‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 218 sur 258 · FIS · texte numérisé non relu

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dont on peut voir les plans et les élévations dans le Recueil tf architecture historique composé par Fischer lui-même, recueil dont nous parlerons a la fin de cet article. Le palais de Schoenhrunn tient toutefois plutôt du style de fiernin que de la manière de lkirromini. Ou y trouve une grande ligue d'architecture, une ordonnance ionique qui règne avec assez de simplicité dans tout l'euscmble , quelques variétés de niasse sans trop d'irrégularité. Les détails des chambranles de fenêtres sont les seuls objets qui rappellent

Si l'ou supprimoit les mêmes détails de la façade du palais du prince Eugène à \ ieune , on aurait uue belle masse dans le goût de celles des palais d'Italie. Il se compose d'un soubassement eu refends , dont l'effet, à la vérité, serait meilleur s'il ne s'y trouvait qu'un seul rang de fenêtres. Au-dessus s'élève un ordre de pilastres ioniques qui porte l'entablement , surmonté d'une balustrade avec statues.

Fischer parait avoir été moins sage et moins régulier dans la composition et la décoration de quelques autres mouumens qu'il éleva soit à Vienne , soit à Prague, et où le mauvais goût du décorateur a gâté les conceptions de l'architecte.

C'est ce qu'on remarque dans la grande église de Saiut-Cliarles ilorromée a \ ienne, qui consiste dans une coupole ovale, accompagnée de quatre petites nefs qui décrivent une croix grecque. La partie la plus vicieuse de cet ensemble parait être la façade principale de l'extérieur, où s'élève toutefois un frontispice de six colonnes corinthiennes dout le plan et l'élévation ne manquent ui de simplicité ni de régularité. Mais ce qui aurait dû être ou l'unique ou le principal objet de cette façade en est à peine l'accessoire. Deux parties rentrantes qui l'accompagnent sont occupées chacune, d'un coté et de l'autre, par de très— hautes minimes sculptées en spiral dans le goût de la colonuc Trajane ; à côté de chaque colonne s'élève encore une espèce de tour pour les cloches et pour l'horloge. 11 y a sans doute de la magnificence dans ce frontispice , niais c'est celle du luxe et de la dépense. La magnificence du goût est moins prodigue , et , on doit le dira, elle sait à beaucoup moins de frais produira un plus grand effet.

Bernard Fiuher n'a pas termine tous les mouumens dont on voit les dessins dans son Projet d'architecture historique. Son fils, Emmanuel Fischer, versé uon-sculcment dans l'architecture, mais encore dans la mécanique, fut chargé d'y mettre la dernière ■nain.

L'ouvrage qui a le plus répandu hors de l'Allemagne la réputation du nom de Fischer est un recueil de mouumens gravé sous le titre de Projets d'architecture historique , consistant dans la représentation de differens mouumens célèbres , tant de l'architecture antique que des nations modernes. Ce recueil est un composé de restitutions imaginaires des plus célèbre» monument de l'antiquité, comme

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les sept merveilles du monde , de dessins des monumens et ruines antiques d'après les voyageurs de ce siècle, d'esquisses d'édilicesde toutes les nations, compilées dans toutes sortes d'ouvrages, enfin de plans ou élévations de monumrns dessinés, projetés ou exécutés par l'auteur. Fâcher composa ce recueil par amusement, et, comme il le dit lui-même, dans un temps où les guerres de l'empereur d'Autriche avoient fait suspendre les travaux d'architecture civile. Cet ouvrage, a l'égard surtout des monumens antiques , ne présente rien qui mérite d'être consulte. 11 ne prouve que le godt de l'auteur pour son art, et son xêlc pour les connoissances qui s'y

Ce qui détermine le flanc d'un bâtiment n'est pas son étendue , car il peut y en avoir plus sur ses cotés que sur ses surfaces; c'est la tète proprement dite ou l'arant-corpt. Dans les temples, le frontispice a moins d'étendue que les ailes. Celles-ci , appelées plcra par les Grecs , étoient les flancs de l't "

FLANQUER, v. a. C'est appuyer aux côtés d'une masse de construction quelconque une masse nouvelle. Deux bàtimens accessoires flanquent le corps principal du bâtiment. On dit d'un pilastre d'angle qu'il flanque une encoignure.

FLÉAU , s. m. Grosse barre de fer qui , rendue mobile par le moyen d'un boulon passé au milieu , s'étend sur les deux vantaux ou battans d'une porte enchère pour la fermer sûrement. Le fléau est arrêté par un nioraillon qui s'y attache d'un bout , sert à le faire mouvoir, et de l'autre bout se ferme avec une petite serrure entaillée dans le bois d'un des deux

FLECHE DE CLOCHER , s. f. Ce mot désigne l'objet auquel on l'applique, par la comparaison de la forme pointue d'une flèche avec la partie pyramidale qu'on élève le plus souvent en charpente, soit sur une tour, soit au-dessus d'un comble d'église, pour y placer les cloches et supporter a son sommet, fort aigu, ou une croix, ou une girouette. Les flèches sont recouvertes en ardoises. On en voit qui sont construites en pierre.

FLEUR , s. f. Ornement d'architecture que l'on désigne plus ordinairement par le mot Fleuron. {fuyez ce mot.)

Fleur de chapiteau. Ornement qui a la forme de rosace dans le milieu des faces du tailloir du chapiteau corinthien, et est quelquefois taillé en fleuron dans les chapiteaux du genre appelé composite.

Fleur de i.ts. Pièce de blason que l'on a souvent employée comme ornement symbolique dans plus d'une'.

FLANC , s. m. Se dit de la partie latérale d'an

FOI Car, FLEURS, s. f. pl. Les fleurs comme les fruits , et d'antres sortes de plantes , trouvent place dans la décoration de l'architecture, tantôt en enroulemcns, tantôt en guirlandes.

L'architecte, lorsqu'il adopte des ornemens en fleurs pour la décoration d'un édifice, doit veiller à ht manière dont le sculpteur les traitera. 1 ne imitation trop scrupuleuse et trop détaillée de cette sorte de production , en rendroit l'effet maigre et mesquin. L'espèce de vérité qui convient aux fleurs employées en festons, est une vérité de convention, c'est-à-dire subordonnée aux convenances de l'architecture et du local. L'anliqne fournil en ce genre plus d'un i

FLEURON, s. m. Se dit, dans l'ornement propre à l'architecture , d'une fleur, ou quelquefois même d'un feuillage plus on moins imaginaire, qui n'est l'imitation précise d'aucune production naturelle , mais une composition conventionnelle de quelques plantes propres à faire de l'effet en sculpture , et à figurer au-dessus de certaines formes de bâtiment.

Il y a dans les ornemens des chapiteaux plus d'une sorte de fleuron. On en voit qui imitent la fleur du grenadier ; d'autres ressemblent à ce qu'on apjwlie palmettr. Quelques-uns ne semblent être que la capsule d'un fruit , d'autres le calice d'une fleur, d'autres une enveloppe de graines.

Les anciens, selon \ itruve (lib. iv, c. vil), avoient l'usage de couronner par un fleuron (flos) les combles des temples circulaires qu'ils appeloient monoplères. Le petit monument ehoragique d'Athènes vulgairement appelé Lanterne de Vemosthènes, est propre à nous donner une idée de cet emploi. Au sommet de l'édifice de la Taur-4es-Fcnts , dans la même ville, est placé un chapiteau sur lequel lournoit le triton de bronre qui marquoit la direction du vent. Nous lisons au cinquième livre de Pausanias, que le monument circulaire appelé le Philippcum avoit un comble de charpente dont les pièces, qui se réunissoient au somme!, se trouvoirnt arrêti-es par une clef de bronre faite en forme de pavot.

Il y a une difficulté dans la manière d'interpréter la phrase où Vitruvc parle du fleuron qui servoit de couronnement aux temples monoptères. Voici ses paroles : Flos aillent tantam habeat mapnitudinem qttantam habuerit in summo columna capitulum , praler pyramitlem. Ces deux derniers mois sont l'objet de la difficulté. Perrault entend praler comme ultra, et sup|iose que la couverture étoil pyramidale. Galiani lradtiil/)r<Wrr par sinè, et traduit sans compter la pyramide : il suppose dans son dessin explicatif que du milieu du fleuron sortoil un petit corps pyramidal faisant pointe ou amortissement.

FOIBLE , adj. des deux genres. On donne cette épilhète, dans tous les genres d'art , à ce qui manque de force, soit morale, soit matérielle, et j

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aussi | *r métaphore à ce qui n'est ni bon ni mauvais, à ce qui est médiocre. Ainsi dit-on un ouvrage foible, un foible auteur.

t)aii!i les arts «lu dessin et dans l'architecture on appellera composition faible celle qui reste au-dessous de l'idée ou de l'effet qu'où devoit en attendre , celle qui pèche ou par timidité d'esprit ou par insuffisance de savoir. Dans la construction , foible signifie mal bâti, ou bâti avec trop d'é|>argne ou de légèreté : ainsi on dira d'un mur, d'uue maison , d'un monument, que sa construction est faible clique l'ouvrage ne nu mit avoir de durée.

Par exemple, les piliers que Bramante avoit élevés dans le premier projet de la basilique de Saint'Pierre étoient trop foi/des pour pouvoir en supporter la coupole.

FOIX (Locis de), architecte et ingénieur français qui habita long-temps eu Espagne , où l'on dit, nuis sans preuve , qu'il fut employé à exécuter, sur les dessins de Vignola, le palais de l'Escurial.

Louis de Foix entreprit de combler en France l'ancien canal de l'Adour, près Bayonne, et d'en construire un nouveau qui aboutiroit au port. Il termina ce projet avec beaucoup de succès en 1570.

L'édifice le plus curieux que cet artiste ait fait construire est sans contredit la fameuse tour de Cordouan, bâtie sur un écucil, à l'embouchure de la Garonne et à six lieues de Bordeaux.

Cette tour sert non -seulement de fanal , pendant la nuit, dans une partie de l'Océan qui est pleine de rochers et de bancs de sable , mais encore de signal pendant le jour à ceux qui naviguent dans ces mers dangereuses. L'édifice fut commencé en i "j.S j et fini en 1610. Il est circulaire, et a i(iy pieds de haut. Depuis il a encore reçu un accroissement en hauteur. Trois ordres d'architecture ont été employés à sa décoration, savoir, le toscan, le dorique, et le corinthien. Il est percé de fenêtres ornées de frontons, et il se termine par une calotte. On met généralement cet édifice au nombre des plus beaux phares modernes qui aient été construits. ( fojres Phase.)

FOND, s. m. Ce mot a plusieurs significations dans la langue des arts.

On appelle yônt/ la partie inférieure de tous les corps creux qui ont trois dimensions distinctes. Ainsi l'on dit le fond d'une cuve, d'un vase, d'une urne.

Fond de cuve est une dénomination particulière que donnent les ouvriers à tout ce qui n'est pas creusé carrément, mais arrondi dans les angles, comme le sont les auges , les pierres à laver, les cuves de bain.

Fond exprimant toujours une partie inférieure et basse dans les choses de la nature , comme dans celles de l'art, on donne ce nom aux superficies sur lesquelles s'élèvent , dans la sculpture , les olijets travaillés en relief, plus ou moins saillans, qui décorent les édifices.

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Ainsi l'on dit le fond d'un bas-rclicf, le fond d'une frise en enroulemens , le fond d'un chapiteau , un fond d'ornement.

Le même mot s'applique par analogie a la peinture et aux tableaux. Dans la peinture de décoration on dit des figures peintes sur un fond rehausse en or; des figures monochrome* sur un fond bleu. Alais dans les tableaux fond signifie encore les objets, soit bâtimens, soit lointain en perspective, qui forment les arrière-plans sur lesquels se détachent ou dans lesquels proissent s'enfoncer, selon l'espace qu'eues occupent, les figures d'une composition.

Fond se dit encore dans la maçonnerie, pour exprimer qu'une construction est élevée d'aplomb sur son fondement , comme lorsqu'on dit un trumeau élevé de fond, un poteau de fond.

FONDS, s. m. Se dit spécialement, en architecture, ou d'un terrain sur lequel on asseoit les fondemens d'un édifice (voyex Fondation) , ou du sol qu'on destine à devenir la place d'un bâtiment.

On donne aussi des noms ditférens aux espèces de fonds sur lesquels on bâtit, selon la diverse qualité des terrains. On appelle fonds de sable, fonds de roche , fonds pierreux , fonds de roches aiguës et tranchantes ceux qni sont solides et qui offrent de la consistance. On nomme fonds de pré, fonds mou, fontls vasard , fonds mouvant, fonds de t>ase molle, ceux qui ont de l'herbe sous l'eau , ceux qui se composent de vase ou d'un sable fin, toujours mobile. On dit encore :

Fonds et anguille. C'est relui qui est semé de petits coquillages qui se terminent en pointe.

Fonds de son. Celui dont le sable est de la couleur du son.

Fonds de coquilles pourries. Ainsi nomme-t-on le fonds qui est couvert de débris de coquillages , en partie solides, et en partie décomposés.

FONDATION , s. f. Les mou fondaUon et fondement se trouvent le plus souvent employés comme synonymes; et il faut l'avouer, l'analyse grammaticale ne sauroit guère établir entre eux une distinction caractéristique propre à fixer l'emploi de chacun.

Il nous semble toutefois que le mol fondation designe plus particulièrement l'action de fonder, et le mot fondement le résultat de cette action , c'est-adirc l'une le travail et l'autre {'ouvrage.

Ces notions sont ici tellement limitrophes que nous les confondrons dans un seul article, {forez Fondement.)

FONDEMENT, s. m. C'est la partie d'un bâtiment qui est renfermée dans la terre , et qui sert de support à la partie du même bâtiment qui s'élève hors de la terre.

On doit considérer les fondemens comme étant la partie la plus essentielle d'un bâtiment en Uni qu'elle sert, a proprement parler, de base à toutes les

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autres. Il n'y a pat de pclitc négligence en ce genre; la pins légère en apparence , peut entraîner de» acciden» irréparables.

Avant de construire un édifice, la première chose a faire est d'acquérir la connoissance de la nature du terrain sur lequel on fondera. Il faut s'assurer si le sol sur lequel on devra fonder est d'une seule et même nature dans toute son étendue. On sondera donc le terrain pour connoître les différentes couches dont il est composé parallèlement a la surface du sol extérieur.

Les couches qui forment le fond le plus solide sont celles qui sont le moins susceptibles de compression. Tels sont les rocs, les masses de pierre qui n'ont pas été fouillées en dessous. Viennent ensuite les fonds de gravier, les fonds pierreux , ceux de gros sable mêlé de terre , le tuf et les terres franches qui n'ont point été remuées. Les mauvais fonds ou les {dus compressibles, sont ceux qui sont formés ou de terres déjà fouillées, ou de terres légères marécageuses, limoneuses, tourbeuses, bitumineuses ou glaiseuses. Il faut faire remarquer que comme les luîmes ou les mauvaises rouches se trouvent à toutes sortes de distances de la superiieie du toi, ce n'est pas toujours le plus de profondeur qui donne aux fondement la plu» graude solidité. Vitruve se contente de dire que le» fondement doivent avoir plus d'épaisseur que les constructions qui doivent s'élever dessus; Palladio pense qu'il faut donner aux fondemens des murs, le double de leur épaisseur au rez -de- chaussée ; Scamozzi conseille le quart en sus et au moins le sixième; Philibert Delorme veut la moitié.

11 est assez étonnant que ces architectes, et tous ceux qui les ont copiés, n'aient pas observé que l'étendue des fondement en plan doit se proportionner plutôt à la charge qu'à l'épaisseur des murs.

Léon Batiste Alberti a proposé un moyen propre à relier les fondement de plusieurs points d'appui isolés, et de diminuer l'effet de la pression en les faisant porter sur une plus grande surface. Ce moyen est de construire dans les intervalles des piliers, des arcs renversés, qui renvoient une partie de la charge sur les espaces intermédiaires. On a fait usage de ce procédé dans les fondement des colonnes intérieures de l'église de Sainte-Geneviève à Paris.

Léon Batista Alberti ne regarde pas les fondement comme faisant partie des constructions établies dessus : selon lui, ce n'est que la base sur laquelle elles doivent reposer. D'après cela , les fondement ne seraient autre chose que des bases artificielles pour suppléer au défaut de fermeté de terrains, et ils seraient inutiles si l'on pouvoit procurer au sol une fermeté suffisante. D'après la difficulté qu'on éprouverait à charger immédiatement le terrain par un poids équivalent à la pression d'une construction moyenne , la manière la plus si m ; .le d'y suppléer pourrait être d'y employer la chute des corps. Lorsque l'usage du mouton n'est pas prati-

FON G3t cable , on peut se servir d'une m lue ferrée par le bout , on d'une demoiselle de paveur. Le principal objet des fondemens étant raffermissement du terrain , toutes les opérations doivent se diriger ver» ce but- Quelle que soit la bouté des constructions qu'on établira sur un sol mal affermi, elles ne sauraient | procurer la solidité de l'édifice.

Ç I". Det fondations tur roc ou tur carrière t. — Malgré la solidité apparente de ce» deux espèces de sol, il y a encore des précautions à prendre pour y établir des constructions solides. Il faut d'abord s'assurer si sous le roc , ou sous la masse apparente de carrière , il ne se rencontre pas des cavités , et si l'épaisseur du massif est assez forte pour soutenir sans se rompre le poids des constructions qu'on te propose d'y élever.

Ainsi , lorsqu'on eut commencé à bâtir l'église du Val-de-Oràcc à Paris, on crut établir ses fondemens d'une manière solide en les posant sur une masse de carrière ; mais à peine fut-on hors de terre, qu'une partie de la bâtisse s'affaissa considérablement. Après quelques recherches, on découvrit que la partie sur laquelle on avoit foudé avoil été anciennement fouillée , et l'on fut obligé de soutenir le ciel de cette partie de la carrière par des constructions faites en dessous.

Lorsqu'on s'est assuré que le roc sur lequel on doit fonder est solide , on commence par faire dresser de niveau les partirs sur lesquelles devront poser le» premières assises. Si le roc est trop inégal , on le divise par banquettes de niveau. Afin que les parties basses ne soient point dan» le cas de tasser, il faut , s'il est possible , le» construire en pierre» de taille , ou libages posés sans mortier , à la manière de» anciens, jusqu'à la hauteur de l'arasement général. Si l'on est obligé de construire en maçonnerie de mortier et moellons, il faut avoir soin de la ltattre par assise, pour diminuer autant que possible l'effet du tassement. Quand on sera parvenu à l'arasement général , il sera à propos de laisser reposer l'ouvrage pendant quelque temps pour laisser prendre à la maçonnerie une certaine consistance. Quelquefois la fermeté d'un sol tel que le roc |iermet de n'établir les fondemens que sur des points d'appui éloignés les un» des autres , et réunis par des arcs , ainsi que l'ont pratiqué les Romains dans plusieurs substrnrtion* de ce genre, qui soutiennent des parties de chemin et I d'édifices.

$ II. Des fondement tur bon fondt. — Indépendamment des rocs et des masses de carrière qui n'ont pas été fouillées, ou compte parmi les fonds solides le gravier , les terrains pierreux , le gros sable mêlé de terre, le tuf, et les terres franches et compactes qni n'ont pas été remnées. Lorsqu'on veut fonder solidement, il faut que la première assise soit faite en libages, c'est-à-dire en grandes pierres tans pare-

f,3a FON nient, dont le» lits soient dressés et piqués à la grosse pointe. On pose cette assise après avoir bien niveté et battu le sol sur un lit de mortier, ou après avoir arrosé le terrain avec nn lit de chaux Cette première assise doit être battue à la hie ou demoiselle; le surplus peut être construit avec de gros moellons posés a bain de mortier, et battus à mesure. On pratique «les chaînes en libige sous les points d'appui et les parties les plus pesantes, et l'on proportionne leur épaisseur à la charge qu'ils ont a soutenir.

§ III. Des fondement sur des fonds légers. — lorsqu'on est obligé d'établir des fondemens sur des terres légères, poreuses, ou qui ont été remuées, il faut préalablement les battre jusqu'au refus du mouton, ou de toute autre machine dont le choc soit proportionné à la charge des constructions qu'on doit établir dessus; et sur ce sol bien battu on construira les fondemens de la même manière que sur les bons fonds.

Le moyen de battre le sol est moins coûteux que le pilotage, et est souvent préférable. En effet, le resserrement que produit dans le sol ce dernier moyeu occasione un frottement considérable qui s'oppose à l'enfoncement des pilotis ; de manière qu'ils ne cèdent plus au choc du mouton, quoiqu'ils n'aient pas atteint le bon sol. Ce resserrement soulève, pour ainsi dire, l'épaisseur de terre dans laquelle on enfonce les pieux, en buttant contre les terres voisines; mais ces terres venant a céder a la longue , la couche soulevée s'abaisse sous l'effort continuel de la charge. De là des tassemens dont on ne devine pas la cause. Au contraire, le battage d'un terrain compressible [ et de U maçonnerie des fondemens établi» dessus, V effectue d'avance le tassement dont ils sont susceptibles, et les met en état de résister, sans crainte de réaction a la charge qu'ils doivent supporter.

§ IV. Des fondemens sur des terrains mobiles ou marécageux. — Si l'on est contraint de fonder sur des sables mobiles et pénétrés d'eau qui bouillonne au travers, il faut commencer par les raffermir et les dessécher. On peut, pour celle opération, faire usage de pilotis et de palplanchcs, pourvu qu'ils péuètrent dans la couche de terrain de dessous, au point d'èlre en état de résister aux effets de la mobilité du sable, et de faciliter l'épuisement de l'eau s'il en est pénétré.

Le meilleur moyen d'établir des fondemens solides sur cette espèce de sol est d'étendre sur toute U superficie de l'enceinte formée par les pieux ou les palplanches une forte couche de béton , ou de maçonnerie en blocage à bain de mortier. Sur cette couche bien battue, nivelée et arasée, on posera, a un ou deux pieds en retraite, une assise de forts libages aussi en bain de mortier et battus , pour servir de base aux fondemens des murs ou points d'appui. C'est U manière que les anciens Romains ont tou-

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jours suivie pour fonder leurs édifices , lorsque le

§ V. Des fondemens sur la glaise. — L'expérience a fait connoître qu'il est dangereux de fonder et de piloter dans la glaise , mais qu'on peut établir avec solidité les fondemens d'un édilice sur une couche glaiseuse en y posant un grillage de charpente recouvert de plates-formes.

On cite pour exemple en ce genre le moyen employé par le grand Blondcl pour fonder la corderie de Rochefort.

Après plusieurs recherches sur la manière de fonder sur la glaise, il se décida a établir les fondemens de son édilice sur un grillage de charpente forme de pièces de bois deiottt pouces de gros , assemblées à queue d'aronde, tant plein que vide. Ce grillage s'étendit non-seulement dans toute la longueur des mura de face , mais encore sous îles murs de traverse qui ne s'élevoient qu'à la hauteur du sol , et que Blonde! avoit cru nécessaire d'établir de quatre toises en quatre toises pour lier les fondemens des murs de face. Sur ce grillage , enfoncé de son épaisseur dans la glaise, on forma un plancher de niveau dans toute son étendue, avec des madriers jointifs de 3 à 4 pouces d'épaisseur, chevillés sur les pièces de bois du grillage. C'est sur ce plancher qu'on a établi la première assise de libages pour le fondement des murs. Pour éviter les tassemens inégaux, on eut l'attention de construire tous les murs ensemble et par assises générales, c'est -à -«lire qu'on ne commença aucune assise nouvelle qu'après l'achèvement de la précédente dans tout le pourtour. Au ruoven de ces précautions, cet immense édifice fut achevé sans qu'il s'y soit produit, ni alors ni depuis, le moindre affaissement.

La manière de fonder sur la tourbe est la même que celle qui vient d'être décrite.

§ VI. Des fondemens dans l'eau et dans la mer. — Les principales manières de fonder dans l'eau sont par pilotis, par grillages de charpente cl par caissons.

Les anciens ne faisoient usage de pilotis que lorsque le fonds éloit absolument mauvais, et qu'il n'était pas jiossible d'atteindre un sol plus solide. Au lieu de plate-forme de charpente , ils préféroient une couche de béton ou de maçonnerie de blocage qu'ils étendoient sur un lit de charbon , pour conserver les tètes des pieux, enfoncés ou coupés au niveau du terrain.

Lorsqu'on est obligé de piloter et d'établir des grillages de charpente, il vaut encore mieux supprimer le pla nchrr de mad riers et le remplacer par u ne couche de béton, pour lier la maçonnerie des cases du grillage avec la supérieure, après avoir bien battu l'inférieure et recouvert les pièces de bois avec de la poudre de charbon. Sur la couche de béton bien nivelée, massivee

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I tout autour par des nt , on posera en retraite une assise de libagesabainde mortier, qui n'auront pas besoin d'être cramponnés s'ils sont mis en place avec soin. Oo les battra a la hie sans s'embarrasser du niveau du lit supérieur, qu'on redressera s'il est nécessaire en faisant un dérasement général.

Si l'on a beaucoup de profondeur, dans la crainte que le béton ne se délaie par trop en tombant, on peut faire usage de la caisse dont on s'est servi à Toulon, et qui par un mécanisme fort simple s'ouvre dans l'eau à la distance qu'on veut, et laisse échapper le mortier. Cette caisse peut avoir 3 ou 4 pied» sur

qui ,

On donne différens noms aux fondemens , selon la diversité , soit des fonds sur lesquels on les établit , soit de la manière dont ils sont construits. Ainsi on appelle :

Fondement sur terre ferme. — Celui qui est assis sur une terre franche. ( Voyez plus haut.) Fondement sur roc. — Celui qui est i de rocher ou de pierres solides.

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ravines et à des produisent de la vase.

Lorsqu'on est obligé de fonder, soit uu pont , soit tout autre édifice dans un semblable terrain , il faut faire en sorte que l'ouvrage soit élevé et contre-gardé de murailles, pour qu'il puisse résister aux ravines cl aux

Fondement à pierres perdues,— -Celui qu'on fait en jetant sans ordre dans un encaissement des pierres entremêlées de lits de mortier.

Fondement arec coffres ou caissons. — Celui pour la construction duquel on se sert de caissons de charpeute bien calfatés, que l'on conduit à l'endroit où Ton veut fonder, et que l'on enfonce dans l'eau a mesure qu'on les remplit de maçonnerie.

Fondement sur pilotis. — Celui qu'on établit sur des pieux eufoncéj en terre , et recouverts d'un grillage de charpente.

Fondement par piles. — Celui qui se fait par piliers isolés et liés par des arcades.

Fondement continu. — Celui général sous toute l'éteuduc d'un

FONDER, v. a. Poser et construire les I d'un édifice, de quelque manière qu'on procède a ses s. {Voyez Fondement.)

qui lonnei bâtiment.

FONDERIE, s. f. Est un grand hangar où est pratique le fourneau dans lequel on fond les métaux propres à faire différent ouvrages, tels que statues, canons, mortiers, etc. En avant du fourneau est creusée la fosse où l'on enterre les moules destinés à recevoir le métal en fusion.

FONDIS, s. m. Espèce d'abîme causé par la mauvaise consistance d'un terrain , ou par quelque source d'eau , au-dessous des fondations d'une maison.

On appelle aussi fondis un éboulcmcnt de terre causé dans une carrière parce qu'on a négligé d'y laisser des piliers.

FONDRIÈRES, s. f. Lieu bas entouré de collines, dont le terrain est de

FONTAINE , s. f. On donne ce nom, soit à une eau vire qui sort de terre, et qu'on environne quelquefois d'un mur ou d'une légère bâtisse pour la commodité de ceux qui viennent y puiser, soit à une composition plus ou moins importante d'architecture ou de sculpture, et destinée à recevoir, à répandre et à distribuer les eaux qu'on y conduit.

On appelle aussi fontaines des vases ou vaisseaux de différentes formes où l'on conserve l'eau dans l'intérieur. {Voyez à la fin.)

N ous ne parlerons da ns cet article que des fon laines employées à l'utilité comme a la décoration des villes sur des et a l'embellissement des jardins.

Ce même emploi des fontaines dans l'antiquité est constaté par un grand nombre de passages, d'autorités , et même d ouvrages encore existans.

S O** fontaines antiques. — Chaque ville en Grèce paroît avoir eu au moins une fontaine célèbrr consacrée à quelque divinité. Elle portoit souvent le nom de celui qui l'avoit construite, quelquefois celui de l'endroit où elle étoit située, ou de quelqu'une de ses particularités. C'est sous ce dernier rapport qu'on désignoit à Athènes VEunea erounos, ou la fontaine a neuf tuyaux.

Pausanias a fait assez souvent mention des fontainesdont étoient décorées les villes grecques. A Mégare il y en avoit une aussi grande que magnifique , bâtie par Théagèoes. La fontaine Pyrène, à Corintbe, étoit ornée de marbres blancs, et elle se composoit de petites grottes, d'où l'eau sortoit pour se jeter daus un bassin. Corinthc fut lu ville de Grèce la plus riche en fontaines publiques. On en avoit pratiqué dans tous les quartiers. Elles étoient abondantes en eaux provenant , les unes de sources, les autres d'un aqueduc. Les plus remarquables, si l'on en juge d'après Pausanias, étoient la fontaine de Bellérophon, représentée avec le cheval Pégase, qui senihloit, en frappant du pied, faire jaillir une source; la fontaine C lancée, ainsi appelée parce que Glancée, selon une ancienne tradition , s'y étoit plongée , croyant y trouver un préservatif contre U-s enchantemens de Médée ; la fontaine Lerma : elle étoit entourée d'une colonnade sous laquelle on avoit disposé des sièges pour ceux qui venoieut y jouir de la fraîcheur du lieu.

On ne sauroit douter que dans la Rome antique, où tant d'aqueducs faisoient affluer une si grande abondance d'eaux , les fontaines publiques et de décoration n'aient été fréquemment l'objet de la <

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«les édiles et des prince». Ce» monumens y furent probablement trop multiplie* pour avoir été remarqués ou décrits. On n'a dans le fait que peu de détails sur ce genre d'ouvrages et sur le goût qui les distingua. On sait toutefois qu'il faut regarder comme «Tant été des fontaines (et dans le sens que nous donnons ici à ce mot) ces petits édifiées consacrés aux nymphes, et qu'on appeloit nympheum. De ce genre fut l'édifice aujourd'hui ruiné près de Rome, et qu'on appelle la grotte de la nwuphc Egérie.

Mais beaucoup de restes d'antiquités suppléent au silence des écrivains sur cette partie de l'art, dont on serait naturellement curieux de trouver quelques vestiges plus complets à Hume. La tradition veut qu'un fragmeut de construction qui porte encore, près du Colysée, le nom de Meta sudante, soit un reste, connue ce nom l'indique, d'une masse pyramidale en forme de meta, cl qui fut jadis une fontaine a l'usage des gladiateurs. Mais cette masse ne * "ii ■ ut aujourd'hui nous rien apprendre sur son ancienne composition.

On sait que les statut colossales du Nil et du Tibre avaient fait jadis l'ornement de deux fontaines à l'entrée de Viteum et du serapeum du Champ-de- Mars. La corrosion du marbre de leur plinthe semble indiquer l'emploi auquel elles furent destinées.

L'enfant de marbre antique, qu'on appelle vulgairement V Enfant à VOie [foy. Mus. Capitol, tom. III, pl. (>.{}, fut autrefois le motif d'ornement d'une fontaine. Vn tuyau passant dans le corps de l'oiseau faisoit sortir l'eau de son bec.

Le Museo Pia flemrntino (tom. I*r, pl. 34, 36,

n^39^;^rl;fe:r.;e,dweVi; &u£ d7;sum V,J'

pl. >, :\) renlenne diverses figures de silène, de satvies, de fleuves, de nymphes, etc. employées par les anciens à l'ornement An fontaines.

lu groupe de la villa Borghèsc, lequel se compose d'un faune et d'un satvre, servit jadis au même emploi. Toutes ces figures font encore voir la place des tuyaux creusés dans leur intérieur pour servir au passage de l'eau.

On doit dire la même chose de ces Silène en brome moulés comme à cheval sur une outre, qu'on voit parmi les antiques du Muséum (jadis d'Herculantim)à Naplcs. (Hron.i tf/ferrnfan. t. II , pl. 44.) A uue petite slatue antique d'un Silène avec une outre , on voit encore les vestiges du tuyau qui passoit dans le pilastre sur lequel l'outre est posée.

Divers passages des anciens , qu'un peut consulter dans l' Anthologie , fout allusion aux statues qui ornoieut des fontaines .

Il résulte de ces notions sur le genre de monument qui fait le sujet de cet article, que les fontaines dans l'antiquité étoient des compositions, tantôt de sculpture et tantôt d'architecture, et tantôt de l'un et de l'autre genre.

Il semble donc qu'encore aujourd'hui, tous le rapport de l'art et d'après le* usages modernes, on pour-

FON

I roit diviser en trois classes ces sortes de monument; savoir, ceux qui consistent uniquement en ouvrages de sculpture , ceux dout l'architecture seule fait les

deux autres.

§11. Des fontaines en sculpture. — Les fontaines composées uniquement de sculptures sont peutêtre, en Italie surtout, les plus nombreuses. 11 n'y a guère en effet de ■sujets plus abondant eu motifs ingénieux et variés. La fable, l'histoire, l'allégorie, fournissent en ce genre au sculpteur une multitude d'idées et d'inventions faciles à adapter, soit au local où b fontaine doit être élevée, soit aux circonstances qui ont donne lieu à sa construction, soit au point de vue d'où elle doit figurer, soit à la quantité d'ean dont on peut disposer.

Cette dernière considération n'est pas une des moins importantes dans la composition d'une fontaine, et dans le choix du sujet à donner au tculptcur. Ainsi, pour en citer un exemple, 1 terni n devoit i un à la place d'Espagne une fontaine avec l'emploi d'une eau très-abondante, mais qui ne pouvoit s'élever qu'à deux ou trois pieds de terre, et sur la place Barberini il ne pouvoit disposer que d'un filet d'eau , tuais susceptible de jaillir à une assez grande hauteur. Il imagina pour la première un bassin au milieu duquel uue barque coule à fond , et d'où l'eau sort par les écoutilles. Pour la seconde , il éleva sur les queues réunies de quatre dauphins une grande coquille double, du milieu de laquelle un triton, souillant dans une conque, fait jaillir l'eau, qui de la coquille retombe dans le bassin inférieur. Au mot I' ilet d'eau , on a parlé d'une composition de ce genre fort ingénieuse. {Poyez Filet d'eau.)

Au rang des principales fontaines qui doivent à b sculpture seule leur composition et leur célébrité, il faut mettre celle de Jean de Bologne sur b grande place de Bologne, où ce grand statuaire a figuré un Neptune eu bronze de 1 1 jùeds de proportion , accompagné de plusieurs autres statues de même métal. On a évalué à Bologne la dépense de ce monument a 70,000 ce us d'or.

Mous citerons encore b fontaine du célèbre Ammanati à Florence , sur b place du Grand-Duc. Au milieu d'un grand bassin figurant b mer, est représenté en bron/e un Neptune, haut de 10 brasses, debout sur un char traîné par quatre chevaux manu v Entre les jambes de iNcptunc sont trois figures de tritons , placées sur b vaste conque qui sert dr char. Tout le circuit du grand bassin est rcmjiii de statues de dieux marins. Cette composition est certainement b plus considérable qu'on ronnoisse.

Après on peut mettre |celle de b place Navone a Rome par Bernin. Elle se compose, comme tout le monde le sait, d'un obélisque égyptien posé sur des rochers d'où s'échappent les eaux de quatre grands

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fleuves personnifié* , avec leurs g

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et le» sym-

§ III. Des fontaines en architecture. — Les fontaines uniquement composées d'architecture forment la seconde espèce des monumens dont on parle selon la division qu'on a adoptée. L'architecture peut sans doute créer en ce genre des compositions ingénieuses, et d'un caractère propre au sujet; mais on doit dire que si l'artiste n'a pas à mettre en œuvre un volume d'eau assez considérable pour donner un certain mouvement et de la vraisemblance à ses inventions . celles-ci courront risque de rester insignifiantes , et si on pouvoit le dire inanimées.

Ou peut s'en convaincre en voyant certaines fontaines de Rome, composées dans le goût dont on |»rle , c'est-à-dire uniquement de masses d'architecture. Ainai la fontaine Pauline 4 San-Pietro in Muntorio doit beaucoup moins sa réputatiou aux cinq arcades bâties par l'architecte Jeau Fontaua, genre de construction qui n'a rien de caractéristique ou d'approprié 4 son objet, qu'aux torrens d'eau qui sortent par les ouvertures de ses portiques. Telle est encore la fontaine de Ponte -Sisto, exécutée |ur Dominique Fontana à l'extrémité de la rue Giulia , rt dont les eaux sortent du haut d'une arcade en uiche, mais dont la chute fait un bel effet auquel toutefois ne concourt aucun accessoire. On pourrait citer encore à Rome la grande fontaine de Termini, dont la composition architecturale conviendrait peutêtre mieux i la masse d'un arc de triomphe.

A Paris, la fontaine construite en face de l'Lcole de Médecine par l'architecte de ce dernier monument , et pour lui servir d'ornement , n'est autre

< hose qu'un ouvrage d'architecture entièrement privé de l'effet des eaux. On en peut dire autant de

< elle du jardin du Luxembourg , dont la composition et le caractère rustique , en manière de grotte , sont assez bien appropriés a l'idée de fontaine.

% IV. Des fontaines avec architecture et sculptures. — L'architecture et la sculpture, comme on l'a dit , s'associent bien souvent dans la composition «le* fontaines, et cette réunion caractérise la troisième classe de ces monumens.

Le plus magnifique de tous ces ouvrages est sans contredit la fontaine deTrcvi 4 Rome; aucune ne préscute ni un aussi grand volume d'eaux , ni autant de variété* dans leur jeu , ni autant de richesse dans la composition de ses sculpture*. Neptune porte sur uu char traîné par de* chevaux marins, et entouré .les divinités de la mer, est représenté comme sortant île sou palais, L ne grande niche est derrière lui , et fait le milieu d'une façade de palais dont le soubassement est taillé en rochers. Ou regrette que le reste de ce palais ne réponde point au rôle poétique qu'il devoil être appelé à jouer dans cette composition.

il faut citer à Paris, parmi le* fontaines composées

d'architecture et de sculpture*, celle qu'on appelle de* Innocent , ouvrage de Jean Goujon : il en fut l'architecte à la foi* et le sculpteur. Ce petit monument composé, selon sa première disposition, d'arcades divisées par des pilastres accouplés, éloil orné de Figure* de naïades dans les entre- pilastres, et de sujets analogue* , soit dans son stylubate , soit dans sou atlique. L'épigraphe fomtii.ii MYMPmsannoucoil que l'artiste avoit eu l'intention d'en faire uu petit njmpheiim.

La fontaine de la rue de Grenelle . comme monument mêlé de sculpture et d'architecture, est un des plus remarquable*. Bouchardon en fut aussi à la fois le sculpteur et l'architecte. Son ensemble consiste en une façade concave ornée de niches, avec les statues desquatre Saisons, et de* bas-reliefs au-dessous. Dans le milieu de cette ligne courbe s'élève un avant-corps sur lequel pyramide la statue de la ville de Pans entre le* deux rivière* de la Seine et de la Marne, )>er»ounifiée* sous la figure d'un homme et d'une femme qui s'appuient sur leur urne.

§ V. Des fontaines purement hydrauliques. — Nous aurions dû ne parler que de* fontaines dont l'invention et la composition «ont l'ouvrage de l'art. Cependant il en est beaucoup d'autres, et pcut-ètie en plus grand nombre, qui ne tirent leur mérite que du jeu des eaux et de* moyens hydrauliques.

L'Italie, et Rome surtout , sont remplie* de semblables fontaines, en tête desquelles on doit mettre celle* de la place de Saint-Pierre, qui furent composées par Charles Maderuc. Bien qu'en suivant les lois de la nature en ce genre d'inventions , il paroltroit qu'on dût se borner dans les fontaines à employer les eaux en bassins ou en chutes, et quoique l'emploi de* eaur jaillissantes soit artificiel , l'art se priverait d'un de ses plus brillans effets s'il négligeoit les resdu mécanisme hydraulique.

l'artiste trouve a mettre ces ressources en œuvre , son talent d'abord doit consister à les multiplier ; ensuite à en tirer parti de la manière la plus ingénieuse. On peut consulter 4 cet égard le recueil des Fontaines de Home, par Fa Ida, pour voir a combien d'inventions variées peuvent donner lieu les combinaisons hvdrauliques dans une fontaine, eteombieu le jeu des eaux peut remplacer avec avantage , en bieu des circonstances, le* frai* d'architecture et de sculpture.

Les variétés introduite* dan* les compositions de fontaines et les idées auxquelles leur situation a

objet d'art ne semble réuuir autant de' dénominations diverses. Jusqu'ici nous nous sommes bornés à une analyse succincte de* principaux genres de fontaines ; nous allons maintenant faire parcourir au lecteur les noms affectés par l'usage 4 toutes les espèces de fontaines, i° sous le rapport de leurs forme*; a" sous le rapport de leur situation.

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§ VI. Des fontaines par rapport à leur forme. — Fontaine à bassin. On appelle ainsi le* fontaines qui n'ont qu'un simple bassin , de quelque ligure qu'il soit, et au milieu duquel c»t un jet d'eau.

Fontaine à coupe. — C'est une fontaine qui, outre son bassin , a encore une coupe d'une seule pierre ou d'un seul bloc de marbre, portée sur une tige avec un pied , du milieu de laquelle s'élance un jet d'eau qui forme nap]>c en tombant. Telle est la fontaine de la grande cour du Vatican , dont la coupe de granit est autique.

Fontaine couverte. — Petit édilîce isolé, de Tonne carrée . circulaire ou à pans , adossé en renfoncement ou en saillie, qui renferme un réservoir d'où l'eau se distribue en divers endroits. Telles sont la plupart des fontaines à Paris.

Fontaine découverte. — Nom qu'on donne en général à toute fontaine dont les eaux forment la décoration principale extérieure.

Fontaine en arcade. — Celle dont le bassin et le jet d'eau sont a-plomb sous une arcade a jour.

Fontaine en demi-lune. — Fontaine dout le plan est circulaire, avec une ou plusieurs arcades ou niebcs formant un renfoncement.

Fontaine en grotte. — C'est une fontaine renfoncée dans un espace pratiqué en forme de grotte.

Fontaine en niche. — Est celle qui est construite en forme de grande niche dans un renfoncement circulaire par son plan , et d'où l'eau tombe |>ar nappe dans un grand bassin. De ce genre est a Kome celle de la rue Giulia , dont on a parlé plus haut.

Fontaine en pyramide. — C'est une fontaine qu' est formée de plusieurs bassins ou coupes qui s'élèvent par étages en diminuant de largeur, et qui stont portées par une tige creuse ; on en voit beaucoup de ce genre en Italie. L'eau tombant de coupe en coupe forme pur l'effet de ces divers degrés une sorte de pyramide d'eau.

Fontaine en portique. — Espèce de château d'eau en manière d'arc de triomphe par sa devanture, et qui se compose de trois arcades, comme celle de Termini , ou de cinq arcades, comme celle de San- Pirtro in .Wontorio. {f^ojrz plus haut.)

Fontaine en source. — Espèce de gouffre d'où l'eau sort avec impétuosité. Telles sont beaucoup de fontaines sur les grands chemins.

Fontaine jaillissante. — .Nom qu'on donne a tonte fontaine dont l'eau jaillit, s'élance par un ou plusieurs jets, et retombe par gargouilles, godrons , nappes ou pluie.

Fontaine marine. — Fontaine composée de figures aquatiques, comme tritons, naïades, dauphins, etc.

Fontaine rustique. — Celle qui est composée de rocaillrs, coquillages, pétrifications, etc. qui a des bossages rustiques ou taillés en glaçons. Telle est

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I celle qu'on a citée pins haut dans le jardin du Luxembourg.

Fontaine statuaire. — Fontaine ornée de plusieurs statues , ou d'une seule qui fait le sujet de sa

composition.

Fontaine symbolique. — Est celle dont le motif est tiré par sà composition de divers attributs; de symboles pris par exemple dans les armoiries , soit de la ville, soit de la personne qui a fait exécuter le monument.

§ VII. Des fontaines sous le rapport de leur situation.— Fontaine adossée. — Nom qu'on donne à toute fontaine qui est attachée à toute sorte de construction , soit d'un château d'eau ou réservoir, soit d'un autre genre.

Fontaine d'encoignure. — On appelle ainsi celle qui sert de revêtement au pan coupé d'un coin de rue. On voit quatre fontaines sembbbles au carrefour des deux grandes rues qui se croisent à Rome dans l'endroit qu'on appelle Quatro-Fontane. Les denx grandes rues qui se croisent ainsi à Palerme et cou- |>en» la ville en quatre îles , sont décorées de même de fontaines aux quatre points qui forment la riunion des quatre branches de la croix.

Fontaine en renfoncement. — On donne ce nom a toute fontaine dont la chute d'eau est reculée audelà du parement, soit d'un mur, soit de l'architecture qui l'encadre. Elle se trouve ainsi dans un renfoncement rarré ou circulaire, de façon que l'eau tombe à l'abri dans le bassin destiué à la recevoir.

Fontaine isolée. — C'est celle qui n'est attachée à aucun bâtiment environnant , niais qui s'élève au milieu d'une place, comme est, par exemple, à Rome la fontaine de la place Aavonc, ou à Paris celle de Jean Goujon depuis la nouvelle disposition qu'on lui a fait subir.

Nous ne doutons pas qu'on ne puisse encore assigner d'autres noms aux diverses fontaines que heau- I coup de circonstances peuvent faire imaginer ; mais celle nomenclature nous pareil devoir assez faire comprendre quelle est l'étendue du champ de l'invention en ce genre.

| Font .une. Ou a dit au commencement de l'article précédent que l'on donnoit ce nom , dans les usages de la vie, a des vaisseaux où l'on renferme l'eau pour les besoins domestiques.

Ces vaisseaux se font , soit en terre cuite revêtue d'osier, toit eu cuivre élamé, soit en pierre, soit en marbre. Il y a de ces vaisseaux affectés exclusivement à l'usage des cuisines. Il en est qui trouvent leur place dans les antichambres, les offices, les salles â manger; ces derniers sont d'une plus petite dimension, et sout ordinairement suspendus contre les murs au-dessus d'une cuvette de même matière. On en fait en faïence, en porcelaine , en métal , en tôle vernissée.

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Fontaine filtrante. La forme de cette sorte de fontaine est quadrangulaire. Elle se compose de dalles de pierre on de marbre réunies par un boa mastic. Leur intérieur est divisé en deux compartimens, dont l'un est garni des matières propres à lîllier l'eau, qui de lis passe dans le compartiment voisin , auquel est attaché le robinet par lequel on la lire.

FOiSTAIMER , s. ni. C'est le nom qu'on donne a l'homme chargé de la conduite des eaux et de la surveillance des conduits.

FONTANA (Dominique}, né en i5.j3, mort en iGon.

Cet architecte célèbre naquit à Mili , petit village sur le bord du lac de Corne. Agé de vingt ans, il quitta son pays cl vint à Rome, «ni se trouvoit déjà sou frère ainé, Jean Fontana, qui étudioit l'architecture. Dominique s'y adonna bientôt , entraiué soit par l'exemple, soit par l'étude de la géométrie, à laquelle il s'étoil précédemment livré. Il paroit qu'il y avoit fait de rapides progrès.

Le cardinal Montalto, qui devint pape sous le nom de Sixte— Quint, lui confia la construction de la chapelle appelée drl Prvsepio a Sainte-Marie-Majcure, belle et riche coupole, comme l'on sait, ornée avec beaucoup de goût, et qui partout ailleurs qu'à Rome auroit acquis une juste célébrité. Le même cardinal lui faisoit dans le même temps bâtir, tout près de la même église, un fort beau palais qui depuis a été connu sous le nom de villa Negroni.

Orcgoirc XIII , voyant faire de telles dépenses au cardinal Montalto, crut qu'il étoit fort riche et lui supprima ses pensions. Le pape étoit dans l'erreur, et les entreprises alloicnt être suspendues si l'architecte , sincèiement attaché au cardinal et jaloux aussi de terminer ses projets , n'eût Tait venir de son pays une somme de mille éeus romains, fruit de ses travaux et de sou économie. Avec cette modique somme il trouva moyen de pousser en avant les travaux de la chapelle du Presepio. Cette générosité de Fontana fut la source de sa fortune.

Peu de temps après le cardinal Montalto devint Sixte-Quint, et Fontana devint architecte du pape.

La chapelle du Presrpio fut complètement achevée , et le palais dont on a parlé reçut dans ses bâti— mrns et ses jardins l'heureux complément qui en lit long-temps un des plus remarquables de Rome. On y admiroit autrefois, comme embellissement des jardins, un assez grand nombre de statues antiques. Il y avoit deux petits casins d'un goût fort élégant ; mais tout cet ensemble a disparu.

Sixte-Quint, parvenu au siège poutifical, s'occupa bientôt de reprendre les projets de ses prédécesseurs sur le rétablissement des monumens de l'antique Rome. L'obélisque du Vatican, remarquable entre les plus grands par son intégrité et sa belle conserva-

FOiN 63:

tion , seul étoit resté debout sur sa base , ensevelie a la vérité sous les décombres du terraiu. Il avoit été déjà question de l'enlever et de le placer en avant de la nouvelle basilique de Saint-Pierre; mais la difficulté de l'entreprise en avoit fait ajourner l'exécution.

Sixte-Quint convoqua de toutes parts les mathématiciens, les ingénieurs, et les hommes les plus habiles. Plus de cinq cents projets fuient proposes, soit en dessin , soit en modèle , soit par écrit , soit de vive voix.

Au nombre des concurreus, comme on le présume bicu, étoit Fontana ; il présenta au pspe un modèle de machine qui opérait en petit sur uu obélisque de plomb, lequel, par le jeu des poulies et des cabestans, s'abaissoit et s'élevoit à volonté. Il lit plus ; avec le même procédé il enleva un petit obélisque du mausolée d'Auguste , qui y étoit resté étendu à terre. Après de longues discussions, la machine de Fontana fut approuvée. Cependant , comme il ne jouissoit pas encore d'un renom propre à commander la oonliance publique, Sixte-Quint chargea de l'opération Jacques de La Porte et Ammanati.

Affligé de se voir ainsi enlever l'exécution du projet dont il étoit l'auteur, Fontana alla trouver le pape , et lui représenta que personne ne devoit être plus en état que l'inventeur d'une machine d'en assurer le succès. Le pape finit par entrer dans ses raisons, et se détermina à lui confier l'exécotion de l'entreprise.

Après avoir achevé tous les préparatifs nécessaires, soit pour consolider he terraiu sur lequel devoit passer l'obélisque , soit pour se procurer tous les genres

! de matériaux propres à la confection de sa machine , Fontana fit construire un châssis de cliarpeute, dont les pif-ces debout, au nombre de huit, d'une grosseur considérable, formoient autant de colonnes. Chacune, faite de plusieurs pièces, avoit 1 8 palmes de circonférence , et ces pièces étoient liées ensemble par de gros câbles , sans clous ni assemblages. La hauteur des pièces de bois prises chacune en particulier n'étant i tas suffisante pour atteindre à celle de 1 9.3 palmes que devoit avoir le châssis, on les enta les unes sur les autres, et on les assujétit avec des cercles de fer. L'obélisque fut enveloppé d'une double natte pour

- mettre la matière à l'abri de tout accident. On l'en-

| toura ensuite de forts madriers , le long desquels on mit encore de longues barres de fer qui embrassoicut

J cette espèce d'encaissement Sa masse ainsi garnie pesoit environ quinze cent mille livres.

Il s'agissnit d'aliord de soulever l'obélisque et de le descendre de son piédestal , ensuite de l'incliner et de le coucher sur le chariot destiné à le transporter jusqu'à son nouvel emplacement, enfin de le relever.

Il et puis de le dresser sur le nouveau piédestal ; toutes

i opérations dont il faut lire le détail dans l'ouvrage que Fontana en a publié lui-même. {Drl modo tenuto ncl transportai l'oMùco Katicano , rte.)

r.-w FON

Ce fat le i5 avril i586 qoVut Lieu la . opération, en présence d'une foule innombrable de spectateurs que la curiosité avoit attirés de toute* part*. L'obélisque fut enlevé de deasus «a baie, iueliné , posé sur In rouleaux le 7 mai , et placé tur le lit de rliarpente qu'on avoit préparé depuis l'endroit où il ne trouvoit jusqu'à celui qu'il occupe maintenant. Le l3 juin il fut conduit, au moyen de quatre rouleaux, et seulement à l'aide de quatre ca- Itestan». Le pape jugea à propos de renvoyer l'érection à l'automne, pour épargner aux ouvriers l'inconvénient de» grandes chaleurs.

Le piédestal de l'obélisque étoit enterré à la profondeur de ,{o palmes , et il se composoit de deux morceaux l'un sur l'autre. La base avec sa cymaise étoit d'un seul bloc, et le socle étoit de marbre blanc. Fonlana employa l'été à préparer le nouveau piédestal. Toutes les dispositions étant terminées , le 10 de septembre fut choisi pour l'érection du monument , qui eut lieu avec un plein succès. Sixte-Quint ht jilacer au sommet une croix en bronze, haute de 10 pluies, ce qui porte l'élévation totale à 180 palmes.

Fonlana fut créé chevalier de l'Eperon d'or, et fait noble romain. Le pape lui accorda une pension «le deux mille écus d'or, qui lui huent payés comptant, à quoi il ajouta la donation de toute la char- |iente et de tous les matériaux qui avoieut servi à nette grande opération , somme qu'on évalue à plus de vingt mille écus romains. Au pied de l'obélisque est une petite inscription, peu apparente à la vérité, où on lit : Dominittu Fonlana ci pago agri .\ovocomensit translata et crexit.

Après l'heureuse issue d'une telle entreprise, ce ne fut qu'un jeu pour Fonlana de relever trois autres ol>élisqucs, quoique dans ce uombre il s'en trouve deux , dont l'un , celui qui orne la place dite det Pnffolo, ait à peu près la hauteur de celui du \ atican | et l'autre, qui est élevé devant Sainl-Jcan-de- Latrau, soit le plus grand de tous ceux qu'on connoit. Mais ces deux grandes aiguilles étoienl rompues eu plus d'un morceau. Le principal soin de l'architecte fut de les rétablir dans leurs joints de manière à

1 , cl de les replacer

Les travaux de Saint-Jean-de-Latran lui furent bientôt confiés. De lui sont la façade de l'église qui regarde Sainte-Marie-Majeure, et le palais pontifical qui est contigu à l'église, et qui est peut-être, après celui du Vatican, le )>lus considérable de Rome. Ou citerait difficilement une masse à la fois plus imposante, plus régulière et d'une plus sage ordonnance. I n grand et riche entablement la couronne avec beaucoup de noblesse.

Dans le même temps Sixte-Quint employoit Fonlana a construire la bibliothèque du Vatican ; ce qui eut lieu en élevant un corps de bâtiment qui en deux cours la grande cour du Vatican , tne

FON

qu'il acheva consista dans celte partie rieure du palais du Vatican qui regarde la place de Saint-Pierre et la ville de Kome, et qui est la plus considérable de cet ensemble. Du reste, c'est une masse tout-à-fait 1 Jean-dc-Latran.

Fonlana eut aussi une furt grande part dans la construction du palais Quiriaal. Il fit élever cette portion du bâtiment qui donne sur la place de Monle- Cavallo cl sur la Strada Pia. Il élargit < et y fit transporter, des thermes de 1 deux colosses qu'on y voit aujourd'hui : il les plaça de manière qu'ils servissent de point de vue à la rue.

Les deux célèbres colonnes triomphales de Trajan et d'Antonin dùreul à Fonlana leur entière restauration et les nouveaux accompagnemens qui ont rappelé l'ancien effet de leur masse. Si l'on citoit ici tous les travaux, et de genres très-differen» que Fonlana exécuta sous le pontificat de Sixte-Quint ,

00 aurait peine à croire qu'un règne de cinq aunees ait pu y suffire.

sa fortune changea de face par la perte de Ils fut desservi par ses ennemis auprès du pape Clément VIII , qui lui ôta la place d'architecte pontifical. Les préventions contre lui allèrent au point de vouloir lui faire rendre compte des sommes employées dans de si nombreux travaux. Ce fu t dans ces circonstances que le comte de Miranda , vice-roi de Naples, l'appela dans cette capitale, l'y nomma architecte du roi et premier ingénieur du royaume.

Arrivé à Naples en 169a , Fonlana fut d'abord employé à quelques travaux hydrauliques, ensuite au redressement de plusieurs rues et quartiers de la ville, entre autres de la place de Cajtcl Nuovo, où il exécuta la fontaine appelée Medina , la plus belle de toutes celles qu'on voit à Naples. A l'archevêché, il composa trois mausolées qui sont les monument de Charles 1er , de Charles Martel et de Clémence sa femme. Il donna les dessins de plusieurs ma! tels pour la cathédrale d' Amalphi et celle de "

Mais le grand ouvrage de Fonlana à Naples , fut le plais du roi , entrepris sons la v de Leraos. Cet édifice offre une se compose de trois étages, en y comprenant le rexde-ebaussce formé de beaux portiques en arcades décorées de l'ordre dorique. In ordre ionique orne les trumeaux du grand élage, cl un coriuthien compose s'élève entre les chambranles de l'étage supérieur.

1 a principale façade du palais , où l'on compte vingt et uue fenêtres , a 5s>i palme* napolitaines en longueur; les faces latérales en ont 36o. La hauteur de tout l'édifice est de 110.

dans l'intérieur de ce palais en 1 niièrcs dispositions. Ce qu'on en dirait serait par trop étranger à l'ouvrage de Fontana.

Cet architecte mourut à Naples, comblé de ri- 1 et d'honneurs. U fut inhumé dan. l'église de

FON

Sainte-Anne , appartenant à la nation lombarde , > une chapelle qu'il y avoit fait construire , et où fila César Fontana lui fit ériger uu fort beau

FOR fcj,

ritoire de Cômc. Il fut élève de Beruiu , et pratiqua

FONTANA (Césaii), fils de hérita de se» titre» , de sa place à Naples , et en partie de «es talens.

Il donna dans cette ville les plans de divers bàtintens remarquables , parmi lesquels on doit citer celui des greniers publics, mai» particulièrement relui qu'on appelle des Etudes. Il fut commencé en i « m , sous le gouvernement du vice-roi comte de l.cmos , grand amateur des lettres et des arts. L édifice , dont la masse est considérable , est resté longtemps incomplet. Il a , dans ces dernières années, été terminé pour une destination analogue. C'est aujourd'hui le Muséum de iNaples. On y a réuni bibliothèque , obsei-vatoire , jardin de botanique , et la grande collection d'antiquités dont Naples, par les fouilles de ses environs, et surtout d'Hercuboum et

FONTANA (Jean), architecte, né en i54o et mort en 161 j

Il avoit , comme on l'a dit à l'article pénultièiue , précédé à Rome Dominique, son frère cadet, dont la réputation éclipsa la sienne. Il paroît toutefois avoir coopéré à beaucoup de ses travaux. On lui attribue en propre les dessins et la construction du palais Giustiniani à Rome , dont l'architecture , sans être du premier ordre, n'est |as dépourv ue de mérite. Le plus grand talent de Jean Fontana eut pour objet les travaux hydrauliques. Il nétoya l'embouchure du Tibre à Ostia ; il régla le cours du Velino, objet continuel de disputes entre les villes de Terni et de Narni ; lit conduire des eaux à Civita-yecehia et à y tlUtri; amena Vaqua alçida à Frascati, pour l'embellissement des villa de Belvédère et de Mondragone, qu'il orna d'agréables fontaines. Il rétablit et rebâtit les aqueducs d'Auguste par les ordres de Paul V, et eu fit déboucher les eaux à la fontaine de San-Pietro in Mantorio , etc. Il alla par ordre du pape à Ferrarc et a Ravcunc , pour y réparer des dommages causés par une inondation du Pô et d'autres rivières.

Jean Fontana tomba malade dan» le cours de ce dernier travail. Il revint a Rome , où il mourut âgé de soixante-quatorze ans. Son corps fut inhumé dans l'église de V Ara-Cali.

FONTANA (Chables), arclùtecte, né en i634 , mort en 1714.

Milizia, de qui nous emprunterons ici quelques détails sur la vie de cet architecte, ne nous apprend rien sur sa famille, et nous ignorons s'il tenoit à celle des architectes de ce nom dout on vient de parcourir la vie.

Charles Fontana étoit né à Bruciato , dans le 1er- 1

l'architecture à Rome , où il jouit de la I plusieurs pontifes.

Sous Innocent XIL il construisit à Ripa Grandi le grand lùtimeiit de Saint-Michel; il acheva la chapelle des fonts baptismaux à Saiut-Pierre, et le palais de Monte Citorio.

Clément XI le chargea de construire les greniers à blé de la place de Termini, le portail de S.ij Marie à Trans-Tevere.

Il restaura ce qu'où appelle il Casino au Vl Il bâtit la bibliothèque de la Minerve a Rome, la « thrdrale de Monte Ftaseone, et à Fra<eati\ e palais et la villa f 'iuitnti.

La liste de ses ouvrages est nombreuse. Il faut y comprendre, à Saint-André delta F aile , la chapelle Ginetti. — A la Madone des Miracles le ii>ailre-aulel et sa décoration. — L'église des religieuses de Sainte-Marthe. — La façade de l'église de la bienheureuse Rita, et celle de Saiut-Marcel auCourse.

Le mausolée de la reine Christine à Saiut-Pierre.

l*e palais G ri ma ni dans la slrada Rosella. — Le palais Bolognetti. — A Trans-Tevere , la belle fontaine de Saiutc-Marie.

Le goût de Charles Fontana fut en architecture celui de Beruiu son maitre. Comme lui il fut |iorte à sacrifier la pureté des formes essentielles au génie de la décoration. Mais ses élévations ne manquent ni de grandeur dans les masses, ni d'une certaine élégance d'éxecution.

FONTS BAPTISMAUX, s ™. pl. On appelle [isi dans les temples chrétiens un vase plus ou moins grand, fait de pierre ou de marbre, soit en forme de cuve, soit comme une coupe, c'est-à-dire élevé sur un pied, où l'on administre le baptême aux enfans nouveau -nés. La grandeur des vases employés aujourd'hui a cet usage rappelle l'ancienne pratique de baptiser par immersion. Le néophvte autrefois se plaçoit dans le rase comme dans une baignoire. Aujourd'hui que le baptême a lieu par aspersion , les fonts baptismaux n'exigent plus autant d'étendue. — On donne encore le nom de fonts baptismaux à la chapelle qui renferme le vase où l'on baptise.

FORCE, s. f. Est une qualité qui, dans l'art de bâtir, se fait aisément comprendre et s'explique aux yeux par l'idée de son contraire ou de ce qu'on appelle faiblesse de construction. Celle-ci se fait remarquer par l'économie de matière, par une disposition où le vide l'emportera de beaucoup sur le plein, par des supports rare» et grêles, par un emploi de matériaux inconsistans, par une disproportiou évidente entre ce qui porte et ce qui est porté.

Ainsi la forée, pour l'onvrage de l'architecture, consistera dans l*op|iosé de ces défaut» , c'est-à-dire dans tout «t qui constitue et qui rend la solidité

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évidente; l'on entend les moyens simples et matériel» qui la produisent , cl dont tout le monde peut être

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Le principe de force étant le même que celui de solidité , sou caractère doit être non-seulement réel , mais apparent. Or ce qui produit la plus grande apparence de solidité, c'est ordinairement la simplicité même des ressources employées.

Plus ou remonte dans les temps anciens, plus on voit les plans des édiliecs et les procédés de construction établis sur des combinaisons simples. Ce fut, si l'on veut , i>ar ignorance des moyens de la science; mais cette ignorance même fut cause qu'on dut exagérer les moyens de rendre les édifices inébranlables. \ oilâ pourquoi le caractère de force se trouva porté au plus haut point dans les plus antiques constructions, et voilà peut-être aussi pourquoi, la science ayant depuis substitué les combinaisons de l'esprit aux procèdes de l'instinct, ce même caractère s'est considérable.,,, i.t affoibli dans les constructions modernes.

Il faut reconnoître encore que le principe de force ou de solidité fut particulièrement dominant à cette époque des sociétés, où les idées et les mrrurs étant plus simples, l'art de bâtir sembloit réservé aux besoins publics ou aux monumeus dont un grand intérêt général sembloit faire La propriété de tous. Ou comprend aussi commeut il doit arriver sous l'empire d'autres circonstances , que l 'a rebi lecture se trouve généralement soumise à des causes contraires, dont l'artiste peut difficilement vaincre l'influence. (Cependant, quels que soient les obstacles qui dépen— • dent ,1< - imeurs, l'architecte saura toujours trouver dans les ressources de son art et les inspirations du goût, de quoi imprimer à son ouvrage un caractère au moins relatif de force, de puissance et d'énergie. Toutefois, ce qu'il doit craindre en voulant exprimer la force, c'est de tomber dans la pesanteur et La monotonie. L'idée de force n'exclut pas toute idée de légèreté; témoin l'Hercule dcGIycon, qui pour être l'image la plus sensible de la vigueur corporelle portée au plus liant point dans le système de la musculature, n'empêche pas l'accord d'une certaine élégance. Il eu est de même de l'ordre dorique des Grecs ; son caractère saillant est bien sans doute celui de la solidité et de la force; et cependant plus d'un monument nous montre commeut il peut s'v établir une alliance sensible de variété , de richesse ët d'agrémcul. Quelques architectes (loreutins, au contraire , ont fait voir dans quelques grandes masses de palais comment un cruploi excessif des moyens propres à exprimer la Jonc, finit par détruire la qualité qu'un usage plus modère de ses ressources auroit pu produire. Ainsi la façade extérieure du palais Pitti à Florence est l'exemple moderne le plus sensible qu'on puisse présenter de cet excès.

Foacc fTour de). On donne ce nom, dans tous

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