‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 223 sur 258 · U FRO · texte numérisé non relu

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Frise de feu. C'est, en serrurerie , an panneau long, rempli par un ornement répété et continu , soit a hauteur d'appui, soit en bas ou en haut des clôtures, des rampe» d'escaliers , etc. On fait do ces frises avec différen» ornemens, tels que rinceaux, entrela», postes , anses de panier , consoles adossées , roses , grotesques, etc.

Frise de LUmn. C'est un panneau beaucoup plus long que large , dans l'assemblage d'un lambris d'appui ou de revêtement.

Frise de parquet. Nom qu'on donne aux bande* qui séparent les feuilles de parquet, et s'assemblent à languette. Ou le donne aussi aux feuilles du pourtour d'un plancher, qui rachètent les biais s'il y a lieu.

Frise de parterre. Espèce de |)latc-bandc ornée de feuillages, de buis ou de gazon, dans un parterre.

Frise h-euron-née. C'est duc frite qui est enrichie de rinceaux de feuillages imaginaires, comme la frise corinthienne du frontispice de Néron à Rome, ou de feuilles naturelles, soit par bouquets, soit continues.

Frise historiée. Frise qui est ornée d'un l«asrelicf continu , représentant des figures historiques ; telles sont les frises dont il a été question plus haut. Quelquefois on donnera le nom d'historique à une frise portant des inscriptions.

Frise lisse. Frise sans ornement et sans inscription.

Frise marine. Frise où sont représentés des chevaux ou des monstres inarius. On voit un modèle de ce genre de frise à l'ordre toscan de h galerie du Louvre, du coté de la rivière. On appelle aussi frise marine celle qui est ornée de pétrifications ou de coquillages; elles conviennent aux monument aquatiques, aux grottes, aux fontaines, etc.

Frise ornée. Se dit , par opposition a frise lisse, de toute frise dans laquelle on a sculpté des ornemens.

Frise rustique. Frise dont le parement est en manière de l>ossagc brut. Telle est la frise de l'ordre prétendu toscan de Palladio.

Frise symromqie. Ou donne ce nom h une frise qui est ornée de symboles , d'attributs et de toutes les sortes de signes ou emblèmes allégoriques que chacun connoit, et dont l'emploi sert a caractériscr la destination d'un édifice.

FRONT, s. m. Est en architecture un synonyme de face, et il exprime particulièrement dans un édifice la partie qu'il présente sous son principal aspect, quoique celle partie n'en soit pas toujours la plus étendue. Ainsi on donne ce nom à la face antérieure d'un pilier ou piédroit entre deux arcades; on le donne de même à la façade d'un temple, c'est-à-dire au petit côté de cet édifice, mais qui est celui sous

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lequel il est censé se présenter, puisque c'est là que sont les entrées principales.

Les temples péri pteres, qui sont environnés de colonnes dans toutes leurs faces, oPrcnt des colonnes de front , ainsi dites par opposition aux colonnes de fane. On peut encore appeler du même nom les colonnes qui dans une disposition à plusieurs rangs en profoudeur occupent la ligue de devant.

FRONTISPICE, s. m . Ce mot est formé de front, et en est une espèce d'augmentatif. Quoique en architecture il désigne à peu près la même chose , cependant l'usage veut qu'il exprime plus particulièrement l'idée d'une composition décorative , propre à annoncer le genre de l'édifice ou à en indiquer la destination.

Ainsi on appellera frontispice le péristyle antérieur d'un temple avec ses accompagnemens , le portail d'une église, la porte d'uu palais, d'un établissement public , lorsqu'elle est ornée de figures , ou d'allégories qui y sont relatives. C'est «Lins ce sens qu'on nomme frontispice la première page d'un livre ou recueil de gravures, celle qui explique aux yeux le sujet de l'ouvrage.

FRONTON , s. m. Formé du mot front.

On donne ce nom à celte jiartic de l'architecture qui termine l'édifice par en-haut, soit parce qu'elle se trouve ordinairement placée du côté antérieur de cet édifice, soit parce qu'elle y occupe la place qui est celle du front dans l'ensemble du corps humain. File consiste en une foi nu triangulaire , dont la base s'élève au-dessus de ce qu'on appelle la frise dans l'entablement ; elle sert de couronnement à tonte l'ordonnance, comme le faîtage qu'elle représente surmonte la construction qu'il est destiné à couvrir.

Les Grecs donnoicnl au fronton le nom d'«T»i , parce que sa forme triangulaire offre l'idée d'un aigle dont les ailes sont étendues; d'autres ont prétendu que ce fut en mémoire de ce que , dans les premiers temps , on avoit l'usage de sculpter un aigle dans son tvmpan. [Voyez Aigi.e.) Les Romains appelèrent le fronton Jasligium {fattr, faîtage). Ce root indique mieux l'origine du fronton.

§ Itr. De l'origine et delà nature du fronton. — En indiquant, comme on l'a déjà fait dans plus d'un article, le système originaire de l'architecture grecque ( voyez Architecture) , on a fait assez connoitre l'origine et la nature du fronton. Il n'y a point de membre qui rappelle d'une manière plus précise et plus évidente la réalité du modèle imité par l'art naissant. Le fronton est évidemment la représentation du toit et du comble. Ce qui le prouvèrent , si la chose avoit liesoiu de preuves, c'est que la figure du fronton ne se rencontre jioinl dans les architectures ou nées d'un autre priucipe, ou, si l'on veut, produites par des causes doul on ne sauroit se rendre compte , c'est-à-dire le hasard.

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Ainsi aucun édifice ai monument égyptien (proprement dit) n'a encore présenté la moindre apparence de fronton. L idée n'avoit pu venir de figurer des indications de comble ou de toiture en charpente, dans un pays où l'on peut dire qu'il ne pleut pas , et ou toutes les couvertures durent se borner à n'être que des terrasses ; tandis que le fronton, continuation du toit a deux pentes, désigne, selonVitruve (lib. n, cap. i), le besoin qu'on eut de mettre l'intérieur des bàtimens à l'abri de la chute violente des eaux du ciel.

L'origine du fronton une fois reconnue, et sa configuration étant déterminée par son origine, la véritable théorie de l'art enseigne , et ce qu'il doit être pour correspondre à son emploi , et ce qu'il ne doit pas être , sous peine d'offrir des contradictions

Le fronton, représentant l'angle formé par le toit, est soumis sans doute dans chaque pays à des variétés d'inclinaison qui pourront dé|icndre du plus on du moins de hauteur que le besoin affectera aux toitures. Il est certain que 1 angle des combles sera tenu plus ou moins aigu dans chaque climat, selon qu'on aura à se garantir plus ou moins contre les neiges qui séjournent sur les toits. L'expérience peut seule à cet égard lixer les régies , et I ouverture de l'angle des

frontons pourra dépendre des nécessités de chaque pays. Quelles que soient ces sujétions, on pense qu'il vaut mieux s'y accommoder en élevant l'angle du

fronton, que de pratiquer, comme l'ont fait quelques architectes, un fronton surbaissé eu avant d'un comble surhaussé, et qui semble indiquer un double

§ II. De la forme et de la proportion du fronton. — La forme générale An fronton est invariablement prescrite par ce qui vient d'être expose , c'est-à-dire qu'elle doit être celle d'un triangle plus ou moins ouvert. Comme les pratiques de la c barpente auront pu, dans des temps intérieurs, se trouver soumises à quelques configurations moins simples, on ne saurait contester qu'il se soit présente l'idée d'une toiture circulaire en bois. Celte hypothèse, qui peut se fonder sur quelques autorités, aurait-elle suggéré la (orme courbe que l'on trouve dans l'antique à quelques frontons de bas-relief; ou cette diversité n'auroit-elle été , dans son emploi , que le résultat du goût de la variété? Ce qu'il faut dire à cet égard , c'est que les frontons circulaires , dont on trouve plus d'un exemple dans l'antiquité, n'y paraissent que adossés a des murs , comme au temple dit de Diane a Mimes ou a quelques édifices de Pahimc. Ces sortes de frontons, purs objets de décoration, surmontent des ouvertures, soitdc portes, soit de niches, et ue doiveut être considérés que comme imitations au second degré , c'est-à-dire conventions déduites d'une conveuliou. Mais il n'y a aucun exemple d'un péristyle réel couronné d'un

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fronton circulaire , bien qu'on en voie un figure sur la mosaïque de 1 altestrinc. Les modernes sur ce point ne se sont |>as davantage permis l'emploi de cette forme en grand dans «les édifices isolés et de quelque importance.

La proportion du fronton varie selon celle de chaque ordre. Il est assei convenu qu'une plus grande ouverture d'angle, tendant à rabaisser la hauteur du fronton , lui donne un caractère plus grave et par conséquent plus analogue à celui de l'ordre dorique. Dans cet • mire, chez les Grecs, le fronton a la moindre élévation qu'on puisse lui donner, et il a la plus grande profondeur qu'on puisse y ad met lie . Cette profondeur y est telle , qu'on a pu , comme on le verra plus bas, y placer, au lieu de figures en basrelief, des statues de ronde bosse.

§ III. De l'emploi du fronton. — Il est arrivé au Jronlon dans l'architecture ce qui arrive à presque toutes les inventions cl institutions humaines : l'Iuhitude d'user d'une chose en produit tôt ou tard l'abus; on en oublie l'origine et les raisons. L'amour de la variété introduit insensiblement, dans l'emploi qu'on en fait, des nouveautés qui finissent par en dénaturer le sens et la signification.

L'esprit de l'ornement est presque toujours celui qui tend à détruire ou altérer les raisons fondamentales du système imitatif de l'architecture. Quand les yeux furent habitués à ce bel accord de parties qui règne entre les colonnes et le fronton, la beauté de cet ensemble fut jugée être une des principales de l'architecture. Bien qu'on reconnût que le fronton n'exprimoit autre chose que les pentes d'un toit destiné à défendre les intérieurs contre les eaux du ciel , on ne crut pas jiour cela devoir se priver de cette forme dans les lieux et dans les cas où le besoin qui avmt produit l'emploi du fronton ne devoit plus en motiver la représentation. Ainsi , selon Cicc— ron (de Orat. lib. 111), si on avoit eu à bâtir un » temple daus l'Olympe, où il ne saurait y avoir de » pluie, il eût fallu eucore lui donner un fronton. »

De là naquit l'usage des frontons adossés à «les façades sans saillie, et de là encore l'habitude d'en pratiquer dans des intérieurs d'édifices. Lu sortant du cercle étroit d'une critique sévère, on peut IQDposer au fronton, même ramené à son principe originaire, deux sortes d'applications usuelles. Selon l'une, il représente en grand le comble sur la totalité d'un édifice ; selon l'autre, il remplace en plus petit ces pignons que l'nsagc avoit multiplies au-dessus de» portes et des fenêtres. Dès-lors, sans blesser aucune vraisemblance, ces petit! /rOff iOJM peuvent orner les inities extérieure'* des bàtimens, comme fenêtres, niches, etc.

Leur emploi daus des intérieurs clos sera si l'on veut, une licence dout une sévère critique couseilleroit peut-être de ne pas trop user, mais qu'une certaine force d'analogie ne permet pas de mettre au

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rang de» abus rt Je» vices propres a dénaturer le système imilatif Je l'art.

Ou n'en Jira pas autant Je l'emploi Ju fronton placé , comme l'ont fait quelques architectes , sur des surfaces courbes, ou aJossé a Jes bàliniens circulaires. Ou ne comptera pas non plus Jans le nombre Jes licences , mais on placera parmi les plus graves abus, ces composition* Je frontons tantôt inscrit* l'un Jans l'autre, tantôt sans base, tantôt a enroulemens, tantôt a profils tronques et à ressaut, qu'un goût Je nouveauté capricieuse s'est plu long-tcm|is à multiplier, même Jans une architecture Ju reste régulière. C'est pourquoi nous en abrégerons Je lieaucoup l'inutile et fastiJicusc énumération à la fin Je cet article.

§ I\ . Des ornement rt de la décoration des frontons, — iSoiis mettons au nombre Jes ornemens Ju fronton, J'aborJ les moulures dont se compose son encadrement . Ces moulures, soit par leur nombre, soit par le plus ou le moins Je simplicité qu'elles peuvent recevoir, doivent suivre la progression du caractère propre I chacun des trois ordres. L'ordre dorique n'a ordinairement Jans les profils Je son fronton qu'un simple hanJean et un talon , quelquefois, comme au grand temple de Povtum, deux simples bandeaux, Jont l'un plus large que l'autre. Les frontons Jes orJrcs ionique et corinthien ont des profils plus varies et plus nombreux, et leurs moulures y reçoivent des ornemens divers.

Dans chaque ordre, la hase Ju fronton se compose J'une partie Je l'entablement, «avoir, celle qu'on appelle la corniche, laquelle reçoit ou des mutules, ou Jes modillons, ou Jes Jenticules, tous objets qui , Jans le système imilatif de l'architecture grecque, représentent ou rappellent les bouts Jes chevrons de la toiture Or, comme la coroiche est le membre qui se raccorde avec chacune des pentes du fronton, l'architecte a été tout naturellement induit à répéter dans ses pentes les détails des parties qui se trouvent à la base. I ne sorte Je convenance a fait regarder les trois côtés du triangle comme les compartimen» d'un seul et même encaJrement ; et le «entiment Je cet arcorJ a fait donner et les mêmes profils et les mêmes ornemens aux parties montante* du fronton. L'usage, en conséquence, a attribué les mutules aux pentes Ju fronton Jorique , les modillons à celles du fronton corinthien , et les dentirule* à celles du fronton ionique.

Cependant ceux qui tiennent a un ordre de convenances plus rigoureuses regardent celle répétition des mutules ou des modillons dans les pentes du fronton comme un véritable contre-sens, dès qu'il est reconnu qu'ils sont la représentation des bouts de* fortes ou des chevrons, lesquels ne peinent être supiXMc* exister en cette partie.

Vitruve fut, en son temps, du nombre de ceux qui condamnent cette pratique. « Les ancien» (dit-il)

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I * n'ont pa* approuvé de mettre Jes mutâtes ou des •> Jenticules aux frontons. Ils ont préféré d'y Caire » les corniches tout unies, parce que ni les forces ni •• les chevrons ne peuvent être supposés appareru » dans la partie du comble qui compose le Jmnton ,

• puisque ce sont eux au contraire qui forment la

■ partie latérale du toit ainsi qoe sa pente. Enfin

■ ils n'ont point cm pouvoir faire avec raison dan* la » représentation ce qui n'a pas lien dans la réalité, » parce qu'ils ont fondé tous les rapports de leurs

• ouvrages sur la nature des choses, et n'ont ap-

■ prouvé que ce qu'ils poavoient soutenir et expli-

• quer par Jes raisons certaines et véritables. ■ .' / .truv. lib. iv. cap. u.)

Le fronton reçoit orJinairemcnt , comme accompagnement, Jes espèces Je piédestaux sans hase, qui s'élèvent a ses deux extrémités inférieures et à son sommet. Ces piédestaux sont destinés a recevoir des figures ou d'autre* objets de décoration. Au temple de Jupiter à Oh mpie, l'acrotèrc supérieur étoil orné d'une tête de Méduse sur un bouclier d'or, et supportait une statue de U Victoire en bronze doré. Les deux acrotères inférieurs étoieut occupés par de grands vases de métal. (Voytx Acaotilbe.)

Mais l'objet de décoration le plus remarquable du fronton consiste dans les figures qui en ornent le tympan, soit que ces figure* Y soient sculptées de bssrelicf à même la masse, comme l'ont pratiqué tes modernes, soit qu'elles y soient rapportées en manière de figures de ronde bosse, comme plus d'uu exemple nous prouve que cela eut lieu chez les Grecs, surtout dans tes frontons de l'oidre Jorique, qui reçoivent une |ilusgranJc profondeur que les autres; soit encore que ces figures aient été Jes bronzes scellés Jans le tympan , comme celui Ju Panthéon à Home en Jonne les inJications, ou Jes terres cuite* creuses, selon l'usage Jes Etrusques, pour ne pas trop charger les architraves en bois.

La décoration des frontons par An compositions de statues ou de figures sculptées |iaroît aToir été trèsordinaire en Grèce. La composition décorative de ces sujets consistoit nécessairement, soit dans une idée , soit Jans une action assez simple qui occupoit le milieu, c'est-à-dire le point le plus élevé Ju fronton. Toute la composition étant restreinte généralement 1 à un seul plan , et astreinte à se conformer, Jans les positions et les Jimensions Jes figures, a l'inclinaison f progressive des pentes du fronton , elle n'auroit pu se A prêter à un ensemble tel qu'on se roi t porté à l'entendre, où toutes les figures partiel peroient a nn motif commun d'action ou d'idée.

1-e genre de ces sortes de compositions non» est complètement démontré par deux monumens |*r»rnus jusqu'à nous \.v premier et le plus ancien est ;! le temple d'Rgine, dont les statues, tombée* de Imrs '] frontons, ont été retrouvées au commencement de ce si'.cle, puis restaurées a Rome, et se trouvent aujonr- || d'hui dan* le muséum de Munich On voit par la re-

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rom position qu'on en a faite, que le ru jet étoit la guerre de Troie. Une figure de Minerve en pied occupoit le milieu du fronton sous l'angle. Toutes 1rs posture» «les combattans vont peu à peu s'accommo- «lant par leur position aux deux pentes, jusqu'à celles (1rs angles inférieurs qui sout représentées niortes et étendues au gré de l'espace.

Les frontons d'Egiite ont pu précéder d'un siècle l'exécution de ceux d'Athènes ; le style archaïque de leur sculpture indique atuei cet espace de temps. Phidias, dans la composition des deux frontons du Parthéuon, a marqué le plu* haut point où la sculpture monumentale des Grecs soit parvenue. Noua avons un dessin fidèle de la composition du fronton postérieur du temple , tel qu'il existait encore vers la liu du dix-septième siècle, et qu'on doit aux soin* de M. de Noinlcl, ambassadeur à Constantinople. Dès ce temps, tout le milieu du fronton antérieur avoit disparu , et il ne restoit plus de sa composition que les figures des deux parties latérales, qui oui été Iranspnt U-es à Loudres.

Or toutes ces autorités nous prouvent ce que fut le système de composition des frontons par statues de ronde bosse. Le milieu du fronton antérieur représentoit, comme Pausanias nous l'apprend, la naissance de Minerve; le fi union postérieur étoit occupé dans son milieu par le combat do Minerve contre Neptune. Tout le reste de l'espace est rempli dans l'un et l'autre Jronton par des figures de divinités, dont probablement le rapport avec le sujet principal étoit alors à la portée de tout le monde. ( Nous pourrions renvoyer le lecteur qui désirerait plus de cleUils sur cet objet , à la restitution que nous avons donuée de ces deux frontons dans notre ouvrage des Monument antiques restitues, etc.)

Nous ne ferons plus que donner ici la notice la plus succincte des autres compositions de frontons dont le souvenir nous est parvenu.

Ainsi au temple de Delphes, selon Pausaniaa, les deux frontons avotent été commencés par Praxias , élève de Calamis, et ils furent achevés par Androsthènes, élève d'Encadmus. Le premier avoit seulement terminé les têtes de toutes les figures, qui d'un côté représeotoient Apollon et les Muses; de l'autre on voyoit Bacchus avec les Thyadcs.

An temple de Jupiter à Olyiupie, Pceouius de Mendes avoit sculpté dans le fronton antérieur les préparatifs du combat à la course de dur entre Pelops et OEnoiuaus. Sur le fronton postérieur étoit le combat des Centaures et des Lapilbes, sculpté )>ar Alcamènes.

Diodore nous» appris que dans les deux frontons du grand temple de Jupiter Olympien à Agrigente, on voyoit représentés d'un coté le combat des Géans, et de l'autre la prise de 1 roic.

On a conjecturé que certaines suites de statues antiques aujourd'hui eparses, comme celles d'Apollon avec les Muses, a» oient pu figurer jadis dans quel-

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qxtn frontons , et cette conjecture a pris encore plus de consistance par le rapprochement que M . Cockerell , architecte anglais, s'est pin à Taire des statues de la famille de Niobé qu'on admire au muséum de Florence.

Plus d'une cause a empêché cette pratique trrsitsuelle dans l'antiquité de se reproduire chez les modernes, et surtout dans leur application aux temples, dont le système totalement différent, pour ne pas dire contraire, a rarement offert a l'artiste des frontons a embellir d'ouvrages en sculpture. Lcssculs/row/on.f srulptés qu'on puisse citer tiennent , comme on l'a dit , de la nature du bas-relief.

Ce qu'on peut opposer de plus grand chrz les modernes aux ouvrages antiques, nous paroit se borner aux deux vastes frontons de l'hôtel de ville à Amsterdam , et au fronton du péristyle du Louvre à Paris.

/Vu/a. Ou trouve dans quelque» Uiiq les nne um longue lutr, par ordre alphabétique , des varié! a dunt I» eirmplea d'an gout dépriri'- ont beaucoup trop multiplié le nooibrr. Nom ne croyo!» pa» devoir abroger cet article par l'inutile înuméralion de biiarrent» qui ne tout que de» manière* de dénaturer et la forme et la notion du fronton. De tuutea lea partie* de l'architecture, il n'en cal certainement aueu ne qui porte ter it avec autant d'évidence le line originaire et fondamental de la conGguration. On «'explique cependant et l'on conçoit que ce membre, devenu abusif et tontà-fait fuira» te par l'emploi que I esprit décoratif en a fait, non plu» dan* l'eoaembk du eorp* d'un édifice , mai* dan* le* ajustement arbitraire* de quelque* détails , a pu H dû donner lieu à de* caprice* qui auraient d'abord été regardé* comme de* ait/ration* «an* conséquence. Mai» c'est toujour* ainii'que le* vice* «'introduisent. En couronnant donc une niche ou une fenêtre par un fronton, on aura pu *e permettre d'en supprimer la base. Bientôt le f*i«eur d'ornement, habitué à jouer aère toutes Ve* forme*, aura pu regarder le* ligne* d'us fronton comme pouvant se prêter au badinagetde renroulemen t et aui découpure* de l'arabesque. Quelle* qn* soient au retle le* cause* qui auront fait participer pendant un certain lemp* te* types A» fronton aus procédé* irrégnlier* de l'architecture contournée et mitlilignr , et bien que pluneur* de ne* caprices , comme ceui de* frontons brtaé* «su ia*cril* l'un dans l'autre, aient IroUTé place dan* la décoration en grand de plu* d'un édifice du reste recommandable h quelque* autre* égard* , nou* ne croiront pat devoir ici donner place à la attention de ces irrégularité». Non* non* borneron* a la courte nomenclature de quelque* variété* qni n'ont rien de contraire ai au pr.neineouaaninnf du fronton ni t ton emploi raisonnable.

Ainsi on dit :

E BOSTON cibcci.airf.. C'est relui qui est formé par un segment de cercle. Ce genre de fronton n'est admissible qu'en petit, et «lans des façades où il n'est employé que comme ornement adossé.

Fronton sans base. Celui qu'on admet quelquefois comme couronnement de portes ou de fenêtres , et qui a ses deux extrémités inférieures est supporté par des consoles.

FnoNTON surmonté. Fronton qui excède en hauteur les proportions fixées par l'usage et le goût, et qui tient plutôt de la tradition de ce qu'on ap|>clle pignon que de l'idée habituelle de toit.

FnoNTON surbaissé. On appelle ainsi celui dont l'angle s'ouvre beaucoup au-dessous de la proportion

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de quatre-vingt-dix degrés. Tels «ont en général les frontons du dorique grec.

FRUIT,», m. Signifie , en langage de maçonnerie , la petite diminution qui règne de Las en haut dan» un mur, dans une élévation, et qui produit en dehors une inclinaison , toutefois peu sensible lorsque le dedans est d'aplomb.

On ap|K'lle contre-fruit une diminution semblable à la face opposée , c'est-à-dire intérieure d'un mur. On donne du fruit ou du contre-fruit a des murs de face ou à des encoignures , pour augmenter leur force de résistance.

FRUITS,», m. pl. Les fruits forment, dans l'architecture, des festons d'un genre riche et mâle. ( f'oj. F BtTOit ,J Ceux de la villa Metlici , ceux du Panthéon à Rome, ceux de la frise delà cour du Louvre à Paris, qui est du dessin de Pierre Lescot , en offrent de beaux exemples.

FRUITERIE, ». f. Lieu où Ton conserve le» fruits. Il est ordinairement garni de tablettes dans toute sa hauteur. La fruiterie doit être pratiquée de façon à n'avoir à redouter ni la chaleur ni l'humidité. On l'éloigné des écuries et des cave», et on la met sous double porte et double châssis.

FUGA (Feiidinand) , né à Florence l'an ifxx). fut un des architectes les plus distingués, en Italie, du dix-huitième siècle. Dès l'àgc de douze ans il fut placé chez Jean-Baptiste Fuggini, architecte et sculpteur rcrommandable, pour y étudier les élément de l'architecture, et à l'âge de dix-huit ans il vint à Rome pour en admirer les chefs-d'œuvre. Là «on goût acheva de se fixer et de se développer , et à l'âge de vingt-huit ans il s'y établit et »'y maria.

Il avoit déjà été appelé dans le royaume de Naplcs, où il s'étoit fait ronnoitre par quelques ouvrages qui donnèrent une bonne idée de son talent. Depuis, tapies et Rome se le disputèrent , et c'est entre ces deux Etats que se partagèrent les entreprises qui occu|»èrent sa longue et laborieuse vie.

Nommé par Clément XII un des deux architectes du palais, il termina , en face du palais Quirinal , le bâtiment appelé la Sciuleria, commencé par Alexandre Spechi , et il finit encore quelques autres dépendances du Quirinal.

Un ouvrage plu» important de lui fut, »ur la place dite de Monte-Cavalio , le palai» de la Consulta , grande et belle masse de bâtiment isolée de toute part , et distribuée dans ses intérieurs avec autant de goût que d'intelligence , quoique quelques parties y manquent d'un peu de lumière et de commodités. La cour oflTrc un bel aspect. L'escalier, formé de deux rampes , a de la grandeur. La façade est en liossa^s dans le rez-de-ehaussée et l'entrc-sol , audosns duquel s'élève l'étage principal , orné d'un

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ordre ionique en pilastres placés aux angles et dans

le milieu.

Fuga construisit dans la rue Giulia l'église délia Morte. Le plan offre une forme elliptique asse* agréable. Les colonne*} sont heureusement disposée* entre les autels. Le tout seroit d'un merveilleux effet si la décoration et les détails eussent répondu à la simplicité du plan; mais on n'y trouve que trop, ainsi que dans le portail à deux ordonnances l'une sur l'autre, les vices et les abus de l'école de Borroniini.

L'église de Jésus fut terminée par lui et achevée sur les fondations d'une autre.

Une entreprise très-remarquable de notre architecte, fut la restauration intérieure de Sainte - Marie-Majeure et l'érection de ses façade» extérieures. La beauté du plan primitif et la noble ordonnance de cette basilique ont heureusement guidé l'artiste dans le remaniement et la décoration de tontes le» parties de ce grand vaisseau, devenu depuis cette é|>oque un de» plus beaux modèles d'église chrétienne que les architectes puissent se proposer. Il seroit à souhaiter que la façade du côté de Saint-Jcande-Latran répondit mieux au style et à la simplicité de la disposition intérieure. Il est vrai que Fuga, dans cette construction , dut se soumettre à plus d'une sujétion, comme de laisser subsister au second étage les anciennes mosaïques, comme de pratiqner d'un coté un escalier pour monter à la loggia délia benetlizionr , de l'autre une sacristie, et encore au-dessus quelques logemens pour des clianoines. Mais te talent de l'architecte consiste à vaincre les diflicultes locale» , et il n'est pas rare qu'il parvienne à faire sortir des beautés de ce qui semblerait devoir être une source de défectuosités. Le baldaquin du grand autel de Sainte-Marie-Majcure , en colonnes antiques de porpyhrc ornées de bronze doré, est encore de la composition de cet architecte.

On peut citer de lui à Rome , entre les grands travaux qu'il a exécutés , des augmentations considérables à l'hôpital du Saint - Esprit , l'hospice délie Zitrlle Bastarde , l'église de l'Apollinaire, le 7Viclinio, sur la place Saint-Jcan-de-Latran , le palais Petroni, et le palais Corsini , un des plus magnifiques de Rome. On en admire la distribution intérieure et la disposition extérieure. Peu de palais ont été conçus, et si l'on petit dire taillés plus en grand que celui-là : ses trois percées, ses grands escaliers, les proportions de sa façade , tout y est grandiose. Plus de sagesse et de pnreté dans les détails et le style , en auroit augmenté le mérite aux yeux de» hommes de goût et des artistes.

Appelé à Naples par la réputation de ses grands ouvrages, Ferdinand Fuga se vit à portée d'en entreprendre encore de plus considérables. C'est de lui qu'est le grand hospice appelé il Gran Rrclnsorio , monument le plus vaste et le mieux entendu en ce genre de toute l'Europe. Il fut construit pour servir

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