‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 195 sur 258 · ETI · texte numérisé non relu

ETI

>, elle contribue plus à U d'un édifice qu'à son soutien . Souvent en étalant une partie on ébranle l'autre, ou l'on rejette inutilement la charge d'un point sur un autre point plus (bible. Plus un édifice présente de caducité, pins on doit multiplier les précautions. Il faut surtout éviter de trop forcer les étaies. L'art est de les y combiner de manière à ce qu'elles soutiennent les parties qni sont en mauvais état , sans altérer la solidité des

ETR

p», Matucio lit divers

ETEINDRE, t. a. Ce mot s'applique, dans la construction , à la dissolution de la chaux vive , dissolution qui s'opère en y jetant de l'eau. L'on s'est servi du mot éteindre, parce que le résultat apparent de cette opération est à peu près le même que celui qui est produit par l'eau jetée sur le feu , c'csl-à-dirc une grande effervescence, accompagnée de sifflement et de fumée. L'eau toutefois y occasaooe un effet très-contraire à celui de l'extinction ; car il y développe une chaleur qui est capable de brûler.

Pour éteindre la chaux d'une manière convenable, on ne doit y employer qu'une quantité d'eau proportionnée à la quantité de la matière. Elle perd sa force •i on y verse trop d'eau , et elle brûle ou diminue de qualité , si l'on n'y en met pas assez. U y a de la chaux , telle que celle de Melan , qui absorbe une quantité d'eau égale à deux fois et demie son poids , tandis que d'autres n'en veulent qu'une quantité qui soit moins de deux fois, { forez les articles Chaux et Mortier.)

ÉTELO V s. m. Les charpentiers appellent ainsi l'épreuve ou trace en grand d'après lequel ils tracent les ouvrages susceptibles d'assemblage, tels que les pour les combles on les Peintres , les esca- ■ , etc. Au lieu d'une aire bien dressée, ils se

ETIENNE, appelé MASUCIO SECOND , né en 1291 , et mort en i3fi8.

Cet architecte fut ainsi surnomme du nom de son maître. Le nouveau Masurio l'emporta sur l'ancien en pureté de style et de goût. Il étoit encore à Home, étudiant d'après l'antique, lorsque le roi Robert l'appela à Naple* pour la construction de U grande église de Sainte-Claire; mais avant qu'il pût se rendre à cette invitation , l'édifice fut commencé dans le goût le plus gothique. Masucio en fut vivement afflige. , et chercha à corriger de son mieux les vices de la première conception. U construisit ensuite l'église et le couvent délia Croce di Pal a 10 , la vaste et belle chartreuse de Saint-Martin, et le château Saint- Elme, dans la même ville.

Architecte et sculpteur tout a la fois, selon l'usage

Le campanile de Sainte-Claire est aussi son ouvrage. Il le divisa en cinq étages, auxquels il devoit affecter chacun des cinq ordres, se proposant d'en donner les modèles les plus exacts; mais U tour en resta au troisième ordre. On remarque que le pilastre ionique de cet édifice a son colla ri n baissé d'un module, comme long-temps après l'a pratiqué Michel- Ange.

ETOILE, s. f. C'est une figure composée de ra)ons aboulissans à un centre, et qui indiquent ou les quatre points cardinaux ou les différentes sortes de vent*. Ou s'en sert dans les girouettes, les cadrans, les méridiennes : souvent ce n'est qu'un ornement ne

s£sn!ri*a^^

la ire.

ÉTREIGNOIR, s. m. C'est un instrument de menuiserie composé de deux jambes de bois percées de plusieurs trous, et jointes avec des chevilles. Il sert a emboîter les portes cl autres assemblages du même genre.

ETRESILLON , s. m. Pièce de bois posée horizontalement ou obliquement, entre denx murs, entre deux piédroits d'une porte on d'une croisée, pour les:

ETRESILLONNER , v. a. C'est placer des être. mUmu entre des couches ou pièces de bois posée» d'aplomb on horizontalement pour retenir des terres lorsqu'on creuse des fondations 00 qu'on fait de» fouilles profondes.

Quand on a a réparer ou a du irx-de-rhaussée d'un, les croisées , afin qne les trumeaux places au-dessous des piédroits 011 l'on doit travailler soient soutenu» latéralement par les autres.

Dans les mes étroites, on soutient quelquefois les faces des maisons par des étrèsillons qni s'appuient contre la maison qui est en face, en traversant la largeur de la rue.

ETRIER , s. m. On désigne par ce mol une bande de fer formant deux coudes en équerre, dont les deux bouts sont tournés vers le haut et arrêtes. L'rfn>r sert à soutenir une solive, ou l'extrémité d'une pièce quelconque posée horizontalement.

Ce nom lui vient de sa ressemblance, pour U forme et pour l'usage, avec les étriert qui soutiennent Im pieds d'un homme à cheval.

ÉTRl'SQL'E (Architecture). U n'entre point dans le genre de* recherches de ce Dictionnaire , et particulièrement de cet article, d'occuper le lec- • des diverses opinions qui ont , à diverses reprises,

6o{ ETR

j les archéologues sur l'ancienneté et la pri- : réciproque de la Grèce et de l'Etrurie. Nous nous contenterons de dire que plus la critique s'est exercée à cet égard , plus on a avéré que , sous un très-grand nombre de rapports les connoissanres avoient dù refluer de la Grèce en Etrurie, ne fût-ce que par la voie des colonies d'Hellènes descendues a plusieurs reprises en Italie. Dans tous les cas, de quelque coté qu'on envisage les Etrusques, qu'on étudie leur langue , leur écriture , leurs monutuens, leur mythologie, leurs institutions religieuses, tout démontre qu'il y eut entre la Grèce et l'Etrurie les plu» anciennes communications. Les ouvrages de leurs arts sont tous empreints de ce goût archaïque qui distingue de la manière la pins évidente le premier âge de l'imitation et le style originaire de la Grèce.

Les restes des constructions étrusques correspondent, par le goût exclusif de la masse et de la solidité, au goût de bâtir des plus antiques constructions grecques. Enfin, pour ce qui regarde l'architecture proprement dite, il nous est, a défaut de monumens, reste dans Vitruvc la notion la plus incontestable, sous le nom de temple toscan , d'une ordonnance de colonnes et d'un système de bâtir qui paroit n'avoir été qu'une tradition plus ou moins affaiblie de l'ordonnance et du système dorique.

L'architecture', en Unt qu'elle est subordonnée aux usages de chaque pays, fait, si l'on peut dire, partie du costume du peuple qui l'habite. Comme elle devient un témoin qui dépose de ses usages, ceuxci peuvent aussi jeter beaucoup de jour sur l'origine et le caractère de ses arts.

Or, tout ce qu'il nous est donné de recueillir sur les arts des Etrusques dans leurs rapports avec les arts des Grecs , nous montre une très-grande conformité. Les tombeaux véritablement étrusques qu'on a découverts à Pérouse, a Cortone , à Voltera , à Corneto, annoncent la plus grande similitude, soit dans leur dis|iosition, soit dans les vases peints qu'on y trouve tous les jours, avec les pratiques des sépultures dans la grande Grèce. Les mêmes scènes, les mêmes sujets de composition, accompagnés de caractères grecs, ne laissent aucun doute sur l'identité de goût, de pratiques et d'institutions religieuses.

Les villes étrusques étoientenvironnéesde grandes et fortes murailles , a l'instar des plus anciennes cités de la Grèce. Dans plusieurs de ces villes on voit en- • des restes de théâtres. Malgré quelques di (Fila disposition du temple toscan et celle jrec , on doit dire qu'elles sont beaucoup moins sensibles que ne le sont les conformités réelles de système archilcetonique sous les rapports du plan, de l'élévation et de la décoration. Ou trouvoit en Etrurie comme en Grèce les mêmes pronaos en colonnes, les mêmes parties d'entablement , la même forme de fronton et les mêmes objets d'ornement et de décoration extérieure. Au temps de \ itrave et lit encore des

ETR

conservés, dont les frontons étoient ornés de statues , de quadriges, de bas-reliefs, tous ouvrages creux faits en terre cuite , pour ne pas trop charger, comme on la verra, des faîtages dont le bois constituoit U principale matière.

Si l'on joint ces ressemblance* de pratiques architecturales à toutes celles que nous n'avons fait qu'indiquer en tant d'autres genres, on se convaincra d'abord que rien n'y laisse apercevoir cette origine égyptienne que les premiers critiques s'etoient plu s. imaginer. On sera forcé de reconnoître ensuite que tout favorise l'opinion d'une communication de goût entre l'Etrurie et la Grèce des 1

Le genre ou le goût de < tel que plutd'un reste des ouvrages d le démontre encore aujourd'hui, s'a partenir à cette époque de l'art de bâtir où les t recherchent par-dessus tout la grandeur des matériaux et la simplicité dans leur emploi. De ce que les Etrusques auraient employé le bois aux frontispices de leurs temples, il faudrait se garder de conclure que c'aurait été par ignorance du travail de la pierre et de son emploi en plates-bandes pour les architraves. Si l'on considère U piscine de Voilera, qu'on répute un ouvrage de l'antique Etrurie , on y verra des plates-bandes en pierre d'un seul bloc, et de la même proportion que celles de Vemissarium d'AJbano, qui paroit avoir été l'ouvrage de ce peuple, ainsi que le fut le grand égout de Rome, dont on vante depuis plus de deux mille ans l'étonnante solidité.

C'est surtout dans les murailles de leurs villes que les Etrusques ont déployé toute l'énergie de leur construction. Les murs de Fiesoles et d'Arezxo sont bâtis de quartiers de pierre énormes. Ils ne sont unis entre eux par aucun lien de fer ou de bronze. Leur poli i <P»' «» rend '« joints très-serrés , leur sert de liaison , et leur propre poids les rend inébranlables. Ce qu'on voit aujourd'hui des mors de Cortone est dù incontestablement a l'art de bâtir des Etrusques, qui, au dire de Tite-Live, n'avoient rien épargné pour mettre cette ville en état de résister aux attaques ennemies, mais non de celles du temps, plus destructeur encore que la guerre. Ces murs sont construits de larges pierres qnsdrangulaires, d'une dimension colossale , et liées entre elles sans crampon ni ciment. La plupart ont de i4 » 1 5 pieds et plus en longueur, leur hauteur est de 2 pieds. Ce qui en subsiste aujourd'hui n'a que i5 pieds de haut, et comprend

une construction moderne. I*s murailles de Voilera étoient bâties dans le même système de solidité. Les pierres qui les composent ont pour le moins la même épaisseur et le même volume que celles de Cortone. Il y reste encore une porte qu'on appelle U porte d'Hercule.

On ne saurait voir en Etrnrie les restes de ce genre de construction gigantesque sans être porté s y trou-

ETR

ver, avec les même* procèdes en Grèce, un rapprochement qui. s'il ne prouve pas un système positif et direct d'imitation, concourt toutefois à nous faire voir un même courant de pratiques et d'usages.

Rome, qui jusqu'à la conquête de la Grèce avoit presque tout emprunté de ses voisins les Ktrasques, leur dut sans aucun doute son goût de bâtir et la disposition architecturale de ses temples. Après même que le luxe s'y fut répandu sur tous les grands édilices et que les arts de la Grèce s'y furent acclimates, les pratiques étrusques ne continuèrent pas moins d'j avoir lieu dans plus d'un genre de monumens. Ainsi, comme nous allons le voir, sous le règne même d'Auguste ou distinguoit encore le temple toscan des autres sortes de temples, et l'ordonnance ancienne continooit de se faire remarquer à coté des ordonnances grecques.

Ce qui nous reste de plus clair et de plus incontestable sur {"architecture étrusque, telle qu'elle s'étoit conservée à Rome, a été la source de beaucoup d'erreurs dans le nouveau système des ordres. C'est à cette fausse notion qu'est due chez les modernes la création d'un prétendu ordre toscan , qu'on a dans l'échelle architectonique placé au plus bas degré, de la même façon qu'une autre sorte de méprise a fait imaginer de placer au degré supérieur un prétendu ordre composite qui n'a eu d'autre existence pendant un temps que celle qu'on avoit imaginé de lui

" MatTi'ordonnance toscane n'est l'effet ni d'une méprise ni d'une hypothèse imaginaire ; seulement les modernes ont commis l'erreur de prendre pour un ordre particulier ce qui ne fut et ne put être autrefois que l'ordre dorique, pratiqué en Klrurie avec quelques variétés de proportions et de modifications qui ne contrarient nullement le système d'imitation de la charpente et du bois, caractère spécial et original de l'architecture grecque.

Comme il importe, pour se convaincre de l'identité caractéristique des deux ordonnance* toscane et grecque, à défaut du spécimen dont le lecteur trouvera le dessiu dans l'ouvrage de Piranesi sur la Magnificence des Romains (pag. 57, fig. xxtx), nous allons rapporter ici la traduction la plus fidèle du texte de Yitruve sur les proportions et l'ordonnance du temple toscan. (Yitruve, lib. iv, ch. vu.)

« On divisera (dit-il) en six parties toute la lon- » gueur du temple. Si l'on retranche une de ces par- » ties, le reste sera pour la largeur de l'édifice. Sa

• longueur se divisera en deux parties, et la partie » intérieure sera destinée à la distribution des nefs » {cellarum). La partie qui tient a la façade sera ré-

• serrée pour la disposition des colonnes. On divisera » encore la largeur en dix parties, dont trois à droite

• et trois à gauche pour les petites nefs collatérale!, » ou pour les ailes, si l'on en donne au temple ; les » quatre parties restantes seront pour la nef du rot- » lieu. L'espace assigné au pronaos qui précède les

ETR Go5 » nefs sera reparti par les colonnes de manière que » celles de l'angle répondent en ligne droite aux » autes qui terminent l'extrémité des murs. Les deux » du milieu s'aligneront aux murs compris entre les » autes et le milieu du temple , de sorte qu'entre ■• les autes et les colounes, dont on a parlé en premier, » on en place d'autres dans le même alignement.

» Le diamètre de ces colonnes pris en bas aura la » septième partie de leur hauteur. Leur hauteur

■ aura le tiers de la largeur du temple. Leur dimi- » nution dans le haut sera d'un quart du diamètre

* d'en bas. Leur base aura de hauteur un demi-dia- » mètre ; elle se composera d'un socle circulaire » ayant en Itauteur la moitié de celle de la base, et n d'un tore qui avec son apophyse aura la hauteur du » socle.

« La hauteur du chapiteau sera d'un demi-dia- » mètre ; La largeur de l'abaque , d'un diamètre d'en

■ bas. La hauteur totale du chapiteau sera divisée en » trois parties : une sera donnée au tailloir ( ou » abaque), une à l'échiné, une au collarin,qui com- « prend l'astragale et l'apophyse.

» Sur les colonnes on posera les solives accouplées, » dont l'épaisseur sera proportionnée à la grandeur » de l'édifice, et dont la largeur sera «gale a celle du » collarin de la colonne. Elles seront assemblées a » queue d'hirondc, de manière qu'il reste entre elles

» un intervalle de deux doigts Sur ces solives et

> sur la maçonnerie qu'on y établira , se projetteront » les mutules, dans une saillie égale au quart du dia-

■ mètre de la colonne. Leurs têtes recevront les or- » nemens qu'on y attache. Au-dessus se fera le tym-

• pan avec les frontons, soit en maçonnerie, soit en

■ charpente. Sur le fronton on disposera le comble, » les pannes et les ais, de manière que le sli/licidium » ou l'égout réponde en saillie au tertian'um (c'est- " a-dire à la huitième partie de la totalité du tec- » tum). » {f j/m, pour terplication du tertiarium, te que dit yitruve, liv. ut, ch. 1.)

Rien de plus facile , comme l'on voit , que de rétablir en dessin, d'après une description aussi détaillée, l'ordonnance toscane. Lne restitution semblable ne sauroit avoir rien d'arbitraire, puisque non-seulement l'ensemble , mais chacune des parties qui le composent , sortent d'une manière incontestable des mesures générales et partielles que Vitruve » pris soin de donner.

Lors donc qu'il s'agit d'établir un rapprochement direct entre l'architecture d'un peuple et celle d'un autre, ce qu'il faut prouver avant tout, c'est l'identité de système. Or nous avons vu (f. Architecture; que le système grec dans l'art de bâtir fut fondé sur l'imitation de ce qu'on a appelé la cabane, c'est-àdire sur la transmission de* élément, des formes, des divisions et des rapports de la construction primitive en bois à la construction définitive en pierre. Si le système constitutif de l'architecture grecque est évidemment écrit, particulièrement dans l'ordre doriqne ,

fio6 F/TR

un simple parallèle va nous prouver que le même système est tnut aussi clairement prouoncé dans l'ordonnance étrusque ou du ternie toscan,

L' 'architecture étrusque a même cela de plus significatif encore ; c'est qu'elle conserva dans les usages de la bâtisse, non pas seulement l'image ou la représentation, mais l'emploi réel et positif du bois. Ainsi on avoit continué, jusqu'au temps de Vitrine, d'y faire l'entablement en bois , au moyen de solives assemblées dans leur largeur. Le fronton fut de même exécuté partie en maçonnerie, partie en charpente. Le texte de Yitruvc porte expressément qu'audessus de l'architrave on établissoit une maçonnerie. Or on voit que ce fut aussi de cette manière que furent remplis les intervalles appelés métopes , ce qui donna lieu aux ornemens qu'on y appliqua depuis. Km Grèce aussi , comme la raison seule le donne à entendre, cette primitive et grossière construction de bois ne put que recevoir par degrés, de son union avec d'autres matières, l'ensemble qui devoit plus tard rachever et perfectionner la construction en

Les Etrusques, qui, dans beaucoup de parties de» arts d'imitation, semblent être restés slationnaires , paroitroieot donc aussi avoir conservé dans leur architecture, avec une lidélité dont leurs rites religieux pouiToient rendre raison , les pratiques et les erre— ment des premiers âges. L'usage, peut-être prescrit, du bois en nature dans leurs architraves pourrait avoir favorisé celui des larges entrecolonnemeni. Oui-Ile qu'ait été la raison de ces dissemblances dans la disposition , toujours resuite-t-il du dessin du temple toscan calqué sur la description littérale de Yitruvc , qu'on y voit et tous les élémcns , et tous les détails de l'architecture grecque. Même méthode dans la fixation de la hauteur de la colonne par l'épaisseur du diamètre inférieur, même système de module pris pour régulateur des proportions.

La colonne toscane telle que A itruve l'a décrite a sept diamètres, et IMine l'a répété sans doute d'après Yitruve, qua septimam luscaiiictt. Au temps de Vitruve , l'ordre dorique avoit été a Rome fort a loupé dans ses proportions ; il arrivoit jusqu'il huit diamètres et plus. Cependant aux meilleurs temps de l'art en Grèce il ne varia que depuis quatre jusqu'à six. Rien toutefois à conclure de cet alongcmenl de la colonne toscane contre la thèse actuelle , puisqu'il faudrait en tirer la même conséquence contre l'ordre dorique romain.

l«a base donnée par Yitruve à la colonne toscane ««•mit une modification plus importante , puisqu'il est avéré que l'absence de Inisc fait un des caractères dlstinctifs du dorique grec. Mais on comprend que . l'entrecolonnement toscan étant beaucoup plus large qne celui du dorique grec, la suppression de la hase ne dut pas y être une condition à beaucoup près aussi obligée.

L'élévation du temple toscan nous offre du reste

ETR

jl une entière confoi-mité avec tout ce qui fait, dans le

Il dorique surtout , le fond et constitue le type de l'architecture grecque- Mêmes parties ou divisions de l'entablement. Le fronton, objet essentiellement caractéristique du toit dans la cabane ou dans la bâtisse

I eu charpente , courouue de même la construction

| toscane. Nous apprenons de Yitruve (1. III, ch. Il J que l'usage des Etrusques étoit d'orner leurs frontons, comme on l'a dit plus haut, de statues et de reliefs, dans lesquels on cherchoit à alléger, par le choix de la matière, la charge qui devoit peser sur des plates-bandes en bois. Les Romains imitèrent cette pratique dans l'ordonnance araostylt , dont

, l'usage et la proportion pourraient bien avuir ete empruntés aux Toscans.

l)e tout cela il résulte que, sans cou coi Ire aucun

il ouvrage de l'architecture proprement dite de l'Eliurie, nous en connoissous, ce qui vaut beaucoup mieux, grâce aux notions précises et détaillées de Yitruve, le système constitutif, l'ensemble, les décela appliqué aux temples, c'est-à-dire aux mouumt n.«j où de tout temps et en tout pays les hommes ont appliqué les plus hauts résultats de leur goût et de leur génie.

De là il nous parait naturel de conclure que le temple toscan n'est autre chose , à quelques variétés

I pris, que de l'architecture grecque.

Revient donc ici la question. Les Etrusques furentils les inventeurs de leur système architcctoniquc , ou l'ont-ils emprunté aux Grecs? Malheureusement des nuages impossibles à dissiper historiquement nous de-

| robenl la coonoissance de tous les fait» qu'il faudrait recueillir pour lever toute incertitude à cet égard. Il en est ainsi dans ce qui regarde même les nations moderne* , qui furent et sont en contact l'une avec l'autre. Comment donc y parvenir, lorsqu'il ne reste aucun monument des âges recules ou se sont produits les premiers essais d'ouvrages, qui n'eurent très-probablemctit point un premier auteur, dans le

comporter?

Tout ce qu'on sait , c'est qne les habitait» de la péninsule italique et cens de la Grèce furent très-

\ anciennement liés par une communauté d'institutions, de mythologie , de pratiques d'art et d'usages, et que le même système de composition architecturale fut commun aux deux peuples. Ce que l'on peut comparer entre les deux peuples d'ouvrages d'art de même nature , nous montre ces ouvrages , leur travail et leur goût, restés en Etrarie au point où nous les regardons en Grèce comme sortant ou a peine sortis de l'enfance des manières primitives. C'est ce

j qu'il est facile de conclure sur l'état de la gravure eu pieiTC , sur le dessin de beaucoup d'objets , sur les ba. -reliefs et le genre de leur exécution , sur les sta-

j tues , et , comme on l'a déjà dit , en considérant dans

jj les constructions en pierre cet emploi de matière*

ETU

colossales qu'on voit partout, et en Grèce comme ailleurs , tenir au primitif instinct de l'art de bâtir.

L'art se seroit-il donc arrêté en Llruric à ce poiut d'où partit en Grèce le développement auquel plus d'une cause politique aurait empêché les Ltrusques d'arriver ? c'est ce que les fait* seuls de l'histoire ]>ourroient rendre très-probable.

En effet , l'indépendance et la puissance de ce pays cessèrent d'exister à une é|ioque correspondante a celle qui vit se former en Grèce tous les genres de perfection dans les arts, perfection dont les effets •voient été aussi fort long-temps a se développer. Deux siècles de guerre opiniâtre préludèrent a la destruction du royaume des Etrusques. Ce fut un an après la mort d'Alexandre-lc-Grand que toute la nation, snbjuguée par les Romains, vint se fondre sous leur domination. Orces deux siècles, pendant lesquels la puissance et la richesse de l'Etruric s'affaiblirent peu à peu pour passer en d'autres mains, furent précisément ceux où la Grèce reçut de toutes les causes politiques et morale» qui font fleurir les arts tout l'accroissement qu'il lui fut permis d'obtenir.

L'Êtrurie n'eut plus, pendant ces deux siècles, les mêmes communications avec la Grèce. La guerre abaorba tous ses moyens de prospérité. Les arts n'auront pu v suivre les progrès qu'ils faisoient ailleurs; ils ne purent profiter ni des leçon» ni des modèles des Grecs. Après sa conquête, l'Etruric livra ses monumens et ses artistes aux Romains , qui n'avoient alors que fort peu de commerce avec la Grèce. Voilà sans doute pourquoi tout ce qu'on trouve d'ouvrages d'un travail notoirement étnuqne ne correspond guère, quant au mérite imitatif, quanta la perfection de la manière cl du goût, qu'à ceux qu'on appelle de l'ancienne manière grecque.

L'analyse de l'architecture étrusque , telle qu'on la trouve dans la description authentique du temple décrit par Y itruve, nous offre un résultat tout-à-fait semblable. Tout nous induit donc à croire que Varckilecture étrusque est, quant au fond, la même que l'architecture grecque, mais qu'elle resta en Etrurie au point où nous voyons qu'y étoient restés les autres arts, c'est-à-dire dans l'état qui précéda celai de leur eutier développement en Grèce.

ÉTUDE, s. f. Ce mot s'

Et d'abord , on lui donne un sens général qu'il a dans toutes les parties de la Uttérature et des sciences. Dans ce sens ou étudie un art comme on étudie une science , c'est-à-dire par ce genre d'application de l'esprit qui est surtout propre à l'acquisition des counoissances dépendantes de l'esprit.

L'usage a mis , par le mot étude, une différence assez remarquable entre les choses susceptibles d'être enseignées et apprises. D'une part sont l'exemple, la répétition des actes, et ce qu'on i la pratique, démontrent facilement, et qni n'a

ETU iio-

tent point comme principale l'action de l'esprit et les hautes (acuités de l'intelligence ; telles sont toutes les |>arlîes îles arts industriels. De l'autre part se trouvent celles qui de leur nature dépendent plus spécialement des facultés morales, qui exigent l'action immédiate de l'esprit et du sentiment intérieur, qui relisent sur un grand ensemble de connoissances, et demandent la réunion des rapports les plus délicats ou les plus étendus ; telles sont toutes les dnuions des sciences et des arts d'imitation. Ainsi l'on n etudie pas un métier ; mais on dit étudier un art, se livrer a Vétude de la peinture, embrasser 1'. unie de l'architecture.

li'elude d'un art d'imitation se compose donc de plusieurs sortes d'études, les unes principales, lesautres accessoires. Au nombre des premières on met l'élude de la nature 'non pas entendue ici dans l'acception générale du mot nature, qui embrasse tout,, mais dans le sens restreint que les artistes donnent à la recherche de la conformation des corps, et i du corps humain ; ce qu'on appelle dessin , ce dire l'étude de la couleur et des effets de lumière ; l'étude de la perspective ; l'étude de la composition , des passions et de l'expressiou. On peut ranger dan* la classe des secondes l'étude du costume et de* nxrurs, celle de l'antiquité et de l'histoire. Toutefois le mot étude, comme désignant l'ensemble ou le résultat de ce que l'artiste a appris et de ce qu'il fait, s'applique de préférence à la partie qui est la principale, c'est-à-dire le dessin ou la science du nu. C'est ordinairement de ce savoir acquis que l'on parle, ou qn'on vent parler, quand on dit d'nn altiste qu'il a de l'étude, qu'il manque d'étude.

Le mot étude, pris surtout dans ce dernier sens, se transporte aussi à l'ouvrage ; l'on dit d'un tableau, d'un dessin , d'une figure , que cet ouvrage est bien ou mal étudié , qu'il y a trop ou trop peu d'étude dans son exécution. En général on désigne par— là, tantôt le mérite même ou le défaut du dessin, tantôt la négligence ou l'ignorance des détails, tantôt le soin trop servilect trop minutieux qu'on met à les rendre.

Il y a un degré d'étude convenable anx ouvrages, mit en raison de leurs genres, soit en raison de F dimensions, soit en raison de la place qu'ils < et de l'effet qu'ils doivent produire. L'excès iWed un ouvrage peut nuire au plaisir même de l'imitation. Outre plusieurs raisons qui sont du ressort de la théorie pratique de l'art, on peut en rendre une raison générale : c'est qu'un tel excès décèle la peine, et , mettant trop à découvert les ressorts employés par l'artiste , appelle sur cette partie seule l'attention que le spectateur devrait porter sur le tout. Aussi rarement les ouvrages où domine cet excès auront-ils la faculté de flatter l'imagination, de parler au sentiment et à l'âme. Il faut qu'il y ait de l'étude dans un ouvrage, mais clic ne doit point s'y

L'idée d'étude telle qu'on vient de la

r,«8 ETU

dans l'ouvrage de l'art, correspond jusqu'à un certain point à celle de science des parties et d'exécution des détails; c'est pourquoi on donne le nom d'études (soit au pluriel, soit au singulier) aux travaux que l'artiste, ou pour apprendre ou pour se perfectionner, entreprend d'après les modèles de la nature et ceux de l'art.

Ainsi des têtes, des parties du corps humain, des figures entières imitées sans autre but que celui d'apprendre ou de montrer ce qu'on sait ; des académies dans le langage de l'école , des draperies copiées sur le mannequin, sont ce qu'on appelle des études. Crs travaux partiels et de détail forment une partie de l'enseignement des arts du dessin ; et quand on en considère l'objet et l'esprit, on voit qu'ils ne sont au fond qu'une méthode d'instruction analytique, toutà-fait semblable à celle que suivent les "maîtres dans les écoles des belles-lettres.

Il est dans la nature de notre esprit de ne pouvoir être conduit a l'ensemble que par les parties , et il faut avoir décomposé pour apprendre a composer. Mais il y a aussi deux abus tout près de cette méthode, si l'on n'y prend garde; l'un est d'habituer trop long-temps l'esprit à ne voir le tout que dans ses partie*., et jamais les parties dans le tout ; l'autre de s'accoutumer à faire des ouvrages qui manquent d'intérêt, des figures sans intention, des attitudes sans action, des caractères de tète sans expression. De la étoit né ce goût froid et insignifiant d'ouvrages appelés aeadémiques. Cet abus tient à un vice de raisonnement sur les objets d'étude; il faut les regarder comme moyen, et point comme fin de l'art; car le but de l'art est de plaire; et la science, qui est le moyen de parvenir à ce but, ne doit pas se faire ellemême le but.

C'est a peu près dans la même acception grammaticale, mais sous un autre rapport de l'art, qu'on donne le nom d'études à toutes les opérations préliminaires d'un ouvrage. L'artiste , en quelque genre que ce soit , avant de procéder à l'exécution de ce qu'il projette , s'essaie de plus d'une façon, et prélude à ce qu'il doit faire , tantôt par des esquisses variées, tantôt lorsque son projet est arrêté par des fragmens, soit de composition, soit de figures, soit de draperies sur lesquels il arrête sa pensée et détermine son choix, et qui lui évitent dans l'exécution les incertitudes et les tàtonnemens.

Il s'est conservé dans tous lesgvnres, de ces détails d'études des grands maîtres et de leurs plus célèbres ouvrages. Ces études ont encore pour nous un mérite particulier, celui de nous faire assister aux délibérations de l'esprit de ces grands hommes, de nous initier dans le secret de leurs plus intimes pensées , ' de nous révéler le» roules qu'ils ont suivies, les er- | reurs qu'ils ont su éviter. C'est une espèce d'itinéraire de leur génie. Aussi ces études font-elles le plus rare ornement des cabinets de dessins.

Il y a une partie Je tout ceci applicable a l'archi-

EUP

j lecture. Les études des élèves consistent aussi à \ s'exercer sur tous les détails qui entrent dans la comj position des édifices.

Les maitres aussi étudient l'ensemble de leurs compositions par parties séparées; ib se rendent compte de l'effet général par des essais préliminaires ; ils font des études de plans et d'élévation , de profils et de membres d'architecture. Peut-être même n'v | a-t-il point d'art qui exige plus impérieusement l'u- I sage d'études séparées, et peut-être l'architecte est-il celui qui en fait le plus , s'il est vrai qu'on peut regarder ses plans et ses dessins, même définitifs, comme n'étant que les études du monument qu'il doit élever

ETL\ E, s. f . , vient de l'italien stufa. C'est un lieu fermé, échauffé par un poêle ou fourneau construit exprès, où l'on se fait suer.

Ce que l'on appelle ainsi . les Romains l'appcloient caldanum ou laeonicum. C'étoit une des pièces qui constituoient l'ensemble des baius ou des tberme*. On en a parlé avec assex de détails au mot bain, {.roye: Bains.)

Il y a des étuves naturelles : ce sont des souterrains creusés dans des endroits volcanisés. Tel est a Pouuol celui qu'on appelle Sudatori di Tritoli.

ÉVALUATION, s. f. Est l'action d'évaluer le prix d'un ouvrage.

ÉVALUER, v. a. C'est, dans l'estimation qu'on fait d'un ouvrage terminé , en régler les prix par compensation, eu égard aux façons et aussi aux changement qui ont été faits par ordre, et dont il n'existe plus rien.

ÉVECHÉ , s. m. On donne ce nom, dans les villes épiscopales, an palais de l'évêque. Il est ordinairement contigu a l'église cathédrale , et consiste en appartemens, les uns de commodité, les autres de cérémonie. On doit y trouver comme pièce principale une grande salle avec une chapelle, pour y tenir le synode et y conférer les ordres sacrés.

EUPALINUS, architecte, qne qnelqnes-uns croient avoir été contemporain de Rhrcus et Théodore. Il étoit de Mégare, et son père s'appeloit Naustraphu-t.

Hérodote (lib. m, §60) cite EupaUnus comme auteur de l'un des trois plus grands ouvrages qui fussent à Samos, et même dans toute la Grèce. Il y avoit a Samos une montagne de «4 1 toises d'élévation F.upalintis la perça par le pied , et y pratiqua un chemin qui la traversoit. Ce chemin avoit sept stades de long (à peu près le tiers d'une lieue) ; sa largeur et sa hauteur étoient de 8 pieds. Dans la longueur du chemin étoit creusé un canal de vingt coudées de profondeur sur 3 pieds de large, qui r< -revoit dans des tuyaux et conduisoit à la ville les eanx d'une grande fontaine

Page 1