à l'entrée on au cours des eaux. Cet article est un des plus importai» de l'architecture hydraulique. Nous en dirions trop pour cet ouvrage , et trop peu pour le sujet , si nous voulions seulement en effleurer la théorie, Nous renvoyons donc le lecteur au Dictionnaire des Ponts-et- Chaussies.

DIMENSION, a. f. Ce mot est synonyme de mesure. On dit les dimensions d'un édifice : cela signifie les mesures de sa longueur, de sa largeur, de sa hauteur. Les dimensions diffèrent des pro|jortioos comme les mesures différent des rapports. Les proportions consistent dans le rapport de toi ,es les dimensions entre elles.

La grandeur des dimensions ne donne pas toujours, en architecture, la véritable grandeur: un petit édifice peut avpir de grandes pro|wrtious ; un édifice peut avec de grandes dimensions paraître petit. Cependant il faut avouer que la grandeur des dimensions produit toujours un effet sur les sens, lorsque celle des proportions s'adresse particulièrement à l'entendement.

DIMINUTION, s. f. Les ancien» appeloient contractura [voyez ce mot) ce que nous appelons diminution dans les colonnes , et qni consiste dans uu rétrécissement graduel du fût de la colonne , ou du bas en haut, ou du tiers de la colonne en haut ,

I lorsque celle-ci éprouve un renflement.

Les uns ont cherché l'origine de la diminution des colonnes dans l'imitation des arbres qui ont pu leur servir de type; les autres, comme Vignole, ont cru voir la cause de la forme du renflement dans l'an.-.-

II logic avec la conformation du corps humain. Tontes

DIM

ces élyroologies sont aussi problématique que les recherches qu'on en a fait août oiseuses. Il n'est pas nécessaire non plus d'aller en Kg* pie j>our trouver la raison de la forme pyramidale que le goût, d'accord avec le bon sens, a donnée aux colonnes.

Pour satisfaire, dit judicieusement Perrault, aux deux choses qui sool les plus importantes dans l'architecture , savoir, la solidité et l'apparence de la solidité, laquelle fait une des principales parties de la beauté de l'architecture , les architectes ont tenu les colonnes plus grosses par eu bas que par en haut.

Vitrine veut que la diminution des colonnes soit différente selon la grandeur, et non selon le nombre des modules. Il faut, selon lui, qu'une colonne de l5 pieds soit diminuée de la sixième partie du diamètre inférieur, et qu'une de 5o ue le soil que de la huitième ; il règle suivant la même proportion la diminution des autres grandeurs moyennes. Cependant les monuincns qui nous sont restés de l'antique ne I nous out point transmis d'exemples de l'application [ de cette régie : on ne voit point que les grandes colonnes du temple de la Paix et du portique du Panthéon, que celles du Campo Vaccina et de la hasid'Antonin, aient une autre diminution que les ues, par exemple, du temple de Bacchus, qui n'ont que le quart de la hauteur de celles qu'on vient de citer.

Il existe de fort grandes colonnes , comme celles du temple de Fau9line, du portique de Septimins, dn temple de la Concorde, et des lliermes de Dioclétien , dont la diminution est |>lus grande que celle qu'on remarque à d'autres colonnes plus petites de moitié, telles que les colonnes des arcs de Seplimc- Sévère et de Constantin. Enfin, à ces petites colonnes moindres de l5 pieds la diminution n'est pas encore la sixième partie du diamètre que Vitruve leur donne: elle n'arrive qu'à sept parties et demie; et c'est aussi la mesure de la diminution des colonnes de 5o pieds dont on a parlé, ce qui prouve que les règles de ce genre ne peuvent jamais être prises à la rigueur.

Il en est de même des différences de diminution qu'on voudrait établir selon la différence des ordres. Les règles et les exemples sont aussi sur ce point en contradiction. Perrault excepte cependant ce qu'il appelle la colonne toscane ; il croit que, pour tenir un milieu entre les diversités d'opinions sur cet objet, il convient de lui donner six parties de diamètre, tandis qu'on en donnera sept et demie aux autres.

On verra , par la table des différences de diminution comparées aux différences de dimension et d'ordonnance dans les colonnes, que les anciens, dans leurs éditices, ne se sont jamais réglés d'après un système tel que celui de Vitruve, puisque dans un même ordre, et dans une n.ôme grandeur de colonne, il se rencontre des diminutions différentes , comme il s'en trouve de pareilles dans des ordres semblables j et daus des dimensions égales. On voit, par cette ta- I

DIM 5*5

11 le , que la colonne dorique du théâtre de Mareellus et la dorique du Colisée, qui sont à peu près de même grandeur, varient dans leur diminution , comme de

12 à .{. L'on trouve au contraire la même diminution dans la coloune du temple de la Fortuite virile et dans celle du portique de Scptiniius, dont l'une est d'ordre ionique ayant seulement 23 pieds, tt l'autre est d'un ordre corinthien qui a jusqu'à 37 pieds.

Ile toutes les différentes diminutions qui ont été données à toutes les colonnes, et dont les exemples sont rapportes dans la table suivante, Perrault ( Ordonnance des cinq espèces de colonnes , rhap. vil! ) tire une moyenne , joignant le nombre de la plus |ietite diminution au nombre de la plus grande , et prenant la moitié de ce nombre, qui va environ à huit minutes.

« Si en effet (dit Perrault) on joint le nombre de » la plus petite diminution qui est celle de la colonne » dorique du Cotisée , laquelle n'est que de quatre « minutes et demie, avec le nombre de la plus grande, » qui est celle du dorique qu'on voit au théâtre de » .Marccllus, et qui va jusqu'à douze, la moitié de » ces deux nombres, qui joints ensemble font seize et ■• demi , sera de huit et un quart.

» Tout de même, si l'ou joint le nombre de la plus » petite diminution des colonnes qui restent , laquelle ■ est six et un huitième dans la colonne de la basi- » lique d'Antonin, avec la plus grande, qui est dix » et demi dans la colonne du temple de la Concorde, « la moitié de ces deux nombres, qui joints ensemble • font seize et cinq huitièmes , est huit et cinq sei- « zièmes.

* Or cette grandeur de huit minutes, qui à très- •• peu près fait uue septième partie et demie du dia- <> mètre de la colonne, fait de chaque côté la cin- » quième partie de mon petit module , laquelle est > de quatre minutes.

» Je n'ai point fait entrer dans cette théorie les » diminutions suivies par les modernes, pai re qu'elles » soul tout-à-fait pareilles à celles de l'antiquité , ou » qu'elles n'en diffèrent que très-peu, selon le goût » des auteurs, ou selon les convenances relatives à la « diversité des ordres. »

La diminution des colonnes se fait (c'est encore Perrault qui parle) de trois manières. La première, et la plus ordinaire, est de commencer la diminution au bas de la colonne, et de la continuer jusqu'en haut.

La seconde, qui est aussi pratiquée dans l'antique, est de ne commencer la diminution qu'au tiers du bas de la colonne.

La troisième, dont on ne trouve point d'exemple dans l'antique, c'est de tenir la colonne plus grotw vers le milieu , et de la diminuer vers les deux extrémités, c'est-à-dire vers la base et ver* le chapiteau . ce qui lui procure une espèce de ventre que l'on appelle renflement.

53f» DIN

Perrault n'avott \ta* connoissancv des ruines de la ville dp Pcrstnm , où il ae tienne un «'■■liliri- dorique dont le» colonnes ont un renflement i]ur 1rs (îrrcs j|i]wloient entasis. (Forez ce» deux mots.)

Il est divers pmcédés géométriques employé* on proposés par les architectes pour tracer l.i i!i nunntwn . et le rcnllrincnt des colonnes \ r;uole en a invente

un in.'ctueuv au moveu ilurnu

font le pmhl

MM

3ëôi I innés

qui

Mirhcnt vers les extré-

mités par une même proportjoDj en se roui-hant deux foi» plus vers le haut que ver* le lus, parre que la partie supérieure de la diminution est une fuis plus longue que l'inférieure .

DIS

François Mondel, dans son Traité tirs quatrt prtitrip/iii r firohlrmrs d' A rc/iitct turc , a enseigne 1:0mment la li[;ne de lUtmnutwn et de n ullement peut

iNtcomède a trouvé

Hjur tracer la

li[jne appelée l.i

première conchoide i

es anciens.

La même méthode peut servir a

tracer la simple

lljjne (le dimililllimi ,

qui va depuis

le has de la co-

lonne jiifu|ii'en haut ,

de manière qu

elle ne s- rctre—

cisse point par le bas , mai» qu'elle tombe perpendi-

rulairemrnt . a moins qu'on ne fasse commencer la

courbure au— dessus du tiers inférieur t qui doit «lors

se composer de deux ligues |iarallélësT

Page 1