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Il y a quelque chose de cette métaphore qu'il serai t permis d'appliquer à la ville de Pari», et le* travaux qu'on ajoute sans cesse à ceux qui existent déjà |iourroient finir on jour par la réaliser. Les rues de Paris forment ensemble plus de quarante lieues de développement. Si l'on vouloit établir dans chaque rue unègout muni d'un canal avec deux banquettes, pour servir a l'écoulement des immondices, et y placer des tuyaux pour la distribution des eaux, ce seroit un travail de plus de vingt années et de plus de quarante millions de dépense. Pcut-ou se livrer à l'espoir d'une telle entreprise?
Les deux ohjcts qu'il faut avoir en vue dans la construction des igauls , doivent être , comme en beaucoup d'autres points, Li solidité, et cette économie hien entendue qui consiste à ne faire que ce qui est utile, mais à ne rien épargner pour le bien faire. Ajoutons que l'économie veut aussi qu'on évite d'en construire aux endroits où ils ne sont jms nécessaires. Lorsque leur utilité est bien reconnue et que leur direction est déterminée, il faut commencer par sonder le terrain sur lequel ils doivent passer, s'assurer de sa nature, éprouver s'il a la fermeté convenable, et si cette fermeté est uniforme. Cet ohjcl est de la plus haute importance dans les constructions d'une certaine étendue, surtout pour celles qui doivent donner passage à des matières liquides : il faudrait , s'il étoit possible, que la construction fût d'une seule pièce.
On arrive à consolider uniformément le terrain , soit en battant le sol, soit en établissant des plateformes de charpente, ou en y enfonçant des pieux, des pilotis, etc. {Voyrz l'article Fo.snr.MEjtT.) Sur le terrain bien nivelé et consolidé on établira les fondemens de Yégout. Ils se composeront d'un massif plut ou moins épais selon la consistance du sol ; on ne devra pas lui donner moins d'un pied d'épaisseur. Sur ce massif, fait dans toute l'étendue de Végout, on établira deux murs parallèles formant ensemble l'épaisseur des banquettes, destinés à faciliter les moyens de parcourir Yigout pour le nétoyer et le réparer.
La largeur des banquettes, y compris lenr saillie sur le canal, doit être de i5 * 18 pouces; et la largeur du canal, en raison du volume d'eaux ou d'immondices qui doit y passer, pourra être depuis a pieds et demi environ jusqu'à 5 on 6 pieds. Sur cette seconde partie , a r rasée dans toute la longueur de l'ouvrage, on établira les deux murs qui soutiendront la voûte si Végout doit être couvert. La voûte pourra être en pierres de taille , ou en des chaînes de pierre, e qu'elle pourra exiger.
Dans les ouvrages de ce genre construits en pierres par 1rs anciens Romains, on remarque qu'ils avoient la précaution d'envelopper à l'extérieur les parties de pierres de taille avec des massifs en maçonnerie de blocage à bain de mortier. Quant à l'intérieur, la partie où devoit couler l'ean étoit revêtue de ciment,
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afin d'empêcher l'eau de filtrer an travers des de la pierre de taille, qu'ils avoieut <
Soit que les Sgonls se construisent en pierres de taille, soit qu'on ne les fasse qu'en moellons, il sera a propos de ne former définitivement le fond du canal sur lequel doit couler l'eau , qu'après toute la construction achevée, afin qu'on puisse réparer en le formant les inégalités de tassement, et autres accidens inévitables survenus dans le niveau , surtout lorsque la longueur d'un égout e
Il y a de» igouls découverts qui n'e rigoles , d'autres pour lesquels il suffit de deux murs formant un canal dont le fond est pavé.
Les précautions indiquées dans cet article pour parvenir à la formation à'fgoulJt solides et durables, sont du genre de celles que l'on observe pour l'établissement des aqueducs et des canaux, {fuyez DM mots. )
EGYPTIENNE ( Architecture). Trois ont contribué à la conservation des monurae cette architecture : la nature et le genre de leur < struction et de leur goût , la propriété du climat , et l'état d'abandon où ils furent condamnés à rester loin de toutes grandes villes et de tout gouvernement actif et puissant. C'est surtout à cette dernière circonstance que cette architecture a dû de se survivre. Nul doute que ai des peuples puîssans eussent succédé depuis les Romains à ses antiques habitans, si de nouvelles villes, riches et industrieuses, se fussent relevées sur les ruines des anciennes , les temples dont nous admirons les débris seraient devenus les carrières d'où l'on aurait tiré les matériaux des nouvelles constructions ; ajoutons à cela les guerres , les i tions : enfin tout ce qui aide si bien l'action du l aurait contribué à effacer pour jamais l'architecture égyptienne. Les hordes d'Arabes qui depuis fort long-temps habitent ces contrées, les peuplades foibles et à demi barbares de la haute Egypte, ont bien à la vérité bâti leurs villages au milieu de ces restes de monumens. Les terrasses de quelques temples servent, il est vrai, de sol à leurs habitations , mais ces moyens de destruction se sont trouvés trop foiblcs. Il n'a fallu rien moins que la succession de villes anssi peuplées qu'Alexandrie ou le Caire, pour effacer totalement Mcmphis. Thèhes n'a point eu de semblables voisinages , et il en existe encore des ruines colossales qui ont pu nous révéler le goût de bâtir d'nn des plus anciens peuples de la terre.
Pendant long-temps on n'eut, de la part des Européens qui parcoururent cette contrée, que des notions superficielles sur les restes de ses antiquités. Vers te milieu du dernier siècle cependant, deux voyageurs instruits, Richard PocockcctNorden, visitèrent, le crayon a la main, toute la longueur de l'Egypte, et accompagnèrent leurs descriptions non de I dessins entièrement fidèles , avec les mesures des mo-
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numens , niais de croquis tracés sur les lieux , et d« détail* pris à vue d'ieil , daus lesquels il étoit très-facile de reconnoitre et de juger d'abord ce que n'étoit pas cette architecture, et eusuite de présumer ce qu'elle avoit dû être. Ce fut à l'aide des dessins, quoique légers, et des observations de ces voyageurs, que nous parvînmes à réduire , vers la tin du dernier siècle, en une lliéorie approximative les notions caractéristiques de l'architecture égyptienne, et de la faire envisager, tant en elle-même que dans ses rapports avec celle des Grecs, comme née d'un principe tout autre , comme bornée a des combinaisons toujours uuiformes, comme enchaînée par les institutions du pays dans un cercle de formes et d'idées qui n'y pouvoient permettre de cliangcmens.
Depuis, cette époque, le grand ouvrage de l'expédition d'Egypte est venu nous apporter en quelque sorte l'Egypte elle-même, avec ses antiques mooumens. Il ne sauroit plus y avoir de doute sur ce qui constitue le svstèmc de son architecture et son principe originaux- , l'état de sa construction , le genre de la forme et de la disposition de ses édifices , le goût ou le style de leur décoration. Ces divers points vont donc se trouver ici présentés avec plus île briérété et de certitude dans les paragraphes suivans.
PABACBtrBE I". — Du principe originaire tic l'architecture égyptienne.
L'axiome rien ne vient de rien est applicable, avec plus ou moins d'évidence, à tous les établissemens des sociétés, à toutes leurs inventions, à tous leurs ails , à toutes les formes que leur imprime la diversité des causes dont ils reçoivent nécessairement lis impressions. IMus surtout on remonte daus l'antiquité des temps, et à ces époques au-delà desquelles il ne nous est plus donné de rien voir, plus il est presumable qu'un art a dû recevoir immédiatement de ce qu'il faut appeler la nature ou la nécessité , certaines conditions qui lui ont imposé une manière d'être originale, c'est-à-dire qui tient à un principe originaire.
L'art de bâtir est peut-être, plus qu'aucun autre, soumis, selon les différentes contrées où il se produit , à certaines causes locales dont les résultats lui imprimeront une forme , une physionomie qu'il ne perdra plus. Or ces causes naturelles, qui dépendent du climat, des productions du sol , de la constitution du pays, survivant aux ouvrages plus ou moius durables des peuples, peuvent toujours, dans l'état de ruine de leurs monumens , nous mettre sur la route des besoins, des raisons, des usages qui uous en révéleront le priuci|jc général en nous apprenant co qu'il fut obligé d'être.
Par exemple, l'art de bâtir des Grecs uous force de reconnoitre, |>ar les caractères les plus évidemment écrits dans leur architecture , quo le bois fut la matière obligée des constructions primitives , et ce
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tvpe originaire développé , modifié depuis par les savantes combinaisons et le goût perfectionne des architectes , n'a point cessé d'attester l'influence de ceprincipe.
On chercheroit vainement quelque chose de semblable dans l'art de bâtir de l'Egypte. La nature seule du pays , qui ne paroit ps avoir pu changer , nous apprend qu'on n'y trouve point ces forêts et I ces grands bois d'où il semble que presque partout sont sorties les premières sociétés d'hommes. Autant la nature v paroit avare de bois de construction , autant elle s'v montre prodigue de carrières inépuisables et de qualités de pierres faciles à travailler, a exploiter et à creuser.
Aussi supposc-t-OD volontiers, surtout qnand on voit le nombre si considérable de souterrains et d'excavations dont est rempli ce pays , que la nature do climat, jointe à la facilité du travail, avoit dû porter de très-bonne heure les premiers habiLans à se creuser des demeures souterraines. Et c'est par cette habitude des temps primitifs que l'on s'explique le penchant de ce peuple pour les excavations, les ouvrages taillés dans les carrières , et en général le travail de la pierre. Des premières habitudes de cet instinct sera né le goût qui se perpétua pour l'uniformité et la solidité des construction».
Le climat de l'Egvpte se trouva d'accord avec ces habitudes, s'il u'eu fut pas la cause première. Dans ce ]>avs , on n'a point à se défendre contre les eaux du ciel. Lorsque l'art de bâtir, ayant formé des villes, y eut transporté la simplicité du travail et de la forme des souterrains, l'idée d'un toit ou d'un comble ne put y trouver de principe , et par conséquent n'y dut pas naître. L'art du bâtir des premiers temps n'est jamais que le résultat de cet instinct , eflet et cause réciproquement de ce qu'on appelle le besoin, qui ne fait ricu d'inutile. Autant le comble se trouva néces- I sairc dans la bâtisse originaire en bois chef les Grecs, autant le plafond des travaux souterrains dut devenir daus les premières bâtisses la couverture naturelle pour un pays où il ne pleut pas. De la la couverture en terrasse, caractère de l'architecture égj-plicnac, comme le fronton , né du comble en bois , disliugue l'architecture grecque-
Le principe originaire de l'ait de bâtir en Egypte une fois bien constaté, nous rend compte de tout ce qui le sépare et le distingue de celui des Grecs. Dès— lors absence totale de prolils ou de membres , de là le peu de saillie des moulures , qui s'y trouvent plutôt en renfoncement qu'en relief; de là le manque des effets produits par l'alternative des pleins et des vides ; de là l'uniformité des élévations ; de là ce niveau monotone auquel furent soumis tous les édifices; delà l'absence de voûtes et d'étages, oit d'ordounanect I imposées les unes sur les autres; de là dans les pla- ] fonds cet unisson qui contraste d'une manière si frap- I pante avec ceux que produisit l'imitation des solives
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se croisant dan* un plancher, et convertie* par les Grec» en cannons orne* de rosaces.
Pabaoiapiie II. Du système de servitude empreint dans cette architecture.
Les arts d'imitation corporelle . tels que la peinture et la sculpture, ont avec l'art de bâtir des rapports sensibles que tout le monde connoït, et ils en ont encore de moins aperçus qui sont plus iniportans à connoitre. Ce n'est pas en effet a de simples ressources d'embellissement que se borne l'empruut fait à ces arts par l'architecture. Elle leur doit , ce qui est beaucoup plus , des règles de goût , des lois de proportion , des convenances de caractère , et une multitude d'analogies délicates qui y ont transporté le charme et la valeur de l'imitation.
C'est dans les caractères variés de l'imitation du corps humain que l'architecture peut puiser ces variétés de ton . ces graduations de mode , ces tempéramens légers qui, par l'application métaphorique qu'elle en fait à ses ouvrages , leur donnent la faculté de nous plaira dans le même sens et aux mêmes conditions que les oeuvres de la nature. Plus donc l'imitation du corps humain fait de progrès dans un pays , plus l'architecture en doit faire aussi ; et les (kits, qui valent mieux que les raisonnemens, prouvent que l'état de l'architecture est toujours tel que celui des arts d'imitatiou corporelle qui l'accompagnent.
Or, deux causes principales durent tendre a contrarier et entraver en Egypte le perfectionnement de cette imitation. La première do ces causes tient a l'ordre politique , la seconde a l'action de la religion.
Quant à la première , on doit le dire , elle aurait suffi pour opérer celle immobilité de goût qui caractérise les arts de l'Egypte. Lorsque le type d'une société repose sur une organisation sociale qui classe chaque état de la société dans un cercle que nul ne jieut franchir, tous les genres d'industrie restent stationnaire* , et aucun changement ne peut s'y introduire. Chez un peuple ainsi constitué , il se forme un genre de perfectionnement purement matériel , qui devient le plus fort obstacle à la recherche de
lorsqu'il est néTt'sVsl fortifié avec Iwélemen* politiques d'une société. Les premiers ri tonne mens de l'imitation, loin de devenir sujets d'émulation , deviennent objets de vénération. Loin que de plus heureux efforts viennent discréditer les p recède n» , de nouvelles redites leur donnent une autorité nouvelle. Cette autorité une fois établie, rien ne parvient plus à détruire cet empire de l'habitude. Les orgaucs façonnés à une manière de voir l'imiution , ne sauraient ni soupçonner ni comprendre qu'il puisse y en avoir une autre; et ainsi devient indestructible
EGY 5G* l'empire de la routine , tel que nous le voyons établi dans toute l'Asie , tel qu'il le fui en Egypte jusqu'à la fin , et cela dans les plus grands comme dans les plus petits de se* ouvrages , dans ses statues les plus colossales, comme daus les plus petites de ses idoles.
Mais la religion toute seule fut capable d'y assujctir et d'y enchaincr la faculté imitative, par la conservation des types ou des signes primitifs qui formèrent l'écriture sacrée ou hiéroglyphique. La religion considérée dans ses rapports extérieurs, c'est-à-dire comme culte , ayant pour objet de fixer, de perpétuer l'idée de la Diriuité , ainsi que toutes les moralités qui se lient à cette idée primaire, et ayant à parler à des hommes, ne put leur parler que par des signes sensibles.
Toutefois les signes que la religiou est forcée de s'approprier sont de la nature de tous 1rs signes qui entrant dans la sphère des besoins de l'homme et de la société : en tant que représentant des objets matériels, ils sout susceptibles d'acquérir une perfection, illimitée. Mais ils sont également capables de remplir leur principale destination, qui est de rappeler l'idée des objets , soit qu'ils restent sous la forme d'ébauche, soit qu'ils se produisent sous le» dehors d'une parfaite imitation.
Plus une religion née avec une société y acquerra de force et d'empire , et plus clic devra tendre à rendre sacrées , c'est-à-dire immuables , des forme ) qui, par leur corrélation avec les idées, ne peuvent plus changer qu'en changeant les idées. La force «le l'usage et la sauetion du respect publie y attacheront des sentimens, des souvenirs, des rapports d'une nature telle , que l'altération du signe en produirait une dans la chose signifiée. Cette seule cause qui arrête le perfectionnement de» signes religieux réagit de toute la puissance de l'exemple le plus imposant sur les signes qui n'ont aucun rapport avec la religion , et tous les ouvrages se trouvent ainsi oLIigés de subir le joug de la routine.
La politique des Egyptiens, a dit Platon ( de Lt gibus; 1. il ) , avoit toujours entretenu la prinltirr dans le mime état de médiocrité, sans aucune altt ration et sans aucun progrès. C'est ce qu'attestci.t encore aujourd'hui les restes très -nombreux qu'on en voit sur les superficies des temples. Unie au relief de la sculpture dans les représentations hiéroglyphiques , elle n'a de valeur que celle qu'elle reçoit des substances colorantes. La sculpture égyptienne, soit de bas-relief, soit eu ronde-bosse, ne peut se recommander que par le travail mécanique de la pierre ( t par la patience du travail daus les colosses. Il est visible qu'elle n'eut jamais la pensée du se mesurer avec la nature ; elle n'osa pas même détacher les parties de ses figures qui dévoient être isolées. Semblables aux caisses des momies, ses statues ne semblent être que des enveloppes d'autres statues ; nulle
j trouve des dimension* assez exactes, répétitions de