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APPLICATIONS

DIS 40.VMHLH.UI0M PRÉCÉDENTES A l'aRCHITECTCEE ANTIQUE.

Nous avons essayé de faire voir, que l'art antique, production originaire du génie des Grecs, fut le rè-

| sultat de causes qui ne se sont reproduites nulle pari ! depuis , dans les arts qui ont pour but l'imitation des corps. Il nons faut maintenant montrer par quel lieu commun , unie à ces arts , l'architecture , en s'y assimilant, dut produire aussi un système que son excellence devoit propager chez toutes les nations.

A plus d'un article (voyez Architecture, Bois, Caiane) on développe le' principe originaire de la constructiou dans cet art , comme source de son système imitatif. Ici on se contentera d'indiquer quel fut le lien commun de l'architecture grecque avec les arts, dont l'objet spécial est l'imitation du corps humain , genre d'analogie qu'on ne saurait retrouver dans toutes les autres architectures.

11 est facile de concevoir comment , en Grèce, les arts imitateurs des corps et des formes de la nature , parvenus à la plus grande vérité d'imitation, par l'étude et l'observation des lois des proportions, durent accoutumer les yeux et les esprits des spectateurs à une harmonie de lignes, de formes, de contours, dont l'inobservance , en d'autres sujets, eut naturellement révolté les sens. Ainsi un semblable point de comparaison ne [NMIMl pas, étant placé partout et mis à la portée de tous les regards, ne pas contraindre les ouvrages de tous les genres à s'y coordonner.

Liée par tant d'endroits aux oeuvres de la sculpture , mise avec die en communauté de travaux dan« un si grand nombre d'occasions , l'architecture, déjà redevable à son principe originaire, d'un préservatif contre l'arbitraire d'un instinct ignorant, attendoit encore d'un nouveau régulateur des lois plus fixes de proportion. Elle les trouva dans les arts imitateurs de» formes et des beautés corporelles , et elle y apprit Im causes des impressions plus nu moins agréables, qu'ils opèrent sur nos sens et notre esprit.

Dès que l'architecte eut aperçu et connu la loi que la nature s'est imposée dans ses ouvrages, une tendance invincible dut le porter à appliquer l'esprit de ces lois aux combinaisons des lignes , des formes, dis masses , des dimensions dont se compose son ouvrage. L'art de l'architecture devint, non pas directement ou matériellement, imitateur de la nature, mais, sous le rapport moral, en s'appropriant le système, les principes, les règles des proportions, et les effets du plaisir qui en résulte dans l'organisation du corps humain. L'architecture imita la nature, uon dans la représentation de ses reuvres , mais dans l'assimilation qu'elle fit de leurs qualités. Elle imita la nature eu faisant , non ce qu'elle fait , mais comme elle fait.

C'est donc à son système de proportions que l'architecture antique a dù la supériorité qu'elle a oble- I nue, et qu'elle conservera sur toute autre espèce d'architecture. Et ainsi, l'étude et l'imitation de l'antique en architecture passent et doivent passer, avec raison, pour une sorte d'équivalent (relativement à cet art) de ce que sont l'étude et l'imitation de la nature physique, à l'égard des antres arts du

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La nature, répètent le* homme* dont la vue bornée n'aperçoit en rien que le matériel de* chose* , la nature n'a créé ni maison* , ni édifices , ni colonne* ; donc l'architecture n'a point de modèle dan* la nature. Dan* la nature physique et matérielle , sans doute diroo-nou». Non, aan* doute, elle n'a point fait d'édifier* ni de colonnes. Mai* la nature a fait de* loi* de solidité, d'équilibre , de pondération ; la nature a établi des lois de rapport , de symétrie , de proportion , de nombre ; la nature nous a donné des organes, de* facultés, qui, par leurs impressions agréables ou pénibles , nous apprennent ce qui est d'accord ou non avec ses volontés et «e* lois. Or les effet* de ces impressions sont les moyen* par lesquels la nature supplée, en architecture, au modèle positif des autres arts.

Ainsi , la nature n'a donné à la musique aucun modèle, s'il falloit comprendre par ce mot, des thèmes harmoniques écrits en notes , ou des partitions de chants. Mais la nature , dans les facultés du sens de l'ouïe , dans la propriété qn'ont le» rapports des sons et de leur* combina non, , soit de nous plaire et de nous flatter, soit de contrarier notre instinct et notre août , a écrit les lois de l'harmonie ou de la mélodie. C'est là que le musicien trouve un modèle aussi sensible en son genre, que Celui des rapports anatomiquea et des formes du corps humain peut l'être, à l'égard du peintre et du sculpteur.

Mais quoi donc ? n'y a-t-il que du physique , du corporel , du matériel , dan* les œuvre* mêmes de la nature? Ce qu'on prend pour tel, ce qu'on

q^'il se démontrera senTextérièur, n'estai que de la matière? Si ce beau , si cette harmonie qui se révèle à nous, ne s'adressoient qu'au *en» physique , y auroit-tl discussion , dissentiment, diversité d'opinion entre les hommes? S'il n'y avoit que du physique , du matériel, dans l'imitation du corps humain , n'arme mit-on pas infailliblement à la perfection, comme on arrive à celle qui dépend de* opération» de la règle et du compas ? Cependant, comment se fait-il que si peu d'artiste* arrivent à reproduire la perfection et la beauté de leur modèle prétendu positif? C'est que , dans La vérité, tout ce qui fait la perfection de ce et fera celle de son imitation , moral, au moude du sentiment et de l'intelligence.

Il en est de même à l'égard de l'architecture. A quelques analogies de type* sensibles et matériels qu'elle doive sa manière d'être ou ta constitution extérieure pour le* yeux, son modèle véritable , pour l'esprit , sera toujours celui qui repose sur les raisons d'un ordre supérieur, telles que les lois de la nature, appliquées au système de* proportion* et de l'harmonie des formes, en rapport avec notre intelligence et no* affections. Or, l'étude des ouvrage* qui ont réuni et mi* le mieux en évidence les rapports de ces lois de la nature avec celles de nos sens et de

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genre , a toujours été et ne saurait cesser d'être l'étude de* m on u mens de l'architecture antique ou celle

| de* Grec*.

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