GRA 6B
on les applique un caractère grave. De grands causons simples, peu ornés et sans variétés de couleur, s'y assortissent également. genre grave n'est pas le genre mélancolique, mais il l'avoisinc; l'opposé de l'un et de l'autre sera , pour se faire aisément en-
GRAVER , v. a. L e mot graver a reçu dans les temps modernes une acception spéciale qui ne s'applique guère aujourd'hui qu'à l'art de la gravure en taille-douce, ou à l'art de faire des médailles et des camées en pierres fines. Cependant on use encore du mot graver dans l'architecture, soit métaphoriquement (comme quand on dit graver sur le martre les exploits et les évènrmens célèbres), soit au simple , lorsqu'il s'agit des inscriptions dont on orne les édifices.
GRAVIER , s. m. C'est le gros sable qu'on tire des rivières, et qui sert soit à faire les aires des grands chemins , soit à sabler les allées des jardins.
GRAVOIS , s. m. pl. Ce sont ou des plâtras provenant de la démolition des bàlimens, ou de petites recoupes de pierres qui servent à affermir les aires des allées et des grands chemins.
GRAVI RES, s. f. pl. Se dit en architecture d'ouvrages creusés avec peu de profondeur, et qui font quelquefois l'effet du relief, quoiqu'ils en soient le contraire. L'art de l'ornement emploie aujourd'hui cette sorte de sculpture en creux dans quelques parties
Les gravures dont on parle sont un reste du plus ancien usage de sculpter sur la pierre dans les édifices. Les Egyptiens pratiquèrent cette méthode à différens degrés dans tous leurs ouvrages, et l'on en reud trois raisons différentes.
La première tient à la timidité et à l'ignorance des premiers sculpteurs, qui , après avoir tracé sur la superficie de la pierre les traits des objets ou des caractères qu'on devoit y figurer, trouvèrent plus facile et plus simple de les creuser que de les exprimer en saillie. Lors même que dans la suite l'art eut acquis plus de hardiesse et d'habileté, on continua d'user de ce procédé , et on l'employa par cela seul qu'on l'avoit employé.
La seconde raison à rendre de la sculpture gravée en creux dans tous les édifices de l'Egypte, se tire de l'intérêt et du soin qu'on portoit à la conservation des signes et des caractères religieux, objet à peu près unique de la sculpture en ce pays. Aux figures simplement tracées en creux succédèrent des figures façonnées en saillie dans l'espace creux formé par leurs contours. Ce sont de véritables reliefs plus ou moins saillans, et autour desquels on a laissé la pierre superficielle du parement. Pour en faire ce que nous appelons des bas-reliefs, il ne s'agit que d'enlever celle pierre. Si les Egyptiens ne le firent
tijo GRE
point, on voit que ce fut pour mettre la forme de leur» signes à l'abri de* altérations auxquelles sont exposés les corps saillans en pierre. Peut-être aussi l'économie de la main-d'œuvre entra -t-elle pour quelque chose dans cet usage. Il est certain qu'à fié" gard des ouvrages ainsi sculptés sur le granit et autres pierres d'une grande dureté , laisser cet excédant de matière autour des figures , c'éloit s'épargner une dépense de tenqts et de travail fort considérable.
Mais la dernière raison à donner de cette pratique est peut-être la meilleure et la plus plausible. Ce que uous appelons aujourd'hui la sculpture ef ornement rt de bai- relief n'étoit en Egypte qu'une écriture, un composé de ligures significatives qui , à quelques exceptions près, se rapproeboient beaucoup plus du genre des inscriptions que de celui de l'ornement. Aussi tous les édifices en étoicut-ils couverts depuis le* plus grandes jusqu'aux plus petites parties. L'usage une fois admis d'écrire partout , et sur toutes les surfaces de l'architecture et des bitimens , il est sensible qu'on n'aurait pas pu dégager les reliefs en creux de leurs contours saillans sans altérer en beaucoup d'endroits la forme essentielle des principaux membres. Les grandes murailles même des temples , qui sont toutes remplies de signes et de ligures hiéroglyphiques, dans des mesures et des proportions très-diverses, auroient perdu leur caractère de solidité, ou du moins l'apparence de ce caractère, si, au lieu de conserver l'unisson superficiel de leurs parcmens, elles eussent présenté les figures en saillie et les parcmens