L ETUDE DES OUVRAGES DE L AKCHJ- TECTURE ANTIQUE
L'étude à faire des monumens antique* demande plus de discernement et de critique qu'on ne le pense ordinairement. Nous réduirons à deux observation* technique* ou •colastique* ce qu'on doit recommander à cet égard. La première concerne Le choix de* ouvrage* antique* qu'on prendra pour modèles ; la seconde se rapporte à l'esprit qui doit en diriger l'imitation.
Quant au premier point, il y a deux distinction* à faire; l'une de temps , l'autre de pays ; c'est-à-dire qu'il faut bien discerner entre les oeuvres de la même architecture; d'une part les époques qui le* virent naître , de l'autre le» peuple* ou les < produisirent.
- V antique, ou ce que l'on i gage des arts du dessin , occupe , en uunx , riode de quinxe cents an*. Mai* les arts ont 3 époques d'accroissement et de décroissance. Il est donc important de connoitre et de fixer, par l'histoire des nations, celle de leurs arts, d'y distinguer quel fut l'âge de leur maturité. Il faut surtout apprendre à faire la différence, si importante , des caractères auxquels on peut reconnoitre , soit la foihlease de leur jeune âge, soit la caducité de leurs derniers temps. Il faut regarder, en effet , comme une étude qui ne sera pas san* utilité , celle de» monumens où se trouvent imprimés ces premiers |tas, dans lesquels un naïf instinct fut le précurseur d'un sentiment plu* hardi , ou de cette ex|)ériencc qui , plus Uni , devoit enfanter des chefs-d'œuvre. Il n'est pas moin* nécessaire de se mettre en garde contre les fausses autorités qu'on s'est | tennis de |>ui*cr dans les monument des siècles de décadence , et mal à ] avec ceux de la naissance de l'art.
On ne saurait dire combien d'erreurs et de préjugés se sont introduit* dans l'architecture par les effets de cette confusion , et combien l'ignorance ou la mauvaise foi ont pu contribuer à accréditer ce mélange indiscret d'ouvrages dus à des époques I verse*. Les uns, trompé* , ont admis tout i nement ; les autres , trom|ieurs , ont profilé de la confusion pour justifier leur* inventions capricieuse*.
Ce sera donc aux monumens du bel âge de la Grèce qu'il faudra demander tout à la fois les leçons et les exemples du bon style et du bon goût , et le* traditions précieuses de cette imitation analogique de la nature, qui , sous ce rapport , a rendu l'architecture rivale des autres arts C*< et d'r
le» restes d'antiquité où se trouvent écrites les leçons de cet enseignement. On peut indiquer, après les monumens de cette époque , ceux des arts de la Grèce transplantés a Rome au temps d'Auguste , de Néron, de Trajan , d'Adrien , qui n'employèrent que des architectes et des artistes Grecs , continuateurs encore très-recommandables de la manière et du goût de leurs prédécesseurs.
Si , dans les siècles et sous les règnes suivant , l'armai
i et des erremens antérieurs , il ,
avec précaution dans la confiance qu'il sera permis de leur accorder. On sait que c'est vers le règne de Constantin qu'on fixe l'époque d'une entière décadence. C'est aussi dans les monumens de cet âge qu'eut lieu b pratique de constructions faites des débris et des fragmens de monumens ou détruits ou devenus inutiles ; aussi voit-on encore , dans ces composés de démembremens , d'assez beaux détails mêlés aux grossières copies et aux incohérences les plus révoltantes.
Dans quelques restes toutefois de la magnificence de ces siècles , comme à Rome aux Thermes de Dioctétien , hors de l'Italie, a Spalatro en Dalmatie, dans la Gœlo-Sy rie , à Palmy re et à Balbcck , l'architecte trouvera encore à s'instruire, mais plutôt dans la partie relative a la grandeur des plans , a la richesse des ordonnances, que dans ce qui regarde la pureté du style , la correction des formes et le bon goût des oreemens. On se contentera d'y admirer ce caractère de grandeur et de noblesse , empreint jusque dans les dernières entreprises de l'art antique.
La seconde observation que nous avons annoncée relativement à l'imitation de l'antique en architecture, aura pour objet de donner à entendre quel est l'esprit qui doit guider l'imitateur.
Il ya deux nianièrcsd'imiter l'anfioue. L'une, improprement appelée imitation (voytzce mot) consiste uniquement à en reproduire , dans ses copies, ce qui n'en est que l'apparence. L'autre est celle qui consiste , de la part de l'imitateur, à s'en approprier les principes , et, par suite, le génie ou ses raisons , avec
La première manière n'est qu'une singerie routinière, propre à discréditer son modèle auprès de ceux qui n'ont aucune critique en ce genre. Rien de plus facile que cette prétendue imitation. L'architecte, en effet , ne trouve a employer dans ses compositions qu'un nombre donné de formes , de parties, de membres qui , comme ce qu'on appelle dans l'éloquence Us parties des discours, sont les élémens nécessaires à mettre en œuvre, mais qui n'acquièrent leur valeur que par b raison qui en détermine b pbce , et le génie qui les fait servir au but qu'on a du se proposer.
Mais, en architecture surtout , rien n'est plus faciU que ce transfert de toutes les parties d'une ord'une composition dans une autre , de
A NT 5| d'un autre, surtout si l'ouvrage de l'architecte se réduit, comme cela arrive souvent, à n'être qu'un dessin. Rien n'approchera alors de b prodigalité de richesses qu'entasseront ces froids plagiaires, f ' a vous reproduire , en projets , tous les temps passés , et inhabiles peut-être à lai pie maison.
Que si ces prétendus imitateurs sont tenus d'exécuter un édifice, dont il n'y a ni antécédent ni correspondant chea les Anciens, et auquel il ne soit pas permis d'adapter le luxe banal des colonnes ou des péristyles, ce sera alors que se découvriront toute l'indigence de leur génie et leur impuissance à caractériser les propriétés de chaque édifice, par un choix de formes convenables à leur emploi , et une judicieuse application d'orne mens mt~"
La véritable manière d'imiter l\ donc à bien pénétrer l'esprit et les raisons de se» on-
déterminé 1 artiste dans l'emploi des moyens par lui nus en œuvre, à découvrir les véritables causes des impressions que nous recevons de tel on tel ensemble de rapports, de dimensions, de décorations. Le nécessaire et l'utile soot b première condition qu'on exige des œuvres de l'architecture. C'est de l'utile que doit naître l'agréable : c'est de leur intime union que résulte l'heureuse impression que nous en recevons. L'util.- , ou , si l'on veut , b besoin , ayant été , comme on le verra ailleurs, f '
nérateur de l'architecture grecque , ou de ce qu'on apixdlc le bel antique , c'est en suivant dans l'étude de ses monumens le fil précieux oui guida iadis b»
précieux qui inventeurs de cet art, que les modernes pourront apprendre a devenir les continuateurs des G recs.
Des besoins nouveaux si l'on veut , des usages différens , s'opposeront sur plus d'un point à une reproduction conforme d'un grand nombre d'édifices anciens dans les ouvrages modernes. Mais imitation n'est pas copie. Dès lors, b différence de mœurs et des pratiques dans les compositions nouvelles de l'art de bâtir, ne saurait opposer de difficultés, qu'a celui qui n'aurait pas appris a lire dans le grand livre de l'antiquité , ou n'y comprendrait que ce qu'ils présentent de documens matériels. Pour celui qui se sera forme , non sur b lettre, mais sur l'esprit de ses enseignemens , il saura que ce qu'il faut appeler imiter V antique , dans l'ouvrage qu'on lui propose , ce n'est pas refaire ce qui a été fait chea ks anciens , mais bien plutôt faire comme ib auroient fait eux-mêmes, s'ils avoienl dû se soumettre aux exigeantes d'autre* besoins et de nouvelles conditions ; disons mieux , comme ib ont fait eux-mêmes.
C'est ce quiest effectivement arrivé a l'art des Grecs transporté à Rouie. Là on vit ses artistes constamment fidèles aux types , aux principes suivis par les prédécesseurs, mais libres sous b joug de leurs règle* . transporter dans de plus grandes dimensions , à des
nies , les iwmn effets , sai ginaires de leur art.
Le tort de» temps modernes a trop souvent été de confondre , en architecture surtout et par rapport à V antique , l'idée d'imiter avec celle de copier. Cette confusion est née du défaut de distinction entre ce qui tient au fond de la constitution d'un art, et ce qui tient à la variété infinie de l'emploi de se* moyens.
Il y a , dans ce qui est le fond de l'architecture an ordre de choses qui , reporant sur les éleniens de la nature , ne sauroit changer sans détruire l'art , et il r a un ordre de ces élémena, toujours variable dans l'emploi que l'artiste en peut faire. Même chose a lieu dans tous les arts , et l'on peut s'en convaincre à l'égard de la poésie, qui offre un fond inépuisable de an* que ce qui leur sert de moyen ait ja-
le poète et pour l'orateur, les du discours , les métaphores , les tropes , i les rapprorheroens ou les oppositions d'idées, toujours ont été les matériaux nécessaires d'une imitation , que le sentiment plus ou moins juste de chacun opère avec plus ou moins de succès, sans cesser d'être original.
Pour l'architecte, les types, les formes de l'ordre, les rapports de proportion avec les facultés visuelles , sont les élémens nécessaires de son imitation . Le génie ne sauroit consister à en trouver d'autres. Il consistera dans l'heureuse application de leurs variétés a l'effet de chaque monument , aux impressions qu'il doit produire , aux idées et aux sentimens dont il deviendra tout a la fois le moteur et l'interprète.
Ainsi au t6* siècle, l'art antique se vit renouvelé par d'habiles architectes , qui ne cessèrent , ni d'être originaux en imitant les ouvrages des Grecs, ni d'en être les fidèles imitateurs, tout en se conformant aux sujétions imposées j»ar d'autres besoins et par de nouvelles institutions.
ANTIQUITÉ , ». f. Terme dontj^j M or~
^Vé^àTi^llique est d'un artiste; l'étude de l'antiquité est celle d'un antiquaire ; mais la connoissance de l'antique est aussi nécessaire à ce dernier, que celle des antiquitét est utile au premier.
L'étude de Vantique se borne ordinairement à la science de l'art ; et l'antiquité embrasse les connoissanecs historiques ou mythologiques des peuples anciens , de leur» arts , de leur» habillemen» , etc.
Le plus habile artiste sera celui qui aura le mieux vu et imité l'antique; le plus habile Archéologue , celui qui aura le mieux étudié et expliqué les antiquités.
Antiquités, par rapport à l'architecture, se dit quelquefois d'anciens bdtimens qui sont encore de • , tels que les temples des Païens dont
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; il se dit des fn qui ont été ruinés par le temps, et par les barbares i ainsi, à Rome, les restes du palais des empereurs , sur le mont Palatin , ceux des amphithéâtres d'Arles et de Nîmes sont des antiquités. Ce mot désigne aussi la généralité des nionuroeus antiques qui se trouvent dans une ville : ainsi l'on dit les antiquités de Poucol, d'Agrigente, etc.
On donne encore ce nom aux ouvrages des voyageurs célèbres, qui nous ont retracé par le dessin et
sens on dit les antiquités de la France , par au, les antiquités de la Grèce, par Stewart, etc.
L'amour de Vantique est le garant du bon goût dans l'artiste , comme celui de l'antiquité l'est , pour un pays, de l'estime et du cas que l'on y fait des arts.
ANTI-SALLE , s. f. Grande salle qui en précède une autre |>our les cérémonies, comme on en voit
i.eu
ANTISTATES. Cet architecte grec fut choisi par Pisistrate avec Antimachides , Calcscros et Porinu», pour bâtir à Athènes le fameux temple du Jupiter Olympien : le dessin de ce temjile étoit grand et magnifique ; il inspiroit le respect , et excitoit l'admiration. La mort de Pisistrate ayant donné lieu à quelques révolutions , on cessa d'y travailler , et cet édifice devint l'ouvrage de plusieurs siècles et de plusieurs souverains amis des arts, qui se disputèrent la gloire «le l'achever et de l'embellir. Pcrsée, roi de Macédoine , et Antiochus E|tit>hane , quatre cents ans après Pisistrate , chargèrent Cossutius , architecte romain , d'achever le corps du temple , et de placer le» colonnes du portique, Ce monument de la piété de» princes devint , à juste titre , l'un des quatre plus fameux temples en marbre de la Grèce. Les trois autres étoient celui de Diane à Eplièsc , le temple d'Apollon à Milct, et celui «le Cérès à Eleusis. Le temple de Jupiter dout il s'agit étoit diptère et octostyle : on y voyoit les statues des colonies athénieunes ; deux ordres de colonnes l'un sur l'autre , et éloignés d'une certaine distance des murs de la Cella, environnement l'intérieur, ce qui formoitdes portiques ou de petites nefs; le milieu étoit découvert.
L'empereur Adrien acheva entièrement l'édifice ; il y fit ajouter une enceinte de murs |wur en faire une place fermée, selon la coutume des anciens, dans les grands temples (voyez Tksiple;. Cette enceinte avoit un demi-mille de tour; elle étoit décorée de péristyles et de statues. Ce temple superbe, si l'on en croit M. Le Roi, sert aujourd'hui de bazar ou de marché aux Turc», qui ont suspendu des treilles au milieu de ses ruines , pour se garantir du soleil.
ANTIL'M , aujourd'hui Porto éCAnzio, ville célèbre du Latittm , et la pins t
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Yobques. Il fallut quatre cent trente-six ans aux Romains pour assurer leur domination sur cette ville belliqueuse , qui n'étoit pourtant qu'à onze lieues de leur capitale. Elle devint, sous les empereurs, un séjour de délices et de plaisir, où le luxe déploya toutes ses magnificence*. Les Romains, dit Strabon, particulièrement cette ville ; les grands s'y retiraient pour se délasser des fatigues des affaires , et
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il y avoit un (
,-lnttui'i dut encore sa célébrité à sa sûreté et à la grandeur de son port , ainsi qu'au fameux temple de la Fortune, qui avoit une grande réputation, comme il paroit par l'ode d'Horace :
0 div» gratiuai que rfgii Ântism , et*.
Néron qui , selon Tacite , étoit né , ou du moins avnit été conçu dans cette ville , y avoit un superbe palais, parmi les ruines duquel ont été trouvées plusieurs statues fameuses, entre autres l'Apollon du Belvédère et le Gladiateur de Borghèsc. Ce fut lui qui fit construire le port ; il y dépensa des sommes si considérables, qu'il y épuisa, dit Suétone, les trésors de l'Empire. D'autres empereurs, tels qu'Adrien et et Antonin-le-Pieux, contribuèrent encore à l'ems : ce dernier y avoit construit
De tous les superbes édifices qui déooroient Antium, il ne reste plus que des ruines assez informes , dont cependant le cardinal Albani , qui avoit une maison de campagne à Porto <T sinzto, a retiré un grand nombre de monumens précieux : on n'y voit d'entier qu'un vaste bâtiment de bains, de grands souterrains voûtés , et un tombeau situé à un mille environ de Nrltuno, lequel est fait en forme de lanterne circulaire , et bisse encore à douter, par le strie de son arebitecture , s'il n'est point postérieur au
temps .
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i remarqnc sur les bords de la mer des restes de constructions prodigieuses; on croit y découvrir les vestiges de l'ancienne citadelle et ceux d'un temple. Les débris de l'ancien mole existent encore , et l'on montre des ruines qu'on croit être celles du fameux temple de la Fortune. On a trouvé dans l'ancien port des autels ronds consacrés à Neptune, aux vents et au calme, sur lesquels les matelots sacrinoient ; ils sont rapportés et gravés par Vulpius.
Il j avoit aussi deux temples célèbres, l'un de Vénus Aphrodite , et l'autre d'Esculapc ; mais rien de plus incertain que les dénominations des ruines actuelles de cette ville.
^ANTOiNINE (^«n*)-, C'est un des monumens
mieux conservés, quoiqu'il ait éprouvé des injures du temps et de la barbarie, d'assez fortes dégradation* ; mais le pape Sixte-Quint le fit réparer par Fontana en 1 589 , et le rendit à sa première forme , ainsi que
Cette colonne , qui sert aujourd'hui d ornement à une des plus belles places de Home, et qui lui a donné son nom, fut érigée par Marc-Aurèle , et consacrée par lui en l'honneur d'Antoniu-le-Picux , non beanpère , dont il fit placer la statue sur le sommet ; mais, comme celui-ci n'avoit illustré le cours de son règne par aucun exploit militaire, Maro-Aurèle, va' des Parti» es et des Germains , y fit | de la guerre M a remua ne.
Ce monument triomphal a, dans son état mm 1 j 1 > pieds d'élévation ; il y a 90 pieds depuis le dessus du cliapiteau jusqu'au bas de la plinthe de sa base , ou jusqu'au-dessus de la corniche du piédestal , qui a a5 pieds, la statue de saint Paul eu a 1%; elle est sur un piédestal pareillement haut de 1 1 pieds, placé au-dessus du chapiteau ; le diamètre de la colonne est de 1 1 pieds ; dans son intérieur est pratiqué un escalier où l'on compte aujourd'hui 190 degrés, auxquels il faut ajouter sept ou huit dans le bas, selon la supj loti ; 19 blocs de marbre i la construction du fut de cette colonne , et l'e
de parler se trouve taillé dans le chaque bloc, ainsi qu'à la colonne Trajanc ; 4o petites fenêtres éclairent la montée ; la largeur du tailloir, qui sert de terrasse lorsqu'on est parvenu au faite , est de iti pied* 4 pouces.
La proportion générale et l'ensemble de la colonne Antonine ont quelque chose de plus haut qu'à la colonne Trajanc : toutefois elle lui est beaucoup inférieure sou* tous les autres rapports de forme , de beauté et d'exécution. La sculpture en est bien 1 pure , les bas-reliefs en sont bien plus relevé* et moins bien entendus; ce qui lui < air de pesanteur, et y introduit de la confusion t l'util y discerne beaucoup moins aisément le* *ujets , et se fatigue prompte me nt à débrouiller le* caractère* peu distincts de cette histoire confusément écrite. Quant à l'art, le style en est moins pur, moins savant et moins hardi ; on y sent enfin la foiblesse d'une imitation imparfaite. ( y oyez Thajane (colonne.)
On a trouvé sur le moût Citorio une autre colonne de granit, qui avoit été élevée eu l'honneur d'Antonin-le-Pieux ; elle étoit anciennement placée sur le piédestal qui est eu face du palais de justice. On y lit cette inscription :
D1VO ANTONINO ALG. PIO ANTOMNLS AUGUSTUS ET VERL'S AUGUSTUS FILII.
Cette colonne a été 1 quaircs pour celle d'i colonne ,
est regardée comme ayant été élevée à Marc-Aurèle. L'inscription du piédestal semblerait in monument ne fut érigé qu'après la mort 1 mais il y a 1'
ordre du sénat quinze ou vingt ans avant sa mort , sur le penchant de la colline qui est appelée Monte Cilorio, et à tu partie occidentale.
On voit actuellement cette colonne, rompue en plusieurs endroits , dans une petite cour derrière le palais de justice ; elle avoit 45 pieds de haut et 5 pied* 8 pouces de diamètre ; elle étoit d'nn seul morceau de granit , de celui qui est a petits points rouges, que les anciens appeloient srtnilrs, parce qu'il se trouvoit du cote de Sienne, ville célèbre de la ThéUïde. Son piédestal, dont nous avons parlé, est orné de basreliefs sur trois de ses faces; la quatrième est occupée par l'inscription rapportée ci-dessus ; deux de ces hasrclicfs représentent des batailles ; le troisième ou celui qui est en face du palais fait voir l'apothéose d'Antonin et de Faustine; un génie les porte sur ses ailes, tenant de la main gauche un globe et un serpent sur le globe ; au» pieds du génie est une figure allégorique qui tient un obélisque , sjtnbole de l'immortalité ; du côté opposé à cette figure est la ville de Rome, assise, tenant de sa main droite un bouclier, sur lequel est représentée une louve avec Remua et Romulus : le tout est d'un grand style ; le génie est d'un beau idéal et de la plus parfaite sculpture ; ce bas-relief est un des plus précieux qu'il y ait à Rome.
Ce piédestal a été gravé par Aquila , en cinq feuilles.
ANTONIFS. Il étoit sénateur et très-versé dans l'architecture ; il fit construire à Epidaure , ancienne ville du Péloponèsc, plusieurs édifices, dont les plus considérables étoient un temple dédié à tons les dieux, et d'autres consacrés a Apollon, à Esculape et à la Santé. Il bâtit les bains d'Eseulape , et rétablit un portique appelé Coryot , qui avoit été construit en premier beu avec des briques crues.
APLOMB, s. m. Terme dont se servent les ouvriers delàtiment, ponr signifier qu'un mur, un pan de bois, un lambris de menuiserie, sont posés verticalement ou perpendiculairement à l'horizon , qu'ils ne penchent ni en avant ni en arrière, ni de côté; et , a cet effet , on se sert d'un plomb suspendu à une corde, d'où est venue cette dénomination.
La tour de Pise est célèbre par un hors A'aplomb occasionné par l'affaissement du terrain ; la hauteur de cette tour, jusqu'à sa plate-forme, est de i .{:• pieds, et , si l'on jette un plomb de dessus la plateforme en bas , on trouve qu'il s'éloigne de 1 a pieds de la base de la tour. 11 n'est pas vrai , quoiqu'on l'ait écrit plusieurs fois, que cette tour soit A'aplomb du côté op- |iosé a celui où elle penche, et que le vide du milieu qui ressemble à un puits, et autour duquel tourne un assez bel escalier, soit également A'aplomb de toutes parts ; le vide , au contraire , se déverse en totalité , ainsi que l'escalier, du côté où la tour s'incline, et toutes les assises de pierres sont pareiUemeut inclinées. 11 résulte de la que ce hor* A' aplomb ne fut point
l'effet de l'intention bizarre du premier architecte , mais est uniquement dû au terrain , qui baissa d'un côté. Pareil effet est arrivé k la tour des Garifendi . à Bologne, dont les assises sont également inclinées.
APODITERIUM, du grec Asr./«V"' On appeloit de ce nom l'endroit de la palestre ou des thermes dans lequel on se déshabilloit , soit pour le bain , soit pour les exercices de La gymnastique.
Dans les bains ou thermes de Néron , les apoditèrea étoient de petites pièces carrées voisines des spheristèrrs; mais l'apoditère du bain étoit voisin de l'hipocauste, et par conséquent très-chaud. Aux thermes de Titus, cette pièce étoit orale ; à ceux de Oomitien, elle étoit en carré long , partagée par deux colonnes , qui formoient de chaque côté une entrée , l'une pour aller dans le xiste , l'autre dans le vestibule qui précédoit l'apoditère. Aux thermes de Caracalla , l'opoditeritun étoit grand et magnifique ; il étoit décoré de colonnes ; il se trouvoit entre le xiste et la rotonde sanialaire , où l'on prenoit les bains chauds. Aux bains de DiocléUen , l'apoditère est en forme circulaire ; il étoit orné de très-hautes colonnes.
Les Romains nommoient aussi cette pièce tpoliatonum. On s'y faisoit oindre et frotter tout le corps avant de reprendre ses habits. ( Vtjpn Bai.ns et Tbeumis.)
APOLLINOPOLIS (Magna) , ville antique d'Egypte , située a deux tiers de liene de U rive gauche du Nil, entre Syène et Esué, où se trouvent deux temples d'une proportion fort différente; mais tous deux si bien conservés , que, si on les dégageoit des décombres qui les embarrassent, ils paroitroient presque intacts.
La disposition du grand temple, malgré son étendue et ses distributions , n'a cependant rien de difficile a faire comprendre par le simple discours. Pour s'en faire une idée sommaire , il faut se figurer le sanctuaire entouré de deux corridors, et précédé de deux portiques. Qu'on se figure que cette masse est environnée d'une enceinte, a l'extrémité de laquelle est une porte comprise entre deux masses pyramidales , et qu'entre cette porte , et celle du premier portique , il existe un grand espace , dont on a fait I un péristyle , en plaçant des colonnes tout autour, c'est-à-dire, six a la face du premier portique, dix au côté opposé, et douze aux parties latérales, en tout trente-huit , à cause des colonnes des angles qui sont communes a deux rangées. Ces colonnades, dont les entre-colonnemens ont un diamètre et demi de la colonne, forment une galerie couverte fort spacieuse et continue.
La masse la plus élevée du monument, et qui frappe le plus les veux, est celle de la grande porte appelée Pylône. Kilo se compose de deux massifs principaux , dont toutes les parois , légèresuent incii-