GAB
GABLE {Gabirs). Cette ville très-ancienne du Lalium, située, selon Denis d'Halicarnasse, a cent stades de Rome (quatre ou cinq lieues) , sur la via Prccnesùna, étoit déjà, au temps de cet écrivain, presque tout-i-fait inhabitée, et remarquable seulement par l'étendue de ses ruines. Depuis le règne d'Auguste elle commença à se repeupler ; elle fut fréquentée ensuite à cause de ses eau» thermales, et il paroît qu'elle dut aux soins d'Adrien de s'être embellie de nouveaux édifices.
Gabirs retomba encore une fois dans l'oubli. Elle en fut retirée, ver» l'an 179a, par le prince Marc- Antoine Borghèse, propriétaire d'une grande partie des terraius qu'elle avoit occujiés. De nombreuses antiquités furent le fruit des nouvelles recherches qu'on y fit , et elles devinrent la matière d'un musée particulier, appelé Museo Gabino, illustre par le célèbre antiquaire Visconli dans un ouvrage intitulé Monument i Gabini.
Gabirs a conservé les restes de deux monumens d'architecture. Le premier, anciennement connu , et qui auroit suffi pour lever tout doute sur la vraie position de cette ville, est le temple de Junon. Le second, dû aux recherches nouvelles , est le forum, orné de portiques et de hâtimens adjacens, et où l'on a trouvé le plus grand nombre des objets d'antiquité du muséum dont on a parlé.
Du temple, placé sur la plus haute colline que Gabirs reufermoit , il reste une relia , bâtie de grandes pierres carrées, fermée de trois cotés, et ouverte seulement du côté qu'occupoit la porte. Tout près est la base d'une colonne dorique de la même pierre que celle du temple. En avant de cet édifice on a découvert les restes d'une montée circulaire en gradins, qui avoit pu tenir lieu de théâtre ou de local propre aux assemblées.
Le forum de Gabirs étoit carré, et son extrémité méridionale bordoit la voie Pnencstinc. L'intérieur étoit fermé de trois côtés par des portiques en colonnes doriques faisant péristyle et à cntrecolonnemens fort larges, selon la proportion de l'arsrostyle. Les colonnes posent sur un pluleus ou soubassement continu. Toutà l'entour sont distribuées des pièces et des salles de tout genre, et dans un des angles étoit un petit temple consacré à la mémoire de Domitia et de ses ancêtres , où depuis ou conserva les images de la famille d'Auguste.
On peut voir les plans des édifices de Gabirs dans l'ouvrage cité plus haut des Monumenti Gabini.
GABRIEL (Jacques-Ange), né à Paris vers 1710, mort vers 1 782.
Le talent de l'architecture fut héréditaire dans la famille de ce nom. Le grand-père de celui dont nous écrivons la vie, Jacques Gabriel, mort en i68(i, avoit été architecte du roi. Il avoit construit le château royal de Clioisv, près Paris, et commencé La construction du Pont-Royal. Son fils, nommé aussi Jarqurs Gabriel, étudia l'architecture à l'école de Jules-llardouin Mansart, son parent, et fut chargé de divers travaux importons. Membre de l'académie d'Architecture, il fut nommé inspecteur-général des hâtimens du roi, jardins, arts et manufactures royales.
Jacques-Ange Gabriel. Succéda aux différentes places de sou père, dont il avoit été l'élève. Il trouva, coin me on v oit , dans sa famille et de nobles exemples et d'utiles leçons. Il les mit a profit avec beaucoup de succès, et devint un des architectes les plus employés du dix-huitième siècle.
L'époque où vécut Jacques-Ange Gabriel comprend le règne de Louis XV, qui passe en général , surtout quant à la gloire des arts, pour avoir fait l'ombre au brillant tableau du siècle précédent. La justice veut cependant qu'on mette ici quelques restrictions à ce jugement en faveur de l'architecture considérée sous le rapport de science de la construction , et aussi envisagée quant au retour du goût et du style de l'antiquité.
Il est certain qne vers le milieu d siècle, un renouvellement dû a l'influence de l'antiquité se fit remarquer dans les ouvrages et les pratiques de cet art.
On doit reconnoilre que Gabriel fut, entre les architectes de cette époque, l'un des premiers à rentrer dans les v oies d'un goût plus pur et plus correct ; ce que nous prouvent les trois grands ouvrages auxquels s'est attachée sa réputation.
Le Lonvre étoit parvenu , après deux siècles d'entreprises commencées , modifiées et interrompues , à offrir dans l'intérieur de sa grande cour une sorte de problème, pour qui voudrait le terminer, dont la solution étoit devenue de plus en plus embarrassante. Deux motifs d'ordonnance se disputaient et l'élévation des constructions , et le choix à faire entre l'at— tique de Pierre Lescot et le troisième ordre que l'exhaussement produit par la colonnade extérieure de Perrault reudoit nécessaire dans l'intérieur.
Après beaucoup de discussions et d'irrésolutions ,