‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 175 sur 258 · EDFOU 01 APOLL1NOPOLIS MAGNA · texte numérisé non relu

EDFOU 01 APOLL1NOPOLIS MAGNA

' Iàlluti est uu gros bourg de la haute Egypte, situé à deux tiers de lieue de la rive gauche du Nil, et qui renferme d«-ux temples d'une dimension tri-s-difTél'cutc qui appartiennent à l'antique Apallinopolis magna.

Nous allons extraire du grand ouvrage de la Description Je fÉgjpte «pjelques détails sur ces deux

La disposition du grand temple, malgré son étendue et ses distributions, n'a cependant rien que de très simple dans son plan, parce qu'il y règne une culM're s v met rie. Pour se faire une idée sommaire de l'édifice entier, il faut se figurer un sanctuaire entoure «le deux corridors et précède de deux portiques. Qu'on iiuagiue ensuite cette masse environnée d'une enceinte à l'extrémité de laquelle est une porte comprise entre «leux masses pyramidales, et <|u*elitre cette porte et le premier |>orliquc il existe un grand esjiace dont on a lait un jvéristyle en plaçant des colonnes tout autour, c'est-à-dire six à la façade du

premier portiques di* a" côté opposé, et douze aux parties latérales, en tout trente-huit, à cause des colonnes «les angles, qui sont communes à deux rangées; «pi'ou jieuse ensuite que ces colounailes , dout I entre» olonneinent est «l'un diamètre et demi , forment une galerie couverte, spacieuse et continue: I telle est la disposition générale de ce grand rdilice. l-i masse ptramid.de de l'eutrée, et à laquelle on «lonne le nom 'de pylône !>«A*r d'après Duxlore de Sicile;, et qu'on pourrait nommer propylée, «iuvAm /*«>«», d'après Slrabon, est la plus élevée de toutes les parties du monument , et frappe l'«eil par la grandeur «le ses proportion*. Les deux massifs qui la composent renferment chacun un escalier dans uu plan rectangulaire, composé de onze révolutions ayant

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huit marches dans nn sens cl cinq dans l'antre. Il y a quatre étages de chambres, et quarante-deux paliers éclairés |iar des ouvertures étroites ; il y en a de ]dus larges pour éclairer les chambres. La porte qui Réptrc les deux massifs étoit a deux battans. Elle avoit 5o pieds de liant sur l(ide large ; ainsi sa hauteur étoit triple de la largeur.

La grande cour, en forme de parallélogramme, est entourée de colonnes dont la disposition a cela de particulier que chacune, à partir de l'entrée, a sa base plus élevée que la précédente , en sorte que l'esjiace est partage en douze degrés aussi larges que l'entrerolonnenient, c'est-à-dire de l?. pieds, sans avoir plus de 4 pouces et demi de haut. Le dernier de ces degrés reçoit le portique et sert de parvis au temple.

I^e portique est aujourd'hui encombré jusqu'aux chapiteaux. D'après les fouilles qu'on y a faites, on a trouvé que sa hauteur totale étoit égale à celle du pylône, c'est-à-dire de 5o pieds. Le monument est fort peu dégradé ; les arêtes sont encore vives, les ornemens ont conservé toute leur finesse.

Pour entrer du premier portique dans le sanctuaire, on fiasse mus uu second portique presque totale meut encombre ; ensuite on traverse deux salles dont la première a fia pieds de long et de large; la seconde, longue de pieds, en a \.\ en largeur.

Le sanctuaire a intérieurement 3i pieds de long »ur i5 de large. Deux particularités le rendent remarquable : l'une est que sa direction se trouve en sens contraire de la direction des pièces qui précédent, c'est-à-dire que sa longueur est dans le sens de l'axe; l'autre, qu'il est isolé de toute |iart au moyeu de plusieurs corridors dont le premier est fort étroit.

Passant maintenant à la décoration de l'ensemble du monument, on doit dire qu'il est couvert de sculptures : colonnes , chapiteaux, dés, murailles, piédroits, cordons, corniches, tout est couvert d'hiéroglyphes ; et cependant les lignes des colonnes et des plate-bandes, les galbes des corniches et des chapiteaux , n'en reçoivent aucune altération. C'est que toutes ces sculptures sont de légers reliefs qui n'excèdent point le nu des surfaces de la pierre. Ce sont comme des coniparlimens de ligures tous encadrés, de même hauteur, et tracés parallèlement sur 1rs superficies des murs; ce sont des signes ou groupes de signes qui se répètent d'espace en espace ; ce sont des colonnes d'hiéroglyphes également distribués qui remplissent les intervalles des grandes figures, et toujours dans la même épaisseur sur toutes les surfaces.

Les massifs du pvlone, la façade du portique, le

sistc en un tore ou cordon et une corniche creusée en gorge ou cavet. Au milieu se voit le disque ailé, selon l'usage presque universel.

(«'est à i'.djou qu'on lient parcourir toutes les diversités de chapiteaux égyptiens Chaque colonne dans une même rangée a un chapiteau particulier; mais on observe que dans la rangée de colonnes correspon-

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dantes les mêmes variétés se répètent avec le même ordre. Le galbe de tous est à prâ près le même : c'est ou le calice du lotus, ou l'imitation de son fruit, ou celle des feuilles du dattier.

A peu de distance du grand temple d' ' ApoUinopnUs magna il en subsiste encore un, mais lieauroup plus petit. Sa longueur est de pieds, sa largeur de l4» sa hauteur de o.\. Il se compose de deux salles, et est environné des quatre côtes irar une galerie de colonnes; aux angles sont des piliers massifs. Il est considérablement enfoui à l'extérieur ; les colonnes latérales sont enterrées jusqu'aux chapiteaux.

Leur diamètre est d'un peu plus de a pieds 8 jiouces ; elles ont à peu près cinq diamètres et demi de hauteur; elles sont surmontées d'un dé alongé qui porte sur ses quatre faces une ligure appelée de Typhon, dont la dimension est un peu au-dessous de nature; sa grosseur et surtout celle de la tète sont hors de toute proportion. De ce nom donné à la figure sculptée sur ce genre de chapiteau , on a cru J pouvoir appeler trphonium les temples où l'on voit celte sorte de chapiteau.

ÉDIFICES PLBLICS, s. m. pl. Quoique d'après son élyniologic {cèdes , maison) ce mot sembler roit ne devoir désigner que des bàtimens d'habita-

Ition , cependant l'usage lui a donné une acception plus relevée. Bâtiment se «lit des constructions ordinaires; édifice comporte volontiers l'idée «le monument, surtout si on l'emploie dans l'acception généralement reçue d'édifices publics, et sous laquelle nous le considérerons dans cet article.

Le caractère d'édifices publics , sous le rapport de l'art ■ ne consiste pas nécessairement dans la destination d'un usage public. On appelle sans doute ainsi ceux qui sont faits aux dépens du trésor public, et qui sont affectés à des emplois ou à des services généraux. Mais on ne laisse pis de donner le même nom , dans le langage de l'architecture , à ces palais des grands ou des personnages distingués, qui se font remarquer au-dessus des habitations particulières par la grandeur de leurs masses et la richesse de leurs élévations.

Les édifiées publics doivent d'aliord se distinguer par leur solidité. Il faut que ce qui est l'ouvrage de la puissance publique s'annonce connue durable : tonte apparence opposée l'arruse d'impuissance ou d'imprévoyance. Les monumeus qu'il élève deviennent des témoins qui déposent de son caractère et de son génie. 11 convient, par conséquent , d'employer j dans les édifices pubtù s les plus beaux matériaux et les mieux choisis. Il est donné à ce genre de luxe de ne jamais provoquer la censure ; c'est celui du moins que l'esprit de malveillance pardonne le plus volontiers.

L'intérêt que chaque particulier porte à la bonne construction et à l'excellence des édifices publics rat [ de deux sortes.

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L'un de ce» intérêts dérive du «en liment que chacun contribue à leur dépense, et que dès-lors il a droit d'exiger des ordonnateurs le meilleur emploi des sommes qui leur sont confiées. Chacun veut que ce que l'on construit aux dépens de chacun, le soit comme il le serait s'il l'avoit fait construire luimême : or chacun veut construire solidement quand il en a le moyen , pour ne pas être exposé aux frais ruineux de refaçons et de réparation*.

L'autre intérêt est un intérêt d'amour-proprc. Les édifices publics sont des signes qui font lire à tous les veux l'histoire du goût de chaque période : or chacun des individus qui en fait partie désire laisser de l'époque de son passage sur la terre des souvenirs qui rappellent et son existence et les causes qui purent en embellir le cours.

Entin les édifice* publics représentent la nation elle-même, en tant qu'ils attestent le degré de goût, de capacité, de richesse, où elle est parvenue. Ainsi toute une nation est intéressée a ce que leur construction réponde au principe qui a dû contribuer aussi à leur érection. H importe donc que les ordonnateurs des travaux publics sentent et comprennent bien quel intérêt moral est attaché a leurs fonctions. , On ne doit pas toutefois imaginer que nécessairement le caractère propre aux édifices publics ne puisse résulter que d'une grande dépense. Le mérite de l'art peut , plus qu'on ne pense , y suppléer. Là où l'économie réduit la masse et l'étendue de l'édifice , il y a pour remplacer la grandeur de dimension une autre grandeur, c'est celle de l'invention, du goût et du Style. L'architecte du palais Maasiui a Home, luirhj-.ii- Peruzzi, a fait voir dans cet ouvrage, ainsi que daus plusieurs autres édifices d'une moyenne dépense auxquels il a su donner le caractère d'édilices publics , qu'il y a un art de faire du grand en

Ïetit, et de paraître riche avec épargne. L'Ecole de ledecine à Paris est un édifice de peu d'étendue, et qui fut d'une moyenne dépense ; cependant l'architecte lui a donné un grand air d'importance. Peu de monumens, et même des plus grands, ont autant que lui une noble apparence d'édifice public.

Aucun peuple n'a certainement donné à un aussi

End nombre de genres et d'espèces d'édifices puis autant de grandeur, de richesse et de magnificence que le peuple romain. Ou le donne et on le prend ordinairement pour modèle. Fausse vue ce nous semble ; on peut l'admirer, mais non prétendre à l'imiter.

On ne réfléchit pas, lorsqu'on parle du peuple romain , que ce peuple ne formoit pas une nation , mais qu'il devint le centre de toutes les nations. Rome fut la capitale du monde d'alors. Il est évident qu'il doit s'établir un rapport nécessaire entre les causes de grandeur , de puissance , de population d'un Etat , et les effets ou les moyens dont il dispose dans l'érection de ses monumens. C'est là ce qu'il faut consulter avant d'entreprendre. Quand on se

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A rend compte des causes qui, dans l'antiquité, ont U produit chez différeus peuples ces grands édifices objets de notre admiration , on se persuade qu'en général ils furent le résultat de certaines circonstances qu'on doit regarder comme des exceptions au cours ordinaire des choses et à l'influence des temps actuels.

Les Egyptiens, comme l'on sait, condamnoient aux travaux publics les peuples que la force des armes avoit réduits en servitude. Les conquêtes leur dounoicut l'es esclaves, et ces esclaves devenoient des

Le temple d'Ephèse avoit été hati par une contribution des républiques grecques et des rais de l'Asie.

Les plus grauds et les plus l>eaux monumens d'Athènes furent construits par Periclès, des deniers non de l'Attique seule , mais des contributions que les divers peuples de la Grèce lui avoient confiées pour la défense commune , et que l'administrateur sut lu - Lilement détourner au profit de sa ville.

Rome n'eut que d'assez pauvres édifices tant qu'elle fut réduite à ses propres et seuls moyens. Auguste disoit encore qu'il l'avoit trouvée d'argile et qu'il la laissoit de marbre. C'est que de son temps, et même déjà avant lui , les richesses de toutes les nations conquises étoient venues s'y engloutir.

La grandeur et la richesse des édifices publics devant toujours se trouver en proportion de celle des Etats, ce serait aujourd'hui se donner une mesure exagérée, que de prétendre se régler sur des modèles hors de toute comparaison. Saus doute la grandeur linéaire fait une partie de la beauté de l'architecture , mais cette grandeur existe encore au-dessous du colossal et du gigantesque. Il y » en outre nn grand qui accompagne toujours le beau, et le beau est au niveau des ressources de tout les peuples. Ce qui. dans le fait, rendit singulièrement recommanda blés les monumens de Périclès , ce fut moins leur grande dimension ou leur richesse qu'une certaine fleur de beauté qui leur étoit particulière. On y retrou voit , même après plusieurs siècles , une sorte de fraîcheur de jeunesse ; on disoit qu'ils n'avoient pas vieilli.

La magnificence des édifices publics peut donc dépendre de U grandeur et de la richesse des compositions et des idées, autant que de l'étendue des masses et de la somptuosité des matériaux. Mais il est aussi une condition indispensable à la valeur que peuvent acquérir dans l'opinion les édifices publics et à l'effet qu'ils doivent produire. Cette condition repose dans l'observance d'une sorte d'échelle de pro- |>ortion morale entre chaque sorte de bâtiment, selon I la nature de sa destination et le caractère de l'idée que son emploi fait naître dans l'esprit du public.

Lorsqu'une certaine modestie de bâtisse , assortie aux roreurs d'une ville , prescrit un certain unisson de médiocrité à garder dans les habitations privées , l'architecture trouve facilement, et sans de très- (J grandes dépenses, à taire briller plus ou moins les

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édifices publics , et a leur imprimer par une graduation sensible le caractère du rang qui leur appartient. L'architecture est un langage donl r, tantôt naturelle et

ces signe* pc que l'usage

bientôt leur acception propre dès seulement en permet, mais encore, si l'on peut dire, en opère et dès-lors en commande la coulusion.

.Nous lisons dans les lois de Charomlas un article dont , sinon peut-être l'intérêt matériel , mais certainement l'intérêt inoral de l'architecture , auroit besoin de faire revivre au moins l'esprit.

« Celui (dit le législateur du Thurium) qui élève .. une maison plus belle que les temples des dieux ou «les édifices destinés au service public, bien loin «d'être digue d'estime, ne mérite que l'infamie. » Aucun édifice particulier ne doit insulter par sa

EFFET, s. m. Dans les ouvrages dos arts, V effet est uuc qualité dout le propre est de donner du ressort aux autres qualités, de les faire briller, et d'attirer ou de fixer l'oeil et l'attcution par quelque chose de piquant.

Cette qualité n'en est une dans l'art , que parte qu'elle se fait sentir et rechercher dans les œuvres de la nature . et là comme ailleurs on la définit mieux par son opposé. Ainsi il y a des physionomies sans effet : ce sont celles qui, malgré la régularité des traita et la beauté du teint, manqueut, soit dans les yeux , soit dans la couleur, soit dans l'air, d'une certaine vivacité qui donne à la figure de l'expression , «le l'intelligence, et du sentiment au regard.

En peinture, l'effet est une qualité indispensable ; l'oppose de l'effet y se mit la monotonie. Dans la nature, il y a de beaux sites, mais qui pour le 1 manqueront de ces oppositions de lignes , de • et d'arcidens, que l'œil surtout recherche dau» i. Ce sont des sites sans effet. Autant en des objets soit privés de lumière, soit places i un soleil d'aplomb. C'est qu'il y manque cette opposition d'ombres et de clairs qui seule y produit plus ou moins l'effet.

Tout ceci n'a pour objet que de définir par des ronipa raisons sensibles la nature et les conditions de cette qualité qu'on appelle ejfet .

L'architecture a aussi son genre d'effet et sa manière de produire de l'effet. A U considérer simplement sous un certain rapport abstrait, mais purement matériel , soit comme un assemblage de pleins et de vides, soit comme un composé de parties lisses et de parties saillantes, ou comprend qu'il y a là matière à plus d'une sorte d'opposition , et par conséquent de combinaisons propres à opérer plus d'un genre d'effet. De ces combinaisons variées naissent aussi des contrastes d'ombres et de clairs. Il est constant qu'une masse uniforme de pleins, sans vide ni saillie, ne sauroit produire d'autre impression que

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celle de la monotonie, qui est le manque d'effet. C'est une pyramide d'Egypte. Or, tout le monde ' qu'après l'impression de la grandeur, il ne y avoir que la répétition de la même impres- ' celui qui seroit condamné k n'avoir aucun de vue. Bien différente seroit la position : de celui qui habiterait en face ou du frontispice du Louvre, ou de la colonnade de Saint-Pierre, ou du péristyle du Panthéon : il pourrait tous les jours en recevoir des impressions nouvelles , et difli— cileinent il épuiserait les observations dont l'effet de ces ouvrages peut être la source.

Nous croyons qu'on peut attribuer à deux moyens divers les deux principaux effet* produits par l'architecture, c'est-à-dire qu'il y a dans cet art un effêt

X***kh — - - - V* *P-a *

L'effet du à la composition est celui qui résulte , avant tout, de l'emploi diversement raisonné , dans un édifice, de ce qu'on appelle les pleins et les vides. Ainsi ce sera d'abord de la variété et de l'harmonieuse combinaison des ligues d'un plan que déiiendrout les variétés d'aspect qui multiplient ces impressions que les yeux transmettent à l'esprit. Mais c'est aux masses qui forment la composition de l'élévation qu'il appartient de produire ces effets qui , en multipliant les points de vue , font prendre une grande idée de l'ouvrage de l'art. C'est par cette variété d'aspect qu'us» édifice devient une sorte de spectacle dont les scènes semblent changer, soit avec les points d'où on les considère , soit au gré de la lumière, qui se joue diversement entre les pleins et les vides selon les heures du jour.

Rien , comme quelques auteurs l'ont observé , ne démontre mieux combien VeJ/i l des impressions de l'architecture peut dépendre seulement du choix de l'emploi des colonnes ou des pilastres. Ce n'est pas (dit Le Roy) la grandeur de la masse d'un édifice qui en détermine l'effet. Qui n'a pas été à même d'observer que l'aspect du frontispice du Panthéon nous affecte plus fortement que la vue de celui de Saint- Pierre à Rome, bien qu'à cette basilique les colonnes de son portail soient considérablement plus grosses et plus grandes? Cette différence provient de ce que, étant engagées dans le mur, les colonnes de Saint- Pierre ne peuvent produire les variétés d'effets qui naissent de la profondeur des péristyles.

Les effets de l'architecture dans les édifices résultent de ce qu'elle peut nous offrir dans ses compositions deux sortes de sensations , l'une qui tient de la nature morte d'un tableau , dont les objets immobiles ne sauraient changer à notre égard , quoique nous changions de place ; l'autre qui |iarticîpe à la nature active et animée , et qui , par les changemens de situation de notre part, semble changer et change en effet les apparences cl tous les aspects du même édifice.

L'effet en architecture dépend aussi d'un emploi

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modéré des objet* de variété dont cet art peut dispo-

lisse, privée de tous détail» , laisse notre œil et notre ime dans une complète inaction , il arriverait par la raison contraire qu'une extrême multiplicité de parties ■ de détails les uns sur les autres , nous donnerait trop de peine à voir et à juger, et par la trop grande prétention à faire de V effet ne nous en ferait plus du

Sous le rapport de décoration , Y effet tiendra donc à un emploi mesuré des moyens de variété. I . i - gothiques , dans leurs frontispices d'églises, ont multiplié a l'excès les détails; mais en allant au-delà du point, ils ont manqué tout effet. Trop tomme trop peu de divisions, nuit également à l'effet. Les divisions sont bien ce qui facilite l'action de voir; mais le trop détourne de voir par la fatigue , et le trop peu par l'indifférence. Si doue V effet est une qualité dont l'emploi, dans la composition de l'architecture, est d'amorcer le spectateur, de lui faire trouver du plaisir à voir, l'action de cette qualité sera annulée, soit par l'excès , suit ]nr la privation de détails.

Il y a, avons- nous dit, une seconde sorte d'effet et une manière de la produire en architecture Ou dans un édifice , c'est celle qui dépend de l'exécution, en entendant ici par ce mot , non la science et les grands rapports de la construction , mais les moyens en apparence purement matériels qui donneut à chaque partie sa forme et sa valeur. Ce genre A'effct est celui dont les projets et les dessins ne sauraient ni fixer la mesure . ni prescrire le mcxle.

(Quelques-uns s'imaginent que pour faire produire dan s l'exi < utiou 1m aucntip d V.'/. aux membres de l'architecture, aux niasses ou aux détails et aux profils d'un édifice, it faut leur donner ou leur laisser cous le travail de l'outil quelque chose de négligé ou d'incorrect qu'un fini complet ne saurait supporter, et qui dans quelques figures décoratives, lient du genre de l'esquisse ou de

Les meilleurs ouvrages des Grecs donnent à cette pratique le démenti le plus formel. Il n'y a pas d'architecture plus faite à Veffet et pour l'effet que celle, par exemple, des temples doriques grecs. Il n'y en a |u> où les profils et tous les détails soient prononcés avec plus d'énergie et de saillie. Toute* les parties de ces masses si grandioses , cl d'un effet si hardi lorsqu'on les examine de près, sont taillées et terminées avec précision , et toutes sont ordonnées pour l'effet, sans qu'on y voie la prétentiou à faire de l'effet. A une forme de chapiteau en ap|nrencc massive succèdent des listels fins et délies; après une partie profondément fouillée vient une saillie foible et légère. Il y a de l'effet précisément parce qu'on n'en a pas mis partout.

L'architecture grecque , dans l'effet de ses masses les plus colossales, a suivi h; même svslème que la sculpture grecque dans l'exécution des plus

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colosses. Les modernes au contraire, dans presque tous les genres , pour faire de l'effet, ont voulu que tout fût effet. C'est le moyen le plus sûr de n'en point faire.

Le* divers décorateurs qui se sont m Ir dans

l'église de Saint-Pierre ont exagéré ainsi l'efjet de quelques figures placées dans les archivolte* de la nef. Sans doute l'exécution des ornemens destinés à figurer de loin exige pour son r^W unecertaine liardiesse, mais qui n'exclut ni la finesse ni la pnreté de travail. Les restes de l'antiquité nous fournissent de* modèles de l'effet d'exécution qui convient à l'ornement ainsi placé. C'est là encore qu'on peut voir qu'il eu est de l'effet d'exécution, en architecture , < -oui me de toutes les autres qualités, et qu'il consiste dans uu certain milieu entre les extrêmes , c'est -jdirc dans un emploi alternatif de ce qui constitue par exemple, daus la musique, le forte ci le piano.

EiïTT. Ce mot peut être entendu dans un sens plus général , comme signifiant simplement le résultat de ce que fait éprouver tout ou\rai;c de la nature et de l'ait.

Quand on dit juger de l'effet d'un ouvrage, d'un projet d'architecture, on n'entend rien autre chose sinon prévoir ce qu'il sera ou ce qu'il paraîtra lorsqu'il sera terminé.

Kien de plus hasardeux que de semblables précisions, lorsqu'on u'a |x>ur en asseoir les conjectures que la simple dcliuéation. Aussi étoit-ce autrelbis l'usage dans les monumens de quelque importance d'eu faire un petit modèle en relief, seul moyen effectif d'en préjuger les véritables impressions, soit celles qui dépendent du jeu de la lumière , soit celles qui résulteront des rap|K>rts que les saillie* et la distribution de* membres ou des profils auront avec la masse totale et l'ensemble de l'édifice.

Quand l'aul III voulut faire terminer le palais Farnèse, dout San-Galloavoilarlievé l'extérieur jusqu'à l'entablement, .Michel-Ange fut appelé pour concourir à cette entreprise , et son projet obtint La préférence. Chargé «le l'exécution d'un si vaste couronnement , il ne se crut suffisamment autorisé ni par son dessin ni par l'approlution générale. U savoit combien est souvent fautif le calcul du petit au grand, d'après lequel on procède trop ordinairement, et combien les règle» mêmes de l'optique sont insuffisantes pour faire préjuger l'effet des masses et de Leur* détails. Il ne se contenta donc poiut de faire un petit modèle en relief de son entablement ; mais il en fit exécuter sur un angle du palais même un modèle de la grandeur qu'il detoil avoir.

Généralement, on doit le dire, l'effet entendu comme le résultat de toute combiuaison architecturale, surtout dans les impressions que le caractère de chaque monument peut produire, ne saurait guère, d'après de simples dessins, être que deviné, même par les gens de l'art. Encore moins ceux qui y sont

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étranger», c'est-a-dire le public et le» ordonnateur» eux-mêmes, sont-ils en état d'en juger sur dos image»

^siSmmt^mm*m

ÉGINE ou jEGINE. Ville antique située dam l'île de ce nom. Célèbre autrefois et rivale d'Athènes, cette ville avoit acquit, en son temps, une grande réputation par son école de sculpture et ses travaux en fonte. Les restes d'architecture qui s'y sont conservés nous font voir l'emploi de l'ordre dorique sans base, dan» une proportion assez semblable à celle du temple de Miucrve a Athènes. Los sculptures de ses frontons, découvertes depuis quelques année» sons les décombres qui les cachoient , et dont nous parlerons plus bas, témoignent d'une antiquité qui permet de croire que le monument aurait précédé de plus d'un demi-siècle ceux d'Athènes. Outre le temple principal, qu'on appelle de Jupiter Panhéllenien, il reste quelques débris de celui qu'on dit avoir été de Vénus. Ln seul tronçon de colonne dorique sans base apprend qu'elle dut avoir 3 pieds 10 pouces de diamètre ; les fondations du temple indiquent qu'il eut 1 1 i pieds de long sur '"> \ pieds de large.

Le temple de Jupiter Panhéllenien, dont il reste des parties considérables, étoil, a l'exception de quelques légères portions en marbre de sa couverture, bâti tout eu pierre calcaire; il subsiste en place vingt et une colouncs du périptéron avec leur architrave. La longueur «le l'édifice, y compris son soubassement, est de t)2 pieds 6 pouce»; sa largeur est de ;jt' pieds 3 pouces; la hauteur des colonnes, y compris le chapiteau, est de 17 pieds; le diamètre inférieur est de 3 pieds 8 pouces ; l'architrave a 3a pouces et demi de hauteur , et les trois degrés du soubassement donnent pour leur élévation 3 pieds 9 pouces.

Ce qu'on sait de plus intéressant et de plus curieux sur ce monument, est du à la découverte que fit, en 181 1 , au milieu de ses ruines, une société de jeunes artistes, architectes et dessinateurs allemands, qui, cherchant à débarrasser le soubassement de ce temple, pour en compléter les mesures du coté de l'un et de l'autre frontispice , trouvèrent un assez grand nombre de statues en marbre. Elles n'a voient été endommagées que par leur chute et par la fracture de leurs membres. Ces figures, moins grandes que nature, ont un peu moins de 5 pieds. Acquises par le roi de Bavière, elles furent restaurées à Rome par le célèbre statuaire M. Tbornwalsen, et elles ornent aujourd'hui le muséum de Munich.

Cette découverte a confirmé l'opinion qnc nous avions déjà émise sur les sculptures de» frontons d'Athènes; savoir, que les frontons, surtout dos temples d'ordi-e dorique, éloieut remplis par des compositions <lc statue» en ronde-bosse.

Mais le résultat peut-être le plus curieux qu'ait t à l'archéologie de l'art une collection de statues, produits évidensde la sculpture Eginétiqae, fut de

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vérifier l'opinion que nous avions long-temps auparavant développée dans notre ouvrage du Jupiter Olympien, sur le style de beaucoup d'ouvrages de sculpture antique, dont pns'étoit habitué à faire honneur, les uns à l'école Etrusque , les autres au style primitif de l'Attique. Dans le nombre considérable de sculptures en bas-relief et en ronde-bosse qui se sont en effet conservées jusqu'à nos jours , il t'en est rencontré beaucoup , dont le style et la manière annoncent, soit des temps plus anciens, soit un goût d'imitation plus ou moins antérieur ou étranger au développement des beaux siècles de l'art. Lue opinion générale les attribooit indistinctement ou à la primitive école attique, ou à la manière étrusque.

Cependant la lecture de Pautanias indique en plus d'un passage que de son temps on reconnoissoit, dans les ouvrages de la sculpture, diverses manières d'écoles fort anciennes, et que entre ces ouvrage» on distinguoit ceux de l'école Eginétiqne d'arec les oeuvres de la primitive école Attique et de celle de l'Etrurie. Fondés sur cotte induction , nous estavilmes, dans la première partie de notre ouvrage intitulé le Jupiter Olympien (page 18 et suiv. ) de faire ressortir une variété très-frappante du goût et de la manière d'un grand nombre de statues, que nous n'hésitâmes point d'attribuer à l'école Eginétiquc. Pour justifier notre conjecture, nous réunîmes dans une planche un certain nombre do statues que nous déclarantes être dea productions de l'école d'Egine.

A cette époque avoit lieu la découverte dea statues trouvées dans les ruines du temple dont nous avons parlé. M. Fauvel, consul de France a Athènes, en me faisant part de la nouvelle découverte, m'envoya le dessin d'une des statues situées an sommet d'un des frontons. Il se trouva que cette petite figure étoit entièrement semblable a une de celles que j'avoisdésignées comme appartenant a l'école d'Egjne.

Depuis ce moment le goût de l'école Eginétique s'est trouvé constaté , et il est aujourd'hui universellement reconnu.

La découverte d'Egine ayant été une des plus importantes que l'on ait faites dans l'histoire de l'art antique , nous avons cru que ce peu de détails ne seroit pas réputé étranger à l'article des ntonumens de cette ville.

ÉGLISE, s. f. — Du mot grec et latin ecclcsia qui veut dire assemblée.

L'église , dans le langage mystique du nisme est l'universalité de ceux qui en proie

qui en professent les croyances.

Une cgh.tr dans son sens matériel ou architectural est, selon le sens grammatical du mot, le local ou s'assemble la réunion partielle de ceux qui assistent aux cérémonies du culte.

L'étymologie et la définition du mot église indiquent d'une manière positive la différence caractéristique de la conatmctkm on de l'ensemble des édifices

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