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EUPOLÈME, architecte no à Argos, et qui, ver» la quatre-vingt-dixième olympiade, construisit dan* celle ville le grand temple de Junon.
Dan» la quatre-vingt-neuvième olympiade, l'an 56 du sacerdoce de la prêtresse Chrysis ( Pausanias, lib. h, ch. xvii ), un incendie consuma l'ancieu temple. Eupolème fut chargé de construire le nouveau sur un autre emplacement. Ce qui le prouve, c'est que du temps de l'a manias , on voyoit encore les restes de l'édifice brûlé, et au milieu de ses débris la slatue de la prêtresse qui , par son défaut de vigilance, avoit occasioné l'incendie. Probablement cet accident n'eut des suites aussi graves que parce que le temple était tout en bois.
Le peu que Pausanias a rapporté sur la disposition générale du nouveau temple liait par Eupolt 'me, sulfit pour donner une idée d'un monument égal en grandeur et en magnificence aux temples d'Athènes et d'Olympie. Nous savons en outre que la dimension de son intérieur fut telle , qu'elle permit à Polyclète d'y élever le colosse en or et ivoire de sa célèbre Junon , colosse qui le cédoit à peine à celui du Jupiter de Phidias.
Quelques détails du court récit de Pausanias sur ce temple, rapprochés de ce que nous ronnoissons d'autres temples célèbres, mettront a même d'apprécier le génie et l'étendue de l'ouvrage d' Eupolème.
« La sculpture qui est au-dessus des colonnes (dit Pausanias) représente ce qui a rapport a la naissance de Jupiter, à la guerre des Géans et des dieux, à celle de Troie, et à la prise de cette ville. » Il est probable qu'il faut entendre par là les sculptures des métopes, de la frise dorique et celles des frontons. L'esodos, c'est-à-dire le dessous du frontispice antérieur, était orné de statues. Dans le pronaos on trouvoit à gauche d'anciennes statues des Grâces, et a droite le lit de Junon. L'intérieur du naos était rempli d'offrandes et d'objets rares et précieux, dont la description est étrangère à cet article.
EVIER, s. m. On donne ce nom à un conduit en pierre qui sert d'égout dans une cour ou dans l'allée d'une maison; on le donne aussi, et même plus souvent, à une pierre creuse placée, soit à terre, soit à hauteur d'appui , laquelle est trouée , et par un tuyau correspondant à son ouverture décharge au dehors les eaux des cuisines.
EURIPE, s. m. Ce nom, venu du latin et du grec , étoit celui qu'on donnoit au détroit qui séjiarc l'île d'Eubéc de l'Altiquc. Il devint la dénomination synonyme de ce nue nous appelons dans les jardins, bassin, canal. Autour des cirques il y avoit des euripes; c'étaient des tassés creusés sur les deux cotés de l'arène, rempli» d'eau , et dans lesquels il étoit dangereux de tomber.
EUROMLS , ville antique de Carie , dont M. de Choi*eul-Gou«er a retrouvé et déterminé la po»i-
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lion , et où se sont conservés les restes d'un théâtre , ainsi que la plus grande partie d'un temple magnifique. ( Voyage pittoresque de la Grèce, toiu. I , chap. il, pl. loSetsuiv. )
Le temple dont la pl. io5 de ce \oyagc nous offre la vue esl construit en marbre blanc ; il est périptère, exastvle , el d'ordre corinthien .
.. Les quatre colonnes du milieu de la façade sont renversées, mais l'on retrouve encore les parties avancées du stvlobatc, qui contenoient les degrés par lesquels on montait au temple. Il n'existe plus qu'un angle des murs de la cetta et nn de» chambranles de la porto; mais ces points suffisent pour établir son plan suivant des usages dont les anciens ne s'écartaient jamais. Les colonnes du posticum existent encore, tandis que celles de la façade sont renversées. La pro|>ortinn des colonnes est portée an dernier degré d'élégance : elle» ont un peu plus de dix diamètres de hauteur ; leurs bases et leurs chapiteaux sont de la plus grande richesse. An tiers de leur hauteur sont ménagées des tablettes de marbir sur lesquelles sont des inscriptions qui apprennent h-s noms de ceux qui ont donné les colounrs. Le stvle pur el élégant drscolouncs feroil croire qu'elles sont plus anciennes que toute la partie supérieure du monument , soit que l'édifice déjà détruit ait été restauré , soit que les colonnes aient été enlevées à un temple plus ancien et plus parfait. Cette dernière opinion semble confirmée par la différence que l'on remarque entre elles; en effet les unes sont cannelées, tandis que le fût des autres est entièrement lisse. ••
Le même vovageur a observé que l'angle du fronton est extrêmement ouvert ; ce qui rapproche sa proportion de celle des modernes. Il trouve aussi que les détails de l'entablement , sans avoir rien de choquant , n'ont cependant jus cet ensemble et cette pureté que l'on admire dans les belles productions des Grecs : au reste, il ne fut pas terminé. La convexité de la frise et la disposition des plates-bandes de l'architrave indiquent que ces parties étaient destinées a recevoir les omemens qu'il est d'usage d'y sculpter.
EURYTHMIE, ». f. Mot qui rxprimoit autrefois, dans l'architecture, quelque chose de ce qu'on entend généralement aujourd'hui par le mot symétrie.
L'rtirrthmie (dit Yitrnve) est cet effet agréable qni résulte de la facilité qu'on éprouve à embrasser l'aspect du tout et de ses parties. Cet effet a lieu quand les parties de l'ouvrage août en rapport, soit la hauteur avec la largeur, soit la largeur avec la longueur , et que toute» répondent à l'ensemble de la sunétrie, ou proportion générale. {Vitr. liv. i. ebap. n. )
L'eurythmie n'étoit pas une simple équation de parité entre les deux moitiés d'un tout. C'était on accord dan» les rapports généraux de l'édifice, et
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cet accord coovprenoit sans doute celui de La .symétrie simple, telle que le vulgaire l'entend. Le mot symétrie, clie* le» anciens, ne signifioit pas au contraire le rapport de parité, mais bien ce que nous entendons par proportions. ( forez Symétrie.)
ElSTVLE.s.m. Ce mot est grec , et est formé de iv et «vA»«. C'étoit une des cinq manières d'espacer les colonnes dans l'arcliitecturc des temples chez les Romains.
L'eustjle, selon Vitruve, offrait le plus juste système d'entrccolonueniens , intcn'alfarum justd Jistributiant. {Vilr. liv. m, ch. il.) « Sa proportion , dit-il , est la meilleure , la mieux adaptée au besoin, au plaisir des yeux et à la solidité. L'cntrecoloiiuc— ment du genre euslyle doit avoir deux diamètres et un quart. Celui du milieu , soit du coté de l'entrée du temple , soit du coté du unsticum , aura trois diamètres, ce qui procure de l'agrément daus l'aspect, de la commodité pour circuler autour de la ce lia , cl quelque chose d'imposant.
i Pour bien ordonner le temple eustyle, il faut diviser la face , sans compter la saillie de l'emplacement des base* des colonnes, en onze parties et demie . si on veut faire un tétrastylr. ; en dix-huit , s'il doit v avoir six colonnes de front; en vingt-quatre et demi , s'il doit y avoir huit colonnes. Or, que l'on fasse un tétrastylr, un exaslyle ou un octastyle , uue de ces parties sera le module, qui n'est autre chose que le diamètre de la colonne; de sorte que chaque entrecolonuemcnt, excepté celui du milieu, aura deux modules et un quart , et les entrecolonnemens du milieu, tant par devant que par derrière, auront chacun trois modules. La hauteur de la colonne sera de huit modules et demi; et ainsi, par celte division, les cnlrccolunnemcus auront uu juste rapport avec la hauteur des colonnes. »
Vitruve ne conuobsoit point d'exemple d'emtyle à Home. Celui qu'il cite étoit au temple de Téos,
EYIDER, v.a. Se dit, dans la taille des pierre» ou du bois , de l'action de creuser certains objets , ou de découper certains ouvrages, tels que des enlrelas daus des balustrades d'appui , des panneaux de clôture, autant pour les rendre légers que pour voir à travers sans être vu.
EXAGÉRATION , s. f. I>ans le langage ordinaire, on appelle ainsi toute ligure, toute locution, toute expression qui tendent a donner des choses une idée supérieure a leur réalité ou a leur appareuce , en augmentant leurs qualités et lenrs quantités, quelquefois aussi eu les diminuant ; ce qu'on appelle alors exténuation.
Moralement parlant , toute exagération , en tant qu'elle s'éloigne du point qu'on appellera la vérité réelle, est un vice; mais il n'en est pas ainsi de celle qui a lieu dans l imitation qui dépend soit des arts
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du discours , soit de* arts du dessin. Il y a toujours daus ces arts uue partie plu* ou motos Active qui exige 'eux , pour produire son effet
i de leur modèle.
On reconuoit donc dans le discours une exagéralion vicieuse et une exagération non-seulement permise , niais nécessaire.
L'exagération vicieuse sera celle qui , sans nécessité, |>orlcra notre esprit au-dela de l'idée qu'il la ut concevoir de l'objet ou du sujet , et qui emploiera de grands moyens pour produire de petits effets. C'est ce qu'on nomme en général boursouflure.
L'exagération beite est celle qui a heu soit pour porter l'idée à la liauteur des choses extraoïtlinaires, et au niveau desquelles les formes communes du Langage ne sauraient élever notre imagination. C'est ce que, dans l'art oratoire et dans la poésie , on appelle hyperbole.
11 y a de même dans les arts du dessin une exagération non-seulement et il y eu a une vicieuse.
L'exagération du premier genre a lieu sous trois rapports, dont on ne donnera ici que l'analyse la plus succincte.
i" Il y a, sous le rapport abstrait île l'art, une exagération nécessaire, et qui est, on doit le dire, une condition indispensable de l'action imitative : c'est que toute imitation de ce qui est \ivant et naturel serait par trop iuférieure a son modèle , si l'art, qui n'a ni La vie ui la réalité, rcstoit servilement attaché a la reproduire dans les termes exacts de son apparence. L'artiste emploie donc une sorte dVjragération, au moyen de laquelle, par exemple, il cumule sur un individu les qualités de plusieurs; il dispose la représentation de ses sujets plutôt comme ils auraient pu être que comme ils sont , met ses personnages dans le jour le plus convenable à l'effet qu'il doit produire, articule leurs formes, leurs contours et leur caractère, au gré d'une convenance particulière.
3° Sous le rapport des idées et des images, l'artiste a , comme le poète, le droit d'employer le genre d'hyperbole qui est de son ressort , et de l'appliquer à la représentation des choses et des personnes. Il peut , en les transportant , par exemple , dans la région de l'allégorie, s'approprier plusieurs des lictiuns qui agrandissent l'aspect de son sujet. La peinture et la sculpture sont remplies de ces exagérations poétiques qui font voir uu personnage on une action daus un ordre d'idées supérieur a l'ordre des chose* réelles.
3° Sous le rapport particulier de l'exécution , il y a un autre genre d'exagération, qui consiste, en certains ras, selon la nature du sujet, ou la position de l'ouvrage, a foirer le ton des couleurs et le contour des formes. Nous ne parlons pas de l'augmentation de mesure dans les ouvrages |4acés à une grande di-