‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 179 sur 258 · V> EGY · texte numérisé non relu

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celle» du coq» humain, mais nul système de proportions entendues comme rapport réciproque du tout avec chaque partie. Hors ce que le compas peut donner dans la stature humaine, nulle imitation des détails des corps ; on n'aperçoit dans les uns aucune indication de la musculature, aucune exécution de draperies, de chevelure, et de toutes les vérités de détail.

Ce que nous lisons dans Diodore de Sicile de la division que faisaient les Egyptiens, en vingt et une parties , du corps d'une statue est fort loin de prouver qu'ils aient connu cette science raisonnée du corps humain, qui consiste dans ce qu'on appelle les proportions ou les rapports respectifs du tout avec chaque partie, et de chaque partie avec le tout. Cela n'indique qu'une opération mécanique, une méthode de convention entre plusieurs ouvriers sculpleurs qui, d'après un calcul de toisé ponvoient, chacun de son coté , exécuter selon les mesures données une partie d'un corps composé par assises, comme un bâlimeut ou une colonne. Rien ne ressemble moins que cette méthode à celle des proportions.

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L'art égyptien n'eut l'idée d'ancune deur que de celle que l'on appelle grandeur Ne pouvant exprimer ce qu'il y a de moral dans cette qualité , comme d.ms celle de force ou de puissance , il n'en chercha l'expression que dans la hauteur ou l'énnrmité des masses.

Si les arts d'imitation corporelle ne purent se développer en Egypte, ils ne purent donc communiquer a l'architecture le sentiment d'harmonie, les nuauces de caractère , les règles de proportion , les analogies d'aucun principe imitatif, d'où auraient pu diversités de mode qui en font un art me entendu. Dès-lors elle dut recevoir et plus de fidélité encore les entraves qui lui furent im- |>osées par les rites religieux.

Paragraphe H1. De la construction, de ses moyens et de ses pratiques.

Par construction nous n'entendons pas ici ce qui a constitué depuis chez diverses nations , et surtout dans les temps modernes, sous les noms de science ou d'art du trait et de b coupe des pierres, une partie importante de l'art de bâtir, et qui a pour objet de suppléer par des procédés compliqués aux resque la nature refuse à certaines contrées, i de semblable à ce qu'on peut appeler la science, en ce genre, ne fut réellement nécessaire aux Egyptiens. Des idées simples et toujours les mêmes , comme ou le verra dans la composition de leurs édifices, des lignes toujours droites. Point d'intérieurs spacieux à couvrir, point de plans varies, point de parties circulaires, point d'élévations en étages. Pour suffire à d'aussi simples dispositions, de grands et de nombreux matériaux en pierres la plupart faciles a tailler, par conséquent point d'appareils

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point de procédés difficiles, point de 1 eut ion ; du temps , de la patience et bras à employer, avec beaucoup d'économie, voilà < qui explique toutes les entreprises de l'Egypte et les moyens de leur exécution.

l)u reste, nul système imitatif n'entra dans les élémens de cette architecture. La pierre n'y figura jamais que b pierre , et , comme on l'a déjà dit, le bois n'avoit pas même pu entrer dans les procédés primitifs de la bâtisse. Aussi Diodore de Sicile (li*c. il , s. il] nous dit-il que les pi n'employèrent dès les commenceniens, à b < lion de leurs cabanes , que des roseaux et des < entrelacées , qu'on enduisoit de terre \

Cet usage , d'après ce que dit encore le i torien , paroilroit avoir été réservé aux campagnes. Dans les villes on dut appliquer à la construction des maisons un genre de bâtir plus solide. Les restes <tc briques qu'on trouve dans les débris de plus d'une ville antique donnent à penser que l'emploi de cette matière y fut aussi commun qu'il l'est encore aujourd'hui. La brique y étoit employée crue et séchée au soleil; on b faisoit avec b terre que le Nil charrie : elle est noire, sablonneuse, et entremêlée i~ et de coquilbges. On l'employa ainsi à « v rages , comme le prouvent certaii nées. Mais les Egyptiens firent également usage de b brique cuite au feu de paille. Nous lisons dans b Bille que les Hébreux furent condamnes à cette sorte de travail.

Si b nature fut avare envers l'Egypte de bois de construction, elle l'en dédommagea par b quantité, b variété et la beauté des pierres, qui formèrent une de ses richesses et furent le principe à b fois et le moyen des grandes constructions où cette nation proit s'être adonnée de très-bonne heure. Nous lisons que le Delta est composé d'un tuf assez tendre . produit visible des sédimens du Nil. Aussi croit-on que le Delta es* l'ouvrage de ce fleuve, dont le limon sans cesse charrié et accumulé vers son embouchure, recule de plus en plus les eaux de b mer. Les catacombes de Saccara sont pratiquées dans des couches de pierre calcaire. Telle est b pierre des montagne* de Oizé, dont furent bâties les pyramides. Elle a peu de dureté ; dans plusieurs de ce» monnuirns elle est vermoulue , et sa conservation n'est due qu'à la sécheresse du climat. C'est dans cette pierre qu'est taillé le grand sphinx. Du même genre est à peu près celle des environs de Thèbes , et où sont creusés les tombeaux des rois ainsi que tant d'autres grotte* sépulcrales. On en trouvoit par toute l'Egypte, et elle avoit l'avantage de se durcir à l'air. L ne autre sorte de pierre employée plus fréquemment daos b haute Egypte est le grès, d'une nature fort différente de celui qu'on connoit en France et qui est réfractai rc à l'outil ; celui de l'Egypte a beaucoup de consistance et se bisse facilement tailler et découper.

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le granit, appelé par le* anciens pierre thébaïque. Se« carrières «ont au Tond de la bante Egypte , près du Nil , entre le» première» cataracte» et la ville d'Assouan (jadis Syenne). Tout le pays »itué a l'orient, les île» et le lit du fleuve sont de ce granit rouge , dont furent fait» les obélisques , beaucoup de «tatues, de colonne» et de temples monolithes.

On voit que , redevables à la nature d'aussi abondans et d'aussi riche» matériaux, les Egyptien» avoient dû «'adonner de bonne heure a leur exploitation. Ils trouvèrent à tailler dans leurs carrières des blocs d'une grande étendue. Le» formes de leur» bàtinicns étant extrêmement simples, ils n'eurent a procéder qu'à leur équarrissement : leur plu» grand mérite fut la précision et la justesse de la pose et de» joints.

Ce mérite toutefois, dan» plus d'un monument, paroit avoir été tout-a-fait indé|iendaut d'une véritable régularité d'appareil. Dans la haute Egypte on voit plusieurs temples où l'appareil n'est rieu moins que régulier. Selon le» observations de quelques voyageur* moderne» , on voit à un très-grand temple et des mieux conservé», celui d'Edfou ou Apollino- BoUl magna , des dé» qui ne sont |tas d'aplomb sur les chapiteaux , et des colonne* dont les diamètres ne sont pa» semblables. D'où l'on a cru pouvoir inférer que la plupart des temples se construisoient à vue d'uril , et se sculploieut en quelque sorte dans la masse , comme cela devoit se pratiquer dans les ouvrages souterrains. De là on pourrait conclure que ce qu'on appelle l'appareil n'étoit soumis qu'à une pratique ouvrière , et que la construction d'un temple pouvoit être exécutée sans un dessin préalablement arrêté , mais d'après les seules habitudes d'une imitation routinière.

En l'absence des moyens et de* pratique» dont la science développée chez les modernes enseigne l'emploi, il y eut chex les auciens, et

: les Egyptiens , un instinct d'inventions qui dut être fort actif et très-puissant , soit pour le transport, soit pour l'érection des grandes masses qu'ils eurent à mouvoir, à transporter, et à élever dans leurs édifices. Hérodote a parlé avec le plus grand etonnement des dimensions énormes de la chapelle monolythe en granit de Butos, qui dans chacune de ses dimensions avoit 4o coudées. Ce qui étonne le plus n'est pas l'éJoignement des carrières où l'on tailloit de pareils ouvrages : les carrières étoient voisine» du Mil , et le fleuve dut servir de conducteur. Hérodote n'a point parlé de» moyen» employés pour la mettre en place; mais Pline nous apprend ceux dont on usa pour transporter l'obélisque de 80 coudées, taillé par le roi Mecthébis. On pratiqua un canal que l'on ouvrit aux eaux du Nil , jusqu'à l'endroit où étoit couché sur son chantier l'obélisque ; on chargea deux vaisseaux fort larges de petits morceaux de granit , de la grandeur d'une brique , au double du poids d« l'obélisque, sous lequel on Gt en-

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, les deux bouts de l'obédeux rives du canal; Tau point qu'en ref'nies et enlevèrent

l'obélisque.

Il est à croire que le» Egyptiens auront eu en ce genre beaucoup d'inventions aussi simples qu'ingénieuses ; car le génie pratique de la mécanique est fort indépendant des théories de la science. On lit avec plaisir dans Hérodote ( I. 11 , c. cxxv ) avec quelle simplicité de machines les pyramides furent construite». On plaçoil sur les degrés deux leviers, qui soulevoient la pierre et la faisoient monter d'une marche à l'autre. Cette pierre trouvoit sur le degré su|iéricur une machine semblable , et arrivoit à sa place à peu de frais et sans difficulté.

L'histoire nous a transmis, sur la construction des pyramides, certaines fables dont la puérilité seule fait la réfutation. On peut être étonné d'abord en voyant de» blocs de pierre élevés à une telle hauteur. Mai»,

nous venon» de le montrer, la masse toute seule se servoit à elle-même d'échafaudage. H est un fait aujourd'hui mis à découvert, c'est que les pyramides ne furent dans la réalité que des buttes ou des montagnes revêtues de pierre. Ainsi le furent les roon 11 mens funéraires que les Grecs nommoient y.*."" ">"< et que les Romains appelèrent tumuli ; monuinens dont le type universel est l'élévation de terre produite par le corps enterre , élévation augmentée depuis par art , et origine de tons les tombeaux con-

Ce qui exigea plus d'art et de soin dans la construction des pyramides fut l'établissement de la chambre sépulcrale intérieure , et des conduits ménagés d'abord pour qu'on put y pénétrer, et remplis ensuite de manière à en rendre l'accès impraticable. C'est dans ces conduits qu'on voit ce genre de fausse voûte composée de pierres en encorbellement l'une sur l'au-

pierre et à vis. Là aussi se montre toute la perfection qu'il est possible de porter, soit dans la finesse des joints, soit dans le poli des pierres et la justesse des assemblages. Et toutefois cette chambre de la grande pyramide n'est couverte que d'un plafond composé de grandes dalles de pierre au nombre de neuf, dont les sent du milieu ont i(i pieds de long sur .{de large.

Même esprit d'uniformité, de grandeur et de simplicité, dans la construction des autres édifices de l'Egypte, surtout dan» les temples, qui sont à peu près les seul» monumensdont on puisse parler. Nous verrons par la suite que rien ne fut plus uniforme que la disposition de leurs plans; et comme cette disposition n'offrait point de grands espaces rieurs , elle n'eut réellement à demander à la • struction ni science, ni coupe de pierres <

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Leur partie la plus remarquable corniste dans ces grands frontispices qu'on appelle pylônes, dont la nussc renfermoit d'un côté et de l'antre de son ouverture des escalier» qui conduisaient sur la plate-forme de cette bâtisse. L'ouverture de la porte le tertniuoit uuiforuiénient par une plate-bande formée d'une seule pierre. C'est à ces p\ loues qu aboutissent les murs d'enceinte, et ces murs ont quelquefois 24 pieds d'é|iaisseur. Les quartiers de pierre dans la construction sont toujours posés par assises horizontales. Pour rendre ces mun plus solides , on donnoit souvent à leur masse une pente formant talus, comme ou le pratique «lans les fortifications modernes. Les colonoes, qui dans les paragraphes suivans seront l'objet d'une critique particulière, doivent pourtant trouver ici une place comme simples moyens de construction. Elles sont les supports nécessaires des plafonds , et il fut indispensable de leur douuer une grande épaisseur. Partout on les voit composées de tambours, dont les hauteurs varient en raison de leur diamètre et de leur élévation.

Si l'on parle de couvertures dans l'architecture égy ptienne, c'est pour dire que ce point y est totalement étranger à toute espèce d'art. Ordinairement, dans l'art de bâtir, les couvertures, de quelque genre qu'elles soient , se conforment aux espaces donnés ; en Egypte ce furent les espaces ou les vides qui se conformèrent à la donnée des couvertures. Or comme celles-ci consistoient uniquement en dalles de pierre, La mesure des |xerres fut celle de tous les intérieurs. Lorsque les espaces vides étoicot d'une moyenne grandeur, une seule pierre y sufEsoil , et si le local admettoit plus d'étendue, ce n'étoit qu'en y multipliant Les colounes ; et alors La converture a voit lieu par des pierres allant d'une colonne à l'autre , et audenus desquelles on en plaçait d'autres en sens contraire ou eu travers.

Ces données, qu'on peut regarder comme universelles dans les plus anciens monumens de l'Egypte , et même dans ceux des âges postérieurs , nous disent assez , et que les Egyptiens ne firent pas de voûtes, et pourquoi, Le besoin de voûte ne se faisant point sentir La où l'on n'a point à couvrir de grands espaces vides , ils ne durent point eu faire. Nous parlons surtout des monumens construits en pierres. Qui pourrait toutefois affirmer que dans des temps postérieurs, comme par exemple sous la domination romaine, l'usage de la maçonnerie, dans de plus petits ouvra|;es, n'y aurait pas rendu usuelle et nécessaire une pratique dont il parait que les voyageurs modernes oui trouvé des exemples et des preuves, et que l'emploi de la brique , si anciennement répandu dans cette contrée, avoit dû suggérer et rendre usuel* Mais ce qu'on peut affirmer, c'est que dans tous les monutueus en pierre , et surtout de l'antique Egypte , il n'y a ui trace de voûte ni indication de la nécessité d'y en pratiquer.

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Paragraphe 1Y. De la forme et de la disposition des édifices.

Ce qu'on entend dans l'architecture par forme et disposition comprend deux sortes de notions, l'une générale , qui se rapporte aux plans et a l'ensemble des monumens ; l'autre qui s'applique aux parties et aux principaux détails. Comme il ne nous reste d'autres édifices égyptiens que des temples, c'est uniquement sur eux que cette analyse aura lieu. Quant à la première notion , les tcinplcs égyptiens ne présentent point , comme ceux des Grecs , des Romains ou des modernes , un corps unique et entier, soumis a une seule ordonnance régulière et dominante, et que l'œil peut embrasser souvent d'un même aspect. Le temple en Egypte est un composé plus ou moins nombreux de différentes masses, ou parties de bâtiment , qui se succèdent ou se répètent a peu près dans le même système. Chacune de ces parties pourrait être un tout. De fait, l'état de ruine et de désuniou où le temps et la destruction ont réduit la plupart des monumens laisse encore à douter si tel corps de bâtiment fut â lui seul un temple, ou s'il n'en est qu'une portion détachée.

Strabon nom a heureusement laissé une description entière des temples d'Héliopolis, dans laquelle on trouve réunies toutes les parties qui nous paraissent encore aujourd'hui former en |>lus ou en moins les temples dont les restes , quoique désunis , subsistent. Ainsi après le pylône ou le vestibule d'entrée étoit une grande cour, que les Grecs appeloient dromos. Là se trouroient les allées de sphinx , d'où l'on arrivait à un propylon ou avant-portique; de celui-là à un autre , qui conduisoit à un troisième. Le nombre n'en étoit pas fixe , et il varioit comme les avenues de sphinx. Après les propylées venoit le temple proprement dit, ou naos, lequel se composoit du pronaos et du secos. Ce dernier était, tout à l'extrémité, le local qui renfermoit soit l'image de la divinité sous quelque figure d'animal, selon Strahon et Lucien, ou l'animal même qui étoit l'emblème vivant du dieu. Ainsi, comme on le voit, le temple égyptien n'étoit pis on édifice, mais une suite d'édifices ayaut chacun leur disposition et leur forme déterminée , comme nous le font voir les dessins de la commission d'Egypte.

Si l'on demande quelle étoit la forme et quelle b disposition du plan de cette sorte de temple , nous dirons que les plans de toutes les parties qu'on vient d'énumérer, toujours et partout les mêmes, ne pou- S voient appartenir à la libre combinaison de l'artiste ; I que répétitions uniformes de types donnés et oon- 9 sacrés , ces plans durent, à la dimension près, offrir A îles espèces de calques d'un patron uniforme.

J„i forme et La disposition des édifices dépendent

I principalement des données du plan. Mais les formes | des plans ne peuvent être que rectangulaires on cir-

II culaires; or, toute forme courbe ou circulaire étant

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des | via os égyptiens, l'archii à cet égard et de n'eue présente, n'eut rien à imaginer, rien à raccorder, nul accord i établir entre les exigence* d'an plan compliqué et celles d'une élévation nombreuse et variée.

Ce qui fait la partie la plus brillante des plans égyptiens , c'est le nombre et la multiplicité des colonnes. On en trouve bientôt la raison dans la nature et le genre des couvertures , c'est-à-dire des plafonds qui, n'étant composés que de dalles de pierres à plut, et ne pouvant^ avoir qu'une fort petite étendue , exi-

solidcs , soit des couvertures en charpente.

Si ce qni regarde la forme et la duujosition de l'architecture égyptienne dans les plans donna lien à peu de combinaisons, et prête ainsi peu de matière à l'analyse critique, la partie de l'élévation, naturellement subordonnée aux données des plans, nous fournira encore moins de matière à description. Un seul caractère nous semble y avoir été imprimé , celui de la pesanteur ou de la monotonie. On ne voit, et l'on ne croit pas qu'il y ait jamais été pratiqué ni

mais élevé de colonnes an -dessus d'antres colonnes, c'est-à-dire des étages d'ordonnances; qu'on y ait jamais diversifié les masses, et par conséquent les aspects d'une façade ; qu'on y ait cherché des effets dans la combinaison des pleins et des vides. Le véritable effet de cette architecture est celai de la solidité, qui se manifeste dans l'épaisseur des masses et par l'emploi assez général de la ligne pyramidale.

Si l'on passe maintenant à la seconde partie de ce paragraphe ; savoir, Pi qui constituent l'analyse de la lion des édifices,

l'élément le plus varié de cette architecture, ses dimensions, soit dans ses formes, soit dans ses accessoires.

Nous nous sommes servi du mot dimention, et non du mot proportion, à l'égard de la colonne. L'idée de proportion est ceUe qui , appliquée à la colonne , détermine des rapports constans entre son épaisseur et sa hauteur, entre son fût et son chapiteau , entre tel mode de colonne et toutes les parues d'une élévation ; rapports tels qu'une partie de la colonne nous apprend qnel est son chapiteau , que l'un et l'autre nous disent quelle en est la forme et la mesure, quelle est la dimension et quelles sont les formes de l'entablement qui le surmonte, quels sont ensuite les rapports d'espacement entre tout ce qui compose l'ensemble. Or, rien de tout cela n'ayant heu en Egypte comme applicable à tous les édifices, il ne peut être question que de dimensions , i

téme d^oonance. m"**' **

Quant à la forme des colonnes, on y en trouve de

EGY 5G9 I deux sortes; savoir, la forme circulaire et la forme polygone. Les colonnes circulaire* se présentent avec deux

variétés; le* unes dont le fût est tantôt lisse , tantôt orné d'hiéroglyphe*; les "autre* composées comme d'une réunion île tiges liées d'espace en espaça par des bandes de cercles. L'espèce de colonnes polygoncs est fréquente ; on en voit de quadrongulaires ; il y en a d'exagone*. Les cannelures proprement dites ne s'y rencontrent |X>int ; l'emploi de ces variété* de colonnes a lieu souvent dan* lo même édifice.

On ne sanroit dire non plus qu'il y ait eu | lement un genre de chapiteau affecta à chaque L de colonne. C'est sur ce point qua l'Egypte a produit de nombreuse* variété*. On peut le* réduire a trois principales formes, la forme quadrangulaire , la forme évasée, la forme bombée. Le chapiteau à forme carrée consiste tantôt dans un simple dé de pierre plu* ou moins épai* , posant à crû sur le fût de la colonne. Tantôt il se trouve plusieurs corps qnadrangulaires, au nombre desquels on

un qui représente comme une sorte de temple monolithe. Le chapiteau évasé ou a cloche renversée

offre le trpe qnefois Li fr

des Grecs Quelquclquefois elle est > de lotus ou de |valmier. Le chapiteau bombé ou renflé paroît ligurer une fleur non épanouie. Rien au reste de plus arbitraire et de plus irrégulier que l'emploi de ces sortes de chapiteaux, soit dans leur rapport avec chaque espèce de colonne, soit avec le caractère quelconque des édifice*. On le* y voit en effet, diversement et arbitrairement placés comme au hasard, s'entremêler sans qu'on en distingue la raison. Or l'effet lu plus certain de ce mélange est de nous apprendre qu'il n'y eut réellement aucun i tème d'ordonnance , aucun principe d'unité i (C'est en tout une ressemblance avec le gothique.)

L' 'architecture égyptienne n'eut point à puiser dans l'élément d'où sortit la forme de son entablement, ni la variété ni le caractère significatif de l'entablement des Grecs, ni ces modifications qui établissent l'harmonie la plus sensible entre les parties de chaque mode, ou chaque genre d'ordonnance. Le plafond lisse , inspiré par les travaux souterrains ou parle travail inimitatif de la pierre, ne put suggérer ni divisions, ni saillies, ni renfoncemens , ni rien de ce qui peut mettre chaque genre de couronnement en rapport évident pour l'œil et pour l'esprit , avectel on tel caractère de force , d'agrément ou de richesse. On trouve a peine dans l'entablement égvptien de légères moulures , le plus souvent renfoncées. Sa terminaison la plus ordinaire, quand jl ne finit pas en ligne droite, est une sorte de grand cavet ou de scolie pins ou moins profonde. Du reste, on cent dan* son élévation les trois que nous offrent les chapiteaux ; «avoir, la ligne droite , la ligne évasée et la ligne renflée.

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Les portes iouent un rôle considérable dans les monumens qui nous restent de Y architecture égyptienne On leur donne aujourd'hui le nom de pylônes qui veut dire grande portes. Elle» se trouvent à l'entrée d« vestibules ou dromos dont la description de Strabon fait mention, si elles ne sont pas ce qu'il appelle propylon.Ce» grandes masses, qu on appellerait en français portique* plutôt que portes etoieul tellement multipliées, qu'elles nous cxpliuueut pourquoi Tbèbes fut appelée hécatonpyle, aux cent portes Leur ensemble présente ordinairement une forme pyramidale. On les voit se diviser le plus souvent en deux parties, qui se séparent au-dem» de l'ouverture de la l»rtc d'entrée, et elles forment alors, de droite et de gauche, une masse un peu pyramidale , qui produit en quelque «rte l'effet de deux tours. L'épaisseur de ces pylônes est énorme, il J en a qui ont jusqu'à 5o pieds de profondeur. L ouverture de la baie est ordinairement surmontée de la corniche en cavet, et une serablahle scolic couronne les deux massifs en manière de tour dont on vient

^d'est'dans l'épaisseur de ces deux massifs que sont placés des escaliers, dont plusieurs subsistent en entier. IU conduisent aux plate-formes, soit de ces massifs, toit de la porte, soit de» galènes en colonnes qui se terminent de même en terrasse, un n y voit point d'escalier à vis ou en limaçon. Les rampes sont toujours disposées carrément en retour. Les marches sont des pierres taillées d equerre sans aucun cougé.

I*» fenêtres paroissent avoir été assex multipliées, surtout aux pylônes ou frontispice* des temples dont on vientde parler, et elles donnoient lie.-, de leurs escaliers. Du reste rien de plus simple. Leur ouvcrtdre en carré long n'a souvent aucun encadrement , ou s'il s'y e.» trouve ce n est autre chose qu'un bandeau de pierre.

Nous n'avons rien dit jusqu'ici des pyramides, de leurs diversités, de leurs dimension», etc. ou du moins le peu que nous en avons touche {Paragr l\\ ) n'a été relatif qu'à certain» procédés de bâtisse. Rien, comme on le sait, n'a moins de rapport que le» pyramides avec l'architecture, ce mot enten u comm ,rt d'invention et de goût. Nous réservons au mot Pyramide quelques notions générales sur a nature de ces mouumeus, sur leur» mesures, sur leur emploi , et sur les variétés de forme ou de construction qu'il» comportèrent, ^oyex Ptbam.de.)

Paragraphe V. — De la décoration et de tornement des édifices.

On distinguera dan» ce paragraphe denx parties, qu'on réunit quelquefois en une *eule lorsqu il s'agit de l'architecture : celle qui est adhérente à la construction même, ou à la masse de l'édifice; telles *ont les peintura, les sculptures, tel» sont les reve-

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tissemens, les enduits précieux, les bas-reliefs , etc.; et celle qui consiste en objets d'embellissement i gers à la forme ou au fond des constructions, statues, groupes, obélisques, etc.

Un des premiers objets de décoration que nous présente Y architecture égyptienne, dut consister dans l'emploi des marbres ou" matériaux précieux que la nature avoit mil à la disposition de ce pays. Quoiqu'il ne paroisse pas que , surtout dans les premier» temps, on ait employé le granit en construction , les découvertes nouvelles ont prouvé qu'on en fit des revêtissemens , et l'on ne sauroit entendre autrement les mots «nxiAiv Aittu dont se sert Hérodote en parlant d'une matière de couleur bigarrée dont était revêtue une certaine pyramide.

Mais la décoration universelle fut l'emploi de la sculpture et de la (teinture en caractères hiéroglyphiques plus ou moins abrégés. Toutes les parties extérieures et intérieures de tous les temples sont couvertes des signes de cette écriture. Sans prétendre entrer ici dans la critique de cette matière, nous dirons qu'il y avoit de ces signes qui représeutoient les objets ou leur» idées par des figures entières, et d'autres par de simples portions ou fragmens d» figures. Ces derniers pouvoient trouver place et on les introduisoit réellement dans les plus petits espaces, et sur les moindres superficies des membres de l'architecture. Il s'en trouve sur les chapiteaux et sur leurs tailloirs, dans les corniches et sur leurs

Les hiéroglyphes en figures entières et i lossales , étoient sculptés en creux sur les grandes superficies des pylônes ou des frontispices , et sur las murs latéraux des temples. C'est là que se développa clans son plus haut degré le génie décoratif des Egvptiens et celui de leur composition. On voit à Thèbes de véritables sujets de guerre, de conquête, des cérémonies religieuses ou politiques. Mais la aussi ce qu'on voudrait appeler sujets d'invention ou de composition , se trouva toujours comprimé par la routine des patrons et des découpures en creux rehaussées de teintes crues et de couleurs brillantes , sans aucun sentiment de dégradation.

Cette association de la peinture et de la sculpture dans les contours découpés , et sur les champs renfoncés des tableaux hiéroglyphiques , outre bien d'autres causes qui en rendroient encore raison , fut, à n'en pas douter , l'obstacle le plus invincible aux progrès de l'un et de l'autre art , et nous explique avec beaucoup de clarté l'absence de toute idée vraie de décoration. Toutefois on comprend comment les veux, habitués à ce mécanisme de peinture et de sculpture décorative, ne soupçonnant rien au-deli de cette sphère d'imitation , durent s'y complaire , puisque aujourd'hui même les voyageurs modernes se plaisent à vanter l'effet produit par ces temples encore brillans des couleurs conservées, ou pour mieux dire incrustées dans les cadres et les reufon-

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remens que la sculpture leur «voit préparé». Ainsi se confirme le jugement que Platon avoit porte sur cet objet lorsqu'il dit que les figures peintes des Egyptiens étoient de son temps les mêmes que celles de dix mille ans atqiaravant.

On peut inférer de la k quoi dut se réduire aussi cette partie de la décoration que, dans la langue des arts du dessin, on appelle du nom spécial d'ornement. Il est facile de se figurer que dépendant des progrès de la sculpture et de la vérité iruitative, elle dut rester sUtionnaire en Egypte , comme , par la raison des contraires, on la vit en Grèce atteindre la perfection avec les autres arts.

C'est uniquement dans l'exécution des colonnes et de leurs chapiteaux qu'on découvre en Egypte quelques traces de ce goût métaphorique d'imitation qui transporte à un objet \> - apparences d'un autre objet, en empruntant à la nature plutôt l'idée que la réalité de certaines combinaisons, qui n'appartiennent en propre ni au modèle ni à sa copie. Ainsi on peut appliquer cette sorte d'alliance a plus d'une classe de colonnes, où l'on voit l'intention formelle d'imiter soit une réunion de tiges de plantes entourées de plus d'une rangée de tores , soit l'apparence du calice de quelques fleurs, soit le tronc du palmier, soit, dans plus d'un chapiteau , la courbure de ses branches ou celle des palmettes. Le chapiteau bombé ou a renflement pagne généralement pour être une imitation de la fleur du lotus plus ou moins épanouie. Il n'a certainement manqué a la plupart de ces motifs d'ornement qu'une composition plus libre et une exécution plus précieuse.

A proprement parier, il n'y a point dans les édifices égyptiens A' entablement, ce mot entendu et selon son étvmologie et selon la cause originaire qui lui fit donner le nom de tabulatum. Ce qu'il faut cependant nommer ainsi (faute d'autre terme) nous fait voir des rapports d'ornement assez souvent établis entre les colonnes, leurs chapiteaux et l'entablement. Quelquefois on y voit tracées les mêmes rangées de tores qu'aux colonnes dont on a parlé. 11 y a des corniches qui n'ont que des ornemens linéaires, gravés en creux; il en est qui se trouvent découpées à la manière des chapiteaux évasés, et ornées de deux rangs de cannelures. Rien toutefois qui s'accorde avec le sophoros des Grecs, quoique dans les entablcmens on voie des zone* destinées a U représentation soit d'oiseaux, soit de poissons, d'ibis, etc.

Les plafonds n'eurent en Egypte aucun ornement de relief; leur forme , toujours horizontale et plane, ne permit d'y introduire que de très-légères variétés. Ils sont pour la plupart ornés d'hiéroglyphes colories. Tel est celui du temple de Latopolis ; tels sont ceux deTentyris ( Dendtra). C'est de cette manière, au rapport de Diodore de Sicile , qu'une des salles du monument d'Osymandras étoit peinte en bleu et

Les portes ou pylônes des temples égypticus, si

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forme, furent anssi les moins négligé. -s par le goût de j la décoration ; le plus grand nombre est orné de peintnres ou de bas-reliefs hiéroglyphiques. C'est sur les superficies de leur masse extérieure que se trouvent ces rangées de grandes figures sculptées et peintes en creux , et alignées les unes au-dessous des autres Au sommet de l'ouverture de la porte proprement dite , on voit presque généralement sculpté ce grand emblème qu'on appelle le globe ailé, composé d'un glolie avec deux aerpens et de grandes ailes étendues.

D'après la distinction que nous avons établie dans la décoration , savoir d'objets adhérons à la masse des édifices , et d'objets isolés et indépendaos , mais qui contribuent a leur embellissement , il nous reste a pa reou ri r brièvement cette dernière classe .

Au premier rang doivent figurer les statues isolées de diviuités, et peut-être de personnages, que l'uniformité prescrite dans tous les simulacres égyptiens ne permet pas de distinguer. Les Egyptiens ne paroisscnl point avoir été économes en ce genre d'einbcllissemens ; toutes les ruines sont encore remplies par desfragmensde toutes sortes de statues de toute grandeur, entre lesquels subsistent aussi de fort grands colosses. On a déjà fait la remarque que tous les colosses furent en figures assises : telle étoit celle du Memnon ; tels sont les deux simulacres enterres près de l'entrée d'un temple de Thèhes. Cela s'explique , outre la difficulté d'avoir des blocs d'une grandeur démesurée, par la timidité même d'un art qui n'osa jamais isoler les membres des statues.

Les statues en pied ne se rencontrent que dans de moyennes proportions, et telles sont celles qui paroisseut avoir pu jouer le rôle de caryatides ; ce qu'indique l'espèce de chapiteau qui s'élève au-dessus de leur tête. Selon Diodore de Sicile (1. l , s. H , c. xx Psammeticus avoit consacré au dieu de Memphis un portique auquel des figures colossales de 18 pieds de haut servoient de colonnes. Les chapiteaux à tète d'Isis sculptée, il est vrai , en bas- relief , sont assez fréquens jiour qu'on puisse trouver dans cette idée une pratique ou inspirée par les caryatides, ou qui fut de nature à en motiver l'emploi. "

Ce que l'on comprend trop souvent sous l'idée et sous l'appellation générale de sphinx fut, pour l'embellissement extérieur des temples, un des plus nombreux sujets livrés à l'art du sculpteur. D'après les descriptions des voyageurs, ce seroit fort improprement que l'on donnerait le nom de sphinx , entendu sous l'acception du mot grec, à tous ces animaux composés de deux natures diverses, dont étoient formées les avenues décrites jiar Strabon , et qui oerupoient dans des sens divers les dramos des temples. Rien encore aujourd'hui n'est plus multiplie dans les ruines de l'Egypte que les débris de ces sortes de figures entre lesquelles on trouve des associatious d'animaux divers. ( Foyei au mot Sphinx.) C'était

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la un genre de luxe décoratif dont on ne rencontre aucun exemple ailleurs.

Noua ne ferons encore ici qu'une courte mention des obébsqncs, en les envisageant sous le simple rapport d'ornement. ( foyei le mot Oselisqce. ) Il est certain , et cela se prouve par la position de plusieurs de ceux qu'on voit encore debout , qu'ils ne forent ni des gnomons, ni des cadrans solaires. On en voit deux , et d'one grande beauté , en avant et tout près d'une porte de temple à flichcs. La mosaïque de Palestrine, tableau en abrégé de l'Egypte, nous en montre deux ainsi placés, ce qui feroit penser que ce fut un usage. Cela étant, il faut croire qu'il y eut, et dans cet emploi , et pour ce placement , d'autres raisons sans doute plus importantes que celles du défore, et du plaisir de» yeux , qui disposèrent de tout ce que nous voudrions aujourd'hui mesurer selon les règles de l'effet et les conveuauces du goût.

C'est doue peut-être à tprt qu'un critique moderne observe que le goût des Egyptiens différait de celui des Grecs et du notre en ce qu'ils se plaisaient à rapprocher des masses que nous isolerions soigneusement. A Luxor, dit-il, dans un espace de 3o pieds, on voit deux obélisques de pieds de hauteur, derrière deux colosses de 35 pieds de proportion, et plus loin deux môles (ou tours) de 53 pieds d'élévation. Personne ne résiste a l'impression de grandeur que

Celte observation d'un témoin oculaire justifie ce que nous avon? annoncé sur le goût de l'architecture et drs ni s en Egypte. C'est que, il faut le dire, il n'y a point de question de goût à soutenir ou à combattre dans les ouvrages de cette nation. Ce n'est pas le manque de goût ou de sentiment du beau qui les l»rta à faire et à cumuler des masses colossales. C'est le principe d'une nécessité quelle qu'elle fût, qui, en ordonnant ces masses et tous les genres de signes religieux, empêcha le goût de s'améliorer et le sentiment du beau de se produire.

Dès-lors l'architecture et la sculpture firent du gigantesque , parce qu'elles n'auraient pas su faire du grand ; on entend ce grand qui n'a pas besoin de grandes dimensions, parce qu'il ne tient point aux mesures mais aux proportions ; parce qu'il procède du génie , et non de la masse ou du compas. L'art de bâtir n'accumula donc ce qui s'appelle de» objets d'ornement ou de décoration , que parce qu'il n'a

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voit ancune idée d'harmonie et i (3b fut ^jjilwucot jwr i j j n 01 <i ncç des procédas de Ia construction , qu'il fit des édifices si solides. Quand tout émane ainsi d'nn principe ennemi de l'innovation , c'est nécessité que le règne de la routine s'établisse.

Ainsi il se pourrait que dans Y architecture égyptienne l'énormité de construction , l'immensité de composition , la prodigalité de signes ou d'objets tenant lieu d'ornement et de décoration , aient tenu plus qu'on ne pense à l'i

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dans la première partie , d'invention dans la

ÉcrrTiENXE (salle). Les Romains, dans leurs palais , avoient différentes sortes de salles auxquelles ils donnoient des noms pris ou des formes qui leur etoient affectées, ou de leurs usages, ou des pays auxquels on les avoit empruntées.

Selon N itruve , il y avoit les salles cyziccnes , les salles corinthiennes, les salles égyptiennes . Ces deux dernières différaient en ce que les corinthiennes n'avoicut qu'un ordre de colonnes posées sur un piédestal , ou même posant sur le pavé ; elles recevoient un architrave et une corniche qui consistoient en bob ou en revètisscnicnt de stuc ; au-dessus de la corniche s'élevoit un plafond en forme de voûte. Dans les salles égyptiennes, an contraire, sur l'architrave porté par les colonnes posoit un plancher

de l'architrave et à l'aplomb des colonnes s'élevoit un second ordre de colonnes plus petites , entre lesquelles étoieut placées les fenêtres, (fïfruf*, liv. vi , en» p. T.)

Quoique les Romains aient pu, d'après l'usage, donner des noms de nations et de villes étrangères » certaines parties de leurs édifices ou de leurs palais , sans que cela indiquât une imitation formelle ou positive des mêmes ouvrages, c'est-à-dire un emprunt nécessairement fait à d'autres, peut-être en jugeroiton autrement a l'égard de la salle égyptienne : peutêtre cette disposition des galeries extérieures en plate— forme ou en terrasse annoncerait - elle une similitude avec les pratiques constantes de l'Egypte en ce genre , qui leur aurait fait appliquer le nom qu'on leur donna.

EL,EOTHESIUM. C'était , dans les palestres , le lieu où l'on conservoit les huiles , onguens et autres préparations dont les lutteurs se faisoicut oindre et frotter le corps.

ÉLARGIR, v. a. Donner pins de largeur à quelque chose. On dit élargir un passage , une porte, une baie, un panneau, etc.

ÉLEGAM'.K. s. f. Si l'on veut chercher dans l'étymologie la notion principale des qualités que ce mot exprime, le verbe légère, eligere, d'où rient en latin le mot elegantia, nous indique l'idée de choix, de choisi, comme étant celle qni renferm qualités de grâce , de légèreté , d'agrément, \ quelles on l'explique le plus souvent.

Elégance, en architecture, s'entend particulièrement de ce qu'on y a]>|<cllc la grâce, mais surtout la légèreté. Ainsi le caractère de grâce se reconnolt dans l'ordre ionique , opposé surtout au dorique , et il s'y fait senlirpar une plus grande recherche d'ornemens, et aussi par une plus grande légèreté de profils et de

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proportions. Mais l'élégance , comme légèreté , est ce qui distingue le corinthien au-dessus des antres. Cela s'applique au type essentiel et propre de chaque ordre ; ce qui n empêche pas que l'ordre le plus grave ne puisse avoir aussi une élégance relative. Ainsi il se trouvera tel dorique qui passera pour élégant par comparaison a tel autre, et tel ionique ou tel corinthien qui , pu- certaines variétés de caractères , de

clé g ans.

L'élégance, comme renfermant les idées d'agrément et de légèreté, est applicable à tout dans l'architecture. Il peut y avoir une élégance de construction, une élégance de forme et de disposition, une élégance de détails et d'ornemuns.

L1 'élégance de construction se manifeste , dans nn édifice , par un choix de matériaux précieux , appareillés avec soin et par assises, dont les joints peuvent former d'agréables comparlimcns. Ce fut assurément une grande recherche A'clégance en ce genre que cet appareil du temple de Cyiiquc , dont Pline nous dit (lib. xxxvi ) que tous les joints étoieut marqués par un filet d'or.

L' 'élégance de forme et de disposition semble devoir admettre dans le plan et l'élévation une combinaison harmonieuse de parties saillantes et rentrantes, un accord ingénieux entre les pleins et les vides , des contours gracieux , des niasses pyramidales , un emploi mesuré des bossages et des refends , qui fasse valoir les parties lisses et rompe la monotonie de la matière. Aucun architecte n'a eu au même degré que Palladio le secret de cette sorte d'élégance.

L'élégance d'ornement on de décoration consiste d'abord dans un emploi modéré de tous les objets qui forment le répertoire infini du décorateur, Dans la parure et l'habillement des femmes, le luxe des étoffes , la prodigalité des broderies , des diamans , des perles, des dorures, est l'opposé de l'élégance, qui consiste en un choix fait avec goût de tout ce qui laisse briller la beauté sans prétendre à la remplacer. Il en est de même de la décoration en architecture. Bien ne détruit plus sûrement le icntiment et l'effet de l'élégance , que la prétention à charger tout de détails décoratifs ; et non-senlement l'élégance , mais la richesse aussi, se détruit par cet excès. Il y a ensuite nn choix d'ornemens légers, il y a une manière discrète de les repartir, il y a un charme d'exécution qui les fait briller, tous mérites auxquels est attaché l'effet de l'élégance. Mais il y faut aussi , de la part de l'architecte, ce qui ne peut se définir, c'est le sentiment de cette grdec plus belle encore que la beauté, qu'on ne peut expliquer que par des exemples. Je ne saurais le faire mieux comprendre que par la comparaison de ces statues grecques , qui sont devenues pour l'art des espèces de miroirs où se re-

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Le contraire de l'élégance, en tantôt la lourdeur, et tantôt la

ÉLÉGIR , v. a. Se dit , en beaucoup d'ouvrages , de l'opération qui consiste à donner au travail moins

fiètent tous les effets est inhabile à faire «

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que le

ELEVATION , s. f. Mot technique dont on se sert en architecture, non pas simplement comme synonyme de hauteur, mais pour exprimer l'ensemble des laces extérieures d'un édifice, vu soit en réalité , soit dans sa représentation en dessin, avec ses mesures verticales et horizon (.des extérieurement apparentes , sans égard à la profondeur.

L'élévation ainsi définie et entendue en français , est ce que les anciens nommoient orthographia , ou représentation d'un édifice par des lignes droites , c'est-à-dire perpendiculaires ou horizontales.

L'élévation perspective est au contraire le dessin d'un édifice eu égard à sa profondeur, de manière que le* parties reculées, au moyen de lignes obliques, en raccourci. C'est ce que les s scenographia.

Éi.ivATioit en talcs. C'est la murs dr terrasse et de fortification , auxquels on donne du talus à l'extérieur, quoique toute» les assises soient posées de niveau et que le parement intérieur •oit d'aplomb.

ÉLÈVE. Apprenti ou disciple d'uu maître.

ÉLEVER , v. a. C'est donner de la hauteur à un bâtiment. C'est aussi dessiner un bâtiment, en élevant des lignes perpendiculaires sur un plan.

ELEUSIS, ville de l'Attiquc voisine d'Athènes, et jadis célèbre par le vaste temple à initiation, dont il reste à peine aujourd'hui quelques débris qui puissent faire retrouver avec précision l 'état réel de son ancienne disposition. Certains passages des anciens écrivains peuvent seuls nous en donner l'idée.

Trois de ces écrivains, Vitruve, Strabon et Plutarqnc , sont ceux dont les notions peuvent seules aider à en reconstruire l'image. Il résulte de leurs renseiguemens que le temple de Cérès Eleusioc fut un des plus grands de l'antiquité, qu'Iclinus en avoit commencé la cella, que Conebus après lui avoit élevé dans son intérieur le rang inférieur des colonnes, que Mélagèncs l'avoit surmonté d'un second rang, que Xénoclès avoit pratiqué dans le faîtage un jour de comble, et qu'enfin dans la suite l'architecte Philon avoit construit au front de l'édiGcc un péristyle en colonnes d'ordre dorique.

Nous trouvons dans l'ouvrage anglais intitulé The unedited antiquities of Allica , publié en 1817 par la société des Dilettanli, une restitution en plan et en élévation de ce grand édifice, d'après un petit nombre de fragmens et quelques restes incohérens de constructions et de colonnes dont on aurait désir»:

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que les dessinateurs eussent fait connoître plus particulièrement les détails cl la position. Nous ne saurions toutefois mieux faire que d'y renvoyer le lecteur qui voudrait se former une idée au moins vraisemblable d'un des plus vastes édifices de l'antiquité.

Le même ouvrage nous fait connoître le petit temple que les dessinateurs croient avoir été, dans celle ville, celui de Diana Propylea. Les débris qu'ils en ont trouvés leur ont permis d'en faire reparaître une élévation dorique, d'après laquelle le temple, large de 20 pieds , long de 4<> , ayant a son pronaos comme à son posticum deux colonnes entre les antrs, aurait été du genre de celui que Vitruve appelle in antis.

Mais ce que les voyageurs ont publié «le plus curieux dans les ruines A' Eleusis, est le plan , l'élévation, et les détails de l'extérieur comme de l'intérieur des propvlécs de cette ville. Nous en prierons de nouveau "à l'article Propylées. [Vcru ce mot.) Il paroitroit, d'api-ès la grande conformité de ce monument avec celui d'Athènes , ou que l'un aurait été une sorte de copie de l'autre, ou qu'il y aurait eu a cet égard , comme sur beaucoup d'autres points de l'architecture antique, une espèce de patron ou de type consacré dont l'architecte pouvoit modifier les ' 1 en restant fidèle a une disposition con- ; ou par l'usage , ou par certaines convenances : la raison nous est inconnue.

Du reste, à en juger par les dessins des voyageurs anglais, le monument l'Eleusis, soit pour l'élégance et la pureté du style , soit pour la beauté des ordonnances dorique et ionique, soit dans ses détails d'exécution , nous paraît pouvoir rivaliser avec les propylées d'Athènes, qui furent jugées dans leur temps être un des beaux ouvrages de l'architecture attique. (V. Athènes et P»opïlées.)

ÉMARGER, v. ». Ecrire en marge. Les architectes, les experts, émargent les mémoires des ouvriers en les réglant.

EMBASEMENT, s. m. Base ou retraite continue au pied d'un édifice, laquelle est ordinairement d'une construction simple et sans ornement.

EMBELLIR , v. a. Mot générique dont on use en architecture comme dans beaucoup d'autres arts pour dire orner, soit un édifice dans son ensemble, soit chaque partie dans ses détails. Toutefois les deux mots spécialement affectés en ce genre a l'tpj t décorer et orner.

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