‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 206 sur 258 · FEC · texte numérisé non relu

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hàtimcns, par égard pour la symétrie. La fenitre fausse on feinte n'a de réel que le» tableaux ou les chambranles. L'ouverture en est bouchée, et cet es-

est rempli quelquefois ou par une seule leur foncée qui représente le vide , ou par l'imitation même en peinture du châssis , des vitraux , et des rideaux intérieurs.

On voit a un petit tombeau d'Agrigente, nommé vulgairement le tombeau de 'J'eron , des fene'lrtf feintes dont le chambranle est en relief, et dont In milieu offre en saillie l'imitation d'un châssis. [Port* Acrigente.)

FAUSSE HOTTE, s. f. C'est la hotte élevée sur le manteau d'une cheminée dont le tuyau est déployé a droite ou à gauche. Elle est feinte pour cacher a la vue la difformité que causerait l'incliiiaisou du tuyau.

FAUSSE PORTE, s. f. Est nne porte feinte pour la symétrie , dont on fait les jambage* et lv chambranle, et dont le milieu est plein.

FAtX ATTIQUE, s. m. Est un amortissement d'architecture ayant a peu près la dimension d'un attique, mais sans pilastres, sans croisées, sans balustrade. Il sert de couronnement ordinaire aux arcs de triomphe , et c'est la que se placent les inscriptions, comme on peut le voir aux arcs de la porte Saint-Déni* et de la porte Saint-Martin à Paris.

FAUX COMBLE , s. m. Est la partie b plus élevée d'uu comble brisé : elle s'étend depuis le brisis jusqu'au faite , et elle a ordinairement moins de pente que b partie inférieure au brisis.

FAUX JOUR, s. m. C'est nne fenêtre percée dans une cloison pour éebirer un passage, une garde-robe, un escalier dérobé, ou toutes autres pièces qui ne • du jour d'ailleurs.

FAUX ORDRE, {t'oyez Attiqi m.)

FAUX PLANCHER, «. m. Est un .

qu'on pratique pour diminuer la hauteur d'une pièce, lequel ne sert qu'à former un pbfond sur lequel on ne marche point. On en fabrique de semblables dans les combles, pour les chambres en Rallias. "

C'est aussi un plancher de charpente pratique audessus de l'extrados d'une voûte dont les rein* ne sont pas remplis. Tels sont ceux qu'on pratique sur le* entrails des combles des églises , pour ne pas fatiguer les voûtes.

FECONDITE, s. f. Est au moral comme au physique la faculté de produire, et de produire beaucoup.

On a transporté au génie de l'homme toutes les idées d'enfantement, de procréation, de fécondité dans l'ordre naturel, et l'on a distingué p*r l'épitbéle

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de féconds ces esprits qui couçoiveut facilement, et rendent avec facilité les idées qu'ils ont conçues.

La fécondité, si on la considère dans ses effets, comporte la réunion de ces deux «qualités; et quoiqu'en pointure et en sculpture la facilité qui se rapporte au travail de Inexécution et à la pratique de l'instrument {royez Facilité) puisse avoir lieu sans la fécondité , qui est la facilité de concevoir, cependant on ne connoit guère d'artiste fécond qui n'ait eu en même temps un talent facile.

En architecture, la facilité étant particulièrement celle de l'intelligence , c'est-à-dire une sorte de rapidité dans l'esprit , qui sait rapprocher les rapports les plus éloignés entre eux , l'idée de facilité se confond naturellement avec celle de fécondité.

Dans les arts de la peintura et de la sculpture, l'histoire ancienne et moderne nous prouvent que les plus grands artistes ont été aussi extrêmement Verni?»//. Le nombre des grands ouvrages et des entreprises colossales qu'il faut, sans aucun doute, attribuer à Phidias, passe aujourd'hui pour fahulcux. Lvsippe, appelé par Pline fecundiu artifer, mettnit une pièce de monnoie dans un tronc à chaque figure qui sortoit de ses ateliers. A sa mort (Pline, 1. xxxiv, ch. vu ) , on brisa le tronc , et on trouva , selon quelques éditions, quatorze cents, selon d'autres sept cents pièces. Le nombre des ouvrages d'Apelles fut infini , et les siècles modernes nous apprennent encore que cette fécondité fut le privilège des plus célèbres artistes.

Sans doute la fécondité, du génie a aussi un de ses principes dans les causes générales qui influent sur les arts. L'architecture, par exemple, en dépend plus qu'aucun antre art, et plus d'un architecte doué d'un talent fécond n'aura pu en faire preuve dans les siècles où des circonstances contraires se sont opiiosées à son développement. Cependant nous voj ons aussi , en ce genre , que les maîtres modernes de cet art ont beaucoup créé , et Palladio doit passer pour avoir été un des plus féconds.

FENÊTRAGE, s. m. Mot collectif dout on use pour désigner l'universalité des fenêtres d'un édifice.

Un s'eu sert au»i , quoique dans un sens moins général , à l'égard d'une seule fenêtre sans appui , ouverte jusque sur le plancher.

FENETRE, s. f. Nom général que l'on donne à toute ouverture avant pour principal objet d'introduire la lumière du jour dans l'intérieur des édi-

Nuus ne traiterons particulièrement et avec étendue, dans cet article, que des fenêtres qui appartiennent à l'architecture moderuc , cette partie ne nous offrant, à l'égard de l'antiquité, que très-peu d'autorités pour ce .pu concerne les maisons , et plus d'un objet de critique dans les restes des monument i qui

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Nous allons envisager les fcnûres tous le» .h furent rapports de proportion, de distribution, de Jurmc et de décoration , d'après les meilleures théories et les meilleurs exemples de l'architecture moderne.

Quant a l'antiquité , nous renverrons les notions relatives à cet objet au mot Specci.are.

§ I. — De la proportion des fenftres. Palladio, Scatuozzi , Philibert Delorme et plusieurs autres architectes , ont parlé diversement de la proportion à donner aux fenêtres. Leurs opinions doivent différer connue les usages des pays et des temps pour lesquels ils ont écrit. Rien en effet ne comporte plut de variétés, selon les climats, la longueur des jours, les degrés de température , les usages de la vie et les besoins des sociétés, que les ouvertures par letqueliet la lumière du jour t'introduit dam l'intérieur des

Dam les climats chauds les fenêtres sont rares et d'une dimemion peu étendue. A mesure qu'on remonte vert les pays où l'été est plus court et l'hiver plus long, on observe que les fenêtres se multiplient, et qu'on leur donne plus d'étendue, de manière a laisser jouir plus loug-tcmpt du soleil et de la lumière dont la nature se montre plus avare. Il seroit donc absurde de prétendre fixer des règles universelles et invariables a la dimension des fenêtres , puisque la nature ne t'est soumise à aucune proportion commune à tous les pays, dans un objet où les liesoins sont si différent.

Si les fenêtres sont de toutes les parties des édifices celles qui doivent éprouver le plut de variétés, surtout dans leurs rapports avec les besoins usuels et domestiques, il n'en est pas pour cela moins vrai que, abstraction faite des besoins locaux d'usage, de détail ou de pays , elles peuvent recevoir de l'art , c'est-à-dire de la recherche des rapports les plus agréables aux yeux, des règles de proportion sur lesquelles le goût des différent peuples s'accordera , sinon en pratique, du moins dans la théorie.

I n édifice , en effet , peut être considéré extérieurement comme un comjiosé de pleins et de vides, lequel, sous ce rapport abstrait, sera indépendant des besoins et des commodités de l'intérieur. 11 y a des règles que la solidité prescrit ; il y en a d'autres que la convenance, que le bon accord des parties, et une harmonieuse corrélation , savent faire approuver pur tous les yeux tant toit peu exercés en ce genre.

Par exemple, la solidité seule, dont chacun peut être juge , veut qu'on fasse les trumeaux des fenêtres aux moins égaux en largeur à leur ouverture. Dans les payt où l'on nè donne aux trumeaux que la moitié ou le tiert de l'ouverture, on ne saurait se dissimuler que le rid< l'emportant «air le pIcÎB] la construction ne s'en trouve trop affoiblie , cause cerdc fréquente» restaurations. Dant d'autres payt

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on donnera quelquefois aux trumeaux jusqu'à deux fois la largeur de l'ouverture. Alors le tout reçoit au dehors un caractère de pesanteur et produit dans l'intérieur une obscurité qui frappe le sens moral et physique.

C'est donc dam le milieu de ces deux excès que se trouvera le point le plus juste commande par la beauté et Li solidité.

De même a l'égard de la hauteur dea fenêtres, la meilleure proportion sera celle qui leur donnera en hauteur le double de leur largeur. Cette règle a été généralement suivie dans les plus beaux édifices de Home et de Florence. Cependant on y observe quelques variations selon les genres d'étages. Les fenêtres des rez-de-chaussée seront quelquefois tenues d'un huitième plus basses. Quelquefois on donnera un et même deux huitièmes aux fenêtres dés étages supérieurs.

En France , les architectes ont toujours tenu la proportion des fenêtres plus longue. Celles de la cour du Louvre , les seules que l'on puisse comparer pour leur beauté a celles de l'Italie, ont en hauteur deux fois et demi leur largeur.

L'usage des balcons à chaque fendre n'a pas peu contribué aussi , depuis quelque temps , à leur Logement : il faut , en effet , au balcon , que la tablette d'appui ne monte pas plus haut que le genou , an lieu que la belle proportion de la fenêtre a l'extérieur demande que l'appui vienne jusqu'à mi-coq».

On ne sauroit nier que cet alongement d'ouverture par le bas ne donne quelque gaieté aux intérieurs des appartemeas , et ne soit aussi quelquefois favorable aux ajustemens décoratifs, en établissant plus de symétrie entre les jwrtes et les fenêtres. Philibert Delorme est celui qui approche le plus, dans ses règles, des proportions usitées en France. Il vent que les pièces qui auront 20 pieds de largeur aient des fenêtres larges de 5 pieds d'ouverture eutre leurs encadremens °, que \e» fenêtres des pièces qui ont de

» *5 pieds aient 5 pieds et demi d'ouverture , et qu'on en donne 6 aux fenêtres qui appartiennent à des pièces de 28 à 3o pieds.

A l'égard de la hauteur des fenêtres, Philibert Delorme veut qu'elles soient le plus élevées qu'il sera possible du coté du plafond, et il conseille d'y pratiquer intérieurement des arrière-voussures , lorsque la hauteur le permettra. Cette pratique toutefois ne paroit bonne a suivre que lorsque les plafonds sont en calottes, et orné* de peintures ou de sculptures. En effet , leur richesse ne fait d'effet qu'autant que le jour frappe sur elles.

§ II. De la distribution des fenêtres. — On doit observer de distribuer les fenêtres en nombre impair dans les devantures des bâtimens, et particulièrement celles qui entrent dans la décoration d'une façade principale. Il convient ensuite que dans le milieu, soit d'un corps de bâtiment, soit d'un avant-

FEN (1,9 corps , il se trouve un vide et non un trumeau. Ceci , bien entendu, n'est de rigueur que pour les édifices conçus dans l'esprit ou les principes de l'architecture, et ne sauroit faire règle à l'égard des maisons ordinaires. La sévérité de cette symétrie sera aussi moins applicable aux ailes ou avant-corps des grands palais. Ainsi voit-on sans en être choqué les ailes du palais du Luxembourg du côté de la rue de Toumou , offrir un trumeau dans leur milieu en place d'une fenêtre.

La distribution des fenêtres ne doit pu être envisagée seulement sous le rapport de leur position horizontale dans un étage. Il y a entre elles un autre rapport non moins important, c'est celui qui doit régler leurs iiitervallcs et leur correspondance d'un I étage à l'autre. Comme un édifice déplaît à l'œil lors- I qu'il est percé de trop de fenêtres, en sorte que le | vùle l'eui|>ortc de beaucoup , de même il répugne à la solidité, comme au bon goût, de ne séparer les étages que par de trop petits intervalles. On doit faire régner entre l'étage supérieure! l'inférieur un cs|>accment qui fasse supposer , outre l'épaisseur des plafonds , une hauteur nécessaire à l'appui des fenêtres. A cet égard , celles dont l'appui est le plus haut dau» l'intérieur donneront à l'extérieur une plus heureuse distribution, et la plus favorable à l'effet de l'architecture, soit que les trumeaux soient tenus lisses, soit qu'on y établisse des ordonnances de pilastres ou de colonnes adossées.

On ne sauroit à l'égard des fenêtres, dans leuts rapport avec les intérieurs, donner de règles fixes pour leur distribution. La seule à suivre sera celle de la symétrie. On entend ici par ce mot la correspondance la plus exacte qu'il sera possible d'observer entra l.s intervalles ou les trumeaux qui séparent les fenêtres, ainsi qu'une exacte répétition des deux cités de la pièce , si elles peuvent se correspondre , comme cela a lieu dans les appartenons qu'on appelle simples, c'est-à-dire dont les pièces occupent toute la largeur du bâtiment.

§ 111. De la forme des fenêtres. — Les prini i- |ialcs différences tle forme entre les fenêtres consistent dans la diversité de leurs ouvertures.

On distingue d'abord les fenêtres qui servent aussi de partes , et que l'on emploie souvent dans les rezde-chaussée. Souvent elles ont la forme d'arcades, selon le dessin de l'architecture. Généralement les fenêtres se divisent pour la forme en trois espèces , celles qui sont à plate-bandes , celles qui se terminent en ceintre, et celles qu'on nomme bombées. ■

On n'emploie guère les fenêtres à plein-rein trr I que dans les grandes masses d'édifices ; elles font un bel effet dans quelques monumens de Florence, comme au palais Pitti. On les affecte volontiers aux églises qui comportent de grands vitraux. En petit . et dans le plus grand nombre des maisons, elles

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offrent quelque embarras pour les châssis et pour leur ajustement dans la partie supérieure, qu'où fait le plus volontiers à dormant.

Le* fendre* à plate-bande sont les plus usitées et les moins disjicndicuscs pour la construction. On les fait, soit en maçonnerie, soit en charpente, soit en plate-bande d'une seule pierre , soit taillées en claveaux.

Le* fene'tres bombées sont moins belles pour la forme, parce qu'elles tiennent un milieu équivoque entre le ceintre et la plate-bande.

On fait encore des fendres en forme circulaire , ou se composant d'un demi-cercle; on les appelle ail de baruf : elle» ne sont en usage que dans quelques étages supérieurs de nécessité. On les pratique encore volontiers dans des soubassemens ou des entresols. C'est surtout alors avec des compartimens de refends ou de bossage* qu'elles figurent le mieux.

Toutes les autres c onfigurations de fendre* que la manie d'innover a multipliées dans les deux derniers siècles, ne méritent d'être connues que pour être réprouvées. Aiusi, nous ne parlerons ici ni des fenêtres surbaissées , ni d'autres variétés dont le temps a déjà fait justice.

$ IV. De la décoration des fendres. — On n'est pas convenu , et |>cul-èlre ne oonviendra-t-on jamais <ie la forme et de la proportion des fendres que l'on pourrait affecter à chacune des différentes ordonnances, ou à chacun des divers modes d'architecture ! comporte eliaquc édilice. Il seroit peut-être a lirer qu'on put fixer à chaque caractère de inonumens une forme correspondante de portes , de fenttres ou d'ouvertures. Mais rien n'est plus soumis à l'arbitraire du goût ; rien aussi n'est plus dépendant des sujétions du besoin. Aussi voit-on s'établir entre le caractère de l'ordonnance et le genre des ouvertures des contradictions dont il ne seroit que trop facile de citer les exemples.

Si l'architecte est moins libre d'approprier an caractère général de son ordonnance la forme et même la distribution des fendres, il ne saurait trouver les mêmes excuses pour ce qui concerne leur décoration. Depuis la pure simplicité des ouvertures jusqu'aux rneadremens de leurs chambranles et les oruemens variés qu'ils comportent , les degrés sont très-nomhrrux.

I :i général , les fêndrcs ne devront être cmplovées sans aucun accessoire d'encadrement que dans les maisons ordinaires, qui ue réclament aucun ornement de l'architecture ni des autrrs arts , ou dans des édifices dont la plus grande simplicité fait le caractère. Mais les divers modes de chambranles et les différentes mesures d'ornement qui y sont affectés deviennent, sous le crayon de l'architecte, les plus sûrs moyens de rendre seusibles les degrés d'importance de leur destination , et d'apprendre l'idée qu'on doit s'en former. Or, ces degrés comprennent ce qu'il y a de

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plus riche et ce qu'il y a de plus simple. Cependant quclqurs architectes se trompent en ce genre cor le caractère de simplicité qu'ils croient exprimer, en laissant l'ouverture des fendres taillée à vive arête , sans aucun accompagnement. Evidemment, ils se font illusion ; rien ne produit rien : et cette sorte de zéro, en fait d'ornement, n'est qu'un privatif insignifiant.

Si l'on veut en ce genre trouver des modèles de ce qu'il y a de plus simple et de plus mâle en même temps , on trouvera dans l'architecture florentine des chambranles qui pourront former le degré inférieur des chambranles de fenêtres formés par de simples bandeaux.

Après, ou au-dessus de ce mode, pourrait trouver sa place la manière d'encadrer l'ouverture de la fendre par un rang de refends ou bossages plus ou moins saillans, selon le caractère de la masse générale. Les chambranles ainsi figurés ne s'emploieront convenablement que dans de grandes construction* où les ordres ne trouveront point place. Lorsqu'on les y admet, on doit se montrer sobre de l'emploi de cette pratique.

Palladio et l'école vénitienne peuvent servir d'aulorilés et d'exemples sur ce point. C'est la qu'on voit, et très- fréquemment , des chambranles d'un genre mixte , c'est-à-dire dont les mon tans profiles se trouvent, d'espace en espace, interrompus par des refends. Cette sorte de caprice a été mise en œuvre par Palladio avec tant de goût , qu'il est difficile de lui refuser son approbation ; peut-être est-il permis de regarder celte méthode comme un moyen de plus d'introduire dans certaius édifices une nouvelle nuance de caractère.

Lorsqu'on applique à un édifice l'ordre dorique dans toute sa sévérité , il convicut de donner aux chambranles des fendres un encadrement qui admette peu de pronls, et des plus simples. Comme tout ce qui tend à l'expression de l'idée de force et de solidité est toujours bien approprié à l'ordre dorique, il ne sera pas inconvenant de donner aux lignes des ouvertures, et par conséquent des chambranles de fene'tres. quelque chose d'un peu pj ramidal, comme il s'en voit des exemples dans l'antique ; bien entendu que les encadremens des fendres ne devront point avoir d'ornemens.

I<es fendres da ns une ordonnance ionique demanderont des chambranles orués, mais dont le goût et la sculpture aient plus de délicatesse que de richesse. Si l'on veut même, ce qui serait très-convenable , suivre, dans les accessoires comme dans la forme du chambranle iouique, une progression proportionnelle de richesse, on ne devra donner à la fendre ioniijue qu'un entablement sans fronton.

Toute la richesse de forme, de proportion et d'ornement, sera réservée pour les fendre* qui feroi.t partie de l'ordonnance corinthienne, et on v affectera le chambranle surmonté d'un fronton. Si l'on veut

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porter plus loin la richesse, on peut eucore faire supporter le fronton par des pilastres ou des colonnes ; on en voit de cette sorte dans beaucoup d'ouvrages des plus grands maîtres. Cependant le goût moderne ne s'est pas arrêté la , et on a vu les frontons desyênêtres à colonnes surmontes de figures sculptées en ronde-bosse , sans parler de tout ce que la fantaisie, et la manie d'enchérir sur les excès par des excès nouveaux, ont porte les décorateurs a imaginer en ce genre.

Il y auroit plus d'une observation à ajouter aux détails de cet article ; mais ce qui peut manquer ici trouvera sa place ailleurs, (Voyez Porte Niche.)

On donne aux fenêtres beaucoup de surnoms divers, selon les variétés de leur forme, de leurs accessoires et de leur emploi. Ainsi ou dit:

Femêtee a balcon. C'est celle qui s'ouvre dans [j toute la hauteur de l'appartement et jusqu'au plancher, et dont l'appui en dehors est ferme par des en- I trelas ou des balustres.

Fenêtre atticurge. — Fene'lre dont l'appui est plus large que le linteau , c'est-à-dire dont les pie- I droits montans ne sont ni d'aplomb ni parallèles entre eux ; telles sont dans l'antique les fenêtres du temple dit de la Sibylle à Tivoli ; chex les modernes, celles du palais Sacbetti, et celles de la cou|x>le de l'église de la Sapicnce à Rome. On a nomme ainsi cette sorte de fenêtre parce qu'elle ressemble à la porte que Vitruvc appelle atticurge. {t'oyez ce mot.)

F%-nêtre avec ordre. — Ou appelle ainsi celle qui, outre son chambranle, est enrichie de petits pilastres ou de petites colonnes avec leur entablement. Ces ; fenêtres ainsi décorées prennent le uom de l'ordre auquel appartiennent les colonnes ou pilastres qui les accompagnent; ainsi les fenêtres du premier étage au palais Farnèse a Rome sout corinthiennes, et celles du second étage sont ioniques.

Fenêtre biaise. — C'est une fenêtre dont les tableaux de baie (voyez ce mol), quoique parallèles, ne sont pas taillés d'équerre avec le mur de face On r pratique ce Liais pour faciliter ou augmenter selon le local l'introduction de la lumière dans l'intérieur d'uue pièce.

Fenêtre bombée. — Celle dont la fermeture est une demi -circonférence de cercle ou une demiellipse. Telles sont beaucoup de fenêtres à rez-dechaussée ; telles sont celles du premier étage au château de Versailles.

Fenêtre dans angle. — Fenêtre qui est si proche j de l'angle rentrant d'un bâtiment que son tableau de base n'a point de dosseret. On appelle aussi fenêtres d'angle certains |ietil» jours étroits et en hauteur à | la manière des barbacaucs, et que l'on pratique dans : un angle rentrant pour éclairer un petit escalier 1 sans nuire à la décoration générale d'une façade.

Fenêtre d'encoignure. — C'est celle qui est prise ' dans un pan coupé.

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Fenêtre droite. — Fenêtre rectangulaire dont La fermeture est en plate-bande ou en linteau horizontal.

Fenêtre ibrasée. — Fenêtre dont les tableaux de baie , au lieu d'être parallèles , sont en embrasure par dehors pour faciliter le passage de la lumière. On en voit de semblables au château «le Caprarola.

Fenêtre en abat-jour. — Est celle dont l'appui ou le linteau, soit séparément chacun , soit tous les deux, sont en glacis par-dedans pour donner plus de jour. Il y a de ces fenêtres qui sont élevées à 5 pieds au-dessus du plancher, à raison de quelque servitude. On appelle du même nom celles qui servent a éclairer des étages souterrains, comme offices ou cuisines.

Fenêtre en tour creuse. — On donne ce nom à une fenêtre qni est plus étroite extérieurement qu'intérieurement, les jouées (voyez ce mot) de l'épaisseur du mur n'étatit point parallèles ; ce qui se pratique , soit par sujétion pour éclairer un escalier à vis, soit par raison de sûreté , comme dans une prison , soit pour ne pas interrompre une décoration extérieure.

Fenêtre en tribune. — Fenêtre qui est ouverte jusqu'au plancher au mitieu d'une façade de bâtiment. Elle a un balcon saillant en avant, et elle se distingue des autres fenêtres de la façade autant par la grandeur de sa baie que par la richesse de son architecture et de la décoration. Telle est celle d'une des ailes du Capitule à Rome.

Fenêtre feinte. — C'est La représentation simulée d'une fenêtre effective. Elle est ordinairement renfoncée de l'épaisseur du tableau de baie. On la pratique, soit pour correspondre en apparence a d'autres fenêtres réelles et par principe de symétrie, soit pour figurer un corps de bâtiment sur la surface d'un mur. Chacune des quatre faces d'un tombeau de La ville antique d'Agrigente en Sicile a une fenêtre feinte. (Voyez Acbickmte.)

Fenêtre gisante. — C'est, selon Léon Ratista Alberti , une fenêtre qui a plus de largeur que de hauteur. Il y en a de semblables dans des corridors et lieux élevés, et aussi pour éclairer les ramj.es des escaliers.

Fenêtre mezzanine. —Petite fenêtre moins haute que large, qui sert I éclairer un attique ou un entresol. Les fenêtres de cette espèce, que les Italiens appellent mezianini, et qui sont fort en usage dans leurs palais, on les voit fort souvent pratiquées dans les frises des eulablcmens, et en ret raitc au-dessus des corniches ou des enuronnemens. On en voit de semblables au château des Tuileries.

Fene'lre à menait : — Est celle qu'on voit dans les anciens édifices, divisée dans sa largeur cl sa hauteur par un ou plusieurs menaux. (Voyez Menac.}

Fenêtre ovale. — Est celle dont La baie est un ovale , soit en hauteur, soit en largeur.

Fenêtre carrée. — Celle dont la largeur est égale

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à «a hauteur. Telles sont ordinairement les fendres des altiques.

Fenêtre rampante. — C'est le nom d'une fendre dont l'appui rt la fermeture sont en pente, soit a raison de quelque sujétion, soit pour suivre U pente d'un escalier.

Fendre ronde ou circulaire. — Celle dont la baie a la figure d'uu cercle.

Fendre rustique. — On appelle ainsi les fene'tres qui , en place des eucadrcnicns de chambranles, sont entourées de compartimens en refends ou bossages. On en voit beaucoup de ce genre dans l'architecture florentine et vénitienne.

FEML, s. m. Vient de l'italien fenilc. C'est un hangard ou un bâtiment spacieux dont la destination est de serrer et de conserver le foin.

FEXTONS, s. m. pl. Morceaux de fer fendus en crampons par les deux bouts, qu'on scelle dans les tuyaux et souches des cheminées en les épigeonnanl pour les entretenir. Il y en a de grands qu'on appelle /entons potences , parce qu'ils sont faits en manière "de potence. Ils servent à porter les grandes corniches en plâtre ou en stuc. On fait aussi des /entons de bois, en manière de grosses chevilles, qu'on met dans les entrevoux pour soutenir le hourdi d'un plancher. Ils s'emploient aussi dans les petites corniches.

FER , s. m. Tout le inonde est d'accord aujourd'hui que le /< r fut connu dès la plus haute antiquité : plus d'un passage des plus anciens écrits le prouv e. M.ùxdans ces temps reculés, il paroit que l'emploi de ce métal fut moins usuel , ou appliqué à beaucoup moins d'usages qu'il ne l'est devenu dans les temps modernes. Le cuivrcou le bronze,au contraire, avoient alors beaucoup plus d'emplois qu'il n'en a parmi nous. Cependant il faut dire que dans les beaux siècles de l'art , les ancicus firent servir Ic/cr à l'exécution des statues. Pline et Pausanias citent plusieurs ouvrages célèbres en ce genre , |«r une sorte d'habileté qui est lout-à-fait étrangère a l'industrie moderne. Le jer fondu ne s'emploie aujourd'hui en sculpture qu'aux plus vulgaires ouvrages de basrelief, si toutefois il est tennis de douner le nom de sculpture aux plaques de nos cheminée*, ou à des ouvrage* de simple industrie commerciale.

Eu récompense, le /erest bien plus souvent employé dans les constructions modernes qu'il ne le fut dans celles des anciens ; ceux-ci employèrent presque toujours des crampons de bronze à lier les joints des pierres [raye: IIkom» et Crami-i»), lorsque les moderne* donnent la preférenceaux crampons àe/er. Ij raison en doit être que le /er est aujourd'hui relativement moins cher, comme jadis le cuivre eut sans doute !e privilège du bon marché. C'est ce qui lit qu'autrefois on employa le bronze a faire îles charpentes métalliques, ainsi que Pausanias et Spartien

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, nous le font connoitre ; le premier a l'égard dn /orum de Trajan , le second à l'égard de la cella soUaris des thermes de Caracalla.

Le /er, de nos jours , a été mis en usage dans plu* d'un comble. Il a été employé a former la couverture sphérique de la halle aux blés a Paris, pour remplacer celle de charpente, faite selon la méthode de Philibert Delorme, et que le feu avait consumée. {Voyez Halle.)

Lv/er avoit déjà été appliqué dans quelques pavs à la formation des ponts ; niais les ponts de /er dont on parle n'ont qu'une seule arche. On a construit au commencement de ce siècle, dans Paris, deux ponts de cinq arches chacun , dont les ceintres sont uniquement composes de /rr. Le temps seul apprendra ce qu'il y a d'économique dans ces constrnctionii, jusqu'à quel point elles sont durables, et si la multiplicité des ceintres n'est pas dans le cas d'v occasiont i des inconvéniens qui ne se développent point dans les ponts de /er qui n'ont qu'une arcade. {Voy, Pont. ) Depuis on en a construit en Angleterre (('une plus grande étendue.

On ne fera point ici mention de tous les emplois auxquels le /er s'applique , tant dans la construction que dans l'ornement des édifices ( Voyez Balcon , Rampe, Grille, etc.}; mais nous terminerons cet article par 1' numération des differens noms qu'on donne au fer, suivant sa grosseur, ses façons, ses usages et ses défauts.

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