EXC
«tance de la vue. Mai» la sculpture, sou mi» nécessairement a la même exigeante , semble avoir acquis le droit d'employer l'hyperbole de dimension , non plus relativement, mais positivement, c'est-à-dire de taire des ligures colossales, non en raison des distances, mais dans l'intention qu'elles pa missent colossales.
Il est donc facile de comprendre que, s'il y a uue exagération légitime , celle qu'il faut condamner consistera dans l'abus, l'excès ou l'emploi déplacé des moyens dont on vient de parler.
Plusieurs de ces considérations sont également applicables a l'architecture. Cet art n'a point, à la vérité , dans ta nature uu modèle positif dont l'imitation puisse, en se comparant à lui, recevoir des règles aussi fixes. Si son vrai modèle réaide dans l'esprit des règles que suit la nature , rien de plus facile que de méconnoître, de mal comprendre et d'interpréter de même les principes qui permettront ou défendront l'emploi de l'exagération , c'est-à-dire des moyens qui , au lieu d'augmenter la valeur de ses impressions, en atténueront l'effet.
Ainsi là où se feront remarquer l'affectation et la prétention sans motif de paroître fort ou grand, l'idée de grandeur ou de force disparaîtra. Là où la prétention soit à la solidité, soit à la légèreté , soit à la simplicité ou à la richesse se fait trop sentir, l'effet est manqué. Il n'y a aucune des qualités propres de cet art qui n'ait et une exagération légitime, et une exagération vicieuse. La solidité peut devenir pesanteur, la légèreté faiblesse, la simplicité pauvreté , la richesse luxe ou confusion.
Par exemple, la hauteur ou la procérité des masses dans un édifice est une des choses qui frappent le plus; mais, si tout cela n'est qu'une vaine difficulté vaincue, l'exagération va se convertir en vice. On aime la solidité dans la construction, mais à condition qu'elle paroisse motivée sur le besoin ; autrement les sens s'en trouvent rebutés. On désire, surtout à l'intérieur des édifices, que le vide l'emporte sur le plein; on aime aussi à l'extérieur une disposition qui laisse à l'œil le plaisir de jouer entre tous les points d'appui : si pourtant l'affectation se décèle en ce genre d exagération , on n'y voit que des tours de force qui reposent sur l'emploi vicieux d'un mécanisme caché aux yeux , mais qui ne sauraient l'être ni à la raison, ni aussi à l'instinct.
Généralement l'architecture, reposant plus qu'aucun autre art sur l'accord du goût et de la raison , doit se mettre plus particulièrement en garde contre les abus de l'exagération.
EXASTYLE , s. m. Est une des cinq espèces de temples antiques, selon Vitruvc, en tant que leur différence reposoit sur le nombre des colonnes que l'on donnoit à leur façade. L'exastrlc avoit six colonnes de front. (Voyer Vitrwe, liv. tu, ch. II.)
EXCAVATION, s. f. Ce mot indique l'action de CTentCT, ou le creux qui en résulte. Ainsi, on dit que
EXE fi.,
l'excavation d'une fondation , d'un puits, etc. est de tant de pieds de longueur sur tant de largeur, et tant de profondeur; qu'elle produit tant de pieds cubes, et que cette excavation a coûté ou doit coûter telle ou telle somme.
EXÉCUTION, s. f. Les arts d'imitation sont des dépendances si immédiates de l'homme, qu'on ne doit pas s'étonner d'y découvrir aussi les deux principes de la nature humaine , autrement dit , ces deux propriétés dont l'une correspond au corps, et l'autre à l'ame.
En suivant cette comparaison , on peut dire que chaque art se compose d'une partie morale el d'une partie plus ou moins matérielle. La première consiste dans les couibinaisou* de l'esprit, dans l'action du sculitneut, dans la puissance de l' i nia giua lion. Ce qui constitue la seconde dépend des signes plus ou moins sensibles qu'emploie chaque genre d'imitation , ou des moyens plus ou moins matériels et mécaniques par lesquels l'artiste manifeste ses pensées.
C'est celte dernière partie qu'on exprime habituellement par le mot général A'exécution.
Il est plus ou moins facile de distinguer et de faire Considérer isolément la partiodVxrrud'ondanschaque art , selon que chacun d'eux semble appartenir à une des régions plus ou moins matérielles de l'imitation. Plus les signes ou les moyens d'un art participent à la matière et au mécanisme , plus l'exécution s'y distingue et s'y analyse facilement. Ainsi , la distinction des deux parties de l'art a quelque chose de plus sensible dans la sculpture que dans la peinture , et elle est plus claire encore dans l'architecture -
Lorsque dans les autres arts celui qui pense est aussi relui qui exécute, en architecture l'inventeur ou l'auteur de l'ouvrage ne saurait l'exécuter par lui-même. Il faut qu'il emploie des instrument étrangers , et non-seulement il doit se servir de la main d'autrui , mais, de sa part, toute coopération manuelle est en quelque sorte impossible.
Toutefois il ne suit pas de là que ce qui constitue l'exécution matérielle de l'édifice soit indépendant de l'architecte et hors de son action. D'abord , tout ce qui concourt à cette exécution se compose ici d'un grand nombre de travaux pratiques , dont l'architecte doit oonnoitre pratiquement lui - même les moindres particularités, pour être en état de surveiller et de diriger toutes les opérations. Aiusi , quoiqu'il u 'opère point jiersounellement , il doit être celui qui fait Opérer. Sous ce rapport, l'exécution de son art diffère de celle des autres arts, en tant qu'elle est médiate au lieu d'être immédiate.
Mais l'architecture se divise en deux parties ; et si la partie qu'on appelle construction se trouve encore subordonnée dans son exécution à l'intelligence de l'architecte , à plus forte raison devra— t-on regarder comme dépendante de lui seul et de son génie la partie de l'art proprement dit, et qui comprend la
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forme générale et particulière de l'ensemble et «1rs 9 détails . L'exécution de ce dernier genre est tellement I personnelle à l'artiste , qu'on reconnoit les édilices a I leur manière d'être exécutés, comme on distingue dans les tableaux et les statues la manière de faire du peintre et du sculpteur.
EXÈDRES, s. m. pl. C'est le nom que donne Vitruvc à certaines parties de la palestre grecque , que l'on garnissoit de sièges pour servir aux disputes philosophiques ou aux exercices des rhéteurs. Les exédres se plaçpient dans ha trois portiques de la Palestre, (\oycr Vitrure, liv. v, chap. Il,] Il paroit d'après un passage du même auteur (liv. vu, ch. ix) que ces exèdres étoient sans clôture , et ce qu'on peut appeler des lieux découverts. Âpertis vent, id est peristyliis aut exedris. Mais il semble aussi , par le chap.v du liv. vi, que l'on donna le nom A'rxcdres a des salles couvertes, et qui, avec les triclinia, les jiinneotherce , les aca , faisoient partie des grandes
EXHAUSSEMENT, s. m. Se prend en deux sens, tantôt absolument , comme synonyme de hauteur, et l'on dit qu'une voûte, un plancher, ont tant de. pieds d'exhaussement; tantôt relativement, et comme répondant à l'idée d'addition , et dans ce sens on dira qu'un mur ou une façade de maison peuvent supporter un étage A'exhaussement.
EXHAUSSER, v. a. On dit exhausser un mur de face. On ne peut , selon les lois des bàtimcns de France , exhausser les murs de face que jusqu'à une hauteur déterminée, laquelle est proportionuée à la largeur des rues. 1j plus grande hauteur est de 8 toises (|5 mètres et demi environ). Un voisin peut exhausser un mur mitoyen, en payant à son voisin un droit de charge, qui est lixé par la loi à une toise sur six. (forez Charge.)
EXPERT,», m. On désigne par ce mot un homme instruit dans l'art de bâtir et dans la partie de jurisprudence qui y a rapport.
Les experts sont appelés par les ouvriers, par les particuliers ou par les juges, pour visiter les objets en litige , pour donner leur avis et faire des rapports sur les ouvrages d'art qui donnent lieu à des discussions, ou sur des contestations qui peuvent naître entre les ouvriers et les propriétaire», ou entre ceux-ci et leurs
EXPOSITION, s. f. Manière dont les édiGces on leurs parties doivent être situés par rapport à la diversité d'influence que le soleil par ses aspects, ou les vents principaux par leur action, exercent sur Intérieur comme sur l'extérieur des habitation».
Vitruve , liv. vi , ch. vu , a donné à ce sujet qnel-