‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 181 sur 258 · EMP · texte numérisé non relu

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un canal navigable de 160 milles romains, lequel devoit être assez large pour que deux trirèmes pussent y passer de front. 11 vouloit réunir ainsi Rome a Baies. Si ces projets ont existé , il falloit se procurer uuc quantité d'eau suffisante pour alimenter un tel canal. Il étoit très-naturel de l'aller prendre dans les lacs qui avoisinent Baies. Ainsi les tranchées qu'on découvre auprès du lac d'Avcrne n'auront eu d'autre objet que de douner ouverture à ses eaux pour les jeter dans le canal projeté. On sait encore que ces projets avortèrent ; mais on ignore jusqu'où peut s'étendre la tranchée en question : car il paraît que des éboulemcns survenus à peu de distance de l'entrée l'ont depuis long-temps rendue impraticable.

L'ouvrage du lac Fucin, qui cepeudanl parait avoir été terminé, mais que divers accidens, lorsqu'on en fit l'essai >.<%.; Canal de décharge ) , empêchèrent de remplir sa destination , fut laisse inutile par l'cuvic que Néron portait aux entreprises de son prédeocsseur. Comme depuis rien n'avoit contribué à y ramener l'attention publique , les grands travaux de cet émissaire avoieut été connus des moderues, plutôt par le récit de Pline sur la difficulté de l'entreprise, que par les descriptions dont les curieux auraient pu enrichir leurs Voyages eu Italie.

Cependant uous avons vu dans ces dernières années le gouvernement napolitaiii entreprendre, et avec succès, les recherches propres à faire reparaître dans leur ensemble et leurs détails les travaux des anciens Romains, et à leur rendre une utile destination. Sur le rapport de sa Direction des ponts-etchaussées, le roi de ."Sa pie- lit commencer, en i H •>>. les opérations qui , après avoir fait retrouver les traces des travaux antiques, dévoient mettre sur la voie de leur restauration.

Nous lisous dans le Dulletino dell' Jnstiluto ili Currisjmndenza archaotogica (du mois de mai i83o) les détails très-iuléressans «le la reprise de ces travaux, les difficultés qu'y occasion» renl des cbuulcaicns de terre, et les moyens mis en «euvre pour en triompher. Le succès de toutes ces opérations (dit l'écrit que nous avons cité) a pleinement résolu le problème de la restitution de IVWj >,tritim de Claude, et de sou importante destination , qui est le dessèchement du lac Fucin.

EMPANON. ( f«>/« Cheveoj» de cbohfe. )

EMPATTEMENT, s. m. C'est une plus épaisseur de maçonnerie qu'on laisse devant et derrière , dans le fondement d'un mnr de face ou de refend.

EMPLACEMENT, s. m. Place propre à hitir, espace de terrain dans lequel on peut faire bâtir.

EMPLECTON. Mot grec qui désigne une espèce de maçonnerie dont parie Vrtruve (I. il , ch. vui); Pour la bien faire connoitre, il faut rapporter les propres paroles de cet auteur. Les voici : Altéra

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,,„,,,.„ iygi«AiKrtv vocanl qud etiam nostri rustici uluntur : quorum frontcs poliuntur, reliqua ita uîi sunt nata cum materia collocala altcrnis alligant coagmentis. Sed noslri celeritati studentes erecta coria locante* , frvnlibus setviunt , et in medio farciunt fractis teparatim cum materiâ cœmentts , ita Ires suscitant if in ed struelurd crusta, dwt fronttum, rt una média fractura. Gr&ci verô non ita, sed plana collocantes , et longitudines coriorum, altcrnis coagmentis in crassitutlinem instruentcs, non média farciunt, sed c suis frontatis prrpetuum et in unam crassitudinem parietem consolidant, et pratercortera interponunt singulos perpetnd crassitudine lltrdque parte fronuu quos /««timw appellant, qui maxime religando confirmant parietitm soliditatem.

» L'autre espace «le maçonnerie est celle que les Grecs appellent emplecton ; elle est aussi en usage dans les environs de Home. On se contente d'en ragrécr les paremens; pour le surplus, elle se compose île pierres brutes, posées en liaison , à bain de mortier. Mais nos constructeurs de campagne, qui ne risent qu'à la célérité, après avoir dresse leur double parement, auquel seul ils mettent du soin , remplissent le milieu de recoupes de pierres mêlées avec du mortier. Cela forme trois couches, dont deux sont les paremens, et l'autre le remplissage. Ce n'est jus aiusi qu'en usent les Grecs. Ils posent toutes leurs pierres par assises de niveau , et en liaison sur la longueur et sur l'épaisseur, sans remplissage dans le milieu , et ils relient les pierres qui forment les faces extérieures, de manière* ne formerqu'une seule épaisseur, en plaçant par intervalles de grandes pierres, qui forment parement sur les deux faces , et qu'ils appellent ditttonons. Cette manière de liaisonncr les murs leur procure la plus grande solidité. »

Ce genre de construction est celui que Vitruvc préfère , et dont il conseille l'emploi lorsqu'on veut faire des ouvrages durables. Tous les bons constructeurs en ont effectivement adopté le procédé. Il convient à la bâtisse des mnrs ou massifs dont l'épaisseur n'excède pas la longueur des pierres qu'on peut se procurer pour former ces liaisons, nommées par les Grecs diatonons, et que nous appelons parpains.

Il est bon de remarquer que , d'après le texte de Vitruvc que nous avons cité , Vcmp/cction des Grecs paroit être uue maçounerie pleine en pierre de taille ou eu gros moellons, taudis que celle à laquelle les Romains avoient conservé ce nom éloit une maçonnerie de remplissage plus ou moins soignée. Au reste, le mol emplcction, qui signifie entortillé, entrelacé, semble avoir du convenir mieux a la manière d'oporer des Grecs qu'a celle des Romains. ( V n ez Maçonnerie.)

ENCADRER, v. a. C'est placer dans un cadre une estampe, un tableau ou un bas-relief.

En arebiteetnre , c'est sculpter autour des peinture* ou des sculptures les encadremens qui font par-

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lie de la décoration générale. On doit avoir soin de faire ces sortes de cadre» assez riches pour être d'accord avec l'ensemble d'nnc décoration, pas assez pour nuire à l'effet des tableaux et des bas-reliefs.

ENCAISSEMENT, s. m. C'est une espèce de caisse on de capacité rectangulaire , formée en bois, en pierre ou en tonte autre matière , pour seoir a la construction de massifs de maçonnerie en blocages , ou en pierres perdues jetées pêle-mêle avec du mortier.

On use des encaissement en bois pour les constructions à faire dans l'eau , pour des fondations , pour des puits et autres sortes d'ouvrages qu'on doit exécuter à une grande profondeur, et dans des terres mobiles. 1/ ••>• : ces différons mots. )

Les rangées régulières de trous qu'on observe dans presque toutes les ruines des édifices antiques de Rome , dont la maçonnerie est de blocage , indiquent que ces ouvrages ont été faits avec des encaissemens mobiles, à peu près comme ceux dont on se sert pour le pisé. (fojM Maçonnerie , Murs cl Pmé.)

On a rendu compte au mot cône d'un grand ouvrage fait également par encaissement, [f. Cône.)

ENCARPI. Mot dont useVilruve (l. iv, ch. l; dans le détail qu'il fait di* diverses parties d'ornement du chapiteau ionique. Toutefois, les commentateurs ne sont pas d'accord sur la partie à laquelle il convient d'appliquer cette expression. Filauder a cru que encarpi signilioit di-s fruits, s'appuyant du mot grec carpos, qui veut dire finit. Il ajoute que ces massifs de fruits s'appellent en llalieyrj/onj.

Perrault a traduit encarpi par gousses, e\ ce seroit, selon lui, ces petits urnciuens faits eu manière de gousses de fèves, qu'on ajuste au nombre de trois dans le chapiteau ionique, a l'angle où l'ove se ren- | contre avec la volute.

Ces deux propositions ont quelque chose de plausible, parce qu'effectivement il entre dans la coiu|»osilion de ce chapiteau, et des festons et des gouss**.

Galiani cependant n'adopte ui l'une ni 1 autre. Il croit t^encarpi doit signifier cette cs|ièce de rinceau d'ornement dont les anciens remplissoient et ornoient le creux ou le canal de la volute. Ce qui l'induit à adopter cette opinion, c'est l'espèce de similitude que Vitruvc établit entre l'effet de cet ornement et celui des cheveux sur la tête d'une femme. Il trou\c plus de rapport avec ce rinceau et le jeu de la chevelure, qu'entre celle-ci et des festons ou des gousses.

11 semble cependant que des nattes ou des tresses pendantes peuvent autant se comjtarer à des festons qu'à des rinceaux.

ENCASTREMENT, s. m. Se dit de la manière dont une pièce est enchâssée dans une autre.

ENCASTRER, v. a. C'est joindre deux choses U runcàrautreparunccntailleou une feuillure, comme

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une pierre avec une antre pierre au moyen d'un crampon enrhâssé de toute son épaisseur.

ENCEINTE, s. f. Se dit surtout des contours du rempart d'une place fortifiée , des contours d'un mur de parc.

On appelle aussi enceinte , dans l'architecture des peuples anciens , ces grandes cours, ces portiques ou galeries, et généralement cet ensemble de bàtiraca* qui eovironiioirnl le coq* proprement dit du temple. Les Grecs appeloient Jrvmos l'enceinte des temples égyptiens. ( furet Egyptienne Abchitectube , Temple, etc. )

ENCHAINER , v. a. Lier, attacher des pierre» avec des chaînes de fer, comme on le pratique aux parants des quais et des ponts.

ENCHASSER, v. a. Mettre ou renfermer une porte dans un châssis, une croisée dans son dormant.

ENCHEYAUCHLRE, *. f. Est la jonction à recouvrement d'une chose avec une autre, soit à plat joint, soit à feuillure; par exemple , d'une dalle de pierre avec une autre: telles sont celles qui comrcut les avant-becs des ponts; tels sont les auveuts des boutiques, les tuile», les ardoises, ou les dalles des couvertures des édilires.

ENCHEVÊTRURE, s. f. C'est dans un plancher l'assemblage d'une pièce de bois, nommée clievêtre, entre les deux solives qui déterminent la longueur de l'âtre d'une cheminée , dont le chevet rc détermine la profondeur et soutient les solives de remplissage.

ENCLAVE, s. f. C'est une portion de place qui forme un angle ou un pan , et qui anticipe sur une autre par une possession antérieure ou par un accommodement, en sorte qu'elle en diminue la superficie et en change la figure. On dit aussi qu'une cage d'escalier dérobé , qu'un petit cabinet , que des tuyaux de cheminée, font enclave dans une chambre, quand par leur avance ils en diminuent la grandeur.

Esclaves. {Anhit. hydraul.) Ce sont les renfoncemens où se logent les portes des écluses quand elles sont ouvertes. Leur grandeur varie selon la proportion des écluses.

ENCLAVER , t. a. C'est encastrer les bouts des solives d'un plancher dans les entailles d'une poutre. C'est aussi arrêter une pièce de bois avec des clef» ou boulons de fer.

Enclaver nne pierre, c'est la mettre en liaison après coup avec d'autres, quoique de différente hauteur, comme on le pratique dan» les raccordemen».

ENCLORE, v. a. Faire une enceinte de murs ou de haies autour d'un emplacement ou d'un espace de terrain quelconque.

END 5Tç> ENCLOS, s. m. Espace de terrain fermé de mur» ou de haies.

ENCOIGNURE, s. f. Nom qu'on donne et aux principaux angles saillans d'un bâtiment et à ceux de ses avaut-corps.

ENCOMBRER , t. a. Boucher un passage , empêcher l'entrée d'un canal, d'un port, d'une issue quelconque , par des décombres ou autres obstacles.

ENCORBELLEMENT, s. m. Est toute saillie qui porte a faux hors du nu d'uu mur, et soutenue par plusieurs pierres posées l'une sur l'autre . et plus saillantes les unes que les autres, que l'on appelle corbeaux, (foj-rt ce mot.)

L'usage des encorbellement fut jadis presque général dans le nord de l'Europe. On en retrouve dm vestiges encore à Pari» , dan* un grand nombre de filial de France, et (Luis toute l'Allemagne. Il est I croire que ces ville» ayant eu dan» l'origine des rues très-étroite», on imagina ce système de bâtisse pour donner plus de largeur à la voie publique sans en iiter trop aux étages des maisons.

ENCRE DE CHINE, s. f. Ceci n'est pas uu terme d'architecture , maille nom d'une sorte d'encre trop en usage dans les dessins des architectes pour qu'on puisse se di»|>eiiser d'en faire meution.

Cette encre est une composition en paius et en bâtons , qui se délaie et fond dans l'eau , et dont on se sert pour tracer et laver les dessins d'architecture. La meilleure vient de la Chine ; elle est dure, veloutée , un peu roussitre, et se détrempe difficilement.

On la contrefait en Hollande et en d'autres pays. Celle-ci est plu» molle, se détrempe plus facilement, et est moins belle.

On mêle quelquefois à l'encre Je la Chine, après qu'elle est délayée, un peu de bistre ou de sanguine, pour rendre la couleur du lavis plu» transparente ou plus tendre.

ENCROUTER, t. a. On dit d'un mur, d'un marbre, qu'il est encroitlé, quand il s'est formé dessus , soit par le laps du temps, aoit par l'action de l'air ou de l'eau, une croûte ou une sorte de sédiment qui ajoute a son épaisseur.

ENDUIT. ». m. C'est un revêtisscroent , «oit en mortier, soit en plâtre , soit en ciment , soit en stuc , que l'on fait sur de* construction» en moellon , eo briques ou de quelque autre matière , pour former une superficie unie.

DES ENDLITS ANTiQCES.

Les Grecs et les Romains, qui n'usoient pas comme nous de lambris, de menuiserie, dans les revêtisse— mens des murs intérieurs de leurs appartemen», apportaient le plus grand soin a leurs enduits.

Vitruve (Iït. vnt , ch. ni) nous a conservé le dé-

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tail des précautions que prenoient les Romains dans I l'exécution de cette espèce d'ouvrage , qu'il désigne par le mot tertorium. Les enduits ordinaires , selon cet écrivain, étoicnt composés de trois couches.

1-a première étoit un mélange de gros sable et de recoupes de pierres broyées avec de la chaux ; celte première opération s'appeloit trulisatio.

La seconde couche se composait d'un mortier de chaux et de sable un peu plus fin ; on appcloit cette seconde opération arena dirigere. Lorsque l'enduit devint avoir lieu dans des endroits humides, on nicloit avec le sable du tuileau pilé.

Ce qui faisoit la troisième couche étoit un mortier composé de chaux et de sable très-fin. On y méloit quelquefois de la craie ou de la |K)udrc de marbre. Cela s'appeloit arend, oui crttd, aut marmore potire.

Il existe dans les ruines des édifices antiques de Itome des parties tV enduit dont les trois couches forment ensemble une épaisseur de \ a '"> ponces. La première a environ 3 pouces. Elle paroit avoir été fortement comprimée et battue. Pour lui donner plus de consistance, on y enfonçoit de grands morceaux de briques ou de tuileaux de 8 à i o pouces de long.

La seconde couche, quia plus d'un |iourc d'é|Kiisseur , est formée d'un mélange de pouzzolane de Rome, et de tuileaux piles et broyés avec de la chaux

La troisième couche a plus d'un demi-pouce d'épaisseur, et paroit cire uu mélange de craie et de chaux.

Pour parvenir à rendre la surface de leurs enduits régulière et bicu unie, les constructeurs romains fnrmoient sur la première couche plusieurs bandes ou cueillies bien dressées, tant dans la longueur que dans la largeur et daus les angles. Elles servoient de guides pour faire les parties intermédiaires, au moyeu de la règle, de l'équerre et du cordeau , ainsi que le pratiquent encore actuellement les bons ouvriers.

Dans les beaux enduits destinés à orner l'intérieur des apiiartemens des gens riches , on ajoutoit aux trois couches en mortier trois autres couches de stuc, mais on leur douuoit beaucoup moins d'épaisseur.

Le stuc se loi moi t avec des éclats de marbre réduits en poudre plus ou moins line, que l'on séjiaruit en la faisant passer par des tamis plus ou moins serrés. La prtic la plus grosse se méloit avec du sable pour faire la première couche. La moyenne s'employoit avec de la chaux sans sable ; et avec la troisième, qui devoit être très-line, on saupoudroit Yenduit a mesure qu'on l'unissoit. Ce dernier enduit étant bien U sec , on le polissoit avec des pierres à rasoir et des I agalhes polies. On parvenoit par tous ces moyens à lui douner uu degré de poli capable de réfléchir les objets comme un miroir.

On recouvroit quelquefois les enduits des couleurs les plus brillaute», telles que le minium ou le rouge, f

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