‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 219 sur 258 · FOR · texte numérisé non relu

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les arts, à certains ouvrage* où l'artiste, ambitieux de faire parade d'adresse plus encore que de savoir, s'est plu à se créer des difficulté* inutiles, pour le plaisir de les surmonter.

Chaque art sans doute a ses difficultés et ses entraves, qui tiennent a la nature de son mécanisme. Le mérite de chaque espèce d'imitation cousistc à faire disparoître la peine qu'a coûtée la difficulté vaincue, et une partie du plaisir que nous recevous des ouvrages de l'art résulte aussi de la conuoissance que nous avons des difficultés qu'a éprouvées l'artiste , cl du succès avec lequel il a su les combattre. Ce n'est pas à ce genre de difficultés et de succès qu'où donne le nom de tour tle force} le mètre et la rime sont les difficultés naturelle» de la versification ; les bouts rimes et acrostiches sont des tours de force.

Les vraies difficultés de la sculpture n'en constituent pas les tours de force; ce qu'on y appelle de ce nom s'applique, soit à des compositions ou les membres sont en l'air, et où les corps semblent transgresser les lois de l'équilibre; soit à des ouvrages dans lesquels l'artiste recherche la difficulté du travail, et semble en faire parade. De ce genre sont les figures de la chapelle de San-Sev ero à Naples.

L'architecture a peut-être plus qu'ancun antre art a lutter contre des difficultés, dont les unes tiennent a sa nature, et les autres à cette multitude de sujétions sociales et locales dont elle est forcée de supporter les entraves. Plus l'artiste, dans la disposition d'un édifice, éprouve de ces difficultés, soit qu'il faille se raccorder à une bâtisse déjà distante , soit qu'il s'agisse de sauver des irrégularités de terrain ou des manques de symétrie, et plus les counouwurs admireront la flexibilité de son talent, et l'art avec lequel il aura éludé de semblables contraintes. Maison n'appellera point ces difficultés vaincues des tours de force.

Ou nommera ainsi, par exemple, dans la construction certains porte-a-faux qui semblent faire tenir en l'air, et sans poiut d'appui apparent, des ceintres, des escaliers, des balcons; dans la décoration, ce» fleurons prolongés, ou ces clefs pendantes perpendiculairement, et qui menacent le spectateur d'un danger réel. Le gothique est rempli de tours de force .c'éloit alors en tous les genres l'esprit dominant. On plaeuit le beau dans l'extraordinaire, le mérite de l'art dans la difficulté mécanique. Le goût pour les tours de force est une des foiblesscs de l'esprit humain et un résultat de l'ignorance. Rien n'est plus commun que d'admirer ce qui est difficile; rien n'est plus rare que d'apprécier dans les ouvrages la difficulté qui est celle du beau, et d'en distinguer cette beauté qui n'est que celle du difficile. Au reste, le mérite des tours de force lasse promplement ; on regarde avec l'intérêt passager de la curiosité les tours du saltim- I banque; mais pour que l'intérêt se soutînt, il fau— I droit aller toujours de plus fort en plus fort. Or, dans

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