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n'y a à proprement parler ni astragale ni gorgerin. De petits filets on listels , tantôt au nombre de trois, tantôt au nombre de cinq , réunissent la colonne à Vcchine. Celle-ci est assez variable , tant dans son épaisseur que dans sa saillie.
Le mot échine paroît dériver dn grec <X"*< > nui veut dire la coque d'une châtaigne. On donne en effet ce nom , dans un quart de rond taillé, a la coque qui renferme l'ove. Cet ornement se place assez volontiers au haut du chapiteau de la colonne ionique. On le taille aussi dans les corniches ioniques et corinthiennes.
Échine est sonvent synonyme de tore, pour exprimer le quart de rond du chapiteau dorique ; cependant tore se dit plus proprement de celle partie (l'ornement correspondante qui entre dans les bases des colonnes.
ECIIOPE, s. f. Petite boutique de menuiserie ou de menue charpente . couverte en appentis, garnie de maçonnerie, et adossée contre un mur. Quelquefois elle a une petite chambre au-dessus. Selon Ménage , ce mot vient de l'anglais schop, qui a la même signification.
ECLATS, s. m. pl. Ce sont, en dégrossissant et {branchant une pièce de Irais, les morceaux qu'on enlève avec la coignée ou le fermoir.
Eclats se dit aussi du travail de la pierre et du marbre. Les éclats de marbre que l'on fait sauter avec l'outil se recueillent , se pilent , et se réduisent en poudre applicable a divers nsages. Les éclats de la pierre s'appellent recoupe. {Voyez ce mot.)
ECLUSE , s. f. C'est en général une clôture faite
S en terre , en pierre ou en bois , au travers d'une rivière ou d'un canal , ayant une ou plusieurs portes qni se lèvent et se baissent selon qu'on veut retenir ou lâcher l'eau.
C'est aussi une espèce de bassin en maçonnerie et en charpente , reufermé entre deux portes , et placé entre deux parties de canal dont une est plus élevée que l'autre. Ce bassin est disposé de manière à recevoir une plus ou moins grande quantité d'eau, et sert à faire passer les bateaux d'une prtie du canal dans l'autre.
C'est au siège de Montargis, en 1 .{ >i >, que se lit la première écluse. Ce fut pour inonder les assiégeai» dans leur camp, que les habitons de ce pays en firent la découverte. Cela ne potivoit se pratiquer qu'en retenant les eaux de la rivière de Loing ; une écluse seule pouvoit produire cet effet de manière que tout le mal fût pour les assiégeais et que les assiégés n'eussent rien à en redouter.
On doit aux Hollandais la perfection des écluses. Le premier écrit qui ait paru sur cette espèce de bâtiment hvdrauliquc, est d'un Hollandais nommé I Simon Sl'evin , ingénieur célèbre ; son livre , publié
en ifii8, est intitulé : Fortification paré» ln.tr. Plusieurs auteurs ont écrit depuis sur ce sujet ; Relidor, dans son Architecture hydraulique , a surpassé tous ces ouvrages ; on v renvoie le lecteur pour la connoissancede tous les détails.
Le mot écluse est dérivé du verbe latin exe/udere.
EcUMI * tambour ou Perti i*. C'est celle où ou pratique dans le massif des bajoyrrs un petit canal voûté dont l'entrée est au-delà des portes, et qui s'ouvre et se ferme par le mojrn d'une vanne à coulisse ; telles sont celles du canal de Briare.
Écluse a va.nnhs. Écluse qui se remplit cl se vide par le moven de vannes à coulisses pratiquées dans l'assemblage même des |>ortes, comme celles de Strasbourg et de Mcaux.
Écluse en éperon. C'est celle dont les portes sont busquées, c'est-a-dire que les portes, qui sont a deux vantaux, fc joignent en éperon ou avant-bec et forment un angle.
Ecluse carrée. C'est le nom qu'on donne rai écluses dont lis portes sont à un seul vantail, tournant sur pivot ou à coulisse, qu'on élève ou qu'on abaisse à volonté par le moven de moulinets. Telles sont les écluses de la rivière de Seine à Xogent et à Ponts , et telles sont encore celles de la rivière d'Ourcq.
ÉCOIXÇOX, s. m. C'est, dans le piédroit d'une porte ou d'une croisée, la pierre qui fait l'encoignure de l'embrasure, et qui est jointe avec le lacis {voyez ce mot) quand le piédroit n'est [tas parpain. (f^ojez Parpain.)
L'élvmologie A'écoinçon est coin. On donne aussi ce nom à de petits détails d'ornement dans la décoration, qui forment l'angle et le rnerordement d'autres objets d'ornement semblables.
ÉCOLE , s f. Mot qui signifie généralement un établissement, un lieu où l'ou enseigne.
En français, on distingue l'école du collège. Ce dernier nom se donne particulièrement , comme on l'a vu (voyez Collège), aux établissemens où l'on
les élément de la littérature ou de la philosophie.
Le nom d'école , par un de ces caprices du tvran des langues , se donne tout a la fois et aux lieux consacrés à l'instruction de l'enfance et anx bàtimcns destinés à l'enseignement de toutes les branches des plus hautes sciences et des beaux-arts. Ainsi dit-on les petites écoles, les écoles de charité, et on dit les écoles de droit , de médecine , de chirurgie , etc.
On voit que ces dernières, rassemblant un grand nombre de professeurs et une multitude d'étudians et d'auditeurs, doivent être celles qui exigeront, avec d'asse* spacieux emplacement, des édifices dont le < aractère extérieur devra répondre à l'importance de leur destination.
La ville de Paris peut présenter plus d'une sorte de monumens remarquables en ce genre. Le plus recnmmandable à tous égards, et particulièrement sous les rapports soit de l'architecture, soit du caractère propre à sa destination , est Vérole construite en 1 77-J P°"r l'enseignement de la chirurgie, |iar M. Gondouin, et devenue depuis école de médecine. L'architecte n'eut qu'un terrain assez, étroit pour v élever son édifice, et il est parvenu à lui donner l'air ' de grandeur et d'importance d'un monument public. Son plan est simple et régulier; les portiques dont il a environné sa cour conviennent bien au sujet. La i sculpture appliquée à la décoration de l'ensemble y i est ménagée avec autant de goût que «le sagesse ; elle y a le mérite assez rare d'une composition bien significative et d'une exécution sage. Le pcristvlo sous lequel s'ouvre la porte du grand amphithéâtre est composé de six colonnes corinthiennes «l'un galbe heureux, d'une excellente proportion, et «lont l'en- I trecolonnemcnt pvcnostjle contribue sans doute à l'effet qu'il produit.
La façade du monument sur la rue présente à rez- «le— cliaussée un promenoir en galerie divisé par les deux massifs qui accompagnent la porte d'entrée, et qui sout ornés de tables remplies par îles inscriptions. Cette galerie est à quatre rangs de culonucs, et est surmontée d'un attique qui contient la bibliothèque et le cabinet d'anatomic. Dans l'intérieur «le la cour sont plusieurs salles destinées à Vérole pratique , aux séances des cours particuliers, etc.
L'amphithéâtre, dont Louis XVI a posé la première I pierre en 1774 > csl "eu '«-' p'us important de tout > le monument; il peut contenir environ «lou*c ceult ! élèves. C'est un «lemi-ccrclc garni de gradins, dont I le point central par en bas est occupe par la chaire 1 du professeur et la table de démonstration. Xous I avons dit qu'en avant s'élève le péristjlc corinthien dont on a parlé, et dont le fronton est orné d'un basrelief fort simple , mais d'un goût élégant et sage , qui représente la Théorie et la Pratique se donnant la main sur 'autel de la Science.
Vécole de droit est encore un assez grand édifice, «lont la façade extérieure avoit été projetée par Souf- I flot pour faire, en pendant avec une autre semblable, t la place que cet architecte devoit terminer en avant de son église de Sainte — Geneviève. L'extérieur île , V école de droit ne pivsente rien de fort remarquable, j l ne grande cour ornée de portiques daus l'intérieur, une instruction solide et une bonne distribution , jl en font les principaux mérites.
Mais le plus grand des étahlissemens connus sous le nom A' école, à Paris, est certainement c«-lui qu'on appelle encore aujourd'hui école militaire , quoique son institution ayant été supprimée, ce grand local ne serve plus que de caserne. Ce monument, un des plus grands ouvrages du dernier siècle , dû au talent de M Gabriel , bien qu'enlevé à sa première desti- [ nation et dépouillé «le tout ce qui pouvoit lui «Ion-
ner de l'intérêt , ne laisse pas d'offrir une des plus grandes masses d'architecture, et à laquelle, comme à celle dn palais de Saint-Jean de Latran à Rome , il ne manque pour paraître ce qu'elle est que de se trouver au milieu de la ville, mise eo point de rapport cl de comparaison avec d'autres.
Ecole. On use de ce mot dans un sens plus abstrait, |»ur désigner en plus d'un genre, soit de philosophie, soit de littérature , soit d'art d'imitation , la doctrine, le goût et la manière de quelque philosophe célèbre, de quelque orateur ou poète distingué, de quelque artiste renommé , tous personnages qui par leur réputation et leur talent ont produit un grand nombre de prosélytes, d'imitateurs ou de copistes.
C'est dans ce sens qu'en fait d'arts du dessin on dit l'école de Kaphaél, l'école de Michel-Ange, IVcole de Palladio. Or, on appelle ouvrage de l'une ou de l'autre de ces écoles , non pas seulement celui qui a été fait par l'élève proprement dit d'un de ces maîtres , mais encore celui qui , long-tcm|* après leur mort , a été produit dans les principes et selon le goût et la manière qui i
i ont autrefois caractérisé leurs
; acception plus générale encore, on donne le nom d'école au goût et à la manière qui ont distingué un pars d'un pays , un âge d'un autre âge , et l'on dit l'école romaine, l'école florentine, l'école
vénitienne.
Cette diversité de physionomie dans la manière d'imiter la nature, et qui fait distinguer les ouvrages de différens pays, a existé dans tous les tcnqis. Les arts, en Grèce, offrirent jadis ces sortes de diversités. Pline les appelle genres {gênera). En peinture, ils n'en avoient d'abord compte que deux avant le pciutre Enpompe, savoir, Yhelladiquc et l'asiatique; mais le peintre de Sicyone fut cause qu'on divisa l'helladiquc , et qu'où en compta trois, qui furent l'ionique , le sicyonien et l'alliquc. ( Plin. lib. xxxv, cap. x. ) Ce fut alors ce que nous appellerions l'école I, attaque.
ÉCONOMIE , s. f. Ce mot s'emploie en architecture soua les deux acceptions connues du langage ordinaire.
Au sens simple il signifie épargne de moyens, i , de matériaux , d'embellissemens. Construire lie , c'est porter celte épargne dans la i i. Les travaux divers et les noiubr
l'art de bâtir , l'ont presque toujours réduit a dépendre de ce qu'où appelle l'entreprise. L'entrepreneur est un homme qui fait commerce de tout ce tiui entre dans la construction et de tout ce qu'on y emploie, depuis les ouvriers jusqu'aux machines et aux matériaux. L'cxpcricuce a prouvé que cette méthode étoit encore la plus économique dans
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térêt personnel qui surveille l'action de tous nne caution de l'emploi du temps , et offre une véritable responsabilité. Cependant il est des cas où l'on peut se passer d'entrepreneur ; alors on fait le bénéfice qu'il eût fait , et cela s'appelle faire par économie. Cette méthode exige , si c'est un particulier qui bâtit , qu'il ait des connoissances spéciales de la chose ; si c'est le gouvernement , que des survcillans télés, éclairés et désintéressés, soient à la tète des travaux ; car l'intérêt particulier cessant d'être là pour arrêter l'abus , cette méthode deviendrait bientôt ruineuse et n'auroit que le nom d'économie.
Dans le sens figure, économie s'entend de toute disposition judicieuse, de toute combinaison intelligente, à laquelle ont présidé le choix éclairé des convenances et l'ieil du goût, L'économie qui a rapport a la dispensation des omemens , consiste dans une certaine sobriété relative a leur nombre comme à leur choix. C'est une qualité rare en architecture. L'économie ou la répartition judicieuse et modérée des ornemens contribue aussi à la véritable économie, c'est-à-dire celle des dépenses dans un édifice. Quoique l'architecte , comme artiste, ne doive pas toujours prendre cette dernière pour règle de ses inventions, puisque alors le rabais serait la seule mesure des ouvrages de génie , cependant on a remarqué que souvent les règles du goût se trouvaient aussi d'accord avec les calculs de l'économie , c'est-àdire que les deux économies dont on a parlé avoient eutre elles beaucoup de ces rapports que les architectes ne devraient dédaigner ni d'étudier ni de concilier i
ECONOMIQUE, adj. Se dit de tout procédé qui tend ou à simplifier un ouvrage, ou à produire à moins de frais les mêmes résultats. Il en cal un grand nombre, et il s'en invente tous les jonrs, soit par rapport aux machines , soit par rapport aux cloisons , aux toitures, aux ciniena, aux échafaudages , etc.
ÉCOPERC1IE oc ESCOPERCHE, s. f. Pièce de bois avec une poutre, qu'on ajoute au bec d'une grue ou d'un engin pour lui donner plus de volée. \Voftl Gbie et Engin.)
ÉCORNURE. {Voyez ÉpicracaE. )
ÉCOLTES, s. f. pl. On appelle ainsi les tribunes à jalousie, dans les écoles publiques et dans les salles de spectacle , où se tiennent les personnes qui ne veulent point être vues. {Voyez. Lanterne. :
ÉCURIE, s. f. Bâtiment destiné à loger des chevaux.
Dans les maisons d'une modique étendue, l'écurie qui en fait partie n'est qu'un local à rez-de-chaussée donnant sur la cour, ainsi que les remises.
L'incommodité que le bruit et la mauvaise odeur les ouvrages publics, parce que l'usage a réglé le des écuries occasionent , engagent les architectes à taux des bénéfices des entrepreneurs, et que l'in- J les éloigner le plus qu'il est ,K»ible des ! '
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Dans les maisons spacieuses el dans les palais on leur destine une cour particulière et un corps de bâtiment séparé. L'écurie est alors un long bâtiment où les cheTaux se trouvent séparés par des poteaux et des
ferme est un peu élevé, et forme ainsi une p pour l'écoulement des eaux. La mangeoire occupe ordinairement la longueur de l'écurie, cl l'on observe que le jour ne frappe point sur elle. La longueur de l'écurie se détermine d'après la longueur de la mangeoire , et celle-ci est déterminée elle - même
ele nombre de chevaux que l'écurie doit contenir, fixe communément la largeur d'un cheval de carrosse à 4 pieds, et l'on évalue à 3 pieds et demi celle d'un cheval de selle. Cette proportion n'est boune que lorsque les chevaux sont sépares par des perches et des poteaux ; mais si la séparation se fait par des cloisons, il faut au moins 5 pieds ou 4 et demi.
La première distinction qu'un fait dans la construction des écuries , est celle des écuries simples et des écuries doubles.
L'écurie simple est celle qui n'a qu'un rang de chevaux , comme l'écurie qui est sous la grande galerie du Louvre.
L'écurie double est celle qui a deux rangs de chevaux , avec un passage au milieu , on avec deux passages, les chevaux étant tète à tète et éclairés sur la croupe.
Relativement a la disposition intérieure des écuries tant simples que doubles , il y a plusieurs choses à considérer pour réunir la commodité à la salubrité.
i' La largeur et la hauteur qu'il convient de leur donner.
a" La manière d'y disposer les mangeoires et les râteliers.
3° La manière de les éclairer et de les aérer.
4* La forme à donner au pavé.
Dans une écurie simple bien disposée, la largeur doit être au moins de i3 pieds, dont 8 pour la longueur du cheval et la saillie des mangeoires ; le surplus est pour le passage. Quant k la hauteur, il est à propos qu'elle soit égale a la largeur, si elle est couverte par un plancher. Mais si l'écurie est voûtée, il faut lui donner 1 5 pieds.
Lorsque les écuries sont doubles , leur largeur dépend de la manière dont les rangs des chevaux sont disposés. Si on place les chevaux tète à tète et les mangeoires dans le milieu, la largeur doit être de 3o pieds au moins, parce qu'il faut deux passages le long des murs ; la luuteur ne saurait être moindre de i5 pieds. Mais si les chevanx sont rangés le long des murs opposés, comme il ne faut qu'un passage dans le milieu , aa pieds de largeur suffisent , sur io à la pieds de hauteur.
Les écuries doubles ou simples doivent être éclairées de manière que le jour frappe sur la croupe des
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chevaux. Il ne doit pas y avoir de trop grandes ouveitures, de peur de donner un trop libre accès aux insectes volaus qui tourmentent les chevaux. Le jour doit y être modéré.
Le pavé des écuries sera disposé de manière que la partie sur laquelle se lient le cheval ait une pente assez considérable pour donner aux eaux l'écoulement nécessaire. Cette partie doit être séparée des passages par un ruisseau.
On comprend aussi sous le nom d'écurie les bâtimens qui font partie de leur ensemble dans les grands palais, et qui servent de logement aux écuvers, pages, officiers et ouvriers nécessaires aux équijkagrs.
Les grandes écuries de Versailles , construites sur lesdessiusdeJules-IlardouinMansard.sontan nombre des plus beaux édifices de ce genre. Elles sont disposées en demi-cercle, a l'entrée de la première esplanade du château, auquel elles font face, et ne sont pas le moiudrc ornement de celte place.
Du côté de la chapelle est la grande écurie; la petite est de l'autre côté. Leur dimension toutefois est la même , et leur disposition n'éprouve que quelques variétés de plan. Leurs masses sont semblables ; leurs façades principales forment un demi -cercle en |K>rtiques séparés par ta porte d'entrée. Ces portiques ont neuf arcades de chaque côté ; au-dessus des arcades s'élèvent deux étages, dont le supérieur est en mansardes. La construction et le style de ces deux édifices ont plus de caractère que n'en a le reste de l'architecture du château. Leurs cours se terminent par des grilles également circulaires qui sont d'un assez bon effet. Chacune de ces écuries a son manège , ses habitations et tous les accessoires qui peuvent en dépendre, disposés avec toute la grandeur et toute l'intelligence qu'on pouvoit attendre de la magnificence de celui qui les fit contraire.
Un bâtiment du même genre, en soi-même peutêtre, mais relativement surtout, beaucoup plus somptueux , est celui des écuries de Chantilly.
C'est une façade d'une seule ligne, de cent toises et plus de longueur, formée d'un seul rang d'arcades servant de croisées et taillés en refends, au-dessus desquelles règne un entablement qui n'est interrompu que par le corps de pavillon du milieu , où se trouve
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la porte décorée d'ordre ionique, avec un gra ceintre au-dessus , dont le tympan est orné d'un liasrelief qui représente des chevaux. Ce corps de bâtiment du milieu est couronné d'un toit en mansardes richement ornées , selon le goût du temps , au-dessus duquel est sculptée une Renommée à cheval. En retraite de l'eutablement dont on a prié règne dans toute sa longueur un étage de mansardes répétées de la même manière aux deux pavillons de chacune des extrémités. L'intérieur se compose d'un manège couvert qui occupe le pavillon du milieu , et de chaque côté du manège de deux grandes écuries doubles, pour deux cent quarante chevaux. Attenant à l'aile droite de l'écurie est un grand manège découvert , de
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forme circulaire , dont l'entrée est décorée de trois grands arcs ornés de colonnes ioniques. Le tout est d'une grande magnificence, bâti en belles pierre» de Uille, spacieux, commode , et a toute la somptuosité d'un monument public.
Cette construction a été commencée en l^of) et terminée en !73j, sur les dessins d'Aubcrt, architecte du roi.
ÉCISSON, s. m. DiiniuutifdYcu. L'usage d'intmduirc des relisions dans l'architecture et la décoration remonte a une très- liaute antic|uité. Les pratiques de ce genre, que nous attribuons onli liai renient a la cbevalerie, réclament une origine beaucoup plus ancienne. Les cl) fui et les stuta que les Romains attaeboieut et suqieiidoicut daus leurs édifices, sont à coup sur la source des usages modernes, comme scutum est l'etvmologie iVtctt.uon.
« Lu usage nous est propre, dit Pline ( lib. xxxv, cap. xxxill), et qui est dû, selon cequej'eu apprends, à AppiusClaudius, qui fut consul avec Servilius, l'an 7M) de Home. L'est celui de placer par forme de consécration privée, soit dans les temples, soit dans lesmonumens publics, des et lissons avec les portraits de sa famille. C'est de cette manière qu'il consacra dans le temple de lkilonc les images de ses ancêtres, qu'il se plut à les mettre eu spectacle dans un lieu élevé, et à les cutourer d'inscriptions honorifiques. I '" 1 usage , surtout |x>ur la famille qui peut voir dans une réuuion nombreuse < l'en la us et dans la collection de leurs portraits en petit une longue lignée , et en quelqtM sorte le lierceau de sa postélite. Personne alors ne contemple de tels causons sans plaisir et sans intérêt.
- L'exemple d'Appius fut suivi par M. Lmilius, collègue du consul Q. Lu la tins , qui plaça ainsi ses ancêtres non-seulement dans la basilique Emilienuc, mais auvM dans sa propre maison.
» Au reste, cet usage est d'origine guerrière. Il v avoit déjà des images sur les boucliers des lié ros qui combattirent a Troie; de là vint la dénomination de clyprus , c'est-à-dire de jAi/Çn», et non de c/ucrr, comme l'ont preteiidu faussement de ridicules étvnitikigisti s. .Noble et belle institution dont la valeur fut le princi|ie. Où pouvoil mieux se placer le portrait du guerrier que sur le bouclier dont il lit usage? »
On a déjà parlé du bouclier dans les nrncinclis de l'an intertitre, [t'ujrz Ikin.ijiR. ) Les ci us tou t peuvent s<- considérer comme des rcprcsentatiomulc boucliers , comme une espf-ce d'imitation dont l'art , le goût, le caprice et la vanité ont singulièrement varié et modilié les formes. Je parle ici de ceux qu'on emploie comme oriiemens, et non de ceux dont les lois du blason ont prescrit la configuration.
J'ai déjà eu occasion de dire, au mot Ahmoirie, combien les formes bizarres de la plupart de ces olhjets «ontribuoient a déparer l'architecture. Il semble que quand l'usage eu près» rit l'empki dans les edi-
EDF
I (ires, il vaudrait mieux les appliquer d'une manière postiche et incohérente avec l'architecture, comme une sorte d'accessoire indépendant d'elle , que de les convertir en marbre, en pierre, ou en toute autre matière solide qui a l'air de faire partie intégrante «le la construction même. Ce sont là, au reste, de ces observations que le goût |ieut se permettre sans espérer que ses leçons l'emportent sur celles de l'opinion et de la mode.
Le mol éciisson est devenu, par l'analogie de certaines formes, dans certains arts, avec celles de l'objet en question, un mot technique.
Ainsi on appelle ccusson, en serrurerie, une petite plaque de fer qu'on met sur le» portes des chambres, des armoires, vis-à-vis les serrures, et au travers de laquelle entre la clef. On donne aussi ce nom à toutes le* platines qui ornent les heurtoirs, les houclrs, les boutons, et les entrées des serrures. On le donne à beaucoup de |>etits objets de détail et d'ornement avant généralement une forme ovale , et «Ion» l'enu- ' mératiou serait fort inutile.